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		<title>Une autre logique </title>
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		<dc:date>2004-03-19T10:32:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Sieffert</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; La pens&#233;e qui a cr&#233;e le probl&#232;me ne peut pas &#234;tre la m&#234;me qui va le r&#233;soudre &#187; Albert Einstein &lt;br class='autobr' /&gt; Le pire et le meilleur de notre monde se sont c&#244;toy&#233;s dans ces journ&#233;es espagnoles qui vont du petit matin tragique du jeudi 11, &#224; la folle soir&#233;e &#233;lectorale de ce dimanche 14 mars. On aurait aim&#233; n'en retenir que la le&#231;on de d&#233;mocratie inflig&#233;e par un peuple &#224; un gouvernement menteur et manipulateur. On aurait aim&#233; pouvoir se r&#233;jouir sans restriction de cette soudaine mobilisation d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; La pens&#233;e qui a cr&#233;e le probl&#232;me &lt;br/&gt;
ne peut pas &#234;tre la m&#234;me &lt;br/&gt;
qui va le r&#233;soudre &#187;&lt;br/&gt;
Albert Einstein&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pire et le meilleur de notre monde se sont c&#244;toy&#233;s dans ces journ&#233;es espagnoles qui vont du petit matin tragique du jeudi 11, &#224; la folle soir&#233;e &#233;lectorale de ce dimanche 14 mars. On aurait aim&#233; n'en retenir que la le&#231;on de d&#233;mocratie inflig&#233;e par un peuple &#224; un gouvernement menteur et manipulateur. On aurait aim&#233; pouvoir se r&#233;jouir sans restriction de cette soudaine mobilisation d'un &#233;lectorat jeune, surgissant dans un scrutin o&#249; il n'&#233;tait pas attendu, et faisant in fine triompher la morale publique. H&#233;las, la le&#231;on est am&#232;re. Qui peut oublier que le point de d&#233;part de ce sursaut d&#233;mocratique est en fait l'&#233;v&#233;nement le plus antid&#233;mocratique, c'est-&#224;-dire le plus hostile au peuple, qui se puisse imaginer ? On ne peut passer sous silence cette sorte de corr&#233;lation honteuse entre les bombes d'Al-Qa&#239;da et la d&#233;faite &#233;lectorale de la droite. Car, il est inutile de tricher avec les mots, c'est &#233;videmment le terrorisme qui a boulevers&#233; en quelques heures toute la donne politique espagnole. Ce sont les bombes de Madrid qui ont invers&#233;, ou fortement contribu&#233; &#224; inverser, le r&#233;sultat des &#233;lections. Avec l'Espagne, le terrorisme est entr&#233; plus profond&#233;ment que jamais dans notre vie politique, transformant la barbarie en &#233;l&#233;ment de tactique &#233;lectorale. Certes, il aura fallu pour cela la grossi&#232;re malhonn&#234;tet&#233; d'un Premier ministre et de son ministre de l'Int&#233;rieur, qui se sont employ&#233;s au-del&#224; de l'imaginable &#224; exploiter la trag&#233;die &#224; des fins partisanes. Les &#233;lecteurs n'ont pas support&#233; cet ultime mensonge. MM.Aznar et son dauphin d&#233;sign&#233; Mariano Rajoy l'ont pay&#233; cash.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en sanctionnant la droite, les &#233;lecteurs espagnols ont aussi dit quelque chose sur le terrorisme et la fa&#231;on de le combattre. C'est la premi&#232;re fois qu'un mouvement d'opinion qui fait suite &#224; un acte terroriste ne profite pas aux tenants de l'option la plus s&#233;curitaire. De ce point de vue, ce 15 mars espagnol, c'est l'anti-11 septembre am&#233;ricain. En tenant leur propre gouvernement pour responsable de ce qui est arriv&#233;, les Espagnols ont cess&#233; de regarder la violence terroriste comme un ph&#233;nom&#232;ne d'importation qui n'aurait d'autre cause que le &#171; fanatisme islamiste &#187; et sa haine de la d&#233;mocratie. Ils se sont souvenus qu'un an avant les deux cents victimes innocentes des gares d'Atocha et d'El-Pozo, cinq &#224; dix mille Irakiens, tout aussi innocents, avaient p&#233;ri sous les bombes am&#233;ricaines. Les &#233;lecteurs espagnols ont chass&#233; Aznar parce qu'ils ont &#233;tabli un lien entre deux mensonges. L'un, construit dans la h&#226;te, visait &#224; attribuer les attentats de Madrid aux s&#233;paratistes basques de l'ETA pour en tirer un profit &#233;lectoral. L'autre, venu de plus loin, a &#233;t&#233; relay&#233; depuis plus d'un an par le gouvernement espagnol dans le sillage de MM. Bush et Rumsfeld pour justifier la guerre d'Irak par une menace qui n'existait pas. S'il n'y avait qu'une le&#231;on &#224; retenir de ces derniers jours, ce serait peut-&#234;tre celle-ci : le combat contre le terrorisme ne peut se mener en insultant la d&#233;mocratie. Le mensonge d'&#201;tat, la guerre pr&#233;ventive, le m&#233;pris pour les r&#233;solutions des Nations Unies au Proche-Orient, la primaut&#233; des int&#233;r&#234;ts mercantiles et priv&#233;s sur tout souci de justice fournissent aujourd'hui &#224; Al-Qa&#239;da un fonds de commerce et, un peu partout, une main-d'oeuvre locale. La certitude quasi mystique que l'on peut s'&#233;manciper de toute r&#232;gle de droit parce que l'on est intrins&#232;quement porteur de valeurs de civilisations sup&#233;rieures ne peut que produire des contre-pouvoirs tout aussi d&#233;pourvus de consid&#233;ration morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection espagnole rompt avec une certaine logique. Ce n'est pas par hasard si le camouflet frappe le chef de gouvernement europ&#233;en le plus proche id&#233;ologiquement des n&#233;o-conservateurs am&#233;ricains. La d&#233;faite d'Aznar, c'est aussi dans une certaine mesure celle de Bush. Elle pourrait, &#224; terme, &#234;tre la d&#233;faite de tous ceux qui cultivent l'amalgame et tentent de maquiller des politiques r&#233;pressives et coloniales en autant de manifestations du &#171; choc des civilisations &#187;. De tous ceux qui entretiennent le terrorisme plus qu'ils ne le combattent. H&#233;las, nous n'en sommes pas l&#224;. Et tandis que Jos&#233; Maria Aznar chutait lourdement, un autre manipulateur de l'antiterrorisme triomphait. Vladimir Poutine remportait haut la main l'&#233;lection pr&#233;sidentielle en Russie. Malgr&#233; des dizaines de milliers de morts tch&#233;tch&#232;nes, il pourra continuer de confondre la r&#233;sistance de ce peuple avec le &#171; terrorisme international &#187;. Comme Ariel Sharon, toujours enferm&#233; dans son dogme s&#233;curitaire, peut encore nier la l&#233;gitimit&#233; de la revendication palestinienne. La question est de savoir si l'&#233;lection espagnole inaugure une nouvelle approche, plus politique, plus r&#233;flexive aussi, du combat contre le terrorisme. Ou si la doctrine Bush a encore un avenir. Et avec elle une guerre sans fin dont le seul avantage est de cr&#233;er une sorte d'&#233;tat d'exception plan&#233;taire peu propice &#224; la d&#233;mocratie. La r&#233;ponse &#224; ces questions tient en partie dans l'&#233;lection am&#233;ricaine de novembre prochain. Mais elle d&#233;pend aussi de la fa&#231;on dont les nouveaux socialistes espagnols honoreront leurs engagements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.politis.fr/article882.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; Paris, le 18 mars 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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