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		<title>Argentine : L'exp&#233;rience des usines occup&#233;es et le contr&#244;le ouvrier.</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Argentine-L-experience-des-usines-occupees-et-le-controle-ouvrier</link>
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		<dc:date>2002-10-11T18:06:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Josefina Martinez</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;I &lt;br class='autobr' /&gt;
19 et 20 d&#233;cembre 2001. Des moments o&#249; une histoire diff&#233;rente a surgi, loin des certitudes impos&#233;es. Des hommes et des femmes sont sortis de chez eux pour forcer les portes d'un supermarch&#233; ou prendre la route avec une haine profonde &#224; la gorge, pour r&#233;clamer nourriture et travail. Mais le bruit des casseroles s'est multipli&#233; et a transform&#233; les premi&#232;res notes discordantes en une mar&#233;e de sons qui a parcouru les rues et les places publiques en m&#234;me temps, pour rompre l'&#233;tat de si&#232;ge et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Recuperees" rel="directory"&gt;R&#233;cup&#233;r&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;I&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;19 et 20 d&#233;cembre 2001. Des moments o&#249; une histoire diff&#233;rente a surgi, loin des certitudes impos&#233;es. Des hommes et des femmes sont sortis de chez eux pour forcer les portes d'un supermarch&#233; ou prendre la route avec une haine profonde &#224; la gorge, pour r&#233;clamer nourriture et travail. Mais le bruit des casseroles s'est multipli&#233; et a transform&#233; les premi&#232;res notes discordantes en une mar&#233;e de sons qui a parcouru les rues et les places publiques en m&#234;me temps, pour rompre l'&#233;tat de si&#232;ge et d&#233;noncer la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la matin&#233;e, un jeune de 20 ans a modifi&#233; son itin&#233;raire quotidien en s'&#233;loignant de son bureau ou en se rendant au centre, pour rejoindre des milliers d'autres qui ont commenc&#233; plus tard - des minutes, des heures plus tard - la bataille de la Plaza de Mayo. C'&#233;tait naturel pendant ces deux jours, de rompre avec la l&#233;galit&#233; qui pendant des ann&#233;es avait motiv&#233; les gouvernements, les institutions et les cercles d'intellectuels &#171; progressistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;v&#233;nement, la rupture des &#233;vidences. Et la spontan&#233;it&#233; qui circulait dans la rue et les places. Mais, en m&#234;me temps, l'accumulation de d&#233;sillusions face aux gouvernements et institutions. Mais aussi, l'accumulation d'exp&#233;riences de lutte, de spontan&#233;it&#233; et de conscience. Les derniers &#171; &#233;v&#233;nements &#187; nous poussent &#224; retourner &#224; l'Histoire pour comprendre ce qui s'est pass&#233; et de possibles d&#233;veloppements au-del&#224; des temps courts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un gouvernement &#233;lu dans le cadre de la d&#233;mocratie &#171; qui nous a co&#251;t&#233; si cher &#187; (se lamente un ch&#339;ur d'historiens respectables) a &#233;t&#233; renvers&#233; par des forces jusque-l&#224; expuls&#233;es des r&#233;cits acad&#233;miques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le questionnement de la vieille politique est apparu en d&#233;cembre : &#171; Qu'ils s'en aillent tous &#187; remet en question les id&#233;es forg&#233;es dans les structures de la d&#233;mocratie &#171; repr&#233;sentative &#187; de l'Union civique radicale (UCR), du Parti justicialiste (PJ, p&#233;roniste), ou du Front pour un pays solidaire (Frepaso, &#034;centre-gauche&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, aujourd'hui nous apercevons &#233;galement les limites des journ&#233;es de d&#233;cembre, qui n'ont pas su emp&#234;cher que les vieux partis imposent un nouveau gouvernement bien &#224; eux au pouvoir, pour se sauver de la crise. Maintenant ils veulent convertir le &#171; Qu'ils s'en aillent tous ! &#187; en une alternance parlementaire ordonn&#233;e, pour que rien ne change.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;II&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les statistiques ou les chiffres semblent avoir perdu toute signification. Un million et demi de nouveaux pauvres au cours des derniers mois. 18 000 000 sous le seuil de la pauvret&#233;. Un licenciement par minute. Les hommes et les femmes pris dans le corralito (appellation donn&#233;e au blocage des comptes bancaires par le gouvernement). Dans la p&#233;riph&#233;rie de Rosario, on a abattu des vaches sur la route. Dans la ville, un groupe de &#171; cartoneros &#187; (glaneurs qui ramassent le papier des poubelles) se sont mobilis&#233;s pour r&#233;clamer le &#171; droit &#187; aux ordures. Ce sont les expressions du d&#233;sespoir social qui augmente de jour en jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;valuation acc&#233;l&#232;re le processus. Comme un monstre vorace la crise &#233;conomique d&#233;vore tout : les aliments, les logements, les fournitures des h&#244;pitaux, les salaires, pendant que des tonnes de c&#233;r&#233;ales s'empilent dans les silos ; de m&#234;me que le p&#233;trole et le gaz, les fruits de la terre, l'acier, les toiles et briques, les c&#226;bles de t&#233;l&#233;phone. Nous en sommes l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derniers mois, des milliers d'usines ou d'entreprises ont fait faillite ou ont pris des mesures d'urgence. De centaines de milliers de postes de travail ont disparu depuis l'arriv&#233;e du gouvernement Duhalde. La chute du salaire r&#233;el d&#233;passe 50 %, le syst&#232;me de sant&#233; public est &#224; l'agonie. C'est une &#233;norme destruction de forces productives qui se passe sous nos yeux, et les hommes et femmes de la classe laborieuse, qui constituent la principale force productive, portent ces d&#233;g&#226;ts sur leur dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la crise de l'Argentine capitaliste, ce qui condamne de mani&#232;re irrationnelle des millions &#224; la mis&#232;re autorise un groupe de banquiers et leurs alli&#233;s des organismes financiers internationaux &#224; exercer un chantage humiliant en r&#233;clamant des &#171; plans soutenables &#187;. Ce n'est pas la crise d'un &#171; mod&#232;le &#187; ou d'une politique erron&#233;e : c'est l'anarchie de la production capitaliste dans un pays d&#233;pendant qui &#233;tait &#171; bon &#233;l&#232;ve &#187; de l'establishment mondial. Ce qui n'emp&#234;che pas certains intellectuels de pr&#233;tendre &#171; r&#233;guler &#187; le capitalisme ou trouver des formes de distribution &#171; humanis&#233;es &#187; sans mettre en question la domination imp&#233;rialiste sur le pays, ni les int&#233;r&#234;ts des grandes banques et des monopoles &#233;trangers et nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;III&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;19 et 20 d&#233;cembre. Dans une usine de la zone de Villa Constituci&#243;n, lors de la pause, des groupes d'ouvriers discutent des images &#224; la t&#233;l&#233;. Les chars d'assaut contre les femmes, les jeunes qui ont rempli la place publique et les premi&#232;res barricades fragiles, la d&#233;mission de Cavallo. &#171; Demain on fait gr&#232;ve &#187;. Une possibilit&#233;. &lt;br /&gt;
Mais le lendemain &#233;tait diff&#233;rent, avec un pr&#233;sident qui a pris son envol de l'h&#233;liport de la Casa Rosada. Les bureaucraties syndicales &#171; officielles &#187; et &#171; dissidentes &#187; ont suspendu la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale annonc&#233;e. Les grandes usines ont tourn&#233; comme toujours jusqu'&#224; la fin d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re ne faisait pas partie organique, comme classe, des journ&#233;es que nous avons v&#233;cues. Et dire cela n'est pas d&#233;finir de mani&#232;re quantitative l'absence d'un &#171; facteur social &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme marxistes, nous connaissons la force historique de la classe ouvri&#232;re en tant qu'agent privil&#233;gi&#233; de la transformation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233;. Au-del&#224; des apparences et des formes des conjonctures. Nous ne cherchons pas les raccourcis th&#233;oriques qui d&#233;finissent des &#171; nouveaux sujets sociaux &#187; ou reprennent le discours sur la &#171; fin du travail &#187;. Ces discours cherchent &#224; enterrer les travailleurs, et avec eux la cat&#233;gorie de classe comme telle. De vaines tentatives, qui ont consomm&#233; des milliers de pages imprim&#233;es et beaucoup d'argent en chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, en Argentine on peut encore envisager l'entr&#233;e en sc&#232;ne historique de cette &#233;norme force sociale avec l'ensemble du peuple pauvre, avec ses propres m&#233;thodes et traditions de lutte pour les recr&#233;er au d&#233;but de ce si&#232;cle. Nous voulons participer &#224; la construction d'une histoire qui s'appuie sur ces forces sociales, qui rompe avec les discours et les d&#233;mystifie, qui se fasse voir hors des &#233;coles et instituts, pour s'ouvrir &#224; de nouvelles &#233;nergies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que partie de cette tentative de forger une nouvelle histoire militante, nous d&#233;sirons aborder les processus actuels, et notamment l'exp&#233;rience d'un groupe de travailleurs qui ont d&#233;j&#224; indiqu&#233; le chemin d'une nouvelle histoire possible.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;IV&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a un ph&#233;nom&#232;ne nouveau, ponctuel, naissant : des travailleurs qui occupent leurs lieux de travail, et devant l'alternative terrible du ch&#244;mage &#224; cause de la fermeture ou de la faillite, s'accrochent aux machines et n'abandonnent pas les installations. La partie patronale laisse tomber une entreprise &#224; cause de la crise. Nous ne partons pas. Malgr&#233; les &#233;vidences, les gens ne se r&#233;signent pas &#224; perdre leur source de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des centaines de lieux de travail organis&#233;s en Argentine. D&#233;j&#224;, nous pouvons y trouver les &#233;l&#233;ments d'un nouveau programme de recherche militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'acuit&#233; de la crise fait faillir le fonctionnement &#171; normal &#187; du capitalisme, dans ses &#171; marches &#187; des formes peuvent se d&#233;velopper qui ne r&#233;pondent pas directement aux exigences des relations capitalistes. Coop&#233;ratives, clubs de troc ne peuvent pas subsister ind&#233;finiment sous la dure loi de la valeur et de la concurrence. Par contre, ils peuvent pousser comme des champignons pendant les crises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, aujourd'hui on retrouve des patrons qui, en commun avec les bureaucraties syndicales ou l'&#201;glise, encouragent l'organisation de coop&#233;ratives de travail &#171; mixtes &#187;, o&#249; l'on peut d&#233;charger le poids de la crise sur le dos des ouvriers, afin d'emp&#234;cher les travailleurs de faire un pas au-del&#224; de la l&#233;galit&#233; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, avec ce ph&#233;nom&#232;ne coop&#233;ratiste d'autres processus se d&#233;veloppent qui peuvent mettre en question les relations capitalistes. Nous croyons que les exemples d'Ingenio la Esperanza &#224; Jujuy, la Baskonia &#224; Matanza, Impa, Panificaci&#243;n 5, Cl&#237;nica Jun&#237;n &#224; C&#243;rdoba, Zanon et Brukman ouvrent un travail de recherche n&#233;cessaire et de nouvelles probl&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand un groupe d'ouvriers affirme la possibilit&#233; de produire &#171; sans patrons &#187; ne sommes-nous pas devant une nouvelle exp&#233;rience et une nouvelle conscience ouvri&#232;re ? Les secrets du fonctionnement capitaliste ne commencent-ils pas &#224; se d&#233;voiler quand la production ne se d&#233;roule plus selon l'app&#226;t du gain du capital mais mobilis&#233;e par les besoins des producteurs ? Au cours des derniers mois, deux usines, l'usine de c&#233;ramiques Zanon de Neuqu&#233;n&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Neuqu&#233;n : chef-lieu de la province du m&#234;me nom, situ&#233;e au confluent du Rio (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et l'usine de textiles Brukman de Buenos Aires sont devenues un p&#244;le de r&#233;f&#233;rence, pr&#233;par&#233;es &#224; produire sous contr&#244;le ouvrier et dans la lutte pour l'&#233;tatisation des usines, ou leur expropriation. Elles appellent &#224; repenser en profondeur la puissance du mouvement ouvrier comme classe quand il commence &#224; prendre son propre destin entre ses mains.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;V&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience de lutte des travailleurs des c&#233;ramiques Zanon est d&#233;j&#224; un exemple. Depuis plus de 4 mois ces c&#233;ramistes impriment trois mots sur leurs emballages : &#171; sous contr&#244;le ouvrier &#187;. Il s'agit d'une des lignes de porcelaines les plus modernes de l'Am&#233;rique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a pr&#233;sent&#233; la nouvelle c&#233;ramique &#171; El obrero &#187; (l'ouvrier) au cours d'une petite c&#233;r&#233;monie. Il y a &#233;galement une s&#233;rie limit&#233;e d&#233;di&#233;e aux ch&#244;meurs du Mouvement des travailleurs sans-emploi (MTD) de Neuqu&#233;n qui soutiennent depuis des mois la lutte de Zanon ; et &#233;galement un autre mod&#232;le de c&#233;ramique d&#233;cor&#233; de gardes mapuches en honneur des communaut&#233;s aborig&#232;nes de la zone qui ont fourni l'argile aux ouvriers. Une c&#233;ramique est une c&#233;ramique, mais pas seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des fonctionnaires de l'ambassade italienne en Argentine ont r&#233;clam&#233; dans un communiqu&#233; une intervention du gouvernement Duhalde contre les 300 ouvriers qui occupent l'usine Zanon. &#201;tat et capital. Ils d&#233;fendent leurs int&#233;r&#234;ts au-del&#224; des fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entreprise provinciale d'&#233;nergie r&#233;clame une dette de 100 000 pesos aux ouvriers, tandis que les patrons de Zanon n'avaient pas subi de pressions pour la dette de 500 000 pesos. L'entreprise de gaz a fait sa part. Le syndic de l'&#201;tat r&#233;clame encore l'expulsion par l'intervention des forces de r&#233;pression. Une bande &#171; mafieuse &#187;, sans doute complice de la police provinciale, a m&#234;me organis&#233; une s&#233;questration, un vol et a prof&#233;r&#233; des menaces contre les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment tant de forces peuvent-elles se d&#233;cha&#238;ner contre un groupe d'ouvriers qui cherchent &#224; travailler ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;fi des ouvriers de Zanon est grand, parce que cet exemple pourrait &#234;tre repris par d'autres, devant la magnitude de la crise capitaliste que nous vivons. &#192; plus de 1200 kms de distance du parc industriel de Neuqu&#233;n, une usine textile - confections Brukman - continue &#224; rouler sous les mains laborieuses de ses ouvri&#232;res et ouvriers. &#171; Brukman est aux travailleurs &#187; chantent les voisins des assembl&#233;es populaires, les &#233;tudiants et ouvriers du quartier Once de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mai 2002, il y a eu une manifestation devant les portes de Zanon &#224; Neuqu&#233;n. Avec la pr&#233;sence de d&#233;l&#233;gations de Brukman de Buenos Aires, de travailleurs c&#233;ramistes, du secteur public, d'enseignants, des h&#244;pitaux de Neuqu&#233;n, qui se sont joints aux &#233;tudiants, au MTD et aux organisations de la gauche, ils &#233;taient plus de mille.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;VI&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Que signifie &#171; contr&#244;le ouvrier &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les lois capitalistes consistent en la s&#233;paration des producteurs salari&#233;s d'avec les produits de leur travail et du contr&#244;le sur les conditions de ce travail. &#171; L'ali&#233;nation de l'ouvrier dans son produit signifie non seulement que son travail devient un objet, une existence ext&#233;rieure, mais que son travail existe en dehors de lui, ind&#233;pendamment de lui, et devient une puissance autonome vis-&#224;-vis de lui, que la vie qu'il a pr&#234;t&#233;e &#224; l'objet s'oppose &#224; lui, hostile ou &#233;trang&#232;re. &#187; Ali&#233;nation par rapport au produit, mais aussi par rapport au processus de production lui-m&#234;me : &#171; Le produit n'est rien d'autre que le r&#233;sultat de l'activit&#233;, de la production. Cependant, si le produit du travail est l'ali&#233;nation, la production m&#234;me devient l'ali&#233;nation active ; l'activit&#233; de l'ali&#233;nation. Dans l'ext&#233;riorit&#233; du produit du travail se refl&#232;te l'ext&#233;riorit&#233;, l'ali&#233;nation de l'activit&#233; du travail lui-m&#234;me. &#187; Le contr&#244;le ouvrier &#224; l'int&#233;rieur d'une usine commence &#224; mettre en question cette s&#233;paration. L'occupation de l'entreprise le fait aussi, par la mise en question du pouvoir &#224; l'int&#233;rieur de l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le ouvrier peut commencer, de mani&#232;re ponctuelle, comme le contr&#244;le exerc&#233; par les ouvriers sur leurs conditions de travail ou des aspects de l'organisation de la production elle-m&#234;me, par exemple l'imposition de meilleures conditions de s&#233;curit&#233; au travail. La revendication de l'ouverture des livres des comptes quand un capitaliste d&#233;clare la &#171; crise &#187; vise &#224; r&#233;v&#233;ler les secrets des affaires capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il s'agit d'exercer un contr&#244;le, ceci se rapporte &#224; une t&#226;che d'observation, &#224; la lutte pour un changement des actions d'un autre, ici, des patrons qui exercent leur pouvoir dans l'usine. Alors, le contr&#244;le ouvrier commence &#224; installer un double pouvoir au niveau de l'entreprise. La propri&#233;t&#233; reste entre les mains des capitalistes, mais les producteurs commencent &#224; l'affronter par leur action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des exemples de la production sous contr&#244;le ouvrier ont donn&#233; lieu &#224; de riches exp&#233;riences historiques. En Argentine, dans les ann&#233;es 1970, l'exp&#233;rience de PASA dans la zone nord de la banlieue de Rosario m&#233;rite l'&#233;tude. Pendant un mois, il y a eu l'exp&#233;rience de prise de l'usine avec gestion et contr&#244;le ouvrier sur la production en juillet et ao&#251;t 1974, avec la formation de commissions de production, de s&#233;curit&#233;, etc. sur la base de la pratique de la d&#233;mocratie ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de Zanon et de Brukman, en ce moment, la partie patronale ne se pr&#233;sente pas &#224; l'usine. En ce sens, le niveau de contr&#244;le ouvrier atteint aussi la gestion directe sur toute la production, y compris les formes de commercialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Zanon, les ouvriers organisent la gestion par des r&#233;solutions en assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et assembl&#233;es d'ateliers, o&#249; l'on d&#233;cide de la dur&#233;e du travail, comment pr&#233;parer de nouveaux mod&#232;les de c&#233;ramiques, comment se procurer les mati&#232;res premi&#232;res, comment assurer la s&#233;curit&#233;, etc. Les ouvriers &#233;tablissent de nouvelles formes de solidarit&#233; entre eux qui leur permettent de commencer &#224; faire des pas vers l'autod&#233;termination de classe. Au cours de ces mois, on a d&#233;montr&#233; la v&#233;ritable fonction de la majorit&#233; des superviseurs ou chefs mis en place par le patron de l'usine en temps &#171; normal &#187; : plus que diriger la production, leur r&#244;le &#233;tait de maintenir un despotisme permanent sur les travailleurs et leurs t&#226;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le ouvrier d&#233;voile les secrets de l'exploitation capitaliste. Par exemple, en deux jours de travail, les ouvriers de Zanon ont produit des c&#233;ramiques d'une valeur sup&#233;rieure aux co&#251;ts salariaux de tout un mois. En m&#234;me temps il d&#233;montre &#224; l'&#233;chelle d'un &#233;tablissement, que les travailleurs peuvent contr&#244;ler leur propre destin et se gouverner eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;VII&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Par contre, une coop&#233;rative ou une usine occup&#233;e qui produit sous contr&#244;le ouvrier, isol&#233;e comme un radeau dans la mer des relations capitalistes de production, ne peut pas se maintenir ind&#233;finiment. Des exemples de coop&#233;ratives qui, pour ne pas &#171; p&#233;rir &#187; devant la concurrence capitaliste, finissent par surexploiter leurs travailleurs plus que les autres usines autour d'eux, ou qui s'&#233;croulent devant le poids des dettes ou encore devant l'impossibilit&#233; de commercialiser leurs produits, sont foison. La coop&#233;rative isol&#233;e dans le cadre des relations capitalistes n'a pas d'avenir et se limite &#224; entretenir de vieilles illusions r&#233;formistes sur le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence entre les coop&#233;ratives organis&#233;es par des secteurs de l'&#201;glise ou la bureaucratie syndicale et le cas du contr&#244;le ouvrier de Zanon et Brukman est claire. Une premi&#232;re diff&#233;rence importante est que Zanon donne la priorit&#233; &#224; un niveau digne de salaires ouvriers. Maintenant les travailleurs de Zanon per&#231;oivent des salaires autour de 700 pesos. Pendant que la plupart des coop&#233;ratives pratiquent des salaires de mis&#232;re, parce qu'on donne la priorit&#233; aux &#171; temps l&#233;gaux &#187; ou parce que la direction de la coop&#233;rative d&#233;cide de baisser le salaire de ses propres ouvriers pour rester en marche face au poids des dettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patrons ont tendance &#224; ne pas respecter le salaire, le droit minimum des esclaves producteurs dans la soci&#233;t&#233; capitaliste, face &#224; la crise, pour tenter d'arr&#234;ter la chute de leurs profits. Dans les coop&#233;ratives la logique capitaliste de la plus-value absolue, en r&#233;duisant le salaire au-del&#224; des limites de la subsistance et en prolongeant la journ&#233;e de travail, tend &#224; s'imposer cruellement aux travailleurs associ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les cas de Zanon et Brukman les ouvriers ont refus&#233; d'assumer les dettes des patrons, r&#233;clamant l'expropriation sans indemnit&#233; des usines et leur &#233;tatisation, avec contr&#244;le ouvrier sur la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour l'&#233;tatisation des usines sous contr&#244;le ouvrier signale la seule possibilit&#233; d'incorporer rapidement plus de travailleurs, et ne pas &#171; rouvrir &#187; avec moins, pendant que le ch&#244;mage ne cesse d'exploser tout autour. Les travailleurs de Zanon comme ceux de Brukman ont &#233;labor&#233; des propositions concr&#232;tes qui permettent &#224; plus de travailleurs d'y &#339;uvrer avec le capital fixe actuel. En Argentine - ce qui est un des effets de la crise &#233;conomique - il y a une grande capacit&#233; industrielle install&#233;e et non utilis&#233;e. Sous une planification de la production qui ne serait pas soumise &#224; l'int&#233;r&#234;t individuel du capitaliste, on pourrait int&#233;grer plus de travailleurs dans la production &#233;tatis&#233;e et utilis&#233;e pour la satisfaction des besoins de la population, &#224; travers un plan d'&#339;uvres publiques pour l'habitation, les &#233;coles, les h&#244;pitaux, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, les coop&#233;ratives sont une porte de sortie uniquement pour les travailleurs en place et uniquement si elles marchent bien d'un point de vue capitaliste : peu importe si ceux qui ach&#232;tent la production sont pauvres ou riches, ni si des besoins restent insatisfaits. Elles peuvent embaucher de nouveaux travailleurs, mais dans ce cas elles le font toujours sous de pires conditions et pas comme &#171; coop&#233;rants &#187;, mais comme salari&#233;s des coop&#233;rants d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche des travailleurs de Zanon est diff&#233;rente, dans leur alliance avec les ch&#244;meurs du MTD de Neuqu&#233;n, pour obtenir du travail pour tous. Ces jours-ci, les travailleurs de Zanon sont en train de discuter de l'engagement de 100 ch&#244;meurs des diff&#233;rents mouvements de sans-emploi de la r&#233;gion (proportionnellement &#224; leurs effectifs) &#224; la production, dans une &#171; &#233;cole des m&#233;tiers &#187; pour concr&#233;tiser l'unit&#233; des travailleurs et des sans-emploi.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;VIII&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La question qu'il faut approfondir dans nos recherches est la suivante : est-ce que des exp&#233;riences de ce genre peuvent se maintenir ind&#233;finiment ? Est-ce que la multiplication &#233;volutive et pacifique des exp&#233;riences &#171; d'autogestion ouvri&#232;re &#187; comme contre-pouvoirs au pouvoir du capital est possible ? La conspiration f&#233;roce du patronat, de l'&#201;tat provincial et national, des forces de r&#233;pression et de la bureaucratie syndicale contre les travailleurs c&#233;ramistes indique une r&#233;ponse oppos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le ph&#233;nom&#232;ne de contr&#244;le ouvrier ne s'&#233;tend pas au moins &#224; quelques centaines d'usines dans les zones industrielles principales, comment les travailleurs pourraient-ils r&#233;sister &#224; la force de l'attaque des classes ennemies ? Quel est son avenir si cette exp&#233;rience n'est pas d&#233;fendue par d'autres travailleurs de la zone, et par les mouvements de sans-emploi, de voisins et &#233;tudiants qui font de cette cause la leur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour atteindre ce point il faut surmonter les barri&#232;res entre travailleurs et ch&#244;meurs, les barri&#232;res impos&#233;es par les vieux appareils syndicaux entre les ouvriers et le reste du peuple. Enfin, il faut d&#233;velopper une v&#233;ritable unit&#233; entre les travailleurs et le peuple pauvre, faire face &#224; la division existante et devenue &#171; naturelle &#187; entre eux, qui sert &#224; la reproduction des rapports d'exploitation capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs de Zanon ont l'intention de d&#233;passer ces barri&#232;res. Leur alliance avec le MTD en est l'expression. Leur proposition d'organiser une coordination r&#233;gionale de travailleurs et de sans-emploi, &#224; partir d'assembl&#233;es et avec des mandats de la base, poursuit le m&#234;me objectif. Cette question a &#233;t&#233; avanc&#233;e avec l'organisation de la Coordination de Alto Valle (la haute vall&#233;e du Rio Negro et Rio Neuqu&#233;n). Leur revendication de l'&#233;tatisation de l'usine sous contr&#244;le ouvrier et d'un plan d'&#339;uvres publiques pour cr&#233;er des emplois et couvrir les besoins fondamentaux de la population contribue aussi &#224; solidifier cette alliance avec d'autres secteurs populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un fait que d'atteindre une telle unit&#233; ouvri&#232;re et populaire organique &#224; l'&#233;chelle d'une province ou &#224; fortiori &#224; l'&#233;chelle du pays, repr&#233;sente un aiguisement de la lutte des classes car le pouvoir bourgeois serait ainsi remis en question de mani&#232;re plus large et plus profonde. Cela implique un affrontement croissant non seulement avec le patronat, mais aussi avec la bureaucratie syndicale et l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, nous pensons que le contr&#244;le ouvrier peut &#234;tre un moment passager dans un processus r&#233;volutionnaire, une grande exp&#233;rience qui pr&#233;pare les ouvriers plus intens&#233;ment pour les luttes &#224; venir. Pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de cette dynamique contradictoire, le contr&#244;le ouvrier est une tr&#232;s grande &#233;cole d'&#233;conomie planifi&#233;e et de lutte anticapitaliste. Il montre &#224; &#233;chelle r&#233;duite que les travailleurs peuvent diriger l'ensemble de l'&#233;conomie, qu'il est donc n&#233;cessaire d'exproprier les propri&#233;taires capitalistes et d'affronter leur &#201;tat et leurs forces r&#233;pressives. Il montre &#233;galement la n&#233;cessit&#233; de l'unit&#233; des travailleurs en tant que classe avec l'ensemble des secteurs opprim&#233;s, dans de nouvelles organisations d&#233;mocratiques comme les coordinations qui d&#233;passent le cadre &#233;troit des syndicats &#233;tablis.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;IX&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Autogestion de la crise ou socialisation de la richesse ?&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des exp&#233;riences d'un type diff&#233;rent se d&#233;veloppent actuellement en Argentine, o&#249; nous voyons que des secteurs de travailleurs, de ch&#244;meurs ou de &#034;voisins&#034; des assembl&#233;es populaires ont tendance &#224; se donner les moyens de surmonter la crise &#233;conomique et sociale aigu&#235;.&lt;br /&gt;
Beaucoup d'assembl&#233;es populaires de Buenos Aires et Rosario ont propos&#233; la cr&#233;ation de potagers communautaires dans les quartiers, de cantines populaires ou de dispensaires m&#233;dicaux pour r&#233;soudre le probl&#232;me de la faim et la crise sanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines organisations de sans-emploi - comme le MTD de Solano et la Coordination Anibal Ver&#243;n - organisent des micro-entreprises : des boulangeries, des fabriques de briques ou de chaussures, &#224; partir des plans d'emploi ou de l'attribution d'autres indemnit&#233;s aux sans-emploi. Nous avons d&#233;j&#224; mentionn&#233; les coop&#233;ratives, stimul&#233;es dans beaucoup de cas par des secteurs de l'&#201;glise et par la Centrale des travailleurs argentins (CTA, troisi&#232;me syndicat argentin) et ailleurs par les travailleurs eux-m&#234;mes. Dans certains h&#244;pitaux, les &#034;voisins&#034; rejoignent les m&#233;decins et les infirmi&#232;res pour discuter avec les autorit&#233;s de la n&#233;cessit&#233; de cogestion. En prenant ces tendances en compte, des organisations comme le FRENAPO proposent un &#171; budget participatif &#187;, d&#233;j&#224; vot&#233; par la ville de Rosario en s'inspirant de l'exemple de Porto Alegre. Dans la situation argentine actuelle une telle proposition a surtout pour but de soumettre les assembl&#233;es populaires aux institutions &#233;tatiques, en leur permettant de &#171; d&#233;cider &#187; seulement de la r&#233;partition d'une fraction minuscule du budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance chez les travailleurs, les sans-emploi et les &#034;voisins&#034; &#224; prendre en main la r&#233;solution de leurs probl&#232;mes est un grand pas en avant apr&#232;s tellement d'ann&#233;es de passivit&#233; ou d'attente que des solutions viennent d'ailleurs. Toutefois, la question pos&#233;e est de savoir s'il faut se r&#233;signer &#224; l'autogestion de la crise ou viser &#224; la jouissance de l'ensemble des richesses sociales pour la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de beaucoup de coop&#233;ratives, comme nous l'avons expliqu&#233; plus haut, les travailleurs finissent par devenir des esclaves, travaillant plus de 12 heures par jour ou r&#233;duisent leurs propres salaires pour pouvoir continuer. Dans les entreprises de sans-emploi cr&#233;&#233;es &#224; partir des plans d'emploi, ils ne re&#231;oivent que le montant d&#233;risoire de 150 Lecop (bons mon&#233;taires introduits lors de la crise du peso). Et entre-temps, des millions de travailleurs et sans-emploi continuent &#224; subir l'agonie de la crise capitaliste. Seule la prise de contr&#244;le sur l'ensemble de l'&#233;conomie, par l'autogestion de la totalit&#233; de la production et de la distribution, permettrait d'entrevoir un avenir digne pour ces millions d'hommes et de femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les issues autogestionnaires qui ne mettent pas en question l'ensemble des rapports sociaux capitalistes et pr&#233;tendent mettre en place des enclaves alternatives au milieu de la mis&#232;re et de l'exploitation capitalistes ne peuvent &#234;tre autre chose que des illusions momentan&#233;es condamn&#233;es &#224; succomber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande contradiction du syst&#232;me capitaliste se retrouve entre la planification capitaliste &#224; l'int&#233;rieur de l'usine et l'anarchie de la production dans son ensemble. La planification capitaliste &#224; l'int&#233;rieur de l'usine n'est rien d'autre que le despotisme pur et l'exploitation des travailleurs. Le contr&#244;le ouvrier affronte ce pouvoir patronal &#224; l'int&#233;rieur de l'&#233;tablissement. Or, l'anarchie capitaliste, qui na&#238;t du fait que les capitalistes individuels produisent pour r&#233;aliser leur propre profit et non pour satisfaire les besoins sociaux, produit &#224; un p&#244;le la mis&#232;re et &#224; l'autre la surproduction. D'un c&#244;t&#233; les millions qui cr&#232;vent de faim et de l'autre l'appropriation priv&#233;e d'&#233;normes richesses sociales produites socialement. Seule la mise en question de l'ensemble des rapports capitalistes, comme totalit&#233; &#233;conomique et politique, ouvre l'espoir d'un avenir digne pour des millions d'&#202;tres humains, avec la perspective d'une soci&#233;t&#233; de libres producteurs associ&#233;s, le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol (Argentine) pour &lt;i&gt;El Correo &lt;/i&gt; par : &lt;/strong&gt; Maria Gatti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosario, Argentine, juin 2002&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Neuqu&#233;n &lt;/strong&gt; : chef-lieu de la province du m&#234;me nom, situ&#233;e au confluent du Rio Neuqu&#233;n et du Rio Limay qui forment le Rio Negro, environ 25 000 habitants. Fond&#233; il y a un si&#232;cle comme centre ferroviaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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