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		<title>Les mouvements sociales en Am&#233;rique : Identitaires, r&#233;volutionnaires et d&#233;mocrates !</title>
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		<dc:date>2006-02-21T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bernard Duterme </dc:creator>



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&lt;p&gt;Alternatives. Canada, jeudi le 9 f&#233;vrier 2006. &lt;br class='autobr' /&gt;
La tendance de fond &#224; l'oeuvre dans plusieurs pays d'Am&#233;rique latine est suffisamment originale - et fragile - pour que l'on s'y attarde. Originale, car le profil des mouvements populaires indig&#232;nes qui y d&#233;fraient la chronique depuis quelques ann&#233;es - des Mapuches du Chili aux Mayas d'Am&#233;rique centrale, en passant par les Aymaras et les Quechuas des Andes, les Kunas de Panama, etc. - tranche r&#233;solument avec les organisations r&#233;volutionnaires (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;&#034;&gt;&lt;i&gt;Alternatives&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Canada, jeudi le 9 f&#233;vrier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance de fond &#224; l'oeuvre dans plusieurs pays d'Am&#233;rique latine est suffisamment originale - et fragile - pour que l'on s'y attarde. Originale, car le profil des mouvements populaires indig&#232;nes qui y d&#233;fraient la chronique depuis quelques ann&#233;es - des Mapuches du Chili aux Mayas d'Am&#233;rique centrale, en passant par les Aymaras et les Quechuas des Andes, les Kunas de Panama, etc. - tranche r&#233;solument avec les organisations r&#233;volutionnaires d'hier et les crispations identitaires d'aujourd'hui. Mais la tendance est aussi fragile, car si la dynamique indienne, plus affirmative que destructrice, a l'heur de s&#233;duire, elle n'est &#224; l'abri d'aucune d&#233;rive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte d'&#233;mergence de ces mobilisations, c'est d'abord l'&#233;chec patent, en termes sociaux et environnementaux, de vingt ans de n&#233;olib&#233;ralisme sur le continent latino-am&#233;ricain : la concentration des richesses au sein d'une minorit&#233; y est la plus haute de toute la plan&#232;te, 230 millions de personnes - 44% de la population totale - y vivent sous le seuil de pauvret&#233;, le coefficient Gini qui mesure le degr&#233; d'in&#233;galit&#233; y atteint le chiffre record de 0,57 (pour 0,29 en Europe et 0,34 aux Etats-Unis). A l'extr&#234;me polarisation sociale, dont les indig&#232;nes sont les premi&#232;res victimes, s'ajoutent les frustrations n&#233;es d'une d&#233;mocratisation strictement formelle de la r&#233;gion : plus de la moiti&#233; des Latino-Am&#233;ricains, d'apr&#232;s une enqu&#234;te du PNUD, seraient ainsi dispos&#233;s &#224; renoncer &#224; la d&#233;mocratie, &#224; accepter un gouvernement autoritaire, s'il s'av&#233;rait capable de r&#233;soudre leurs probl&#232;mes socio-&#233;conomiques...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce contexte n'explique pas tout. Les mobilisations indig&#232;nes actuelles tirent aussi leurs raisons d'&#234;tre et leurs originalit&#233;s d'autres influences, h&#233;ritages et brassages. Elles ont ceci de novateur qu'elles combinent des identit&#233;s (sociales, ethniques, territoriales), des revendications (&#233;conomiques, culturelles, politiques) et des modes d'action (massifs, symboliques, pacifiques) souvent antinomiques dans l'histoire des luttes. Identitaires sans &#234;tre r&#233;actionnaires, ouvertes sans &#234;tre d&#233;sincarn&#233;es, ces r&#233;bellions &#224; la fois indiennes et paysannes multiplient les ancrages - local, national et mondial - sans les opposer. Leurs aspirations portent tant sur la reconnaissance des droits humains des indig&#232;nes que sur la d&#233;mocratisation en profondeur des Etats et la critique du mod&#232;le de d&#233;veloppement n&#233;olib&#233;ral. Si la justice sociale reste au centre des discours, sa qu&#234;te passe d&#233;sormais par la responsabilisation du pouvoir, la reconnaissance des diversit&#233;s et la revalorisation de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus fondamentalement, ces mouvements identitaires, r&#233;volutionnaires et d&#233;mocrates manifestent, de la part des populations indig&#232;nes qui les animent, une volont&#233; d'&#233;mancipation, d'appropriation et de ma&#238;trise de la modernit&#233;. Ils revendiquent une int&#233;gration sans assimilation et, contrairement &#224; certaines &#233;lites du nord du Mexique, de l'est de la Bolivie ou d'Equateur, une autonomie sans s&#233;paration. Porteurs d'une nouvelle perspective &#233;mancipatrice qui tente de concilier registres &#233;thique, ethnique, r&#233;publicain et altermondialiste, ces r&#233;bellions indiennes, comme celle des insurg&#233;s zapatistes dans le Chiapas, entendent aussi fonder leur l&#233;gitimit&#233; sur le d&#233;passement de l'autoritarisme, de l'avant-gardisme, du dogmatisme et du militarisme... Leur rapport au pouvoir et &#224; l'Etat reste n&#233;anmoins pluriel et probl&#233;matique, tant&#244;t empreint d'une d&#233;fiance &#233;pidermique &#224; l'&#233;gard de la sc&#232;ne politique traditionnelle, tant&#244;t m&#251; par la volont&#233; d'y acc&#233;der pour ne laisser &#224; personne d'autre le soin de la &#171; d&#233;coloniser &#187;, &#224; l'instar du Bolivien Evo Morales, premier indig&#232;ne &#224; acc&#233;der &#224; la pr&#233;sidence d'un pays o&#249; 62% de la population se d&#233;finissent comme d'origine indienne. Provoqu&#233; par le bas, par le haut ou des deux c&#244;t&#233;s &#224; la fois, le changement radical de la situation actuelle demeure la priorit&#233; commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'originalit&#233; de ces mouvements n'est cependant ni &#224; essentialiser ni &#224; id&#233;aliser. Bien des d&#233;rives et des menaces les guettent. Internes et externes. En r&#233;action aux strat&#233;gies des Etats ou des pouvoirs mis en cause - qui classiquement vont de la r&#233;pression &#224; la cooptation, en passant par des man&#339;uvres plus ou moins larv&#233;es de pourrissement des situations, de fragmentation des acteurs, d'institutionnalisation des revendications... -, l'exacerbation de l'une ou l'autre dimension de ces mobilisations populaires, au d&#233;triment de leurs autres caract&#233;ristiques, pourrait leur &#234;tre fatale. Des crispations culturalistes ou ethnicistes apparaissent d&#233;j&#224; de-ci de-l&#224;, ou encore des fuites en avant populistes lorsque les leaders succombent &#224; une surench&#232;re simplificatrice. La participation au pouvoir d'Etat comme d'ailleurs le refus irr&#233;vocable d'y participer tendent &#224; d&#233;mobiliser les militants de base, de surcro&#238;t lorsque leur vie quotidienne ne s'am&#233;liore pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas de figure, le destin plus ou moins heureux de ces mouvements d&#233;pendra aussi et surtout des r&#233;ponses structurelles qu'ils parviendront &#224; forcer, de la capacit&#233; des soci&#233;t&#233;s latino-am&#233;ricaines &#224; partager la richesse et &#224; assumer la diversit&#233;, bref &#224; se d&#233;mocratiser v&#233;ritablement.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;* Bernard Duterme&lt;/strong&gt; est sociologue, directeur du Centre tricontinental (CETRI) &#224; Louvain-la-Neuve et coordonnateur du livre Mouvements et pouvoirs de gauche en Am&#233;rique latine (Syllepse, Paris, 2005).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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