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	<title>El Correo</title>
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		<title>Rationalit&#233; et coh&#233;rence d'une mondialisation &#224; finalit&#233; humaine</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Rationalite-et-coherence-d-une-mondialisation-a-finalite-humaine</link>
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		<dc:date>2003-11-14T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; Passet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Avril 2003 &lt;br class='autobr' /&gt;
En soulignant &#171; la rationalit&#233; et la coh&#233;rence d'une mondialisation &#224; finalit&#233; humaine &#187;, j'entends d&#233;montrer que - selon la formule bien connue - &#171; un autre monde est possible &#187;. Et je signifie &#233;galement mon intention de me situer sur le terrain du discours scientifique le plus strict - &#171; expos&#233; &#224; la r&#233;futation &#187; selon la d&#233;finition de Popper - et non sur celui des bons sentiments. Le fait qu'il n'y ait pas n&#233;cessairement &#224; rougir de ces derniers ne nous autorise pas, en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Empire-et-Resistance" rel="directory"&gt;Empire et R&#233;sistance&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avril 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soulignant &#171; la rationalit&#233; et la coh&#233;rence d'une mondialisation &#224; finalit&#233; humaine &#187;, j'entends d&#233;montrer que - selon la formule bien connue - &#171; un autre monde est possible &#187;. Et je signifie &#233;galement mon&lt;br class='autobr' /&gt;
intention de me situer sur le terrain du discours scientifique le plus strict - &#171; expos&#233; &#224; la r&#233;futation &#187; selon la d&#233;finition de Popper&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl R. Popper : La logique de la d&#233;couverte scientifique -1959 ; trad. Fse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; -&lt;br class='autobr' /&gt;
et non sur celui des bons sentiments. Le fait qu'il n'y ait pas n&#233;cessairement &#224; rougir de ces derniers ne nous autorise pas, en effet, &#224; m&#233;langer les genres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation appartient au domaine des faits : &#171; le fait de devenir mondial, dit le Robert, de se r&#233;pandre dans le monde entier &#187;.Il ne sert &#224; rien de nier un fait : quand il est, il se contente d'&#234;tre.avec obstination. On ne l'influence qu'en partant de&lt;br class='autobr' /&gt;
la r&#233;alit&#233; de son existence. On ne le supprime pas par d&#233;cret : pas plus aujourd'hui la mondialisation ou l'ordinateur qu'hier la nation ou la machine &#224; vapeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit, en un sens, d'un fait vieux comme le monde : depuis les Ph&#233;niciens au IX&#176; si&#232;cle avant J&#233;sus-Christ, en passant par le Grecs, les foires de Champagne au Moyen-Age, la d&#233;couverte du Nouveau-Monde &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
partir de 1492, les villes m&#233;diterran&#233;ennes de la Renaissance, les conqu&#234;tes coloniales aux XVIII&#176; et XIX&#176; si&#232;cles, le d&#233;veloppement des moyens de communication au XX&#176; si&#232;cle, les hommes n'ont cess&#233; de se lancer &#224; la conqu&#234;te de l'espace.au-del&#224; m&#234;me de la plan&#232;te. Les flux de capitaux et de marchandises dans le monde ont rev&#234;tu, dans le pass&#233;, une importance relative parfois aussi grande qu'aujourd'hui : ainsi en France, au d&#233;but des ann&#233;es 1920, l'&#233;change international repr&#233;sentait-il 25% du PIB, tout comme &#224; la fin du m&#234;me vingti&#232;me si&#232;cle. Sans doute le besoin d'exploration est-il profond&#233;ment ancr&#233; dans l'essence m&#234;me de la vie : Jean Piaget, dans un de ses derniers&lt;br class='autobr' /&gt;
livres, &lt;i&gt;Le comportement moteur de l'&#233;volution&lt;/i&gt; (1976), soulignait la tendance spontan&#233;e de la plus &#233;l&#233;mentaire des cellules vivantes &#224; explorer le monde qui l'entoure et donc &#224; &#233;voluer en s'adaptant &#224; des milieux nouveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un fait dont on ne saurait nier les aspects b&#233;n&#233;fiques. Le Produit mondial multipli&#233; par neuf au cours du dernier demi si&#232;cle, le Produit par t&#234;te fran&#231;ais augment&#233; de 53% en un quart de si&#232;cle ; le&lt;br class='autobr' /&gt;
recul des taux de mortalit&#233; en Asie, en Afrique et en Am&#233;rique latine o&#249; en quarante ans les gains obtenus sont l'&#233;quivalent de ceux que l'Europe avait mis 150 ans &#224; enregistrer &#224; partir du d&#233;but du XIX&#176;si&#232;cle ; le recul de la malnutrition et la disparition des famines&lt;br class='autobr' /&gt;
chroniques en Asie du Sud&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PNUD : Rapport mondial sur le d&#233;veloppement humain 2001.- De Boeck Universit&#233;&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#234;me si l'on attribue l'essentiel de ces ph&#233;nom&#232;nes au progr&#232;s technologique, il faudrait &#234;tre aveugle ou&lt;br class='autobr' /&gt;
partial pour nier que l'abaissement des fronti&#232;res et l'&lt;br class='autobr' /&gt;
intensification des &#233;changes entre les peuples y entrent pour une certaine part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est permis cependant de mettre en cause les formes nouvelles que ce fait a prises de nos jours. Car la mondialisation ne se d&#233;finit pas seulement de mani&#232;re quantitative. Deux ph&#233;nom&#232;nes r&#233;cents - l'un technique, l'autre politique - sont venus en renouveler profond&#233;ment la port&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'apparition de l'ordinateur et l'&#233;mergence de l'immat&#233;riel : &#171; Nous sortons du n&#233;olithique &#187;, disait souvent &#224; ses amis, le grand pal&#233;ontologue Andr&#233; Leroi-Gourhan. Il signifiait par l&#224; qu'au n&#233;olithique, en se s&#233;dentarisant, les populations humaines -&lt;br class='autobr' /&gt;
utilisant syst&#233;matiquement le sol comme r&#233;ceptacle de l'&#233;nergie solaire pour faire cro&#238;tre la plante et &#233;lever l'animal - &#233;taient entr&#233;es dans une phase de d&#233;veloppement tir&#233;e par l'&#233;nergie (le soleil, le vent, l'eau, la vapeur, l'&#233;lectricit&#233;, le p&#233;trole, l'atome, les &#233;nergies physico-chimiques.) et que nous entrions dans une nouvelle phase dont les moteurs se d&#233;pla&#231;aient, hors de ce champ, vers celui de l'immat&#233;riel. C'est une r&#233;volution consid&#233;rable, dont nous commen&#231;ons &#224; peine &#224; entrevoir les effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordinateur est aussi cet instrument qui permet de relier l'un &#224; l'autre, en temps r&#233;el, tous les points du monde : ainsi, pour n'&#233;voquer qu'un exemple frappant, a-t-on pu suivre instantan&#233;ment, sur l'ensemble de la plan&#232;te, la trag&#233;die de Manhattan &#224; mesure qu'elle se d&#233;roulait. &#171; Une &#233;conomie capable de fonctionner comme unit&#233; en temps r&#233;el &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te &#187;.C'est ainsi que Manuel Castells&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Manuel Castells : L'&#232;re de l'information - tome I : La soci&#233;t&#233; en r&#233;seaux - (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d&#233;finit la &#171; globalisation &#187; ; il s'agit d'une situation nouvelle et qui transforme radicalement la nature du ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un monde d'interd&#233;pendances g&#233;n&#233;ralis&#233;es, organis&#233; en r&#233;seaux et men&#233; par les forces de l'immat&#233;riel, c'est cette mutation, bien plus que le d&#233;veloppement strictement quantitatif des &#233;changes qui caract&#233;rise la&lt;br class='autobr' /&gt;
mondialisation contemporaine. Mais ce qui d&#233;coule de ce cadre renouvel&#233; d&#233;pend de la politique &#224; laquelle on le soumet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La politique n&#233;o-lib&#233;rale inaugur&#233;e dans les ann&#233;es 1980 : par le Pr&#233;sident Reagan et Madame Thatcher, se caract&#233;rise par la mise en ouvre du Consensus de Washington&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Consensus de Washington &#187;, telle est l'expression par laquelle - en 1989 - (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;labor&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1980 par le G7, dans la ligne id&#233;ologique ultra-lib&#233;rale de Friedrich Hayek, Milton Friedman et l'&#233;cole de Chicago.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les principales dispositions de ces nouvelles &#171; Tables de la Loi &#187; figure la libre circulation des capitaux dans le monde que le tandem Reagan-Thatcher a traduite par le symbolique &#171; 3D &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;r&#233;glementation ou suppression des obstacles r&#233;glementaires &#224; leur circulation ; d&#233;sinterm&#233;diation ou financement des entreprises et des Etats par recours direct au march&#233; financier sans passer par l'interm&#233;diation du syst&#232;me bancaire et d&#233;cloisonnement c'est-&#224;-dire ouverture des fronti&#232;res et r&#233;duction des barri&#232;res existant entre les divers march&#233;s financiers et mon&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#233;sultat est double :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d'une part le repliement de la &#171; sph&#232;re financi&#232;re &#187; sur sa propre logique, d&#233;connect&#233;e des imp&#233;ratifs de l'&#233;conomie r&#233;elle : celui qui veut investir ou emprunter peut rechercher le meilleur rendement en se&lt;br class='autobr' /&gt;
contentant de passer d'une monnaie ou d'un titre &#224; l'autre, d'une obligation en euro &#224; un titre en dollar et d'une obligation priv&#233;e &#224; un bon du tr&#233;sor : &#171; la finance internationale suit d&#233;sormais sa propre logique, qui n'a plus qu'un rapport indirect avec le&lt;br class='autobr' /&gt;
financement des &#233;changes dans l'&#233;conomie mondiale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dominique Plihon : Le nouveau capitalisme - Coll. Dominos-Flammarion, 2001.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; en un mot, la logique mon&#233;taire se boucle sur elle-m&#234;me ; la Bourse se situe au centre de la vie &#233;conomique, la sp&#233;culation devient un des principaux moyens de gagner de l'argent ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d'autre part son renforcement et sa capacit&#233; d'imposer cette logique &#224; tous les niveaux de la vie &#233;conomique : de 1989 &#224; 1998, le volume du march&#233; des changes est multipli&#233; par trois, le volume des fonds&lt;br class='autobr' /&gt;
contr&#244;l&#233;s, en 2000, par les grandes institutions financi&#232;res (banques, soci&#233;t&#233;s d'assurance, fonds de pension, fonds sp&#233;culatifs.) s'&#233;l&#232;ve approximativement &#224; 30 000 milliards de dollars, soit presque l'&#233;quivalent du produit mondial&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Comparaison n'est pas raison &#187; dit la sagesse populaire : nous savons bien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; une journ&#233;e de sp&#233;culation sur devises repr&#233;sente 1500 &#224; 1600 milliards de dollars&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce montant atteignait jusqu'&#224; 1800 &#224; 2000 milliards de dollars avant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, soit &#224; peu pr&#232;s le montant des r&#233;serves d'or et devises de toutes les principales banques centrales dans le monde ; c'est dire que cette &#171; sph&#232;re financi&#232;re &#187; poss&#232;de la &#171; puissance de feu &#187; qui lui permet d'imposer sa loi &#224; tous les niveaux de la vie &#233;conomique : entreprises, nations&lt;br class='autobr' /&gt;
et institutions internationales ; c'est d&#233;sormais l'instrument qui impose sa loi, le capitalisme s'est fait actionnarial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La diff&#233;rence entre ce n&#233;o-lib&#233;ralisme et le courant de pens&#233;e lib&#233;ral traditionnel tient tout enti&#232;re dans ce renversement de la dialectique des fins et des moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour le courant lib&#233;ral traditionnel :&lt;/strong&gt; la finalit&#233; reste la satisfaction des besoins humains et le march&#233; est suppos&#233; en &#234;tre le meilleur instrument. Il en est ainsi, avec de fortes nuances bien s&#251;r, de la plupart des premiers classiques : Smith (qui d&#233;nonce clairement&lt;br class='autobr' /&gt;
les d&#233;rives dues &#224; la domination du profit), Jean-Baptiste Say, Stuart Mill (aux accents toujours extr&#234;mement humains). Un empirisme certain les conduit &#224; subordonner le jeu du march&#233; &#224; ses cons&#233;quences&lt;br class='autobr' /&gt;
sociales. Il en va de m&#234;me avec l'&#233;cole n&#233;o-classique : Menger, Jevons, expriment des pr&#233;occupations environnementales ; Walras, lorsqu'il passe de son &#171; &#233;conomie pure &#187; &#224; &#171; l'&#233;conomie appliqu&#233;e &#187; et &#224; &#171; l'&#233;conomie sociale &#187;, se r&#233;clame du socialisme et milite pour les coop&#233;ratives. Leurs continuateurs contemporains - en France Courtin, Allais, Rueff, Boiteux., aux Etats-Unis John Rawls - sont de la m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
veine. Notre d&#233;saccord - fondamental - avec ces auteurs, porte sur la confiance excessive que - selon nous - ils font &#224; la r&#233;gulation marchande. Mais les oppositions parfois vives que l'on peut marquer&lt;br class='autobr' /&gt;
envers leurs conceptions ne sont pas exclusives du respect que l'on doit &#224; la noblesse des fins poursuivies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le n&#233;o-lib&#233;ralisme&lt;/strong&gt;, au contraire, renverse la relation : il finalise l'instrument et instrumentalise la finalit&#233;. La performance financi&#232;re pos&#233;e comme objectif supr&#234;me justifie tous les sacrifices humains :&lt;br class='autobr' /&gt;
flexibilit&#233; des salaires et de l'emploi, r&#233;gression de la protection sociale ; cela pouvant aller jusqu'&#224; l'abject lorsqu'un gouvernement ob&#233;issant &#224; la pression des industries pharmaceutiques bloque l'application de l'accord de Doha qui autorisait les pays pauvres &#224; produire des m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques &#224; bas prix pour combattre le Sida : la vie humaine p&#232;se donc moins que les recettes &#171; juteuses &#187; des brevets, proclam&#233;es indispensables &#224; la recherche pharmaceutique, &#233;videmment justifi&#233;e par sa contribution au salut des vies humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel respect peut-on porter &#224; de telles politiques et &#224; ceux qui les pratiquent ou les justifient ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lib&#233;raux de la grande tradition ne sont gu&#232;re tendres envers cette attitude. Le prix Nobel Maurice Allais, n'h&#233;site pas &#224; qualifier la forme de mondialisation qu'elle g&#233;n&#232;re de &#171; chienlit mondialiste&lt;br class='autobr' /&gt;
laisser-fairiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De ce renversement de la relation d&#233;coule un changement de radical dans la logique-m&#234;me du syst&#232;me capitaliste.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Au temps du capitalisme managerial&lt;/strong&gt;, o&#249; se trouvaient directement confront&#233;s les int&#233;r&#234;ts des entrepreneurs et ceux des travailleurs repr&#233;sent&#233;s par leurs syndicats, un &#171; cercle vertueux &#187; dit &#171; fordiste &#187;, r&#233;gissait les relations entre salaires et profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun des interlocuteurs avait compris que son revenu &#233;tait li&#233; &#224; celui de l'autre : pas de profit sans salaires permettant d'accro&#238;tre les d&#233;bouch&#233;s ; pas de salaire convenable sans profits permettant d'investir. Au-del&#224; de l'&#226;pret&#233; des n&#233;gociations et des conflits&lt;br class='autobr' /&gt;
sociaux, existait une zone de compromis possible dont les interlocuteurs &#233;taient pleinement conscients. La solidarit&#233; l'emportait sur les antagonismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Avec le capitalisme &#171; actionnarial &#187; &lt;/strong&gt;, le &#171; cercle vicieux &#187; des int&#233;r&#234;ts fonci&#232;rement oppos&#233;s se substitue au pr&#233;c&#233;dent. La rente de l'actionnaire en effet, ne se nourrit pas de l'augmentation des autres&lt;br class='autobr' /&gt;
revenus mais des ponctions qu'elle effectue sur eux. Chacun des points du consensus de Washington ob&#233;it &#224; cette consid&#233;ration : r&#233;duire la masse salariale, la d&#233;pense publique, la protection sociale, privatiser les activit&#233;s publiques, privil&#233;gier la lutte contre l'inflation - par l'&#233;quilibre budg&#233;taire notamment - pour &#233;viter que la hausse des prix ne vienne ronger &#171; l'int&#233;r&#234;t r&#233;el &#187; en un mot, le revenu de l'actionnariat contre tous les autres.la relation est ici fonci&#232;rement conflictuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce n'est pas &#171; la &#187; mondialisation qui est en cause mais &#171; une &#187; certaine mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que reproche-t-on &#224; ce syst&#232;me ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de nier, nous l'avons dit, que l'ouverture des fronti&#232;res ait fortement contribu&#233; &#224; l'augmentation du produit mondial de ces derni&#232;res ann&#233;es. Mais la sant&#233; d'une &#233;conomie - et a fortiori&lt;br class='autobr' /&gt;
d'une soci&#233;t&#233; - ne s'appr&#233;cie pas &#224; cette seule performance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un examen plus d&#233;taill&#233; permet d'alimenter trois types de reproches.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'aggravation des in&#233;galit&#233;s et de l'instabilit&#233; dans le monde :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libre circulation des capitaux, qui devait r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s, les aggrave. L'ouverture des fronti&#232;res leur permettrait, nous disait-on, de s'orienter prioritairement vers les r&#233;gions o&#249; les besoins &#233;tant moins bien satisfaits, les investissements seraient plus&lt;br class='autobr' /&gt;
fructueux. C'&#233;tait oublier qu'entre le besoin et la demande se glisse la pouvoir d'achat et que l'intensit&#233; des besoins insatisfaits ne suffit pas &#224; attirer les capitaux vers les pays pauvres. Les capitaux cherchent le rendement et la s&#233;curit&#233;. Ils s'orientent donc d'abord vers les r&#233;gions riches et stables du monde : 80% vers les pays de la &#171; Triade &#187; (Etats-Unis, Europe et Japon) et le reste se concentre pour l'essentiel sur une dizaine de pays &#233;mergents, au premier rang desquels se trouvent la Chine et l'Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat, en termes d'in&#233;galit&#233; appara&#238;t clairement. L'enrichissement moyen s'accompagne d'une aggravation des &#233;carts aux extr&#234;mes. Rappelons rapidement quelques donn&#233;es bien connues : le rapport des revenus des 20% les plus riches de la population mondiale aux 20% les plus pauvres qui, de 1960 &#224; 2000, est pass&#233; de 30 &#224; 78 ;&lt;br class='autobr' /&gt;
les 850 millions de sous-aliment&#233;s de la plan&#232;te ; les 1 300 000 000 de personnes qui (sur)vivent avec 1 dollar par jour ; les 80 pays les plus pauvres dont le produit par t&#234;te a d&#233;cru sur dix ans.... Le &#171; Rapport mondial sur le d&#233;veloppement humain 2001 &#187; du PNUD souligne que, selon une enqu&#234;te r&#233;cente de Milanovic, portant sur 84% de la population humaine, en 1993 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; le revenu des 10% d'&#234;tres humains les plus pauvres ne repr&#233;sentait que 1,6% de celui des 10% les plus riches ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire, les 1% les plus riches disposaient d'un reve nu cumul&#233; &#233;gal &#224; celui des 57% les plus pauvres ;(.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 25% des habitants de la plan&#232;te se partagent 75% du revenu mondial &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libre circulation des devises coupl&#233;e &#224; la libre fluctuation de leur cours devait, selon Monsieur Friedman, conduire les taux de changes &#224; se fixer au niveau dit &#171; de la parit&#233; des pouvoir d'achat &#187;, celui o&#249; le pouvoir d'acquisition de toutes les devises serait&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;quivalent dans tous les pays. Cela - sur le papier - paraissait &#233;vident : si le cours d'une devise s'&#233;levait au-dessus de ce niveau, il deviendrait plus on&#233;reux de recourir &#224; elle pour se procurer des marchandises ; elle serait donc d&#233;laiss&#233;e au profit de devises moins&lt;br class='autobr' /&gt;
ch&#232;res permettant d'obtenir les m&#234;mes marchandises &#224; meilleur march&#233; et son cours s'abaisserait donc. Au moindre &#233;cart, gr&#226;ce &#224; la sp&#233;culation, la loi de l'offre et la demande ram&#232;nerait en permanence l'ensemble des monnaies vers leur niveau naturel d'&#233;quilibre. Evident n'est-ce pas ? Un concept nouveau, que nous pourrions qualifier de &#171; sp&#233;culation stabilisatrice &#187;, faisait son apparition. Monsieur&lt;br class='autobr' /&gt;
Friedman n'avait sans doute jamais entendu parler des moutons de Panurge.c'est-&#224;-dire des effets cumulatifs et d&#233;s&#233;quilibrants des ph&#233;nom&#232;nes d'entra&#238;nement mutuels. Dans les faits, nous avons vu les capitaux, attir&#233;s par la rumeur publique, se pr&#233;cipiter massivement vers des Eldorados mythiques, pour s'en retirer non moins massivement - et brutalement - d&#232;s que se r&#233;v&#233;lait la r&#233;alit&#233; des choses, d&#233;stabilisant ainsi les syst&#232;mes les plus fragiles, victimes&lt;br class='autobr' /&gt;
des entr&#233;es et sorties se succ&#233;dant au gr&#233; d'anticipations douteuses.laissant les &#233;conomies d&#233;s&#233;quilibr&#233;es et exsangues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rappelons simplement quelques dates :&lt;/strong&gt; M&#233;xique 1994, Sud-Est asiatique 1997, Russie 1998, Br&#233;sil 1999, Argentine et Turquie 2000. Les faillites, le ch&#244;mage et la mis&#232;re qui en ont r&#233;sult&#233; n'avaient, en ce qui les concerne, rien de mythique ni de virtuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les atteintes aux milieux naturels et &#224; la biosph&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique marchande est par nature imp&#233;rialiste. Elle tend &#224; englober progressivement tous les domaines du vivant et de l'humain. C'est une tr&#232;s vieille histoire qui remonte bien au-del&#224; du march&#233; capitaliste&lt;br class='autobr' /&gt;
proprement dit. Lorsqu'au n&#233;olithique les populations se&lt;br class='autobr' /&gt;
s&#233;dentarisent, l'espace devient champ, l'animal troupeau , cheptel ; lorsqu'&#224; la fin du XIX&#176; si&#232;cle la machine relaie la force musculaire de l'homme, le travail devient &#171; force &#187; c'est-&#224;-dire marchandise&lt;br class='autobr' /&gt;
achet&#233;e et vendue ind&#233;pendamment de la personne qui la porte ; aujourd'hui, lorsque la technologie intervient dans les activit&#233;s intellectuelles et mentales de la personne, c'est celle-ci, tout enti&#232;re qui devient objet de marchandisation : de la culture au spectacle en passant par l'&#233;ducation et la sant&#233;, il n'est plus un&lt;br class='autobr' /&gt;
domaine qui se trouve hors d'atteinte des app&#233;tits marchands ; le vivant - hier sacr&#233; - le code g&#233;n&#233;tique humain , font l'objet de brevets ; un crit&#232;re commercial, la Life Time Value (LTV), exprime la&lt;br class='autobr' /&gt;
valeur de l'individu en termes de potentiel d'achat qu'il repr&#233;sente - et que chaque firme va tenter de s'approprier - compte-tenu de ses habitudes de consommation et de l'esp&#233;rance de vie qui lui est&lt;br class='autobr' /&gt;
attribu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capacit&#233; de transformation de la nature par les hommes en fait d&#233;sormais, non plus ce &#171; bien libre &#187; des premiers classiques, mais un bien rare, &#233;puisable et d&#233;grad&#233; par des d&#233;versements de d&#233;chets d&#233;passant ses capacit&#233;s d'assimilation. En 1972, le Rapport du Club de Rome mettait l'accent sur les d&#233;gradations que la croissance infligeait &#224; la nature ; en 1987, le Rapport Brundtand r&#233;v&#233;lait le ph&#233;nom&#232;ne des pollutions globales (d&#233;chirure du voile de l'ozone&lt;br class='autobr' /&gt;
stratosph&#233;rique, effet de serre.) par lesquelles la croissance &#233;conomique, franchissant un pas de plus, remet en cause les r&#233;gulations m&#234;mes par lesquelles la biosph&#232;re se maintient en &#233;tat de porter la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette logique soumet la nature &#224; une logique qui n'est pas la sienne.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement d'optique qui se produit entre les deux rapports ci-dessus est r&#233;v&#233;lateur. A la suite du premier - et en d&#233;pit des intentions de ses auteurs - l'accent &#233;tait mis sur l'environnement -&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; ce qui entoure &#187; et sur des probl&#232;mes sp&#233;cifiques et localis&#233;s pouvant &#234;tre consid&#233;r&#233;s, &#224; la rigueur, comme des dysfonctionnements du mod&#232;le de croissance &#233;conomique. Apr&#232;s le second, cela n'est plus possible : ce qui est en cause, c'est la biosph&#232;re c'est-&#224;-dire un&lt;br class='autobr' /&gt;
syst&#232;me autor&#233;gul&#233; de m&#233;canismes interd&#233;pendants assurant sa reproduction en &#233;volution dans le temps. Il n'est plus question de dysfonctionnements, mais d'un conflit de logiques entre deux modes de r&#233;gulation dont l'un menace l'existence de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au besoin d'ouverture sur la biosph&#232;re l'&#233;conomie r&#233;pond donc, comme nous l'avons vu plus haut, par le repliement sur la seule logique de sa sph&#232;re la plus &#233;troite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux cons&#233;quences en r&#233;sultent. Tout d'abord, une logique s'impose, qui n'est plus de bien-&#234;tre humain ni de gestion des ressources mais de fructification rapide des patrimoines financiers. De l&#224; l'imp&#233;ratif&lt;br class='autobr' /&gt;
bien connu d'un rendement de 15% des capitaux propres, que les organismes financiers - fonds de pensions en particulier - imposent aux entreprises. Il en r&#233;sulte une tendance certaine &#224; la surexploitation des ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, l'imposition de rythmes qui n'ont rien &#224; voir avec ceux des grands cycles bio-g&#233;o-physico-chimiques qui m&#232;nent la nature. Le prix Nobel d'&#233;conomie James Tobin rapportait nagu&#232;re le propos d'un important homme de finances affirmant fi&#232;rement que son tr&#232;s long&lt;br class='autobr' /&gt;
terme &#233;tait &#171; les dix prochaines minutes &#187; ; il affichait par l&#224; ce qu'il croyait &#234;tre son r&#233;alisme. Ainsi donc, c'est &#224; ce &#171; tr&#232;s long &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
terme-l&#224; que l'on plie la nature. Nous sommes loin des imp&#233;ratifs de reproduction de cette derni&#232;re. Surexploitation, imposition de rythmes acc&#233;l&#233;r&#233;s, cela s'appelle course productiviste et destruction des&lt;br class='autobr' /&gt;
milieux naturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La destruction du sens et la d&#233;composition des soci&#233;t&#233;s :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc l'instrument qui impose sa loi. Nous sommes dans un monde renvers&#233;, marchant &#171; cul par dessus t&#234;te &#187;, un monde forc&#233;ment insens&#233;, car seul ce qui transcende peut donner sens &#224; la vie. Ce qui&lt;br class='autobr' /&gt;
transcende, ce sont les valeurs - la&#239;ques ou religieuses peu importe - pour lesquelles on vit et pour lesquelles parfois, on accepte de mourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or l'instrument ne transcende rien, il est fait pour servir. Loin de pouvoir donner sens, il ne peut trouver sa propre signification que dans ce que nous faisons de lui. Or, l'&#233;conomie se situe au niveau des moyens et la finance n'est qu'un des moyens de ce moyen.Voil&#224; donc la&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; valeur &#187; supr&#234;me que la mondialisation n&#233;o-lib&#233;rale entend imposer &#224; la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un monde domin&#233; par la logique de ses moyens est un monde fou. Partout o&#249; s'affirme le r&#232;gne de l'argent, les choses se pervertissent : le sacrifice des hommes devient le moyen d'assurer &#171; la bonne marche &#187; du&lt;br class='autobr' /&gt;
syst&#232;me productif, mais la bonne marche pour quoi faire si ce syst&#232;me ne sait produire que le malheur de ceux qu'il devrait servir ? ce n'est plus le m&#233;dia qui est au service du spectacle, mais celui-ci qui, via l'audimat, alimente celui-l&#224; en recettes publicitaires ; le sport dont chacun sait qu'il est &#171; la sant&#233; &#187; exploite, jusqu'&#224; les d&#233;truire, quelques marionnettes vedettis&#233;es et la justice italienne&lt;br class='autobr' /&gt;
enqu&#234;te sur le nombre inqui&#233;tant de morts suspectes affectant le football ou le cyclisme transalpins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le seul crit&#232;re de r&#233;ussite, justifiant tout , est la r&#233;ussite financi&#232;re, quand les rep&#232;res &#233;thiques ont disparu, au nom de quoi pourrait-on r&#233;guler la soci&#233;t&#233; ? Les uns, baissant les bras, vont&lt;br class='autobr' /&gt;
chercher refuge dans les paradis artificiels et s'abandonnent &#224; toutes les drogues ; les autres se r&#233;voltent et cassent, pour le plaisir de&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; casser &#187; ce monde incompr&#233;hensible qui les exclut ; d'autres enfin, vont chercher dans la fausse spiritualit&#233; des sectes ou des int&#233;grismes, des substituts douteux aux valeurs que la soci&#233;t&#233; ne produit plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que les rep&#232;res, les lignes de d&#233;marcation entre &#233;conomie &#171; propre &#187; et &#233;conomie &#171; sale &#187; s'estompent. V&#233;ritables zones de non-droit, les paradis fiscaux permettent aux firmes cens&#233;es appartenir &#224; la premi&#232;re, de tourner la loi fiscale pour en tirer des avantages de comp&#233;tition ou de falsifier leur comptabilit&#233; en utilisant le biais de soci&#233;t&#233;s virtuelles ; ils sont le lieu incontournable du blanchiment de l'argent sale issu de tous les&lt;br class='autobr' /&gt;
trafics ill&#233;gaux, ils alimentent les fili&#232;res de financement du terrorisme.Le op&#233;rations de l'&#233;conomie &#171; propre &#187; b&#233;n&#233;ficient des m&#233;canismes de l'&#233;conomie &#171; sale &#187; et r&#233;ciproquement celle-ci ne pourrait se d&#233;velopper sans la comp&#233;tence d'hommes de loi - honor&#233;s sinon honorables - ayant pignon sur rue, sans la &#171; compr&#233;hension &#187; de quelques banquiers peu curieux de conna&#238;tre l'origine des fonds qui leur sont confi&#233;s, sans le sacro-saint secret bancaire auquel tant d'hommes de finance manifestent un si r&#233;el attachement. Une v&#233;ritable symbiose s'&#233;tablit entre les deux &#233;conomies. Comme le dit le juge Jean de Maillard, elles ne se d&#233;veloppent pas l'une contre l'autre, mais l'une par l'autre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il rappeler quelques firmes que l'on donnait nagu&#232;re en exemple ? Enron, Andersen, Tyco, Worldcom, Vivendi Universal etc.- Que l'on ne dise pas - comme Monsieur Greenspan (ou le Pr&#233;sident Bush, ainsi que&lt;br class='autobr' /&gt;
son vice-Pr&#233;sident Dick Cheney, d&#233;non&#231;ant aujourd'hui ce qu'ils ont pratiqu&#233; hier)- que c'est l'affaire de quelques PDG malhonn&#234;tes - un dysfonctionnement du syst&#232;me, en somme.non c'est la logique du syst&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
qui est en cause.c'est bien cette logique qui pousse les dirigeants d'entreprises &#224; trafiquer les comptabilit&#233;s afin de continuer &#224; b&#233;n&#233;ficier des cr&#233;dits des &#233;tablissements financiers en m&#234;me temps&lt;br class='autobr' /&gt;
ue - providentiellement !- de soutenir la valeur des stock options qu'ils se sont g&#233;n&#233;reusement attribu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation, une autre logique &#233;conomique - tout aussi rationnelle, tout aussi coh&#233;rente - nous para&#238;t concevable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I- Le champ de la rationalit&#233; &#233;conomique se d&#233;place aujourd'hui de l'instrument productif aux finalit&#233;s humaines.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'en tenir &#224; une affaire de cour ou de bonnes intentions serait offrir de trop belles armes aux tenant du syst&#232;me &#233;tabli : &#171; du cour peut-&#234;tre, mais si peu de t&#234;te. &#187;. L'&#233;conomie, en se d&#233;finissant comme&lt;br class='autobr' /&gt;
une activit&#233; de transformation de la nature destin&#233;e &#224; la satisfaction des besoins humains, ne se donne-t-elle pas par l&#224;-m&#234;me l'humain comme finalit&#233; ? Mais, ceci &#233;tant acquis, il est deux fa&#231;ons d'appr&#233;cier la&lt;br class='autobr' /&gt;
performance &#233;conomique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour les uns - aujourd'hui encore largement dominants - c'est essentiellement &#224; travers l'efficacit&#233; de l'instrument productif que l'on &#233;valuera l'accomplissement de l'objectif ; cette rationalit&#233; &#233;conomique est avant tout instrumentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour les autres, c'est seulement, au niveau de la finalit&#233; humaine que l'on peut poser les crit&#232;res permettant d'assurer - au niveau des choix - et d'appr&#233;cier- au niveau des r&#233;sultats - la performance de l'appareil &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais montrer que le temps de la rationalit&#233; instrumentale est r&#233;volu et que, si elle fut longtemps l&#233;gitime, les conditions qui la justifiaient ont aujourd'hui disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une rationalit&#233; instrumentale fut longtemps suffisante et l&#233;gitime.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que la logique de l'instrument s'accordait avec celle des finalit&#233;s, il &#233;tait beaucoup plus simple de mesurer des quantit&#233;s de produits mat&#233;riels - des quintaux de bl&#233; par exemple - que d'&#233;valuer le niveau de satisfaction des consommateurs . Au moment o&#249; l'&#233;conomie moderne posait ses premi&#232;res fondations ( aux XVIII&#176;s et XIX&#176;s. ainsi que pendant une bonne partie du XX&#176;), il s'agissait l&#224; d'une simplification tout &#224; fait l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les niveaux de vie se situaient sensiblement en-de&#231;&#224; du niveau de saturation des besoins fondamentaux : Quesnay, Smith, Ricardo, Marx, nous pr&#233;sentent comme correspondant &#224; la r&#233;alit&#233;, des niveaux de salaires &#233;voluant autour du minimum vital.Dans les conditions de leur &#233;poque, comme aujourd'hui dans le cas des populations les plus d&#233;munies, le &#171; plus &#187; &#233;tait aussi le &#171; mieux &#187;, le quantitatif et le qualitatif marchaient du m&#234;me pas. Produire des quintaux de bl&#233;, c'&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait aussi produire des satisfactions humaines. Une logique des moyens &#233;tait coh&#233;rente avec celle des finalit&#233;s. Les crit&#232;res de choix permettant d'assurer la performance de l'appareil productif, constituaient le meilleur moyen d'assurer la satisfaction des imp&#233;ratifs humains de l'&#233;conomie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jusqu'au d&#233;but du XX&#176; si&#232;cle, le facteur limitant de la croissance &#233;tait le capital. La ressource humaine , loin d'appara&#238;tre comme un facteur rare, &#233;tait cens&#233;e cro&#238;tre trop rapidement (loi de Malthus)&lt;br class='autobr' /&gt;
et la nature in&#233;puisable, indestructible, non produite par les hommes et n'ayant pas &#224; &#234;tre reproduite par eux &#233;tait un &#171; bien libre &#187; n'appartenant pas au champ du calcul &#233;conomique ( J-B. Say).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le capital constituait le seul facteur rare, produit par les hommes et dont le rythme d'accumulation commandait la croissance des &#233;conomies. C'est pourquoi, au temps de Ricardo, l'&#233;pargne - source de l'investissement - &#233;tait vertu et la consommation p&#234;ch&#233;. Il en sera ainsi jusqu'au moment o&#249; les circonstance ayant chang&#233;, Keynes soutiendra la position rigoureusement inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est toujours autour de la performance du facteur rare que se construit la rationalit&#233; d'un syst&#232;me. Il y a l&#224;, encore aujourd'hui, une des r&#232;gles de base de notre recherche op&#233;rationnelle. Celle-ci est n&#233;e de la guerre. Or, c'&#233;tait toujours le navire du plus lent qui commandait la vitesse d'un convoi menac&#233; par les sous-marins ennemis et c'est en agissant sur lui que l'on acc&#233;l&#233;rait le mouvement de l'ensemble. Dans la phase d'accumulation capitalistique donc, le produit national ne pouvait cro&#238;tre qu'au rythme du d&#233;veloppement des investissements de base : voir par exemple le r&#244;le du chemin de fer au XIX&#176; si&#232;cle. En un mot, la croissance des nations passait par l&#224;. Il &#233;tait parfaitement normal d'appr&#233;cier la performance en rapportant le suppl&#233;ment de produit obtenu &#224; la quantit&#233; suppl&#233;mentaire du facteur qui avait permis de l'obtenir. Donc, en toute rationalit&#233;, c'est autour de la performance du capital que se construisaient les crit&#232;res d'appr&#233;ciation et les choix d'orientation des &#233;conomies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces conditions ont aujourd'hui disparu.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des besoins, le niveau du minimum vital est largement d&#233;pass&#233; pour la majeure partie des populations(pas pour toutes, il ne faut pas l'oublier) des pays d&#233;velopp&#233;s. De ce niveau, ces &#233;conomies sont pass&#233;e- &#224; partir des ann&#233;es trente - &#224; celui de la satisfaction de&lt;br class='autobr' /&gt;
besoins de consommation durable (automobile, &#233;quipement domestique.), puis aujourd'hui au d&#233;veloppement des services, correspondant &#224; l'&#233;mergence de l'immat&#233;riel. Mieux, la production mondiale, consid&#233;r&#233;e globalement et en moyenne, est suffisante pour permettre la couverture de tous les besoins fondamentaux &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te. Enfin, la situation de nombreux march&#233;s (p&#233;trole, automobile, aviation, chimie,&lt;br class='autobr' /&gt;
agroalimentaire etc.), parmi les plus importants, n'est pas la sous-production, mais la surproduction. Dans cette situation, le &#171; plus &#187; cesse d'&#234;tre le &#171; mieux &#187;. Si hier plus de bl&#233; faisait plus de bien &#234;tre, pourrait-on dire aujourd'hui la m&#234;me chose de plus d'automobiles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la nature, lorsque l'on passe, comme nous l'avons vu, du &#171; bien libre &#187; imp&#233;rissable et indestructible des premiers classiques, &#224; l'environnement puis &#224; la biosph&#232;re, la croissance&lt;br class='autobr' /&gt;
mat&#233;rielle se r&#233;v&#232;le n'avoir pas seulement des effets positifs. Elle devient aussi le ph&#233;nom&#232;ne qui, peut menacer &#224; terme le milieu porteur de toute vie .et de toute activit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors apparaissent de nouvelles interrogations : produire plus ? peut-&#234;tre, mais pourquoi ? pour qui ? et pour quoi faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question finalit&#233;s et des valeurs, devient alors incontournable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les besoins sont globalement couverts et que subsistent ou s'accroissent d'importantes poches de pauvret&#233;, le probl&#232;me &#233;conomique se d&#233;place de la production &#224; la r&#233;partition. Faut-il faire dispara&#238;tre les in&#233;galit&#233;s ? vaut-il mieux une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire et&lt;br class='autobr' /&gt;
statique ou une soci&#233;t&#233; in&#233;galitaire et dynamique ? in&#233;galitaire, mais en fonction de quels crit&#232;res et jusqu'&#224; quel point ? etc.L'&#233;conomie n'a pas de r&#233;ponse &#224; cela. Ce que l'on appelle &#171; l'optimum de Pareto &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
n'est qu'un optimum de production d&#233;fini par rapport &#224; un syst&#232;me de r&#233;partition donn&#233;. Mais il n'y a pas d'optimum &#233;conomique de Pareto en mati&#232;re de r&#233;partition . Lui-m&#234;me dit tr&#232;s clairement qu'il est&lt;br class='autobr' /&gt;
incapable de d&#233;montrer d'une fa&#231;on purement objective et rationnelle laquelle de deux soci&#233;t&#233;s, l'une riche et tr&#232;s in&#233;galitaire et l'autre moins riche et plus &#233;galitaire, est pr&#233;f&#233;rable &#224; l'autre. Le choix&lt;br class='autobr' /&gt;
dit-il est affaire de sentiment. Ce qui veut dire que c'est dans les champ des valeurs qu'il faut chercher des r&#233;ponses : la th&#233;orie de la justice de Rawls&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Rawls : La Th&#233;orie de la Justice - 1971 ; Trad .fse Seuil 1987.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par exemple, repose sur une certaine conception de la personne impliquant le respect des libert&#233;s et droits fondamentaux de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement durable, de son c&#244;t&#233;, pose la question de la solidarit&#233; inter-g&#233;n&#233;rationnelle : au nom de quoi, les hommes concrets d'aujourd'hui devraient-ils r&#233;duire leurs satisfactions au profit des hommes de demain qui n'existent pas encore ? Une fois de plus, la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;ponse ne peut se trouver dans le champ de l'&#233;conomie : la pseudo-optimisation dans le temps, par &#233;galisation interg&#233;n&#233;rationnelle des sacrifices marginaux subis par la g&#233;n&#233;ration pr&#233;sente qui r&#233;duit ses consommations et des avantages marginaux pour les g&#233;n&#233;rations futures qui b&#233;n&#233;ficient de ces sacrifices, n'a de port&#233;e que purement formelle. Chaque g&#233;n&#233;ration, en effet, en sait &#224; peu pr&#232;s autant sur ce que seront les sources de satisfaction des g&#233;n&#233;rations futures que les contemporains de Louis XIV en pouvaient savoir de ce que seraient les n&#244;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se trouve renvoy&#233; dans le champ des valeurs. L'imp&#233;ratif cat&#233;gorique de Kant ne marche plus : la sym&#233;trie qui fondait les obligations r&#233;ciproques a disparu ; Si le droit et le devoir de chacun sur - et envers - l'autre, trouvent leur fondement dans le droit et le devoir de l'autre envers lui-m&#234;me, cela ne peut s'appliquer &#224; la relation interg&#233;n&#233;rationnelle : les g&#233;n&#233;rations futures n'existant pas ( &#224; part les descendants imm&#233;diats) n'ont, par d&#233;finition, envers la&lt;br class='autobr' /&gt;
g&#233;n&#233;ration pr&#233;sente aucun de ces devoirs qui permettraient de fonder - objectivement et rationnellement - une quelconque r&#233;ciprocit&#233;. Hans Jonas, dans son ouvrage &#171; Le principe responsabilit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hans Jonas : Le principe responsabilit&#233; -1979 ; trad fse Cerf&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; s'interroge donc sur ce que pourraient &#234;tre les nouvelles bases objectives et universelles d'une telle obligation. Il croit les trouver dans le fait que le devoir de maintenir la vie serait inh&#233;rent &#224; l'existence m&#234;me de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre intention ici n'est pas d'entrer dans ce d&#233;bat, mais de constater qu'il se situe, au-del&#224; de l'&#233;conomique, dans le champ de la philosophie et des valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des valeurs est d&#233;licate. D'une part l'&#233;conomie ne peut plus les contourner : il n'y a pas de neutralit&#233; possible ; la r&#233;gulation marchande n'est pas neutre ; en faire l'unique r&#233;gulateur social c'est la promouvoir comme valeur supr&#234;me par dessus toutes les&lt;br class='autobr' /&gt;
autres, donc en faire une valeur socio-culturelle ; c'est sortir du domaine du r&#233;futable et renoncer par la-m&#234;me &#224; toute possibilit&#233; de d&#233;monstration rationnelle de sa sup&#233;riorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, aucune science, et l'&#233;conomie encore moins que les autres, ne peut pr&#233;tendre d&#233;montrer des valeurs ; pas plus que ces derni&#232;res ne sauraient &#233;tayer quelque conclusion scientifique que ce soit. L'honn&#234;tet&#233; scientifique dans ces conditions, n'est pas de tenir un discours pr&#233;tendument neutre, objectif, incolore, inodore et sans saveur ; c'est de distinguer la part du discours qui, relevant de&lt;br class='autobr' /&gt;
la r&#233;futation, appartient au champ scientifique et celle qui reposant sur le syst&#232;me de valeurs de chacun ne saurait engager que celui qui s'y r&#233;f&#232;re. La probit&#233; scientifique consiste &#224; dire d'o&#249; l'on parle et non &#224; pr&#233;tendre &#233;tayer ses positions sur des valeurs socioculturelles, ou ces derni&#232;res sur des th&#233;ories. qui n'ont rien &#224; d&#233;montrer les unes sur les autres. Il y a plus de rigueur dans la passion avou&#233;e que dans&lt;br class='autobr' /&gt;
la pseudo neutralit&#233; usurp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question d&#233;bouche sur le primat de l'humain. Les valeurs engagent la personne dans sa totalit&#233;. Elles concernent une vision du monde, de la personne, de sa place dans ce monde et des finalit&#233;s de la vie. Aucune science ne peut les d&#233;montrer ni les r&#233;futer, car toute&lt;br class='autobr' /&gt;
science interroge l'univers d'un point de vue sp&#233;cifique , donc partiel , alors qu'une conception du monde implique une vision globale. De cela nous tirerons deux conclusions concr&#232;tes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1&#176;/ En ce qui concerne la politique &#233;conomique, les valeurs s'expriment notamment &#224; travers le respect des normes sociales et environnementales respectivement d&#233;finies par le BIT et les grandes conventions internationales (Rio, Kyoto.) relatives &#224; la protection de l'environnement et de la biosph&#232;re, ainsi que dans les droits fondamentaux de la personne tels que les formule la charte des Nations&lt;br class='autobr' /&gt;
Unies. L'article 103 de cette derni&#232;re nous dit que ses dispositions pr&#233;valent sur tout autre accord international. La cons&#233;quence logique devrait donc &#234;tre la subordination de la r&#233;gulation marchande au respect de ces normes et conventions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2&#176;/ Il est donc anormal que l'organisation marchande&lt;br class='autobr' /&gt;
internationale - l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) - soit la seule dot&#233;e du pouvoir judiciaire lui permettant de faire appliquer sa loi et donc de la faire pr&#233;valoir sur toute autre consid&#233;ration. Nous&lt;br class='autobr' /&gt;
dirait-on que l'OMC n'en abuse pas, que cela ne changerait rien. Le respect des normes n'a pas &#224; d&#233;pendre du bon vouloir des acteurs mais d'un imp&#233;ratif juridique. Les institutions internationales manquent d'&lt;br class='autobr' /&gt;
un &#171; chef d'orchestre &#187; qui soit en mesure d'assurer l'application de normes, par-dessus les institutions sp&#233;cialis&#233;es &#224; vocation partielle.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans cet esprit que Jacques Delors propose, depuis plusieurs ann&#233;es, la cr&#233;ation d'un Conseil de S&#233;curit&#233; &#233;conomique et social, dont l'autorit&#233; s'imposerait &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II- Il en d&#233;coule un changement radical des crit&#232;res de coh&#233;rence de la politique de mondialisation.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le regard que l'on porte sur l'&#233;conomie diff&#232;re radicalement selon que l'on observe celle-ci &#224; travers la logique des choses o&#249; &#224; travers celle des personnes. Soient deux unit&#233;s semblable d'un m&#234;me bien&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;conomique (deux quintaux de bl&#233; de m&#234;me qualit&#233;, en comp&#233;tition sur le march&#233;). Il y a deux fa&#231;ons de les regarder :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;On peut voir la chose elle-m&#234;me :&lt;/strong&gt; c'est ce que j'appelle la &#171; logique des choses mortes &#187; ; de ce point de vue, rien n'autorise &#224; favoriser l'un par rapport &#224; l'autre ; donc &#171; que le meilleur gagne &#187; ;&lt;br class='autobr' /&gt;
le meilleur, c'est le plus comp&#233;titif, celui qui sera offert au plus bas prix ; on se trouve donc dans une logique de comp&#233;tition ; cette attitude d&#233;coule d'une rationalit&#233; purement instrumentale ; c'est aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
celle conditionne la politique de mondialisation telle que la con&#231;oivent les grandes institutions internationales comme la Banque mondiale, le FMI ou l'OMC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On peut aussi voir les hommes et les femmes qui ont produit cette marchandise, les conditions dans lesquelles ils l'ont fait et les enjeux que l'&#233;change comporte pour eux . D'un c&#244;t&#233; les travailleurs d'une agriculture industrialis&#233;e de pays riches, produisant en grandes quantit&#233;s et &#224; bas prix et pour lesquels l'enjeu se limite &#224; un peu plus ou un peu moins de recettes internationales ; de l'autre le&lt;br class='autobr' /&gt;
produit d'une agriculture vivri&#232;re, cultiv&#233;e &#224; main d'homme, dans des conditions ingrates, avec de faibles rendements &#224; des prix de revient non comp&#233;titifs, mais dont l'enjeu est la survie m&#234;me des populations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le crit&#232;re humain place au premier rang, l'imp&#233;ratif de satisfaction prioritaire des besoins fondamentaux de la population. Ceux-ci d&#233;coulent de la notion de &#171; co&#251;ts de l'homme &#187;tels que les d&#233;finissait Fran&#231;ois Perroux ou des indicateurs de d&#233;veloppement humain du PNUD,&lt;br class='autobr' /&gt;
ainsi que des imp&#233;ratifs de bien-&#234;tre et d'&#233;panouissement de la personne. A une logique de concurrence se substitue une logique de solidarit&#233;. La justice ne s'exprime plus alors par l'identit&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
traitement, mais par la diff&#233;renciation, &#224; l'avantage du plus d&#233;favoris&#233;, tel que cela r&#233;sulte notamment Th&#233;orie de la Justice de John Rawls, un auteur proche de la pens&#233;e lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les raisons que nous avons dites, c'est cette logique qui nous para&#238;t devoir s'imposer aujourd'hui. Le progr&#232;s ne saurait se mesurer qu'en termes d'avancement vers la r&#233;alisation de finalit&#233;s que l'on&lt;br class='autobr' /&gt;
poursuit . Aussi longtemps que la performance quantitative de l'instrument permettait d'obtenir ce r&#233;sultat, il &#233;tait raisonnable de s'en remettre &#224; elle. Mais d&#232;s qu'il n'en est plus ainsi, les&lt;br class='autobr' /&gt;
crit&#232;res de choix &#233;conomiques et la mesure des performances ne sauraient se situer que dans le champ des finalit&#233;s humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le regard des choses a sa rigueur et sa rationalit&#233; dont la coh&#233;rence interne ne saurait &#234;tre contest&#233;e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il induit, comme nous l'avons vu, une logique de comp&#233;tition dont les implications se retrouvent dans les principes fondamentaux autour desquels s'&#233;labore la mondialisation n&#233;o-lib&#233;rale . Ils &#233;taient hier au cour de la tentative avort&#233;e d'Accord Multilat&#233;ral sur l'Investissement (AMI) ; ils r&#233;apparaissent aujourd'hui dans les efforts que d&#233;ploient le FMI ou l'OMC pour imposer au monde l'ordre n&#233;o-lib&#233;ral. On les reconna&#238;tra, les voici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Division internationale du travail en fonction de la dotation naturelle en facteurs de chaque pays.&lt;/strong&gt; La comp&#233;tition et la recherche du meilleur co&#251;t impliquent l'utilisation la plus efficace possible,&lt;br class='autobr' /&gt;
par chaque nation, des ressources dont la nature l'a dot&#233;e. Que le Portugal, dit au XIX&#176; si&#232;cle Ricardo, favoris&#233; par le climat et la main-d'ouvre, produise essentiellement du vin, cependant que l'Angleterre, moins ensoleill&#233;e mais plus riche en capital, se&lt;br class='autobr' /&gt;
sp&#233;cialise dans la fabrication du drap. Chacun, en y consacrant tous ses moyens, produira ainsi, &#224; lui seul, davantage du bien pour lequel il est favoris&#233; que ne le feraient les deux r&#233;unis divisant leurs forces entre les deux productions. Et chacun obtiendra, par l'&#233;change, plus du bien qu'il ne fabrique pas et &#224; meilleur prix . Les ressources du globe seront utilis&#233;es avec le maximum d'efficacit&#233;. Tout le monde&lt;br class='autobr' /&gt;
y gagnera donc et le produit mondial sera plus &#233;lev&#233;. C'est la conviction qu'affirment encore aujourd'hui les grandes organisations&lt;br class='autobr' /&gt;
internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Clause de la nation la plus favoris&#233;e.&lt;/strong&gt; Si la comp&#233;tition est la r&#232;gle, il ne faut pas en fausser le r&#233;sultat. Tout avantage consenti &#224; une nation par rapport aux autres constituerait une distorsion de&lt;br class='autobr' /&gt;
concurrence venant fausser le jeu des dotations naturelles. La r&#232;gle qui en d&#233;coule automatiquement sera donc de n'accorder &#224; aucune nation quelque avantage qui ne s'&#233;tende automatiquement &#224; l'ensemble des autres nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Clause du traitement national.&lt;/strong&gt; Ce qui pr&#233;c&#232;de s'applique &#233;videmment &#224; chaque nation dans ses rapports avec ses propres entreprises. Elle ne doit pas, favoriser celles-ci par rapport aux entreprises &#233;trang&#232;res ; d'o&#249; l'interdiction de toute subvention, aide ou intervention publique susceptible de fausser la comp&#233;tition sous peine de fausser le jeu. La r&#232;gle sera donc la privatisation et la soumission aux lois de la r&#233;gulation marchande de toute activit&#233; susceptible d'&#234;tre assur&#233;e par le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Libre circulation des capitaux dans le monde et libre fluctuation des cours de change. C'est la libre circulation qui, nous dit-on, permettra aux capitaux d'exploiter partout les avantages comparatifs,&lt;br class='autobr' /&gt;
en se portant l&#224; o&#249; ils sont n&#233;cessaires. De son c&#244;t&#233; la libre fluctuation du cours des devises, en fonction de l'offre et de la demande, assortie de la libre sp&#233;culation devait avoir, selon Monsieur Friedman, comme nous l'avons dit, un effet stabilisateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela para&#238;t coh&#233;rent dans l'optique de politiques de mondialisation relevant d'une rationalit&#233; dont nous nous sommes efforc&#233; de d&#233;montrer qu'elle &#233;tait aujourd'hui d&#233;pass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le regard des finalit&#233;s humaines aboutit, non moins rationnellement, &#224; des conclusions radicalement oppos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la comp&#233;tition nous passons, comme nous l'avons dit, &#224; la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Aux avantages comparatifs - soi-disant naturels - s'oppose alors le droit des peuples &#224; construire leurs avantages comparatifs. Car ces derniers n'ont rien de naturel et se construisent. Il en a toujours &#233;t&#233; ainsi, mais aujourd'hui plus que jamais, un seul facteur - le&lt;br class='autobr' /&gt;
capital technique - &#233;crase tous les autres. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'agriculture, par exemple, n'&#233;tait-elle pas l'activit&#233; de main-d'ouvre par excellence, fortement conditionn&#233;e par les facteurs naturels de sol et de climat ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Or que constatons-nous, sinon l'&#233;crasante sup&#233;riorit&#233; de l'agriculture industrialis&#233;e - avec des rendements par t&#234;te jusqu'&#224; 500 fois sup&#233;rieurs (50 fois en moyenne) &#224; ceux des modes de production traditionnels &#224; base de main-d'ouvre ? Il ne s'agit donc plus de se&lt;br class='autobr' /&gt;
soumettre &#224; des conditions soi-disant naturelles, mais de mettre les populations les plus d&#233;favoris&#233;es en mesure de se doter du seul facteur - le capital - qui leur permettra de construire leurs &#171; avantages comparatifs &#187;. Or, ce n'est pas par l'ouverture qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
pourront y parvenir ,mais en se prot&#233;geant comme l'ont fait dans le pass&#233; les nations aujourd'hui d&#233;velopp&#233;es ou, plus r&#233;cemment, les nations dites &#233;mergentes, comme la Cor&#233;e du Sud, la Chine ou l'Inde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous retrouvons ici les grands principes du &#171; protectionnisme &#233;ducateur &#187; de Friedrich List).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; A la clause de la nation la plus favoris&#233;e s'oppose le droit des peuples &#224; se constituer en communaut&#233;s &#233;conomiques d'int&#233;r&#234;ts compl&#233;mentaires et prot&#233;g&#233;s en leur pourtour. Au nom de quelle rationalit&#233; humaine interdirait-on aux plus d&#233;favoris&#233;s de mettre en&lt;br class='autobr' /&gt;
commun leurs similitudes et leurs compl&#233;mentarit&#233;s ? de se rassembler librement pour construire ensemble - en se prot&#233;geant - les bases de leur d&#233;veloppement humain, comme l'ont fait, en leurs d&#233;buts, tous les pays aujourd'hui d&#233;velopp&#233;s ? L'histoire de l'unit&#233; allemande ou italienne n'est pas si ancienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel &#233;tait &#233;galement l'esprit de l'Europe du Trait&#233; de Rome qui, en 1957, mettait en ouvre la construction, non point d'un simple trait&#233; de libre-&#233;change, mais d'une communaut&#233; appel&#233;e &#224; r&#233;duire progressivement ses barri&#232;res et ses disparit&#233;s int&#233;rieures, tout en&lt;br class='autobr' /&gt;
se diff&#233;renciant de l'ext&#233;rieur par une clause de pr&#233;f&#233;rence communautaire. Protection ne signifie pas isolement : on peut faire ici une analogie tout &#224; fait l&#233;gitime avec la membrane de la cellule vivante qui constitue la d&#233;marcation lui permettant d'affirmer son&lt;br class='autobr' /&gt;
identit&#233; en m&#234;me temps qu'elle et filtre organise activement ses &#233;changes avec l'ext&#233;rieur. Au nom de quelle rationalit&#233; humaine veut-on aujourd'hui imposer &#224; l'Europe de se dissoudre dans une vaste zone de libre-&#233;change international o&#249; elle perdrait sa personnalit&#233; c&lt;br class='autobr' /&gt;
'est-&#224;-dire sa raison d'&#234;tre ? L'Europe est porteuse d'une histoire, d' une tradition et d'une conception de l'homme qui lui sont propres. Au nom de quoi lui interdirait-on de les affirmer ? Au nom de quelles&lt;br class='autobr' /&gt;
valeurs humaines interdirait-on &#224; tout groupe de nations&lt;br class='autobr' /&gt;
sous-d&#233;velopp&#233;es, de mettre en commun leurs efforts pour amorcer leur d&#233;veloppement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quelle &#233;galit&#233; de traitement enfin, nous parle-t-on, lorsque, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire humaine, une nation et une seule est en mesure d'imposer unilat&#233;ralement sa loi &#224; toutes les autres, dans&lt;br class='autobr' /&gt;
tous les domaines ( politique, militaire, &#233;conomique, culturel.).&lt;br class='autobr' /&gt;
Interdire d'organiser toute pr&#233;f&#233;rence de zone, est-ce favoriser l'&#233;galit&#233; des conditions ou se soumettre &#224; l'imp&#233;rialisme du dominant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; A la pr&#233;f&#233;rence nationale s'oppose le droit des peuples &#224; satisfaire par eux-m&#234;mes leurs besoins fondamentaux. Quand la libre concurrence&lt;br class='autobr' /&gt;
aboutit &#224; la ruine des agricultures vivri&#232;res des pays pauvres, ce que l'optique des finalit&#233;s humaines sugg&#232;re de consid&#233;rer, ce n'est pas l'accroissement de productivit&#233; li&#233; &#224; l'expansion de l'agriculture moderne. C'est la d&#233;pendance alimentaire et la famine des populations priv&#233;es de leur moyen d'existence et ne poss&#233;dant pas les moyens de se reconvertir vers d'autres activit&#233;s. Ce qui s'impose alors c'est le&lt;br class='autobr' /&gt;
droit &#224; la souverainet&#233; alimentaire des peuples, garanti par la protection aux fronti&#232;res contre la concurrence des agricultures industrialis&#233;es et subventionn&#233;es (au nom de l'&#233;galit&#233; des&lt;br class='autobr' /&gt;
conditions ?) notamment par l'Europe et les Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me en ce qui concerne les droits fondamentaux de la personne : l'&#233;ducation, la sant&#233;, la culture ne produisent pas de &#171; l'avoir &#187; mais de &#171; l'&#234;tre &#187;. Au nom de quoi soumettrait-on la&lt;br class='autobr' /&gt;
production de &#171; l'&#234;tre &#187; aux imp&#233;ratifs et aux orientations de la seule loi marchande ? Il appartient, au contraire, &#224; la puissance publique d'assurer - directement ou sous son contr&#244;le - l'&#233;galit&#233; d'&lt;br class='autobr' /&gt;
acc&#232;s de tous les citoyens &#224; ces biens constitutifs de la personne, sans discrimination d'aucune sorte et notamment de revenus. Lorsque les accords de Marrakech fondant l'OMC font entrer dans le champ du privatisable toute activit&#233; publique d&#233;j&#224; partiellement assum&#233;e par le secteur priv&#233; - ce qui est le cas, en France, de l'enseignement et de la sant&#233;.- c'est &#224; ces principes qu'ils portent atteinte La Charte des Nations-Unies proclame la sup&#233;riorit&#233; des droits fondamentaux de la&lt;br class='autobr' /&gt;
personne sur toute autre convention et notamment commerciale. Dans le m&#234;me esprit, les &#171; biens communs de l'humanit&#233; &#187; :l'air, l'eau, le g&#233;nome, le savoir, la culture (&#171; patrimoine de l'humanit&#233; &#187;, disait Pasteur) par essence appartiennent &#224; tous ; au nom de quel imp&#233;ratif humain les soumettrait-on aux r&#233;gulations de l'appropriation priv&#233;e et de la r&#233;gulation marchande ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ne se r&#233;duit pas &#224; une simple addition d'int&#233;r&#234;ts individuels. La rentabilit&#233; d'un &#233;quipement collectif ne s'exprime pas dans le court terme &#224; travers le compte d'exploitation de l'unit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
productive qui en assume la charge, mais dans le long terme par son impact sur le produit national : ainsi le TGV M&#233;diterran&#233;e a-t-il pu &#234;tre construit bien que l'amortissement des investissements n&#233;cessaires soit appel&#233; &#224; s'&#233;taler sur une quarantaine d'ann&#233;es parce&lt;br class='autobr' /&gt;
que la collectivit&#233; publique - seul agent susceptible d'avoir un tel horizon pr&#233;visionnel - a pu assurer la garantie des emprunts correspondants., et parce qu'elle seule pouvait prendre en compte l'impact de cette voie de communication sur l'ensemble des activit&#233;s &#233;conomiques de la r&#233;gion. Le march&#233; lui, ne comptabilise que les impacts mon&#233;taires le concernant directement ; et l'actualisation, en&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;pr&#233;ciant le futur, r&#233;tr&#233;cit son horizon pr&#233;visionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au nom de quoi veut-on en faire le grand r&#233;gulateur de ce qu'il ne sait pas r&#233;guler ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; A la libre circulation des capitaux dans le monde s'oppose le droit des peuples &#224; se prot&#233;ger contre les entr&#233;es et sorties brutales qui d&#233;stabilisent durablement les &#233;conomies et les soci&#233;t&#233;s. Et le devoir&lt;br class='autobr' /&gt;
des riches de les aider&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul exemple, l'Asie du Sud-Est : entre les afflux massifs en 1996 de capitaux attir&#233;s par quelque Eldorado illusoire et les sorties non moins massives de 1997, la diff&#233;rence repr&#233;sente 11% des produits&lt;br class='autobr' /&gt;
nationaux de la r&#233;gion ; la crise qui s'ensuit chasse 13 millions de personnes de leur emploi , en Indon&#233;sie, les salaires r&#233;els chutent de 40 &#224; 60% et la Banque mondiale ajoute que, dans ce m&#234;me pays, 1,5 millions d'enfants auraient quitt&#233; l'&#233;cole, cependant qu'en Cor&#233;e du Sud le taux de pauvret&#233; passait de 8,6% &#224; 14,8%.O&#249; est la sp&#233;culation stabilisatrice de Monsieur Friedman ?. Qu'il nous soit permis de penser que la prise en compte des finalit&#233;s humaines du d&#233;veloppement&lt;br class='autobr' /&gt;
justifierait le r&#233;tablissement du contr&#244;le des Etats sur les entr&#233;es et sorties de devises dont ils font l'objet. On nous objecte la probabilit&#233; d'une fuite des capitaux : Mais il se trouve que lorsqu'en 1996, dans le Chili d'apr&#232;s Pinochet ou en Malaisie apr&#232;s 1998, furent&lt;br class='autobr' /&gt;
proclam&#233;es de s&#233;rieuses mesures de contr&#244;le des mouvements de capitaux, c'est le contraire qui se produisit : les investissements, nous dit Stiglitz, plut&#244;t rassur&#233;s par le surcro&#238;t de s&#233;curit&#233; que&lt;br class='autobr' /&gt;
leur assurait la stabilisation des flux financiers afflu&#232;rent au lieu de fuir comme on l'avait pr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que penser d'une ouverture incontr&#244;l&#233;e des march&#233;s qui permet aux grandes entreprises am&#233;ricaines, allemandes, fran&#231;aises, de fournir librement &#224; des gouvernements dictatoriaux , tous les &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires &#224; la fabrication d'une bombe atomique ? Ce sont, nous&lt;br class='autobr' /&gt;
disent plusieurs experts, quarante-quatre nations qui poss&#232;deraient, ou seraient sur le point de poss&#233;der l'arme de destruction massive. Il est vrai que l'on se pr&#233;pare, pour conjurer la menace , &#224; d&#233;clencher&lt;br class='autobr' /&gt;
de nouvelles guerres dont les m&#234;mes entreprises ne manqueront pas de tirer le plus grand profit. En termes de rationalit&#233; instrumentale, la&lt;br class='autobr' /&gt;
rentabilit&#233; de ces comportements ne se discute pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au droit des peuples riches de faire fructifier sans contr&#244;le leurs capitaux dans le monde, le regard de la finalit&#233; humaine conduit &#224; substituer le devoir de les aider, par l'annulation de la dette internationale qui les saigne &#224; blanc, par les suppression des PAS qui&lt;br class='autobr' /&gt;
les &#233;trangle et par l'aide publique internationale qui seule peut leur donner les moyens de r&#233;aliser leurs investissements de base &#224; rendement diff&#233;r&#233; sans lesquels il n'est aucun d&#233;marrage possible du d&#233;veloppement. A la froide logique des chose mortes, nous avons la faiblesse de pr&#233;f&#233;rer cette &#233;conomie-l&#224;, fond&#233;e sur la solidarit&#233; des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III- Pour conclure, nous examinerons les deux objections qui nous sont g&#233;n&#233;ralement oppos&#233;es sur les deux terrains de l'efficacit&#233; et de la faisabilit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'efficacit&#233; appelle deux remarques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tout d'abord on nous demande d'appr&#233;cier la performance, non point dans les termes de la rationalit&#233; finalis&#233;e que nous pr&#233;conisons, mais par rapport &#224; la rationalit&#233; instrumentale dont nous pensons&lt;br class='autobr' /&gt;
avoir d&#233;montr&#233; qu'elle &#233;tait obsol&#232;te ; est -ce bien rationnel ? Mais soit, nous rel&#232;verons le d&#233;fi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ensuite, il nous faut affirmer tr&#232;s clairement que l'apologie de la rationalit&#233; des finalit&#233;s humaines n'a pas pour corollaire la louange de l'irrationalit&#233; de l'appareil productif. Nous sommes-nous fait &#224; un&lt;br class='autobr' /&gt;
moment quelconque, l'ap&#244;tre de l'irrationnel ? Il ne s'agit pas d'irrationalit&#233;, mais de subordination d'une forme de rationalit&#233; &#224; une autre. &#171; d'optimisation sous contrainte &#187; en un mot, c'est-&#224;-dire de l'essence m&#234;me de l'&#233;conomie. Celle-ci, en effet n'existe qu'en&lt;br class='autobr' /&gt;
raison de la limitation des possibles. Alors, &#224; mon tour, hasarderai une timide question : qui sont les vrai &#233;conomistes ? ceux qui proposent d'optimiser sous contrainte ou ceux qui raisonnent comme si nous nous trouvions dans un univers de Cocagne o&#249; les possibilit&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tant infinies, point ne serait besoin de calcul &#233;conomique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'efficacit&#233; dont on nous parle est bien celle du syst&#232;me actuel propos&#233; comme norme et mod&#232;le. Alors, regardons autour de nous. Nous remarquerons un certain nombre de d&#233;sastres dont il ne saurait &#234;tre question de proposer ici une &#233;valuation exhaustive et m&#233;thodologiquement fond&#233;e, mais dont quelques chiffres significatifs permettent de mesurer l'ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le ch&#244;mage, l'exclusion sociale, la d&#233;sagr&#233;gation des valeurs et des soci&#233;t&#233;s : une &#233;tude men&#233;e en 1998, concernant la France, estimait &#224; 1.100 milliards de Francs - soit 168 milliards d'euros - ( trois fois&lt;br class='autobr' /&gt;
le montant des &#171; d&#233;penses pour l'emploi), les co&#251;ts directs et indirects, ainsi que les manques &#224; gagner li&#233;s au seul sous-emploi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Etude men&#233;e pour le compte de l'Association &#171; Un travail pour tous &#187; par un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les grands fiascos que l'on d&#233;nonce &#224; juste titre lorsqu'il s'agit du secteur public (le Cr&#233;dit Lyonnais : un solde n&#233;gatif de 8,5 milliards de francs - 1,3 milliard d'euros- fin 1992, selon les experts ), mais qu'on passe pudiquement sous silence lorsqu'il s'agit du secteur priv&#233; : Motorola en1999 :6 milliards de dollars envol&#233;s dans l'espace, le Tunnel sous la Manche avec un d&#233;passement de co&#251;t de 7,5 milliards de dollars - LTCM (1998) : 5 milliards de dollars &#233;vanouis en vaines sp&#233;culations, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les grandes fusions suivies de non moins grandes catastrophes, au terme desquelles la valeur boursi&#232;re de l'ensemble constitu&#233; est inf&#233;rieur &#224; la valeur ant&#233;rieure de chacune de ses composantes prises&lt;br class='autobr' /&gt;
s&#233;par&#233;ment.(.Daimler-Chrysler (1998), France-T&#233;l&#233;com-Orange.) : &#171; Le Monde du 20 ao&#251;t 2001 analyse 12 grandes fusions qui se sont sold&#233;es par une perte en capital d'environ 800 millions de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les effondrements de cours dissipant en fum&#233;e le patrimoine boursier des entreprises : selon Business Week, 4600 milliards de dollars en 2.000 soit l'&#233;quivalent de la moiti&#233; du PIB des Etats-Unis ; comparaison injustifi&#233;e dira-t-on car ce ne sont que des valeurs virtuelles qui disparaissent ; il faut donc en conclure que les soi-disant cr&#233;ations de richesses n'&#233;taient elles-m&#234;mes que vent et virtualit&#233;s ; en revanche, les cons&#233;quences humaines de ces dissipations n'ont rien de virtuel : les salari&#233;s perdent &#224; la fois&lt;br class='autobr' /&gt;
leur emploi leur &#233;pargne retraite, cependant que les dirigeants, apr&#232;s avoir dissimul&#233; les mauvaisr&#233;sultats de leurs entreprises,n&#233;gocienten temps utile leurs stocks-options au plus haut et peuvent -comme chez Enron - se retirer en empochant quelques centaines de millions de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La destruction de l'environnement dont les co&#251;ts sont estim&#233;s repr&#233;senter 6% du Produit national allemandet de 4 &#224; 9% du produit r&#233;gional m&#233;diterran&#233;en (Banque mondiale) ; Greenpeace estimait &#224; fin&lt;br class='autobr' /&gt;
2000, le co&#251;t du seul naufrage de &#171; l'Erik&#224; &#187; &#224; 1 milliard d'euros et beaucoup pensent que le &#171; Prestige &#187; d&#233;passera largement cette &#171; performance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le terrorisme dont la graine - le fanatisme religieux le plus obtus et le plus r&#233;trograde - n'a pu &#233;clore que sur le terreau de mis&#232;re, d'in&#233;galit&#233; et d'humiliation que lui offre la mondialisation n&#233;o-lib&#233;rale , gr&#226;ce &#224; l'engrais de l'argent sale que lui procurent les techniques de blanchiment favoris&#233;s par les paradis fiscaux dont cette &#233;conomie s'accommode fort bien ? Peut-&#234;tre bient&#244;t, le co&#251;t d'une guerre qui risque de d&#233;clencher ce conflit des civilisations dont parlait Huntington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La caract&#233;ristique de ces co&#251;ts c'est que les b&#233;n&#233;fices qui sont &#224; l'origine de la plupart d'entre eux ( &#233;conomies en salaires li&#233;es aux licenciements, &#233;conomies en d&#233;penses de d&#233;pollution li&#233;es aux rejets sur le milieu, fraudes etc.) sont imm&#233;diats et &#171; internalis&#233;s &#187; par les acteurs qui les d&#233;clenchent, alors que les d&#233;g&#226;ts s'&#233;talent sur le long terme et se diffusent sur l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Le &#171; licencieur &#187; a int&#233;r&#234;t &#224; licencier, le pollueur &#224; polluer, car il engrange seul les b&#233;n&#233;fices de ses actions alors qu'il en partage le co&#251;t avec tous les autres. Mais en dernier ressort, cela se r&#233;percute bien sur l'ensemble de la collectivit&#233; et finit par se traduire en pr&#233;l&#232;vements sur le produit national.c'est-&#224;-dire, directement ou indirectement sur l'appareil productif lui-m&#234;me. Au niveau de la collectivit&#233;, nationale ou internationale, tous agissant ainsi , courent ensemble &#224; leur propre perte. Jurerait-on encore, au vu de ces &#171; performances &#187;, que l'efficacit&#233; penche du c&#244;t&#233; de la rationalit&#233; instrumentale ?.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la faisabilit&#233; soul&#232;ve quelques questions d&#233;licates : mettre l'homme au cour de la d&#233;cision &#233;conomique et l'&#233;conomie &#224; sa place de servante.cela est vite dit, mais que voulez-vous mettre &#224; la place, comment le ferez-vous et sur quelles force vous appuierez-vous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ce point, je me permettrai de renvoyer le lecteur &#224; quelques-uns de mes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?. On s'en tiendra &#224; ce dernier point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me consiste aujourd'hui, si notre analyse est exacte, &#224; juguler la puissance de la sph&#232;re financi&#232;re imprudemment lib&#233;r&#233;e dans les ann&#233;es 1980. Pour cela il revient au politique d'affirmer sa supr&#233;matie sur l'&#233;conomique, car le politique lieu d'arbitrage des&lt;br class='autobr' /&gt;
projets sociaux rel&#232;ve des finalit&#233;s cependant que l'&#233;conomiqueet la finance ne rel&#232;vent que de la logique instrumentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De quels moyens dispose-t-on pour obtenir ce r&#233;sultat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi nationale bien s&#251;r, moins impuissante qu'on ne veut bien le dire et moins expos&#233;e &#224; la fuite des capitaux qu'on ne le pr&#233;tend, comme on l'a vu dans le cas du Chili et de la Malaisie ; sinon pourquoi ces capitaux ne se seraient-ils pas d&#233;j&#224; tous r&#233;fugi&#233;s dans&lt;br class='autobr' /&gt;
les paradis fiscaux o&#249; ils b&#233;n&#233;ficient de faveurs exceptionnelles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concertation des Etats nationaux, indispensable s'ils veulent ma&#238;triser des pouvoirs qui se situent au niveau international.Si cette concertation ne d&#233;pend pas de la volont&#233; d'un seul, consid&#233;r&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
isol&#233;ment, il appartient &#224; chacun d'essayer de convaincre les autres et d'amorcer les coop&#233;rations partielles qui marqueraient d'incontestables progr&#232;s dans la direction d&#233;sir&#233;e. De ce point de vue,&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Europe serait un excellent relais entre le niveau mondial et celui des nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation pacifique des peuples enfin, nouvelle force mondiale avec laquelle il faudra d&#233;sormais compter : Le tournant - car c'est un tournant de l'histoire - s'est amorc&#233; en 1998 avec les premi&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
mobilisations internationales qui ont fait &#233;chouer le projet d'Accord Multilat&#233;ral sur l'Investissement (AMI) discr&#232;tement concoct&#233; sous la houlette de l'OCDE, &#224; l'ombre du Ch&#226;teau de La Muette, il s'est confirm&#233; en novembre 1999 date de la grande mobilisation qui a fait&lt;br class='autobr' /&gt;
reculer l'OMC &#224; Seattle, et surtout en janvier 2001, &#224; l'occasion du premier Forum Social Mondial de Porto Alegre qui n'a cess&#233; de s'amplifier au fil des ann&#233;es suivantes ; il s'est concr&#233;tis&#233; avec &#233;clat dans la mobilisation - &#224; jour nomm&#233; : le 15 f&#233;vrier 2003 - de&lt;br class='autobr' /&gt;
plusieurs millions de personnes dans le monde proclamant leur hostilit&#233; &#224; une guerre aux objectifs douteux, cependant que les gouvernements les plus engag&#233;s dans la voie du conflit se trouvaient&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;savou&#233;s par la participation massive de leurs propres populations &#224; ce mouvement. Demain des op&#233;rations de boycott &#224; l'&#233;chelle mondiale pourront &#234;tre men&#233;es contre les transnationales qui auront port&#233; le plus cyniquement atteinte aux droits de la personne. C'est un&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;v&#233;nement consid&#233;rable : face au pouvoir mondialis&#233; de l'argent et des affaires, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire les peuples se concertent et coordonnent leurs actions &#224; l'&#233;chelle du monde. Il faudra d&#233;sormais compter avec ce nouveau pouvoir politique, mais aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;conomique L'ordinateur , instrument de la mise en r&#233;seau des puissances &#233;conomiques et financi&#232;res est aussi celui de l'organisation et de la concertation permanente des peuples ; celui aussi h&#233;las, des organisations terroristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation appelle une vigilance particuli&#232;re &#224; la fois envers les irresponsables qui profitent des grands rassemblements pour exercer leur violence et aussi envers les gouvernements hostiles trop tent&#233;s de d&#233;clencher les exc&#232;s qui discr&#233;diteraient ces manifestations qui les d&#233;rangent. On l'a vu en juillet 2001 &#224; G&#234;nes o&#249; les forces polici&#232;res berlusconiennes ont exerc&#233; leurs talents.h&#233;las pour elles, sous les regards &#171; intempestifs &#187; de la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements citoyens, devront se garder d'opposer cette forme de d&#233;mocratie directe &#224; la d&#233;mocratie repr&#233;sentative.qui reste jusqu'&#224; nouvel ordre &#171; le plus mauvais de tous les syst&#232;mes &#224; l'exception de&lt;br class='autobr' /&gt;
tous les autres &#187; &#233;videmment ; une telle opposition serait catastrophique pour la d&#233;mocratie tout court ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que les pouvoirs politiques de leur c&#244;t&#233; entendent cette voix des peuples sous peine de pousser au d&#233;sespoir et &#224; la violence, des hommes et des femmes qui la r&#233;prouvent profond&#233;ment ; pour n'&#234;tre pas&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#224; col blanc &#187;, le lobbying des peuples, qui s'exerce dans la rue, n'est pas moins l&#233;gitime que celui des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques abrit&#233; dans les couloirs discrets des grandes institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conteste parfois la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique des organisations qui animent ces mouvements. Mais leur l&#233;gitimit&#233; ne s'exprime-t-elle pas dans la r&#233;ponse des foules qui pl&#233;biscitent r&#233;guli&#232;rement leurs&lt;br class='autobr' /&gt;
initiatives ? Quand, en outre, les responsables politiques n'assument pas leurs responsabilit&#233;s , quand ils se r&#233;v&#232;lent consentants et parfois complices, quand pour prendre un exemple simple, des gouvernements asiatiques ferment les yeux sur les conditions de&lt;br class='autobr' /&gt;
travail lamentables des femmes et des enfants dans des entreprises de type esclavagiste et que l'action de mouvements citoyens comme Amnesty international, parvient &#224; arracher &#224; ces entreprises, la signature de&lt;br class='autobr' /&gt;
conventions transformant cette situation, de quel c&#244;t&#233; se trouve la l&#233;gitimit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la rationalit&#233; se d&#233;place du champ de l'instrument &#224; celui des&lt;br class='autobr' /&gt;
finalit&#233;s, c'est l'humain qui devient &#171; r&#233;alisme &#187;, sans renoncer &#233;videmment &#224; une once de cet id&#233;alisme auquel certains voudraient tant r&#233;duire sa port&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;mailto:rene.passet@noos.fr&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;Contact pour cet article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Karl R. Popper : La logique de la d&#233;couverte scientifique -1959 ; trad. Fse Payot 1973.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;PNUD : Rapport mondial sur le d&#233;veloppement humain 2001.- De Boeck Universit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Manuel Castells : L'&#232;re de l'information - tome I : La soci&#233;t&#233; en r&#233;seaux - Fayard 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Consensus de Washington &#187;, telle est l'expression par laquelle - en 1989 - l'&#233;conomiste John Williamson (devenu plus tard &#233;conomiste en&lt;br class='autobr' /&gt;
chef de la Banque mondiale), d&#233;signe la politique d&#233;finie par le G7.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Il r&#233;sume cette politique en dix points qui constituent, encore de nos jours, le noyau dur du n&#233;olib&#233;ralisme :&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1/ Budget : aust&#233;rit&#233; et limitation des d&#233;penses publiques pour &#233;viter les d&#233;s&#233;quilibres et l'inflation ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2/ Fiscalit&#233; : favorable aux riches cens&#233;s investir et&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;favorable aux pauvres qui d&#233;pensent : all&#232;gement des taux applicables aux revenus les plus &#233;lev&#233;s, r&#233;duction du nombre de contribuables exempt&#233;s &#224; la base et g&#233;n&#233;ralisation de la TVA ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3/ Politique mon&#233;taire : taux d'int&#233;r&#234;ts r&#233;els positifs pour favoriser l'&#233;pargne et attirer les capitaux ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 4/ Changes : taux de change faibles&lt;br class='autobr' /&gt;
afin de favoriser la comp&#233;titivit&#233; sur les march&#233;s ext&#233;rieurs et donc l'exportation ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 5/ Libert&#233; des &#233;changes : abaissement des barri&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
douani&#232;res, libre circulation des mouvements de capitaux dans le monde
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 6/ Investissements : attirer les capitaux &#233;trangers en leur garantissant les m&#234;mes avantages qu'aux investissements nationaux ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 7/ Privatisation : vente des actifs de l'Etat et d&#233;veloppement des entreprises priv&#233;es ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 8/ Concurrence : suppression des subventions&lt;br class='autobr' /&gt;
notamment agricoles et d&#233;termination du juste prix par le march&#233; ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 9/D&#233;r&#233;glementation : &#233;limination de toute r&#233;glementation contrariant l'initiative &#233;conomique et la libre-concurrence ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 10/ Renforcement des droits de propri&#233;t&#233; pour encourager la cr&#233;ation priv&#233;e de richesses.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dominique Plihon : Le nouveau capitalisme - Coll. Dominos-Flammarion, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Comparaison n'est pas raison &#187; dit la sagesse populaire : nous&lt;br class='autobr' /&gt;
savons bien que nous faisons ici le rapprochement un stock et un flux ; mais le second - familier &#224; l'ensemble des citoyens - n'est l&#224; que pour donner une id&#233;e de l'importance du premier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce montant atteignait jusqu'&#224; 1800 &#224; 2000 milliards de dollars avant l'apparition de l'euro dont un des effets b&#233;n&#233;fiques fut de supprimer toute sp&#233;culation entre monnaies de la zone concern&#233;e, tout en cr&#233;ant une monnaie plus stable, elle-m&#234;me moins vuln&#233;rable &#224; la sp&#233;culation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Rawls : La Th&#233;orie de la Justice - 1971 ; Trad .fse Seuil 1987.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hans Jonas : Le principe responsabilit&#233; -1979 ; trad fse Cerf&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Etude men&#233;e pour le compte de l'Association &#171; Un travail pour tous &#187; par un groupe de 70 &#233;conomistes, ing&#233;nieurs, responsables syndicaux ou d'associations, travailleurs sociaux et membres de la haute fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur ce point, je me permettrai de renvoyer le lecteur &#224; quelques-uns de mes ouvrages : L'&#233;conomique et le vivant (Payot 979 - 2&#176; ed. Economica 1996) ; L'Illusion n&#233;o-lib&#233;rale (Fayard 2000 ; 2&#176; ed. Flammarion &#171; Champs &#187; 2001) ; Eloge du mondialisme par un &#171; anti &#187; pr&#233;sum&#233; ( Fayard 2001).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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