<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>El Correo</title>
	<link>https://www.elcorreo.eu.org/</link>
	
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.elcorreo.eu.org/spip.php?id_auteur=472&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Criminologie m&#233;diatique : Analyse de Zaffaroni sur Obama et son &#171; ex&#233;cution sans proc&#232;s &#187;</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Criminologie-mediatique-Analyse-de-Zaffaroni-sur-Obama-et-son-execution-sans-proces</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Criminologie-mediatique-Analyse-de-Zaffaroni-sur-Obama-et-son-execution-sans-proces</guid>
		<dc:date>2011-05-09T20:24:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Irina Hauser*</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le juriste Raul Zaffaroni s'exprime sur la Criminologie m&#233;diatique qui est la construction m&#233;diatique de l'ennemi et qui s'est faite sur l'image du leader d'Al Qaida, et les cons&#233;quences pour Barack Obama sur le plan interne. Et, surtout, il avertit des s&#233;quelles de ce fait sur le plan du droit. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; C'&#233;tait une ex&#233;cution sans proc&#232;s &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la semaine de l'assassinat de Ben Laden, plus pr&#233;cis&#233;ment le jour o&#249; la nouvelle fut connue, Ra&#250;l Zaffaroni pr&#233;sentait son nouveau livre, &#171; La (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le juriste Raul Zaffaroni s'exprime sur la &lt;i&gt;Criminologie m&#233;diatique&lt;/i&gt; qui est la &lt;i&gt;construction m&#233;diatique de l'ennemi&lt;/i&gt; et qui s'est faite sur l'image du leader d'Al Qaida, et les cons&#233;quences pour Barack Obama sur le plan interne. Et, surtout, il avertit des s&#233;quelles de ce fait sur le plan du droit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-167766-2011-05-08.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; C'&#233;tait une ex&#233;cution sans proc&#232;s &#187;&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la semaine de l'assassinat de Ben Laden, plus pr&#233;cis&#233;ment le jour o&#249; la nouvelle fut connue, &lt;strong&gt;Ra&#250;l Zaffaroni&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ra&#250;l Zaffaroni est un des juges de la Corte Suprema de Justicia argentine&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pr&#233;sentait son nouveau livre, &#171; La palabra de los muertos &#187; (Les mots des morts), et il a dit que l'un de ses objectifs &#233;tait de mettre en question l'expansion de &#171; la criminologie m&#233;diatique &#187; qui revient &#224; &#234;tre la construction au travers des m&#233;dias d'une r&#233;alit&#233; menac&#233;e par le d&#233;lit et le terrorisme, ennemis &#8211; l'un ou l'autre &#8211; qui ne semblent pas offrir d'autre option que mourir de peur, vivre parano&#239;aque mais, cela oui, &#234;tre toujours pr&#233;par&#233; pour r&#233;pondre par une vengeance succulente. Ce moule, a-t-il dit, &#339;uvre du bin&#244;me Reagan-Bush, est diss&#233;min&#233; partout et a servi &#224; justifier toute sorte de massacres commis depuis les &#201;tats. C' &#233;tait in&#233;vitable, &#224; l'&#233;couter, associer ses mots &#224; la mort du leader d'al-Qaida, et la phrase de Barack Obama que &#171; justice a &#233;t&#233; faite &#187; et que &#171; le monde est un lieu plus s&#251;r &#187; bien qu'on n'&#233;carte pas les repr&#233;sailles. Mais ni le juge de la Cour ni ceux qui l'entouraient y ont fait allusion. Peut-&#234;tre &#233;tait-ce trop frais et difficile &#224; dig&#233;rer. P&#225;gina/12 l'a fait remarquer quelques jours apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juge a pens&#233; et a dit : &#171; Obama r&#233;cup&#232;re du terrain dans la lutte contre Satan. Et comme Satan ne peut pas mourir, il va continuer &#224; dire que Ben Laden est en vie. C'est quelque chose de tr&#232;s similaire &#224; ce qui nous est arriv&#233; avec Yabr&#225;n : encore aujourd'hui il y a, ceux qui disent qu'il est en vie. Quand le malheur absolu se signale chez un ennemi (&lt;i&gt;Satan &lt;/i&gt; signifie &lt;i&gt;ennemi&lt;/i&gt; en h&#233;breu) , on r&#233;siste &#224; croire qu'il est mort, que le mal a disparu &#187;. Plus tard il ajoutera : &#171; La lutte contre le terrorisme s'est transform&#233; en la nouvelle doctrine plan&#233;taire de la &#171; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Doctrine_de_la_s%C3%A9curit%C3%A9_nationale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;S&#233;curit&#233; nationale &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187; qui cherche &#224; l&#233;gitimer des proc&#233;d&#233;s extraordinaires &#187;. Tuer Ben Laden, dans le contexte de cette doctrine, a t-il expliqu&#233;, est une &#171; ex&#233;cution sans proc&#232;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A cause de quoi et pourquoi Obama a-t-il besoin d'exhiber qu'il a tu&#233; son ennemi si tout le monde croit qu'il est immortel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu a pour but l'&#233;lectorat interne et dans ce contexte c'est compliqu&#233;. Il a pu tuer Ben Laden, mais le probl&#232;me est que le personnage cr&#233;&#233; sur la figure r&#233;elle de Ben Laden est plus difficile &#224; tuer, parce que c'est le mal absolu, quelque chose de presque manich&#233;en, une esp&#232;ce de mauvais Dieu, ce qui rend peu vraisemblable sa mortalit&#233; dans l'imaginaire collectif. Quelque chose de pareil est survenu &#224; son &#233;poque avec le &lt;i&gt;satanisation&lt;/i&gt; totale d'Yabr&#225;n [&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Alfredo_Yabr%C3%A1n&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Alfredo Yabran&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;] en Argentine, mais la dimension aujourd'hui est beaucoup plus grande. Je ne sais si cet effet a &#233;t&#233; calcul&#233;, en g&#233;n&#233;ral on ne se pense pas &#224; cela, mais seulement &#224; la r&#233;action de celui qui l'assi&#232;ge, c'est-&#224;-dire, les r&#233;publicains et leur aile d'extr&#234;me droite le &lt;i&gt;Tea party&lt;/i&gt;. C'est un flanc que ceux-ci peuvent exploiter de nombreuses mani&#232;res, y compris celle de la rumeur, qui n'est pas la plus inoffensive. Le peu de transparence des faits peut donner des armes &#224; l'extr&#234;me droite qui veut le mettre en &#233;chec. C'est un pari difficile pour Obama, peut-&#234;tre il ne lui restait pas d'autre carte &#224; jouer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi maintenant, alors ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier ce qui me vient &#224; l'esprit c'est qu'il devait faire quelque chose pour am&#233;liorer son image dans l'opinion publique. Mais cela peut &#234;tre accompagn&#233; par des raisons plus conjoncturelles et pratiques c'est-&#224;-dire, qu' il n'a peut &#234;tre pas pu le faire avant ou il n'a pas pu le faire autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que ce doute sur Ben Laden est-il en vie ou mort permettra au gouvernement d'Obama de justifier des actions futures ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne crois pas probable qu'Obama se serve de ce doute de quelque fa&#231;on, donc cela semblerait plut&#244;t une carte &#224; jouer par ses adversaires internes. Je pense &#224; autre chose, c'est le pari sur la r&#233;action des cellules folles [ind&#233;pendantes] de l'organisation (ou d&#233;sorganisation pseudo islamique). Je pr&#233;f&#232;re le dire ainsi parce que j'ai le plus grand respect pour l'islam et cela ne me pla&#238;t pas que l'islam soit associ&#233; syst&#233;matiquement au terrorisme. Si Bush a eu besoin de Ben Laden, parce que sans Ben Laden Bush n'aurait pas &#233;t&#233; Bush, c'est-&#224;-dire, si Bush a eu &#224; se d&#233;finir par son ennemi, par son Satan, une fois ce Satan mort, Obama peut essayer de se d&#233;finir lui &#224; travers son opposition &#224; un nouveau Satan qui serait les cellules folles. Pour cela il serait n&#233;cessaire maintenant que les cellules folles commettent quelques brutalit&#233;s, les plus sanglantes possibles, c'est mieux. De cette fa&#231;on grandirait sa figure reconstruite comme un contre-visage des assassins ennemis. Si cela ne survient pas, il n'a pas de place dans l'opinion publique interne et ni dans l'internationale, il lui manquerait la soi-disant provocation suffisante pour toute action. De plus, s'il n'y a pas de r&#233;action sanglante des cellules folles terroristes, si rien ne se passe et si c'est calme, Obama peut se trouver avec un autre probl&#232;me, qui est que Ben Laden devient sacr&#233;. C'est ce que Ren&#233; Girard remarque, quand la destruction de l'ennemi passe par la violence, celui-ci tend &#224; devenir mythique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment imaginez-vous que les &#201;tats-Unis se placeront maintenant face au monde arabe et &#224; ses r&#233;bellions r&#233;centes, qui sont politiques, non issues du fondamentalisme islamique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les agences &#233;tasuniennes paraissent ne pas savoir tr&#232;s bien comment r&#233;agir devant les r&#233;bellions arabes qui mettent en &#233;chec leurs alli&#233;s. Il serait id&#233;al pour leurs int&#233;r&#234;ts qu'ils assument des positions fondamentalistes, ce qui l&#233;gitimerait leur r&#233;pression. Je n'&#233;carte pas l'id&#233;e que quelqu'un peut penser qu'il serait bon de les inciter &#224; ce qu' ils les assument ou, au moins, &#224; confondre l'opinion en les identifiant avec ces positions. Ce serait diabolique et avec des cons&#233;quences impr&#233;visibles, mais un esprit malade pourrait le penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce &lt;i&gt;Satan&lt;/i&gt; cach&#233; pendant les dix derni&#232;res ann&#233;es comme une menace latente : &#233;tait-ce un danger r&#233;el ou faisait il partie de la construction de la r&#233;alit&#233; m&#234;me de ce que vous appelez la &#171; criminologie m&#233;diatique &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout indique que Ben Laden &#233;tait un personnage assez redoutable, sans doute y avait-il vraiment une bonne dose de v&#233;rit&#233; dans son caract&#232;re effrayant. Il est clair qu'il n'&#233;tait pas un pacifiste innocent, simplement parce qu'on ne peut jamais construire la r&#233;alit&#233; sans un minimum de v&#233;rit&#233;, pas m&#234;me dans le d&#233;lire le plus fou il ne manque un fond de v&#233;rit&#233;, mais nous ne pouvons pas savoir jusqu'&#224; quel point il le fut r&#233;ellement, parce que l'hypertrophie de son danger &#233;tait trop fonctionnelle &#224; Bush. Sans doute &#233;tait-il un personnage presque id&#233;al pour que sur son caract&#232;re effrayant r&#233;el soit construit un mythe de mauvais Dieu, &#233;tant donn&#233; que lui m&#234;me s'occupait &#224; nourrir son image satanique, peut-&#234;tre par son propre jeu de pouvoir parmi ceux dont il &#233;tait &#224; la t&#234;te ou &#224; qui il se confrontait dans le monde arabe. En cela il y a eu une r&#233;alit&#233; et une construction, pas seulement de la part de Bush mais de lui m&#234;me, donc aujourd'hui nous ne pouvons pas savoir dans quelle mesure ils se sont combin&#233; tous les deux. Cela se discutera certainement durant de nombreuses ann&#233;es et des tonnes de papier seront &#233;crits et des milliards de gigabits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ben Laden semblait l'ennemi id&#233;al.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;criminologie m&#233;diatique&lt;/i&gt; est la construction sociale de la r&#233;alit&#233; &#224; propos du ph&#233;nom&#232;ne criminel, qui domine aujourd'hui dans le monde et conditionne la politique, en montrant que l'unique risque physique que nous courons c'est la criminalit&#233; reconstruite comme Satan, l'ennemi. Quand on dispose d'un ennemi fonctionnel, on construit la r&#233;alit&#233; autour de celui-ci. Ben Laden &#233;tait assez fonctionnel. Quand il n'y a pas d'ennemi si id&#233;al, on tombe dans la d&#233;linquance commune, qui n'est pas bonne, qui est r&#233;siduelle, parce qu'il lui manque un &#233;l&#233;ment pour &#234;tre le Satan id&#233;al, qui est la composante conspirateur. La &lt;i&gt;satanisation&lt;/i&gt; du gars marginal de quartier n'est pas bonne, parce que l'on ne peut pas lui attribuer une conspiration. Dans ce sens, Ben Laden &#233;tait id&#233;al, fait presque sur mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'avez-vous pens&#233; apr&#232;s avoir &#233;cout&#233; Obama dire que &#171; justice a &#233;t&#233; faite &#187;, et ajouter que maintenant &#171; le monde est un endroit plus s&#251;r &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En toute sinc&#233;rit&#233;, je suis un peu effray&#233;. Je crois que cela rassure de penser que tout est froidement calcul&#233; et qu'il y a toujours une pr&#233;vision &#224; chaque pas. Cela donne une certaine s&#233;curit&#233;, au moins du fait que derri&#232;re les faits il y a une rationalit&#233; fonctionnelle, mais la vie t'apprend que m&#234;me dans les d&#233;cisions les plus difficiles et d&#233;licates, il y a du hasard et du d&#233;sordre. Je soup&#231;onne que parmi les conseillers d'Obama il y a beaucoup de d&#233;sordre et que les contradictions sont le produit de pas mal d'improvisation. Je sais que cela ne ne para&#238;t pas recevable, mais j'insiste, il me semble que nous nous refusons de le croire parce que cela nous produit trop d'angoisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on qualifier cet assassinat comme un acte de justice ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le meilleur des cas on peut all&#233;guer une l&#233;gitime d&#233;fense ou quelque chose dans le style, un &#233;tat de n&#233;cessit&#233;, mais je n'ai jamais entendu que quiconque qui a eu besoin de tuer quelqu'un pour se d&#233;fendre ait dit que c'&#233;tait un acte de justice, parce que cela ressemble plus &#224; une vengeance et, en g&#233;n&#233;ral, c'est un sentiment fr&#233;quent, mais qui se cache pudiquement. Celui qui se d&#233;fend l&#233;gitimement dit &#171; je n'ai pas eu d'alternative, je n'ai pas pu faire autrement &#187;. Il ne dit jamais &#171; j'ai fait justice &#187;. C'est pourquoi je crois qu'il y a du d&#233;sordre : si j'&#233;tait conseiller d'Obama je lui aurais conseill&#233; de dire : &#171; J'aurais davantage aimer le juger, mais il ne nous a pas laiss&#233; d' autre recours &#187;. Si Obama veut assumer l'image d'un bon policier, il ne peut pas s'habiller comme un vengeur, je crois que c'est une erreur. En g&#233;n&#233;ral, les gens aiment les policiers, pas les justiciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il eu en somme une violation du droit international ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ignore quelles sont les pr&#233;rogatives et les immunit&#233;s que le pays avait convenu avec les &#201;tats-Unis. De cela d&#233;pend s'il y a eu ou non violation de souverainet&#233; et du droit international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#201;tats-Unis devaient-ils d&#251; juger Ben Laden ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un principe en droit international qui s'appelle &#171; r&#233;el ou de d&#233;fense &#187;, selon le quel le pays qui a subi un dommage applique sa loi &#224; celui qui l'offense. Selon ce principe et si Ben Laden &#233;tait responsable d'un d&#233;lit consomm&#233; sur le territoire des &#201;tats-Unis, bien qu'il n'e&#251;t jamais &#233;t&#233; l&#224;-bas, il pouvait &#234;tre jug&#233; par la Justice f&#233;d&#233;rale des Etats Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais il semblerait qu'au nom de la lutte contre le terrorisme tout vaut.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre le terrorisme est devenue la nouvelle doctrine plan&#233;taire de la &lt;i&gt;s&#233;curit&#233; nationale&lt;/i&gt;, qui cherche &#224; l&#233;gitimer des proc&#233;d&#233;s extraordinaires : au nom de celle-ci ont &#233;t&#233; men&#233;es des s&#233;questrations de personnes (les fameux &#171; &lt;i&gt;renditions &#187;&lt;/i&gt;), parfois elles ont &#233;t&#233; donn&#233;es &#224; des pays tiers pour obtenir une information par des moyens violents (les &#171; &lt;i&gt;extraordinary renditions&lt;/i&gt; &#187;), il y a eu des camps de d&#233;tentions clandestins en Roumanie et en Pologne, les prisonniers de Guantanamo subissent une d&#233;tention irr&#233;guli&#232;re. C'est un syst&#232;me p&#233;nal parall&#232;le et souterrain, propre &#224; la &#171; &lt;i&gt;s&#233;curit&#233; nationale&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors inscrivez-vous l'assassinat de Ben Laden dans cette doctrine de &#171; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Doctrine_de_la_s%C3%A9curit%C3%A9_nationale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;S&#233;curit&#233; nationale &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;tails concrets de la mort de Ben Laden nous ne les connaissons pas bien, mais cela semble &#234;tre bas&#233; sur un proc&#233;d&#233; qui lui est propre, l'ex&#233;cution sans proc&#232;s. La doctrine de la s&#233;curit&#233; nationale se caract&#233;rise par un pouvoir r&#233;pressif &#224; trois niveaux, un formel, avec des juges ; deux, le parall&#232;le, avec la justice militaire, la d&#233;tention sans intervention judiciaire ; trois, le souterrain, avec des disparitions, des tortures syst&#233;matiques, des ex&#233;cutions syst&#233;matiques sans proc&#232;s, des camps de d&#233;tention clandestins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si nous parcourons le r&#233;cit des &#201;tats-Unis sur ce qui est arriv&#233;, tous les jours il a chang&#233;. C'est comme la confession d'un mensonge, ou de que quelque chose qui a &#233;t&#233; mal fait.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela me conforte &#224; propos de la dangereuse th&#232;se du d&#233;sordre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/subnotas/167766-53496-2011-05-08.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le danger de surjouer&lt;/a&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous parlez dans votre livre des morts qui ne figurent pas dans les statistiques, les morts des massacres massifs et &#171; par goutte &#224; goutte &#187;. Comment entrent dans cette d&#233;finition les victimes d'actes terroristes ? Et Ben Laden ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous comparons la quantit&#233; de morts par le terrorisme &#224; celle de morts par g&#233;nocides, elle est insignifiante. Mais les morts par le terrorisme et Ben Laden ne sont pas des morts qui ne parlent pas, &#224; ceux-ci ils leur font dire qu'ils sont bien morts, ils les montrent. Les morts muets sont les centaines de millions qui ont &#233;t&#233; massacr&#233;s au si&#232;cle pass&#233; et ceux qui dans ce si&#232;cle le sont au Soudan et ceux qui meurent de faim et du sida dans toute l'Afrique subsaharienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez aussi dit que ce mod&#232;le de &#171; l'&#201;tat gendarme &#187; ou policier, qui a comme base le ch&#226;timent, la stigmatisation, l'exclusion, na&#238;t aux &#201;tats-Unis, et justement nous avons Obama montrant sa victoire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les sp&#233;cialistes du sujet des Etats-Unis, cela d&#233;marre avec Johnson &#224; la fin des ann&#233;es soixante et s'aiguise &#224; partir des ann&#233;es quatre-vingt, comme l'entreprise destin&#233;e &#224; d&#233;molir l'&#201;tat social mod&#232;le Roosevelt pour le remplacer par le gendarme mod&#232;le Reagan. Bien qu'Obama semble d&#233;marrer avec une tentative de restaurer le mod&#232;le Roosevelt, il est assi&#233;g&#233; et aussi comme beaucoup d'hommes politiques progressistes qui ont souffert du m&#234;me processus et ont &#233;t&#233; discr&#233;dit&#233;s comme mous en face du Satan, il a choisi de redoubler le pari sur cet aspect. C'est dangereux, parce que cela peut se terminer en un sur-jeu et perdre son essence compl&#232;tement, ce qui produit une indiff&#233;rence politique qui &#224; la longue conduit &#224; l'antipolitique et, comme tous sont &#233;gaux, ouvre le chemin &#224; tout aventurier hors-syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P&#225;gina 12&lt;/strong&gt;. Buenos Aires, le 8 mai 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/?Criminologie-mediatique-Analyse-de-Zaffaroni-sur-Obama-et-son&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;El Correo&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; par &lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/?Criminologie-mediatique-Analyse-de-Zaffaroni-sur-Obama-et-son&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;El Correo&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Paris, le 9 mai 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ra&#250;l Zaffaroni est un des juges de la Corte Suprema de Justicia argentine&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Que font les assembl&#233;es en Argentine maintenant que les casseroles sont rang&#233;es</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Que-font-les-assemblees-en-Argentine-maintenant-que-les-casseroles-sont-rangees</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Que-font-les-assemblees-en-Argentine-maintenant-que-les-casseroles-sont-rangees</guid>
		<dc:date>2004-04-27T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Irina Hauser*</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Malgr&#233; une croyance commune qui les consid&#232;re comme &#233;teintes, au moins cent assembl&#233;es apparues en 2001 sont toujours sur pied dans la Capitale F&#233;d&#233;rale et Buenos Aires. Que font elles ? Que cherchent elles ? Demandent-elles encore &#171; qu'ils s'en aillent tous ? &#187;. &#034;Pour tout citoyen, participer est tout un investissement en ressources&#034;, explique le chercheur P&#233;rez. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce fut des masses &#233;normes. Des gens qui avaient besoin de dire des choses, ou de faire une catharsis, ou de se plaindre et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Argentina-45-45-45-45-45-45-45-45-45-45-45-45-45-45-45" rel="directory"&gt;Argentine&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; une croyance commune qui les consid&#232;re comme &#233;teintes, au moins cent assembl&#233;es apparues en 2001 sont toujours sur pied dans la Capitale F&#233;d&#233;rale et Buenos Aires. Que font elles ? Que cherchent elles ? Demandent-elles encore &#171; qu'ils s'en aillent tous ? &#187;. &#034;Pour tout citoyen, participer est tout un investissement en ressources&#034;, explique le chercheur P&#233;rez.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce fut des masses &#233;normes. Des gens qui avaient besoin de dire des choses, ou de faire une catharsis, ou de se plaindre et de proposer, ou de repositionner les dirigeants politiques et de remettre en question le syst&#232;me de repr&#233;sentation. Apr&#232;s d&#233;cembre 2001 cela a pris la forme d'assembl&#233;es populaires et de quartier. Fluctuantes et h&#233;t&#233;rog&#232;nes, mais toujours &#224; la recherche de pratiques politiques alternatives. Certaines se sont d&#233;faites avec le temps, d'autres ont souffert une d&#233;sertion forte. Elles ne reproduisent plus les bruits de casseroles elles sont devenues plus silencieuses, mais elles n'arr&#234;tent pas de produire des actions vari&#233;es et de multiplier des d&#233;bats politiques internes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant leurs deux ann&#233;es d'existence, elles se sont enracin&#233;es dans leurs quartiers avec une tendance &#224; assumer des t&#226;ches que, selon elles, L'Etat devrait remplir. Elles ont une pratique commune qui les d&#233;finit : elles examinent avec des proc&#233;dures d'assembl&#233;es, elles soumettent tout au vote et n'ont pas de chefs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers le milieu de l'ann&#233;e pass&#233;e les sondages comptabilisaient un peu plus de 240 assembl&#233;es pour la Capitale et la banlieue. Certaines arrivaient &#224; r&#233;unir plus de cent habitants dans leurs r&#233;unions. Elles sont aujourd'hui une centaine et elles ont int&#233;gr&#233; une moyenne de vingt personnes et dans certains cas le double.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d'assembl&#233;es ont install&#233; des salles &#224; manger populaires. Elles donnent &#224; manger &#224; des voisins pauvres, cartoneros (ramasseurs des cartons) et &#224; des ch&#244;meurs. Elles ont leurs propres potagers. Animent des ateliers artistiques, ont mont&#233; des biblioth&#232;ques, enseignent &#224; lire et &#233;crire et cherchent des sorties en autogestion au ch&#244;mage et aux probl&#232;mes de logement avec des crit&#232;res d'&#233;conomie solidaire. Certaines mettent leurs &#233;nergies pour &#233;claircir des crimes qui affectent leurs quartiers, il y a celles qui prennent part &#224; la r&#233;cup&#233;ration des usines et celles qui travaillent avec piqueteros. Elles m&#232;nent toujours des d&#233;bats politiques et dans les derni&#232;res semaines, elles ont pris part &#224; la campagne contre l'ALCA et ont donn&#233; leur avis sur la loi des communes. Hier, elles se sont mobilis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'assembl&#233;e de Temperley (banlieue de Buenos Aires), par exemple, on f&#234;te l'ouverture d'une boulangerie. On leur ont fait don d'un four et d'un r&#233;frig&#233;rateur, qui ont &#233;t&#233; install&#233;s dans un local abandonn&#233; et un voisin, forain et traiteur, leur enseigne le m&#233;tier. Fabio N&#250;&#241;ez, avocat et membre de l'assembl&#233;e explique : &#034;L'engagement m&#232;ne &#224; une d&#233;claration politique : c'est pour produire le travail que le syst&#232;me nous a ni&#233;, produire ce qui nous paraissait impossible est comme un pas pr&#233;alable &#224; un changement du syst&#232;me. Nous croyons dans le travail &#233;galitaire. C'est notre fa&#231;on de construire le pouvoir &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le politologue Germ&#225;n P&#233;rez, chercheur sur la protestation sociale (UBA), soutient que &#034;le repli des assembl&#233;es vers l'espace du quartier et la diminution dans leur composition, est du en partie &#224; l'espoir produit par le gouvernement actuel qui construit sa l&#233;gitimit&#233; sur la base de demandes qu'ont pos&#233;es les assembl&#233;es : les purges dans les forces de s&#233;curit&#233;, l' &#233;puration de la Cour Supr&#234;me. Mais, aussi, la participation passe par des cycles. Pour tout citoyen prendre part est tout un investissement de ressources &#034;. Il y a, en outre, des secteurs de la classe moyenne qui devant les signes de recomposition politique renouent avec l'habitude de d&#233;l&#233;guer la repr&#233;sentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les assembl&#233;es ont eu des moments &#171; algides &#187; quant &#224; leur pr&#233;sence dans les rues durant leurs premiers mois et quand elles convergeaient dans un inter quartier au Parque Centenario. L&#224; o&#249; se sont cristallis&#233;s les probl&#232;mes de la coexistence de personnes qui ont peu ou aucune exp&#233;rience militante - et des expectatives dissemblables - avec des partis politiques de gauche qui ont cru voir dans les assembl&#233;es le germe d'une insurrection qu'il fallait acc&#233;l&#233;rer. Beaucoup de casseroleros consid&#232;rent que cette situation a provoqu&#233; des d&#233;sertions. Cette ann&#233;e les partis se sont retir&#233;s de l'ar&#232;ne de l'assembl&#233;e. Les nombreux &#233;pisodes de menaces aupr&#232;s des participants, surtout pendant 2002, paraissent aussi avoir eu un effet r&#233;pulsif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'articulation entre des diverses assembl&#233;es a &#233;t&#233; toujours compliqu&#233;e. Apr&#232;s qu'on ait dilu&#233; les inter quartiers, il y a eu des tentatives de cr&#233;er des instances de confluence qui ont &#233;t&#233; &#233;tablies par zones - il y a un inter quartier &#224; Vicente L&#243;pez (banlieue de Bs. As.), un groupe d'assembl&#233;es de la zone Sud, un autre de la zone Ouest - et un groupe de celles auto d&#233;nomm&#233;es autonomes qui se r&#233;unit p&#233;riodiquement. Selon P&#233;rez, il est difficile de parler d'un mouvement des assembl&#233;es. &#034;Elles ont des objectifs changeants et pas toujours convergents ; la construction d'une histoire politique partag&#233;e est une des principales difficult&#233;s&#034;. Dans son travail &#034;Mod&#232;les d'assembl&#233;es : entre l'autogouvernement et la repr&#233;sentation &#034;, dont sont aussi auteurs Mart&#237;n Armelino et Federico Rossi, il fait la diff&#233;rence entre des assembl&#233;es populaires (multiclassistes, oppos&#233;es &#224; l'Etat et avec des d&#233;bats qui font l'unanimit&#233;) et de quartier (install&#233;es au quartier, o&#249; sont pos&#233;s des d&#233;bats qui provoquent &#224; la diff&#233;rence et la discussion).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Alors avec nos petites actions nous croyons &#234;tre en train de construire le pouvoir populaire autonome. En cela, c'est tellement important de penser &#224; am&#233;liorer notre qualit&#233; de vie comme examiner la relation avec les institutions et comment exercer la d&#233;mocratie directe. Qu'un ch&#244;meur puisse venir danser du folklore un instant et se d&#233;tendre, fait partie de ce qui est possible&#034;, dit Viviana, 41 ans, Corrientes et Juan B. Justo. Octavio du Cid, ajoute : &#034;Nous qui sommes en assembl&#233;e nous r&#233;sistons &#224; l'apathie et au conformisme. La pratique horizontale des assembl&#233;es nous enseigne des valeurs que la politique traditionnelle n'a pas, cela fait partie du &#171; Qu'ils s'en aillent tous &#187;, continuer &#224; chercher des changements dans la logique de repr&#233;sentation &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour P&#233;rez tant le diagnostic qu'a fait la gauche sur vers o&#249; vont les assembl&#233;es que celui fait par la droite &#034;qui disait que les assembl&#233;es &#233;taient le fruit d'une col&#232;re qui serait finie quand l'argent aura r&#233;apparu&#034;, &#034;ont terni la compr&#233;hension du processus&#034;. &#034;Les assembl&#233;es ont ni disparu, ni &#233;chou&#233;&#034; souligne-t-il. &#034;Elles sont plus que latentes. La forme assembl&#233;iste comme pratique politique et proc&#233;dure de prise de d&#233;cisions, reste disponible. Et dans ceci il faut reconna&#238;tre que l'ouverture d'un espace de r&#233;sistance existait avant 2001 avec les mouvements piqueteros. Il y a maintenant sans doute une politisation de l'espace de quartier qui avait peu d'ant&#233;c&#233;dents. Le &#171; qu'ils s'en aillent tous &#187;, non seulement refl&#233;tait une crise de repr&#233;sentation, mais contestait un r&#233;gime de domination propre aux ann&#233;es quatre-vingt-dix. Il n'y a pas &#233;chec dans ceci, mais une r&#233;forme politique reste bien en suspens.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pagina12web.com.ar/diario/elpais/1-29612.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;P&#225;gina 12&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 22 d&#233;cembre 2003&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Autogestion des entreprises en Argentine : Gatic, une entreprise r&#233;cup&#233;r&#233;e qui produit 300 de paires des chaussures par jour.</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Autogestion-des-entreprises-en-Argentine-Gatic-une-entreprise-recuperee-qui-produit-300-de-paires-des-chaussures-par-jour</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Autogestion-des-entreprises-en-Argentine-Gatic-une-entreprise-recuperee-qui-produit-300-de-paires-des-chaussures-par-jour</guid>
		<dc:date>2004-04-02T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Irina Hauser*</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Sous licence Adidas, Gatic a &#233;t&#233; favoris&#233;e pendant le m&#233;n&#233;misme. M&#234;me cela n'a pas suffi. Ses employ&#233;s ont d&#233;sormais pris en main la gestion d'une des usines et la font tourner. Conflit avec Gotelli. Outre les chaussures de sport, maintenant les salari&#233;s produisent des shorts pour les joueurs de football du Club V&#233;lez Sarsfield et pr&#233;parent un maillot. L'&#226;ge moyen des travailleurs qui tentent l'autogestion dans cette usine ne d&#233;passe pas les 35 ans. &lt;br class='autobr' /&gt; &#034;L&#224; o&#249; nous mettons l'2paule, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Recuperees" rel="directory"&gt;R&#233;cup&#233;r&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sous licence Adidas, Gatic a &#233;t&#233; favoris&#233;e pendant le m&#233;n&#233;misme. M&#234;me cela n'a pas suffi. Ses employ&#233;s ont d&#233;sormais pris en main la gestion d'une des usines et la font tourner. Conflit avec Gotelli. Outre les chaussures de sport, maintenant les salari&#233;s produisent des shorts pour les joueurs de football du Club V&#233;lez Sarsfield et pr&#233;parent un maillot. L'&#226;ge moyen des travailleurs qui tentent l'autogestion dans cette usine ne d&#233;passe pas les 35 ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;L&#224; o&#249; nous mettons l'2paule, les choses avancent&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_250 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;7&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L200xH134/doc-250-763de.jpg?1694774399' width='200' height='134' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Gatic
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cristina Osuna coud, coupe les fils trop et essaie les fermetures. En une poign&#233;e de secondes circule par ses mains une montagne d'&#233;quipements de gymnastique qui finissent p&#233;niblement empil&#233;s sur une &#233;tag&#232;re. Dans la salle de couture du premier &#233;tage de l'usine, les machines &#224; coudre &lt;i&gt;tournent &lt;/i&gt;et la musique de Bandana joue &#224; tue t&#234;te : &#034;Aujourd'hui ton r&#234;ve est r&#233;el&#034;. Cristina a 43 ans, marque le rythme avec le pied et dit qu'elle ne peut pas s'arr&#234;ter, qu'elle a une livraison, et que c'est le mieux qui puisse lui arriver. Vers le bas, dans le hangar principal toutes les machines de confection de chaussures de sport fonctionnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque 260 personnes au travail, mais sans chef d'entreprise. Elles le font depuis l'ann&#233;e pass&#233;e, quand elles ont occup&#233; le si&#232;ge de San Mart&#237;n de Gatic apr&#232;s avoir support&#233;s des mois de paralysie et d'absence de salaire. C'est une entreprise avec une immense capacit&#233; productive, mais qui a contract&#233; une dette en millions de pesos, produit des faveurs re&#231;ues de la banque publique pendant le menemisme. Un groupe d'investisseurs se bat en Justice pour s'approprier quatre usines, mais les travailleurs cherchent &#224; d&#233;montrer qu'ils peuvent s' autog&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gatic a connu son &#226;ge d'or pendant la convertibilit&#233; et la c&#233;l&#232;brit&#233; ayant sous licence de grandes marques comme Adidas, Nike et la Gear. Entre les mains de la famille Bakchellian, elle a re&#231;u en ces temps l&#224; avec les Yoma, les cr&#233;dits publics les plus exorbitants. La chute en a &#233;t&#233; directement proportionnelle, avec une dette de 529 millions de pesos (152 M. d'euros). Elle est en cessation de paiements depuis fin 2001, elle a environ cent demandes de r&#232;glements et ses principaux cr&#233;anciers sont l'AFIP (Administration F&#233;d&#233;rale de Recettes publiques) et les banques officielles. Mais sa dette est aussi tr&#232;s &#233;lev&#233;e vis &#224; vis des 4.500 travailleurs de toutes ses usines de production, qui ont travers&#233; les arr&#234;ts de production, renvois et r&#233;incorporations avec des promesses non tenues, qui les ont plong&#233;s dans une incertitude totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les usines de Gatic sont arr&#234;t&#233;es, sauf celle de San Mart&#237;n, o&#249; les ouvriers ont form&#233; une Coop&#233;rative Unie pour les Chaussures (CUC), ils ont occup&#233; les installations en octobre et ils se sont mis &#224; produire &#224; leur compte, encourag&#233;s par le Mouvement National d'Entreprises R&#233;cup&#233;r&#233;es (MNER). Bien qu'elle soit la seule usine active, son exp&#233;rience est reconnue. A Pig&#252;&#233;, o&#249; on fabrique les toiles et l'avant des chaussures de sport, les travailleurs en coop&#233;rative ont pris les ateliers. A Pilar on a cr&#233;&#233; un groupe autog&#233;r&#233;, bien qu'il y ait une surench&#232;re avec les syndicats du caoutchouc, deux syndicats qui ont &#233;tendu leur discours &#224; l'usine du Colonel Su&#225;rez. A la ville Las Flores, ils ont envoy&#233; le syndicat du v&#234;tement et &#224; la Rioja celui des chaussures, tous les deux entretiennent un bon dialogue avec le MNER.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs semaines, les travailleurs de San Mart&#237;n fabriquent quelque 300 paires de chaussures par jour, et en plus des v&#234;tements de gymnastique. Ils ont sorti une marque propre avec le sigle CUC, celle de la coop&#233;rative, qu'on peut voir dans un logo ovale et un autre avec une forme d'&#233;toile qui d&#233;core les produits. Ils ont fait des shorts pour les joueurs de premi&#232;re division de V&#233;lez Sarsfield (football) et maintenant ils leur pr&#233;parent un mod&#232;le de maillot, qui pavoise accroch&#233; &#224; un cintre dans le d&#233;partement de couture, avec des corrections au Bic. Avant d'en arriver l&#224; , ils sont fait chacun leur tour de garde en veillant que &#224; ce que personne n'emm&#232;ne les machines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;lida Corina Molina, de 58 ans, sait manier chacune des machines de chez Gatic, o&#249; elle travaille depuis 25 ans. Elle est &#034;op&#233;rateur&#034;. Avec ses cheveux rouge&#226;tres cr&#234;p&#233;s, sa peau lisse et les ongles couleur violette, &#034; Moi j'ai d&#233;cid&#233; de rester l&#224; &#224; l'int&#233;rieur parce que j'avais besoin de me battre pour mon travail. Qui va m'employer &#224; mon &#226;ge ?&#034;, soupire-t-elle. &#034;Pour survivre moralement &#224; tant d'incertitude depuis que l'entreprise est tomb&#233;e dans le malheur, je me suis mise &#224; terminer ma cinqui&#232;me. Sinon, aux moments o&#249; j'&#233;tais seule dans ma maison, je croyais que tout me tombait dessus, les murs, la peinture, que tout &#233;tait mis en pi&#232;ces. J'ai aussi vendu du d&#233;tergent au d&#233;tail et ce qui aidait ainsi &#224; soutenir la prise de l'usine &#034;, explique t-elle en sanglots. Cristina, avec les yeux cern&#233;s de bleu et ses lunettes &#233;normes, elle explique qu'elle a vendu des pizzas pr&#233;-cuites et a fait des travaux pour les ateliers de confection. &#034;C'&#233;tait pour subsister, mais je me suis sentie trop us&#233;e. Tout ce que je fais maintenant m&#234;me si je travaille toute la journ&#233;e, c'est pour moi, au moins, cela ils ne vont pas me le voler &#034;, elle dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#226;ge moyen des travailleurs qui m&#232;ne l'autogestion dans cette usine d&#233;passe les 35 ans. Les hommes se pr&#233;sentent en disant en premier le nom de famille et ensuite le pr&#233;nom, une d&#233;formation de la culture patronale. Cela peut produire la confusion dans des cas comme celui d'Aldo Franco, qui tend la main en disant &#034;Franco Aldo&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il se propose comme guide d'une randonn&#233;e calme. Un balancier coupe les parties des chaussures que portent des veines, un autre sectionne la mousse du talon, une autre machine colle le renforcement de l'orteil, il y a une machine sp&#233;ciale pour broder les logos (dans des languettes et lat&#233;rales), et ainsi de suite. Un bourdonnement lisse accompagne le processus. Une rang&#233;e de machines &#224; coudre est rafra&#238;chie par une autre de ventilateurs au plafond. Dans un hangar distinct, on moule les semelles internes et externes. &#034;Les mati&#232;res premi&#232;res que nous utilisons sont les restes de ce qu'ils ont laiss&#233;&#034;, explique Aldo, 52 ans, polo vert et moustaches. &#034;Ils&#034; clarifie-t-il - pour &#233;viter, par superstition, de nommer les propri&#233;taires historiques. &#034;Il ajoute, avec ce que nous produisons d&#233;j&#224; nous avons pu acheter des choses et il y a trois semaines que chacun peut rapporter de l'argent &#224; la maison, quelque cinquante pesos (14 &#8364;), c'est quelque chose.&#034; Dans une salle voisine, un groupe d'hommes remplit des caisses. Ils utilisent les surplus des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes (comme les vieilles caisses turquoise d'Adidas) mais ils retournent le carton. Ils font tout &#224; la main, parce qu'ils n'ont pas encore pu acheter la colle pour la machine. Un d'eux, avec un faux-air de l'acteur John Turturro mais qui s'appelle Jos&#233; Cruz, 43 ans, raconte que cela lui a beaucoup co&#251;t&#233; de faire comprendre &#224; sa famille pourquoi il a rejet&#233; d'autres travaux. &#034;Ici nous avons le m&#233;tier n&#233;cessaire, nous nous mettons &#224; fabriquer et les choses sortent. Nous n'avons pas besoin d'un chef d'entreprise &#034;, il synth&#233;tise. Pablo Perfumo, 38 ans, compare : &#034;En &#233;change, je me suis s&#233;par&#233; de tout ce cin&#233;ma. Il est in&#233;vitable de porter le malaise &#224; ta maison quand tu es pr&#232;s d'&#234;tre &#224; la rue&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Ce qu'il faut c'est que le juge prononce la faillite une fois par toutes et livre l'usine aux travailleurs&#034;, r&#233;clame Jos&#233; Abelli, vice-pr&#233;sident du MNER. La situation, en effet, n'est pas simple. En d&#233;cembre dernier un groupe d'investisseurs conduit par l'ex titulaire d'Alpargatas, Guillermo Gotelli, a fait son apparition, et a fait un pr&#233;accord avec le propri&#233;taire de Gatic, Fabian Bakchellian, pour louer les quatre usines de l'entreprise. Cette proposition a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e au juge Juan Manuel Guti&#233;rrez Cabello, qui a accept&#233; de la mettre en discussion. Bien que le si&#232;ge de San Mart&#237;n - vu l'autonomie qu'il a atteint - soit rest&#233; hors des pr&#233;tentions de ce pool, les chefs d'entreprise refusent d'acc&#233;der &#224; un accord avec la coop&#233;rative CUC, et les banques publiques n'acceptent pas sa proposition de location. Et pour le moment, ni la banque Banco Nacion, ni la Ville l'approuvent. Ce sera s&#251;rement une d&#233;cision du Gouvernement qui pourra en arr&#234;ter le d&#233;nouement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que, les projets coop&#233;ratifs se d&#233;veloppent pour la Gatic. A Pig&#252;&#233; ils estiment que : &#034;Malgr&#233; la d&#233;t&#233;rioration des machines, nous pourrions produire 120 000 kilos de toile teinte en un mois&#034;, projette Clemar Litre. A San Mart&#237;n, Andres Avelino Ju&#225;rez recommande : &#034;Ce qu'il faut faire - dit il en se donnant une claque - c'est d'utiliser la t&#234;te.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;Ne pas faire cadeau de l'affaire&#034; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par I H.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gatic pourrait produire six millions de paires de chaussures de sport par an, selon des calculs du minist&#232;re de la Production de Buenos Aires. Cela repr&#233;sente 70 % du march&#233; local, ont-ils expliqu&#233;, mais maintenant entre trois et quatre millions de paires sont import&#233;s du Br&#233;sil. &#034;C'est un gaspillage et un malheur pour les travailleurs, en tenant compte du fait que les grandes marques cherchent d&#233;j&#224; des fabricants en Argentine. &#171; Le probl&#232;me, ce sont les pressions en jeu &#034;, dit un membre du cabinet &#224; Buenos Aires, qui admet que la Banque de la Province est dispos&#233;e &#224; accepter pour solder ses dettes l'offre du groupe d'investisseurs que conduit le chef d'entreprise Gotelli. Le Mouvement National d'Entreprises R&#233;cup&#233;r&#233;es r&#233;clame qu'on d&#233;clare en urgence la faillite et que l'usine soit livr&#233;e aux travailleurs. &#034;Accepter la proposition de Gotelli c'est faire cadeau d'une affaire qui facture 200 millions de pesos par an (57 M d'euros). Ce serait digne d'un &#201;tat stupide. Si un travailleur va acheter un r&#233;frig&#233;rateur, on lui demande patte blanche. Qui l'&#201;tat, la Justice et les banques publiques exigent de Gotelli et Bakchelli&#225;n la m&#234;me chose&#034;, proteste Abelli, du MNER.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un accord avec des entreprises&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par I H. &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le secteur du v&#234;tement de sport est apparue la premi&#232;re entr&#233;e d'argent de la coop&#233;rative. Une ardoise, au premier &#233;tage, affiche de m&#233;moire : &#034;1.173 shorts pour l'entreprise Galex, repr&#233;sentent 938.40 pesos (268 &#8364;)&#034;. L&#224;, travaillent dix femmes, toutes avec des tabliers &#233;gaux d'impression &#233;cossaise qu'elles ont con&#231;u. Elles inventent maintenant aussi des mod&#232;les d'articles sportifs qu'elles essaient sur leurs propres corps. La majorit&#233; des ouvriers se concentre au rez-de-chauss&#233;e, o&#249; on &#233;labore des chaussures. Il y a un climat de concentration et quelques d&#233;fis : ils ont un accord avec Alpargatas pour livrer les premiers &#233;chantillons de chaussures Topper, ils pr&#233;parent un mod&#232;le informel pour Grimoldi et ont d&#233;j&#224; approvisionn&#233; plusieurs d&#233;parts de marchandises &#224; Open Sport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-33429.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&lt;u&gt;P&#225;gina 12&lt;/u&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Buenos Aires, le 29 mars 2004&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'espagnol pour [&lt;i&gt;&lt;u&gt;El Correo&lt;/u&gt;&lt;/i&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les ouvriers des usines r&#233;cup&#233;r&#233;es font de la politique en Argentine </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Les-ouvriers-des-usines-recuperees-font-de-la-politique-en-Argentine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Les-ouvriers-des-usines-recuperees-font-de-la-politique-en-Argentine</guid>
		<dc:date>2003-09-08T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Irina Hauser*</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Elles ont des candidats, exp&#233;rimentent des alliances, vivent un d&#233;bat interne, tentent d'imposer leurs propres id&#233;es dans de nouveaux espaces. &#034;C'est simple : nous voulons occuper ces postes de d&#233;cision avec le programme de notre mouvement&#034; , r&#233;sume un dirigeant &#224; propos de ce ph&#233;nom&#232;ne. &lt;br class='autobr' /&gt; Il n'est pas repr&#233;sent&#233; par un parti politique unique. Aucun ne peut le faire &#224; cent pour cent. Il n'est pas non plus, pour l'instant, un regroupement politique. Mais comme mouvement social, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Recuperees" rel="directory"&gt;R&#233;cup&#233;r&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Elles ont des candidats, exp&#233;rimentent des alliances, vivent un d&#233;bat interne, tentent d'imposer leurs propres id&#233;es dans de nouveaux espaces. &#034;C'est simple : nous voulons occuper ces postes de d&#233;cision avec le programme de notre mouvement&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une grande partie d'entre elles fonctionnant en autogestion, elles ne se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , r&#233;sume un dirigeant &#224; propos de ce ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il n'est pas repr&#233;sent&#233; par un parti politique unique. Aucun ne peut le faire &#224; cent pour cent. Il n'est pas non plus, pour l'instant, un regroupement politique. Mais comme mouvement social, le mouvement des entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es par leurs ouvriers d&#233;veloppe un projet politique, et tente d'occuper le terrain de la repr&#233;sentation politique. Lors des &#233;lections d'ao&#251;t 2003, il fut pr&#233;sent sur plusieurs listes et a obtenu l'&#233;lection d'un de ses membres &#224; la Mairie de Buenos Aires. Lors des &#233;lections de la semaine prochaine [Article datant du 7 septembre 2003], plusieurs candidats issus de ses rangs se pr&#233;sentent dans les provinces de Buenos Aires et de Santa Fe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Argentine est un Etat F&#233;d&#233;ral compos&#233; de provinces qui ont toutes leurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Movimiento Nacional de Empresas Recuperadas (MNER) pr&#233;sentera dimanche des candidats sur les listes du Polo Social : son pr&#233;sident, Eduardo Mur&#250;a, comme d&#233;put&#233; de la province de Buenos Aires ; Omar Campos, de la Metal&#250;rgica Pl&#225;stica Argentina (IMPA - entreprise r&#233;cup&#233;r&#233;e) comme compagnon de formule de Francisco &#034;Barba&#034; Guti&#233;rrez pour les provinciales de Buenos Aires et Jos&#233; C&#243;rdoba, de la UOM de Quilmes, postule &#224; la mairie de Florencio Varela. Lors des &#233;lections municipales de Buenos Aires, les travailleurs des usines r&#233;cup&#233;r&#233;es se sont pr&#233;sent&#233;s sur la liste du Partido de la Revoluci&#243;n Democr&#225;tica (PRD), que dirige l'&#233;crivain Miguel Bonasso. L'avocat du mouvement, Diego Kravetz, qui &#233;tait t&#234;te de liste pour la mairie de Buenos Aires entrera en fonction en d&#233;cembre prochain. En dehors du MNER, Celia Mart&#237;nez, ouvri&#232;re de la fabrique textile Brukman, s'est pr&#233;sent&#233;e aux &#233;lections l&#233;gislatives nationales sur la liste du Partido de los Trabajadores Socialistas (PTS) et son camarade de travail Juan Carlos Ragghini, sur celle du Partido Obrero (PO). Daniel L&#243;pez, de Ghelco, a, quant &#224; lui, int&#233;gr&#233; la liste de Izquierda Unida (IU). A Avellaneda, l'avocat Luis Caro -du courant appel&#233; Movimiento de F&#225;bricas Recuperadas por los Trabajadores - disputera la mairie sur la liste d'Aldo Rico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res r&#233;cup&#233;rations et exp&#233;riences d'autogestion ouvri&#232;re en Argentine remontent &#224; dix ans avec l'entreprise m&#233;tallurgique IMPA &#224; Buenos Aires et le frigorifique Yaguan&#233; &#224; La Matanza, deux figures historiques du mouvement. Mais l'essor du mouvement, avec ses pr&#233;servations des postes de travail comme alternatives aux faillites, liquidations ou abandons des entreprises, est cons&#233;cutif aux 19 et 20 d&#233;cembre 2001&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emeutes et manifestations qui provoqu&#232;rent la d&#233;mission du pr&#233;sident De la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#034;Ce fut &#224; ce moment que nous avons commenc&#233; &#224; parier fortement sur une construction sociale et politique, et plus encore quand a surgi l'appel de la CTA (nouveau syndicat) &#224; constituer une force&#034;, r&#233;sume Jos&#233; Abelli, l'un des fondateurs du MNER, qui postule au poste de d&#233;put&#233; de la province de Santa Fe avec Encuentro Progresista, qui appui la liste du candidat socialiste Hermes Binner. &#034;Il se produisit une esp&#232;ce de contagion tr&#232;s forte : la r&#233;cup&#233;ration d'une entreprise en d&#233;clenchait cinq de plus. Ceci nous a fortifi&#233;s&#034;, dit Abelli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui avec celui-ci, non avec celui-l&#224; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis un an et demi, les ouvriers organis&#233;s ont obtenu l'expropriation l&#233;gale de 32 entreprises sur le territoire de la province de Buenos Aires, 4 dans la Capitale f&#233;d&#233;rale, une &#224; Entre R&#237;os et une autre en Tierra del Fuego. Le total d'usines et de commerces r&#233;activ&#233;s par les travailleurs approche les 180, et selon les calculs du MNER - qui est l'organisation qui f&#233;d&#232;re la majorit&#233; d'entre elles - cela repr&#233;sente 15.000 postes de travail r&#233;cup&#233;r&#233;s. Si tout cela fut possible sans &#234;tre au parlement ou au gouvernement, beaucoup plus pourra se faire - soutiennent-ils au MNER - s'ils acc&#232;dent &#224; ces postes. &#034;C'est simple : nous voulons occuper ces postes de d&#233;cision avec le programme de notre mouvement&#034;, signale Abelli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix des partis politiques avec lesquels ils se pr&#233;sentent ne se pose pas de la m&#234;me mani&#232;re ou avec des crit&#232;res identiques dans toutes les entreprises occup&#233;es. Par exemple, &#224; Brukman, dans la fabrique de c&#233;ramiques Zanon et &#224; Sasetru, la pr&#233;sence permanente de partis de gauche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les partis de gauche en Argentine se revendiquent quasi tous du trotskisme.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sp&#233;cialement du PTS (Partido de los Trabajadores Socialistas) et du PO (Partido Obrero), dans les processus de r&#233;cup&#233;ration et r&#233;sistance face aux expulsions, a g&#233;n&#233;r&#233; un lien constant et direct avec les ouvriers. &#034;Je me suis pr&#233;sent&#233; pour le PTS &#224; titre personnel, par affinit&#233;, pour tout le soutien qu'ils nous ont donn&#233; et parce que je crois que les ouvriers, nous devons faire de la politique. Je savais que je n'allais pas &#234;tre &#233;lue mais je l'ai fait pour cr&#233;er un pr&#233;c&#233;dent. Mon r&#234;ve, en r&#233;alit&#233;, est que puisse se former un grand parti des travailleurs&#034;, dit Celia Mart&#237;nez, de Brukman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au MNER il y a un autre regard sur le rapport avec les forces politiques traditionnelles. &#034;Nous maintenons une ind&#233;pendance autant par rapport &#224; l'Etat que par rapport aux partis. Ce que nous esp&#233;rons d'eux est qu'ils se mettent &#224; la disposition des travailleurs. La conduite doit venir des protagonistes de la production, pas de l'ext&#233;rieur&#034;, signale Abelli. S'ils promeuvent, explique-t-il, des candidats &#224; travers diff&#233;rentes organisations, ce n'est pas seulement pour positionner leurs demandes mais &#034;pour contrecarrer l'avanc&#233;e de la droite et ses projets n&#233;o-lib&#233;raux&#034;. &#034;Nous pouvons continuer &#224; r&#233;cup&#233;rer des fabriques mais si la droite est au pouvoir, les entreprises autog&#233;r&#233;es n'ont pas d'avenir.&#034;, affirme Abelli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment d&#233;cident-ils &#224; travers quels partis se pr&#233;senter ? &#034;Nous optons pour le PRD (Partido de la Revoluci&#243;n Democr&#225;tica) de Bonasso&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Journaliste et &#233;crivain, auteur de &#171; el palacio y las calles &#187;, sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; parce qu'il ne repr&#233;sente pas les structures &#034;partidocratiques&#034; traditionnelles, parce qu'il est en phase avec nos demandes et parce qu'&#224; travers IMPA nous avions des relations au niveau des activit&#233;s culturelles. Dans le cas du Polo Social, leur candidat est de l'UOM Quilmes, une section en lien avec la r&#233;cup&#233;ration de plusieurs entreprises m&#233;tallurgiques. Nous appuyons An&#237;bal Ibarra&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibarra, &#224; l'&#233;poque maire de Buenos Aires, se retrouva au second tour de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, non pas parce qu'il nous pla&#238;t mais pour contrer Macri ; dans la province de Buenos Aires nous voulons contrecarrer le p&#233;ronisme de Carlos Ruckauf, et &#224; Santa Fe, celui de Carlos Reutemann&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vieille diff&#233;rence au sujet de la structuration et de l'existence l&#233;gale s&#233;pare le MNER du petit groupe de fabriques qui s'est align&#233; avec des partis de gauche. Le premier pr&#233;conise la formation de coop&#233;ratives et que les exc&#233;dents servent &#224; g&#233;n&#233;rer plus d'activit&#233; productive. Le second revendique l'&#034;&#233;tatisation des entreprises sous contr&#244;le ouvrier&#034; et que les exc&#233;dents servent &#034;pour la communaut&#233;&#034; (&#233;ducation et sant&#233; par exemple). Au del&#224; de ces divergences, les ouvriers partagent tous l'id&#233;al de sauver leurs sources de travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il n'existe pas en Argentine d'assurance ch&#244;mage. Nous verrons justement les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ils ont &#233;limin&#233; les hi&#233;rarchies dans la majorit&#233; des entreprises, ont install&#233; une r&#233;partition &#233;quitable des revenus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour beaucoup d'entreprises &#224; ma connaissance, cette r&#233;partition est m&#234;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et s'unissent dans les moments de r&#233;sistance. Il y a aussi des id&#233;es en commun avec beaucoup d'ouvriers, repr&#233;sent&#233;s l&#233;galement par l'avocat Luis Caro et regroup&#233;s dans le Movimiento de F&#225;bricas - qui dans les derniers congr&#232;s et rencontres a recueilli l'adh&#233;sion de 40 entreprises. La m&#233;fiance tourne surtout autour de la figure de Caro proprement dite, qui est accus&#233; - surtout par le MNER - d'avoir un projet politique personnaliste et d'avoir pass&#233; une alliance avec le carapintada Rico, maire de San Miguel, avec le d&#233;sir de remporter la mairie d'Avellaneda. &#034;Devenir maire est un projet personnel, je n'ai pas utilis&#233; le th&#232;me des fabriques dans ma campagne, mais si je gagne, je donnerai les entreprises en faillite aux travailleurs&#034;, a de son c&#244;t&#233; affirm&#233; Caro. &#034;J'ai &#233;t&#233; &#233;lev&#233; dans un bidonville, j'ai toujours eu un point de vue social. Entre 1991 et 1999, je fus employ&#233; municipal : directeur d'action sociale, chef des achats et sous-secr&#233;taire de production. En ao&#251;t 2000, j'ai pris contact avec les ouvriers d'Uni&#243;n y Fuerza, l'ancienne Gip Metal, qui venaient de la r&#233;cup&#233;rer. Ma femme qui est conseill&#232;re municipale, leur avait parl&#233; de moi qui &#233;tait en derni&#232;re ann&#233;e d'&#233;tude d'avocat. Ainsi ai-je commenc&#233; mon travail avec les fabriques.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Unis ou domin&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces diff&#233;rences internes, qui affectent plus les dirigeants que les ouvriers eux-m&#234;mes, le mouvement des fabriques est peut-&#234;tre le moins fragment&#233; des mouvements sociaux &#233;mergents, surtout en comparaison avec les piqueteros. &#034;Le mouvement des fabriques est plus d&#233;limit&#233;, et il ne me semble pas que la fragmentation aille en s'accroissant.&#034;, pronostique Gabriel Fajn, chercheur de l'Equipe de Sociologie des Organisations &#224; la UBA (Universit&#233; de Buenos Aires). &#034;M&#234;me s'il existe des divergences entre eux, je vois des alignements politiques clairs surtout au MNER, qui appara&#238;t comme la principale r&#233;f&#233;rence. Ils ont un crit&#232;re d'autonomie et apparaissent comme une r&#233;f&#233;rence, dans l'ensemble, face &#224; l'Etat&#034;, ajoute-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fajn attribue les candidatures politiques des travailleurs organis&#233;s au fait que &#034;autant les partis politiques que les ouvriers ont besoin d'articuler le conflit social avec des propositions. Ceci, &#224; mon avis, est quelque chose de positif. Avoir des repr&#233;sentants parlementaires favorisera s&#251;rement l'arriv&#233;e directe de projets et de propositions&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous ne voulons pas terminer comme les piqueteros, tous fractionn&#233;s&#034;, confesse Abelli, du MNER. &#034;Notre projet politique est ind&#233;pendant des partis, mais en m&#234;me temps nous savons qu'il est impossible d'aller de l'avant uniquement &#224; partir du mouvement lui-m&#234;me. Il s'agit, explique-t-il, de cr&#233;er une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique, avec une juste r&#233;partition des richesses, o&#249; les travailleurs r&#233;cup&#232;rent le protagonisme des ann&#233;es 50 et 60 et que la masse salariale repr&#233;sente la moiti&#233; du PIB. Nous n'avons pas encore la force ni la capacit&#233; pour construire un parti politique mais nous r&#234;vons, qu'avec le temps, les travailleurs puissent confluer dans une expression majoritaire, du style du Parti des Travailleurs (PT) au Br&#233;sil. Mais aujourd'hui les partis politiques ne nous repr&#233;sentent pas et nous n'allons pas rester chez nous les bras crois&#233;s.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'espagnol :&lt;/strong&gt; Fabrice Groussin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article original :&lt;/strong&gt; &#034;Las f&#225;bricas recuperadas hacen pol&#237;tica&#034;, P&#225;gina 12, 07-09-03.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-25153-2003-09-07.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;P&#225;gina 12&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 7 septembre 2003&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une grande partie d'entre elles fonctionnant en autogestion, elles ne se sont pas toutes engag&#233;es (loin de l&#224;) dans l'&#233;lectoralisme. (N. d. T.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Argentine est un Etat F&#233;d&#233;ral compos&#233; de provinces qui ont toutes leurs propres parlements et gouvernements. (N. d. T.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Emeutes et manifestations qui provoqu&#232;rent la d&#233;mission du pr&#233;sident De la Rua. Ce fut comme le qualifie le groupe argentin Situaciones &#171; La force du NON &#187; (cf. revue Multitudes n&#176;8 de mars 2002). (N. d. T.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les partis de gauche en Argentine se revendiquent quasi tous du trotskisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Journaliste et &#233;crivain, auteur de &#171; el palacio y las calles &#187;, sur les &#233;v&#232;nements de d&#233;cembre 2001. (N. d. T.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibarra, &#224; l'&#233;poque maire de Buenos Aires, se retrouva au second tour de l'&#233;lection municipale face &#224; Macri, entrepreneur, propri&#233;taire entre autre du club de foot Boca Juniors et des Postes argentines. Ibarra l'emporta. (N. d. T.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il n'existe pas en Argentine d'assurance ch&#244;mage. Nous verrons justement les r&#233;ponses des ch&#244;meurs &#224; cette absence. (N. d. T.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour beaucoup d'entreprises &#224; ma connaissance, cette r&#233;partition est m&#234;me &#233;galitaire. (N. d. T.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
