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		<title> Argentine, Br&#233;sil, Mexique, face &#224; la crise internationale.</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Argentine-Bresil-Mexique-face-a-la-crise-internationale</link>
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		<dc:date>2009-01-19T18:09:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Salama</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lorsque la crise des cr&#233;dits hypoth&#233;caires a &#233;clat&#233; et que la r&#233;cession a commenc&#233; &#224; se profiler dans les &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es, nombre d'&#233;conomistes consid&#233;raient que les &#233;conomies &#233;mergentes ne seraient pas ou peu affect&#233;es. L'am&#233;lioration de la plupart des indicateurs de vuln&#233;rabilit&#233; ainsi que le bon niveau des fondamentaux (exc&#233;dents de la balance commerciale, reprise de la croissance et maintien d'un taux d'inflation &#224; un niveau peu &#233;lev&#233;, diminution plus ou moins prononc&#233;e de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Notre-Amerique" rel="directory"&gt;Notre Am&#233;rique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsque la crise des cr&#233;dits hypoth&#233;caires a &#233;clat&#233; et que la r&#233;cession a commenc&#233; &#224; se profiler dans les &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es, nombre d'&#233;conomistes consid&#233;raient que les &#233;conomies &#233;mergentes ne seraient pas ou peu affect&#233;es. L'am&#233;lioration de la plupart des indicateurs de vuln&#233;rabilit&#233; ainsi que le bon niveau des fondamentaux (exc&#233;dents de la balance commerciale, reprise de la croissance et maintien d'un taux d'inflation &#224; un niveau peu &#233;lev&#233;, diminution plus ou moins prononc&#233;e de la pauvret&#233;) devaient pr&#233;server les &#233;conomies latinoam&#233;ricaines des effets nocifs d'une contagion possible. Certains &#233;conomistes consid&#233;raient que les &#233;conomies &#233;mergentes d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la Chine et l'Inde plus particuli&#232;rement, pourraient constituer une &#171; chance &#187; pour les &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es et les &#171; aider &#187; &#224; sortir de leur crise. Telle &#233;tait par exemple la position d&#233;fendue par des &#233;conomistes de Goldman Sachs : la Chine, l'Inde, &#171; moteurs &#187; de la croissance mondiale, offriraient des d&#233;bouch&#233;s suffisants pour compenser les effets n&#233;gatifs de la crise financi&#232;re sur la rentabilit&#233; des entreprises des pays d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les &#233;conomies &#233;mergentes soit, plus &#171; solides &#187; qu'hier et donc moins vuln&#233;rables, soit &#171; moteurs &#187; de la croissance, non seulement ne devaient pas ou peu souffrir de la crise financi&#232;re, mais pouvaient &#171; aider &#187; les pays d&#233;velopp&#233;s &#224; surmonter les effets n&#233;gatifs de leur crise financi&#232;re sur leur taux de croissance. D'autres &#233;conomistes, assez rares il est vrai, nuan&#231;aient ces propos : tous les pays n'&#233;taient pas exactement dans la m&#234;me situation, et pour s'en tenir &#224; l'Am&#233;rique latine, certains &#233;taient plus vuln&#233;rables que d'autres, et pour les plus prudents, l'ampleur de la crise financi&#232;re &#224; venir constituait une variable importante &#224; prendre en compte, une crise financi&#232;re &#171; rampante &#187; comme celle qui affectait les bourses occidentales jusque la faillite de Lehman Brothers (septembre 2008) pouvait ne pas provoquer d'effets de contagion alors qu'une crise ouverte, envisag&#233;e par peu d'&#233;conomistes, pouvait avoir un &#171; effet tsunamis &#187; et, se transformant en crise syst&#233;mique, affecter des &#233;conomies apparemment &#171; saines &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, r&#233;v&#233;lant l'arrogance de la Finance et de ses th&#233;oriciens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le livre de H.Bourguinat et E.Briys (2009) : L'arrogance de la finance, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui pensaient qu'on pouvait ind&#233;finiment &#171; produire de l'argent &#224; partir de l'argent &#187; &#224; des taux extr&#234;mement &#233;lev&#233;s, l'Histoire a tranch&#233;. Larv&#233;e, la crise financi&#232;re a &#233;clat&#233; et g&#233;n&#233;r&#233; une crise &#233;conomique, les deux crises se chevauchant l'une l'autre, s'ins&#233;rant dans un cercle devenu &#171; vicieux &#187;. Recherche de liquidit&#233;s, &#171; cr&#233;dit crunch &#187; pr&#233;cipitent la crise ; &#224; l'inverse les interventions massives des banques centrales, puis celles des Etats cherchent &#224; briser le cercle vicieux d'un endettement devenu intenable avec la baisse drastique des capitalisations des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ralentissement de l'activit&#233; &#233;conomique est maintenant admis, y compris par les autorit&#233;s gouvernementales. La croissance devrait &#234;tre au mieux de l'ordre de la moiti&#233; de celle de 2008 dans les trois &#233;conomies analys&#233;es. Elle devrait &#234;tre plus faible si d'un c&#244;t&#233;, la crise &#233;conomique dans les pays d&#233;velopp&#233;s devait s'accentuer et le besoin de liquidit&#233;s cro&#238;tre, et si d'un autre c&#244;t&#233;, les mesures gouvernementales prises pour faciliter l'acc&#232;s au cr&#233;dit devaient s'av&#233;rer insuffisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pr&#233;senterons successivement &#171; pourquoi la crise ne devait pas arriver &#187; puis &#171; pourquoi elle est arriv&#233;e &#187;. Elle ne devait pas arriver : l'ensemble des indicateurs de vuln&#233;rabilit&#233;s s'&#233;tant am&#233;lior&#233;s dans la plupart des &#233;conomies latino-am&#233;ricaines. Elle est arriv&#233;e et les jours passants, s'annonce de plus en plus s&#233;v&#232;re. C'est la preuve que ces indicateurs ne sont pas suffisants pour &#233;tablir des pronostics fiables. Il est n&#233;cessaire de leur joindre des indicateurs de fragilit&#233;. Pour un niveau d'intensit&#233; de crise dans les pays d&#233;velopp&#233;s donn&#233;, la fragilit&#233; des principales &#233;conomies latino-am&#233;ricaines d&#233;pend de leur politique de taux de change pass&#233;e (plus ils ont laiss&#233; celui-ci s'appr&#233;cier, plus ils deviennent fragiles face &#224; l'adversit&#233;), de leur insertion dans l'&#233;conomie mondiale (moins elle porte sur des produits de haute et moyennes technologie plus leur capacit&#233;s de r&#233;sistance sont faibles), enfin des in&#233;galit&#233;s de revenu (plus elles sont bipolaris&#233;es, moins il est ais&#233; de substituer des d&#233;bouch&#233;s externes en crise par un dynamisme du march&#233; interne). Meilleurs sont ces indicateurs plus facile sera de r&#233;sister &#224; la crise et inversement. Comme la crise dans les pays d&#233;velopp&#233;s a acquis un caract&#232;re syst&#233;mique et que les indicateurs de fragilit&#233; ne sont pas tr&#232;s bons, ses r&#233;percussions seront importantes dans ces &#233;conomies &#233;mergentes, malgr&#233; des indicateurs de vuln&#233;rabilit&#233; am&#233;lior&#233;s. Les mesures contra-cycliques prises par les gouvernements, pour n&#233;cessaires qu'elles soient, ne pourront alors qu'att&#233;nuer les effets de contagion et limiter leurs co&#251;ts sociaux sur les cat&#233;gories les plus vuln&#233;rables aux crises, &#224; savoir les pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. POURQUOI LA CRISE NE DEVAIT PAS ARRIVER&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Un nouveau contexte : la globalisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lorsqu'on &#233;voque la globalisation, on commet en g&#233;n&#233;ral deux erreurs. La premi&#232;re consiste &#224; confondre la globalisation commerciale avec la globalisation financi&#232;re. Les deux sont distinctes. La premi&#232;re est dans la plupart des cas beaucoup moins avanc&#233;e que la seconde. La seconde erreur est d'oublier qu'il s'agit de processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on nomme globalisation r&#233;sulte d'un long processus d'ouverture qui a touch&#233; l'ensemble des &#233;conomies de la plan&#232;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A l'exception &#224; vrai dire de quelques unes comme la Birmanie.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'internationalisation croissante des activit&#233;s s'est traduite par une expansion g&#233;n&#233;ralis&#233;e des &#233;changes, plus ou moins vive et r&#233;guli&#232;re selon les pays. Cette tendance s'est renforc&#233;e depuis les ann&#233;es 1980. Ainsi par exemple, le pourcentage des exportations et importations globales par rapport au PIB mondial qui &#233;tait de 27% en 1986, est pass&#233; &#224; 36% en 1996 puis &#224; 50% en 2006 (source : BIS et FMI). La globalisation commerciale n'est donc pas le libre &#233;change cher aux &#233;conomistes lib&#233;raux. Elle se situe entre l'ouverture totale aux &#233;changes commerciaux et l'autarcie. Elle ne d&#233;signe pas la fin du processus que serait cette ouverture totale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ouverture compl&#232;te ne doit pas &#234;tre confondu avec le libre &#233;change. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle est un moment d'un processus, Cela &#233;tant, ce qui caract&#233;rise la globalisation depuis quelques d&#233;cennies est son avanc&#233;e rapide puisque le rythme des &#233;changes est &#224; peu pr&#232;s de l'ordre du double de celui du PIB ces vingt cinq derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; une hausse substantielle du degr&#233; d'ouverture du Br&#233;sil entre 1990 (11,7%) et 2004 (26,9%) son poids dans le commerce international reste &#224; un niveau marginal et relativement stable entre 1975 (1,1%) et 2005 (1,1%)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous avons d&#233;velopp&#233; ce point avec P.Kliass (2007) : &#171; La globalisation au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il croit ensuite gr&#226;ce surtout &#224; la hausse importante du cours des mati&#232;res premi&#232;res jusque mi 2008. La croissance des exportations de la Chine est beaucoup plus rapide que la moyenne mondiale. Sa part dans le commerce international, &#224; peu pr&#232;s &#233;quivalente &#224; celle du Br&#233;sil en 1975 (0,9%), s'&#233;l&#232;ve fortement : 1,9% en 1990, 3,9% en 2000 pour atteindre&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;7,4% en 2005 (source : carta IEDI, 2006). La globalisation commerciale est donc plus rapide qu'au Br&#233;sil. Le Br&#233;sil s'est ouvert &#224; l'&#233;conomie mondiale au rythme moyen observ&#233; pour l'ensemble des pays, &#224; la diff&#233;rence de la Chine. Tel a &#233;t&#233; le cas pour la plupart des pays avec toutefois une exception notable : le Mexique o&#249; les exportations ont cru plus vite que dans la moyenne des pays latino-am&#233;ricains gr&#226;ce &#224; l'essor des industries d'assemblage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Taux de croissance moyen des exportations : Source : World Development (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La globalisation n'est pas seulement commerciale, elle est aussi financi&#232;re. La croissance de la globalisation financi&#232;re est plus &#233;lev&#233;e. Si on se limite aux &#233;changes financiers et qu'on les rapporte aux &#233;changes commerciaux, on observe que les flux de capitaux deviennent en moyenne chaque fois plus importants que les flux commerciaux. En 1986 le stock des titres &#233;mis ne repr&#233;sentait encore que 23% de la valeur des flux commerciaux, mais d&#232;s 2002 ce stock a atteint puis d&#233;pass&#233; 2/3 de la valeur des &#233;changes commerciaux pour atteindre 71% en fin de p&#233;riode. Dans le cas du Br&#233;sil, si on le compare &#224; l'&#233;volution mondiale, ce processus a &#233;t&#233; encore plus rapide. Parall&#232;lement &#224; l'ouverture aux &#233;changes commerciaux internationaux, on assiste &#224; une mont&#233;e des valeurs des titres &#224; caract&#232;re exclusivement financier, &#224; partir notamment de 1994, ann&#233;e o&#249; le gouvernement a lanc&#233; le Plan Real et a &#233;tabli un accord avec le Fonds Mon&#233;taire International pour la ren&#233;gociation de la dette ext&#233;rieure du pays. Ainsi, ce m&#234;me ratio est pass&#233; d'une moyenne de 8% avant 1994 &#224; une moyenne annuelle de 60% pour la p&#233;riode suivante, en partie du &#224; l'augmentation du prix de ces actifs. Autrement dit, une globalisation commerciale plus prononc&#233;e s'est accompagn&#233;e d'une globalisation financi&#232;re encore plus vive (source BIS et FMI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La globalisation financi&#232;re est plus volatile que la globalisation commerciale surtout en ce qui concerne les investissements en portefeuille, et en leur sein plus particuli&#232;rement les bons et titres &#224; court terme qu'ils soient priv&#233;s ou publics. Certains pays cherchent &#224; freiner cette volatilit&#233;, et ce faisant ses effets destabilisateurs, en imposant les sorties de capitaux &#224; court terme, d'autres ne le font pas. D'autres pays rendent plus difficiles les sorties de capitaux domestiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Devant les difficult&#233;s accrues de transf&#233;rer des capitaux &#224; l'&#233;tranger les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; tout en permettant celles des capitaux &#233;trangers afin de les attirer, d'autres non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'il faut situer les indicateurs de vuln&#233;rabilit&#233; et les fondamentaux. Nous centrerons ici notre analyse sur le Br&#233;sil. Le Br&#233;sil semble en effet moins vuln&#233;rable que le Mexique ou l'Argentine. Le premier concentre l'essentiel de son commerce avec les autres pays d'Am&#233;rique du nord et de ce fait est particuli&#232;rement sensible &#224; leurs conjonctures respectives, et ce d'autant plus qu'une part importante de ses exportations est compos&#233;e de produits d'assemblage. Par ailleurs ses recettes budg&#233;taires sont fortement d&#233;pendantes du cours atteint par le p&#233;trole qu'il exporte. La chute des cours lors du quatri&#232;me trimestre 2008 la rend donc particuli&#232;rement vuln&#233;rable en limitant ses capacit&#233;s budg&#233;taires pour relancer l'activit&#233; &#233;conomique. Enfin, le Mexique n'est pas parvenu &#224; r&#233;tablir un solde positif de sa balance commerciale, malgr&#233; la hausse du cours du p&#233;trole et s'il parvient &#224; limiter le d&#233;ficit de sa balance des comptes courants c'est pour partie en raison du solde positif de sa balance touristique et pour l'essentiel gr&#226;ce aux remises des travailleurs mexicains r&#233;sidant aux Etats-Unis. Or la r&#233;cession dans ce pays diminue les revenus des m&#233;nages et affecte les d&#233;penses de tourisme et les transferts des mexicains. L'Argentine a un commerce plus diversifi&#233;, un rythme de croissance tr&#232;s important depuis quelques ann&#233;es et un service de la dette externe contraignant : remboursement massif de bons cr&#233;&#233;s lors de gestion de sa dette externe en remplacement des anciennes cr&#233;ances avec quasi impossibilit&#233; de les financer par des emprunts externes. Ce service de la dette, rendu plus difficile par d'importantes &#233;ch&#233;ances en 2009, ne peut s'effectuer d&#232;s lors qu'&#224; partir des r&#233;serves accumul&#233;es depuis 2003, et du solde positif de sa balance commerciale. Or ce dernier est en voie de r&#233;duction rapide avec la baisse du cours des mati&#232;res premi&#232;res et la r&#233;cession mondiale qui rend difficile d'accro&#238;tre ses exportations de produits industriels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ajoutons que l'abandon par la loi du syst&#232;me de retraite par capitalisation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. A l'inverse, on pourrait ajouter que la faible insertion financi&#232;re de l'Argentine devrait la pr&#233;munir de la sp&#233;culation internationale. En r&#233;alit&#233;, la situation est plus complexe. H&#233;riti&#232;re d'un lib&#233;ralisme outrancier sous les gouvernements Menem et de la Rua, l'internationalisation de son &#233;conomie est importante surtout en ce qui concerne les investissements &#233;trangers directs. Contrairement &#224; ce qu'on aurait pu penser, elle s'est accrue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon Lozano et alii, sur les deux cents plus grandes entreprises, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, malgr&#233; les conflits avec les transnationales lors de la sortie du Plan de convertibilit&#233; qui en ont r&#233;sult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; B. Une am&#233;lioration des indicateurs de vuln&#233;rabilit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons dans ce point centrer notre analyser sur le Br&#233;sil. Les indicateurs de vuln&#233;rabilit&#233; externe prennent en compte diff&#233;rentes lignes de la balance des paiements. Trois indicateurs sont en g&#233;n&#233;ral privil&#233;gi&#233;s : le premier est un indicateur de flux cherchant &#224; mesurer les n&#233;cessit&#233;s de financement externe, le second met en rapport les r&#233;serves avec des flux et le troisi&#232;me &#233;tablit une relation entre le passif externe, et ses composants, et le Pib&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une analyse approfondie, voir F.J.Ribeiro et R.Markwald (2008) : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier indicateur consid&#232;re les n&#233;cessit&#233;s de financement externe rapport&#233;es au Pib. Sont pris en compte le solde de la balance des comptes courants et l'amortissement de la dette externe au num&#233;rateur et le Pib au d&#233;nominateur. Dans le cas du Br&#233;sil par exemple, il &#233;tait sur la p&#233;riode 1998-2002 en moyenne de 9% du Pib. Il passe &#224; 3,7% du Pib en moyenne sur la p&#233;riode 2006-2007&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces donn&#233;es ainsi que celles qui suivent sont tir&#233;es de la banque centrale, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il y a donc une nette am&#233;lioration selon cet indicateur. Celle-ci s'explique fondamentalement par l'apparition d'un solde positif de la balance commerciale apr&#232;s des ann&#233;es de d&#233;ficit, une diminution du paiement net des int&#233;r&#234;ts de la dette externe, une augmentation des dividendes vers&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1998 le paiement des int&#233;r&#234;ts sur la dette externe, le versement &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De 2004 &#224; 2007, le solde de la balance des comptes courant est positif et les n&#233;cessit&#233;s de financement externe s'expliquent par l'amortissement de la dette en voie de diminution. Ce n'est qu'en 2008 que ce solde redevient n&#233;gatif et s'ajoute aux amortissements en nette diminution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second indicateur met en relation les r&#233;serves sur le Pib, puis sur les importations, ensuite sur la dette externe brute, enfin sur le service de cette dette. La valeur des r&#233;serves par rapport au Pib est de 5,28% en 1998 et atteint 13,73% en 2007. La valeur des r&#233;serves sur les importations passe de 0,70 &#224; 1,50 entre les m&#234;mes dates. Les r&#233;serves sur la dette brute (les emprunts inter compagnies &#233;tant exclues) passe de 0,20 &#224; 0,93 entre les m&#234;mes dates. Enfin, la valeur des r&#233;serves par rapport au service de la dette conna&#238;t une &#233;volution semblable passant de 0,99 &#224; 3,50 entre les m&#234;mes dates. Elle atteint 5 en juin 2008. Et si on consid&#232;re le ratio r&#233;serves sur dette &#224; court terme conna&#238;t une d&#233;t&#233;rioration entre 1995 o&#249; il se situe &#224; 123,4 et 2000 o&#249; il atteint 60,4 se stabilise ensuite jusque 2002 (64,6) et une forte am&#233;lioration ensuite puisqu'il s'&#233;l&#232;ve &#224; 289 en 2007 et gr&#226;ce &#224; la forte hausse du cours des mati&#232;res premi&#232;res il atteint 326 en juin 2008. Tous les composants de cet indicateur montrent une nette am&#233;lioration de la vuln&#233;rabilit&#233; externe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me indicateur met en rapport le passif externe par rapport au Pib. Le passif externe est compos&#233; des investissements directs, des investissements en portefeuille, de la dette externe brute - sans les emprunts inter compagnies - et autres passifs. Mesur&#233; en brut et rapport&#233; au Pib il passe de 67,2% &#224; 71,5% entre 2001 et 2007, soit apparemment une l&#233;g&#232;re d&#233;t&#233;rioration. Celle-ci n'est pas confirm&#233;e lorsque cet indicateur prend en consid&#233;ration le passif externe net et inclut d&#232;s lors les investissements r&#233;alis&#233;s par des r&#233;sidents br&#233;siliens &#224; l'&#233;tranger. La valeur de cet indicateur est de 47,9% en 2001, baisse ensuite sensiblement (35,8% en 2006) mais s'&#233;l&#232;ve de nouveau 2007 : 43,7%. L'am&#233;lioration de cet indicateur de vuln&#233;rabilit&#233; est moins prononc&#233;e que celle observ&#233;e avec les autres indicateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que nous le verrons cet indicateur (brut et net), bien qu'insuffisamment pertinent, l'est probablement plus que les pr&#233;c&#233;dents pour mesurer la vuln&#233;rabilit&#233; externe. La d&#233;composition de l'indicateur brut suppl&#233;e en partie &#224; l'insuffisance de l'indicateur pris dans sa totalit&#233;. La part des investissements directs est 32,8% du passif externe brut et celle de la dette externe brut est de 56,4%. Celle des investissements en portefeuille, plus volatils que les investissements &#233;trangers directs, est de 9,9% en 2001 et celle des autres passifs est n&#233;gligeable. En 2007, la composition est diff&#233;rente : les investissements en portefeuille s'&#233;l&#232;vent &#224; 38,8% au lieu de 9,9% du total des passifs, &#224; l'inverse la dette externe brute baisse en terme relatif en passant &#224; 20,6% au lieu de 56,4% et les autres passifs s'&#233;l&#232;vent &#224; 5,6%. La structure du passif externe brut r&#233;v&#232;le une vuln&#233;rabilit&#233; plus &#233;lev&#233;e : traduction de l'essor des bourses dites &#233;mergentes, les composants plus volatils sont plus importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les vingt cinq derni&#232;res ann&#233;es le Pib par t&#234;te a faiblement cru et nombre d'&#233;conomistes se sont interrog&#233;s sur les raisons de cette tendance &#224; la stagnation &#233;conomique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous avons pr&#233;sent&#233; les d&#233;bats et notre contribution propre sur cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000 on observe une acc&#233;l&#233;ration de la croissance, importante en Argentine, modeste au Mexique et au Br&#233;sil comme on peut le voir dans le tableau ci-dessous. Il n'entre pas dans notre propos ici d'analyser s'il s'agit simplement d'une phase de croissance plus soutenue dans un trend de faible croissance, ou s'il s'agit du d&#233;but d'un nouveau trend, rompant avec le pr&#233;c&#233;dent. Bien qu'int&#233;ressante cette discussion est probablement devenue obsol&#232;te : la crise &#233;tant de nature &#224; provoquer des mutations importantes &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Taux de croissance de l'Argentine, du Br&#233;sil et du Mexique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;2003&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;2004&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;2005&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;2006&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;2007&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2008&#176;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2009&#176;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;ARGENTINE&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;8.8&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;9.2&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;8.5&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;8.7&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;7&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;4,5&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;BRESIL&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;1.1&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;5.7&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;2.9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;3.7&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;5.4&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;4,8&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2,29&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;MEXIQUE&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;1.4&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;4&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;3.2&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;4.9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point'&gt;3.8&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2,3&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Source :&lt;/strong&gt; Estudio economico de America Latina y el Caraibe, Politica macroeconomica y volatilidad, Cepal (2008), pour 2008, estimations FMI, Perspectivas de la &#233;conomia mundial et 2009, estimations Bradesco (19.12.2008) pour le Br&#233;sil, FMI (WEO, Avril) pour le Mexique et l'Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;Des perspectives de croissance de plus en plus sombres&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;La date des pr&#233;visions faites par les institutions est importante car &#224; mesure que le temps passe elles deviennent plus pessimistes et sont corrig&#233;es &#224; la baisse : pour le Br&#233;sil par exemple, la Bradesco pr&#233;voyait le 20/06/2008, 4,11% de croissance pour 2009, ce pourcentage passe &#224; 3,83 le 01/08, &#224; 3,70 le 12/09, &#224; 3,41 le 17/10, &#224; 3,3 le 21/11 et &#224; 2,5 le 12/12, 2,29 le 19/12&#8230;D&#233;but d&#233;cembre (18/12), la Cepal modifie &#233;galement ses pr&#233;visions de croissance : L'Argentine devrait conna&#238;tre une croissance limit&#233;e &#224; 2.6 en 2009, le Br&#233;sil 2.1 et le Mexique 0.5 (c'est-&#224;-dire une croissance par t&#234;te n&#233;gative). Selon d'autres instituts l'Argentine devrait conna&#238;tre une croissance voisine de 0 (de 1.5 &#224; 3 selon les donn&#233;es officielles, mais de 0 &#224; 1% selon la fondation m&#233;diterran&#233;e), le Br&#233;sil devrait conna&#238;tre ne croissance de 0% selon la Morgan Stanley&#8230;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Mise &#224; part l'Argentine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'indice des prix &#233;labor&#233; par l'Indec en Argentine sous estime (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cette croissance s'est effectu&#233;e avec une faible hausse des prix, d'une plus grande ma&#238;trise du d&#233;ficit budg&#233;taire, et &#224; l'exception du Mexique elle s'est accompagn&#233;e d'un solde de la balance commerciale exc&#233;dentaire, d'une r&#233;duction de la dette externe. Ces donn&#233;es sont connues et disponibles dans toutes les banques de donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de ces donn&#233;es, ainsi que l'am&#233;lioration des indicateurs de vuln&#233;rabilit&#233;, semblaient indiquer une capacit&#233; de r&#233;sistance plus grande que par le pass&#233; aux crises internationales. Ces pr&#233;visions se sont r&#233;v&#233;l&#233;es erron&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. POURQUOI LA CRISE ARRIVE :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; beaucoup &#233;crit sur les origines et les causes de la crise financi&#232;re dans les pays d&#233;velopp&#233;s. Ce n'est pas l'objet de cet article&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous renvoyons aux livre de Bourguinat et Bryis d&#233;j&#224; cit&#233;, ainsi qu'&#224; celui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Soulignons cependant trois points qui ont facilit&#233; le d&#233;veloppement des bulles sp&#233;culatives et leurs &#233;clatements : l'adoption de r&#232;gles comptables valorisant les actifs &#224; partir de leurs prix de march&#233; (&#171; mark to market &#187;), la possibilit&#233; pour les banques de vendre de mani&#232;re tr&#232;s lucrative les risques pris gr&#226;ce &#224; la conception et &#224; l'&#233;mission de produits financiers titris&#233;s de plus en plus sophistiqu&#233;s et de les &#244;ter ainsi de leurs bilans et enfin des mani&#232;res pour le moins &#171; roublardes &#187;, pour reprendre une expression de Bourguinat et Bryis, d'&#233;valuer ces risques. Ainsi con&#231;ue, l'ing&#233;nierie financi&#232;re acquiert une logique propre d'emballement : &#171; le cr&#233;dit n'est plus fond&#233; sur les perspectives de revenus des emprunteurs mais sur l'anticipation de la valeur de leur richesse &#187; note Aglietta&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M.Aglietta (2008) : &#171; les crises financi&#232;res : plus &#231;a change, plus c'est la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le ratio de la dette sur le revenu enfle quand bien m&#234;me il baisserait par rapport &#224; la valeur de march&#233;. Pour reprendre une expression de Mynski, on arrive tr&#232;s rapidement &#224; un financement de type Ponzi et l'instabilit&#233; se profile, s'impose brutalement. Le syst&#232;me implose : l'explosion de la bulle conduit &#224; une d&#233;valorisation brutale des actifs et ce qui hier favorisait la bulle (l' &#171; equity value &#187;, c'est-&#224;-dire la diff&#233;rence positive entre la valeur de march&#233; et le cr&#233;dit accord&#233;) se transforme en son contraire (la valeur de march&#233; plonge et se situe dor&#233;navant en de&#231;&#224; de la valeur des cr&#233;dits &#224; rembourser). Le retournement du cycle provoque un ass&#232;chement brutal des liquidit&#233;s : les entreprises financi&#232;res sont &#224; la recherche de liquidit&#233;s pour financer un risque qui hier, transf&#233;r&#233; et diss&#233;min&#233;, devient fortement r&#233;&#233;valu&#233;, les entreprises non financi&#232;res avec la d&#233;valorisation de leur capitalisation, voient toute une s&#233;rie de ratios &#171; virer au rouge &#187; et sont confront&#233;s &#224; un manque croissant de liquidit&#233;. Les banques cessent de se pr&#234;ter entre elles et &#224; fortiori freinent brutalement leurs pr&#234;ts aux entreprises. Le &#171; cr&#233;dit crunch &#187; transforme la crise financi&#232;re en une crise &#233;conomique. La crise devient syst&#233;mique, elle affecte y compris des entreprises ayant eu une gestion prudente, loin de la manipulation hier lucrative, des produits financiers titris&#233;s. Elle se propage avec force au-del&#224; des fronti&#232;res par les canaux forg&#233;s par la globalisation financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'entre pas dans notre propos ici de reprendre et de discuter cette th&#233;orisation de la crise financi&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notons tout de m&#234;me que cette mani&#232;re de concevoir la crise financi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; mais de d&#233;duire de celle-ci une approche diff&#233;rente de la fragilit&#233; des &#233;conomies latino-am&#233;ricaines. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les &#233;conomies sont affect&#233;es par la crise, y compris la Chine et l'Inde. Les bourses latino-am&#233;ricaines ont connu des chutes importantes et brutales et leur volatilit&#233; a fortement augment&#233; et ce avant m&#234;me que les bourses des pays d&#233;velopp&#233;es ne plongent, certains analystes financiers consid&#233;rant que ces renversements importants de tendance constituent un signe avant coureur des difficult&#233;s &#224; venir pour les bourses des pays d&#233;velopp&#233;es. D&#232;s juin 2008 l'indice Bovespa chute passant de 74000 &#224; moins de 30000 courant octobre, le Mexbol au Mexique passe de l'indice 32000 &#224; moins de 17000 entre les m&#234;mes dates, enfin le Merval en Argentine apr&#232;s avoir connu un pic en novembre 2007 &#224; 2355, plonge et passe &#224; un creux situ&#233; &#224; 810 en octobre 2008 et depuis, comme les autres bourses latino-am&#233;ricaines conna&#238;t un l&#233;ger rebond et une volatilit&#233; &#233;lev&#233;e. Peu de temps apr&#232;s les taux de change connaissent des &#233;volutions semblables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En Argentine, les &#233;volutions sont moins prononc&#233;es. Le peso argentin a &#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Apr&#232;s des ann&#233;es d'appr&#233;ciation de leurs monnaies, le r&#233;al br&#233;silien conna&#238;t une d&#233;pr&#233;ciation face au dollar d&#232;s le mois d'ao&#251;t (avec un creux &#224; 1,55 r&#233;ais pour un dollar), s'acc&#233;l&#233;rant en octobre (avec un pic &#224; plus de 2,5 r&#233;ais pour un dollar) avec depuis une tr&#232;s forte volatilit&#233; produite en partie par des interventions cons&#233;quentes de la Banque centrale. Au Mexique, la d&#233;pr&#233;ciation du peso face au dollar a lieu d&#233;but ao&#251;t (creux &#224; moins de 9,85 pour un dollar), s'acc&#233;l&#232;re en octobre (pic &#224; 14,30) avec depuis une tr&#232;s forte volatilit&#233; (pour l'ensemble de ces donn&#233;es, source : BBSP). Les r&#233;serves de la Banque centrale diminuent, celles-ci &#233;tant utilis&#233;es pour financer la d&#233;t&#233;rioration de la situation externe (balance commerciale n&#233;gative au Mexique, balance des comptes courants redevenant l&#233;g&#232;rement n&#233;gative au Br&#233;sil, sortie de capitaux aux titres investissements directs de ces pays &#224; l'&#233;tranger), mais aussi pour &#233;viter la poursuite de la d&#233;pr&#233;ciation des monnaies nationales face au dollar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence est donc la suivante : chute prononc&#233;e des bourses, pr&#233;c&#233;dant celle des bourses des pays d&#233;velopp&#233;s, puis, d&#233;cal&#233;e, d&#233;pr&#233;ciation forte des monnaies face au dollar, surtout lorsque la crise financi&#232;re &#233;clate. L'originalit&#233; de la crise financi&#232;re vient &#224; la fois de son caract&#232;re annonciateur pour les pays d&#233;velopp&#233;s et de son acc&#233;l&#233;ration lorsque celle-ci &#233;clate. On est donc loin des sch&#233;mas pr&#233;vus par la plupart des &#233;conomistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les indicateurs de vuln&#233;rabilit&#233; que nous avons expos&#233;s sont peu pertinents pour mesurer la fragilit&#233; de ces &#233;conomies lorsque &#233;clate une crise syst&#233;mique. Ils ont leur utilit&#233;, surtout en p&#233;riode de non crise internationale. Aussi faut il d&#233;velopper de mani&#232;re compl&#233;mentaire de nouveaux indicateurs de fragilit&#233; C'est que nous allons exposer. Ces indicateurs traduisent la fragilit&#233; des nouveaux r&#233;gimes de croissance adopt&#233;s avec la mise en &#339;uvre - avec plus ou moins d'intensit&#233; selon les pays - des &#171; recommandations &#187; du Washington Consensus dans les ann&#233;es quatre vingt dix visant &#224; lib&#233;raliser les march&#233;s. Les nouvelles fragilit&#233;s concernent d'un c&#244;t&#233; les effets combin&#233;s d'une appr&#233;ciation des taux de change et d'un retrait relatif de l'Etat en mati&#232;re de politique industrielle et, d'un autre c&#244;t&#233;, les contraintes dues aux mouvements de lib&#233;ralisation des &#233;changes commerciaux et financiers, enfin les tr&#232;s fortes in&#233;galit&#233;s de revenu. Pour un niveau de crise internationale donn&#233; et de relativement bons indicateurs de vuln&#233;rabilit&#233;, moins bons sont les indicateurs de fragilit&#233; plus fortes seront les r&#233;percussions de la crise des pays d&#233;velopp&#233;s sur les principales &#233;conomies latino-am&#233;ricaines et plus sera difficile de mettre en &#339;uvre des politiques contra cycliques efficaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les indicateurs de fragilit&#233; portent sur le taux de change, la structure des exportations (contenu technologique, valeur ajout&#233;e) et l'importance des in&#233;galit&#233;s dans la distribution des revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. Les effets pernicieux d'une valorisation du taux de change :&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;La tendance &#224; l'appr&#233;ciation du taux de change hors p&#233;riodes de crise rend plus difficile une insertion performante des &#233;conomies dans l'&#233;conomie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; Avec l'application des principales recommandations du Washington Consensus, l'&#233;conomie s'est fortement et soudainement lib&#233;ralis&#233;e dans les ann&#233;es quatre vingt dix. Les &#233;conomies, fortement fragilis&#233;es par des ann&#233;es d'hyper inflation et de r&#233;duction parfois massive de leurs taux d'investissement dans les ann&#233;es quatre vingt, vont d&#232;s lors subir &#224; la fois une destruction de pans entiers de leur appareil productif, une importation massive de segments autrefois produits localement, un d&#233;ficit consid&#233;rable de leur balance commerciale, une modernisation enfin dans une seconde &#233;tape de certaines franges de leur tissu industriel. Le service de la dette ne pouvant &#234;tre effectu&#233; &#224; partir d'un exc&#233;dent de la balance commerciale, va d&#233;pendre d'entr&#233;es de capitaux. Dans les ann&#233;es quatre vingt dix, le taux d'int&#233;r&#234;t va devenir ainsi la v&#233;ritable &#171; variable de bouclage &#187; et le r&#233;gime de croissance institu&#233; avec la lib&#233;ralisation va tendre &#224; fonctionner comme une &#233;conomie casino (pour reprendre une expression de Keynes) &#224; l'origine d'une tr&#232;s grande volatilit&#233; du Pib et d'une incapacit&#233; &#224; r&#233;duire la pauvret&#233;. Le taux de change conna&#238;t une grande volatilit&#233;. Fixe nominalement, il tend &#224; se valoriser en terme r&#233;el et conna&#238;t de profondes d&#233;valuations lors des crises financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es deux mille, la situation tend &#224; s'inverser, la croissance est plus &#233;lev&#233;e et la volatilit&#233; plus faible (&#224; l'exception de l'Argentine au tout d&#233;but du mill&#233;naire). Les effets positifs de la lib&#233;ralisation apparaissent avec la modernisation du tissu industriel et la balance commerciale devient positive (&#224; l'exception du Mexique). Le taux de change, devenu flexible, tant nominal que r&#233;el se valorise de nouveau dans l'ensemble des pays. Cette valorisation est plus ou moins contenue en Argentine, elle l'est beaucoup moins au Mexique et au Br&#233;sil. Elle n'est pas compens&#233;e par une hausse des taxes aux importations et des subventions aux exportations comme cela a pu &#234;tre le cas dans le pass&#233; lorsque, gr&#226;ce &#224; la substitution des importations, la croissance &#233;tait particuli&#232;rement &#233;lev&#233;e et durable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme le souligne Bresser Pereira dans son livre (2009) : Mondialisation et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; De nombreuses &#233;tudes montrent les effets n&#233;gatifs d'une appr&#233;ciation du taux de change&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir par exemple Ibarra (2008) : La paradoja del crescimiento lento de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;sur la rentabilit&#233; du capital et la croissance. La th&#232;se centrale est la suivante : l'appr&#233;ciation du taux de change rend plus difficile les exportations, hors celles des mati&#232;res premi&#232;res, et seule une plus grande comp&#233;titivit&#233; peut compenser cet handicap. Hors mati&#232;res premi&#232;res, les exportations augmentent mais leur rythme est mod&#233;r&#233; si on le compare &#224; celui des &#233;conomies asiatiques. Les importations, facilit&#233;es par cette l'appr&#233;ciation de la monnaie nationale et la r&#233;duction massive des droits de douane augmentent &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ressort de ce double processus deux constats : le premier concerne la valeur ajout&#233;e des exportations. Sans aller jusqu'au cas extr&#234;me du Mexique et de ses industries d'assemblage au Mexique, la valeur ajout&#233;e diminue en raison de l'augmentation des intrants et des biens d'&#233;quipement import&#233;s davantage qu'ils ne l'&#233;taient auparavant. Plus grave est l'incapacit&#233; de d&#233;velopper des produits de haute technologie. Or, comme le notait Lall&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lall S ( 2004), &#171; Reinventing Industrial Strategy : The Role of Government (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; l'essor des exportations de produits de haute et moyenne technologie est bien plus rapide que celui de la moyenne des exportations de produits industriels : 7,3% dans les pays industriels contre 16,5% dans les pays en d&#233;veloppement entre 1980 et 2000. Tous les pays en d&#233;veloppement ne connaissent pas ces &#233;volutions, loin s'en faut. Elles sont concentr&#233;es dans quelques pays, presque exclusivement asiatiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Mexique semble exporter des produits class&#233;s haute technologie, mais il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce sont des exportations de ce type qui permettent une insertion solide dans l'&#233;conomie mondiale et diminue la vuln&#233;rabilit&#233; externe des pays qui peuvent les d&#233;velopper. En effet, des exportations &#224; contenu technologique &#233;lev&#233; se caract&#233;risent par une &#233;lasticit&#233; de la demande par rapport au revenu &#233;lev&#233;e au niveau mondial et sont susceptibles d'avoir des effets d'entra&#238;nement importants sur les branches industrielles. Comme l'exp&#233;rience des &#233;conomies asiatique le montre, leur essor ne vient pas du libre jeu du march&#233; mais de l'intervention indirecte de l'Etat tant au niveau de la politique industrielle (politique dite de veille de niches accompagn&#233;e de taux d'int&#233;r&#234;t pr&#233;f&#233;rentiels, subventions temporaires et s&#233;lectives etc.) que de son accompagnement au niveau des infrastructures physiques (transport, &#233;nergie etc.) que humaines (&#233;ducation, sant&#233;). Dans un tel cas, la croissance est dite en &#171; vol d'oies sauvages &#187;. A l'inverse, la difficult&#233; &#224; favoriser l'essor des exportations &#224; contenu technologique &#233;lev&#233; caract&#233;rise des modes de croissance de type &#171; canards boiteux &#187;. Les effets sur la croissance de l'essor de ces exportations sont alors faibles, la relation entre degr&#233; d'ouverture plus &#233;lev&#233; et forte croissance n'est pas v&#233;rifi&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ces questions voir citer Lall, 2004, op.cit, Palma, 2006 : Palma G. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.&lt;/strong&gt; Si on prend le cas du Br&#233;sil, pays dont l'&#233;conomie est la plus performante en terme de technologie, la plupart des exportations restent encore centr&#233;es sur des produits &#224; faible, voire moyen, degr&#233; technologique. Le grand essor des exportations br&#233;siliennes depuis l'ann&#233;e 2000 est d&#251; principalement &#224; des biens manufactur&#233;s incorporant un niveau technologique bas ou &#171; moyen-bas &#187; et &#224; des biens non industriels (&#171; l'agrobusiness &#187;) &#224; faible valeur ajout&#233;e et &#224; niveau technologique souvent faible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La structure des exportations est la suivante en 2007 :&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pays essentiellement urbain, l'Argentine poss&#232;de un tissu industriel relativement complexe. Contrairement &#224; ce qui a &#233;t&#233; souvent affirm&#233;, l'&#233;conomie argentine n'est pas &#171; primaris&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il n'y pas de d&#233;finition scientifique de la primarisation. On peut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; et ses exportations industrielles sont cons&#233;quentes. Le solde positif de sa balance commerciale ne s'explique pas seulement par la vigueur de ses exportations de produits primaires et de produits manufactur&#233;s d'origine agricole, m&#234;me si ceux-ci y contribuent fortement. La structure et l'&#233;volution de ses exportations en t&#233;moignent. En 1997, &#224; la veille du d&#233;but de la grande crise (1998-2002) qui devait conduire &#224; l'abandon du plan de convertibilit&#233; (fin 2001) et donc &#224; la fin de la parit&#233; dollar-peso, les exportations de produits manufactur&#233;s d'origine industrielle correspondaient &#224; 31% du total de ses exportations, celles de produits primaires hors combustibles &#224; 24% et celles des produits manufactur&#233;s d'origine agricole entre 34 et 35%, le reste &#233;tant compos&#233; de combustibles. Dix ans plus tard, les exportations totales ont l&#233;g&#232;rement plus que doubl&#233;es en valeur passant de 26,4 milliards de pesos en 1997 &#224; 55,7 en 2007. Leur composition reste relativement stable : 31% pour les produits manufactur&#233;s d'origine industrielle, 22% pour les produits primaires hors combustibles, et 34 &#224; 35% pour les produits manufactur&#233;s d'origine agricole et ce malgr&#233; la forte hausse du prix des mati&#232;res premi&#232;res d'origine agricole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, sur la p&#233;riode 2002-2007, on observe que 40% de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est donc quelque peu r&#233;ducteur de caract&#233;riser l'Argentine d'aujourd'hui comme une &#233;conomie primaris&#233;e, il reste que les exportations manufacturi&#232;res de ce pays ne sont pas compos&#233;es de produits de haute technologie. L'Argentine paie le prix d'une politique de sur appr&#233;ciation du taux de change r&#233;el pendant le plan de convertibilit&#233; tout au long des ann&#233;es quatre vingt dix qui a affaibli un secteur industriel d&#233;j&#224; atteint par les ann&#233;es d'hyperinflation et la politique ultra lib&#233;rale de la dictature. Apr&#232;s la tr&#232;s forte d&#233;valuation au d&#233;but des ann&#233;es 2000 et la fin du plan de convertibilit&#233;, le maintien d'un taux de change relativement d&#233;pr&#233;ci&#233; n'a pas &#233;t&#233; suffisant pour modifier qualitativement la structure des exportations industrielles et cela d'autant plus qu'il ne s'est pas accompagn&#233; d'une politique industrielle cons&#233;quente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mexique a boulevers&#233; la structure de ses exportations en peu de d&#233;cennies, mais si le poids des produits &#233;nerg&#233;tiques (p&#233;trole) est faible, la structure de ses exportations de produits industriels se caract&#233;rise par une part tr&#232;s importante de produits assembl&#233;s &#224; faible valeur ajout&#233;e. Ibarra (op.cit.) montre, &#224; partir d'une approche en terme de multiplicateur de la demande, que la contribution de la croissance du Pib s'explique essentiellement par les exportations multipli&#233;es par le multiplicateur et tr&#232;s peu par l'investissement multipli&#233; par ce multiplicateur. Ce qui en d'autres termes signifie que l'essor des exportations, n'a pas g&#233;n&#233;r&#233; une augmentation du taux d'investissement, faute de politique industrielle, et donc une augmentation du taux de croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un taux de change d&#233;pr&#233;ci&#233; stimule la croissance et, s'il est accompagn&#233; d'une politique industrielle, permet une meilleure insertion dans l'&#233;conomie mondiale &#224; l'inverse d'un taux de change appr&#233;ci&#233; et d'un retrait de l'Etat de l'&#233;conomique. La relation semble bijective et on pourrait consid&#233;rer que les fortes d&#233;pr&#233;ciations provoqu&#233;es par la crise actuelle, ainsi que le retour annonc&#233; de l'Etat dans l'&#233;conomique, pourraient stimuler la croissance. Tel n'est pas le cas. Les deux premiers indicateurs, l'un sur le taux de change, l'autre sur la structure des exportations et leur degr&#233; d'int&#233;gration, ne sont pas assez bons pour permettre une meilleure r&#233;sistance &#224; la crise internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces trois pays, la d&#233;pr&#233;ciation du taux de change a peu de chance de stimuler l'essor des exportations manufacturi&#232;res, de changer leur contenu tout en augmentant leur valeur ajout&#233;e, et ce faisant la croissance, en raison de la crise &#233;conomique qui atteint les pays qui commercent avec elle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ce point voir D .Azpiazu et M.Schorr in Pagina 12 du 10/12/2008 ; &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le retour de d'Etat, la d&#233;pr&#233;ciation du taux de change, limiteront les effets n&#233;gatifs de la crise. Ces pays sont soumis &#224; une &#171; double peine&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette expression est utilis&#233;e en France pour d&#233;signer la seconde sanction (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &#187; : ils subissent la crise internationale parce que l'&#233;conomie est de plus en plus globalis&#233;e ; ils la subissent d'autant plus fortement qu'ils ont accept&#233;, &#224; l'exception de l'Argentine dans les ann&#233;es 2000, que leur taux de change s'appr&#233;cient et qu'ils ont, &#224; de degr&#233;s divers, le Br&#233;sil moins que les autres, accord&#233; de moins en moins d'int&#233;r&#234;t &#224; une politique industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B. De nouvelles &#171; r&#232;gles du jeu &#187; et leurs effets sur la distribution des revenus :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est il possible de suppl&#233;er &#224; l'atonie de la demande internationale par un dynamisme accru du march&#233; int&#233;rieur ? Les tr&#232;s fortes in&#233;galit&#233;s de revenu, parmi les plus &#233;lev&#233;es du monde, la redistribution faible si on la compare &#224; celle des pays d&#233;velopp&#233;s, et les effets de la mondialisation, telle qu'elle a &#233;t&#233; pratiqu&#233;e, sur le rapport salaire /profit rendent difficiles cette possibilit&#233; &#224; moins que soient engag&#233;es une v&#233;ritable politique redistributive notamment en faveur des cat&#233;gories les plus vuln&#233;rables aux crises, &#224; savoir les plus d&#233;munis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; Les nouvelles &#171; r&#232;gles du jeu &#187; qui r&#233;gissent l'&#233;conomie mondiale sont relativement connues. Avec la lib&#233;ralisation commerciale, la contrainte de prix joue plus fortement que par le pass&#233; lorsqu'il &#233;tait possible de compenser une insuffisante comp&#233;titivit&#233; par un protectionnisme accru et/ou par des subventions cons&#233;quentes, ou encore par des manipulations de taux de change. Ces politiques sont plus difficiles &#224; mettre en &#339;uvre. Le prix international sur tel ou tel produit est l'objectif &#224; atteindre, voire &#224; d&#233;passer. C'est ce qui explique fondamentalement le ralentissement de la hausse des prix, la recherche de poches de productivit&#233; par une diminution des temps morts et une r&#233;organisation du travail vers davantage de flexibilit&#233;, l'utilisation de biens d'&#233;quipement plus performants, le plus souvent import&#233;s. C'est ce qui explique en partie le d&#233;crochage des salaires par rapport &#224; l'essor de la productivit&#233;, la concurrence avec des pays &#224; bas salaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des donn&#233;es r&#233;centes, &#233;labor&#233;es par le Bureau of Labour Statistics (Mai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; utilisant des technologies plus sophistiqu&#233;es que par le pass&#233; pousse &#224; r&#233;duire la hausse du co&#251;t unitaire du travail en jouant sur la progression des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la lib&#233;ralisation financi&#232;re, ces contraintes sur les co&#251;ts du travail jouent plus fortement. La &#171; voracit&#233; &#187; de la finance favorise la recherche de taux de rentabilit&#233; extr&#234;mement &#233;lev&#233;s. Lorsqu'on analyse le partage de la valeur ajout&#233;e des entreprises non financi&#232;res on observe, &#224; des degr&#233;s plus ou moins prononc&#233;s, dans les pays d&#233;velopp&#233;s et dans les &#233;conomies latino-am&#233;ricaines, une baisse de la part des salaires et un augmentation de celle des profits depuis un quart de si&#232;cle. Au sein de la part occup&#233;e par les profits, les dividendes et les int&#233;r&#234;ts vers&#233;s occupent une place croissante. Le r&#233;sultat est que tr&#232;s souvent, bien que la part des profits augmente, celle r&#233;serv&#233;e aux profits qui seront r&#233;investis reste stable ou bien augmente faiblement, insuffisamment pour produire un taux de croissance &#233;lev&#233; durablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; L'essor du cr&#233;dit destin&#233; aux m&#233;nges peut il suppl&#233;er &#224; l'insuffisance des salaires ? On sait que dans les pays d&#233;velopp&#233;s, et plus particuli&#232;rement aux Etats-Unis, la tendance a la stagnation &#233;conomique qui aurait du r&#233;sulter de l'insuffisance de la demande de biens de consommation, faute d'augmentation des salaires au rythme de la productivit&#233; et d'incapacit&#233; &#224; augmenter les d&#233;bouch&#233;s ext&#233;rieurs, a &#233;t&#233; contrecarr&#233;e par la hausse tr&#232;s forte du cr&#233;dit et la disparition de l'&#233;pargne des m&#233;nages. La hausse du cr&#233;dit (&#171; &#224; tout prix &#187; et gr&#226;ce au montage de produits financiers de plus en plus sophistiqu&#233;s consistant &#224; transf&#233;rer le risque de d&#233;faut, eux m&#234;me devenant tr&#232;s lucratifs) a permis que la rentabilit&#233; du capital puisse s'&#233;lever et financer ainsi la hausse des profits financiers et accro&#238;tre le taux d'investissement favorisant ainsi la croissance, pour un temps, jusqu'&#224; ce que la crise des subprimes se traduise par une m&#233;fiance g&#233;n&#233;ralis&#233;e vis-&#224;-vis de l'ensemble des produits sophistiqu&#233;s et &#224; un cr&#233;dit crunch, responsable de la mutation de la crise financi&#232;re en une crise dans le secteur r&#233;el de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel n'est pas le cas en Am&#233;rique latine : le cr&#233;dit aux m&#233;nages est tr&#232;s faible, surtout si on le compare &#224; celui pr&#233;valant dans les pays d&#233;velopp&#233;s et dans les &#233;conomies asiatiques, celui accord&#233; aux entreprises &#233;galement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alors que les entreprises des pays d&#233;velopp&#233;s financent leurs actifs &#224; 70% (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il en est de m&#234;me de leur financement &#224; partir de bons &#233;mis sur le march&#233; financier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le ratio titres des entreprises non financi&#232;res capt&#233;s sur le march&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. A partir d'un niveau peu &#233;lev&#233;, le cr&#233;dit a cru fortement au Br&#233;sil ces derni&#232;res ann&#233;es et, compte tenu de la d&#233;c&#233;l&#233;ration r&#233;cente, il atteint 40% du Pib en novembre 2008 (source : Bradesco), ce qui reste faible. Le co&#251;t du cr&#233;dit est en g&#233;n&#233;ral &#233;lev&#233;, principalement au Br&#233;sil. Il sert surtout &#224; financer &#224; court terme la demande des m&#233;nages et le capital circulant des entreprises. Le financement de l'investissement, hors autofinancement, passe par des banques d'Etat (BNDES au Br&#233;sil) &#224; un taux plus ou moins r&#233;duit par rapport &#224; celui offert par les banques. Cette voie ouvre la possibilit&#233; de mettre en oeuvre une politique industrielle lorsque la banque d'Etat est importante comme c'est le cas au Br&#233;sil. Pour les grandes entreprises, il peut passer par l'acc&#232;s aux financements sur les march&#233;s financiers &#233;trangers. La profondeur du syst&#232;me financier latino-am&#233;ricain (Argentine, Br&#233;sil, Bolivie, Chili, Colombie, Costa Rica, Equateur, El Salvador, Guatemala, Honduras, Mexico, Panama, P&#233;rou, Uruguay, Venezuela) est en pourcentage du PIB de 133%, elle est aux Etats-Unis de 405%, dans les &#233;conomies &#233;mergentes asiatiques (Cor&#233;e du sud, Philippines, Indon&#233;sie, Malaisie,Tha&#239;lande), de 208%. Ce qui particularise les march&#233;s financiers latino am&#233;ricains est leur composition : les titres de la dette publique repr&#233;sentent 42% du Pib, soit le tiers de l'ensemble des produits financiers, les actions 46%, les titres de la dette priv&#233;e 13%, le reste repr&#233;sentant les d&#233;p&#244;ts bancaires (source : Mc Kinsey op.cit.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hausse r&#233;cente du ratio cr&#233;dit sur Pib a compens&#233; en partie le d&#233;crochage de la hausse des salaires par rapport &#224; la productivit&#233;. Mais le ratio cr&#233;dit sur Pib &#233;tant faible ses effets ont &#233;t&#233; limit&#233;s. La demande domestique pour de nombreux produits est relativement insuffisante, en raison d'in&#233;galit&#233;s particuli&#232;rement &#233;lev&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappelons que les coefficients de Gini sont tr&#232;s &#233;lev&#233;s en Am&#233;rique latine, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et d'une incapacit&#233; &#224; d&#233;velopper des exportations de produits industriels &#224; un rythme suffisamment &#233;lev&#233;. C'est ce qui explique en partie le taux d'investissement faible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le taux de formation brute de capital fixe reste faible comme on peut le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et la difficult&#233; &#224; obtenir une hausse durable de la croissance &#224; un niveau comparable &#224; celui des pays asiatiques. La croissance, plus importante bute alors sur des capacit&#233;s de production oisives de plus en plus faibles, une insuffisance des infrastructures &#233;nerg&#233;tique et de transport, r&#233;sultats des faibles taux d'investissement effectu&#233;s dans le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; On pourrait penser que l'aspect positif de la faiblesse relative des cr&#233;dits et des titres &#233;mis, seraitune moins grande perm&#233;abilit&#233; &#224; la crise financi&#232;re internationale. En fait, c'est oublier deux points importants. Le premier est l'acc&#232;s des grandes entreprises aux march&#233;s financiers internationaux et aux produits sophistiqu&#233;s qui y sont d&#233;velopp&#233;s. Afin de se couvrir celles-ci font par exemple des op&#233;rations de swap quand ce n'est pas des achats vente de produits d&#233;riv&#233;s. A la veille de l'&#233;clatement de la crise dechange au Br&#233;silet dans la lign&#233;e de l'appr&#233;ciation du r&#233;al face au dollar, les entreprises telles que Sadia, Aracruz, Votorantim avaient mis&#233; pour un dollar &#224; 1,70 r&#233;al, or celui-ci est a d&#233;pass&#233; 2,30 voire 2,50. Elles ont perdu des sommes consid&#233;rables, soit respectivement : 750 millions de r&#233;ais, 1,95 milliard de r&#233;ais et 2,02 milliards de r&#233;ais. Le second point, plus important concerne la relation stock - flux. Le stock des cr&#233;ances &#233;trang&#232;res ne se limite pas aux cr&#233;dits, mais aux investissements pass&#233;s tant directs que de portefeuille (actions, bons publics et priv&#233;s). Dans le contexte d'ass&#232;chement des liquidit&#233;s provoqu&#233; par la crise, les entreprises multinationales vont privil&#233;gier la vente de certains actifs dans les march&#233;s financiers dit &#233;mergents, le rapatriement de leurs profits, plut&#244;t que le r&#233;investissement et/ou l'achat d'actions et bons afin de fournir &#224; leurs soci&#233;t&#233;s m&#232;res des liquidit&#233;s qui font d&#233;faut. Le stock d'actifs se transforme pour partie en flux de capitaux. Entre janvier et octobre 2008, les sorties de capitaux du secteur priv&#233; non financier en Argentine aurait &#233;t&#233; de 7,786 milliards de dollars (source : Indec) et selon La Nacion du 19/12/2008 si on tient compte des effets de la faillite de Lehman Brothers et des r&#233;actions provoqu&#233;es par la nationalisation du syst&#232;me de capitalisation des retraites, non encore comptabilis&#233;es par l'Indec, il faudrait ajouter &#224; ce chiffre 5 milliards de dollars en octobre. Pour l'ensemble de l'ann&#233;e, l'&#233;valuation pr&#233;vue par les analystes financiers argentins des sorties de capitaux s'&#233;l&#232;verait &#224; 20 milliards de dollars, ce qui bien que probablement exag&#233;r&#233;, donne une id&#233;e de l'ampleur des fuites de capitaux et des cons&#233;quences &#224; venir sur la croissance en 2009 en Argentine. Selon la Banque centrale du Br&#233;sil, les investisseurs ont retir&#233; 6,05 milliards de dollars de la bourse en octobre 2007, auxquels il convient d'ajouter le retrait de 1,7 milliard de dollars de titres &#224; revenu fixe. L'ampleur de ces retraits a fl&#233;chi en novembre mais on ne pas en d&#233;duire un retour vers une situation assainie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est difficile de lire sur les balances de paiement avec pr&#233;cision ce que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce sont des sommes consid&#233;rables, elles expliquent &#224; la fois la chute de la capitalisation boursi&#232;re, la forte d&#233;pr&#233;ciation des monnaies face au dollar que nous avons indiqu&#233;es pour les trois pays analys&#233;s, le d&#233;veloppement du &#171; cr&#233;dit crunch &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les in&#233;galit&#233;s de revenu sont importantes. Le relais par le cr&#233;dit pour dynamiser une demande atone, hier limit&#233;, n'est gu&#232;re possible avec l'ass&#232;chement des liquidit&#233;s aujourd'hui. L'efficacit&#233; de la politique redistributive, telle qu'elle est appliqu&#233;e en Am&#233;rique latine est relative. Dans un rapport r&#233;cent l'Ocde constate que les coefficients de Gini avant et apr&#232;s transferts sociaux et imp&#244;ts restent tr&#232;s proches l'un de l'autre, &#224; la diff&#233;rence de ce qu'on observe dans les pays europ&#233;ens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La diff&#233;rence entre les coefficients (avant et apr&#232;s transferts et imp&#244;ts) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : la diff&#233;rence entre les coefficients (avant et apr&#232;s transferts et imp&#244;ts) de Gini est de 2 points en Am&#233;rique latine contre 10 points pour l'Europe. L'ensemble de ces facteurs explique que sans politique redistributive cons&#233;quente qui diminuerait sensiblement les in&#233;galit&#233;s, il est difficile d'imaginer que la perte de dynamisme des march&#233;s ext&#233;rieurs puisse &#234;tre compens&#233;e par un accroissement du dynamisme de leurs march&#233;s int&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion :&lt;/strong&gt; S'il est exact que toutes les &#233;conomies, qu'elles soient d&#233;velopp&#233;e ou &#233;mergentes ont connu de fortes chutes du cours des actions sur leurs march&#233;s financiers respectifs et une d&#233;pr&#233;ciation plus ou moins &#233;lev&#233;e de leur monnaie face au dollar, il serait erron&#233; de conclure que l'ensemble de ces &#233;conomies ait &#224; faire face &#224; une crise syst&#233;mique de la m&#234;me mani&#232;re. Les &#233;conomies &#233;mergentes, pour nombre d'entre elles, ont connu un essor de leurs bourses respectives plus important ces derni&#232;res ann&#233;es que celui qu'on a pu observer dans les &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es. A l'inverse, la chute de celles-ci a &#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral plus importante dans les &#233;conomies &#233;mergentes, Chine comprise, que dans les &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es. De bons indicateurs de vuln&#233;rabilit&#233; ne permettent pas de pronostiquer un d&#233;couplage de la conjoncture d'un pays par rapport aux autres en crise lorsqu'ils sont atteints d'une crise syst&#233;mique. Les effets de contagion seront d'autant plus forts que la crise syst&#233;mique sera longue et profonde. Les indicateurs de fragilit&#233; fond&#233;s sur les sp&#233;cificit&#233;s des r&#233;gimes de croissance et les particularit&#233;s de leurs insertions dans l'&#233;conomie mondiale expliquent pour partie la faible r&#233;sistance de ces &#233;conomies &#224; la crise mondiale. Celle-ci sera renforc&#233;e si l'intervention de l'Etat est ou devient cons&#233;quente. Une v&#233;ritable rupture avec le pass&#233; doit donc avoir lieu pour limiter les effets n&#233;gatifs de la contagion, tant au niveau de la politique mon&#233;taire (afin d'augmenter les liquidit&#233;s et limiter le credit crunch), qu'au niveau d'une politique industrielle et d'une politique redistributive des revenus visant &#224; diminuer les in&#233;galit&#233;s. En Argentine, au Br&#233;sil avec la mise en place de &#171; megaplans &#187; elle semble se dessiner avec plus ou moins de coh&#233;rence. Cette nouvelle politique peut r&#233;duire plus ou moins l'impact de la crise internationale, elle ne peut cependant l'&#233;viter. Ce serait une erreur de laisser croire le contraire. De cette crise les &#233;conomies latino-am&#233;ricaines sortiront chang&#233;es : le r&#233;gime de croissance sera diff&#233;rent, les rapports aux &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es &#233;galement, les in&#233;galit&#233;s r&#233;gionales modifi&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une politique volontariste peut &#234;tre l'occasion de changer les r&#232;gles du jeu et de favoriser la mise en place de r&#233;gimes de croissance moins excluant renfor&#231;ant ainsi la coh&#233;sion sociale. Elle est difficile &#224; mettre en &#339;uvre pour toute une s&#233;rie de raisons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur cette question le tr&#232;s int&#233;ressant article de F. Erber (2008) : &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : elle ne peut &#234;tre la reproduction &#224; l'identique des politiques interventionnistes pass&#233;es, le tissu industriel ayant profond&#233;ment chang&#233; ; elle doit assurer une redistribution des revenus plus ample et plus efficace, dans un contexte de conflits distributifs aiguis&#233;s et de contraintes externes &#233;lev&#233;es ; elle doit concilier politique mon&#233;taire et politique budg&#233;taire mais les exp&#233;riences pass&#233;es montrent combien cela est difficile apr&#232;s des ann&#233;es d'h&#233;g&#233;monie des politiques lib&#233;rales ; enfin elle ne doit pas limiter &#224; des politiques r&#233;actives peu pens&#233;es mais il est difficile d'imaginer et de mettre en place des politiques industrielles coh&#233;rentes lorsque l'essentiel des travaux acad&#233;miques a privil&#233;gi&#233; les paradigmes du courant lib&#233;ral en &#233;conomie. Difficile &#224; mettre en &#339;uvre certes, elle est cependant aujourd'hui plus que jamais n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;* Pierre Salama&lt;/strong&gt; est Professeur des universit&#233;s, Cnrs UMER 7115 ; je tiens &#224; remercier pour leur commentaires Fabio Erber, Emilio Tadd&#233;i, Carlos Nelson dos Reis, Fernando Franciss, Marcelo Antinori, Jaime Marques Pereira et Thierry Deffarges.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le livre de H.Bourguinat et E.Briys (2009) : L'arrogance de la finance, aux sources du krach : errements des march&#233;s, myopie de la th&#233;orie et carences de la r&#233;gulation. Editions La d&#233;couverte, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A l'exception &#224; vrai dire de quelques unes comme la Birmanie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'ouverture compl&#232;te ne doit pas &#234;tre confondu avec le libre &#233;change. L'ouverture, quelle que soit son importance, est en effet compatible avec une intervention de l'Etat alors que le second fait du march&#233; l'unique r&#233;gulateur. Une &#233;conomie peut donc &#234;tre tr&#232;s ouverte ; ainsi que le sont certaines &#233;conomies asiatiques, et conna&#238;tre une forte croissance sans que pour autant on puisse dire que celle-ci r&#233;sulte du libre &#233;change. La forte croissance est dans ce cas le r&#233;sultat d'une intervention de l'Etat cons&#233;quente, notamment dans le secteur d'exportation. Sur cette distinction importante voir Akkerman A. et Teunissen J.J., &#233;diteurs (2004), Diversity in development, Reconsidering the Washington Consensus, Fondad, La Hague et plus particuli&#232;rement : Wing Thie Woo : &#171; Serious Inadequacies of the Washington Consensus, Misunderstanding the Poor by the Brightnest &#187; dans ce livre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous avons d&#233;velopp&#233; ce point avec P.Kliass (2007) : &#171; La globalisation au Br&#233;sil : responsable ou bouc &#233;missaire ? &#187; dans Lusotopie n&#176;XIV, publi&#233; en portugais dans la Revista de Economia Politica en 2008, n&#176;34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Taux de croissance moyen des exportations :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='ide27f_c0'&gt;Pays&lt;/th&gt;&lt;th id='ide27f_c1'&gt;1975 -1984&lt;/th&gt;&lt;th id='ide27f_c2'&gt;1985-1994&lt;/th&gt;&lt;th id='ide27f_c3'&gt;1995-2005&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th headers='ide27f_c0' id='ide27f_l0'&gt;Mexique&lt;/th&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='ide27f_c1 ide27f_l0'&gt;28.5&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='ide27f_c2 ide27f_l0'&gt;8.4&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='ide27f_c3 ide27f_l0'&gt;12.4&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;th headers='ide27f_c0' id='ide27f_l1'&gt;Argentine&lt;/th&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='ide27f_c1 ide27f_l1'&gt;9.3&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='ide27f_c2 ide27f_l1'&gt;8.1&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='ide27f_c3 ide27f_l1'&gt;8.9&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th headers='ide27f_c0' id='ide27f_l2'&gt;Br&#233;sil&lt;/th&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='ide27f_c1 ide27f_l2'&gt;13.7&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='ide27f_c2 ide27f_l2'&gt;5.6&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='ide27f_c3 ide27f_l2'&gt;8.8&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;th headers='ide27f_c0' id='ide27f_l3'&gt;Chine&lt;/th&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='ide27f_c1 ide27f_l3'&gt;14.9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='ide27f_c2 ide27f_l3'&gt;16.8&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='ide27f_c3 ide27f_l3'&gt;17.9&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Source &lt;/strong&gt; : World Development Indicators, 2007&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Devant les difficult&#233;s accrues de transf&#233;rer des capitaux &#224; l'&#233;tranger les sp&#233;culateurs ont us&#233; d'une mesure originale : elle a consist&#233; &#224; acheter des titres sur les bourses &#233;trang&#232;res, alors m&#234;me que celles-ci entraient dans une crise profonde et de les revendre imm&#233;diatement. De cette mani&#232;re les pesos argentins &#233;taient convertis en dollars&#8230;La r&#233;action du gouvernement a &#233;t&#233; d'un c&#244;t&#233; de fournir des dollars afin d'&#233;viter une trop forte d&#233;pr&#233;ciation du peso et d'imposer aux acqu&#233;reurs un gel de plusieurs jours des titres achet&#233;s avant de pouvoir les revendre en esp&#233;rant que le co&#251;t accru, d&#233;coulant de la chute des bourses &#233;trang&#232;res ajout&#233;e &#224; la d&#233;pr&#233;ciation probable du peso, allaient freiner ces sorties de capitaux&#8230;voir Folha de Sao Paulo du 4/11/2008 : BC argentino tenta conter fuga de capitais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ajoutons que l'abandon par la loi du syst&#232;me de retraite par capitalisation (en crise) et son remplacement par le syst&#232;me de r&#233;partition en Argentine, afin de maintenir le niveau des retraites, devrait pouvoir &#171; aider &#187; transitoirement les pouvoirs publics argentins &#224; trouver des sources de financement compl&#233;mentaires pour assurer le service de la dette externe en &#171; puisant &#187; dans le capital des soci&#233;t&#233;s de capitalisation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon Lozano et alii, sur les deux cents plus grandes entreprises, produisant des biens et des services, 64% &#233;taient &#233;trang&#232;res en 2005 contre 52,5% en 1997. Le chiffre d'affaire des entreprises &#233;trang&#232;res, en relation &#224; celui des deux cents plus grandes entreprises, s'est accru passant de 64,1% &#224; 75,8% entre les m&#234;mes dates. Voir Cl.Lozano, A.Rameri, T.Raffo (2007) : &#171; La cupula empresaria argentina luego de la crisis : cambios en el recorrido 1997-2005 &#187;, document CTA.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une analyse approfondie, voir F.J.Ribeiro et R.Markwald (2008) : Balan&#231;a comercial e deficits em transa&#231;oes correntes : de volta a vulnerabilidade externa ? Dans Forum Nacional : Forum especial : como ser o melhor dos Brics. Estudos e pesquisas n&#176;250, &#233;galement L.F. de Paula, M.C. de Castro Pires et T.R. Meyer (2008) : Regime cambial, taxa de cambio e estabilidade macroeconomico do Brasil, V&#176; Forum de la fondation Getulio Vargas, mimeo, R.Gon&#231;alves (2008) : Crise economica : radiografia e solu&#231;oes para o Brasil ; mime et (2008) : A crise internacional e a America Latina, com referencia ao caso do Brasil, mimeo. On peut &#233;galement voir A. Moreira, K.Rocha et R.Siqueira (2008) : &#171; O papel dos fundamentos domesticos na vulnerabilidade economica dos emergentes &#187;, IPEA, Texto para discussao, n&#176;1358, pour uen anlyse comparative de quelques &#233;conomies latino-am&#233;ricaines avec d'autres &#233;conomies &#233;mergentes asiatiques et europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces donn&#233;es ainsi que celles qui suivent sont tir&#233;es de la banque centrale, sauf indications contraires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 1998 le paiement des int&#233;r&#234;ts sur la dette externe, le versement &#224; l'&#233;tranger des dividendes et enfin les profits rapatri&#233;s correspondaient &#224; 2,2% du Pib en 1998. Apr&#232;s avoir augment&#233; sensiblement, ce pourcentage diminue ensuite pour atteindre en 2007 le m&#234;me niveau qu'en 1998. Mais rapport&#233;s &#224; la valeur des exportations, la baisse est nette puisqu'on passe de 35,6% en 1998 &#224; 18,2% en 2007, elle est encore plus prononc&#233;e lorsqu'on rapporte ces paiements aux r&#233;serves : 40,8% et 16,2% aux m&#234;mes dates.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous avons pr&#233;sent&#233; les d&#233;bats et notre contribution propre sur cette question dans le premier chapitre de notre livre (2006) : Le d&#233;fi des in&#233;galit&#233;s, une comparaison &#233;conomique Am&#233;rique latine/Asie, publi&#233; par la D&#233;couverte, traduit en espagnol par Siglo XXI (2008).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'indice des prix &#233;labor&#233; par l'Indec en Argentine sous estime syst&#233;matiquement et fortement l'inflation au point de n&#233;cessiter la construction d'un nouvel indice. La raison officielle donn&#233;e est que l'indicateur a &#233;t&#233; construit lorsque le peso valait un dollar &#224; l'&#233;poque de la convertibilit&#233; et qu'il n'a pas &#233;t&#233; modifi&#233; depuis, ce qui signifie que la valeur des biens a &#233;t&#233; mesur&#233;e &#224; un taux de change de 1 peso au lieu de 3 approximativement. &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous renvoyons aux livre de Bourguinat et Bryis d&#233;j&#224; cit&#233;, ainsi qu'&#224; celui de Lordon (2008) : Jusqu'&#224; quand ? Pour en finir avec les crises financi&#232;res ; &#233;dition Raison d'agir ; et surtout &#224; celui de Aglietta et Berrebis (2007) : D&#233;sordres dans le capitalisme mondial , &#233;dition Odile Jacob, &#233;crit avant l'&#233;clatement de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M.Aglietta (2008) : &#171; les crises financi&#232;res : plus &#231;a change, plus c'est la m&#234;me chose &#187;, Revue d'&#233;conomie financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notons tout de m&#234;me que cette mani&#232;re de concevoir la crise financi&#232;re diff&#232;re profond&#233;ment de l'approche par les march&#233;s efficients et de la (non) transparence &#224; l'origine de la crise telle que la d&#233;finit le courant n&#233;oclassique. Reprenant A.Orl&#233;an (2008) : &#171; Au- del&#224; de la transparence de l'information, contr&#244;ler la liquidit&#233;, revue Esprit : &#171; Pour le paradigme de l'efficience, la crise est avant tout affaire d'opacit&#233;&#8230;Cette conception est contestable. La transparence ne suffit nullement &#224; assurer la stabilit&#233; financi&#232;re car c'est le m&#233;canisme financier lui-m&#234;me qui est producteur d'instabilit&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En Argentine, les &#233;volutions sont moins prononc&#233;es. Le peso argentin a &#233;t&#233; maintenu &#224; un niveau relativement d&#233;pr&#233;ci&#233;, contrairement aux autres monnaies latino-am&#233;ricaines, et la d&#233;pr&#233;ciation a &#233;t&#233; plus faible.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme le souligne Bresser Pereira dans son livre (2009) : Mondialisation et comp&#233;tition, pourquoi quelques pays &#233;mergents r&#233;ussissent alors que d'autre non, La D&#233;couverte. Cela &#233;tant la pratique des subventions et des taxes &#224; l'importations a &#233;galement montr&#233; ses limites &#224; certain moments lorsqu'elle donnait naissance &#224; un gaspillage de ressources et suscitait une efficacit&#233; faible. Moyen de mettre en &#339;uvre un &#171; pari sur structures nouvelles &#187;, cette politique peut alors se transformer en son contraire et favoriser des comportements rentiers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir par exemple Ibarra (2008) : La paradoja del crescimiento lento de Mexico, Revista de la Cepal, n&#176;95.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lall S ( 2004), &#171; Reinventing Industrial Strategy : The Role of Government Policy in Building Competitiveness&#034;, G-24 Discussion Paper Series, United Nations, New York.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Mexique semble exporter des produits class&#233;s haute technologie, mais il s'agit plus d'une illusion statistique que d'une r&#233;alit&#233; : la valeur ajout&#233;e est extr&#234;mement faible, les produits &#233;tant surtout assembl&#233;s. C'est pour &#233;viter ce genre d'illusion statistique que de nouveaux indicateurs sont construits. Voir par exemple S. Lall, J. Weiss et J.Zhang (2005) : The Sophistication of Exports, a New Measure of Product Charact&#233;reristics, dans QEH, Working paper n&#176;123, Li Cui (2007) : &#171; Is China changing its stripes ? The shifting structure of China's external trade and is implications&#034;, FMI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur ces questions voir citer Lall, 2004, op.cit, Palma, 2006 : Palma G. (2004), &#171; Flying - geese and lame-ducks : regional powers and the different capabilities of Latin America and East Asia to demand -adapt and supply-upgrade their export productive capacity &#187;, Oxford University, mimeo, Oxford, publi&#233; en partie dans la revue Tiers Monde (2006, n&#176;186) : &#034;Strat&#233;gies actives et strat&#233;gies passives d'exportation en Am&#233;rique latine et en Asie orientale&#034; et P.Salama, 2006, op.cit..&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La structure des exportations est la suivante en 2007 :&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;strong&gt;Structure des exportations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Croissance 2000 - 2007&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Part en %&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Base&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;48.8&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;37.1%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Semi manufactur&#233;s&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;27&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;13.7%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Manufactur&#233;s&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;13.2&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;46.6&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Autres&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66.3&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2.6&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Source&lt;/strong&gt; Sinopse n010 BNDES, sept 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les produits de basse technologie, hors mati&#232;res premi&#232;res et produits utilisant beaucoup les ressources naturelles et la main d'&#339;uvre, correspondaient &#224; 3% de l'ensemble des exportations en 2007, les produits de moyenne technologie 18% (m&#234;me pourcentage en 1996), ceux de haute technologie : 12% (contre 10% en 1996). Source : UNCTAD et SEMEX (MDIC).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il n'y pas de d&#233;finition scientifique de la primarisation. On peut consid&#233;rer cependant qu'une &#233;conomie est primaris&#233;e si la part de ses exportations de produits primaires dans les exportations totales est pr&#233;dominante, et qu'elle est en cours de primarisation si cette part tend &#224; augmenter de mani&#232;re significative.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, sur la p&#233;riode 2002-2007, on observe que 40% de la hausse des exportations est due &#224; un effet prix, 40% environ &#224; un effet quantit&#233; et 20% &#224; la combinaison de ces deux effets. L'effet prix est cependant surtout concentr&#233; sur les produits primaires (+21%) et sur les produits manufactur&#233;s d'origine agricole (+24%), il est moindre sur les produits manufactur&#233;s d'origine industrielle (+3% de 2006 &#224; 2007 par exemple) . Sur la base de ces statistiques, on peut donc en conclure que la part en volume des produits manufactur&#233;s d'origine industrielle aurait augment&#233; et celle des autres exportations diminu&#233;e. Cette progression relative correspond &#233;galement &#224; une forte croissance en termes absolus puisque les exportations totales se sont fortement accrues ainsi que nous l'avons indiqu&#233;. (L'ensemble de ces donn&#233;es vient d'une &#233;tude &#233;labor&#233;e par J.Scharzer (2008) et son &#233;quipe du CESPA de l'UBA &#224; partir des statistiques de l'INDEC.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur ce point voir D .Azpiazu et M.Schorr in Pagina 12 du 10/12/2008 ; &#171; Debate sobre el dolar alto &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette expression est utilis&#233;e en France pour d&#233;signer la seconde sanction (l'expulsion du territoire) que subissent des travailleurs immigr&#233;s condamn&#233;s &#224; une peine de prison.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des donn&#233;es r&#233;centes, &#233;labor&#233;es par le Bureau of Labour Statistics (Mai 2004), montrent que les &#233;carts de salaire sont importants y compris avec le Mexique : le co&#251;t horaire dans l'industrie manufacturi&#232;re est de 0,6 dollar Us en Chine contre 21,37 aux Etats-Unis, 19,02 au Japon, 2,61 au Mexique et 0,3 en Inde en 2002. C'est ce qui explique que pour des produits non pond&#233;reux on assiste &#224; des d&#233;localisations d'usines install&#233;es au Mexique vers le Chine ou le Vietnam, l'alourdissement des co&#251;ts de transport &#233;tant plus que compens&#233;s par la diminution des co&#251;ts unitaires du travail combinant salaire et productivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alors que les entreprises des pays d&#233;velopp&#233;s financent leurs actifs &#224; 70% par autofinancement, 20% par endettement et 10% par l'&#233;mission d'action, ces chiffres sont respectivement en Am&#233;rique latine de 80% par autofinancement et de 20% pour le reste dans les ann&#233;es quatre vingt dix. Pour une analyse d&#233;taill&#233;e concernant l'ensemble des cr&#233;dits (tant pour le capital fixe, c'est-&#224;-dire l'investissement, que pour le capital circulant) fait par les banques aux entreprises priv&#233;es voir Peltier (2005) o&#249; sont soulign&#233;es les diff&#233;rences entre les &#233;conomies asiatiques et latino-am&#233;ricaines : en moyenne des cr&#233;dits au secteur priv&#233; en pourcentage du Pib sont estim&#233;s &#224; 72% en 2004 en Asie dont Chine et Inde et &#224; 30% en Am&#233;rique latine &#224; la m&#234;me date. Voir Peltier (2005) :&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le ratio titres des entreprises non financi&#232;res capt&#233;s sur le march&#233; financier sur Pib est en Malaisie de 42,2%, en Cor&#233;e de 27,4%, au Chili de 11,4%, au Mexique de 3,3% et au Br&#233;sil de 2,6% en 2005 (source Epoca negocios). Cette faiblesse des ratios latino am&#233;ricains s'explique principalement par la pr&#233;f&#233;rence des les banques pour le financement de la dette publique, plus lucratif et moins risqu&#233;. En Argentine, au Br&#233;sil, au Mexique plus de la moiti&#233; de l'ensemble des pr&#234;ts bancaires est destin&#233;e au secteur public entre 2001 et 2003 (10% en Chine, Malaisie, Tha&#239;lande, 1,5% au Chili, mais 26% en Colombie), source : The McKinsey Quaterly (Juillet 2007) : &#171; Desarrollo del potencial de los sistemas financieros de America Latina &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rappelons que les coefficients de Gini sont tr&#232;s &#233;lev&#233;s en Am&#233;rique latine, comme on peut le voir dans le tableau ci-dessous. Il reste qu'au-del&#224; des in&#233;galit&#233;s, il faut prendre en compte la dimension absolue des demandes pour analyser la rentabilit&#233; des capitaux, un pays comme le Br&#233;sil, fortement peupl&#233;, a davantage de possibilit&#233; de capter des &#233;conomies d'&#233;chelle qu'un pays comme l'Argentine, moins peupl&#233;e, mais moins que la Chine plus peupl&#233;e et devenue profond&#233;ment in&#233;gale en quelques ann&#233;es :&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;strong&gt;In&#233;galit&#233;s dans la distribution des revenus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th id='id118e_l0'&gt;Pays&lt;/th&gt;
&lt;td headers='id118e_l0'&gt;1990-1995&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id118e_l0'&gt;2000-2005&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id118e_l0'&gt;Variation en %&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;th id='id118e_l1'&gt;Mexique&lt;/th&gt;
&lt;td headers='id118e_l1'&gt;0.527&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id118e_l1'&gt;0.510&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id118e_l1'&gt;-3%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th id='id118e_l2'&gt;Argentine&lt;/th&gt;
&lt;td headers='id118e_l2'&gt;0.444&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id118e_l2'&gt;0.501&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id118e_l2'&gt;11%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;th id='id118e_l3'&gt;Br&#233;sil&lt;/th&gt;
&lt;td headers='id118e_l3'&gt;0.604&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id118e_l3'&gt;0.564&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id118e_l3'&gt;-7%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th id='id118e_l4'&gt;Chine&lt;/th&gt;
&lt;td headers='id118e_l4'&gt;0.300&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id118e_l4'&gt;0.469&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id118e_l4'&gt;36%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Source &lt;/strong&gt; : World Income Inequalities, Data base/UN-Wider&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le taux de formation brute de capital fixe reste faible comme on peut le voir ci-dessous :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Taux de formation brute de capital fixe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th id='id28ef_l0'&gt;Pays&lt;/th&gt;
&lt;td headers='id28ef_l0'&gt;1985 -1994&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id28ef_l0'&gt;1995-2005&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;th id='id28ef_l1'&gt;Mexique&lt;/th&gt;
&lt;td headers='id28ef_l1'&gt;21.7&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id28ef_l1'&gt;22.5&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th id='id28ef_l2'&gt;Argentine&lt;/th&gt;
&lt;td headers='id28ef_l2'&gt;17.3&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id28ef_l2'&gt;17&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;th id='id28ef_l3'&gt;Br&#233;sil&lt;/th&gt;
&lt;td headers='id28ef_l3'&gt;21.2&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id28ef_l3'&gt;17.1&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th id='id28ef_l4'&gt;Chine&lt;/th&gt;
&lt;td headers='id28ef_l4'&gt;38.7&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id28ef_l4'&gt;38.8&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Source &lt;/strong&gt; : World Develoment Indicators, 2007&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est difficile de lire sur les balances de paiement avec pr&#233;cision ce que sont les mouvements de capitaux sur l'ann&#233;e en cours, a fortiori sur les derniers mois notamment pour tout ce qui concerne le non renouvellement de bons arriv&#233;s &#224; &#233;ch&#233;ance et les mouvements dus aux produits d&#233;riv&#233;s qu'on retrouve parfois dans le poste &#171; erreurs et omissions &#187; qui gonfle soudainement. Tr&#232;s souvent les chiffres sont donn&#233;s en nets alors qu'il est plus int&#233;ressant de les avoir en bruts et l'&#233;volution des r&#233;serves de la banque central n'est pas suffisante si par ailleurs la balance des comptes courants est d&#233;ficitaire. Par ailleurs, la volatilit&#233; du taux de change ne traduit pas n&#233;cessairement celle des mouvements de capitaux en raison de l'intervention de la banque centrale pour d&#233;fendre le cours de sa monnaie. Cette intervention peut &#234;tre forte certains moments, mod&#233;r&#233;s &#224; d'autres sans que cela ait un rapport constant avec la volatilit&#233; de la bourse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La diff&#233;rence entre les coefficients (avant et apr&#232;s transferts et imp&#244;ts) de GINI est de 2 points en Am&#233;rique latine contre 15 point pour l'Europe. Elle est par exemple de 1,5 point en Argentine. Les donn&#233;es sont de 2005. Voir Latin American Economic Outlook, OECD, 2007, Paris, p.31 et 53.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sur cette question le tr&#232;s int&#233;ressant article de F. Erber (2008) : &#171; As conven&#231;oes de desenvolvimento no Brasil : um ensaio de economia politica &#187; pr&#233;sent&#233; au s&#233;mianire de la Fondation G&#233;tulio Vargas, mimeo.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notas :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argentine, Br&#233;sil, Mexique : lib&#233;ralisation et nouvelles vuln&#233;rabilit&#233;s</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Argentine-Bresil-Mexique-liberalisation-et-nouvelles-vulnerabilites</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Argentine-Bresil-Mexique-liberalisation-et-nouvelles-vulnerabilites</guid>
		<dc:date>2007-01-22T14:33:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Salama</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Mexique, le Br&#233;sil et l'Argentine ont connu des ann&#233;es trente aux d&#233;buts des ann&#233;es quatre vingt une croissance, parfois substantielle, tir&#233;e par l'essor du march&#233; int&#233;rieur. &lt;br class='autobr' /&gt; Vingt cinq ans plus tard, avec la crise de la dette et les diff&#233;rentes politiques d'ajustement men&#233;es sous l'&#233;gide du Fonds mon&#233;taire international (FMI) et de la Banque mondiale, c'est une nouvelle Am&#233;rique latine qui &#233;merge dans les ann&#233;es 2000. Ces &#233;conomies ont &#233;t&#233; lib&#233;ralis&#233;es, leurs dirigeants devant &#234;tre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Mexique, le Br&#233;sil et l'Argentine ont connu des ann&#233;es trente aux d&#233;buts des ann&#233;es quatre vingt une croissance, parfois substantielle, tir&#233;e par l'essor du march&#233; int&#233;rieur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vingt cinq ans plus tard, avec la crise de la dette et les diff&#233;rentes politiques d'ajustement men&#233;es sous l'&#233;gide du Fonds mon&#233;taire international (FMI) et de la Banque mondiale, c'est une nouvelle Am&#233;rique latine qui &#233;merge dans les ann&#233;es 2000. Ces &#233;conomies ont &#233;t&#233; lib&#233;ralis&#233;es, leurs dirigeants devant &#234;tre class&#233;s, de ce point de vue, classer parmi les bons &#233;l&#232;ves, ceux qui ont effectivement cherch&#233; &#224; mettre en &#339;uvre les politiques de lib&#233;ralisation qu'on leur demandait de suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le r&#233;sultat n'a pas &#233;t&#233; celui que leur promettaient les institutions internationales. Ces pays connaissent une croissance faible ou tr&#232;s volatile, qui exclue une part importante de la population de ses effets b&#233;n&#233;fiques, leur vuln&#233;rabilit&#233; aux chocs ext&#233;rieurs s'est accrue et les transformations structurelles qu'elles ont connues ne garantissent en rien une insertion durablement r&#233;ussie dans la mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'une gestion de la dette &#224; la gestion de ses effets&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la crise de la dette &#233;clate &#224; l'aube des ann&#233;es quatre vingt, les pays latinoam&#233;ricains ne peuvent plus financer le service de leur dette. Les seuls cr&#233;dits que leur consentent les banques seront alors &#171; des cr&#233;dits involontaires &#187;, ainsi nomm&#233;s pour souligner qu'ils font suite &#224; un accord sign&#233; entre un pays d&#233;biteur et le FMI. Ces accords (&#171; lettre d'intention &#187;) pr&#233;voient un ensemble de mesures draconiennes m&#234;lant des mesures pragmatiques, des mesures d'inspiration lib&#233;rales (diminution des d&#233;penses de l'Etat, maxi d&#233;valuation) combin&#233;e &#224; une mont&#233;e du protectionnisme afin de d&#233;gager des exc&#233;dents commerciaux suffisants pour au moins financer une partie cons&#233;quente du service de la dette externe (le paiement des int&#233;r&#234;ts surtout).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pourcentage du PIB, la ponction subie au titre du service de la dette repr&#233;sente davantage que celle impos&#233;e &#224; l'Allemagne vaincue par le trait&#233; de Versailles. Elle est de l'ordre de 2 &#224; 7 % du PIB selon les ann&#233;es et les pays. Une telle ponction ne pouvait pas &#234;tre sans effet : la tr&#232;s grande majorit&#233; des &#233;conomies latino-am&#233;ricaines conna&#238;t alors, dans le meilleur des cas, une stagnation et dans le pire des cas, plus fr&#233;quent, une r&#233;gression importante du PIB par t&#234;te. L'inflation prend de l'ampleur et plusieurs de ces pays souffrent d'une hyperinflation durable. La pauvret&#233; s'&#233;tend de mani&#232;re insoutenable, elle devient de plus en plus &#171; dangereuse &#187;, apr&#232;s l'&#233;clatement d'&#233;meutes (au Venezuela par exemple o&#249; elles ont pris un caract&#232;re tragique), de gigantesque mobilisations dans plusieurs pays (le &#171; &lt;i&gt;nao &lt;/i&gt; &#187; au Br&#233;sil). Le r&#233;sultat en a &#233;t&#233; d&#233;sastreux du point de vue &#233;conomique et social, les ann&#233;es quatre vingt &#233;tant qualifi&#233;es par la CEPAL de &#034;&lt;i&gt;d&#233;cennie perdue&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation, les institutions internationales poussent les feux pour la mise en &#339;uvre d'une lib&#233;ralisation plus structurelle, baptis&#233;e &#171; consensus de Washington &#187;. Celui-ci se pr&#233;sente sous forme de &#171; dix commandements &#187; tels qu'ils ont &#233;t&#233; &#233;nonc&#233;s par l'&#233;conomiste am&#233;ricain John Williamson : discipline budg&#233;taire ; r&#233;orientation des d&#233;penses publiques vers les d&#233;penses d'infrastructure, de sant&#233;, d'&#233;ducation, centr&#233;s sur les besoins de base et ce au d&#233;triment d'une intervention de l'Etat dans le secteur &#233;conomique ; r&#233;forme de la fiscalit&#233; &#224; partir d'un &#233;largissement de l'assiette fiscale et d'une baisse des taux d'imposition ; lib&#233;ralisation des taux d'int&#233;r&#234;t, avec l'abandon des taux pr&#233;f&#233;rentiels offerts &#224; tel ou tel secteur et hausse des taux d'int&#233;r&#234;t pour favoriser la s&#233;lection des &#171; meilleurs &#187; investissements ; un taux de change comp&#233;titif sans qu'il soit clairement indiqu&#233; si celui-ci devait &#234;tre fixe ou flexible ; lib&#233;ralisation du commerce ext&#233;rieur gr&#226;ce &#224; la baisse drastique des droits de douane, la fin des contingentements et l'abandon des autorisations administratives ; lib&#233;ralisation des investissements &#233;trangers directs, c'est &#224; dire l'abandon des proc&#233;dures administratives, lourdes et co&#251;teuses, d'autorisation des rapatriement des profits, des dividendes et autres &#171; royalties &#187; ; privatisation des entreprises publiques ; abandon des r&#233;glementations dont l'objectif &#233;tait d'instituer des barri&#232;res &#224; l'entr&#233;e et &#224; la sortie, favorisant les monopoles et diminuant la mobilit&#233; ; garantie, enfin, des droits de propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'orientation cette fois est franchement lib&#233;rale. Il ne s'agit plus de limiter les d&#233;penses publiques, mais de privatiser, de lib&#233;raliser l'ensemble des march&#233;s &#224; l'exception toutefois du march&#233; des changes. La fixit&#233; du change par rapport au dollar (&lt;i&gt;ancrage) &lt;/i&gt;est en effet pr&#233;f&#233;r&#233;e, allant d'un syst&#232;me dit de &lt;i&gt;peg &lt;/i&gt;(mini d&#233;valuation pour att&#233;nuer l'appr&#233;ciation du taux de change r&#233;el) au &lt;i&gt;currency board &lt;/i&gt;(fixit&#233; absolue, convertibilit&#233; interne et externe, &#233;mission de monnaie locale en rapport un pour un avec les entr&#233;s nettes de capitaux). La lib&#233;ralisation du march&#233; du travail n'&#233;tait pas explicitement &#233;nonc&#233;e mais celle des autres march&#233;s incitait &#224; prendre des mesures vers plus de flexibilit&#233; dans le travail. Ce qui fut d'ailleurs fait, parfois uniquement de mani&#232;re partielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un bref bilan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'application des &#171; dix commandements &#187; est &#224; la fois un succ&#232;s et un &#233;chec. Un succ&#232;s parce que la hausse vertigineuse des prix cesse, certains pays comme l'Argentine connaissant m&#234;me des p&#233;riodes de d&#233;flation, la croissance reprend, parfois vivement, mais le plus souvent modestement, la pauvret&#233; baisse. Les pays semblent parvenir &#224; payer le service de leur dette gr&#226;ce &#224; l'entr&#233;e de capitaux (investissement en portefeuille, investissements directs) malgr&#233; un d&#233;ficit important de leur balance commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;chec, parce que le d&#233;ficit de la balance commerciale tend &#224; devenir insoutenable (les exportations croissent certes plus vite que le PIB, mais moins rapidement que les importations), la pauvret&#233;, apr&#232;s avoir fl&#233;chi, se stabilise &#224; un niveau &#233;lev&#233; et les crises financi&#232;res sont r&#233;currentes. Elles sont la manifestation de besoins de financement croissants (le d&#233;ficit commercial parait insoutenable au Mexique par exemple en 1995), de la perte de confiance des investisseurs nationaux et internationaux (partant du Mexique, la crise s'irradie &#224; plusieurs pays dont l'Argentine). Ces crises expriment la perte de confiance dans la monnaie nationale mais aussi la vuln&#233;rabilit&#233; nouvelle de ces &#233;conomies aux crises se d&#233;veloppant dans d'autres continents (Asie, Russie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble des mesures de lib&#233;ralisation produit surtout une mutation profonde de ces &#233;conomies. Le rythme de leur ouverture internationale n'exc&#232;de pas la croissance des exportations mondiales, sauf au Mexique, mais il est sup&#233;rieur &#224; celui de leur PIB. Leurs structures productives changent. Certaines &#233;conomies se primarisent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On appelle &#171; primarisation de l'&#233;conomie &#187; un processus qui vise &#224; une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mettant en jach&#232;re des pans entiers de leurs industrie (Argentine), d'autres cherchent &#224; d&#233;velopper les exportations de produits industriels assembl&#233;s, avec tr&#232;s peu de valeur ajout&#233;e, cr&#233;ant des emplois mais sans effet d'entra&#238;nement sur le tissu industriel (Mexique), d'autres enfin n'abandonnent pas leur industrie, mais proc&#232;dent &#224; une &#171; desubstitution des importations &#187; en favorisant l'importation de segments de ligne de production autrefois produits localement, gr&#226;ce &#224; la lib&#233;ralisation du commerce ext&#233;rieur et au quasi abandon d'une politique industrielle (Br&#233;sil).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#171; nouveau &#187; consensus de Washington&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incapacit&#233; de promouvoir une croissance cons&#233;quente avec peu de volatilit&#233;, de r&#233;duire de mani&#232;re significative la pauvret&#233; absolue et les difficult&#233;s &#224; r&#233;agir &#224; la volatilit&#233; des march&#233;s financiers internationaux, conduisent &#224; une &#171; nouvelle version &#187; du consensus de Washington, centr&#233;e cette fois sur la n&#233;cessit&#233; de trouver de &#171; bonnes institutions &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Progressivement, &#224; ces dix commandements seront ajout&#233;s dix autres &#171; commandements &#187; allant d'une lib&#233;ralisation accrue du march&#233; du travail &#224; l'ind&#233;pendance de la Banque centrale en passant par une gestion plus prudente de la lib&#233;ralisation des mouvements de capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons de pr&#232;s ce qu'en furent les cons&#233;quences sur le syst&#232;me de change et la lutte contre la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dangers hyperinflationnistes ayant disparu, les crises de la fin des ann&#233;es quatre vingt dix sont l'occasion de mettre un terme aux taux de change fixes et d'opter pour des taux de change flottants &#233;voluant librement selon l'&#233;volution des offres et des demandes de devises, sans intervention de la Banque centrale. Dans la pratique, ceux-ci ne sont pas totalement libres. En effet, apr&#232;s une d&#233;valuation et lorsque la cr&#233;dibilit&#233; aupr&#232;s des march&#233;s financiers internationaux s'am&#233;liore, l'entr&#233;e de capitaux au titre des investissements en portefeuille et des investissements directs tend &#224; compenser les d&#233;ficits de la balance des comptes courants et les sorties de capitaux li&#233;es au remboursement du principal de la dette externe. Les r&#233;serves augmentent et la monnaie nationale tend &#224; s'appr&#233;cier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est une caract&#233;ristique des syst&#232;mes de change en Am&#233;rique latine : entre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui peut conduire la Banque centrale, dont l'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis des gouvernements est relative, &#224; intervenir pour contrecarrer cette tendance. Celle ci est renforc&#233;e lorsque la balance commerciale devient fortement exc&#233;dentaire comme c'est le cas aujourd'hui du Br&#233;sil et de l'Argentine. On peut observer cependant des comportements diff&#233;rents dans les deux pays. En Argentine, le gouvernement cherche &#224; &#233;viter une trop forte appr&#233;ciation de sa monnaie, consid&#233;rant que les pays &#224; monnaie sous appr&#233;ci&#233;e en plus de chance de maintenir une croissance forte, ainsi qu'on peut l'observer en Asie. Au Br&#233;sil, le gouvernement, &lt;i&gt;via &lt;/i&gt;la Banque Centrale, laisse davantage la monnaie s'appr&#233;cier, consid&#233;rant que celle-ci fait partie de la lutte contre l'inflation, esp&#233;rant ainsi &#224; la fois obtenir une baisse du &lt;i&gt;spread &lt;/i&gt;pour ses emprunts internationaux, un remboursement moins on&#233;reux exprim&#233; en monnaie nationale et une incitation plus forte &#224; l'entr&#233;e de capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier &#171; commandement &#187;, la lutte contre la pauvret&#233;, est &#224; l'origine d'un projet plus ambitieux, s'inscrivant dans les Objectifs du Mill&#233;naire. Ceux-ci ont pour but une r&#233;duction drastique du niveau de pauvret&#233; extr&#234;me, une am&#233;lioration de la sant&#233;, de l'&#233;ducation et de l'environnement, une harmonisation de l'aide vis-&#224;-vis des pays les plus pauvres en tenant compte surtout des crit&#232;res de bonne gouvernance, une diminution du protectionnisme &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;facto &lt;/i&gt;des pays les plus riches et un meilleur acc&#232;s de leur march&#233; pour les pays pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats en ce qui concerne la r&#233;duction de la pauvret&#233; sont mitig&#233;s : le Br&#233;sil semble en bonne voie, gr&#226;ce surtout aux effets positifs de la disparition de l'hyper inflation en 1994-1995 et &#224; deux programmes sociaux, le premier instituant une retraite pour les travailleurs ruraux, le second faisant b&#233;n&#233;ficier les famille pauvres d'une aide (&#171; bourses familles &#187;) d'environ une trentaine de dollars par mois ; le Mexique se rapprochera de l'objectif fix&#233; ; l'Argentine aura des difficult&#233;s &#224; l'atteindre &#224; cause de l'explosion de la pauvret&#233; en 2002 atteignant 57% de la population et ce malgr&#233; une croissance &#224; des &#171; taux asiatiques &#187; depuis 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouvelles vuln&#233;rabilit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es quatre vingt dix, la croissance reste faible en raison de la volatilit&#233; des &#233;conomies et se caract&#233;rise m&#234;me par une tendance &#224; la stagnation. Celle-ci s'explique surtout par des comportements rentiers des investisseurs, exprim&#233;s par leurs pr&#233;f&#233;rences en faveur d'une consommation &#233;lev&#233;e et une orientation de l'&#233;pargne vers les placements financiers. Dans l'ensemble, les taux d'investissement sont 40 % inf&#233;rieurs &#224; ceux que l'on observe dans les &#233;conomies asiatiques. A la diff&#233;rence des pays occidentaux o&#249; la finance a deux faces, une positive, d'allocation de l'&#233;pargne vers les secteurs productifs, l'autre n&#233;gative, orient&#233;e vers la sp&#233;culation, en Am&#233;rique Latine, l'essor de la finance, avec la lib&#233;ralisation des march&#233;s, a surtout favoris&#233; les aspects n&#233;gatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement des investissements par le syst&#232;me bancaire et le cr&#233;dit &#224; la consommation restent en pourcentage du PIB tr&#232;s faible, m&#234;me s'il a tendance &#224; augmenter. Au Br&#233;sil s'institue un cercle vicieux banque - Etat au d&#233;triment des entreprises : les banques, attir&#233;es par les taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s &#233;lev&#233;s, ach&#232;tent essentiellement des bons du Tr&#233;sor &#233;mis par l'Etat pour financer sa dette interne, et cherchent &#224; d&#233;velopper des cr&#233;dits de court terme &#224; la consommation &#224; des taux tr&#232;s lucratifs. Les entreprises financent une partie de leur capital circulant gr&#226;ce &#224; des emprunts tr&#232;s on&#233;reux et financent leurs investissements par l'autofinancement, le recours aux march&#233;s financiers pour les plus importantes d'entre elles, ou par des emprunts subventionn&#233;s aupr&#232;s de la Banque de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 1.-&lt;/strong&gt; Les taux de croissance du PIB en Am&#233;rique latine, 1994-2005 (en %, &#224; prix&lt;br /&gt;
constant de 1995)&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Pays&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;1994&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;1995&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;1996&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;1997&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;1998&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;1999&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;2000&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;2001&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;2002&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;2003&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;2004&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;2005&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Argentine&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;4,4&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;- 4,1&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;4,1&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;6,6&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;2,5&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;- 4,6&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;- 1,9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;- 5,4&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;- 11,7&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;7,7&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;9,0&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;9,2&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Br&#233;sil&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;4,7&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;2,&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;1,0&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;1,6&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;- 1,2&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;- 0,4&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;2,4&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;- 0,2&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;0,1&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;- 1,2&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;4,9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;2,5&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Mexique&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;2,5&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;- 7,8&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;3,6&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;5,0&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;3,4&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;1,9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;5,1&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;- 1,8&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;- 0,7&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;- 0,9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;4,4&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;3,9&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Am&#233;rique Latine&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;3,4&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;- 0,6&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;2,1&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;3,4&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;0,6&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;- 1,1&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;2,1&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;- 1,1&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;- 2,1&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;0,5&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;5,9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;4,3&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Source :&lt;/strong&gt; CEPAL, &lt;i&gt;Annexe statistique&lt;/i&gt;, 2005 (et FMI, &lt;i&gt;World Economic Outlook&lt;/i&gt;, 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 2.-&lt;/strong&gt; Fr&#233;quence des crises &#233;conomiques en Asie et en Am&#233;rique latine (1960-&lt;br /&gt;
2002)&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nombre d'ann&#233;es &#224; taux de croissancen&#233;gatif du PIB&lt;/h3&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Pays&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1960-1980&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1981-2002&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1960-2002&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pourcentage d'ann&#233;es de crise de 1960 &#224; 2002&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Argentine&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;6&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;11&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;17&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;42%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Br&#233;sil&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;9&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;12&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;29%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Mexique&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;0&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;8&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;8&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;20%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Cor&#233;e&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;7%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Tha&#239;lande&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;0&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;5%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Source :&lt;/strong&gt; [Solimano et Soto, 2005], &#224; partir des donn&#233;es de la Cepal et du FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ralisation impos&#233;e par les diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations de politique d'ajustement structurel a incontestablement modernis&#233; une partie de l'appareil de production. Les effets de ces politiques n'ont pas &#233;t&#233; imm&#233;diats. Tr&#232;s souvent des pans entiers de l'industrie ont disparu. Ceux qui ont &#171; r&#233;sist&#233; &#187; avaient un niveau de productivit&#233; suffisant pour faire face &#224; la concurrence externe, ont connu une croissance de leur productivit&#233; du travail importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle comp&#233;titivit&#233; a pu &#234;tre &#171; aid&#233;e &#187; au d&#233;but par les maxi d&#233;valuations, mais c'est fondamentalement la modification des techniques de production (facilit&#233;e par l'importation de biens d'&#233;quipement incorporant le progr&#232;s technique &#224; des co&#251;ts r&#233;duits gr&#226;ce &#224; la baisse des droits de douane et &#224; l'appr&#233;ciation de la monnaie nationale) et de la mani&#232;re de produire (modification de l'organisation du travail avec davantage de flexibilit&#233; de main d'&#339;uvre) qui expliquent le retournement de la balance commerciale au Br&#233;sil et la dynamisation de l'exportation de ses produits manufactur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant, les analyses de Lall (2004) et Palma (2005) ont montr&#233; que la mont&#233;e des exportations de produits industriels concernait surtout des produits de moyenne et basse technologie &#224; la diff&#233;rence des pays asiatiques o&#249; on observe une croissance plus rapide des produits de moyenne et haute technologie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La classification pourrait pr&#234;ter parfois &#224; confusion dans le cas du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e en puissance de la modernisation est donc r&#233;elle mais insuffisante par rapport &#224; la structuration et l'&#233;volution du commerce international, cibl&#233;e de plus en plus sur l'achat-vente de produits &#224; haute technologie. Ce d&#233;crochage relatif est la cons&#233;quence logique des comportements rentiers que nous avons &#233;voqu&#233;s. Plus pr&#233;cis&#233;ment, dans les ann&#233;es quatre vingt dix et suivantes, l'&#233;cart entre la croissance de la productivit&#233; et la croissance atone des salaires s'accentue. On pourrait penser que la distribution des fruits de la hausse de la productivit&#233; aux seuls profits pourrait permettre une hausse de la formation brute du capital et une croissance plus soutenue dont les salari&#233;s b&#233;n&#233;ficieraient &#224; terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la hausse du taux d'investissement n'a pas eu lieu. Celui-ci reste &#224; un niveau relativement m&#233;diocre et la croissance, au total, n'est pas &#233;lev&#233;e sur moyenne et longue p&#233;riode. L'ensemble des profits du secteur non financier augmente, mais en son sein la part des profits vers&#233;e au secteur financier croit plus rapidement que celle consacr&#233;e aux investissements productifs. La contrainte pour les entreprises non financi&#232;res tient de la quadrature du cercle : elles doivent d&#233;gager des profits en forte croissance pour alimenter toujours plus le tr&#232;s fort &#171; app&#233;tit &#187; de la finance. Ceci explique leur r&#233;ticence &#224; faire b&#233;n&#233;ficier leurs salari&#233;s de la hausse de la productivit&#233;. Mais cette hausse de la productivit&#233; trouve des limites parce que le taux d'investissement croit peu et que la part consacr&#233;e &#224; la recherche et d&#233;veloppement est des plus r&#233;duites&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans l'ensemble, recherche publique incluse, les d&#233;penses en recherche (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces limites sont en partie surmont&#233;es par l'importation de biens d'&#233;quipement &lt;i&gt;up to date &lt;/i&gt;et des modifications dans l'organisation du travail, mais elles demeurent pour l'essentiel et gr&#232;vent les possibilit&#233;s &#224; moyen terme de poursuivre une dynamique de croissance &#233;lev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ENCADRE : 3 situations contrast&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les parcours &#233;conomiques de ces trois pays depuis le d&#233;but du mill&#233;naire ne sont pas les m&#234;mes : l'Argentine conna&#238;t un boom &#233;conomique depuis 2003 apr&#232;s avoir connu depuis 1999 une r&#233;cession et sa mutation en une crise extr&#234;mement profonde en 2002, un surplus primaire cons&#233;quent de son budget&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le surplus primaire du budget est la diff&#233;rence entre les recettes et les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une balance commerciale fortement exc&#233;dentaire et une balance des comptes courants positive, une diminution de son taux de pauvret&#233;, une distribution des revenus qui reste quasiment aussi in&#233;gale qu'elle l'&#233;tait devenue dans les ann&#233;es quatre vingt et quatre vingt dix, une hausse encore mod&#233;r&#233;e de son taux d'inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, m&#234;me si on observe une forte reprise des investissements dans le secteur industriel et un d&#233;but de substitution des importations, l'&#233;conomie reste encore fortement primaris&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Br&#233;sil conserve en moyenne un taux de croissance faible, mais obtient une nette am&#233;lioration de sa balance commerciale. Celle-ci devient fortement positive ce qui conduit &#224; un solde positif de sa balance des comptes courants. A la diff&#233;rence de l'Argentine, son appareil de production, modernis&#233;, moins int&#233;gr&#233; que par le pass&#233; gr&#226;ce &#224; une ouverture plus importante et &#224; l'importation plus massive de biens d'&#233;quipement, reste le socle de l'essor de ses exportations, m&#234;me si une partie importante s'explique par la croissance de ses exportations de mati&#232;re premi&#232;res, en g&#233;n&#233;ral plus transform&#233;es qu'en Argentine. L'essor des exportations et le solde fortement positif de sa balance commerciale compense la baisse relative des investissements &#233;trangers directs qui toutefois restent &#224; un niveau &#233;lev&#233;, bien qu'inf&#233;rieur de moiti&#233; &#224; ce qu'ils &#233;taient &#224; l'&#233;poque des privatisations massives de la fin des ann&#233;es quatre vingt dix. Le besoin de financement externe baisse, le service de la dette externe en terme du PIB, ou bien en termes des exportations, chute. La vuln&#233;rabilit&#233; du Br&#233;sil se situe sur un autre plan : l'endettement interne augmente consid&#233;rablement, du en grande partie &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;els parmi les plus &#233;lev&#233;s du monde. Le surplus primaire est &#224; un niveau &#233;lev&#233; en pourcentage du PIB, les in&#233;galit&#233;s ne diminuent pas ou faiblement et restent parmi les plus &#233;lev&#233;es du monde d'un point de vue global. Lorsqu'on entre dans le d&#233;tail on constate cependant que si les cinq pour cent les plus riches polarisent davantage de revenus, les plus pauvres &#233;galement et connaissent une am&#233;lioration relative, les couches moyennes p&#226;tissant de ces &#233;volutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mexique, quant &#224; lui, conna&#238;t &#233;galement un taux de croissance m&#233;diocre de son PIB. Celui-ci s'explique en grande partie par la d&#233;pendance accrue et quasi exclusive &#224; la conjoncture nord am&#233;ricaine. Le Mexique, fait partie de l'Am&#233;rique latine et de l'Am&#233;rique du Nord. Culturellement il est latino, &#233;conomiquement, nord am&#233;ricain. Son commerce ext&#233;rieur est &#224; plus des quatre cinqui&#232;mes dirig&#233; vers le Etats-Unis et le Canada, le dernier cinqui&#232;me se partage entre l'Asie, l'Europe et l'Am&#233;rique centrale et du sud. ll entretient donc tr&#232;s peu de relations commerciales avec l'Am&#233;rique latine. Aussi lorsque la conjoncture nord-am&#233;ricaine d&#233;cline, le Mexique souffre, ce qui a &#233;t&#233; le cas au d&#233;but des ann&#233;es 2000 et pourrait de nouveau &#234;tre le cas dans les mois qui viennent. La sp&#233;cialisation industrielle s'est orient&#233;e de plus en plus vers le d&#233;veloppement des industries d'assemblage (les &#171; maquilladoras &#187;) avec tr&#232;s peu d'int&#233;gration locale et donc tr&#232;s peu d'effets d'entra&#238;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mexique est le seul des trois grands pays &#224; conserver un d&#233;ficit cons&#233;quent de sa balance commerciale. Pour autant, l'essor des exportations a &#233;t&#233; tr&#232;s important, l'&#233;conomie est la plus ouverte des trois et le r&#233;sultat est qu'apparemment, en pourcentage de ses exportations, le service de sa dette externe chute fortement. Pour autant une grande partie de ses exportations industrielles d&#233;pend de ses importations, si bien que le choix de cet indicateur pour mesurer sa vuln&#233;rabilit&#233; externe est moins pertinent que pour les deux autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FIN ENCADRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les plus optimistes, une partie de la vuln&#233;rabilit&#233; de ces &#233;conomies a diminu&#233;, celle que l'on peut lire dans les ratios service de la dette sur PIB. Cette r&#233;duction s'explique surtout par l'ouverture plus prononc&#233;e de ces &#233;conomies : selon la Banque mondiale, le degr&#233; d'ouverture du Br&#233;sil &#233;tait de 11,7 % en 1990 et atteint en 2004 26,9 %. En Argentine et au Mexique les donn&#233;es sont respectivement 11,6 % et 32,1 % en 1990, 37,1 % et 58,5 % en 2004. Cette vuln&#233;rabilit&#233; diminue &#233;galement gr&#226;ce &#224; la venue de soldes positifs de la balance des comptes courants au Br&#233;sil et en Argentine, du maintien des investissements &#233;trangers directs au Br&#233;sil, de l'essor tr&#232;s prononc&#233; au Mexique des transferts des mexicains de l'&#233;tranger (20 milliards de dollars en 2005), et par le poids moins important qu'au d&#233;but des ann&#233;es quatre vingt dix des capitaux sp&#233;culatifs &#224; court terme dans l'ensemble des entr&#233;es de capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, la m&#233;daille a son revers. La tr&#232;s forte ouverture aux investissements directs produit d&#233;j&#224; des sorties de capitaux consid&#233;rables au titre des dividendes vers&#233;s, des profits rapatri&#233;s, et dont la progression est tr&#232;s &#233;lev&#233;e. Comme parall&#232;lement ces capitaux ont tendance &#224; se localiser de plus en plus dans les services au d&#233;triment relatif de l'industrie (sauf au Mexique), ils contribuent moins que par le pass&#233; &#224; l'essor des exportations. Les comportements rentiers expriment une tr&#232;s forte sensibilit&#233; des investisseurs &#224; la finance. Or le secteur financier est tr&#232;s sensible aux mouvements sp&#233;culatifs et les montants fuyant un pays peuvent &#234;tre consid&#233;rables, dans un d&#233;lai tr&#232;s bref. Cette sensibilit&#233; exacerb&#233;e se r&#233;percute avec un effet de levier consid&#233;rable sur le secteur r&#233;el. Donnons quelques exemples : lorsqu'on augmente sensiblement les taux d'int&#233;r&#234;t afin de freiner la sortie de capitaux et l'inverser, l'effet premier de cette hausse brutale est de rendre les cr&#233;dits excessivement chers, d'augmenter le service de la dette interne de l'&#201;tat et, ce faisant, de rendre plus difficile la r&#233;duction promise de son d&#233;ficit ; et enfin, tr&#232;s rapidement, de provoquer une r&#233;cession si ce n'est une accentuation de la crise dans le secteur r&#233;el. Nous sommes donc en pr&#233;sence de ce qu'on pourrait appeler un ph&#233;nom&#232;ne d'&lt;i&gt;overshooting &lt;/i&gt;du secteur financier sur le secteur r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'application du mot d'ordre unique &#171; lib&#233;ralisez &#187;, n'a donc pas eu les effets escompt&#233;s dans les grands pays latino-am&#233;ricains. A partir d'un tel constat, certains &#233;conomistes (Ricardo Hausmann, Dany Rodrik, et Andres Velasco, 2005), participant tr&#232;s souvent &#224; des recherches financ&#233;es par les institutions internationales, pr&#233;conisent de changer de strat&#233;gies. Au lieu de promouvoir des r&#233;formes d'ensemble, suppos&#233;es &lt;i&gt;a priori &lt;/i&gt;b&#233;n&#233;fiques, mieux vaut selon eux, partir d'un diagnostic pr&#233;cis des obstacles &#224; la croissance et choisir parmi les r&#233;formes possibles celles qui att&#233;nuent les plus importants d'entre eux. En paraphrasant Carlos Fuentes, on pourrait ajouter que moins de dogmatisme, d'&lt;i&gt;a priori &lt;/i&gt;et un peu plus de pragmatisme, auraient permis d'&#233;viter &#171; &lt;i&gt;tant de violence contre les faibles, au nom du droit et tant de justice&lt;/i&gt; &lt;i&gt;envers les puissants, au nom de l'impunit&#233; &lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Hausmann R., Rodrik D. et Velasco A.&lt;/strong&gt; (2005), &#171; Growth Diagnostics &#187; Working paper, Universit&#233; d'Harvard.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Lall S.&lt;/strong&gt; (2004), &#171; Reinventing industrial strategy : the role of government policy in building competitiveness &#187;, &lt;i&gt;G-24 Discussion Paper Series&lt;/i&gt;, United Nations, New York.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Lall S., Weiss J. et Zhang J.&lt;/strong&gt; (2006), &#171; The sophistication of exports : a new trade mesasure &#187;, &lt;i&gt;World Development &lt;/i&gt;vol.34, N&#176; 2
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Palma G.&lt;/strong&gt; (2005), &#171; Flying-geese and lame-ducks : regional powers and the different capabilities of Latin America and East Asia to demand-adapt and supply-upgrade their export productive capacity &#187;, Cambridge University, working paper, publi&#233; en grande partie dans la revue &lt;i&gt;Tiers Monde&lt;/i&gt;, 2006.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Palma G.&lt;/strong&gt; (2005), &#034;The seven main stylised facts of the Mexican economy since trade liberalization and Nafta&#034;, revue &lt;i&gt;Industrial and Corporate Change&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Salama P&lt;/strong&gt; (2006), &lt;i&gt;Le d&#233;fi des in&#233;galit&#233;s, une comparaison &#233;conomique Am&#233;rique Latine/Asie&lt;/i&gt;, &#233;ditions La D&#233;couverte, 2006.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Solimano A. et Soto R.&lt;/strong&gt; (2005), &#171; Economic growth in Latin America in the late 20th century : evidence and interpretation &#187;, CEPAL, &lt;i&gt;Macroeconomia del desarollo&lt;/i&gt;, n&#176; 33,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;. Paris, le 22 janvier 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On appelle &#171; primarisation de l'&#233;conomie &#187; un processus qui vise &#224; une sp&#233;cialisation vers l'abondance relative des ressources naturelles. Le premier pays &#224; &#234;tre revenu vers ce type de sp&#233;cialisation respectant les dotations relatives des facteurs de production est le Chili de Pinochet. L'Argentine, avec les gouvernements Menem, d&#233;truit en grand partie son industrie, devenue il est vrai obsol&#232;te avec la crise des ann&#233;es quatre vingt, et opte pour une sp&#233;cialisation portant sur des produits primaires, agricoles peu transform&#233;s et &#233;nerg&#233;tiques, au d&#233;triment de son industrie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est une caract&#233;ristique des syst&#232;mes de change en Am&#233;rique latine : entre deux crises financi&#232;res, que le change nominal soit fixe ou libre, le change r&#233;el tend &#224; s'appr&#233;cier et les changes libres &#224; &#234;tre &#171; sales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La classification pourrait pr&#234;ter parfois &#224; confusion dans le cas du Mexique. Ce pays exporte bien des produits &#224; haute technologie mais il s'agit surtout d'une production qui se limite &#224; de l'assemblage avec peu d'effets d'entra&#238;nement vis-&#224;-vis des de l'industrie locale en raison d'un degr&#233; d'int&#233;gration extr&#234;mement faible. C'est la raison pour laquelle Lall et &lt;i&gt;alii &lt;/i&gt;(2006) proposent d'introduire d'autres crit&#232;res dont l'un est li&#233; &#224; la valeur ajout&#233;e produite. Sur ces questions voir &#233;galement Palma (2005).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans l'ensemble, recherche publique incluse, les d&#233;penses en recherche d&#233;veloppement dans ces pays se situent entre 0,4 et 0,6% du PIB contre plus de 3% en Cor&#233;e du sud.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le surplus primaire du budget est la diff&#233;rence entre les recettes et les d&#233;penses publiques hors celles finan&#231;ant le service de la dette tant interne qu'externe. Le solde du budget, une fois comptabilis&#233;es ces d&#233;penses est faiblement n&#233;gatif.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La baisse du niveau de pauvret&#233; : &#171; Succ&#232;s &#187; en Asie, &#233;checs en Am&#233;rique latine</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/La-baisse-du-niveau-de-pauvrete-Succes-en-Asie-echecs-en-Amerique-latine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/La-baisse-du-niveau-de-pauvrete-Succes-en-Asie-echecs-en-Amerique-latine</guid>
		<dc:date>2005-11-18T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Salama</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Chapitre 11 extrait du livre que l'auteur est train d'&#233;crire : &lt;br class='autobr' /&gt; Un des faits saillants de &#171; l'histoire r&#233;cente de la pauvret&#233; &#187; en Am&#233;rique latine depuis le d&#233;but des ann&#233;es quatre vingt dix est la difficult&#233; &#224; r&#233;duire de mani&#232;re significative l'ampleur et la profondeur de la pauvret&#233;. Pourtant avec la fin des hyperinflations et la reprise de la croissance, on aurait pu s'attendre &#224; une r&#233;duction substantielle et surtout durable de la pauvret&#233;. Le retour &#224; une relative stabilit&#233; des prix a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chapitre 11 extrait du livre que l'auteur est train d'&#233;crire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un des faits saillants de &#171; l'histoire r&#233;cente de la pauvret&#233; &#187; en Am&#233;rique latine depuis le d&#233;but des ann&#233;es quatre vingt dix est la difficult&#233; &#224; r&#233;duire de mani&#232;re significative l'ampleur et la profondeur de la pauvret&#233;. Pourtant avec la fin des hyperinflations et la reprise de la croissance, on aurait pu s'attendre &#224; une r&#233;duction substantielle et surtout durable de la pauvret&#233;. Le retour &#224; une relative stabilit&#233; des prix a certes provoqu&#233; dans un premier temps une r&#233;duction sensible de la pauvret&#233;, mais celle-ci a &#233;t&#233; de courte dur&#233;e et s'explique fondamentalement par les effets redistributifs qu'elle a produit, pour cette fois favorables aux cat&#233;gories sociales les plus pauvres et les plus modestes. Depuis, la pauvret&#233; persiste &#224; des niveaux &#233;lev&#233;s, elle fl&#233;chit l&#233;g&#232;rement en p&#233;riode de forte croissance et augmente lorsque la crise &#233;conomique survient pour stagner lors des premi&#232;res phases de la reprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la pauvret&#233; demeure-t-elle &#224; un niveau si &#233;lev&#233; en Am&#233;rique latine et baisse-t-elle si rapidement en Asie dans un premier temps et pourquoi est il si difficile que dans second temps, elle puisse continuer &#224; baisser dans certains cas alors que croissance demeure tr&#232;s forte (Chine) ? Pourquoi y a-t-il une grande vuln&#233;rabilit&#233; des pauvres aux cycles &#233;conomiques ? Pourquoi la croissance est-elle si instable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tr&#232;s souvent les &#233;tudes sur la pauvret&#233; &#233;num&#232;rent une s&#233;rie de truismes : augmenter les d&#233;penses de sant&#233; permet de diminuer la pauvret&#233;, d&#233;velopper l'enseignement, notamment primaire, donner davantage de chances aux jeunes g&#233;n&#233;rations pauvres, accro&#238;tre les d&#233;penses d'infrastructure facilitent un acc&#232;s plus simple, moins co&#251;teux &#224; des bassins d'emploi et &#224; terme devrait conduire &#224; une r&#233;duction de la pauvret&#233;. Force est de constater que cette &#233;num&#233;ration reste &#171; lettre morte &#187; en Am&#233;rique latine et les progr&#232;s observ&#233;s sont tr&#232;s en de&#231;a de ce qui serait n&#233;cessaire, faute de moyens financiers suffisants certes mais aussi parce que les r&#233;gimes de croissance mis en place avec l'ouverture exacerb&#233;e des &#233;conomies produisent de fortes instabilit&#233;s et une exclusion importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pauvret&#233; persiste &#224; un niveau &#233;lev&#233; dans la plupart des &#233;conomies latino am&#233;ricaines avec cependant des am&#233;liorations qualitatives : moins de malnutrition des enfants, allongement de la dur&#233;e de vie, scolarit&#233; plus importante par exemple. Mais, des &#171; perturbations macro&#233;conomiques &#187; aggravent durablement la situation des couches les moins favoris&#233;es et les effets positifs que pouvaient avoir des &#171; programmes cibl&#233;s &#187; de lutte contre la pauvret&#233; sont profond&#233;ment affect&#233;s par la haute volatilit&#233; de la croissance. Aussi convient-il de rechercher les raisons de cette volatilit&#233; puisqu'elle est &#224; l'origine des difficult&#233;s &#224; r&#233;duire significativement la pauvret&#233; que celle-ci soit mesur&#233;e par le revenu ou approch&#233;e de mani&#232;re qualitative par des indicateurs non mon&#233;taires. Dans un premier temps, nous exposerons rapidement une des techniques utilis&#233;es pour mesurer la pauvret&#233;, dans un second temps, nous analyserons les facteurs susceptibles d'agir sur la pauvret&#233; et enfin, nous &#233;tudierons la vuln&#233;rabilit&#233; des pauvres aux r&#233;gimes de croissance dominants et plus particuli&#232;rement &#224; sa volatilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Mesures de la pauvret&#233; mon&#233;taire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mani&#232;res de mesurer la pauvret&#233; dans les pays dits du tiers monde et dans ceux du premier monde sont diff&#233;rentes, ce qui rend les comparaisons difficiles. Dans les premiers, parmi l'ensemble des indicateurs disponibles, on privil&#233;gie ici une mesure fond&#233;e sur la possibilit&#233; d'acheter un panier de biens de consommation et de services, permettant tout juste la reproduction. Il s'agit d'un indicateur de pauvret&#233; dite absolue d&#233;finissant une ligne de pauvret&#233;. Dans les seconds, l'exception des Etats-Unis, parmi &#233;galement une batterie d'indicateurs disponibles, celui qui prend en compte la distribution des revenus est le plus souvent utilis&#233;. La pauvret&#233; est dite alors relative : en de&#231;a de 50% du revenus m&#233;dian, on est d&#233;clar&#233; pauvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons les pays en voie de d&#233;veloppement et concentrons nous sur la pauvret&#233; absolue. Les donn&#233;es nationales diff&#232;rent de celles fournies par la Banque mondiale. Les premi&#232;res sont faites &#224; partir d'enqu&#234;tes sur la composition d'un panier de biens de consommation permettant d'acqu&#233;rir un certain niveau de calories. Converti en prix, ce panier indique le niveau de revenu de stricte reproduction d&#233;finissant la pauvret&#233; extr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;.../... Suite :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7267 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/IMG/doc/doc-532.doc&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Word - 553.5 kio' type=&#034;application/msword&#034;&gt;&lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L64xH64/doc-d03fe.svg?1772796600' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Chapitre 11
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Novembre 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi l'Am&#233;rique latine a une telle incapacit&#233; d'atteindre une croissance &#233;lev&#233;e et r&#233;guli&#232;re ?</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Pourquoi-l-Amerique-latine-a-une-telle-incapacite-d-atteindre-une-croissance-elevee-et-reguliere</link>
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		<dc:date>2005-11-15T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Salama</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es quatre vingt la croissance est plus faible et davantage volatile en Am&#233;rique latine qu'en Asie. Dans les ann&#233;es quatre vingt, le taux de croissance annuel par t&#234;te est n&#233;gatif ou voisin de z&#233;ro (Br&#233;sil). A l'exception de la Colombie et de quelques petits pays, les in&#233;galit&#233;s augmentent, la pauvret&#233; s'&#233;tend, s'approfondit et les in&#233;galit&#233;s au sein des pauvres s'accroissent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Certains pays comme l'Argentine, voire le Mexique, ont non seu-lement un taux de croissance par t&#234;te (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Notre-Amerique" rel="directory"&gt;Notre Am&#233;rique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es quatre vingt la croissance est plus faible et davantage volatile en Am&#233;rique latine qu'en Asie. Dans les ann&#233;es quatre vingt, le taux de croissance annuel par t&#234;te est n&#233;gatif ou voisin de z&#233;ro (Br&#233;sil). A l'exception de la Colombie et de quelques petits pays, les in&#233;galit&#233;s augmentent, la pauvret&#233; s'&#233;tend, s'approfondit et les in&#233;galit&#233;s au sein des pauvres s'accroissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains pays comme l'Argentine, voire le Mexique, ont non seu-lement un taux de croissance par t&#234;te sur la d&#233;cennie fortement n&#233;gatif, mais &#233;galement une volatilit&#233; de leur PIB tr&#232;s importante. Dans les ann&#233;es quatre vingt dix le taux de croissance est dans l'ensemble modeste, parfois &#233;lev&#233; pendant quelques ann&#233;es (Argentine), la volatili-t&#233; est prononc&#233;e, mais moins que dans la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, les in&#233;galit&#233;s augmentent moins, voire se stabilisent, &#224; l'exception notable de l'Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, cette relative stabi-lit&#233; cache une profonde red&#233;finition de la distribution des revenus : la courbe de Lorentz se modifie au d&#233;triment des couches moyennes, la pauvret&#233; apr&#232;s avoir diminu&#233; avec la fin des fortes inflations, se stabilise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Asie, par contre, il n'y a apparemment qu'une seule phase caract&#233;ris&#233;e par un taux de croissance par t&#234;te &#233;lev&#233;, voire tr&#232;s &#233;lev&#233; des ann&#233;es quatre vingt &#224; la veille de la profonde crise de la fin des ann&#233;es quatre vingt dix. Cette crois-sance est d'ailleurs consid&#233;rable depuis quarante ans dans certains pays (les &#171; dragons : Cor&#233;e du sud, Taiwan, Singapour et Hong Kong), trente &#224; vingt cinq ans pour d'autres (les &#171; tigres &#187; : Malaisie, Tha&#239;lande, etc et en Chine), et plus r&#233;cemment en Inde. Elle est r&#233;gu-li&#232;re, si on fait exception de la grande crise de la fin des ann&#233;es quatre vingt dix qui a affect&#233; la plupart de ces &#233;conomies, &#224; l'exception notable de la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lire la suite du document complet en PDF de 32 pages :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7265 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/IMG/pdf/doc-530.pdf&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 359.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1772795919' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Salama - Furtado
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ouverture et pauvrete : Quelle ouverture ? de Pierre Salama</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Ouverture-et-pauvrete-Quelle-ouverture-de-Pierre-Salama</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Ouverture-et-pauvrete-Quelle-ouverture-de-Pierre-Salama</guid>
		<dc:date>2005-05-13T09:33:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Salama</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; : &lt;br class='autobr' /&gt;
L'acc&#233;l&#233;ration de la croissance joue positivement sur le niveau de pauvret&#233;, &#224; moins que les in&#233;galit&#233;s s'accroissent tr&#232;s fortement. Dans la litt&#233;rature &#233;conomique, l'ouverture est tr&#232;s souvent pr&#233;sent&#233;e comme un facteur acc&#233;l&#233;rant la croissance &#233;conomique. &lt;br class='autobr' /&gt; Derri&#232;re l'expression &#171; ouverture &#187; se cache tr&#232;s souvent le souhait, si ce n'est l'obligation lors des n&#233;gociations avec les Institutions internationales, que celle-ci soit l'effet d'une politique de libre &#233;change. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acc&#233;l&#233;ration de la croissance joue positivement sur le niveau de pauvret&#233;, &#224; moins que les in&#233;galit&#233;s s'accroissent tr&#232;s fortement. Dans la litt&#233;rature &#233;conomique, l'ouverture est tr&#232;s souvent pr&#233;sent&#233;e comme un facteur acc&#233;l&#233;rant la croissance &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Derri&#232;re l'expression &#171; ouverture &#187; se cache tr&#232;s souvent le souhait, si ce n'est l'obligation lors des n&#233;gociations avec les Institutions internationales, que celle-ci soit l'effet d'une politique de libre &#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'ouverture peut aussi &#234;tre le produit d'une politique &#233;conomique visant &#224; la contr&#244;ler, mobilisant les taux de change, les taux d'int&#233;r&#234;t pr&#233;f&#233;rentiels, les subventions cibl&#233;es, un protectionnisme s&#233;lectif et temporaire. Les effets sur la pauvret&#233;, sont alors fondamentalement diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet de cette contribution est d'analyser les cons&#233;quences sur la pauvret&#233; des diff&#233;rentes mani&#232;res de pratiquer l'ouverture...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7197 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/IMG/doc/doc-447.doc&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Word - 424.5 kio' type=&#034;application/msword&#034;&gt;&lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L64xH64/doc-d03fe.svg?1772796600' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Ouverture et pauvrete
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Am&#233;rique latine, dettes et d&#233;pendance financi&#232;re de l'Etat</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Amerique-latine-dettes-et-dependance-financiere-de-l-Etat</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Amerique-latine-dettes-et-dependance-financiere-de-l-Etat</guid>
		<dc:date>2004-02-10T18:19:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Salama</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Par Pierre Salama * [1]
&lt;br class='autobr' /&gt;
Janvier 2004 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les crises financi&#232;res des ann&#233;es quatre vingt diff&#232;rent profond&#233;ment de celles des ann&#233;es quatre vingt dix. Les premi&#232;res s'expliquent essentiellement par l'ampleur du service de la dette externe et l'obligation de le financer &#224; partir des ressources propres de ces pays. Les secondes ont pour origine des contraintes financi&#232;res externes extr&#234;mement fortes. Dans les deux cas, le d&#233;veloppement de la finance concerne fondamentalement l'Etat. Il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Notre-Amerique" rel="directory"&gt;Notre Am&#233;rique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Pierre Salama *&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Professeur agr&#233;g&#233; des universit&#233;s, Directeur scientifique de la revue Tiers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Janvier 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises financi&#232;res des ann&#233;es quatre vingt diff&#232;rent profond&#233;ment de celles des ann&#233;es quatre vingt dix. Les premi&#232;res s'expliquent essentiellement par l'ampleur du service de la dette externe et l'obligation de le financer &#224; partir des ressources propres de ces pays. Les secondes ont pour origine des contraintes financi&#232;res externes extr&#234;mement fortes. Dans les deux cas, le d&#233;veloppement de la finance concerne fondamentalement l'Etat. Il particularise diff&#233;remment les r&#233;gimes de croissance des ann&#233;es quatre vingt et des ann&#233;es quatre vingt dix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Suite -&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6945 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/IMG/doc/doc-120.doc&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Word - 344.5 kio' type=&#034;application/msword&#034;&gt;&lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L64xH64/doc-d03fe.svg?1772796600' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Texte complet
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Professeur agr&#233;g&#233; des universit&#233;s, Directeur scientifique de la revue Tiers Monde. Je tiens &#224; remercier particu-li&#232;rement mon ami Mamadou Camara pour l'ensemble des observations faites &#224; cette &#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Am&#233;rique latine : La tendence &#224; la stagnation revisit&#233;e </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Amerique-latine-La-tendence-a-la-stagnation-revisitee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Amerique-latine-La-tendence-a-la-stagnation-revisitee</guid>
		<dc:date>2004-02-09T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Salama</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es quatre vingt, les principales &#233;conomies latino-am&#233;ricaines rompent avec le trend de croissance forte des ann&#233;es cinquante &#224; soixante dix et connaissent des difficult&#233;s de grande ampleur. Le service de la dette externe s'&#233;l&#232;ve &#224; plusieurs points du PIB et se traduit par un transfert net de capitaux de ces pays vers les banques des pays d&#233;velopp&#233;s. M&#234;me non assur&#233; int&#233;gralement, ce service de la dette, &#224; partir d'un terreau inflationniste, provoque une acc&#233;l&#233;ration de la hausse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Notre-Amerique" rel="directory"&gt;Notre Am&#233;rique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es quatre vingt, les principales &#233;conomies latino-am&#233;ricaines rompent avec le trend de croissance forte des ann&#233;es cinquante &#224; soixante dix et connaissent des difficult&#233;s de grande ampleur. Le service de la dette externe s'&#233;l&#232;ve &#224; plusieurs points du PIB et se traduit par un transfert net de capitaux de ces pays vers les banques des pays d&#233;velopp&#233;s. M&#234;me non assur&#233; int&#233;gralement, ce service de la dette, &#224; partir d'un terreau inflationniste, provoque une acc&#233;l&#233;ration de la hausse des prix et, dans plusieurs pays, l'hyperinflation se d&#233;veloppe, per-siste tout en &#233;vitant, &#224; de rares exceptions pr&#232;s, de prendre un caract&#232;re explosif. La croissance par t&#234;te sur la p&#233;riode est soit n&#233;gative, soit proche de z&#233;ro. Le taux d'investissement chute et on assiste &#224; une mont&#233;e en puissance des activit&#233;s financi&#232;res concentr&#233;es dans l'achat de bons du tr&#233;sor. La distribution des revenus, de plus en plus in&#233;gale, se traduit par une bipolari-sation des revenus au d&#233;triment des couches les plus modestes et des deux tiers des couches moyennes. La pauvret&#233; et la pauvret&#233; extr&#234;me augmentent. L'ensemble de ces caract&#233;ristiques s'inscrit dans un contexte de poursuite du protectionnisme, d'inefficacit&#233; croissante de l'Etat, de perte de cr&#233;dibilit&#233; de ses politiques &#233;conomiques, de paiement d'une part significative du ser-vice de la dette externe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es quatre vingt dix, ces &#233;conomies connaissent un processus soudain et rapide de lib&#233;ralisation de l'ensemble des march&#233;s : lib&#233;ralisation brutale du compte marchandises et du compte capital de la balance des paiements ; retrait de l'Etat de l'&#233;conomique (r&#233;duction substantielle des subventions &#224; l'industrie notamment &#224; l'exportation, puis privatisation massive, lucrative pour les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, nationaux et &#233;trangers, source d'un essor de la corruption) ; r&#233;duction massive des pr&#234;ts bonifi&#233;s au profit d'une hausse des taux d'int&#233;r&#234;t cens&#233;s r&#233;duire la r&#233;pression financi&#232;re suppos&#233;e. La lib&#233;ralisation plus tardive, probablement plus prudente, du march&#233; du travail se caract&#233;rise &#224; la fois par une pr&#233;carisation croissante dans l'utilisation de la force de travail, et des parcours de vie caract&#233;ris&#233;s essentiellement par un d&#233;crochage des sa-laires r&#233;els de la productivit&#233; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lib&#233;ralisation des march&#233;s cr&#233;dibilise la nouvelle politique &#233;conomique aupr&#232;s des mar-ch&#233;s financiers internationaux et des r&#233;sidents. L'hyperinflation dispara&#238;t avec la stabilisation relative du taux de change nominal. Mieux, ce dernier tend &#224; s'appr&#233;cier avec l'afflux de capi-taux sp&#233;culatifs attir&#233;s par la politique des taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s, par l'assurance qu'ils pourront rapatrier leurs capitaux avec des co&#251;ts de transaction faibles, acc&#233;l&#233;rant l'appr&#233;ciation du taux de change r&#233;el provoqu&#233; par la r&#233;duction rapide de leur &#233;cart d'inflation avec les pays d&#233;velop-p&#233;s. La fin des hyperinflations am&#233;liore pour un temps bref le revenu des cat&#233;gories les plus modestes et les plus pauvres parmi les pauvres connaissent une augmentation sensible de leur pouvoir d'achat. L'ampleur de la pauvret&#233; r&#233;gresse de plusieurs points. Cette am&#233;lioration du pouvoir d'achat, la r&#233;duction de l'&#233;pargne et l'emprunt d'autres couches de la population plus ais&#233;e, gonflent la demande finale, diminuent les capacit&#233;s de production oisives et la croissance repart - lorsqu'elle &#233;tait absente - sans effort d'investissement dans un premier temps. Les m&#233;canismes, keyn&#233;siens, qui ont permis ce renversement de situation ont &#233;t&#233; maintes fois d&#233;-crits et nous ne reviendrons pas dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets de cette lib&#233;ralisation sont loin de correspondre aux attentes. Certes l'hyperinflation a disparu et ces &#233;conomies se trouvent en harmonie avec la p&#233;riode non inflationniste que connaissent les principales &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es et les &#233;conomies semi industrialis&#233;es d'Asie depuis le d&#233;but des ann&#233;es quatre vingt, avec dix ans de retard. Mais, force est de constater cependant plusieurs points n&#233;gatifs : premi&#232;rement le taux de croissance moyen de la d&#233;cennie les ann&#233;es quatre-vingt-dix est tr&#232;s en de&#231;&#224; des taux de croissance moyens des ann&#233;es 50, 60 et 70 jusqu'&#224; la crise de la dette de 1982. Pour un ensemble de raisons qu'il conviendra d'analyser, ces &#233;conomies ne parviennent pas &#224; conna&#238;tre une augmentation sensible et surtout durable du taux de croissance, &#224; l'inverse de ce qu'on observe dans de nombreux pays asiati-ques. Deuxi&#232;mement le retour de la croissance lors des ann&#233;es quatre vingt dix n'a pas conduit &#224; une am&#233;lioration de la situation des plus pauvres, &#224; l'exception des deux premi&#232;res ann&#233;es de stabilisation relative des prix. Une fois pass&#233;e les premiers effets positifs produits par la fin de l'hyperinflation, on observe une difficult&#233; certaine &#224; r&#233;duire l'ampleur de la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'exception de l'Argentine dans les ann&#233;es 90, on peut toutefois noter que le processus de bipolarisa-tion, s'est att&#233;nu&#233;e et que les in&#233;galit&#233;s de revenus, situ&#233;es &#224; un niveau extr&#234;mement &#233;lev&#233;, ne croissent pas de mani&#232;re significative sauf lors des p&#233;riodes de crise ouverte et des premiers lendemains de reprise &#233;conomique. La troisi&#232;me caract&#233;ristique de ce r&#233;gime de croissance institu&#233;e dans les ann&#233;es 90 est une forte volatilit&#233; du taux de croissance qui, &#224; la diff&#233;rence de celle observ&#233;e lors de la d&#233;cennie perdue des ann&#233;es quatre vingt est moins &#233;lev&#233;e et se situe sur un trend l&#233;g&#232;rement croissant sur la p&#233;riode. Cette volatilit&#233; ne prend cependant pas les m&#234;mes formes au Br&#233;sil et en Argentine ou au Mexique, trois &#233;conomies dont le poids en Am&#233;-rique latine est d&#233;terminant. Cette volatilit&#233; a des effets d'hyst&#233;risis importants : la hausse de l'ampleur de la pauvret&#233; se poursuit y compris lors des premi&#232;res ann&#233;es de reprise et il faut attendre quelques ann&#233;es pour que ce processus cesse, voir s'inverse. Quatri&#232;mement ces r&#233;-gimes de croissance se caract&#233;risent par une internationalisation financi&#232;re tr&#232;s prononc&#233;e : l'ouverture soudaine et de grande ampleur du compte capital de la balance des paiements in-s&#232;re imm&#233;diatement ces &#233;conomies dans ce qu'il est que convenu d'appeler &#171; l'&#233;conomie monde &#187; alors que la lib&#233;ralisation brutale du compte marchandises n'aboutit pas, &#224; l'exception du cas mexicain, &#224; la mise en place d'&#233;conomies ouvertes, les taux d'ouverture, bien que plus &#233;lev&#233;s, restant relativement modestes. C'est cette dominante financi&#232;re de leur r&#233;gime de crois-sance qui conf&#232;re &#224; l'&#233;volution du PIB une forte et singuli&#232;re volatilit&#233; dans la mesure o&#249; les deux versants de l'&#233;conomie : le &#171; financier &#187; et le &#171; r&#233;el &#187; ont des sensibilit&#233;s diff&#233;rentes aux chocs externes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'obligation d'attirer des capitaux lorsque ceux-ci sont en nombre insuffisant par rapport aux besoins de financement, ou de freiner une fuite de capitaux, incitent en g&#233;n&#233;-ral les gouvernements &#224; hausser consid&#233;rablement les taux d'int&#233;r&#234;t, variable d'ajustement privil&#233;gi&#233;e, g&#233;n&#233;ratrice de r&#233;cession ou de son aggravation lorsque celle-ci est d&#233;j&#224; pr&#233;sente.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut caract&#233;riser ces r&#233;gimes de croissance par trois traits : une dominante financi&#232;re forte et singuli&#232;re, une intervention de l'Etat r&#233;duite dans l'&#233;conomique, une reproduction des in&#233;gali-t&#233;s &#224; un niveau &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet de cet article est de montrer que ces r&#233;gimes de croissance &#224; dominante financi&#232;re pro-voquent une tendance &#224; la stagnation qu'on pourrait caract&#233;riser d'ondulatoire. On l'observe empiriquement, elle est peu th&#233;oris&#233;e. En s'inspirant des travaux de la Cepal des ann&#233;es soixante et plus particuli&#232;rement de Celso Furtado, nous montrerons que le mode de croissance sp&#233;cifique que ces &#233;conomies empruntent, depuis le d&#233;but des ann&#233;es quatre vingt dix, favorise le c&#244;t&#233; rentier d&#233;j&#224; pr&#233;sent des investisseurs et conduit &#224; une croissance par t&#234;te faible. Cette croissance est volatile. La volatilit&#233; agit en retour sur la croissance en la minant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. La tendance &#224; la stagnation :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se de la tendance &#224; la stagnation a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e par la Cepal et plus particuli&#232;rement par Celso Furtado. Cette th&#232;se explique que la tendance &#224; la stagnation a deux origines : la premi&#232;re vient de l'impossibilit&#233; de poursuivre le processus de substitution des importations lourdes en raison de la rigidit&#233; croissante de la structure des importations. La contrainte ex-terne, hier source de dynamisme (&#171; la croissance tir&#233;e par le march&#233; int&#233;rieur &#187;) se transforme peu &#224; peu en son contraire. La poursuite du processus suscite en effet des importations de biens d'&#233;quipement et de produits interm&#233;diaires telles qu'&#224; un moment, la valeur des biens import&#233;s d&#233;passe celle des biens qu'on cherche &#224; substituer par une production locale. Si le pays ne parvient pas &#224; s'endetter de mani&#232;re suffisante, le manque relatif de devises rend im-possible l'int&#233;gralit&#233; de la conversion de l'argent en capital dans le secteur industriel du fait de l'impossibilit&#233; d'importer des biens d'&#233;quipement en nombre suffisant. L'augmentation des prix relatifs des biens de production qui en r&#233;sulte, rend &#233;galement plus co&#251;teux l'investissement dans l'industrie et l'argent s'oriente alors davantage vers d'autres lieux de valorisation, n&#233;cessi-tant moins d'importations, comme l'immobilier, et vers la consommation de produits dits de luxe (biens durables, immobilier&#8230;) et donc moins vers l'investissement dans le secteur industriel. Le taux de croissance de la formation brute de capital fixe fl&#233;chit, la consommation improductive croit, les prix relatifs sont affect&#233;s et le comportement rentier des entrepreneurs s'accentue. La d&#233;formation des prix relatifs favorise l'essor de la sp&#233;culation sur les biens immobiliers. La fragi-lit&#233; d'une telle d&#233;monstration est qu'elle pr&#233;suppose qu'il y ait des obstacles dirimants &#224; l'emprunt externe. A l'&#233;poque, une telle appr&#233;ciation &#233;tait erron&#233;e puisque ces pays ont initi&#233; d&#232;s les ann&#233;es soixante dix un fort processus d'endettement externe &#224; la faveur de la sur-liquidit&#233; de l'&#233;conomie internationale suite &#224; l'&#233;l&#233;vation du prix du p&#233;trole et l'apparition des p&#233;trodollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde raison &#224; la tendance &#224; la stagnation, plus originale, explique la faiblesse des taux de croissance essentiellement par des &#233;volutions divergentes de la demande de biens durables, de leurs inputs et de biens d'&#233;quipement et de l'offre de ces biens. Du c&#244;t&#233; de la demande de ces biens, la responsabilit&#233; principale &#233;tait la tr&#232;s forte in&#233;galit&#233; des revenus, entretenue par le mode de croissance de substitution d'importations de biens lourds. Du c&#244;t&#233; de l'offre, l'influence plus forte que par le pass&#233; de la contrainte technologique internationale se traduit par une augmentation de la dimension optimale de production, et ce malgr&#233; un niveau de protection-nisme relativement &#233;lev&#233;, les &#233;conomies restant peu ouvertes. Les dimensions de la demande et de l'offre de ces produits sp&#233;cifiques (biens durables mais aussi biens interm&#233;diaires et biens de production n&#233;cessaires &#224; leur production) ne subissent pas les m&#234;mes logiques et tendent &#224; de moins en moins correspondre. Or il s'agit des produits les plus dynamiques, caract&#233;ris&#233;s par une forte &#233;lasticit&#233; de la demande par rapport au revenu, susceptibles d'avoir des effets d'entra&#238;nement consid&#233;rables - en amont et en aval - sur le reste de l'&#233;conomie. Voyons plus pr&#233;cis&#233;ment cette contradiction.&lt;br class='autobr' /&gt;
La courbe de la demande n'est pas lin&#233;aire mais bris&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La demande se caract&#233;rise en effet par son coude. Selon l'expression de Sweezy, la demande serait &#171; coud&#233;e &#187; : les in&#233;galit&#233;s de re-venus &#233;tant tr&#232;s prononc&#233;es, les couches basses de revenus (la majeure partie de la popula-tion) ne peuvent acc&#233;der aux biens durables importants, notamment et surtout ceux produits par l'industrie automobile. C'est pourquoi dans la litt&#233;rature, on a pu nommer ces biens comme &#233;tant &#171; des biens de luxe &#187;, reprenant ainsi l'expression de Ricardo, afin de les opposer aux biens ouvriers, ou biens de consommation non durables. L'originalit&#233; de l'approche de la Cepal est qu'au-del&#224; des raisons historiques qui sont &#224; l'origine de ces in&#233;galit&#233;s profondes (modes de colonisation de peuplement de ces pays), la poursuite des d&#233;formations de la distribution des revenus s'explique pour l'essentiel par le r&#233;gime de croissance adopt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A : un petit retour en arri&#232;re :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrialisation accompagne l'&#233;conomie exportatrice. Elle est plus ou moins importante selon la nature du produit export&#233;, l'intensit&#233; &#187; du commerce avec les &#233;conomies du Centre. Elle vient de la mon&#233;tarisation (industrie de biens de consommation), de l'entretien des infrastructures (industries m&#233;caniques), des &#233;conomies d'agglom&#233;ration li&#233;es aux villes portuaires (industrie du b&#226;timent). Elle est frein&#233;e par les diktats des &#233;conomies du centre craignant une concurrence sur leurs produits et la consolidation de ces pays de nature &#224; remettre en cause leur domina-tion. Elle utilise une main d'&#339;uvre immigr&#233;e d'origine europ&#233;enne et relativement peu de paysans. Tel est moins le cas lorsque l'industrialisation, suite &#224; la crise grave des ann&#233;es trente que les pays du Centre connaissent, se d&#233;veloppe, apr&#232;s une phase de crise &#233;galement. La main d'&#339;uvre immigr&#233;e et celle qui vient des campagnes, peu mon&#233;taris&#233;es, seront utilis&#233;es dans de petites entreprises &#224; faible intensit&#233; capitalistique. A la premi&#232;re phase de substitution d'importation l&#233;g&#232;re correspond donc un fort processus de mon&#233;tarisation : les paysans migrent vers les villes et offrent leur force de travail non qualifi&#233;e &#224; une industrie productrice de biens de consommation et de production simple. Le spectre des revenus de ces travailleurs est faible et on a pu caract&#233;riser la distribution des revenus (mon&#233;taris&#233;s) &#171; d'horizontale &#187; pour la dis-tinguer de celle qui va suivre avec la mise en place d'une industrie plus sophistiqu&#233;e, produisant biens interm&#233;diaires, de production et des biens de consommation durables. Cette nouvelle phase se caract&#233;rise par une substitution des importations lourdes. La forte intensit&#233; capitalisti-que s'accompagne d'une diff&#233;renciation profonde de la main d'&#339;uvre absorb&#233;e : les spectre des qualifications s'&#233;largit et avec lui celui des revenus salariaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commence &#224; appara&#238;tre de mani&#232;re significative une demande particuli&#232;re, celle des couches moyennes en expansion (techniciens, ing&#233;nieurs) g&#233;n&#233;r&#233;e par ce type d'industrialisation plus lourd et davantage sophis-tiqu&#233;, demande portant de plus en plus sur des biens de consommation durables. La croissance de la main d'&#339;uvre absorb&#233;e fl&#233;chit et comme le processus de mon&#233;tarisation se poursuit en raison de l'attrait des villes, de l'expulsion &#233;conomique des campagnes peu mon&#233;taris&#233;es, la main d'&#339;uvre en exc&#232;s occupe des emplois informels, peu r&#233;mun&#233;r&#233;s. Dans cette configuration la distribution des revenus tend &#224; devenir &#171; verticale &#187;. Les in&#233;galit&#233;s augmentent &#224; partir d'un seuil d&#233;j&#224; &#233;lev&#233; et les raisons de cette &#233;l&#233;vation sont endog&#232;nes au r&#233;gime de croissance adop-t&#233;e. Tant que la demande des couches moyennes reste en harmonie avec les dimensions de l'offre des biens durables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La d&#233;pendance technologique est forte quand bien m&#234;me ces &#233;conomies restent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le cercle enclench&#233; par ce type d'industrialisation est vertueux. Il arrive un moment o&#249; le revenu des trente - quarante pour cent de la population la plus ais&#233;e n'est pas suffisant face &#224; la mont&#233;e des dimensions optimales de l'offre de biens durables et ses inputs (produits interm&#233;diaires et biens d'&#233;quipement)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On voit aussi imm&#233;diatement qu'une telle analyse est pertinente si aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution divergente des structures d'offre et de demande de ces produits est &#224; l'origine de capacit&#233;s de production oisives importantes. L'alourdissement des co&#251;ts unitaires qui en r&#233;sulte peut alors &#234;tre partiellement compens&#233;e par une hausse de leurs prix (alimentant ainsi l'inflation structurelle) permise par le degr&#233; de protection &#233;lev&#233; dont ces &#233;conomies b&#233;n&#233;ficient. La hausse du prix relatif des biens d'&#233;quipement par rapport aux biens de consommation non durable, rend l'investissement plus co&#251;teux. Nous sommes en pr&#233;sence d'un biais &#171; capital using &#187; au sens de Robinson, biais qui affecte n&#233;gativement la rentabilit&#233; du capital et freine les possibilit&#233;s d'une croissance &#233;lev&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A l'inverse, dans les ann&#233;es quatre vingt dix, l'appr&#233;ciation des monnaies (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le protectionnisme, m&#234;me &#233;lev&#233;, n'&#233;tant cependant pas de l'autarcie, des limites existent &#224; la hausse des prix relatifs et celle-ci peut &#234;tre insuffisante pour assurer un taux de valorisation suffisant. On se trouve d&#232;s lors devant le paradoxe suivant, les entreprises sont contraintes d'investir dans des technologies qui, si elles ne sont pas de pointe, sont n&#233;anmoins sophisti-qu&#233;es tout en &#233;tant souvent de seconde main, et dont la mise en oeuvre, toutes choses &#233;tant &#233;gales par ailleurs, r&#233;duit leurs marges, ainsi que nous l'avons indiqu&#233; pr&#233;c&#233;demment. Cette r&#233;duction est cependant moindre que s'ils ne l'avaient pas fait. Il en r&#233;sulte qu'elles sont davan-tage fragilis&#233;es et constituent des proies plus faciles pour les investisseurs &#233;trangers. Par ail-leurs la hausse du prix relatif des biens d'&#233;quipement par rapport aux biens de consommation non durables, introduit un biais &#171; capital using &#187; de nature &#224; affaiblir la rentabilit&#233; du capital investi et ce faisant la croissance. Pour ces deux raisons, la tendance &#224; la baisse de la rentabili-t&#233; alimente une tendance &#224; la stagnation &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux r&#233;sultats sont importants. Il s'agit de la premi&#232;re d&#233;monstration dans la litt&#233;rature du d&#233;veloppement &#224; la fois de l'existence de capacit&#233;s de production oisives &#233;lev&#233;es, et du main-tien d'une inflation forte, dite structurelle, dans les ann&#233;es soixante et soixante dix. L'inflation relativement &#233;lev&#233;e, l'existence de fortes capacit&#233;s de production oisives, ne trouvaient pas en effet d'explications scientifiques satisfaisantes autre que celle des n&#233;oclassiques (une demande trop &#233;lev&#233;e qu'il conviendrait de diminuer et une allocation des ressources non optimale qu'il faudrait corriger par une sp&#233;cialisation selon les avantages comparatifs). Cette approche de la Cepal permettait de comprendre, &#224; la fois, pourquoi les industries subissaient une contrainte technologique qui les contraignait &#224; choisir des techniques &#171; capital using &#187;, sur un spectre de techniques r&#233;duit &#224; haute intensit&#233; technologique, et pourquoi cependant, ces choix conduisait &#224; un gaspillage de capital et une rentabilit&#233; du capital plomb&#233;e par ces capacit&#233;s oisives, renta-bilit&#233; cependant plus &#233;lev&#233;e que si ce choix n'avait pas &#233;t&#233; fait. Enfin, cette interpr&#233;tation per-mettait de comprendre que l'inflation r&#233;sultait de rigidit&#233;s structurelles et non d'un exc&#232;s de la demande globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B. Les limites et les apports :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de cette &#171; tendance &#187; &#224; la stagnation comme de la tendance &#224; la baisse du taux de profit de Marx. Elle peut &#234;tre contrecarr&#233;e. Mais &#224; la diff&#233;rence de la th&#232;se de Marx, les forces qui pourraient contrecarrer cette tendance ne sont pas produites par les forces &#224; l'origine de ce mouvement. Elles luis sont externes et d&#233;pendant chez les structuralistes de d&#233;cisions publi-ques. Selon la Cepal, cette tendance pouvait &#234;tre contourn&#233;e par une redistribution des revenus en faveur des couches modestes, une r&#233;forme agraire et une action plus soutenue de l'Etat, gr&#226;ce &#224; une politique de change adapt&#233;e, enfin une planification indicative.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous venons de voir combien cette th&#232;se &#233;tait originale. Paradoxalement, le &#171; miracle &#233;cono-mique &#187; br&#233;silien (fin des ann&#233;es soixante aux ann&#233;es soixante dix) ne contredit pas la justesse de cette analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'av&#232;nement de la dictature a permis une redistribution des revenus en faveur dans un premier temps des couches moyennes et de la valorisation du capital dans les secteurs les plus dynamiques de l'industrie. Quelques mots pour d&#233;crire ce processus. La forte chute des revenus des ouvriers (de l'ordre de cinquante pour cent au d&#233;but de la dictature) va r&#233;duire fortement les co&#251;ts salariaux sans affecter la demande de ces secteurs dynamiques dans la mesure o&#249; les ouvriers ne constituent pas une demande de biens durables. Les possibilit&#233;s re-trouv&#233;es de croissance de ce secteur &#233;largissent la dimension de la demande de biens de consommation durables dans la mesure o&#249; la structure des emplois favorise l'utilisation d'une main d'&#339;uvre qualifi&#233;e &#224; pouvoir d'achat plus &#233;lev&#233;e. La &#171; verticalisation &#187; de la distribution des revenus analys&#233;e auparavant tend &#224; s'accentuer et avec elle augmente le poids des couches moyennes et leur demande pour les biens durables. Cette structuration diff&#233;rente du tissu in-dustriel en faveur de ce secteur plus dynamique que celui des biens de consommation non du-rables suscite et la dynamique retrouv&#233;e, suscitent une demande forte de biens d'&#233;quipement (et de produits interm&#233;diaires davantage g&#233;r&#233;s par l'Etat) et freine la hausse de leurs prix rela-tifs, voire l'inverse selon les cas et la dur&#233;e du processus. Certes la demande de biens non du-rables, moins dynamique, subira le contrecoup de cette baisse de pouvoir d'achat pendant de nombreuses ann&#233;es. La l&#233;thargie qui caract&#233;risera les entreprises de ce secteur les affaiblira et nombre d'entre elles deviendront une proie facile pour les investisseurs &#233;trangers. Mais la valo-risation retrouv&#233;e, jointe &#224; un d&#233;veloppement du secteur des services (marketting, cr&#233;dit &#224; moyen terme), favorisera l'embauche de cadres dont le niveau de revenu permettra de gonfler la demande pour ces biens. Ainsi tant du c&#244;t&#233; de la demande que de l'offre, un cercle vertueux se mettra en place. La redistribution des revenus aura ainsi &#233;t&#233; permise par une hausse du taux d'exploitation des ouvriers, un essor des couches moyennes et la correspondance retrouv&#233;e entre dimension de cette offre et dimension de cette demande entretiendra un processus ver-tueux endog&#232;ne, &#224; la condition toutefois que l'Etat continue &#224; intervenir dans les secteurs les plus lourds (produits interm&#233;diaires et &#233;nerg&#233;tiques). L'approche colbertiste de l'intervention publique de la dictature br&#233;silienne, &#224; l'inverse de celle des dictatures argentine caract&#233;ris&#233;e par une influence forte du mon&#233;tarisme, permit cette harmonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se de la tendance &#224; la stagnation permet de comprendre l'essentiel du &#171; miracle &#187; &#233;co-nomique du Br&#233;sil et du ralentissement &#233;conomique de l'Argentine &#224; la m&#234;me &#233;poque. Cepen-dant, la croissance tr&#232;s forte du Br&#233;sil met aussi en relief certaines insuffisances de cette th&#232;se. Nous l'avons indiqu&#233; en note : la demande de biens durables est endog&#232;ne, analys&#233;e de ma-ni&#232;re relative, celle de leur offre est exog&#232;ne (d&#233;pendance technologique), et pr&#233;sent&#233;e de mani&#232;re absolue. Il est exact que l'approche en terme relatif de la demande se traduit en terme absolu, mais il en demaure pas moins qu'un glissement dans l'analyse est introduit, glissement qui affaiblit le raisonnement quand bien m&#234;me ponctuellement on puisse observer une harmo-nie ou une disharmonie entre les &#233;volutions respectives de leur dimension. Il faut aurait fallu analyser d'abord les dimensions absolues et ensuite leurs &#233;volutions potentielles par la distribu-tion des revenus pour l'une et la contrainte externe pour l'autre. Celles-ci diff&#232;rent selon les pays : le Br&#233;sil, le Mexique, voire l'Argentine, malgr&#233; des in&#233;galit&#233;s tr&#232;s importantes pour les deux premiers, ont un march&#233; pour de nombreux biens durables comparables a de nombreux pays europ&#233;ens, tel n'est pas le cas du Chili ou de la Colombie par exemple. Celles-ci diff&#232;rent &#233;galement selon les biens durables : la production de certains biens n&#233;cessite une dimension telle qu'elle ne peut &#234;tre entreprise dans la plupart de ces pays. Nous pouvons d&#232;s &#224; pr&#233;sent noter qu'une intervention de l'Etat, directe ou indirecte, peut permettre l'acc&#232;s &#224; certaines in-dustries &#224; forte dimension, les pertes &#233;tant socialis&#233;es. C'est d'ailleurs aussi un des facteurs qui explique la forte pr&#233;sence de l'Etat dans le secteur des biens les plus lourds &#224; cette &#233;poque, un autre &#233;tant l'incapacit&#233; des bourses &#224; centraliser suffisamment de capitaux pour mettre en place les industries de ce secteur. Une seconde faiblesse, li&#233;e &#224; la pr&#233;c&#233;dente, est de ne pas avoir suffisamment consid&#233;r&#233; les biens de consommation durables selon leur accessibilit&#233; &#224; la demande de couches modestes et pauvres. On sait aujourd'hui que toute une s&#233;rie de biens comme les r&#233;frig&#233;rateurs par exemple, sont accessibles &#224; une fraction importante de ceux d&#233;fi-nis comme pauvres. Une troisi&#232;me faiblesse est de ne pas avoir accord&#233; suffisamment d'importance aux conditions de la production. L'analyse semble rester souvent au niveau de la circulation (l'offre d'une industrie face &#224; la demande d'un segment de la population). Nous l'avons soulign&#233; lorsque mettant en avant l'augmentation soudaine et importante du taux d'exploitation des ouvriers, nous avons indiqu&#233; que celle-ci permettait une r&#233;duction des co&#251;ts, et donc une meilleure valorisation dans les branches dynamique de l'industries, mais aussi de mani&#232;re d&#233;riv&#233;e, un essor des couches moyennes, port&#233;e &#224; la fois par l'essor de ce secteur ( la composition des qualifications &#233;tant diff&#233;rente que dans le secteur de biens l&#233;gers, et la part des travailleurs qualifi&#233;e plus importante) et l'apparition d'un secteur de service (marketting, cr&#233;dit &#224; moyen terme). C'est ce d&#233;veloppement cons&#233;quent des couches dites moyennes qui nous avait conduit (Salama,1976) &#224; qualifier le r&#233;gime d'accumulation &#224; la fois par sa capacit&#233; &#224; exclure une grande partie de la population des b&#233;n&#233;fices de la croissance, ou tout au moins a les en faire b&#233;n&#233;ficier &#224; la marge, et par cette &#171; troisi&#232;me demande &#187; dont l'harmonie avec le secteur des biens de consommation durable, entretenait un cercle vertueux de croissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais avant d'analyser cet aspect essentiel aujourd'hui, il convient de fermer provisoirement cette parenth&#232;se et de rester sur les aspects &#171; r&#233;els &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se de la tendance &#224; la stagnation reste pertinente par de nombreux aspects : les fortes in&#233;galit&#233;s rendent difficile une augmentation du taux de formation brute du capital, ce dernier &#171; stagnant &#187; &#224; un niveau faible lorsqu'on le compare &#224; celui atteint dans les &#233;conomies asiati-ques, caract&#233;ris&#233;es par des in&#233;galit&#233;s bien plus faibles. Cette in&#233;galit&#233; importante permet &#224; 30% approximativement de la population d'avoir un niveau de revenu plus ou moins &#233;quivalent &#224; celui correspondant aux m&#234;mes couches des pays dits d&#233;velopp&#233;s. Elle alimente un compor-tement &#171; rentier &#187; alors m&#234;me que les taux de valorisation du capital peuvent &#234;tre satisfaisants. Tant que cette in&#233;galit&#233; n'est pas contrebalanc&#233;e par une intervention cons&#233;quente de l'Etat dans la sph&#232;re &#233;conomique (politique industrielle active), on peut consid&#233;rer que les facteurs favorisant la tendance &#224; la stagnation continuerons &#224; pr&#233;dominer. En ce sens la th&#232;se de la tendance &#224; la stagnation des ann&#233;es soixante - soixante dix conserve une grande part de perti-nence et peut servir de base &#224; l'&#233;laboration d'une nouvelle th&#233;orie de la stagnation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Vers une nouvelle th&#233;orie de la tendance &#224; la stagnation :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A : des in&#233;galit&#233;s qui confortent un comportement rentier :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position d&#233;velopp&#233;e dans cette &#233;tude est post keyn&#233;sienne. L'offre et la demande sont s&#233;pa-r&#233;es et d&#233;pendantes. La demande est premi&#232;re, que ce soit celle provenant du march&#233; int&#233;rieur ou bien celle issue des march&#233;s ext&#233;rieurs. Selon cette d&#233;marche les entrepreneurs &#233;valuent la demande et, si les conditions de valorisation sont jug&#233;es satisfaisantes en terme aussi bien absolus que relatifs, si le financement de l'investissement ne rencontre pas d'obstacle (taux d'int&#233;r&#234;t trop &#233;lev&#233;, charges de leur dette d&#233;passant un seuil jug&#233; dangereux, etc), ils investis-sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation de l'investissement produit un accroissement des revenus, g&#233;n&#233;rateurs d'une &#233;pargne suppl&#233;mentaire. On reconna&#238;t ici le raisonnement keyn&#233;sien classique. C'est un raisonnement de ce type qui permet de comprendre en partie la forte conjoncture des Etats-Unis dans les ann&#233;es quatre vingt dix : les m&#233;nages ont un comportement d&#233;pensier (la de-mande effective est &#233;lev&#233;e et croissante) aliment&#233; pour une fraction d'entre eux par des antici-pations favorables quant &#224; l'&#233;volution de leur patrimoine virtuel, dues &#224; la hausse des cours &#224; la bourse de valeurs, du prix des biens immobiliers, permettant la r&#233;alisation de plus value par la vente d'actions destin&#233;e &#224; la consommation, et par des possibilit&#233;s d'emprunt importantes. La demande impulse l'offre, encore une fois si les conditions de valorisation requises sont satisfai-tes. A l'inverse, on pourrait consid&#233;rer qu'un comportement favorisant l'&#233;pargne aurait frein&#233; la croissance, alors m&#234;me que le financement de l'investissement aurait &#233;t&#233; plus ais&#233;. On sait &#233;galement que la mont&#233;e en puissance de la croissance en Cor&#233;e, &#224; Ta&#239;wan &#224; la fin des ann&#233;es cinquante n'&#233;tait pas du &#224; l'ouverture de leurs fronti&#232;res et &#224; l'essor des exportations (Ro-drik,2001), contrairement &#224; ce que pensent les &#233;conomistes du &#171; mainstream &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'investissement a &#233;t&#233; premier, il s'est mat&#233;rialis&#233; par des importations de biens d'&#233;quipement importantes et ce n'est qu'ensuite que la part des exportations dans le PIB a cru. La croissance a pr&#233;c&#233;d&#233; l'augmentation des exportations. L'investissement massif, source de la croissance, a &#233;t&#233; possible parce que la balance commerciale a pu &#234;tre d&#233;ficitaire et que l'aide de l'Etat a &#233;t&#233; directement ou indirectement massive. Cette remarque n'a cependant pour objet d'exclure le r&#244;le des d&#233;bouch&#233;s externes dans la croissance. Ceux-ci peuvent alimenter l'investissement dans un second temps et vivifier la croissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous savons que l'industrialisation en Am&#233;rique latine a &#233;t&#233; possible gr&#226;ce &#224; la constitution d'un march&#233; int&#233;rieur, r&#233;ponse &#224; une contrainte externe subie. La migration des campagnes vers les villes fournit la main d'&#339;uvre salari&#233;e et dynamise la demande de biens de consommation et de production l&#233;gers dans une premi&#232;re &#233;tape. Ce qui importe dans ce processus est surtout que cette migration et cette salarisation se traduisent par une mon&#233;tarisation de la force de travail. Celle-ci agit comme une demande pr&#233;alable, un peu comme le d&#233;placement de la fronti&#232;re de l'ouest au 19&#176; si&#232;cle explique l'industrialisation aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrialisation latino am&#233;ricaine ne g&#233;n&#232;re plus un tel processus aujourd'hui : les &#233;conomies sont mon&#233;taris&#233;es et la reproduction de la force de travail passe par le march&#233; pour l'essentiel. Il n'y a donc plus de &#171; r&#233;serve &#187; de ce type possible, la fronti&#232;re de la mon&#233;tarisation ayant &#233;t&#233; atteinte. Reste &#224; priori deux possibilit&#233;s : soit le revenus augmentent, impulsant un renouveau &#224; la dynamique du capital, soit les march&#233;s externes deviennent davantage accessibles. Ces deux possibilit&#233;s ne sont pas exclusives l'une de l'autre. Mieux, la dynamisation de l'un passe par la dynamisation de l'autre et il serait vain de choisir une option ind&#233;pendamment de l'autre en raison du contexte de globalisation. En termes plus clairs, cela signifie qu'une redistribution des revenus susceptible d'augmenter le pouvoir d'achat des cat&#233;gories modestes et pauvres et de dynamiser les industries correspondantes, n'est viable &#224; moyen et long terme que si les contraintes de comp&#233;titivit&#233; sont prises en consid&#233;ration. L'essor du march&#233; interne passe par celui du march&#233; externe. C'est ce qui rend d'ailleurs difficile le changement de r&#233;gime de crois-sance. Cette remarque faite, analysons quelques sp&#233;cificit&#233;s produites par les fortes in&#233;galit&#233;s de revenus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi que nous l'avons soulign&#233; pr&#233;c&#233;demment, ces &#233;conomies se caract&#233;risent par une tr&#232;s forte in&#233;galit&#233; des revenus. L'industrialisation a provoqu&#233; une modification de la structure des in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bipolaris&#233;e avec une distance consid&#233;rable entre le revenu des 5% les plus riches et le reste de la population mon&#233;taris&#233;e, lors de la phase exportatrice, la structure des revenus a &#233;volu&#233; avec l'industrialisation : dans un premier temps, la concentration des revenus s'est &#171; ho-rizontalis&#233;e &#187;, dans un second &#171; verticalis&#233;e &#187;. On est pass&#233; d'une bipolarisation &#224; une struc-ture tripolaire : les 5% les plus ais&#233;s, les 30% qui suivent et enfin de mani&#232;re tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;ne, le reste de la population. Cette d&#233;composition de la population semblait s'identifier &#224; celle de la formation sociale : notables, grands propri&#233;taires industriels et terriens d'abord, couches moyennes ensuite, ouvriers et paysans enfin, et a conduit parfois &#224; une approche sociologique de la formation sociale pour le moins primaire et superficielle. Quoi qu'il en soit, cette approche tripolaire de la demande semblait &#233;galement correspondre &#224; une approche tri - sectorielle de l'offre : les biens d'&#233;quipement sont demand&#233;s par les entreprises, les biens de consommation non durables par 35 &#224; 40% de la population la plus ais&#233;e, les biens de consommation non du-rables par les 65% restant, l&#233;gitimant une approche th&#233;orique par grandes sections (biens de capital, &#171; de luxe &#187; et &#171; ouvriers &#187;), &#224; partir de &#233;quations de reproduction revisit&#233;es par Kalec-ki. Riche, cette approche &#233;tait cependant quel que peu r&#233;ductrice : les 5% &#224; 10% de la popula-tion la plus riche sont loin d'avoir un comportement investisseur agressif ; les biens de consommation durables deviennent pour partie des &#171; biens ouvriers &#187; et cessent d'&#234;tre exclusi-vement des &#171; biens de luxe &#187;, notamment pour ceux dont le prix n'est pas tr&#232;s &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, compte tenu du revenu moyen de la population largement inf&#233;rieur &#224; celui des pays d&#233;velopp&#233;s d'un c&#244;t&#233;, et d'un autre c&#244;t&#233; du niveau de revenu atteint par 30 &#224; 35% de la population compa-rable &#224; celui des pays d&#233;velopp&#233;s, et bien que leur structure de d&#233;pense soit assez diff&#233;rente, la distance de leurs revenus moyens avec celle des 65% de la population restante est math&#233;mati-quement beaucoup plus importante que dans les pays d&#233;velopp&#233;s. C'est cette distance qui ex-plique la difficult&#233; pour nombre de biens durables, comme les automobiles, &#224; &#171; se prol&#233;tari-ser &#187; : leur offre ne rencontrant pas de demande solvable de cette fraction de la population &#224; la diff&#233;rence de ce qu'on a pu observer dans les pays d&#233;velopp&#233;s. C'est aussi ce qui explique que lorsque le march&#233; est r&#233;duit de mani&#232;re absolue et de mani&#232;re relative par rapport aux contraintes dimensionnelles de l'offre, les expectatives de croissance pour ce type de biens soient limit&#233;es et qu'on puisse assister au paradoxe d'une valorisation du capital satisfaisante et d'un r&#233;investissement faible, les capitaux pr&#233;f&#233;rant sortir du secteur ou du pays car les perspec-tives d'expansion de ce march&#233; restent peu favorables. L'Argentine des ann&#233;es quatre vingt dix illustre ce type de comportement : valorisation du capital &#233;lev&#233;e dans les grandes entreprises, rapatriement de profits consid&#233;rables jusqu'&#224; l'abandon du plan de convertibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;voqu&#233; la structure des d&#233;penses des couches hautes et moyennes. Celle-ci rev&#234;t de l'importance sur les modes de consommation et d'&#233;pargne de cette couche h&#233;t&#233;rog&#232;ne et favorisent un comportement rentier. Le r&#233;gime de croissance &#224; dominante financi&#232;re tend &#224; produire une nouvelle modification de la structure des revenus. Plus exactement, le niveau des in&#233;galit&#233;s reste plus ou moins stable &#224; un niveau &#233;lev&#233;, mais une nouvelle tendance &#224; la bipola-risation appara&#238;t. Les 5% &#224; 10% de la population la plus ais&#233;e connaissent une augmentation de la part de leurs revenus par rapport au revenu total, les trente pour cent qui suivent se ca-ract&#233;risent par un &#233;cart&#232;lement de leurs revenus : ceux dont le revenu est le plus &#233;lev&#233; suivent l'&#233;volution des 10% sup&#233;rieurs, mais &#224; une vitesse moins forte que ces derniers, les autres connaissent un processus d'appauvrissement relatif. Un m&#233;canisme semblable &#224; celui en cours aux Etats-Unis a donc lieu : les couches moyennes perdent de leur importance et la soci&#233;t&#233; se rapproche de celle du d&#233;but du 20&#176; si&#232;cle. C'est cette soci&#233;t&#233; que fr&#233;quentait Gabdy, h&#233;ros du roman de Fitzg&#233;rald, rappelle Krugman, soci&#233;t&#233; caract&#233;ris&#233;e par nombre d'emplois de service aupr&#232;s des 5 &#224; 10% les plus riches de la population. Ce &lt;i&gt;&#171; come back &#187;&lt;/i&gt; manifeste une r&#233;gres-sion sociale importante. La seule diff&#233;rence toutefois avec les Etats-Unis est que processus op&#232;re en Am&#233;rique latine &#224; partir d'un niveau d'in&#233;galit&#233;s largement sup&#233;rieur &#224; celui des Etats-Unis. Un chiffre permet d'&#233;clairer notre propos : en 1998 selon la BID, le coefficient de Gini des 100% de la population &#233;tait de 0,38 et celui des 90% de la population moins ais&#233;e de 0,35 aux Etats Unis. Le rapport entre les deux Gini n'est donc pas tr&#232;s &#233;lev&#233;. Tel n'est pas le cas du Chili, petit pays et exemple extr&#234;me en Am&#233;rique latine : les chiffres sont respectivement de 0,58 et de 0,27. Pour m&#233;moire, le Gini du Br&#233;sil, grand pays, selon le BID, avoisine 0,6 pour la popula-tion totale et pour quatre vingt dix pour cent d'entre elle 0,44. L'&#233;cart des rapports 90%/100% est donc consid&#233;rable avec les Etats-Unis. Il est alors logique que la structure des d&#233;penses soit affect&#233;e. Plus pr&#233;cis&#233;ment, les d&#233;penses ostentatoires des couches hautes et leur &#171; redistribu-tion &#187; des revenus par l'emploi croissant d'employ&#233;s de maison, ne sont pas de nature &#224; dyna-miser une offre sectorielle et ce faisant une valorisation du capital, hormis dans le secteur du b&#226;timent. Il est vrai que ces couches hautes ont tendance &#224; &#233;pargner davantage que les cou-ches moyennes appauvries, mais une grande partie de leur &#233;pargne se r&#233;fugie dans des fonds qui n' alimentent pas l'investissement. En effet, l'&#233;pargne sert surtout &#224; acheter des bons du tr&#233;sor particuli&#232;rement lucratifs, &#233;mis par l'Etat pour financer le service de sa dette interne, poste devenu principal du budget. Si cette &#233;pargne est d&#233;pos&#233;e dans les banques, elle n'alimente pas non plus, ou peu, le financement des investissements : les taux d'int&#233;r&#234;t sont trop &#233;lev&#233;s pour inciter &#224; l'emprunt les entrepreneurs et les m&#233;nages et l'&#233;pargne d&#233;pos&#233;e ali-mente la demande de liquidit&#233;s de l'Etat pour financer ses dettes et bien peu pour investir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous venons de souligner le r&#244;le jou&#233; par les taux d'int&#233;r&#234;t dans ce r&#233;gime de croissance. Ils sont &#233;lev&#233;s parce qu'ils constituent la variable principale de bouclage de ce r&#233;gime de crois-sance. Ils sont &#233;lev&#233;s afin d'attirer les capitaux en nombre suffisants et faire en sorte que les besoins de financement grandissants soient couverts par des capacit&#233;s de financement venant de l'ext&#233;rieur. Ils sont &#224; l'origine d'arbitrage qui d&#233;favorisent l'investissement au profit de la sp&#233;culation et de comportement dits rentiers, &#224; l'origine d'un ralentissement de la croissance. Ce r&#233;gime de croissance produisant toujours plus de besoin de financement est &#224; l'origine d'une volatilit&#233; importante de l'activit&#233; &#233;conomique. Celle-ci en retour agit n&#233;gativement sur la crois-sance. Une remarque cependant s'impose. Elle vise &#224; souligner les sp&#233;cificit&#233;s des &#233;conomies latino-am&#233;ricaines caract&#233;ris&#233;es par un des in&#233;galit&#233;s tr&#232;s prononc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Asie du sud est, la dominante financi&#232;re est &#233;galement pr&#233;sente, mais les r&#233;gimes de croissance sont diff&#233;rents et les in&#233;galit&#233;s des revenus sont bien plus faibles qu'en Am&#233;rique latine. Cette dominante finan-ci&#232;re explique pour partie leur vuln&#233;rabilit&#233; et la forte crise financiaro-productive qu'elles ont connu &#224; la fin des ann&#233;es quatre vingt dix. Cependant ces &#233;conomies ont connu, connaissent de nouveau une croissance tr&#232;s &#233;lev&#233; et des taux de formation brute de leur capital fixe entre 50 et 70% sup&#233;rieurs &#224; ceux observ&#233;s dans les &#233;conomies latino am&#233;ricaines. Ce n'est donc pas la dominante financi&#232;re qui explique &#224; elle seule le ralentissement &#233;conomique des &#233;conomies latino am&#233;ricaines, mais celle-ci jointe aux in&#233;galit&#233;s importantes et au retrait important de l'Etat de l'&#233;conomique, retrait que nous ne pouvons analyser dans le cadre de cet article, si ce n'est pour souligner que son r&#244;le aujourd'hui consiste surtout &#224; alimenter la financiarisation des activit&#233;s, &#224; consolider les comportements rentiers gr&#226;ce &#224; l'&#233;mission massive de bons du Tr&#233;sor &#224; taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s servant &#224; financer le service de leur dette devenu le poste le plus impor-tant de leur budget&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En allant un peu plus loin, les difficult&#233;s &#224; financer l'int&#233;gralit&#233; du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette remarque importante faite, nous pouvons &#224; pr&#233;sent analyser le cer-cle vicieux de la croissance due &#224; cette dominante financi&#232;re encastr&#233;e dans des in&#233;galit&#233;s de revenus substantielles et un retrait de l'Etat de l'&#233;conomique cons&#233;quent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B. La consolidation d'une &#233;conomie casino g&#233;n&#233;ratrice de stagnation.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance dans les principales &#233;conomies latino-am&#233;ricaines a &#233;t&#233; faible en moyenne, si ce n'est m&#233;diocre, ces dix derni&#232;res ann&#233;es. Elle a &#233;t&#233; aussi particuli&#232;rement volatile : crise en 1995, prononc&#233;e au Mexique et en Argentine, crise de nouveau en 1998, cette fois surtout au Br&#233;sil et en Argentine o&#249; elle prend une dimension dramatique en 2002 (-11% du PIB, plus de 50% de la population d&#233;clar&#233;e comme pauvre), ralentissement s&#233;rieux de la croissance au Mexique, au Br&#233;sil et dans la plupart des &#233;conomies latino-am&#233;ricaines en 2002 et en 2003, mais reprise vive en Argentine. La volatilit&#233; des ann&#233;es quatre vingt dix est cependant moins forte que celle des ann&#233;es quatre vingt, dite de la &#171; d&#233;cennie perdue &#187;. Son origine et sa sp&#233;ci-ficit&#233; sont &#233;galement diff&#233;rentes. Dans un cas elle est li&#233;e au service de la dette &#224; partir des propres ressources de ces pays, dans le second cas elle est g&#233;n&#233;r&#233;e par la d&#233;pendance finan-ci&#232;re &#233;lev&#233;e propre aux nouveaux modes de croissance mis en place avec la sortie des crises hyper inflationnistes. Le taux d'int&#233;r&#234;t joue alors un r&#244;le central : sa manipulation &#224; la hausse est de nature &#224; permettre le bouclage de la balance des paiements et donc &#224; faire correspondre des besoins de financement de plus en plus importants avec des capacit&#233;s de financement par-fois insuffisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la hausse des taux d'int&#233;r&#234;t, ou leur maintien &#224; un niveau &#233;lev&#233;, favorise le comportement rentier d&#233;j&#224; pr&#233;sent des couches hautes de la population et des institutions financi&#232;res, tout en rendant plus difficile le financement de l'investissement. Ce r&#233;gime de crois-sance a son talon d'Achille : le taux d'int&#233;r&#234;t dans un contexte de fortes in&#233;galit&#233;s. Ce r&#233;gime de croissance g&#233;n&#232;re en moyenne une faible croissance et une croissance volatile qui, en re-tour, tend &#224; freiner &#233;galement cette croissance. Pour comprendre cette sp&#233;cificit&#233;, nous allons analyser rapidement les composantes du besoin de financement et leur &#233;volutions, positives pour certaines, n&#233;gatives pour d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La balance commerciale tend &#224; devenir exc&#233;dentaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es quatre vingt dix, les soldes de la balance commerciale &#233;taient profond&#233;-ment d&#233;ficitaires, suite &#224; la d&#233;gradation de l'appareil industriel dans les ann&#233;es quatre vingt, l'&#233;limination des subventions et la r&#233;duction drastique de la protection douani&#232;re. Cette situa-tion change dans la plupart des pays avec la modernisation d'un appareil de production remo-del&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouverture de ces &#233;conomies a conduit &#224; une restructuration du tissu industriel et &#224; une relativisation de l'industrie par rapport &#224; d'autres sources de richesse comme l'agriculture o&#249; les mati&#232;res premi&#232;res. Le tissu industriel s'est restructur&#233; gr&#226;ce &#224; l'importation de biens d'&#233;quipe-ment incorporant des technologies nouvelles, rendus moins chers en raison de la lib&#233;ralisation des &#233;changes ext&#233;rieurs et l'appr&#233;ciation de leur monnaie, il est vrai, interrompue par des d&#233;-pr&#233;ciations lors des crises financi&#232;res. Ces importations, jointes &#224; de nouvelles organisations du travail et &#224; une flexibilit&#233; accrue de la main-d'oeuvre, permettent, en dehors des p&#233;riodes de crise &#233;conomique, une croissance soutenue de la productivit&#233; travail, qui elle-m&#234;me est &#224; l'ori-gine d'un accroissement des exportations. Dans certains pays ce processus va plus loin : des pans entiers de l'appareil industriel disparaissent et la croissance des exportations sera le fruit d'une sp&#233;cialisation accrue sur les produits primaires agricoles et miniers. Tel est le cas par exemple de l'Argentine et du Chili.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans d'autres enfin, comme le Mexique et de nombreux pays d'Am&#233;rique centrale, les investissements &#233;trangers se multiplieront afin de produire pour le march&#233; int&#233;rieur (Mexique), ou bien de destiner la production au march&#233; ext&#233;rieur avec tr&#232;s peu de valeur ajout&#233;e nationale (Mexique, Am&#233;rique centrale). Au total, toutes ont connu une ouverture importante : les exportations ont quintupl&#233; au Mexique, tripl&#233; en Argentine, doubl&#233; au Br&#233;sil de 1985 &#224; 2000&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour relativiser, rappelons que les exportations de la Chine de 1980 &#224; 2000 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pour autant ces &#233;conomies restent encore relativement ferm&#233;es, &#224; l'exception toutefois du Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seconde p&#233;riode s'ouvre aux lendemains de la crise mexicaine et argentine, soit vers le milieu des ann&#233;es quatre vingt dix. Elle se caract&#233;rise par deux traits essentiels : les soldes des balances commerciales deviennent fortement exc&#233;dentaires dans certains pays et dans d'autres le d&#233;ficit baisse ; les investissement &#233;trangers directs connaissent un essor remarquable, au Br&#233;sil et au Mexique plus particuli&#232;rement et ce jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es quatre vingt dix pour ensuite fl&#233;chir consid&#233;rablement. La mont&#233;e en puissance des investissements &#233;trangers directs rel&#232;gue les investissements en portefeuille (bons, actions) &#224; un r&#244;le secondaire, mais cependant non n&#233;gligeable, tout au long de la seconde moiti&#233; des ann&#233;es quatre vingt dix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soldes positifs de la balance commerciale dans certains cas, la diminution du d&#233;ficit com-mercial dans d'autres, ont pour fondement un essor des exportations du partiellement &#224; une modernisation des appareils de production, une hausse du prix de certaines mati&#232;res premi&#232;res, une progression plus faible des importations, voire leur chute lorsque la r&#233;cession &#233;conomique s'impose, enfin une plus grande possibilit&#233; de manipuler le taux de change avec l'instauration des changes flottants, dits sales, &#224; la fin des ann&#233;es quatre vingt dix, suite &#224; des d&#233;valuations massives non ma&#238;tris&#233;es. Cependant, bien que la productivit&#233; du travail croisse fortement ces dix &#224; quinze derni&#232;res ann&#233;es, le niveau moyen de celle-ci reste faible tant le retard &#233;tait deve-nu important dans les ann&#233;es quatre vingt. La faiblesse du taux de formation brute de capital fixe, le faible effort en mati&#232;re de &#171; recherche et d&#233;veloppement &#187; expliquent le degr&#233; de so-phistication encore assez faible des exportations et les limites de leur progression, tout au moins pour les biens industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons rapidement ces facteurs un &#224; un. Le taux de formation brute de capital fixe, plus &#233;lev&#233; de deux &#224; trois points de celui des ann&#233;es quatre vingt, reste modeste et se situe ap-proximativement aux trois cinqui&#232;me de celui des principaux pays d'Asie du Sud est. L'investissement &#233;tranger a connu un essor tr&#232;s important dans les dix derni&#232;res ann&#233;es au point que pour un pays comme le Br&#233;sil, la part prise par l'internationalisation du capital dans le secteur productif est &#224; peu pr&#233;s deux fois plus &#233;lev&#233;e qu'aux Etats-Unis. Les entreprises &#233;tran-g&#232;res dans le secteur manufacturier sont, &#224; dimensions &#233;quivalentes, plus exportatrices que les entreprises nationales. Elles sont &#233;galement plus importatrices. Mis &#224; part le Mexique o&#249; une grande partie des investissements &#233;trangers directs, la moiti&#233; approximativement, se dirige vers les industries d'assemblage (&#171; maquiladoras &#187;), les investissements directs s'orientent davan-tage que par le pass&#233; vers le secteur des services, secteur qui n'exporte pas mais importe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au Br&#233;sil par exemple : 64,7% des investissements se dirigeaient vers le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le degr&#233; de sophistication des biens industriels export&#233;s reste, malgr&#233; des progr&#232;s certains, assez faible. Si on d&#233;compose les biens export&#233; en quatre cat&#233;gories selon leur degr&#233; de croissance : tr&#232;s dynamiques, dynamiques, peu dynamiques et stationnaires, le commerce mondial a cru, de 1990 &#224; 1998, de 186% pour la premi&#232;re cat&#233;gorie, o&#249; se concentrent les biens &#224; haute techno-logie (ordinateurs, t&#233;l&#233;communication, m&#233;dicaments etc., mais aussi il est vrai d'autres biens moins sophistiqu&#233;s comme les tissus d'int&#233;rieur), 96% pour la seconde, 67 et 49% pour les deux derni&#232;res. Lorsqu'on compare les exportations de ces groupes de biens par rapport &#224; leur croissance mondiale, on observe que le bilan pour l'ensemble de l'Am&#233;rique latine est inqui&#233;-tant : les exportations des latino am&#233;ricains vers l'Am&#233;rique latine baissent de 8% par rapport au commerce mondial destin&#233; &#224; la r&#233;gion pour le groupe des biens les plus dynamiques. Les exportations des pays latino-am&#233;ricains &#224; destination des pays industrialis&#233;s augmentent de 93% par rapport &#224; la croissance du commerce mondial sur cette cat&#233;gorie de biens destin&#233;e &#224; cette r&#233;gion, c'est-&#224;-dire tr&#232;s en de &#231;a de leur croissance mondiale (186%). Et cette derni&#232;re hausse s'explique essentiellement par la part tr&#232;s &#233;lev&#233;e des industries d'assemblage du Salva-dor, du Honduras, du Guatemala et du Mexique. Au Br&#233;sil, o&#249; ce genre d'industrie est tr&#232;s peu pr&#233;sent, les chiffres sont &#233;loquents : - 12% et -79% pour les biens du premier groupe, cette perte de &#171; parts de march&#233; &#187; se faisant dans le pays le plus industrialis&#233;s d'Am&#233;rique latine (Benavente, 2002).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats rejoignent ceux obtenus par l'UNCTAD (2002). Lorsqu'on consid&#232;re les 20 produits export&#233;s les plus dynamiques de 1980 &#224; 1998, on observe que la part des exportations des pays &#171; en voie de d&#233;veloppement &#187; dans le commerce mondial passe de 14,1% &#224; 28,7%, ce qui semble donc positif. Cette impression semble confirm&#233;e lorsqu'on note que sur les 20 produits les plus export&#233;s par ce group de pays, 8 appartiennent aux vingt pro-duits les plus dynamiques au niveau mondial (le rapport est de 15 sur 20 pour les pays indus-trialis&#233;s). Mais lorsqu'on analyse ces chiffres par groupes de pays, les r&#233;sultats sont diff&#233;rents : les &#233;conomies d'Am&#233;rique du Sud (par d&#233;finition sans le Mexique et l'Am&#233;rique centrale) n'exportent que deux produits sur les 20 : boissons non alcoolis&#233;es et garniture, les ordinateurs et &#233;quipement &#233;lectroniques &#233;tant plut&#244;t export&#233;es par les &#233;conomies asiatiques. Le constat est encore plus s&#233;v&#232;re lorsqu'on analyse de pr&#232;s le cas du Mexique. Les produits sont d&#233;finis &#224; partir d'une classification &#224; 3 &#171; digits &#187;, aussi des biens qui sont class&#233;s comme &#224; &#171; haute tech-nologie et &#224; forte qualification de la main d'&#339;uvre &#187;, comme les ordinateurs, les t&#233;l&#233;communi-cations, les produits pharmaceutiques etc .et qui se caract&#233;risent par un essor important des exportations des pays en d&#233;veloppement, sont en fait pour la plupart des biens produits dans des usines d'assemblage. Plus exactement il s'agit de segments &#224; forte utilisation de main d'&#339;uvre de lignes de production de produits de haute technicit&#233; qu'une d&#233;composition plus fine aurait permis de montrer plus nettement. De nombreux biens de haute technologie ne le sont pas en r&#233;alit&#233;, l'aspect parfois trompeur vient de la classification insuffisamment pr&#233;cise. Tel est le cas pour le Mexique (&#224; l'exception de l'industrie automobile) et la plupart des pays de l'ASEAN. A la diff&#233;rence de la Cor&#233;e du sud, ces pays se sont orient&#233;es vers ce type de sp&#233;ciali-sation sans opter pour une politique industrielle visant &#224; int&#233;grer nationalement les segments d&#233;localis&#233;s par les entreprises des pays industrialis&#233;s, restent avec une valeur ajout&#233;e locale-ment tr&#232;s faible et ont d&#233;laiss&#233; l'effort pour la recherche d&#233;veloppement en ne cr&#233;ant pas ou peu des zones sp&#233;ciales &#224; haute technologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, la progression des exportations en Am&#233;rique latine est parall&#232;le &#224; un mouvement plus g&#233;n&#233;ral : le commerce mondial croit plus vite que le PIB en moyenne dans le monde. Elle tra-duit une modernisation de la plupart des &#233;conomies latino-am&#233;ricaines, mais elle est r&#233;v&#233;latrice &#224; la fois du retard accumul&#233; depuis des d&#233;cennies et, a contrario de la n&#233;cessit&#233; d'une politique industrielle s&#233;lective, seule capable de donner une impulsion cons&#233;quente &#224; ce mouvement, impulsion d'autant plus n&#233;cessaire que la d&#233;pendance financi&#232;re s'est accrue dans les ann&#233;es quatre vingt dix. Le d&#233;gagement d'un solde positif de la balance commercial durable et plus cons&#233;quent -hors phases de r&#233;cession - pourra alors att&#233;nuer la vuln&#233;rabilit&#233; financi&#232;re et ce faisant ses effets pernicieux sur les cat&#233;gories les plus pauvres de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le couple besoins et capacit&#233;s de financement de plus en plus probl&#233;matique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les besoins de financement ont tendance &#224; augmenter ou tout au moins &#224; rester &#224; un niveau &#233;lev&#233;. Nous avons analys&#233; l'&#233;volution du solde la balance commerciale et les limites de cette &#233;volution favorable. Le solde de la balance du tourisme devient fortement n&#233;gatif dans le c&#244;ne sud lorsque la monnaie s'appr&#233;cie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;tude de l'&#233;volution du taux de change r&#233;el d&#233;passe le cadre de cet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais surtout les d&#233;penses li&#233;es au retour des dividendes (auxquels il conviendrait d'ajouter celui des profits figurant sur une autre ligne de la balance des paiements) des firmes multinationales augmentent consid&#233;rablement &#224; mesure que l'internationalisation du capital augmente, ainsi que celles li&#233;es &#224; l'achat de brevets &#233;trangers. Enfin les d&#233;penses li&#233;es au service d'une dette externe en plein essor augmentent : les sorties au titre du paiement des int&#233;r&#234;ts sont relativement stables en pourcentage des exportations, fortement croissantes, l'amortissement des emprunts contract&#233;s, le remboursement des bons (situ&#233;s sur une autre ligne de la balance) augmentent de telle sorte que le service de la dette pris dans sa totalit&#233; croit, en pourcentage des exportations, d'un peu plus de dix points en dix ans de 1990 &#224; 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La variable d'ajustement la plus importante susceptible d'influer sur une partie des mouvements de capitaux et faire correspondre besoins de financement et capacit&#233;s de financement, est le taux d'int&#233;r&#234;t. La hausse des taux d'int&#233;&#172;r&#234;t, voire son maintien &#224; un niveau relativement &#233;lev&#233;, condition n&#233;cessaire mais pas suffisante pour attirer les capitaux lorsque ceux-ci font d&#233;faut en nombre suffisant, d'un c&#244;t&#233; rend plus vuln&#233;rables les banques en abaissant en partie la valeur de leurs actifs, en les incitant &#224; accorder de mauvais cr&#233;dits et en augmentant le risque d'im-pay&#233; des d&#233;biteurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La vuln&#233;rabilit&#233; des banques augmente lorsque les d&#233;p&#244;ts ne suivent pas au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et, d'un autre c&#244;t&#233;, les enrichit lorsqu'elles affectent une part croissante de leurs d&#233;p&#244;ts &#224; l'achat de bons du Tr&#233;sor. Ce faisant, un effet d'&#233;viction appara&#238;t : moins de cr&#233;dit pour les entreprises et les particuliers, davantage pour l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'investissement devient plus difficile car plus co&#251;teux, la demande de biens durables peut &#234;tre ralentie pour la m&#234;me raison, et les fonds recueillis par l'Etat alimentent le financement du service da dette plut&#244;t que des investissements publics ou toute autre d&#233;pense. L'effet r&#233;cessif de la hausse des taux d'int&#233;r&#234;t produit un cercle vicieux : toute hausse de ce taux aggrave les difficult&#233;s budg&#233;taires, entra&#238;ne une r&#233;cession, conduit &#224; une nouvelle hausse du taux d'int&#233;r&#234;t et &#224; d&#233;valua-tion/d&#233;pr&#233;ciation du taux de change. Les comptes assainis, la croissance peut alors reprendre mais &#224; un co&#251;t social &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fonctionnement de l'&#233;conomie s'oriente vers ce que Keynes nommait une &#171; &#233;conomie casi-no &#187; : le besoin de financement appelle des entr&#233;es de capitaux. C'est le rapport entre le besoin de financement et les capacit&#233;s de financement qui est important et non le besoin ou la capaci-t&#233; pris isol&#233;ment. Le besoin de financement peut d&#233;cro&#238;tre, notamment si le solde de la balance commerciale devient fortement positif, mais si l'&#233;cart avec la capacit&#233; de financement s'accro&#238;t, les tensions d&#233;crites augmentent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les in&#233;galit&#233;s de revenu consid&#233;rables, la modification de la r&#233;partition des revenus en faveur des couches hautes de la soci&#233;t&#233; et &#224; l'encontre d'une fraction des couches moyennes, le d&#233;-crochage de l'&#233;volution des salaires avec la croissance de la productivit&#233;, le retrait de l'Etat de l'&#233;conomique, le poids croissant du service de sa dette, l'institutionnalisation du taux d'int&#233;r&#234;t comme principale variable d'ajustement lorsque les besoins de financement ne correspondent pas aux capacit&#233; de financement, g&#233;n&#232;rent une tendance &#224; la stagnation. Ce sont donc ces caract&#233;ristiques du r&#233;gime de croissance qui produisent une faible croissance. Ce r&#233;gime de croissance est &#224; l'origine d'une forte volatilit&#233;. Celle-ci d&#233;pend du r&#233;gime de change adopt&#233; (fixe avec currency board, fixe avec peg, flottant), mais aussi de l'ampleur des mesures de lib&#233;ralisa-tion prises. La volatilit&#233; de la croissance tend &#224; avoir un effet n&#233;gatif &#224; moyen et long terme sur le taux de croissance. C'est donc l'ensemble des caract&#233;ristiques de ce r&#233;gime de croissance qui expliquent son incapacit&#233; &#224; impulser une forte croissance, directement et indirectement. La th&#232;se de la tendance &#224; la stagnation d&#233;velopp&#233;e par Celso Furtado, revisit&#233;e par la prise en compte de la dimension financi&#232;re, permet de comprendre les causes profondes du ralentisse-ment &#233;conomique et fournit donc les clefs d'un d&#233;veloppement alternatif diminuant la vuln&#233;rabi-lit&#233; sociale et renfor&#231;ant la coh&#233;sion social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cembre 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons volontairement peu cit&#233;. L'ouvrage de r&#233;f&#233;rence de Celso Furtado (1969) : D&#233;ve-loppement et sous d&#233;veloppement, publi&#233; aux PUF (Paris)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Benavente J.M. (2002) : &#171; Cuan dinamicas son las exportaciones intraregionales latinoamericanas ? &#187; Cepal, s&#233;rie macro &#233;conomie du d&#233;veloppement n&#176;12 . Santiago du Chili
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; CEPAL (2002) : Globalizacion y desarrollo. Santiago du Chili
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rodrik D. (2001) : &#171; Por que hay tanta insecuridad economica en america Latina &#187; Revista de la Cepal n&#176;73, Santiago du Chili
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Salama P (1976) : Un proc&#233;s de sous d&#233;veloppement, ed Masp&#233;ro, seconde &#233;dition remani&#233;e, Paris
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Salama P (1999) : Riqueza e pobreza en Am&#233;rica latina, la fragilidad de las nuevas pol&#237;ticas econ&#243;micas. Ed Fondo de cultura econ&#243;mico, Mexico
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; SOBEET diff&#233;rents num&#233;ros, Sao Paulo
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; UNCTAD : Trade and Development, Report 1997 et 2002). Gen&#232;ve&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La d&#233;pendance technologique est forte quand bien m&#234;me ces &#233;conomies restent relativement ferm&#233;es au commerce international &#224; cette &#233;poque (ann&#233;es soixante et soixante dix). Le spectre des techniques &#233;ligible est restreint, le pro-tectionnisme l'&#233;largit mais ne donne pas la possibilit&#233; de choisir n'importe quelle technique comme la th&#233;orie n&#233;oclassi-que le laissait penser (allocation optimale selon les raret&#233;s relatives et donc utilisation de techniques intensives en main d'&#339;uvre). A l'inverse, l'approche de Kaldor montre que le choix des techniques est restreint car ce qui importe ce sont les co&#251;ts unitaires du travail (combinaison du salaire te de la productivit&#233; du travail) et que les entrepreneurs choisis-sent des techniques plus ou moins de pointe et subissent donc une d&#233;pendance technologique. Le protectionnisme permet d'assouplir cette contrainte. Cet &#233;largissement va cependant produire des effets pervers. Le protectionnisme incite par exemple des entreprises transnationales &#224; p&#233;n&#233;trer le march&#233; pour y produire des biens soit obsol&#232;tes dans leur pays d'origine, soit/et &#224; partir de lignes de production obsol&#232;tes, de seconde main, et &#224; exiger de la part du gou-vernement la poursuite de cette protection, celle-ci &#233;tant alors v&#233;cue comme une rente (au sens donn&#233; par A.Krueger). Tel a &#233;t&#233; le cas de l'industrie automobile o&#249; la caract&#233;ristique principale durant de longues ann&#233;es - des ann&#233;es soixante aux ann&#233;es quatre vingt - a &#233;t&#233; l'exportation de capital productif d&#233;valoris&#233; dans leur pays d'origine,facilit&#233; par la protection de l'industrie, mais valorisable en d'autres lieux gr&#226;ce &#224; ce protectionnisme. Ce dernier, m&#234;me &#233;lev&#233;, n'&#233;tant cependant pas de l'autarcie, des limites existent &#224; la hausse des prix relatifs et celle-ci peut &#234;tre insuffisante pour assurer un taux de valorisation suffisant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On voit aussi imm&#233;diatement qu'une telle analyse est pertinente si aux &#233;volutions en terme relatifs de la demande de ces produits (due &#224; l'augmentation des in&#233;galit&#233;s) correspondent des &#233;volutions en terme absolues de l'offre de ces produits. Dit autrement, le revenu des trente pour cent d'une population tr&#232;s importante n'a pas la m&#234;me dimension que celui des trente pour cent d'une population moins importante. D'une mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, cette analyse fait un glissement : elle traite de la demande de ces produits en terme relatif (car d&#233;pendant de l'&#233;volution de la distribution des revenus) et de l'offre en terme absolu (car d&#233;pendant de la d&#233;pendance technologique). Les deux dimensions peuvent certes en harmonie, mais un tel raisonnement ne permet pas &#224; un niveau th&#233;orique de d&#233;duire qu'elles le resteront ou non en dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A l'inverse, dans les ann&#233;es quatre vingt dix, l'appr&#233;ciation des monnaies durant de nombreuses ann&#233;es face au dollar, la r&#233;duction massive des droits de douane, l'importation de biens d'&#233;quipement &#171; up to date &#187;, favorisent un processus de type &#171; catching up &#187; des techniques et une modernisation de l'appareil de production, et introduisent &#233;galement un biais &#171; capital saving &#187; au sens de Robinson favorable &#224; une meilleure valorisation du capital investi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En allant un peu plus loin, les difficult&#233;s &#224; financer l'int&#233;gralit&#233; du service de la dette externe (int&#233;r&#234;ts et principal) conduisent les gouvernements &#224; accepter les contraintes impos&#233;es par le FMI afin d'obtenir des financements des institutions internationales, &#224; plus bas taux d'int&#233;r&#234;t que ceux du march&#233;, incluant des primes de risque parfois l&#233;oni-nes. Ces conditions consistent en partie &#224; limiter les d&#233;penses publiques afin de d&#233;gager un solde primaire positif de leur budget (solde avant paiement des int&#233;r&#234;ts). Dans des &#233;conomies relativement ferm&#233;es, cette limitation, voire cette r&#233;duction des d&#233;penses autres que celle au titre du service de leur dette, a des effets r&#233;cessifs de type keyn&#233;sien, r&#233;duisant l'incitation &#224; investir des entrepreneurs, et augmentant la vuln&#233;rabilit&#233; des pauvres &#224; la crise au lieu de l'all&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour relativiser, rappelons que les exportations de la Chine de 1980 &#224; 2000 ont &#233;t&#233; multipli&#233;es par 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au Br&#233;sil par exemple : 64,7% des investissements se dirigeaient vers le secteur industriel en 1995, 22,7% en 1996 et 13,3% en 1997, 11,9% en 1998, 26,6 %en 1999, 17% en 2000, puis une remont&#233;e en 2001 avec 32,80% (SOBEET, 2000). Rappelons cependant qu'&#224; partir de 2001, on observe une baisse assez prononc&#233;e de l'investissement &#233;tranger direct.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;tude de l'&#233;volution du taux de change r&#233;el d&#233;passe le cadre de cet article. On peut cependant observer une tendance &#171; structurelle &#187; &#224; l'appr&#233;ciation du taux de change r&#233;el. Elle est le r&#233;sultat du &#171; succ&#232;s &#187; de la politique de lib&#233;ralisation entreprise dans les ann&#233;es quatre vingt dix : l'afflux de capitaux tend &#224; appr&#233;cier le taux de change. Cette appr&#233;ciation est entrecoup&#233;e de d&#233;pr&#233;ciations brutales lorsque la cr&#233;dibilit&#233; de la politique gouvernementale est atteinte par l'incapacit&#233; de faire correspondre besoins de financement et capacit&#233;s de financement, et qu'en cons&#233;quence lesris-ques de d&#233;faut augmentent. Le passage &#224; des taux de change flottants dits &#171; sales &#187; &#224; la fin des ann&#233;es quatre vingt dix tend &#224; att&#233;nuer l'ampleur et surtout la soudainet&#233; des crises de change, pour autant la volatilit&#233; du taux de change reste importante : appr&#233;ciations structurelles b&#233;n&#233;fiques au rapatriement des capitaux vers les &#233;conomies du centre, d&#233;pr&#233;ciation soldant cette appr&#233;ciation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La vuln&#233;rabilit&#233; des banques augmente lorsque les d&#233;p&#244;ts ne suivent pas au m&#234;me rythme la croissance des taux d'int&#233;r&#234;t, et leur capitalisation devient plus pressante lorsque la crise appara&#238;t. Le co&#251;t pour recapitaliser les banques et socialiser leurs pertes atteint alors des dimensions consid&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Coca&#239;ne : contes et m&#233;comptes</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Cocaine-contes-et-mecomptes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Cocaine-contes-et-mecomptes</guid>
		<dc:date>2003-11-16T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Salama</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La coca&#239;ne a ceci de particulier qu'elle concentre en son sein l'&#233;conomique, le politique, le social et le symbolique. L'&#233;conomique parce que les sommes en jeu sont consid&#233;rables, le politique en raison de l'attrait exerc&#233; par cette manne consid&#233;rable, le social gr&#226;ce aux retomb&#233;es et au client&#233;lisme que ces sommes financent, le symbolique enfin par la sublimation de la violence que ce trafic engendre. Interdite &#224; la production et &#224; la consommation, les drogues sont objet de richesse et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La coca&#239;ne a ceci de particulier qu'elle concentre en son sein l'&#233;conomique, le politique, le social et le symbolique. L'&#233;conomique parce que les sommes en jeu sont consid&#233;rables, le politique en raison de l'attrait exerc&#233; par cette manne consid&#233;rable, le social gr&#226;ce aux retomb&#233;es et au client&#233;lisme que ces sommes financent, le symbolique enfin par la sublimation de la violence que ce trafic engendre. Interdite &#224; la production et &#224; la consommation, les drogues sont objet de richesse et de violence. Richesse pour les trafiquants et ceux qu'ils corrompent parce qu'interdite et r&#233;prim&#233;e. D&#233;penses somptuaires, distribution d'une partie des revenus comme manne vis-&#224;-vis de ceux qu'on &#171; oblige &#187; et dont on recherche aussi la client&#232;le. Violence entre trafiquants et avec l'appareil d'Etat qu'elle gangr&#232;ne, violence lors de la commercialisation de la coca&#239;ne, violence lors de sa m&#233;tamorphose en argent &#171; propre &#187;, violence enfin et corruption, toutes deux &#233;tant &#233;troitement li&#233;es et compl&#233;mentaires. Anonie enfin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce papier se limitera &#224; quelques aspects de l &#233;conomie de la drogue. Apr&#232;s avoir rappel&#233; dans une premi&#232;re partie les difficult&#233;s li&#233;es &#224; l'&#233;valuation tant de la production que de la commercialisation des drogues et le rapatriement - blanchiment de l'argent issu de ces activit&#233;s illicites, nous centrerons notre analyse sur deux aspects. Le premier concerne les modifications des conditions de l'offre de coca&#239;ne et d'h&#233;ro&#239;ne, l'influence de la r&#233;pression, les changements consid&#233;rables du rapport de force entre les organisations criminelles colombiennes et mexicaines dans l'exploitation des &#171; routes &#187; vers les Etats unis en faveur de ces derni&#232;res. Ce sera l'objet de la seconde partie. Les rentes micro&#233;conomiques, les mannes vers&#233;es, la corruption participent de la d&#233;sagr&#233;gation de la soci&#233;t&#233; civile : la violence se d&#233;veloppe &#224; mesure que les organisations criminelles deviennent plus instables et plus fractionn&#233;es avec l'essor de la r&#233;pression. L'&#233;tude de ces probl&#232;mes fera l'objet de la derni&#232;re partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lire la suite :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7266 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/IMG/doc/doc-531.doc&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Word - 239 kio' type=&#034;application/msword&#034;&gt;&lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L64xH64/doc-d03fe.svg?1772796600' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Coca&#239;ne : &lt;br /&gt;contes et m&#233;comptes
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des crises financi&#232;res d'un type nouveau </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Des-crises-financieres-d-un-type-nouveau</link>
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		<dc:date>2003-09-22T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Salama</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Par Pierre Salama* &lt;br class='autobr' /&gt;
Les crises financi&#232;res des ann&#233;es quatre vingt diff&#232;rent profond&#233;ment de celles des ann&#233;es quatre vingt dix. Les premi&#232;res s'expliquent essentiellement par l'ampleur du service de la dette externe et l'obligation de le financer &#224; partir des ressources propres de ces pays. Les secondes ont pour origine des contraintes financi&#232;res externes extr&#234;mement fortes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte complet : *Pierre Salama &lt;br class='autobr' /&gt;
Professeur agr&#233;g&#233; des Universit&#233;s,
&lt;br class='autobr' /&gt;
Directeur scientifique de la revue Tiers (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Notre-Amerique" rel="directory"&gt;Notre Am&#233;rique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Pierre Salama*&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises financi&#232;res des ann&#233;es quatre vingt diff&#232;rent profond&#233;ment de celles des ann&#233;es quatre vingt dix. Les premi&#232;res s'expliquent essentiellement par l'ampleur du service de la dette externe et l'obligation de le financer &#224; partir des ressources propres de ces pays. Les secondes ont pour origine des contraintes financi&#232;res externes extr&#234;mement fortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Texte complet :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6881 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/IMG/doc/doc-53.doc&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Word - 153.5 kio' type=&#034;application/msword&#034;&gt;&lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L64xH64/doc-d03fe.svg?1772796600' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Des crises financi&#232;res d'un type nouveau
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;*Pierre Salama&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Professeur agr&#233;g&#233; des Universit&#233;s,&lt;br /&gt;
Directeur scientifique de la revue Tiers Monde&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dernier livre paru, avec Blandine Destremau :&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Mesures et d&#233;mesure de la pauvret&#233;. Ed PUF (2002). &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Traduit :&lt;/strong&gt; en espagnol (LOM - Chili) et en portugais (Garamond - Br&#233;sil).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Argentine pi&#233;g&#233;e par l'ultra-lib&#233;ralisme</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/L-Argentine-piegee-par-l-ultra-liberalisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/L-Argentine-piegee-par-l-ultra-liberalisme</guid>
		<dc:date>2002-09-09T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Salama</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il existe une responsabilit&#233; criminelle en &#233;conomie. Celle-ci n'est pas reconnue jusqu'aujourd'hui en droit. Pourtant, certaines d&#233;cisions de politique &#233;conomique peuvent conduire &#224; des situations extr&#234;mes et le rejet d&#233;mocratique de ces politiques, par la voie des &#233;lections, ne saurait suffire. Essentiel, ce rejet est parfois insuffisant lorsque les effets de ces politiques sont d&#233;sastreux pour la majeure partie de la population. Cette responsabilit&#233; devrait &#234;tre jug&#233;e. D'une certaine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il existe une responsabilit&#233; criminelle en &#233;conomie. Celle-ci n'est pas reconnue jusqu'aujourd'hui en droit. Pourtant, certaines d&#233;cisions de politique &#233;conomique peuvent conduire &#224; des situations extr&#234;mes et le rejet d&#233;mocratique de ces politiques, par la voie des &#233;lections, ne saurait suffire. Essentiel, ce rejet est parfois insuffisant lorsque les effets de ces politiques sont d&#233;sastreux pour la majeure partie de la population. Cette responsabilit&#233; devrait &#234;tre jug&#233;e. D'une certaine mani&#232;re, le d&#233;veloppement des &#171; escratche &#187; (D&#233;nonciations &#224; caract&#232;re public, soit spontan&#233;e, soit organis&#233;e par des foules vis - &#224; - vis de certains hommes politiques consid&#233;r&#233;s comme responsables de la situation de crise.) ces derniers mois t&#233;moigne, avec quelque danger probablement, de la n&#233;cessit&#233; d'organiser des tribunaux, &#224; caract&#232;re symbolique, o&#249; seraient jug&#233;s les principaux responsables de la situation &#233;conomique. Ces tribunaux de &#171; crime &#233;conomique &#187;, &#224; l'&#233;gal de ce qu'a &#233;t&#233; le tribunal Russell pendant la guerre du Vietnam, devraient juger les crimes &#233;conomiques. On peut probablement d&#233;finir le crime &#233;conomique comme celui qui conduit &#224; une d&#233;t&#233;rioration tr&#232;s importante de quelques indicateurs sociaux comme la pauvret&#233;, la protection sociale, pouvant conduire &#224; des d&#233;c&#232;s (esp&#233;rance de vie r&#233;duite pour des retrait&#233;s pour insuffisance de soin et spoliation des retraites, taux de mortalit&#233; infantile accru par exemple).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es quatre vingt dix, la croissance retrouv&#233;e des &#233;conomies latinoam&#233;ricaines est dans l'ensemble modeste et les taux de formation brute du capital restent faibles. La plupart d'entre elles conservent, voire consolident dans certains cas, les aspects rentiers qui les caract&#233;risaient et qui alimentent l'in&#233;galit&#233; profonde des revenus. La croissance procure peu d'emplois dans l'industrie et elle s'accompagne d'une mont&#233;e des emplois informels. La pr&#233;carisation des emplois, le travail &#224; temps partiel, se d&#233;veloppent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Econome en emploi, la croissance est aussi &#171; avare &#187; en distribution de ses fruits : les revenus du travail, &#224; l'exception des cat&#233;gories les plus qualifi&#233;es, augmentent en de&#231;&#224; de la croissance de la productivit&#233; et, avec la mont&#233;e en puissance des activit&#233;s financi&#232;res et des revenus qui en d&#233;coulent, les in&#233;galit&#233;s tendent &#224; s'accentuer de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance, &#233;conome en emploi et en hausse de pouvoir d'achat des revenus du travail, ne peut all&#233;ger de mani&#232;re durable et significative la pauvret&#233;. Celle-ci a d&#233;sormais pour origine principale la faible qualit&#233; des emplois et de l'impossibilit&#233; d'obtenir des emplois, y compris informels, pour une dur&#233;e hebdomadaire suffisante. La croissance retrouv&#233;e est sp&#233;cifique : elle subit une logique financi&#232;re &#224; laquelle il devient de plus en plus difficile d'&#233;chapper. Les crises financi&#232;res de la seconde moiti&#233; des ann&#233;es quatre vingt dix sont r&#233;v&#233;latrices de la dynamique &#171; d'&#233;conomie de casino &#187; qui tend &#224; s'instaurer avec la lib&#233;ralisation brutale de l'ensemble des march&#233;s et le retrait, parfois massif, de l'Etat. La crise accentue la pauvret&#233; et la reprise &#233;conomique - d'un rythme &#233;quivalent et d'une dur&#233;e semblable - ne produit pas d'effets compensatoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ensemble de caract&#233;ristiques nouvelles vaut pour les principales &#233;conomies latino-am&#233;ricaines depuis la d&#233;cennie des ann&#233;es quatre vingt dix. Les turbulences macro&#233;conomiques ont des effets d&#233;multipli&#233;s sur la pauvret&#233;. La pauvret&#233; augmente fortement avec la crise et ne tend pas, quand la reprise &#233;conomique se limite &#224; une ann&#233;e ou deux, &#224; baisser. Elle tend m&#234;me &#224; augmenter et il faut une p&#233;riode de croissance plus longue et soutenue pour qu'elle commence &#224; fl&#233;chir. L'instabilit&#233; macro-&#233;conomique s'impose comme la caract&#233;ristique majeure des r&#233;gimes d'accumulation &#224; dominante financi&#232;re mis en place pour sortir de la crise inflationniste des ann&#233;es quatre vingt. Cette instabilit&#233; accentue la vuln&#233;rabilit&#233; des couches les plus pauvres de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... / ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les responsabilit&#233;s : Il est &#224; la fois facile et difficile de cerner les responsabilit&#233;s et de d&#233;signer des responsables. Facile parce que la situation est proche du chaos et qu'elle risque de d&#233;g&#233;n&#233;rer en une r&#233;pression mortelle dont les argentins ont eu un &#171; avant go&#251;t &#187; &#224; la fin de l'ann&#233;e 2001 ; facile aussi parce que la profonde d&#233;t&#233;rioration des conditions de vie et&lt;br class='autobr' /&gt;
de travail ne date pas de l'&#233;clatement de la crise mais de la logique m&#234;me du plan de convertibilit&#233;, v&#233;ritable pi&#232;ge et camisole de force dont il devenait jour apr&#232;s jour plus difficile de sortir sans co&#251;t social important. Difficile cependant parce qu'il n'y a pas &#224; notre connaissance de pr&#233;c&#233;dents juridiques &#224; la mise en place d'un tribunal de crime &#233;conomique. A l'inverse, il y a des pratiques plus ou moins spontan&#233;es, &#224; caract&#232;re basiste, d'exiger des comptes de ceux dont les responsabilit&#233;s de l'appauvrissement massif paraissent claires&lt;br class='autobr' /&gt;
ou/et de ceux qui se seraient d&#233;mesur&#233;ment enrichis gr&#226;ce &#224; la corruption massive qui a d&#233;ferl&#233; depuis plus de dix ans. Difficile aussi et surtout parce que les effets d&#233;sastreux du plan de convertibilit&#233; pour la grande majorit&#233; de la population et plus particuli&#232;rement pour les cat&#233;gories &#224; revenu modeste, ob&#233;issent &#224; une logique. Ils ne r&#233;sultent pas de telles ou telles mesures erron&#233;e, sauf exception, mais de la dynamique m&#234;me du mod&#232;le ultra lib&#233;ral&lt;br class='autobr' /&gt;
institu&#233;. Un exemple : les sorties de capitaux &#233;taient l&#233;gales, l'appr&#233;ciation de la monnaie la favorisait, la globalisation financi&#232;re dans le contexte du plan de convertibilit&#233; accentuait tout naturellement des comportements rentiers si pr&#233;judiciables &#224; l'emploi, aux salaires, aux conditions de vie. La criminalisation des responsabilit&#233;s doit probablement tenir compte de ces sp&#233;cificit&#233;s car nous sommes loin de situations &#171; simples &#187; &#224; la za&#239;roise par 21 exemple. C'est pourquoi, il convient de d&#233;finit des crit&#232;res construits &#224; partir d'indicateurs sociaux (augmentation du taux de mortalit&#233;, diminution de l'esp&#233;rance de vie des cat&#233;gories les plus modestes etc etc,. Lorsque des seuils sont franchis et que des mesures ne sont pas prises, on peut alors probablement consid&#233;rer que les d&#233;cideurs politiques ont une responsabilit&#233; de nature criminelle. Le fait de ne pas avoir abandonn&#233; le plan de convertibilit&#233; plus t&#244;t et opt&#233; pour un autre mod&#232;le &#233;conomique constitue, selon nous, un acte criminel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voici le rapport complet :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7829 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.elcorreo.eu.org/IMG/pdf/l_Argentine_piegee_par_le_neoliberalisme.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 82.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1772795919' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;L'Argentine pi&#233;g&#233;e par l'ultra-lib&#233;ralisme
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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