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	<title>El Correo</title>
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		<title>Le cas MitrioneL'intervention des &#201;tats-Unis &#224; l'Uruguay(1965-1973) - Tome I</title>
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		<dc:date>2007-10-15T17:29:38Z</dc:date>
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		<dc:creator>Clara Aldrighi </dc:creator>



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&lt;p&gt;Douze mille policiers et militaires ont cherch&#233;, maison par maison, pendant dix jours l'expert anti insurrection et en contr&#244;le des troubles populaires Daniel Anthony Mitrione, chef de l'&#233;quipe d'instructeurs du Programme de S&#251;ret&#233; Publique d&#233;pendant de l'Agence pour le D&#233;veloppement International des EE.UU., le consul br&#233;silien Aloysio Dias Gomide et le technicien agricole &#233;tasunien Claude Fly. Le Mouvement de Lib&#233;ration National Tupamaros avait pour objectif tactique imm&#233;diat : la libert&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Livres" rel="directory"&gt;Culture&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_7723 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L149xH206/doc-772-51e78.jpg?1695510894' width='149' height='206' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Douze mille policiers et militaires ont cherch&#233;, maison par maison, pendant dix jours l'expert anti insurrection et en contr&#244;le des troubles populaires Daniel Anthony Mitrione, chef de l'&#233;quipe d'instructeurs du Programme de S&#251;ret&#233; Publique d&#233;pendant de l'Agence pour le D&#233;veloppement International des EE.UU., le consul br&#233;silien Aloysio Dias Gomide et le technicien agricole &#233;tasunien Claude Fly. Le Mouvement de Lib&#233;ration National Tupamaros avait pour objectif tactique imm&#233;diat : la libert&#233; des trois &#233;trangers retenus dans la &#171; prison du peuple &#187; en &#233;change de la lib&#233;ration de 150 gu&#233;rilleros arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clara Aldrighi s'est consacr&#233;e pendant plus de cinq ans &#224; enqu&#234;ter sur l'intervention &#233;tasunienne en Uruguay et tr&#232;s particuli&#232;rement sur le cas Mitrione. Elle s'est rendue aux &#201;tats-Unis pour faire des recherches dans des archives et pour acc&#233;der &#224; des documents d&#233;classifi&#233;s. Elle a r&#233;cemment examin&#233; des archives uruguayens &#034; d&#233;classifi&#233;es&#034;, a interview&#233; les acteurs directs de cette affaire, en r&#233;unissant toute l'information accessible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas Mitrione c'est la premi&#232;re partie d'une vaste investigation sur les activit&#233;s de Daniel A. Mitrione en Uruguay et sur les actions des services et des agences &#233;tasuniennes en Uruguay. Cette &#339;uvre est un r&#233;cit exhaustif, jour par jour, de l'enl&#232;vement, de ses r&#233;percussions politiques, des interventions diplomatiques, des actions polici&#232;res et de la mort de Mitrione avec les t&#233;moignages des protagonistes et des &#233;l&#233;ments jusqu'&#224; pr&#233;sent jamais publi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;strong&gt;Clara Aldrighi&lt;/strong&gt; est enseignante d'Histoire contemporaine &#224; la Facult&#233; de Sciences Humaines et de Sciences de l'&#201;ducation de l'Universit&#233; de la R&#233;publique [Uruguay]. Elle a publi&#233; plusieurs articles et livres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Titre &lt;/strong&gt; : El caso Mitrione. La intervenci&#243;n de Estados Unidos en Uruguay (1965-1973).&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Auteur &lt;/strong&gt; : Clara Aldrighi&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Date une publication &lt;/strong&gt; : septembre 2007&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;ISBN&lt;/strong&gt; : 978-9974-32-451-0&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Prix&lt;/strong&gt; : 17 dollars US&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Format &lt;/strong&gt; : 16 x 23 - 424p.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Ediciones Trilce&lt;/strong&gt; : &lt;a href=&#034;http://www.trilce.com.uy&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.trilce.com.uy&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les Etats-Unis et les origines du terrorisme d'&#201;tat.</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Les-Etats-Unis-et-les-origines-du-terrorisme-d-Etat</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Les-Etats-Unis-et-les-origines-du-terrorisme-d-Etat</guid>
		<dc:date>2007-05-23T14:46:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clara Aldrighi </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Au milieu d'ao&#251;t 1970, un policier de la Direction Nationale d'Information et d'Intelligence (DNII), Miguel Angel Benitez Segovia, qui &#233;tait aussi militant du MLN-Tupamaros, s'est rendu aux Etats-Unis comme boursier de l'AID pour suivre un cours secret donn&#233; par la CIA. Il avait &#233;t&#233; choisi et promu par Dan Mitrione quelques semaines avant sa mort. Dans une base militaire situ&#233;e au Texas il a &#233;t&#233; form&#233; avec 29 autres policiers du Tiers Monde dans le maniement d'explosifs, la fabrication (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Etats-Unis-d-Ameriques-et-ses-allies" rel="directory"&gt;Etats-Unis d'Am&#233;riques et ses alli&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au milieu d'ao&#251;t 1970, un policier de la Direction Nationale d'Information et d'Intelligence (DNII), Miguel Angel Benitez Segovia, qui &#233;tait aussi militant du MLN-Tupamaros, s'est rendu aux Etats-Unis comme boursier de l'AID pour suivre un cours secret donn&#233; par la CIA. Il avait &#233;t&#233; choisi et promu par Dan Mitrione quelques semaines avant sa mort. Dans une base militaire situ&#233;e au Texas il a &#233;t&#233; form&#233; avec 29 autres policiers du Tiers Monde dans le maniement d'explosifs, la fabrication de bombes et son utilisation dans des attentas terroristes. En retournant en Uruguay il devait appliquer ses nouvelles connaissances &#224; la lutte contre-insurgent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Durant huit semaines, entre le 21 ao&#251;t et le 17 octobre, Benitez a assist&#233; au &lt;i&gt;Terrorist Activities Investigation Course&lt;/i&gt; (TIC). La partie th&#233;orique de l'instruction se d&#233;roul&#233;e dans l'Acad&#233;mie Internationale de la Police (IPA) de Washington et la pratique sur le terrain au Texas. L'inspecteur Alejandro Otero se souvient : &#034;J'ai connu Benitez Segovia. Il avait un pseudonyme tr&#232;s particulier, nous l'appelions 'M&#232;che Benitez'. Je l'ai amen&#233; dans mon D&#233;partement d'Intelligence, il a commenc&#233; comme agent. C'&#233;tait un gar&#231;on tr&#232;s introverti. Il avait des bases d'instruction tr&#232;s int&#233;ressantes. Il est all&#233; en suite suivre ses classes de cadet et il a fini officier. Il a aussi suivi un cours dans la police argentine. Quand il est retourn&#233; il est rentr&#233; au d&#233;partement, mais &#224; partir l&#224; je ne l'ai plus jamais vu. Il a &#233;t&#233; un collaborateur permanent du commissaire (Juan Mar&#237;a) Lucas. Je crois que Benitez a &#233;t&#233; a l'origine de l'attentat fait par le MLN. Il a donn&#233; Lucas, que le voulait&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1970 Benitez &#233;tait sous-commissaire &lt;i&gt;de la Direction Nationale Information et Intelligence&lt;/i&gt;. N&#233; &#224; Durazno, il est entr&#233; &#224; la Police en 1962, &#224; 18 ans. Comme policier d'Intelligence, il s'occupait de la surveillance de la CNT, de ses activit&#233;s et de ses dirigeants. Il a synth&#233;tiquement d&#233;crit son travail dans le formulaire d'inscription au cours des Etats-Unis, conserv&#233; dans les archives du D&#233;partement d'&#201;tat : &#034;La section syndicale (de la DNII) contr&#244;le les activit&#233;s des syndicats &#224; travers le maintien de registres de gr&#232;ves, violations syndicales, etcetera, en maintenant &#224; jour les listes de militants syndicaux, sp&#233;cialement de ceux qui sont reli&#233;s au Parti Communiste. Je prends part actuellement &#224; l'entra&#238;nement du nouveau personnel assign&#233;, j'effectue les interrogatoires des suspects, g&#232;re des informateurs, je fais des recherches sur des th&#232;mes relatifs aux activit&#233;s communistes et terroristes et prends part &#224; des activit&#233;s antiterroristes internationales sp&#233;ciales &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambassade des Etats-Unis informait en 1972 Washington que Benitez &#233;tait assistant du commissaire Lucas et gardien de nuit du logement des Marines &#224; Montevideo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1971 la direction du MLN lui a demand&#233; de r&#233;diger anonymement un rapport sur les activit&#233;s de Mitrione en Uruguay et le cours qu'il avait re&#231;u aux Etats-Unis, pour le donner au metteur en sc&#232;ne du cin&#233;ma Constantin Costa-Gavras, qui s'appr&#234;tait &#224; tourner un film sur le cas Mitrione. Le document a servi de base, avec d'autres mat&#233;riels et t&#233;moignages, pour le sc&#233;nario du film &lt;i&gt;&#201;tat de si&#232;ge&lt;/i&gt;, sortie en salle en 1973. Deux ann&#233;es plus tard, &#034;le Rapport Benitez&#034; est devenu particuli&#232;rement compromettant pour l'AID. Il a contribu&#233; &#224; l'ouverture d'une enqu&#234;te du Congr&#232;s dont les r&#233;sultats ont d&#233;termin&#233; la cl&#244;ture d&#233;finitive du &lt;i&gt; Programme de S&#233;curit&#233; Publique&lt;/i&gt; (PSP) de l'AID, auquel avait appartenu Mitrione.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benitez n'a pas pu prendre conscience du bordel bouleversement suscit&#233; par son rapport ni des sc&#232;nes qui le repr&#233;sentaient dans &lt;i&gt;&#201;tat de si&#232;ge&lt;/i&gt;. Il &#233;tait prisonnier dans &#224; la Maison d'Arr&#234;t de Libertatd. Son militantisme dans le MLN est d&#233;couvert en avril 1972. Le dirigeant qu'il l'avait sollicit&#233; et l'avait inform&#233;, a conserv&#233; une copie, trouv&#233;e par la Policie en nettoyant une maison du MLN. Ben&#237;tez a post&#233;rieurement rapport&#233; &#224; Vladimiro Delgado, un autre tupamaro de Durazno avec lequel il a partag&#233; sa cellule, qu'un haut chef policier a facilement d&#233;duit son identit&#233; : &#034;Seulement deux personnes peuvent avoir r&#233;dig&#233; ceci. Vous ou moi. Ce n'est pas moi. Tu dois l'admettre&#034;. Pendant la p&#233;riode o&#249; ils le torturaient, il fut transport&#233; en voiture par plusieurs policiers en civil dans une rue &#224; cot&#233;. &#034;Descends, tu es libre&#034;, ils lui ont dit. Ils voulaient le tuer en pr&#233;textant un vol. Ben&#237;tez s'est accroch&#233; &#224; la porte et a cri&#233; en demandant l'aide. L'apparition de quelques voisins a &#233;t&#233; providentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre &lt;strong&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.namebase.org/sources/AO.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Hidden Terreurs&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (New York, 1978) le journaliste du&lt;i&gt; New York Times&lt;/i&gt; &#224; J. Langguth, en se basant sur les interviews des policiers et des militaires qu'il a men&#233;es en 1976 &#224; Montevideo, confirme que la DNII a trouv&#233;, effectivement, une copie du rapport dans un local du MLN. En sachant que cette piste t&#244;t ou tard l'incriminerait, Benitez a d&#233;cid&#233; de sauver sa vie en se pr&#233;sentant volontairement devant un juge. Prisonnier au Quartier g&#233;n&#233;ral, ses compagnons d'Information et Intelligence l'ont frapp&#233; jusqu'&#224; le laisser agonisant. &#034;J'ai entendu que Benitez a &#233;t&#233; identifi&#233; par V&#237;ctor Castiglioni par un document qu'il avait &#233;crit&#034;, observe pour sa part Otero. &#034;J'ai aussi entendu ce qu'a signifi&#233; Benitez comme point d'appui de l'inspecteur Castiglioni. Avec Castiglioni nous avons toujours eu des divergences totales et absolues.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les locaux de la Police ils ont commenc&#233; &#224; s'en rappeler et &#224; piger : en d&#233;pit de ses insultes et des menaces contre le MLN, Benitez n'avait jamais bless&#233; un tupamaro. &#034;Dans une r&#233;cente op&#233;ration- &#233;crit Langguth - il n'avait pas pu non plus tirer, parce que son arme, comme il a dit, elle s'avait enraille.&#034; Le 31 mai 1970 Benites avait pris part un &#034;ratissage&#034; dans la zone de la Manga o&#249; sont intervenus des policiers d'Intelligence et de la Garde M&#233;tropolitaine. La proc&#233;dure a abouti la capture de Jos&#233; Lopez Mercao, un &#233;tudiant &#224; l'universit&#233; de 20 ans, et Juan Bentin, ouvrier d'UTAA de 32 ans. Mar&#237;a Esther Gilio a d&#233;crit dans &lt;i&gt;Marcha&lt;/i&gt; la brutalit&#233; de la Police. Lopez Mercao a &#233;t&#233; bless&#233; de quatre tirs quand il a essay&#233; d'&#233;chapper. Le cinqui&#232;me l'a touch&#233; au visage quand il &#233;tait immobilis&#233;. Juan Bentin, &#233;tendu sur le sol avec quatre blessures par balle, a subi de multiples fractures en le frappant avec le bout des canons, jusqu'&#224; ce qu'un policier de la M&#233;tropolitaine lui ait enfonc&#233; le bout du canon dans un &#339;il le laissant aveugle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commissaire Lucas commandait la proc&#233;dure. Lopez Mercao rappelle : &#034;Benitez &#233;tait sous commissaire et &#233;tait pr&#233;sent dans la fusillade de la Manga. Il a tir&#233; avec moi. Apr&#232;s le tir que m'a donn&#233; Carlos Dos Santos, il s'est approch&#233; et a dit 'Cet homme est d&#233;j&#224; mort. Il m'a sauv&#233; la vie. Quand nous nous sommes retrouv&#233; &#224; Libertad il m'a rappel&#233; l'&#233;pisode : 'Toi te souviens tu que quelqu'un s'est approch&#233;e et a dit : Cet homme est d&#233;j&#224; mort ? C'&#233;tait moi. Nous avons &#233;t&#233; tr&#232;s amis durant le temps que nous avons partag&#233; le premier &#233;tage du Libertad&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son rapport, Benitez d&#233;crit l'activit&#233; des &#233;tasuniens qui ont form&#233; la premi&#232;re &#233;quipe du PSP, install&#233; en Uruguay en janvier de 1965.Il a connu les conseillers policiers William Cantrell et C&#233;sar Bernal et le chef de la mission, Adolph S&#225;enz. Le policier tupamaro observait les privil&#232;ges accord&#233;s &#224; ces &#233;trangers : tr&#232;s peu de policiers uruguayens pouvaient librement entrer au Bureau d'Assistance Technique du PSP install&#233; &#224; San Jos&#233; et Yi, mais les &#233;tasuniens avaient libre acc&#232;s &#224; toutes les d&#233;pendances polici&#232;res. M&#234;me celle d'Intelligence et Liaison, qui avant la cr&#233;ation de la DNII centralisait le travail d'intelligence. En outre, ils recevaient quotidiennement les rapports de toute l'activit&#233; polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s l'arriv&#233;e de Bernal, Benitez a signal&#233; que dans l'Institut d'Enseignement Professionnel de la rue San Mart&#237;n ont commenc&#233; &#224; &#234;tre donn&#233;s &#034;des cours &#233;tranges&#034;. Dans un nouveau champ de tir construit &#224; cet effet, on formait des policiers et des cadets militaires dans le &#034;tir de d&#233;fense&#034; contre des silhouettes : ils devaient d&#233;charger les six balles dans le cercle, comme pour tuer un ennemi. Ils pratiquaient aussi le tir avec de fusil &#224; pompe [chevrotine], l'arme qui causerait tant de morts et de bless&#233;s pendant la r&#233;pression de 1968. Jusqu'&#224; alors, leur on avait enseign&#233; qu'avant de tirer le policier devait attendre que le criminel le fasse d'abord, ou tirer en l'air, parce que sa fonction n'&#233;tait pas r&#233;pressive mais pr&#233;ventive. Mais les nouveaux cours de &#034;tactiques de d&#233;fense&#034; dirig&#233;s par les &#233;tasuniens enseignaient &#224; tuer directement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saenz, Bernal et Cantrell avaient pour objectif en 1966 de cr&#233;er de puissants corps de Policiers qui combattraient la r&#233;volte pr&#233;vue du peuple. Ils avaient propos&#233; de consolider une milice m&#233;tropolitaine autour de mille hommes, avec une structure semblable &lt;i&gt;aux Texas Rangers&lt;/i&gt;, form&#233;e pour dissoudre des manifestations, attaquer et disperser tout type de concentration. Pour cela ils ont renforc&#233; la Garde M&#233;tropolitaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, ils avaient propos&#233;s de former un centre d'intelligence o&#249; les fonctionnaires recevraient une instruction sp&#233;ciale en espionnage, obtention d'information et op&#233;rations &#034;sp&#233;ciales&#034; : meurtres et actions de sabotage. &#034;En constituant la DNII entre 1967 et 1968 - continuait le &#034;&lt;i&gt;Rapport Benitez&lt;/i&gt;&#034;-, Cantrell a orchestr&#233; des cours en intelligence et contre-intelligence, obtention d'information et op&#233;rations sp&#233;ciales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conseiller policier fournissait des ressources &#233;conomiques pour le paiement d'informateurs, sp&#233;cialement du Parti Communiste, dont les dirigeants &#233;taient attentivement &#233;tudi&#233;s et surveill&#233;s. Cantrell se distinguait parmi ses camarades par la connaissance pr&#233;cise des probl&#232;mes de l'Uruguay. Il &#233;tait toujours accompagn&#233; par un fonctionnaire de police, Nelson Bardesio, qui &#233;tait aussi comme son chauffeur.&#034; Benitez affirme que Bardesio &#233;tait un &#034;agent secret&#034; de l'ambassade des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant l'arriv&#233;e de Mitrione les conseillers de S&#233;curit&#233; Publique s'&#233;taient entour&#233;s d'un groupe de fid&#232;les collaborateurs : Jos&#233; Pedro Macchi, Juan Mar&#237;a Lucas, Juan Carlos Lemos Silveira, Raul La Paz, Antonio Pirez Castagnet, Pablo Fontana, Guillermo Arevalo et Nelson Bardesio. Presque tous ont &#233;t&#233; envoy&#233;s &#224; l'IPA et autres &#233;coles de Washington. Les bourses qu'accordaient les conseillers &#224; des sup&#233;rieurs et des subalternes pour recevoir des cours aux Etats-Unis &#233;taient une r&#233;compenses tr&#232;s recherch&#233;es : elles repr&#233;sentaient la possibilit&#233; de se former et en m&#234;me temps de passer de &#171; belles vacances &#187; ; en &#233;tant transform&#233;, au retour, dans &#034;des agents secrets de la clique du FBI&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; 1969 les instructeurs am&#233;ricains ont concentr&#233; leurs efforts sur les activit&#233;s d'intelligence et de surveillance des syndicats et de leurs dirigeants. On avait cr&#233;&#233; une &#233;cole pour les &#034;chefs de syndicats briseurs de gr&#232;ve&#034;. Dans la Police, ils orientaient des cours sur l'&#233;tude des facteurs &#233;conomiques qui pouvaient provoquer des gr&#232;ves massives, afin de les pr&#233;voir et leur faire face de fa&#231;on ad&#233;quat. Ils ont aussi con&#231;u des cours de &#034;guerre psychologique&#034; pour les fonctionnaires de la DNII et des unit&#233;s militaris&#233;es. &#034;Derri&#232;re la couverture du Bureau d'Assistance Technique - observait Benitez - on pouvait sentir la griffe implacable de la CIA et le FBI.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'arriv&#233;e de Mitrione en juillet 1969 les changements dans la Police sont rapidement devenus visibles. Le nouveau chef de la Division de S&#233;curit&#233; Publique connaissait le commissaire Lucas parce qu'il avait &#233;t&#233; son professeur &#224; l'IPA. En Uruguay ils se sont retrouv&#233;s grands amis. Tous les deux ont marqu&#233; un virage substantiel dans les interrogatoires de prisonniers politiques. &#034; Maintenant, a d&#233;clar&#233; Lucas en s'informant de la d&#233;signation de Mitrione pour remplacer &#224; Saenz - nous aurons quelqu'un qui nous soutiendra dans nos activit&#233;s.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite au travail de Mitrione, les interrogatoires des prisonniers ont commenc&#233; &#224; &#234;tre men&#233;s de mani&#232;re &#034;plus technicis&#233;e&#034;. On a modernis&#233; les proc&#233;dures d'intelligence, on a destin&#233; davantage d'&#233;quipement aux activit&#233;s d'espionnage et a donn&#233; un nouvel &#233;lan la lutte contre le &#034;communisme international&#034;. Un nombre plus grand de policiers se sont vu accorder une bourse aux Etats-Unis pour recevoir des cours sp&#233;ciaux et on a intensifi&#233; la torture des prisonniers politiques, appliqu&#233;e depuis lors de mani&#232;re g&#233;n&#233;ralis&#233;e, depuis les injections de penthotal jusqu'&#224; l'outrage moral et physique. &#034;Cantrell utilisait l'espionnage, soudoyait, et il s'&#233;tait assur&#233; - au moins comme fa&#231;ade - de ce qu'on n'employait pas la torture. Mitrione &#233;tait le type d'homme qui adopte imm&#233;diatement la ligne dure.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a aussi mis en place une nouvelle strat&#233;gie pour r&#233;sister &#224; l'agitation estudiantine dans le Secondaire. Comme premier pas, la DNII devait obtenir des informations d&#233;taill&#233;es sur les dirigeants estudiantins, en cr&#233;ant un r&#233;seau d'espions dans les lyc&#233;es, les classes pr&#233;paratoires et UTU. Ils apporteraient une information qualifi&#233;e qui permettrait de planifier des actions incisives. Le commissaire Lucas a &#233;t&#233; charg&#233; de cr&#233;er et de g&#233;rer le r&#233;seau. On a organis&#233; des r&#233;unions avec des personnes d'extr&#234;me droite et ont commenc&#233; &#224; &#234;tre distribu&#233;s dans la ville des pamphlets &#034;fascistes&#034;, ils ont bastonn&#233; les jeunes de gauche et ont lanc&#233; des campagnes journalistiques o&#249; on d&#233;nigrait la lutte estudiantine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benitez observe que de ces initiatives et r&#233;unions est n&#233;e, apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de Mitrione, l'organisation juv&#233;nile d'extr&#234;me Jeunesse uruguayenne droite (JUP). Mitrione a fait placer des appareils de photo cach&#233;s dans l'a&#233;roport de Carrasco et dans le port de Montevideo pour photographier les passeports des voyageurs vers des pays socialistes. Il a introduit un nouveau type d'appareil dont le film ne devait pas &#234;tre remplac&#233; fr&#233;quemment. Il a consacr&#233; une attention sp&#233;ciale &#224; la Garde M&#233;tropolitaine. Il a promu le recrutement de personnel pour augmenter les effectifs, a fait venir de nouveaux envois de gaz lacrymog&#232;nes et d'armes d'un plus grand calibre, plus appropri&#233;es pour mener le combat avec des brigades militaires que pour dissoudre des groupes de manifestants. Le Bureau de S&#233;curit&#233; Publique (OPS), que dirigeait &#224; Washington le PSP, a envoy&#233; &#224; sa demande des pistolets et r&#233;volvers 9 millim&#232;tres, des mitraillettes calibre 45 et des mitrailleuses calibre 30. A ordonn&#233; de saisir les publications qui arrivaient par courrier des pays socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait inadmissible, disait-il, qu'on utilise les services de l'&#201;tat pour introduire des &#034;tonnes de mat&#233;riel subversif&#034;. Avec la complicit&#233; du chef du bureau central de la Poste, les sacs avec mat&#233;riel suspect &#233;taient hebdomadairement envoy&#233;es &#224; la DNII. Le fonctionnaire d'Intelligence Raul La Paz supervisait la r&#233;quisition. Ses subordonn&#233;s r&#233;visaient soigneusement le contenu de la correspondance et &#233;valuaient l'importance du mat&#233;riel imprim&#233;. Ils enregistraient les destinataires et faisaient des recherches sur eux s'ils poss&#233;daient d&#233;j&#224; un dossier dans le fichier d'Intelligence. Dans le cas contraire ils en cr&#233;ent un nouveau, que conservait le D&#233;partement 3 de la DNII. Il &#233;tait habituel d'observer dans la rue du 18 juillet et Paullier de nombreux camions en file en d&#233;chargeant des sacs de courrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Mitrione les cours d'entra&#238;nement policier effectu&#233;s &#224; l'Int&#233;rieur ont pris nouvel &#233;lan. Avant son arriv&#233;e, indiquait Ben&#237;tez, ils traitaient des activit&#233;s polici&#232;res traditionnelles : intelligence, contre-intelligence, lutte contre le &#034;communisme international&#034;, &#171; probl&#232;me cr&#233;&#233; par les syndicats&#034; et l'entra&#238;nement &#034;de d&#233;fense&#034;. Mitrione a choisi des instructeurs plus qualifi&#233;s, dont le fonctionnaire Juan Carlos Lemos, et a cr&#233;&#233; des mati&#232;res nouvelles, comme recrutement et maniement des informateurs et types d'interrogatoire &#034;&#224; diff&#233;rents niveaux&#034;. Il a aussi mis en marche une s&#233;lection pour envoyer aux Etats-Unis les policiers qui recevraient les cours TIC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son but &#233;tait de choisir des personnes de l'Int&#233;rieur du pays. Il disposait de ressources financi&#232;res abondantes et il les distribuait g&#233;n&#233;reusement. Pendant sa gestion, &#034;les fascistes, tra&#238;tres et vaux-rien avaient les poches pleines. Lucas, son lieutenant, a aussi tir&#233;, de fa&#231;on occulte, des avantages de la situation. Cantrell n'&#233;tait pas ainsi, il &#233;tait l'oppos&#233;. Livrer de l'argent &#224; des informateurs &#233;tait une affaire sensible et il fallait &#234;tre en contact avec la situation&#034;. Mitrione n'&#233;tait pas fatigu&#233; de r&#233;p&#233;ter dans les atmosph&#232;res polici&#232;res qu'une force polici&#232;re puissante &#233;tait un bouclier du pays contre le communisme. La Police constituait sa premi&#232;re ligne de d&#233;fense. Si dans le futur, en d&#233;pit de tout, le &#034;pouvoir communiste&#034; arrivait &#224; affaiblir cette premi&#232;re ligne, il serait n&#233;cessaire de mettre en action la deuxi&#232;me : les forces combin&#233;es Police et Arm&#233;e. S'il s'av&#233;rait aussi que cette ressource &#233;tait insuffisante, les Forces Arm&#233;es devaient mettre des mains &#224; la pate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Quartier g&#233;n&#233;ral de Police on commentait que Cantrell &#233;tait un technicien et Mitrione un homme d'action. L'instructeur &#233;tasunien occupait le premier &#233;tage de San Jos&#233; et Yi, &#224; c&#244;t&#233; du Bureau de Garde de la Direction des Recherches. Mais Mitrione n'allait pas fr&#233;quemment au Quartier g&#233;n&#233;ral. Il le faisait pour superviser quelque travail sp&#233;cial ou les probl&#232;mes en rapport avec les fonctionnaires b&#233;n&#233;ficiant d'une bourse aux Etats-Unis. Il exp&#233;diait ses affaires et recevait les policiers uruguayens dans l'ambassade. Son bureau &#233;tait situ&#233; dans un des &#233;tages &#233;lev&#233;s. Assis face &#224; son bureau, il tournait le dos &#224; de grandes baies vitr&#233;es visibles depuis la rue. Un policier uruguayen lui a fait remarquer que sa position &#233;tait dangereuse. &#034;Ne vous pr&#233;occupez pas, ces fen&#234;tres peuvent arr&#234;ter une balle calibre 45&#034;, il lui a r&#233;pondu Mitrione, dans son espagnol color&#233; d'accent portugais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le Rapport Benitez&#034; r&#233;v&#232;le la responsabilit&#233; de Mitrione dans l'augmentation des tortures polici&#232;res. &#034;Personne ne l'a vu jamais torturer un prisonnier par lui-m&#234;me. Mais il a dirig&#233; certains interrogatoires. Il conseillait d'examiner tout sur le prisonnier avant de l'interroger, ses possibles faiblesses et vices, pour faciliter le travail pour 'le casser'.&#034; Les policiers d'Intelligence racontaient au Quartier g&#233;n&#233;ral un &#233;pisode qui le caract&#233;risait. Un certain jour, on a vu arriver un dirigeant du syndicat bancaire, arr&#234;t&#233; au cours d'une gr&#232;ve. Il a observ&#233; en silence l'attitude arrogante qu'il maintenait face &#034;aux gens communs du d&#233;partement&#034;. Il a alors sugg&#233;r&#233; la m&#233;thode que devaient appliquer ses gardiens de prison pour lui faire perdre le calme et le plier. Ils devaient le d&#233;v&#234;tir et le forcer &#224; &#234;tre maintenu debout contre une paroi. Puis, un jeune policier se mettrait derri&#232;re pour se moquer et l'humilier. Il serait ensuite maintenu enferm&#233; dans une cellule sans manger ni boire. &#192; trois jours lui on passerait sous la porte un r&#233;cipient avec de l'eau m&#233;lang&#233;e avec urine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Jusqu'&#224; l'arriv&#233;e de Mitrione, observe Ben&#237;tez, la Police torturait les prisonniers avec des aiguilles &#233;lectriques tr&#232;s rudimentaires qui &#233;taient apport&#233;es d'Argentine.&#034; Mitrione a fait venir par valise diplomatique d'autres aiguilles &#233;lectriques &#034;tr&#232;s modernes&#034;, avec des fils de diff&#233;rentes grosseurs. Certaines &#233;taient tellement fines qu'elles pouvaient &#234;tre ins&#233;r&#233;es entre les dents. L'homme de confiance de l'ambassade des Etats-Unis, Nelson Bardesio, les a reprises dans l'a&#233;roport de Carrasco. Langguth a pu d&#233;terminer l'origine des instruments apport&#233;s par Mitrione pour ce qui est aiguilles &#233;lectriques. Ils provenaient &lt;i&gt;de la Technical Service Division&lt;/i&gt; (TSD) de la CIA. La TSD avait deux bureaux d'appui en Am&#233;rique latine. Un d'eux, au Panama, fournissait des gaz lacrymog&#232;nes, armes et &#233;quipements anti-&#233;meute des policiers et des militaires latinoam&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux destin&#233;s &#224; Montevideo &#233;taient habituellement transport&#233;s dans des avions militaires, qui apportaient des aliments typiques de leur pays pour les fonctionnaires de l'ambassade. Langguth observe que pendant le gouvernement de Pacheco la Garde M&#233;tropolitaine faisait une utilisation dispendieuse de gaz lacrymog&#232;nes fournis par les Etats-Unis. &#034;Ses chefs importunaient constantement leurs contacts am&#233;ricains pour obtenir davantage d'approvisionnements de Panama.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second bureau d'appui de la TSD se trouvait &#224; Buenos Aires. Il a envoy&#233; &#224; l'Uruguay les aiguilles et les g&#233;n&#233;rateurs &#233;lectriques employ&#233;s par la Police pour la torture. &#034;Venaient du bureau de Buenos Aires de la TSD - indique Langguth - les d&#233;parts d'explosifs utilis&#233;s en Uruguay par les escadrons de la mort, comme la g&#233;lignite [nitrocellulose + la nitroglyc&#233;rine] apport&#233;e par Bardesio de Buenos Aires.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que dans ses d&#233;clarations au MLN, dans la Prison du Peuple, Bardesio ait dit l'avoir obtenu d'un chef du Secr&#233;tariat d'Information de l'&#201;tat (SIDE) - le capitaine Nieto Brun - &#224; la demande du sous-secr&#233;taire d'Int&#233;rieur uruguayen Carlos Piran. C'est s&#251;r, la SIDE et la CIA maintenaient en Argentine une relation intime, analogue &#224; la symbiose de la CIA et de la DNII en Uruguay. William Cantrell, en faisant court, &#233;tait un fonctionnaire renomm&#233; de l'Agence Centrale d'Intelligence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mitrione a envoy&#233; &#224; diff&#233;rents moments huit policiers uruguayens pour se sp&#233;cialiser dans le TIC. Huit autres ont eu une bourse accord&#233;e par ses successeurs dans le PSP. Avant d'accepter formellement, le candidat choisi par Mitrione devait se soumettre &#224; plusieurs entrevues et un examen m&#233;dical dans le &lt;i&gt;Sanatorium Am&#233;ricain&lt;/i&gt;. S'ils le consid&#233;raient apte il devait signer un document dans lequel il s'engageait &#224; maintenir secret les d&#233;tails du cours et &#224; collaborer, &#224; travers l'application des connaissances acquises, avec les autorit&#233;s de son pays ou &#034;des agences techniques&#034; am&#233;ricaines (FBI ou CIA), chaque fois qu'ils le requerraient. Les entrevues pr&#233;alables essayaient de le convaincre de la n&#233;cessit&#233; de signer ce document, dans lequel on exigeait de lui &#034;loyaut&#233;, silence et disponibilit&#233; pour l'action directe&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants boursiers &#233;taient re&#231;us &#224; leur arriv&#233;e dans &lt;i&gt;l'International Center&lt;/i&gt;, de Washington. Depuis l&#224; ils &#233;taient transf&#233;r&#233; &#224; l'IPA, o&#249; le directeur John Lindquist et son assistant Adolphe Bonnefil leur souhaitaient la bienvenue. Durant les premi&#232;res classes, ils apprenaient des notions de base, histoire, g&#233;ographie et conditions sociales de chaque pays repr&#233;sent&#233;. Le sujet de Cuba &#233;tait abord&#233; dans une discussion introductive. On les a inform&#233;es que le Pentagone organisait le cours mais le financement provenait de l'AID. Les classes et les conf&#233;rences &#233;taient dict&#233;es avec traduction simultan&#233;e. Les &#233;l&#232;ves intervenaient en illustrant la situation de leurs pays propres, en se r&#233;f&#233;rant sp&#233;cialement aux probl&#232;mes produits par les conflits sociaux. Les instructeurs les exhortaient &#224; parler avec droiture et &#224; approfondir &#034;les probl&#232;mes rencontr&#233;s dans la lutte entre la Police et le communisme&#034;. Toutes les interventions &#233;taient enregistr&#233;es et les classes se d&#233;roulaient en pr&#233;sence d'un observateur, qui disait &#234;tre de l'IPA ou du D&#233;partement d'&#201;tat. Parmi les instructeurs on soulignait un exil&#233; cubain et un v&#233;t&#233;ran du Vietnam, charg&#233; des cours de s&#233;curit&#233;, intelligence, information et recrutement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quatre semaines Benitez et ses 29 compagnons ont re&#231;u une instruction en protection des personnalit&#233;s et s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, ont visit&#233; le laboratoire du FBI, ont pratiqu&#233; le tir au fusil, des fusils &#224; pompe et des mitrailleuses, ont appris l'utilisation des &#233;quipements photographiques, microphones, cameras et d'autres ressources d'intelligence. La partie th&#233;orique comprenait des classes et des conf&#233;rences sur l'agression et la subversion communiste et sa menace concr&#232;te en Am&#233;rique Latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de la quatri&#232;me semaine, ils ont &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;s dans un camp militaire situ&#233; dans &lt;i&gt;Los Fresnos&lt;/i&gt;, au Texas. Pr&#232;s de la fronti&#232;re avec le Mexique, dans un ancien a&#233;roport qui avait &#233;t&#233; transform&#233; en &#233;cole de la Police des Fronti&#232;res, ils ont re&#231;u la partie la plus inqui&#233;tante de ce cours : l'instruction dans des op&#233;rations ill&#233;gales. Pendant ce s&#233;jour &#224; &lt;i&gt;Los Fresnos&lt;/i&gt; ils ont pu sortir tr&#232;s rarement de l'unit&#233; militaire. Ils ont &#233;t&#233; divis&#233;s en groupe de cinq ; chacun avait &#224; sa disposition un instructeur &lt;i&gt;B&#233;ret Vert&lt;/i&gt;, un interpr&#232;te de l'IPA, une tente pour recevoir des classes th&#233;oriques et une table ext&#233;rieure pour pr&#233;parer des charges explosives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les quatre semaines suivantes ils ont appris tout ce qui concerne le maniement d'explosifs, depuis les plus primitifs jusqu'&#224; ceux de la g&#233;n&#233;ration. Les proc&#233;dures pour les fabriquer avec les &#233;l&#233;ments rudimentaires &#224; disposition, les propri&#233;t&#233;s des charges, les syst&#232;mes pour faire exploser des personnes, les bombes capables de d&#233;truire des b&#226;timents, r&#233;servoirs, v&#233;hicules et wagons ferroviaires. Ils ont aussi appris imiter et &#224; d&#233;sactiver les diff&#233;rents artefacts. Quand ils avaient acquis la capacit&#233; de distinguer entre la dynamite commerciale et militaire, on les a form&#233;s &#224; leur maniement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les habituer &#224; vaincre la peur ils effectuaient un exercice sp&#233;cial : ils actionnaient le d&#233;tonateur et marchaient vers le lieu d'entra&#238;nement avec la dynamite sous la chemise boutonn&#233;e. Cet exercice donnait lieu &#224; une esp&#232;ce de concurrence entre les &#233;tudiants - le gagnant &#233;tait le plus imprudent - avec des prix comme l'autorisation de prendre bi&#232;re ou d'aller aux villages proches. La pratique a continu&#233; avec les mati&#232;res plastiques explosives C3 et C4. On les a aussi form&#233;s &#224; l'utilisation de couteaux et d'autres techniques pour tuer un ennemi de mani&#232;re silencieuse et se retirer sans &#234;tre d&#233;couverts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard on leur a enseign&#233; &#224; fabriquer un type de bombe tr&#232;s efficace appel&#233;e &lt;i&gt;booby-trap&lt;/i&gt;, qui &#233;tait reli&#233;e avec des fils &#224; la veilleuse &#233;lectrique d'un r&#233;frig&#233;rateur et qui explosait en ouvrant la porte. On a effectu&#233; des essais avec l'&#233;tudiant plac&#233; &#224; une distance minimale, pour qu'il s'habitue &#224; l'explosion. Il suivait une explication des erreurs les plus communes qui pouvaient &#234;tre commises et la projection de films de guerre dans lesquelles on montrait les utilisations de ces bombes, employ&#233;es par les agents de services sp&#233;ciaux. &#034;On apprenait r&#233;ellement comment devenir un terroriste, puisqu'ils nous enseignaient toutes ces m&#233;thodes&#034;, observait Benitez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont appris le maniement des catapultes d'explosifs et diff&#233;rentes &#034;m&#233;thodes de gu&#233;rilla&#034;, c'est-&#224;-dire les formes mise en place et l'utilisation d'explosifs contre un objectif d&#233;termin&#233; quand on ne poss&#233;dait pas de corde de d&#233;tonateur. On leur a enseign&#233; &#224; faire exploser de l'acier, barrots de fer et moteurs, en pratiquant directement sur le champ d'entra&#238;nement. Mais aussi des machines de volume et mat&#233;riel semblables &#224; ceux utilis&#233;s dans les usines hydro-&#233;lectriques, en employant des explosifs de mati&#232;res plastiques et un syst&#232;me appel&#233; &#034;c&#244;ne d'air&#034;. Ils devaient accomplir ces op&#233;rations avec une grande rapidit&#233; et creuser des puits ou des foss&#233;s avec un pic et une pelle se prot&#233;ger de l'explosion. Et le plus important, c'&#233;tait la mani&#232;re de sortir du lieu sans laisser des traces. Ils effectuaient ensuite des sessions d'&#233;valuation et d'autocritique, parce que le temps qu'on leur accordait &#233;tait tellement faible qu'en g&#233;n&#233;ral ils n'arrivaient pas correctement &#224; faire l'exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tape suivante du cours consistait &#224; ce qu'on appelle les &#034;exercices chronom&#233;tr&#233;s&#034;. Tout le processus a &#233;t&#233; r&#233;p&#233;t&#233; &#224; l'instruction pour la fabrication de bombes faites&#224; la maison, qui fonctionnaient reli&#233;es &#224; une horloge. Ils ont &#233;tudi&#233; diff&#233;rents types, leur utilit&#233; et mani&#232;res d'allumage. Comme essai final l'&#233;tudiant devait construire en un jour une bombe originale. Pour cela on lui fournissait le mat&#233;riel indispensable. Sur le terrain d'entra&#238;nement il pr&#233;sentait son syst&#232;me et il devait le faire fonctionner face &#224; tous. Il &#233;tait consid&#233;r&#233; &#034;mort&#034; sila bombe explosait avant ou apr&#232;s le temps r&#233;glementaire ou s'elle ne fonctionnait directement pas. Dans ces cas il devait se retirer du terrain poursuivi par les moqueries de ses camarades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont appris &#224; utiliser des grenades contre des objectifs inflammables, et sp&#233;cialement les mines anti personnel Claymore, utilis&#233;es par l'arm&#233;e des Etats-Unis au Vietnam. On les a instruits dans la fabrication de Claymore &#171; fait maison &#187;, en employant un explosif plastique, des morceaux d'acier enforme de banane et des clous &#224; trois pointes de plusieurs pouces de longueur. Ce type de mine pouvait blesser une douzaine d'hommes &#224; 500 yards de distance sans aucun danger pour celui qui la pla&#231;ait, si on calculait pr&#233;cis&#233;ment le temps d'ignition du d&#233;tonateur d'allumage &#233;lectrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin on les a form&#233; dans les techniques complexes n&#233;cessaires pour faire exploser avec du plastique un grand r&#233;servoir de gaz. Un essai g&#233;n&#233;ral a &#233;t&#233; effectu&#233; &#224; la fin du cours, avec de multiples objectifs dispers&#233;s sur le terrain. On leur a dit qu'ils devaient agir comme terroristes, avec peu de moyens et en utilisant pour leurs attaques des ressources obtenues sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'examen final - assist&#233; par le directeur de l'IPA Lindquist, le responsable g&#233;n&#233;ral du cours, le colonel Gainer, et les instructeurs &lt;i&gt;b&#233;rets verts&lt;/i&gt; - les latinoam&#233;ricains ont form&#233; une &#233;quipe sp&#233;ciale. Les exercices ont consist&#233; en la pr&#233;paration de trois tentatives : contre un convoi de camions qui transportait hypoth&#233;tiquement des armes et des &#233;quipements, contre un d&#233;p&#244;t de combustible et finalement contre des centraux de t&#233;l&#233;phone. Les deux derniers objectifs &#233;taient prot&#233;g&#233;s par des sentinelles et entour&#233;s par des fils barbel&#233;s et de fausses mines antipersonnel pleines de gaz lacrymog&#232;ne. Ils devaient choisir la m&#233;thode la plus ing&#233;nieuse pour &#171; traiter &#187; les objectifs ; dans le troisi&#232;me cas ils devaient interrompre les communications ennemies, minant le terrain pour emp&#234;cher qu'on reconstitue rapidement un nouveau syst&#232;me de communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des policiers boursiers a demand&#233; lors de la r&#233;union finale la raison pour laquelle on leur avait enseign&#233; &#224; placer des bombes et d'autres tactiques de combat irr&#233;gulier. Un instructeur lui a r&#233;pondu : &#034;Les Etats-Unis pensent qu'arrivera le moment o&#249; chacun de nos pays amis devra employer des personnes de confiance, devenues des sp&#233;cialistes dans des explosifs. C' est pourquoi les diff&#233;rents gouvernements ont choisi pour ce cours leurs personnes pr&#233;f&#233;r&#233;es &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Le Rapport Benitez&lt;/i&gt;&#034; a &#233;t&#233; publi&#233; int&#233;gralement aux Etats Unis en1973 (comme un document annexe au film &#171; &#201;tat de si&#232;ge &#187; un commissaire de Police X&#034;). Les r&#233;v&#233;lations du policier tupamaro et le bruit suscit&#233; par &#171; &#201;tat de Si&#232;ge &#187; ont d&#233;termin&#233; l'ouverture en 1973 d'une enqu&#234;te parlementaire, conduite par le s&#233;nateur d&#233;mocrate James Abourezk. Langguth observe que l'OPS avait de bonnes excuses pour envoyer des policiers &#224; &lt;i&gt;Los Fresnos&lt;/i&gt; : la menace d'attentat avec des bombes &#233;tait une r&#233;alit&#233; partout dans le monde. L'opinion publique acceptait que toute nation devait former des policiers pour les d&#233;sactiver. &#034;Le probl&#232;me pour l'OPS a &#233;t&#233; que le cours de la CIA &#224; &lt;i&gt;Los Fresnos&lt;/i&gt; n'enseignait pas &#224; d&#233;truire des bombes, mais &#224; en construire&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AID a &#233;t&#233; oblig&#233;e de fournir au Congr&#232;s des documents, listes de participants et instructeurs, plans d'&#233;tude et information d&#233;taill&#233;e sur les cours secrets. La documentation a v&#233;rifi&#233; que le rapport anonyme r&#233;dig&#233; par Benitez &#233;tait vrai et pr&#233;cis. Cependant, les r&#233;v&#233;lations sur les activit&#233;s ill&#233;gales de Mitrione et autres conseillers du Programme de S&#233;curit&#233; Publique en Uruguay n'ont pas &#233;t&#233; l'objet d'investigations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis leur premi&#232;re &#233;dition en 1969, les cours TIC avaient dipl&#244;m&#233; 165 policiers provenant d'Afrique, d'Asie et d'Am&#233;rique latine. Michael Klare et Nancy Stein indiquent dans des &lt;strong&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://worldcat.org/wcpa/oclc/5750848?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Armas y poder en Am&#233;rica Latina&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;(Armes et du pouvoir en Am&#233;rique latine) &#187; (Mexico, 1978) que le plus grand nombre provenait de la Colombie (19), suivi du Guatemala (18), l'Uruguay (16), la Tha&#239;lande (10), Panama (7), et le Salvador (7). Ont aussi pris part des boursiers du Br&#233;sil, du Venezuela, Bolivie, Chili, R&#233;publique Dominicaine et du Costa Rica. Dans beaucoup de ces pays les policiers &#233;taient incorpor&#233;s dans les groupes terroristes d'extr&#234;me droite : les escadrons de la morte du Br&#233;sil et de l'Uruguay, &lt;i&gt;La Bande&lt;/i&gt; dans la R&#233;publique dominicaine, &lt;i&gt;La Main Blanche&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#338;il pour &#338;il&lt;/i&gt; au Guatemala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les instructeurs de &lt;i&gt;Los Frenos&lt;/i&gt; &#233;taient des militaires des Forces Sp&#233;ciales assign&#233;s &#224; la CIA. L'AID les avait demand&#233;s &#224; l'Arm&#233;e, mais le Pentagone avait refus&#233; de les fournir parce que le cours lui a paru tr&#232;s compromettant. Pour cette raison ils ont d&#251; demander l'aide et des instructeurs &#224; la CIA. Les co&#251;ts de l'instruction, quelque 1.750 dollars par &#233;tudiant, ont &#233;t&#233; support&#233;s par l'AID.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1973 le journaliste Jack Anderson a r&#233;v&#233;l&#233; pour la premi&#232;re fois &#224; l'opinion publique les documents obtenus par Abourezk. La presse am&#233;ricaine a commenc&#233; &#224; se r&#233;f&#233;rer &#224; &lt;i&gt;Los Fresnos&lt;/i&gt; comme l' &#034;&#201;cole de bombes&#034;. L'AID n'a pas pu comme il se doit expliquer les raisons pour lesquelles les contribuables finan&#231;aient un cours dans lequel des civils &#233;trangers apprenaient &#224; placer des bombes, &#224; assassiner avec des armes blanches et &#224; faire exploser des personnes dans leur maison quand ils ouvraient le r&#233;frig&#233;rateur. Les critiques ont redoubl&#233; quand les enqu&#234;teurs du Congr&#232;s et ceux de l'&#233;quipe associ&#233;e du journaliste Jack Anderson ont d&#233;couvert les preuves &#233;crites pour les boursiers &#224; d'autres cours de l'IPA, archiv&#233;s depuis des d&#233;buts de des soixante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michael McClintock observe dans son livre &lt;strong&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.statecraft.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Instruments of Statecraft. US Guerilla Warfare. Counterinsurgency and Counterterrorism 1940-1990&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt; (New York, 1992) que beaucoup de policiers du Tiers Monde parlaient avec naturel de la torture et leurs professeurs &#233;tasuniens ne les r&#233;prouvaient pas pour cela. Un policier du Nepal, Madhar Bickmun Rana, &#233;crivait : &#034;Les attributions du troisi&#232;me degr&#233; sont : frapper, gifler, emp&#234;cher de dormir, de clouer avec des clous, enlever des ongles, serrer avec des bandes de m&#233;tal autour de la t&#234;te d'une personne (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les avantages de la torture consistent en ce qu'elle est rapide, facile, on n'a pas besoin de talent et c'est tr&#232;s efficace. Les inconv&#233;nients sont : m&#234;me un homme innocent admettra un crime (...) et l'interrogateur pourrait &#234;tre compromis si la victime meurt &#034;. Bien que les chercheurs n'aient trouv&#233; aucun essai direct o&#249; l'IPA enseigne &#224; torturer, ils ont v&#233;rifi&#233; ce que Jack Anderson a d&#233;fini &#034;une attitude ambivalente envers le sujet&#034;. Les instructeurs d&#233;sapprouvaient formellement la torture, mais tacitement ils l'encourageaient si l'objectif &#233;tait la &#034;lutte contre le communisme&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te du Congr&#232;s a abouti &#224; l'abolition du PSP. Sa fermeture a commenc&#233; en d&#233;cembre 1973 avec l'interdiction de former du personnel policier &#233;tranger hors des Etats-Unis. Les conseillers qui accomplissaient des fonctions &#224; l'&#233;tranger ont d&#251; revenir avant le 30 juin 1974. La &lt;i&gt;Foreign Assistance Act&lt;/i&gt; du 30 d&#233;cembre 1974 a interdit l'utilisation de fonds, &#224; partir du 1er juillet 1975, &#034;pour fournir de l'entra&#238;nement ou du Conseil, ou fournir tout appui financier&#034; aux polices &#233;trang&#232;res. L'IPA a &#233;t&#233; ferm&#233;e le 28 f&#233;vrier 1975, l'OPS a ferm&#233; ses portes en mars la m&#234;me ann&#233;e. Mais l'interdiction n'a pas affect&#233; le Programme International de Contr&#244;le de Narcotiques. Par son interm&#233;diaire le D&#233;partement d'&#201;tat a continu&#233; &#224; fournir de l'entra&#238;nement, de l'&#233;quipement et des armements aux m&#234;mes forces r&#233;pressives qu'il avait soutenues &#224; travers le PSP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/article.php3?id_article=3682&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de &lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.brecha.com.uy/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Brecha&lt;/strong&gt; (P&#225;g. 21)&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Uruguay, le 30 mars 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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