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		<title>Sommet pr&#233;sidentiel : &#171; Souverainet&#233; et s&#233;curit&#233; alimentaire, aliments pour la vie : Intervention d'Est&#233;ban Lazo Hern&#225;ndez</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Sommet-presidentiel-Souverainete-et-securite-alimentaire-aliments-pour-la-vie-Intervention-d-Esteban-Lazo-Hernandez</link>
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		<dc:date>2008-05-09T18:07:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Est&#233;ban Lazo Hern&#225;ndez</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cher comandante Daniel Ortega, pr&#233;sident du Nicaragua ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Honorables pr&#233;sidents et hauts repr&#233;sentants, &lt;br class='autobr' /&gt;
Les chiffres parlent d'eux-m&#234;mes. En 2005, nous payions la tonne de riz 250 dollars ; aujourd'hui, nous la payons 1 050, le quadruple. Nous payions la tonne de bl&#233; 132 dollars ; aujourd'hui, nous la payons 330, deux fois et demie plus. Nous payions la tonne de ma&#239;s 82 dollars ; aujourd'hui, nous la payons 230, quasiment le triple. Nous payions la tonne de lait en poudre 2 200 dollars ; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Notre-Amerique" rel="directory"&gt;Notre Am&#233;rique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cher comandante Daniel Ortega, pr&#233;sident du Nicaragua ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honorables pr&#233;sidents et hauts repr&#233;sentants,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres parlent d'eux-m&#234;mes. En 2005, nous payions la tonne de riz 250 dollars ; aujourd'hui, nous la payons 1 050, le quadruple. Nous payions la tonne de bl&#233; 132 dollars ; aujourd'hui, nous la payons 330, deux fois et demie plus. Nous payions la tonne de ma&#239;s 82 dollars ; aujourd'hui, nous la payons 230, quasiment le triple. Nous payions la tonne de lait en poudre 2 200 dollars ; aujourd'hui, nous la payons 4 800. C'est l&#224; une situation perverse et intenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;alit&#233; a des retomb&#233;es internes sur les march&#233;s de la plupart des pays de notre r&#233;gion et du monde, touchant directement la populaire, en particulier les plus pauvres, et poussant &#224; l'indigence des millions de personnes. Certains pays, voil&#224; &#224; peine quelques d&#233;cennies, se suffisaient &#224; eux-m&#234;mes en riz et en ma&#239;s, mais les recettes n&#233;olib&#233;rales du FMI les ont incit&#233;s &#224; lib&#233;raliser leur march&#233; et &#224; importer des USA et d'Europe des c&#233;r&#233;ales subventionn&#233;es, ce qui a abouti &#224; la suppression de la production nationale. Compte tenu de la flamb&#233;e des cours susmentionn&#233;e, toujours plus de personne ne peuvent plus se nourrir de ces aliments de base. Il n'est donc pas surprenant qu'elles protestent, qu'elles descendent dans la rue afin de trouver le moyen de donner &#224; manger &#224; leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1996, au Sommet mondial de l'alimentation, Fidel avait lanc&#233; un cri d'alerte : &#171; La faim, compagne ins&#233;parable des pauvres, est la fille de la distribution in&#233;gale des richesses et des injustices dans le monde. Les riches ne connaissent pas la faim. [&#8230;] Des millions de personnes sont mortes dans le monde en luttant contre la faim et l'injustice. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise alimentaire qui nous convoque aujourd'hui est aggrav&#233;e par les cours &#233;lev&#233;s du p&#233;trole sur lesquels influe l'aventure militaire en Iraq et par leurs retomb&#233;es sur la production et le transport des aliments ; par les changements climatiques ; par le fait que les USA et l'Union europ&#233;enne consacrent toujours plus de grains et de c&#233;r&#233;ales &#224; la production de biocarburants ; et par les pratiques sp&#233;culatives du grand capital international qui mise sur les stocks d'aliments sans s'inqui&#233;ter de la faim des pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'essence m&#234;me de cette crise ne g&#238;t pas dans ces ph&#233;nom&#232;nes r&#233;cents : elle se trouve dans la distribution in&#233;gale et injuste des richesses mondiales et dans le mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral insoutenable impos&#233; ces vingt derni&#232;res ann&#233;es au monde avec un fanatisme irresponsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays pauvres qui d&#233;pendent des importations d'aliments ne sont pas en mesure de supporter ce coup. Leurs populations n'ont aucune protection. Et le fameux march&#233; n'a, bien entendu, ni la capacit&#233; ni le sens des responsabilit&#233;s n&#233;cessaires pour la leur procurer. Nous ne sommes pas face &#224; un probl&#232;me de nature &#233;conomique, mais devant un drame humanitaire aux cons&#233;quences incalculables qui met m&#234;me en danger la s&#233;curit&#233; nationale de nos pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire retomber la crise sur une consommation accrue d'importants secteurs de la population dans des pays en d&#233;veloppement &#224; croissance &#233;conomique acc&#233;l&#233;r&#233;e, telles la Chine et l'Inde, constitue non seulement une prise de position insuffisamment fond&#233;e, mais encore une vision raciste et discriminatoire dans la mesure o&#249; elle consid&#232;re comme un probl&#232;me que des millions de personnes puissent acc&#233;der pour la premi&#232;re fois &#224; une alimentation d&#233;cente et saine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, tel qu'il se traduit dans notre r&#233;gion, est li&#233; essentiellement &#224; la situation pr&#233;caire des petits agriculteurs et de la population rurale dans les pays sous-d&#233;velopp&#233;s, ainsi qu'au r&#244;le oligopolistique des grandes soci&#233;t&#233;s transnationales de l'industrie agro-alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celles-ci contr&#244;lent les cours, les technologies, les normes, les certifications, les r&#233;seaux de distribution et les sources de financement de la production alimentaire dans le monde. Elles contr&#244;lent aussi le transport, la recherche scientifique, les fonds g&#233;n&#233;tiques, l'industrie de fertilisants et de pesticides. Leurs gouvernements, en Europe, en Am&#233;rique du Nord et ailleurs, imposent les r&#232;gles internationales qui r&#233;gissent le commerce des aliments, ainsi que celui des technologies et des intrants permettant de les produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les subventions agricoles aux USA et en Union europ&#233;enne ne font pas qu'ench&#233;rir les aliments que vendent ces pays ; elles imposent en plus un obstacle infranchissable &#224; la vente sur leurs march&#233;s des produits des pays en d&#233;veloppement, ce qui a une incidence directe sur la situation de l'agriculture et des producteurs du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit bel et bien d'un probl&#232;me structurel de l'0rdre &#233;conomique international en place, non d'une crise conjoncturelle qui peut se r&#233;gler par des palliatifs ou des mesures d'urgence. La r&#233;cente promesse de la Banque mondiale d'allouer 500 millions de dollars d&#233;valu&#233;s pour faire face &#224; cette situation n'est pas seulement ridicule : c'est une plaisanterie de mauvais go&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'attaquer &#224; ce probl&#232;me dans son essence et ses causes m&#234;mes, il faut analyser et transformer les r&#232;gles &#233;crites et non &#233;crites, les r&#232;gles accord&#233;es et les r&#232;gles impos&#233;es qui r&#233;gissent aujourd'hui l'ordre &#233;conomique mondial, ainsi que la cr&#233;ation et la distribution des richesses, notamment en ce qui concerne la production et la distribution d'aliments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est d&#233;cisif aujourd'hui, c'est envisager un changement profond et structurel de l'0rdre &#233;conomique et politique international en vigueur, parce qu'antid&#233;mocratique, injuste, exclusif et intenable. Un ordre pr&#233;dateur, responsable de situations telles que celles que Fidel d&#233;non&#231;ait voil&#224; douze ans : &#171; Les eaux se polluent, l'atmosph&#232;re s'empoisonne, la nature se d&#233;truit. Ce n'est pas seulement la raret&#233; des investissements, le manque d'&#233;ducation et de technologies, la croissance d&#233;mographique acc&#233;l&#233;r&#233;e, c'est aussi que l'environnement se d&#233;grade et que l'avenir est toujours plus hypoth&#233;qu&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la coop&#233;ration internationale n&#233;cessaire pour faire face &#224; ce moment de crise s'av&#232;re indispensable. Des mesures d'urgence doivent permettre d'all&#233;ger rapidement la situation des pays o&#249; des &#233;meutes sociales ont d&#233;j&#224; &#233;clat&#233;. Il faut aussi promouvoir sur le moyen terme des plans de coop&#233;ration et d'&#233;changes, accompagn&#233;s d'investissements conjoints qui acc&#233;l&#233;reront dans notre r&#233;gion la production agricole et la distribution d'aliments, et assortis d'un engagement r&#233;solu et d'une forte participation de l'Etat. Cuba est dispos&#233;e &#224; contribuer modestement &#224; un effort de ce genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Programme que nous propose aujourd'hui le compa&#241;ero Daniel en vue de concerter les efforts, les volont&#233;s et les ressources des membres de l'Alternative bolivarienne pour les Am&#233;riques (ALBA) et des pays centram&#233;ricains et carib&#233;ens m&#233;rite tout notre appui. Il pr&#233;suppose que nous comprenions clairement que la situation alimentaire mondiale n'est pas une opportunit&#233;, comme le pensent certains, mais une crise tr&#232;s dangereuse. Il implique que nous reconnaissions express&#233;ment que nous devons orienter nos efforts &#224; la d&#233;fense du droit &#224; l'alimentation pour tous et &#224; une vie digne pour les millions de familles paysannes jusqu'ici spoli&#233;es, et non que nous saisissions l'occasion pour favoriser des int&#233;r&#234;ts corporatifs ou de mesquines opportunit&#233;s commerciales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons longuement discut&#233; ce point. Il nous faut maintenant agir unis, avec audace, en faisant preuve de solidarit&#233; et d'esprit pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tel est l'0bjectif commun, alors on peut compter sur Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je conclus en rappelant les paroles pr&#233;voyantes de Fidel en 1996, toujours aussi actuelles par leur profondeur : &#171; Les cloches qui sonnent aujourd'hui le glas pour ceux qui meurent de faim tous les jours sonneront demain pour l'humanit&#233; enti&#232;re si celle-ci ne veut pas, ou ne sait pas ou ne peut pas &#234;tre assez sage pour se sauver elle-m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous remercie.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Esteban Lazo Hern&#225;ndez&lt;/strong&gt;, &lt;br /&gt;
vice-pr&#233;sident du conseil d'Etat de la R&#233;publique de Cuba.&lt;br class='autobr' /&gt;
Managua, Nicaragua, le 7 mai 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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