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	<title>El Correo</title>
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		<title>Les coups d'&#201;tat d'hier et d'aujourd'hui en Am&#233;rique Latine</title>
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		<dc:creator>Marcos Roitman Rosenmann *</dc:creator>



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&lt;p&gt;C'est certain, le cycle des coups d'&#201;tat en Am&#233;rique Latine n'a jamais &#233;t&#233; enterr&#233;. Une illusion politique a voulu voir avec la fin de la guerre froide le d&#233;but d'une nouvelle &#233;tape. On scrutait a l'horizon un avenir de paix, de stabilit&#233; politique et de croissance &#233;conomique. Le communisme &#233;tait tomb&#233; en disgr&#226;ce et le dispositif pour le combattre, les coups d'&#201;tat, perdaient leur l&#233;gitimit&#233;. &#192; partir de ce moment-l&#224;, on pourrait utiliser des m&#233;canismes de gant blanc sans la n&#233;cessit&#233; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Etats-Unis-d-Ameriques-et-ses-allies" rel="directory"&gt;Etats-Unis d'Am&#233;riques et ses alli&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est certain, le cycle des coups d'&#201;tat en Am&#233;rique Latine n'a jamais &#233;t&#233; enterr&#233;. Une illusion politique a voulu voir avec la fin de la guerre froide le d&#233;but d'une nouvelle &#233;tape. On scrutait a l'horizon un avenir de paix, de stabilit&#233; politique et de croissance &#233;conomique. Le communisme &#233;tait tomb&#233; en disgr&#226;ce et le dispositif pour le combattre, les coups d'&#201;tat, perdaient leur l&#233;gitimit&#233;. &#192; partir de ce moment-l&#224;, on pourrait utiliser des m&#233;canismes de gant blanc sans la n&#233;cessit&#233; de recourir &#224; la violence directe. Les pressions pour renverser un gouvernement d&#233;mocratique entraient dans l'&#232;re constitutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup d'&#201;tat sanglant et avec comme protagonistes les forces arm&#233;es n'&#233;tait plus une option viable. Faire tomber un gouvernement par d'autres voies, m&#234;me s'il s'agissait encore un coup d'&#201;tat, ne soul&#232;verait pas autant de suspicion. D'autres institutions pourraient occuper le r&#244;le principal, les militaires avaient accompli leur mission durant la guerre contre &#171; &lt;i&gt;la subversion communiste&lt;/i&gt; &#187;. A court et moyen terme, les projets d&#233;mocratiques, socialistes et anticapitalistes n'apparaissaient pas dans l'agenda. &#171; &lt;i&gt;L'ennemi interne&lt;/i&gt; &#187; avait &#233;t&#233; neutralis&#233;, quand il n'avait pas &#233;t&#233; r&#233;duit &#224; son expression minimale, par la voie du g&#233;nocide, de la torture et de la disparition forc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tablir des syst&#232;mes politiques fond&#233;s sur l'&#233;conomie de march&#233;, promouvoir la doctrine n&#233;olib&#233;rale et ne pas manquer le train de la mondialisation est devenu un dogme de foi. Les votes se sont substitu&#233;s aux bottes et les urnes aux mitraillettes. L'ajustement politique a refait le couple lib&#233;ral-conservateur sous la &#171; nouvelle droite &#187; &#233;mergente. Pendant ce temps, la sociale-d&#233;mocratie a occup&#233; la niche de la gauche, en d&#233;pla&#231;ant des communistes et les socialistes marxistes. Le d&#233;bat des alternatives a d&#233;riv&#233; vers les pro et contras de l'&#233;conomie de march&#233;. Le capitalisme avec un visage humain ou sauvage : Keynes contre Hayek.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cycle qui a d&#233;but&#233; au Br&#233;sil, en 1964, o&#249; se situent les coups militaires de l'Argentine (1966), de la Bolivie (1973) et de l'Uruguay (1973), n'aurait pas de continuit&#233; au Chili. La m&#234;me ann&#233;e, le 11 septembre, le renversement du gouvernement de Salvador Allende et de l'Unit&#233; Populaire a mis en sc&#232;ne un autre projet politique &#233;conomique. Il a suppos&#233; de refonder l'ordre et d'&#233;tablir les bases d'un nouveau mod&#232;le. Le g&#233;n&#233;ral putschiste Augusto Pinochet affirmerait : &#171; &lt;i&gt;je n'ai pas de calendrier, mais des buts&lt;/i&gt; &#187;. C'est seulement ainsi qu'on peut interpr&#233;ter l'&#233;chec subi par la dictature lors du referendum de 1988. Le perdre, et acc&#233;l&#233;rer la sortie de Pinochet, &#233;tait une option contenue dans la Constitution promulgu&#233;e par la dictature en 1980, vaisseau-amiral de l'actuel syst&#232;me politique chilien. Apr&#232;s le triomphe du &#171; NON &#187;, il a gard&#233; le poste de Commandant en Chef des Forces Arm&#233;es, il a c&#233;d&#233; le pouvoir formel, il s'est transform&#233; en s&#233;nateur et a fait une d&#233;claration aux m&#233;dias : &#171; mission accomplie &#187;. Les forces arm&#233;es pouvaient rentrer dans les casernes. Des lois d'amnistie et de n&#233;gociations occultes, les blindaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le Br&#233;sil a inaugur&#233; les coups d'&#201;tat civiques-militaires, en 1964, avec les forces arm&#233;es comme protagonistes, ses ministres de l'&#201;conomie n'ont pas cass&#233; le projet de d&#233;veloppement de base keyn&#233;sienne. Nous trouvons la nouveaut&#233; dans l'alin&#233;a r&#233;pressif. Le Br&#233;sil a eu le d&#233;shonneur de pratiquer la torture de forme scientifique et syst&#233;matique sous le parapluie de la doctrine de la S&#233;curit&#233; Nationale. La technique du &lt;i&gt;Pau de arara&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;(pendaison des pieds et des mains) est son apport. Dilma Rousseff, jusqu'&#224; il y a une semaine pr&#233;sidente du Br&#233;sil, renvers&#233;e par un nouveau type de coup d'&#201;tat, a &#233;t&#233; l'une de ses victimes. Aujourd'hui, le Br&#233;sil devient un guide pour de nouveaux coups d'&#201;tat. Ni celui d'Honduras (2009), ni celui du Paraguay (2012) sont en bonne et due forme pour le consid&#233;rer comme exemplaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coups, jusqu'au Chili en 1973, ont &#233;t&#233; des r&#233;cepteurs de l'&#201;tat comme acteur, espace g&#233;opolitique, o&#249; la population civile &#233;tait un objectif politique et militaire. Le subversif pouvait &#234;tre toute personne. Il &#233;tait camoufl&#233; dans la famille, l'&#233;cole, le travail. C' &#233;taient des femmes, des jeunes, des hommes, des m&#232;res, des sportifs, des &#233;tudiants, des paysans, des ouvriers, des col blanc, des intellectuels, des artistes, etcetera. Les milliers d'assassinats pr&#233;sentent cette dimension de la guerre mondiale contre la subversion communiste. Les dictatures d'hier ont &#233;t&#233; connues comme des r&#233;gimes bureaucratiques-autoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui en 2016, le coup d'&#201;tat au Br&#233;sil, ne compte pas avec la pr&#233;sence des forces arm&#233;es. Les chars blind&#233;s ne sortent pas, ni sont bombard&#233;s des palais de gouvernement. La nouvelle droite pr&#233;f&#232;re recourir aux pouvoirs L&#233;gislatifs et Judiciaires. C'est un vol plus propre, sans trop de dommages collat&#233;raux. Mais ne nous trompons pas, ce fut toujours une option, simplement ils n'ont pas pu la pratiquer. Aujourd'hui oui, elle est viable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Am&#233;rique Latine, la droite n'a jamais atteint les votes n&#233;cessaires pour contr&#244;ler le parlement avec une majorit&#233; suffisante et mettre en marche un proc&#232;s politique. C'&#233;tait le cas du Chili. En mars 1973 des &#233;lections l&#233;gislatives ont eu lieu ; l'Unit&#233; Populaire a obtenu 44 pour cent des votes, loin des 2/3 n&#233;cessaires pour renverser institutionnellement le pr&#233;sident Salvador Allende. Tout au plus, ils ont r&#233;ussi &#224; &#233;mettre des appels au coup d'&#201;tat aupr&#232;s des forces arm&#233;es, l&#233;gitimant leur comportement. C'est arriv&#233; au Br&#233;sil en 1964 et en Uruguay en 1973.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entr&#233;e en sc&#232;ne des gouvernements populaires et des dits progressistes, &#224; partir du triomphe de Hugo Ch&#225;vez au Venezuela (1998), a lanc&#233; les alarmes. Ont suivi la Bolivie, l'&#201;quateur, le Paraguay, Kirchner en Argentine, Lula au Br&#233;sil, le Frente Amplio en Uruguay, en ajoutant les sandinistes au Nicaragua, le Front Farabundo Mart&#237; au Salvador et Manuel Zelaya au Honduras. La carte n&#233;olib&#233;rale se fendillait. Certains ont pr&#233;vu &#224; la fin du XXe si&#232;cle l'&#233;mergence de projets anticapitalistes et contre le n&#233;olib&#233;ralisme. Le coup d'&#201;tat manqu&#233; au Venezuela, en 2002, a suppos&#233; le retour du coup d'&#201;tat comme dispositif politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le triomphe politique et &#233;conomique du n&#233;olib&#233;ralisme, consid&#233;r&#233; irr&#233;versible, avait mis de cot&#233; les coups d'&#201;tat. Pourquoi agiter son fant&#244;me ? Tandis qu'il n'y a pas eu d'alternatives, la droite n'en a pas fait usage. Aujourd'hui ils se montrent indispensables pour r&#233;cup&#233;rer l'espace perdu. Le Br&#233;sil marque le chemin, comme il l'a fait en 1964. En finir avec le gouvernement d&#233;mocratique est son objectif, et inverser les politiques sociales, de l&#224; c'est un vrai coup d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marcos Roitman Rosenmann*&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://www.jornada.unam.mx/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Jornada&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.jornada.unam.mx/2016/09/08/opinion/018a2pol&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Jornada&lt;/a&gt;. &lt;/strong&gt;Mexique, le 8 septembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;* &lt;b&gt;Marcos Roitman Rosenmann&lt;/b&gt; est un universitaire, sociologue, analyste politique et essayiste chilien n&#233; &#224; Santiago du Chili, en 1955. Depuis 1974, il habite en Espagne. Docteur en sciences politiques et sociologie de l'Universidad Complutense de Madrid, il est professeur titulaire de Structure Sociale de l'Am&#233;rique Latine, Structure Sociale Contemporaine et Structure Sociale de l' Espagne &#224; Facult&#233; de sciences poliltiques et sociologie de la Universidad Complutense de Madrid.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Los-golpes-de-Estado-de-ayer-y-de-hoy-en-America-Latina&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;par&lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification&lt;/u&gt; 3.0 Unported.&lt;/a&gt; Bas&#233; sur une &#339;uvre de &lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; rel=&#034;dct:source&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les &#201;tats-Unis, ou les gardiens de la d&#233;mocratie par la force </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Les-Etats-Unis-ou-les-gardiens-de-la-democratie-par-la-force</link>
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		<dc:date>2015-03-23T00:03:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marcos Roitman Rosenmann *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je n'ai jamais cru en l'existence de gardiens de la d&#233;mocratie. Je suis contre le fait d'avoir un gendarme protecteur qui pr&#233;vient que, selon son point de vue, les limites du politiquement correct ont &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;es. Je refuse depuis toujours les discours paternalistes et pr&#233;tentieux, emplis de conseil manich&#233;ens et montrant les dangers de la ratification de projets anti-imp&#233;rialistes, d&#233;mocratiques et socialistes. C'est toujours la m&#234;me chose ; sous le banal &#171; je vous ai pr&#233;venu &#187;, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Etats-Unis-d-Ameriques-et-ses-allies" rel="directory"&gt;Etats-Unis d'Am&#233;riques et ses alli&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je n'ai jamais cru en l'existence de gardiens de la d&#233;mocratie. Je suis contre le fait d'avoir un gendarme protecteur qui pr&#233;vient que, selon son point de vue, les limites du politiquement correct ont &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;es. Je refuse depuis toujours les discours paternalistes et pr&#233;tentieux, emplis de conseil manich&#233;ens et montrant les dangers de la ratification de projets anti-imp&#233;rialistes, d&#233;mocratiques et socialistes. C'est toujours la m&#234;me chose ; sous le banal &#171; je vous ai pr&#233;venu &#187;, les &#201;tats-Unis ont agi pour prot&#233;ger leurs int&#233;r&#234;ts et celui de leurs associ&#233;s, les oligarchies hispano-am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le XIXe si&#232;cle, aucun continent ne leur r&#233;siste. En Afrique, en Asie, en Europe et en Am&#233;rique Latine, ils n'ont jamais h&#233;sit&#233; &#224; mener, subventionner et parrainer des actions d&#233;stabilisatrices lorsque les gouvernements &#233;lus ne leur plaisaient pas et s'opposaient &#224; eux. Parfois, il a suffi pour cela &#224; la Maison Blanche de r&#233;diger une lettre pour r&#233;clamer le paiement imm&#233;diat de dettes. D'autres fois, ils sont all&#233;s plus loin, en refusant des pr&#234;ts, en mettant des obstacles aux exportations ou en fermant le flux d'investissements pr&#233;alablement accord&#233;s. Ainsi, les pressions se sont transform&#233;es en sanctions lorsque ils n'obtenaient pas les r&#233;sultats attendus, en d'autres termes faire plier la volont&#233; souveraine des peuples. L'&#233;ventail couvre tous les espaces des structures du pouvoir:des sanctions &#233;conomiques, politiques, diplomatiques, sociales et culturelles. Le blocage de comptes bancaires, la paralysie des importations, les accords bilat&#233;raux de coop&#233;ration et l'&#233;change de technologies cherchent &#224; g&#233;n&#233;rer le chaos, l'inflation, la rupture de stocks et la suspension de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, les sanctions politiques ont pour coutume d'avoir un impact imm&#233;diat sur le terrain de l'opinion publique mondiale et elles influent sur les relations internationales bilat&#233;rales et multilat&#233;rales. Les mesures consistent &#224; expulser le personnel diplomatique, &#224; refuser des visas et &#224; promouvoir des r&#233;solutions condamnatoires, au motif &#8211; pour le cas du Venezuela &#8211; que le pays en question met en danger la paix interne, en divisant ainsi le pays et l'ordre r&#233;gional ; en g&#233;n&#232;rant un conflit entre pays fr&#232;res, ou encore en mettant en p&#233;ril l'ordre mondial en h&#233;bergeant des terroristes et des narcotrafiquants. Pour le dire autrement, le gouvernement selon l'&lt;i&gt;establishment&lt;/i&gt; des &#201;tats-Unis, ne respecte pas les standards de la d&#233;mocratie dessin&#233;e par le Pentagone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire la publicit&#233; de leurs sanctions publiques, ils disposent de tout un dispositif international appartenant aux multinationales de la communication. CNN, Efe, BBC, Rai, Reuters et France Presse, pour n'en citer que quelques-uns ; sans oublier les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision, la radio et la presse &#233;crite qui dans chaque pays reproduisent matin midi et soir, le r&#233;cit appel&#233; &#224; rompre l'ordre l&#233;gitime. Le discours ne change pas. Le but est de qualifier un gouvernement &#233;lu, d&#233;mocratique et respectueux de son ordre constitutionnel de gouvernement totalitaire qui poursuit l'opposition, emprisonne ses dirigeants, torture et rejette les r&#232;gles du jeu d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Am&#233;rique Latine, les exemples fourmillent. Pendant la Guerre Froide, le Guatemala, Cuba, le Chili, le Br&#233;sil, la Bolivie, le Panama, le Nicaragua, le P&#233;rou, l'Uruguay, l'Argentine ou le Paraguay ont fait l'objet de cette machination. Apr&#232;s la Guerre Froide, d'autres pays sont devenus les victimes privil&#233;gi&#233;es du harc&#232;lement nord-am&#233;ricain : le Venezuela, l'&#201;quateur et la Bolivie sont des exemples de pays qui maintiennent leur projet malgr&#233; les pressions, les sanctions et les blocus. Le Honduras et le Paraguay n'ont pas eu la m&#234;me chance. Les coups d'&#201;tat ont triomph&#233; sous le regard attentif du D&#233;partement d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Strat&#233;gie_de_la_tension&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Strat&#233;gie de la tension&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; am&#232;ne aussi avec elle des tensions militaires : des man&#339;uvres entre les forces arm&#233;es des pays frontaliers et de la flotte nord-am&#233;ricaine. L'objectif subsiste : montrer leur soutien aux groupes putschistes, leur faire savoir qu'ils sont leurs amis et, par la m&#234;me occasion, envoyer un message clair : les &#201;tats-Unis sauront r&#233;compenser leurs fid&#232;les serviteurs. Il suffit de se rappeler les dictateurs d'Am&#233;rique Centrale de la moiti&#233; du XXe si&#232;cle. Dans cette man&#339;uvre enj&#244;leuse, les ambassades jouent un r&#244;le fondamental. Les attach&#233;s militaires et membres des services d'intelligence &#233;tablis dans le pays se mettent &#224; articuler les secteurs enclins au putsch militaire. On met en contact des militaires ambitieux, m&#233;contents de la politique des avancements ou compl&#232;tement oppos&#233;s aux projets populaires anti-oligarchiques. On les cajole et on leur offre des privil&#232;ges. Des avancements, des entra&#238;nements dans des acad&#233;mies de guerre aux &#201;tats-Unis, ou on les ach&#232;te avec des dollars ou des prostitu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pressions, sanctions et actions destin&#233;es &#224; d&#233;stabiliser les gouvernements marquent la fronti&#232;re cr&#233;&#233;e par les &#201;tats-Unis pour identifier l'ami qui accepte les conseils et qui revient &#224; l'enclos, sous le regard attentif du pasteur guidant son troupeau ; le diff&#233;renciant de l'ennemi, d&#233;mon &#224; poursuivre, excommunier et &#233;liminer. Le destin de la brebis galeuse sera son sacrifice, et le sang vers&#233;, le prix &#224; payer pour avoir os&#233; ne pas vouloir faire partie du troupeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, les &#201;tats-Unis s'autoproclament juge, r&#233;dacteur des r&#232;gles du jeu, arbitre et public et consid&#232;rent qu'ils ont suffisamment de l&#233;gitimit&#233; pour modifier ces r&#232;gles, expulser les joueurs et d&#233;clarer vainqueur l'&#233;quipe qu'ils pr&#233;f&#232;rent, en fonction de leurs int&#233;r&#234;ts. Dans une comparaison footballistique, il s'agirait d'aller sur le terrain en sachant d'avance que le match est perdu et que la seule fa&#231;on de le gagner est de perdre sa dignit&#233; et d'accepter les miettes d'un triomphe b&#226;tard. Et m&#234;me ainsi, ils n'y arrivent pas toujours. C'est en cela que consiste la lutte pour la d&#233;mocratie, faire face &#224; la vanit&#233; et ne pas se laisser asservir. C'est une t&#226;che certes difficile, mais pas impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marcos Roitman Rosenmann *&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://www.jornada.unam.mx/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Jornada&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.jornada.unam.mx/2015/03/15/opinion/022a1mun&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Jornada&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Mexique, 15 mars 2015.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;* &lt;strong&gt;Marcos Roitman Rosenmann&lt;/strong&gt; est un universitaire, sociologue, analyste politique et essayiste chilien n&#233; &#224; Santiago de Chile en 1955. Depuis 1974, il r&#233;side en Espagne. Il est Docteur en Sciences Politiques et en Sociologie &#224; l'Universit&#233; Complutense de Madrid. Il est &#233;galement professeur titulaire en Structure sociale d'Am&#233;rique Latine, en Structure sociale contemporaine et en Structure sociale d'Espagne &#224; la Facult&#233; de Sciences Politiques et de Sociologie de l'Universit&#233; Complutense de Madrid.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Estados-Unidos-guardian-de-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Floriane Verrecchia-Ceruti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Les-Etats-Unis-ou-les-gardiens-de&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, 23 mars 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;b&gt;&lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;. Bas&#233;e sur une &#339;uvre de &lt;b&gt;&lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034;rel=&#034;dct:source&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand la s&#233;dition s'appelle d&#233;mocratie au Venezuela</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Quand-la-sedition-s-appelle-democratie-au-Venezuela</link>
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		<dc:creator>Marcos Roitman Rosenmann *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La ressemblance entre les strat&#233;gies d&#233;stabilisatrices articul&#233;es par la droite au Chili pendant le gouvernement socialiste de Salvador Allende (1970-1973) et les politiques actuelles pour renverser le gouvernement d&#233;mocratique du pr&#233;sident Nicol&#225;s Maduro fait penser &#224; un manuel pour casser l'ordre constitutionnel en s'appuyant sur la d&#233;stabilisation. Si Richard Nixon, le pr&#233;sident r&#233;publicain &#233;tasunien de l'&#233;poque avait d&#233;cid&#233; de faire &#233;clater l'&#233;conomie chilienne de ses fondements, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Venezuela" rel="directory"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La ressemblance entre les strat&#233;gies d&#233;stabilisatrices articul&#233;es par la droite au Chili pendant le gouvernement socialiste de Salvador Allende (1970-1973) et les politiques actuelles pour renverser le gouvernement d&#233;mocratique du pr&#233;sident Nicol&#225;s Maduro fait penser &#224; un manuel pour casser l'ordre constitutionnel en s'appuyant sur la d&#233;stabilisation. Si Richard Nixon, le pr&#233;sident r&#233;publicain &#233;tasunien de l'&#233;poque avait d&#233;cid&#233; de faire &#233;clater l'&#233;conomie chilienne de ses fondements, Kissinger, son secr&#233;taire de l'&#201;tat, avait &#233;t&#233; plus audacieux en affirmant que les &#201;tats-Unis n'abandonneraient pas leurs alli&#233;s au Chili &#224; cause de l'irresponsabilit&#233; d'un peuple qui avait mal vot&#233; en choisissant un pr&#233;sident de gauche. Aujourd'hui, Barack Obama suit la tradition cit&#233;e pr&#233;c&#233;demment avec son secr&#233;taire de l'&#201;tat, John Kerry, qui pr&#233;sente le gouvernement l&#233;gitime de la R&#233;publique Bolivarienne du Venezuela comme un danger pour la d&#233;mocratie dans la r&#233;gion, l'identifiant &#224; un porte-avion de la criminalit&#233; organis&#233;e, du trafic de stup&#233;fiants et des ennemis d'occident. Ses mots ne laissent pas de place au doute :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Le Venezuela continue d'avancer dans la mauvaise direction et de prendre des d&#233;cisions incorrectes. Nous travaillons avec les dirigeants de l'opposition pour la d&#233;fense de la d&#233;mocratie au Venezuela. Nous travaillons en ce moment avec le Conseil de S&#233;curit&#233; National et le D&#233;partement du Tr&#233;sor pour mettre en application ce que pr&#233;voit la loi des sanctions et nous nous le ferons le plus rapidement possible. J'ai soulev&#233; le probl&#232;me du Venezuela aux dirigeants de la r&#233;gion &#187;.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Entre Nixon et Obama, Kissinger et Kerry, 40 ans se sont &#233;coul&#233;s, mais les &#201;tats-Unis &#171; d'Am&#233;rique &#187; ne renoncent pas &#224; intervenir dans les pays latinoam&#233;ricains pour imposer leur &lt;i&gt;Pax Americana&lt;/i&gt;. Ils n'ont jamais arr&#234;t&#233; de financer la bourgeoisie locale et ses organisations politiques, partis, syndicats, mouvements sociaux et des groupes paramilitaires avec leur objectif de tordre la volont&#233; d&#233;mocratique des peuples qui &#233;lisent des gouvernements anti-imp&#233;rialistes contraires &#224; ses int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il n'est pas facile de cr&#233;er un &#233;tat de chaos interne et une corr&#233;lation de forces internationales qui avalise une action putschiste. Pour cela il faut combiner des facteurs comme le m&#233;contentement, promouvoir la violence sociale, g&#233;n&#233;rer la peur, paralyser la vie quotidienne et la transformer en enfer. Les m&#233;canismes habituels ont &#233;t&#233; la p&#233;nurie, le march&#233; noir, l'inflation, la violence de la rue, bloquer des routes, bloquer l'approvisionnement et une campagne de d&#233;sinformation dans la communication sociale avec une tendance &#224; justifier une intervention salvatrice de la patrie. Cela requiert du temps et fatiguer les bases sociales des gouvernements populaires. Dans les pays d&#233;pendants, o&#249; les multinationales contr&#244;lent de mani&#232;re monopolistique des secteurs cl&#233;s comme la pharmacie, l'alimentaire, les pi&#232;ces de rechange des v&#233;hicules et les biens de consommation, il est facile de provoquer la p&#233;nurie. Il suffit de ne pas importer de m&#233;dicaments, de savon, de p&#226;te de dents, de batteries pour des voitures, d'ampoules, de pneus, de lait, de papier, de la plus insignifiante vis, des appareils &#233;lectroniques, &lt;i&gt;etcetera&lt;/i&gt;. De plus, la r&#233;tention d'approvisionnement s'accompagne d'exigences peu fr&#233;quentes dans les relations &#233;conomiques internationales, comme le paiement au comptant. Une forme d'&#233;tranglement qui favorise le march&#233; noir des dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construire une r&#233;alit&#233; caract&#233;ris&#233;e par une r&#233;pression des partis d'oppositions, l'arrestation de leurs dirigeants, tout cela requiert une articulation internationale favorable &#224; un tel discours. On cherche &#224; identifier leurs dirigeants comme pers&#233;cut&#233;s, maltrait&#233;s et vuln&#233;rables dans leur libert&#233;. Des martyrs de la d&#233;mocratie en somme. Cela s'est aussi pass&#233; au Chili. Les instigateurs sont les m&#234;mes, ce sont le patronat, la bourgeoisie locale, l'oligarchie propri&#233;taire terrienne et le capital financier, dont les int&#233;r&#234;ts sont immerg&#233;s dans la multinationalisation productive n&#233;olib&#233;rale. Si les classes dominantes latinoam&#233;ricaines ont quelque chose en commun c'est leur syst&#232;me imbriqu&#233; d'alliances et leur m&#233;pris total pour les formes d&#233;mocratiques d'exercice du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, les partis politiques et gouvernements du soi-disant &#171; &lt;i&gt;monde libre&lt;/i&gt; &#187; succombent aux chants des sir&#232;nes de l'opposition conjur&#233;e au Venezuela. Il semble curieux qu'en Espagne, o&#249; une virulente campagne contre le gouvernement du pr&#233;sident Maduro est d&#233;velopp&#233;e, se rejoignent les voix du &lt;i&gt;Parti Populaire&lt;/i&gt; jusqu'&#224; &lt;i&gt;Podemos&lt;/i&gt;, dont le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, Pablo Iglesias, qui se mouille en faveur du maire du Caracas, consid&#233;rant son arrestation comme un acte disproportionn&#233;. La prison, souligne t-il, n'est pas un endroit pour un maire &#233;lu (sic).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut rappeler qu'au Chili, pendant la derni&#232;re ann&#233;e du gouvernement de l'Unit&#233; Populaire, les &#233;lus de la droite, maires, d&#233;put&#233;s, s&#233;nateurs, ont eu un r&#244;le dans la trame civile du coup d'&#233;tat et plusieurs sont partis &#224; l'&#233;tranger accusant le gouvernement de Salvador Allende de les pers&#233;cuter. Le cas le plus remarquable est celui du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de &lt;i&gt;Patria y Libertad&lt;/i&gt;, Pablo Rodr&#237;guez Grez, qui par la suite fut ministre de la dictature et avocat de Pinochet. Grez a d&#233;cid&#233; de s'auto exiler en &#201;quateur, en juillet 1973, apr&#232;s s'&#234;tre consid&#233;r&#233; pers&#233;cut&#233; par le gouvernement de l'&lt;i&gt;Unit&#233; Populaire&lt;/i&gt;. Une campagne internationale a &#233;t&#233; men&#233;e en sa faveur, co&#239;ncidant avec le mandat de recherche et de capture pour sa participation dans la tentative de coup d'&#201;tat du 29 juin 1973. Nombre de personnes se sont pr&#234;t&#233;es au jeu et ont rejoint les putschistes politiques au pr&#233;texte de subir une pers&#233;cution id&#233;ologique. L'histoire les situe comme les organisateurs du coup d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le maire du Caracas, Antonio Ledezma, arr&#234;t&#233; pour avoir particip&#233; &#224; une autre trame frustr&#233;e d'un coup d'&#201;tat, est pr&#233;sent&#233; au monde comme un martyr de la d&#233;mocratie, mais peu se souviennent de son pass&#233;. D'abord en 1992, en tant que gouverneur d'&lt;i&gt;Acci&#243;n Democr&#225;tica&lt;/i&gt; dans le district f&#233;d&#233;ral, en r&#233;primant les mouvements d&#233;mocratiques. En 2002, apr&#232;s le triomphe de Hugo Chavez, en rejoignant le coup civil-militaire. En 2004, en organisant la gr&#232;ve patronat-p&#233;trolier. En 2005, en niant la l&#233;gitimit&#233; des &#233;lections et en remettant en question les r&#233;sultats du referendum r&#233;vocatoire. En 2014 ? il rejoint Leopoldo L&#243;pez y Corina Machado au sein du putsch connu comme &#171; &lt;i&gt;La salida&lt;/i&gt; &#187;. Aujourd'hui, il est n&#233;cessaire de rappeler les strat&#233;gies d&#233;stabilisatrices, leurs alli&#233;s politiques internationaux et les m&#233;dias qui avalisent le mensonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marcos Roitman Rosenmann&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://www.jornada.unam.mx&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Jornada&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.jornada.unam.mx/2015/02/28/opinion/026a1mun&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Jornada&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Mexique, le 28 f&#233;vrier 2015.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;* &lt;b&gt;Marcos Roitman Rosenmann&lt;/b&gt; est un universitaire, sociologue, analyste politique et essayiste chilien n&#233; &#224; Santiago du Chili, en 1955. Depuis 1974, il habite en Espagne. Docteur en sciences politiques et sociologie de l'Universidad Complutense de Madrid, il est professeur titulaire de Structure Sociale de l'Am&#233;rique Latine, Structure Sociale Contemporaine et Structure Sociale de l' Espagne &#224; Facult&#233; de sciences poliltiques et sociologie de la Universidad Complutense de Madrid.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Cuando-la-sedicion-se-llama-democracia-en-Venezuela&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Quand-la-sedition-s-appelle-democratie-au-Venezuela&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 1er mars 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification&lt;/u&gt; 3.0 Unported.&lt;/a&gt; Bas&#233; sur une &#339;uvre de &lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; rel=&#034;dct:source&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Partis politiques, d&#233;mocratie et transparence</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Partis-politiques-democratie-et-transparence</link>
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		<dc:creator>Marcos Roitman Rosenmann *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La relation entre partis politiques et d&#233;mocratie semble univoque. L'existence de nombreux partis est consid&#233;r&#233;e comme un sympt&#244;me du bon fonctionnement d&#233;mocratique. Partant de cet axiome on extrait la pr&#233;misse suivante. La d&#233;mocratie est un jeu entre partis, son objectif consiste &#224; se disputer des postes d'&#233;lus pour pouvoir g&#233;rer les deniers publics et contr&#244;ler les d&#233;cisions qui d&#233;terminent le processus socio-&#233;conomique &#224; l'int&#233;rieur du capitalisme. Cette d&#233;finition minimaliste du r&#244;le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La relation entre partis politiques et d&#233;mocratie semble univoque. L'existence de nombreux partis est consid&#233;r&#233;e comme un sympt&#244;me du bon fonctionnement d&#233;mocratique. Partant de cet axiome on extrait la pr&#233;misse suivante. La d&#233;mocratie est un jeu entre partis, son objectif consiste &#224; se disputer des postes d'&#233;lus pour pouvoir g&#233;rer les deniers publics et contr&#244;ler les d&#233;cisions qui d&#233;terminent le processus socio-&#233;conomique &#224; l'int&#233;rieur du capitalisme. Cette d&#233;finition minimaliste du r&#244;le des partis politiques et de la d&#233;mocratie comme processus &#233;lectoral en vue d'&#233;lire des gestionnaires a progressivement gagn&#233; du terrain sur la conception des partis politiques comme constructeurs d'alternatives et d&#233;fenseurs de la d&#233;mocratie, en tant que pratique plurielle de contr&#244;le et d'exercice social du pouvoir s'appuyant sur les principes du bien commun, de la dignit&#233; et de l'&#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les partis ne sont pas d&#233;mocratiques. Une id&#233;e de l'homme politique comme serviteur de l'Etat, en marge des valeurs &#233;thiques, des id&#233;ologies et des principes, s'est d&#233;velopp&#233;e. Une nouvelle g&#233;n&#233;ration r&#233;clame la passation des pouvoirs et se projette comme &#233;lite politique du changement et de la r&#233;g&#233;n&#233;ration. Ils se d&#233;finissent comme &#233;tant des jeunes dot&#233;s de qualit&#233;s jusque l&#224; m&#233;connues. Ils se consid&#232;rent comme des &#233;lus du fait de leurs connaissances &#8211; des aristocrates du savoir ? CV brillant, doctorats dans des universit&#233;s priv&#233;es, polyglottes, entrepreneurs, experts en r&#233;seaux sociaux et informatique. Ils s'autoproclament &#171; la g&#233;n&#233;ration des mieux form&#233;s &#187; de toute l'histoire. Le pouvoir leur appartient, ils se transforment en commandants-chefs de la lutte contre la corruption et pratiquent la politique de la transparence. Ils l'exigent afin de mettre &#224; nu les pratiques des hommes politiques de la guerre froide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son essai &#171; Psycho-politique. N&#233;olib&#233;ralisme et nouvelles techniques du pouvoir &#187;, Chul-Han, l'un des philosophes les plus cr&#233;atifs de ce si&#232;cle, explique ce que signifie cette exigence de transparence dans le monde actuel : &#171; Revendiquer la transparence pr&#233;suppose de se placer comme spectateur scandalis&#233;. Il ne s'agit pas de la revendication d'un citoyen prenant des initiatives, mais de celle d'un spectateur passif. Sa participation se fait sous forme de r&#233;clamation et de plainte. La soci&#233;t&#233; de la transparence, qui est peupl&#233;e de spectateurs et de consommateurs, instaure une d&#233;mocratie de spectateurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; de la transparence n'a pas de couleur. Les couleurs ne sont pas admises en tant qu'id&#233;ologies mais seulement en tant qu'opinions exemptes d'id&#233;ologie, priv&#233;es de cons&#233;quences. C'est pourquoi, on peut sans probl&#232;mes changer d'opinion. Un jour je dis &#171; dis &#187;, le lendemain je dis &#171; Diego &#187; et le surlendemain je dis ni &#171; dis &#187;, ni &#171; Diego &#187;, mais &#171; Pedro &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la d&#233;mocratie informatique de consommation selon Twitter et Facebook, on parle de g&#233;n&#233;rations amorties et jetables. C'est dans ce contexte qu'apparaissent des partis politiques qui rejettent tout lien avec la droite ou la gauche. Leurs noms sont ambigus et g&#233;latineux. Ils font r&#233;f&#233;rence &#224; des comportements supposant l'effort individuel, r&#233;sultant de la volont&#233; de chacun. Il faut &#234;tre positif. Dans la plupart des cas, il s'agit de partis attrape-tout. En Espagne, ce sont : Ciudadanos (Citoyens), Podemos (Nous pouvons), Uni&#243;n Progreso y Democracia (Union, Progr&#232;s et D&#233;mocratie). La m&#234;me chose se produit dans la plupart des pays. Ils ont un trait en commun : leur obsession de la transparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la transparence n'est possible que dans un espace d&#233;politis&#233;. C'est pour cela qu'ils sont la face aimable du n&#233;olib&#233;ralisme de deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration. Ils remplacent les partis socio-d&#233;mocrates et de centre-droite. Rien &#224; voir avec Syriza, la coalition grecque de gauche radicale. De nouveau, dans son ouvrage &#171; &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/La-societe-de-la-transparence-de-Byung-Chul-Han&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La soci&#233;t&#233; de la transparence&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Byung-Chul_Han&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Byung Chul Han&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, &#233;voque sa signification dans le n&#233;olib&#233;ralisme :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Les choses deviennent transparentes lorsqu'elles abandonnent toute n&#233;gativit&#233;, lorsqu'elles se polissent et s'aplanissent, lorsqu'elles se coulent sans r&#233;sistance dans le torrent calme du capital, de la communication et de l'information. Les agissements deviennent transparents d&#232;s lors qu'ils sont op&#233;rationnels, qu'ils se soumettent aux processus de calcul, de direction et de contr&#244;le. (&#8230;) Les choses deviennent transparentes lorsqu'elles sont d&#233;pouill&#233;es de leur singularit&#233; et qu'elles se d&#233;finissent enti&#232;rement en termes de prix. L'argent, qui permet de tout comparer avec tout, efface toute trace d'incommensurabilit&#233;, toute singularit&#233;. La soci&#233;t&#233; de la transparence est un enfer o&#249; tout est semblable. (&#8230;) La transparence stabilise et acc&#233;l&#232;re le syst&#232;me du fait qu'elle &#233;limine ce qui est diff&#233;rent ou &#233;trange. Cette coaction syst&#233;mique transforme la soci&#233;t&#233; de la transparence en une soci&#233;t&#233; uniformis&#233;e. C'est en cela que r&#233;side son caract&#232;re totalitaire &#187;.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, la transparence dont ils se pavanent ne dit rien de la d&#233;mocratie. Dans leurs revendications, ils ne r&#233;clament pas de transparence concernant le comment, qui et combien sont ceux qui participent &#224; la prise de d&#233;cisions, &#224; l'&#233;tablissement de l'agenda et &#224; l'affectation des postes. Ils r&#233;clament seulement de la transparence concernant l'argent. Combien gagne un &#233;lu ? Combien a-t-il sur son compte en banque ? Quels biens immobiliers poss&#232;de-t-il ? O&#249; passe-t-il ses vacances ? Qu'ach&#232;te-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci est sans doute n&#233;cessaire, mais c'est insuffisant et nullement significatif. La transparence concernant l'argent ne fait pas la d&#233;mocratie et ne g&#233;n&#232;re pas une soci&#233;t&#233; plus libre et plus participative. Elle exploite simplement ce qui est visible au point de convertir la transparence du capital en une r&#233;alit&#233; obsc&#232;ne. Son &#233;ventuel succ&#232;s risque de miner le futur d'un v&#233;ritable projet d&#233;mocratique, fond&#233; sur la participation, la m&#233;diation, le dialogue, la n&#233;gociation et la repr&#233;sentation. Les contradictions disparaissent si l'on nie le conflit. Souhaitons leurs au contraire la bienvenue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marcos Roberto Roitman Rosenmann&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://www.jornada.unam.mx/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Jornada&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.jornada.unam.mx/2015/02/01/opinion/014a1mun&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Jornada&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Mexique, 1er f&#233;vrier 2015.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;* &lt;strong&gt;Marcos Roberto Roitman Rosenmann&lt;/strong&gt; est un acad&#233;micien, sociologue, analyste politique et essayiste chilien, n&#233; &#224; Santiago du Chili en 1955. Depuis 1974, il habite en Espagne. Docteur en Sciences Politiques et Sociologie. Il est professeur de Structure sociale latinoam&#233;ricaine, Structure sociale contemporaine et Structure sociale espagnole &#224; la Facult&#233; des Sciences Politiques et de Sociologie de l'Universit&#233; Complutense de Madrid.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Partidos-politicos-democracia-y-transparencia&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Marie-Rose Ardiaca&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Partis-politiques-democratie-et-transparence&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, 5 f&#233;vrier 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;b&gt;&lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;. Bas&#233;e sur une &#339;uvre de &lt;b&gt;&lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034;rel=&#034;dct:source&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Les gr&#232;ves de la dignit&#233; en Europe</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Les-greves-de-la-dignite-en-Europe</link>
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		<dc:date>2012-11-15T14:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marcos Roitman Rosenmann *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans les 24 pays de l'Europe communautaire, ce 14 novembre des d&#233;brayages ont eu lieu, et en Espagne, au Portugal, &#224; Malte et en Gr&#232;ce les syndicats se sont tourn&#233;s vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Un malaise accompagn&#233; d'indignation et, pourquoi, ne pas le dire, de frustration, s'empare des travailleurs. Depuis deux d&#233;cennies, en Europe, de fa&#231;on lente mais continuelle, disparaissent des droits consid&#233;r&#233;s comme universels et de qualit&#233;. Assimil&#233;s &#224; une r&#233;ussite de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Union-Europeenne" rel="directory"&gt;Union Europ&#233;enne&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les 24 pays de l'Europe communautaire, ce 14 novembre des d&#233;brayages ont eu lieu, et en Espagne, au Portugal, &#224; Malte et en Gr&#232;ce les syndicats se sont tourn&#233;s vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Un malaise accompagn&#233; d'indignation et, pourquoi, ne pas le dire, de frustration, s'empare des travailleurs. Depuis deux d&#233;cennies, en Europe, de fa&#231;on lente mais continuelle, disparaissent des droits consid&#233;r&#233;s comme universels et de qualit&#233;. Assimil&#233;s &#224; une r&#233;ussite de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et d'une soci&#233;t&#233; plus juste et &#233;galitaire, certains pourraient avoir pr&#233;dit sa mort politique. Nous parlons de l'&#233;ducation publique, de la sant&#233; pour tous, de logement social, de salaires dignes ou d'un travail stable. Aujourd'hui ces droits s'&#233;teignent au milieu du galimatias des classes dominantes. Le pr&#233;sident de la Conf&#233;d&#233;ration des Organisations Patronales de l'Espagne, Joan Rosell, se moque des manifestations et de leurs organisateurs. &#171; &lt;i&gt;Ils n'ont pas de propositions et d'un point de vue interne, et encore plus, externe, la gr&#232;ve suppose une torpille contre la reprise&lt;/i&gt; &#187;. Le dit argument accompagne sa phrase pr&#233;f&#233;r&#233;e : &#171; c'est fini le caf&#233; pour tous &#187;, faisant allusion &#224; la n&#233;cessit&#233; d'en finir d&#233;finitivement avec l'&#201;tat de bien-&#234;tre. Rosell, accuse la classe laborieuse de vivre du ch&#244;mage et de profiter de la bonne volont&#233; d'entrepreneurs honn&#234;tes qui travaillent 14 ou 16 heures par jour, tandis que l'ouvrier fait seulement huit heures et prot&#233;g&#233; par une l&#233;gislation paternaliste. Ce que Rosell ne dit pas est que la CEOE a re&#231;u 20 milliards des subventions de l'&lt;i&gt;Instituto de Credito Oficial&lt;/i&gt; en 2012, et la banque, 50 milliards. Rosell ne s'&#233;touffe pas d'indigestion. Selon sa th&#233;orie, les travailleurs sont responsables, en grand partie, de la crise. Ils ont v&#233;cu au-dessus de leurs moyens. Aujourd'hui ils doivent payer la facture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique d'aust&#233;rit&#233; dessin&#233;e par le capital financier et les bourgeoisies transnationales n'a pas de limite, engloutissant et se d&#233;barrassant de ce qui est consid&#233;r&#233; superflu. Parmi ce dont on peut se passer se trouvent les jeunes, les personnes &#226;g&#233;es, les travailleurs, les paysans, les familles et les &#233;migrants. Mais aussi les institutions. Les universit&#233;s, les complexes sportifs municipaux, les centres de premiers soins, es bureaux d'emploi public. Les deux, les gens et les institutions, sont des obstacles sur leur chemin pour obtenir le contr&#244;le de la soci&#233;t&#233;. Il faut laisser l'acc&#232;s libre aux compagnies de s&#233;curit&#233; priv&#233;es, de travail temporaire. L'&#233;ducation se transforme en business. Tout se mesure en fonction du b&#233;n&#233;fice &#233;conomique. Il n'y a pas de consid&#233;rations sociales, seulement mon&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, des millions de citoyens, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire contemporaine de l'Europe occidentale, d&#233;cident de descendre dans la rue et d'&#233;lever ensemble la voix contre les politiques d'aust&#233;rit&#233; et de coupes dessin&#233;es par l'Allemagne, la banque Centrale Europ&#233;enne, le Fonds mon&#233;taire international et les pays du G-8. Politiques dont le r&#233;sultat est une augmentation de la pauvret&#233;, r&#233;surgence de la faim, de la malnutrition et des maladies de sant&#233; publique, des poux, des lentes et, comme bouquet final, la rougeole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Espagne, le d&#233;sarroi que suppose de perdre son emploi et l'impossibilit&#233; de continuer de payer un loyer et un pr&#234;t hypoth&#233;caire se traduit par des milliers d'ordres saisis et d'expulsion. Des familles enti&#232;res sont rest&#233;es dans la rue, sans toit, sans moyens pour survivre ni couverture sanitaire. L'action pr&#233;datrice des banques, en complicit&#233; avec les grands partis politiques et les gouvernements, leur permet de continuer de jouer avec une totale impunit&#233;. Mais les soci&#233;t&#233;s financi&#232;res ne sont pas satisfaites : elles exigent de plus en plus. Maintenant elles demandent la t&#234;te des garants, qui sont d&#233;poss&#233;d&#233;s de leurs biens. C'est l'autre partie de l'histoire. Les parents qui ont mis leur signature pour appuyer l'hypoth&#232;que de leurs enfants se trouvent soumis au m&#234;me processus. Saisis et expuls&#233;s de leurs maisons ils deviennent des victimes propices de contrats usuriers et pervers. Pour le prix d'un, les banques obtiennent deux logements. Maintenant nous nous trouvons avec les personnes qui ont travaill&#233; toute leur vie, en faisant des &#233;conomies, qui ont pay&#233; leurs dettes, qui sont propri&#233;taire de leur appartement, sans droits, &#226;g&#233;s de 50 ans et plus, &#233;tant d&#233;pouill&#233;es de leur logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est un cri &#224; l'espoir. Tout n'est pas perdu. Cependant, les entrepreneurs et le patronat font tout leur possible pour emp&#234;cher que les travailleurs exercent le droit de gr&#232;ve. Les r&#233;formes du travail pouss&#233;es par le parti socialiste espagnol, d'abord, et maintenant par le Parti Populaire, permettent le licenciement libre. La peur de centaines de personnes qui partagent les motifs et d&#233;sirent partager la journ&#233;e de gr&#232;ve les fait s'abstenir et se pr&#233;senter &#224; leur travail. Ils sont conscients, ils jouent leur emploi et dans des temps de crise, il n'est pas conseill&#233; de le faire. Les entrepreneurs se frottent les mains. Si vous faites gr&#232;ve, tirez-en cons&#233;quences. Avec 5 millions de ch&#244;meurs je n'ai pas de probl&#232;mes. Le licenciement n'est pas cher et un contrat bidon est toujours une bonne option de rechange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il y a ceux qui d&#233;cident d'affronter la peur, s&#251;rs de la dignit&#233; qu'il les saisit. Ils se pr&#233;sentent au travail mais ils laissent la trace publiquement de la pression &#224; laquelle ils sont soumis par leurs chefs. Dans cette dynamique, apr&#232;s la journ&#233;e de travail ils rejoignent dans les manifestations convoqu&#233;es dans chaque ville et bourgade d'Espagne des centaines de jeunes, d'&#233;tudiants, de m&#233;decins, d'infirmi&#232;res, de travailleurs, d'agriculteurs, de mineurs, de p&#234;cheurs, de fonctionnaires, de paysans, de journaliers. Leur pr&#233;sence fait taire. C'est possible que les entrepreneurs boycottent la gr&#232;ve et le gouvernement dise que le fit appel a &#233;t&#233; un &#233;chec. Mais la devise &#171; &lt;i&gt;Ils nous laissent sans avenir&lt;/i&gt; &#187; se trouve &#234;tre suffisamment explicite pour aller au rendez-vous. Le triomphe de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est un fait. Des centaines de milliers de voix se fondent en un seul cri : &#171; Non aux politiques d'aust&#233;rit&#233; &#187;. La dignit&#233; ne s'est pas &#233;gar&#233;e en chemin. Pendant ce temps, les hommes politiques corrompus, sur le dos des citoyens, approuvent leur plan de coupes, dans un Parlement discr&#233;dit&#233; et sans vocation d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.jornada.unam.mx/2012/11/15/opinion/024a2pol&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Jornada&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Le Mexique, le 15 novembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Las-huelgas-de-la-dignidad-en-Europa&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;El Correo&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; par&lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;strong&gt;Marcos Robert Roitman Rosenmann &lt;/strong&gt; est un universitaire, sociologue, analyste politique et essayiste Chilien-espagnol n&#233; &#224; Santiago du Chili, en 1955. Depuis 1974, il r&#233;side en Espagne. Docteur en Sciences Politiques et Sociologie de l'Universit&#233; Complutense de Madrid. Il est professeur en Structure Sociale d'Am&#233;rique Latine, de la Structure Sociale Contemporaine et de la Structure Sociale de Espagne dans la Facult&#233; Sciences Politiques et Sociologie de l'Universit&#233; Complutense de Madrid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Les-greves-de-la-dignite-en-Europe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 15 novembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification&lt;/u&gt; 3.0 Unported&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La transition apr&#232;s le n&#233;o-lib&#233;ralisme pour l'Am&#233;rique Latine</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/La-transition-apres-le-neo-liberalisme-pour-l-Amerique-Latine</link>
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		<dc:date>2005-07-26T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marcos Roitman Rosenmann *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Sur l'Am&#233;rique latine, des vents contradictoires soufflent. On maintient l'&#339;uvre du n&#233;o-lib&#233;ralisme dans un contexte chaque fois plus hostile &#224; ses postulats. Pendant 30 ans, depuis les ann&#233;es 70 du XX&#232;me si&#232;cle, les pays de la r&#233;gion, &#224; l'exception de Cuba, ont embrass&#233; l'id&#233;al d'une seconde modernisation sortie d'un discours messianique enracin&#233; dans les principes de l'&#233;conomie de march&#233; et dans la critique &#224; la d&#233;mocratie sociale. Ses id&#233;ologues ont pr&#233;sent&#233; le projet comme une partie de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Notre-Amerique" rel="directory"&gt;Notre Am&#233;rique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_7824 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L250xH160/Argentina_hoy-d263b.jpg?1695490540' width='250' height='160' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Argentina hoy
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur l'Am&#233;rique latine, des vents contradictoires soufflent. On maintient l'&#339;uvre du n&#233;o-lib&#233;ralisme dans un contexte chaque fois plus hostile &#224; ses postulats. Pendant 30 ans, depuis les ann&#233;es 70 du XX&#232;me si&#232;cle, les pays de la r&#233;gion, &#224; l'exception de Cuba, ont embrass&#233; l'id&#233;al d'une seconde modernisation sortie d'un discours messianique enracin&#233; dans les principes de l'&#233;conomie de march&#233; et dans la critique &#224; la d&#233;mocratie sociale. Ses id&#233;ologues ont pr&#233;sent&#233; le projet comme une partie de la refondation du capitalisme au milieu d'une crise &#233;conomique profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La stagflation, ph&#233;nom&#232;ne qui m&#234;le l'inflation et la r&#233;cession, a paru &#234;tre le d&#233;but de la fin de l'&#201;tat de bien-&#234;tre, et sur ses ruines on a articul&#233; un projet politique destin&#233; &#224; changer les &#233;v&#233;nements. Une transformation radicale dans les formes d'accumulation du capital et dans les relations sociales de production. Remplacer la vieille classe dominante et la bourgeoisie nationaliste. On voulait une nouvelle &#233;lite dirigeante et patronale sans attachement aux valeurs idiosyncratiques et culturelles nationales, d&#233;daignant les politiques publiques, ouvertement anti&#233;tatique et d'id&#233;ologie anticommuniste. Ils seraient destin&#233;s &#224; donner coup de balais au sch&#233;ma keyn&#233;sien du capitalisme &#224; visage humain et &#224; se lancer dans l'aventure du n&#233;o-lib&#233;ralisme sauvage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le moment de passer &#224; l'offensive et d'imposer par la force ou par le consentement, si l'occasion le permettait, une dynamique o&#249; la rationalit&#233; et l'efficience de l'exploitation de l'homme par l'homme serait affirm&#233;e &#224; travers les lois du march&#233; et la comp&#233;titivit&#233; sans limite. Les nouvelles &#233;lites patronales et politiques d&#233;placent leur regard vers la transformation de l'ordre &#233;conomique mondial dans le contexte d'un capitalisme transnational qui cherche imp&#233;rieusement &#224; reconstruire son h&#233;g&#233;monie politique endommag&#233;e par les luttes anti- imp&#233;rialistes et de lib&#233;ration nationale en Afrique, en Asie, en Am&#233;rique latine et au Moyen Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde de la guerre froide s'est transform&#233;. Les Etats-Unis perdent la guerre dans le sud-est asiatique. Le syndrome du Vietnam et le Watergate ajout&#233; &#224; une forte d&#233;pression mondiale et &#224; la hausse du prix du p&#233;trole font craindre l'effondrement de l'ordre mondial. Beaucoup ont parl&#233; de la d&#233;b&#226;cle du capitalisme. La peur a fait que les choses changent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois, depuis les ann&#233;es 50, les Etats-Unis se sont vus dans l'obligation de partager le pouvoir. Le Japon et l'Europe occidentale gagnent en pr&#233;sence. La distribution du pouvoir dans le bloc capitaliste s'affirme sur un autre consensus. C'est la naissance d'une organisation propos&#233;e par la volont&#233; de David Rockefeller, la Commission Trilat&#233;rale, cr&#233;&#233;e en octobre 1973. Sa composition ne laisse aucun doute sur son objectif : Chefs d'entreprise et banquiers, dirigeants des administrations politiques, id&#233;ologues et th&#233;oriciens de la nouvelle droite et dirigeants syndicaux de forte coloration anticommuniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour citer certains de leurs membres, rappelons IBM, Hewlett-Packard, Xerox, Coca-cola, EXXON, AFL-CIO, CBS, The New York Times, les personnes du D&#233;partement d'&#201;tat, de l'administration publique et des services d'intelligence de l'Europe occidentale, d'Etats-Unis et du Japon. Son premier rapport, avec une introduction de Zbigniew Brezezinski, est r&#233;dig&#233; en 1975 par Samuel Huntington du cot&#233; &#233;tasunien, Michel Crozier pour l'espace europ&#233;en et Joji Watanuki pour le paragraphe japonais. En &#233;manent des concepts comme d&#233;mocraties prot&#233;g&#233;es, restreintes, gouvernabilit&#233; et ingouvernabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Son titre g&#233;n&#233;rique est :&lt;/strong&gt; La crise des d&#233;mocraties. Un rapport sur le gouvernement et la d&#233;mocratie. Approuv&#233; par son assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, il en est devenu son texte programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le plus remarquable :&lt;/strong&gt; la critique &#224; l'influence des intellectuels, les moyens de communication et la mobilisation des secteurs marginaux dans la dynamique du gouvernement. Pour la Trilat&#233;rale, le meilleur ordre gouvernable, dira le rapport, requiert g&#233;n&#233;ralement des mesures d'apathie et non des compromis de la citoyennet&#233; ou des groupes d'individus. D&#233;mobiliser et d&#233;sarticuler la soci&#233;t&#233; civile. Corriger les exc&#232;s de la d&#233;mocratie sociale et politique, en imposant une d&#233;mocratie de march&#233; sont le centre de la strat&#233;gie de la commission. Il fallait mettre la main &#224; la p&#226;te et effectuer une seconde modernisation du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Am&#233;rique latine, ils &#233;laborent un rapport sp&#233;cifique : l'Am&#233;rique latine dos au mur, les d&#233;fis de la Trilat&#233;rale. Ses auteurs, l'ex ambassadeur des Etats-Unis au Chili George Landau, pr&#233;sident de la Soci&#233;t&#233; des Am&#233;riques ; Julio Feo, pr&#233;sident de Holmes and Marchant-Espa&#241;a et secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la pr&#233;sidence du gouvernement social-d&#233;mocrate Felipe Gonz&#225;lez, et finalement Akio Hosono, pr&#233;sident de l'association du Japon pour les &#233;tudes latino-am&#233;ricaines. L'introduction est laiss&#233;e &#224; l'ex secr&#233;taire de la Cepal et en ce moment pr&#233;sident de la Banque Interam&#233;ricaine de D&#233;veloppement qui signe l'acte de d&#233;c&#232;s des politiques publiques et d'action sociale de l'&#201;tat propos&#233;es quelques ann&#233;es avant par lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la partie portant sur les recommandations, il indique : &#034;puisque les &#233;conomies des pays de la Trilat&#233;rale poss&#232;de fondamentalement un caract&#232;re lib&#233;ral, nos gouvernements n'assigneront pas les ressources en quantit&#233; et nature dont les nations de la r&#233;gion ont besoin. Seul le secteur priv&#233; dispose du capital, de la technologie et l'habilet&#233; qui sont r&#233;ellement n&#233;cessaires et, de fait, la Communaut&#233; patronale destinera ces ressources aux seuls pays qui ont cr&#233;&#233; les conditions dans lesquelles, elles peuvent rentablement &#234;tre employ&#233;s&#034;. Tout est pens&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;forme de l'&#201;tat, ouverture &#233;conomique financi&#232;re et commerciale, pr&#233;&#233;minence du capital priv&#233; dans l'allocation de ressources, flexibilit&#233; du march&#233; de travail et lib&#233;ralisation du march&#233; de l'argent. En d&#233;finitive, le projet n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les ann&#233;es 90, en Am&#233;rique latine, la modernisation paraissait avoir abouti. Tous les pays, sauf Cuba, avaient suivi au pied de la lettre les recommandations de la Trilat&#233;rale, le Fonds Mon&#233;taire International, la Banque Mondiale, etcetera. Toutefois, la d&#233;sarticulation de l'&#201;tat et l'application des propositions n&#233;olib&#233;rales n'ont r&#233;solu aucun probl&#232;me structurel des soci&#233;t&#233;s latino-am&#233;ricaines. La capacit&#233; de produire richesse, emploi et bien-&#234;tre par des chefs d'entreprise n'est vue nulle part. Les privatisations et la reconversion industrielle ont affaibli l'&#201;tat et les services sociaux. Les changements dans la structure sociale et le pouvoir ont apport&#233; un ordre oligarchique et d'exclusion, avec plus de marginalit&#233;, une pauvret&#233; et une d&#233;pendance &#233;conomique aux pays riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme a &#233;t&#233; un &#233;chec, on remet en question aujourd'hui ses principes. Une nouvelle transition qui va du n&#233;o-lib&#233;ralisme &#224; la reconstruction d'un &#201;tat politique avec une d&#233;mocratie sociale capable de casser le cercle vicieux n&#233;olib&#233;ral est n&#233;cessaire. Le Venezuela d'abord, le Br&#233;sil, l'Uruguay et les luttes en Bolivie, L'&#201;quateur, le Mexique et l'Argentine peuvent indiquer le chemin des r&#233;formes et des r&#233;volutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction pour &lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt; de :&lt;/strong&gt; Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.jornada.unam.mx/2005/jul05/050723/021a1pol.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&lt;u&gt;La Jornada&lt;/u&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Mexique, Samedi 23 juillet 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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