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	<title>El Correo</title>
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		<title>Crise structurelle et r&#233;bellion populaire transnationale </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Crise-structurelle-et-rebellion-populaire-transnationale</link>
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		<dc:date>2011-12-14T13:47:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>William I. Robinson *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les pouvoirs de fait du syst&#232;me mondial sont de plus en plus &#224; la d&#233;rive, au fur et &#224; mesure que la crise du capitalisme mondial leur &#233;chappe des mains. Depuis le massacre de dizaines de jeunes manifestants par l'arm&#233;e en &#201;gypte jusqu'&#224; la r&#233;pression brutale du mouvement &#171; Occupy &#187; aux Etats-Unis ou aux canons &#224; eau de la police militaris&#233;e du Chili contre des &#233;tudiants et des travailleurs, les &#201;tats et les classes dominantes se montrent incapables de contenir la mar&#233;e de r&#233;bellion populaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les pouvoirs de fait du syst&#232;me mondial sont de plus en plus &#224; la d&#233;rive, au fur et &#224; mesure que la crise du capitalisme mondial leur &#233;chappe des mains. Depuis le massacre de dizaines de jeunes manifestants par l'arm&#233;e en &#201;gypte jusqu'&#224; la r&#233;pression brutale du mouvement &#171; &lt;i&gt;Occupy&lt;/i&gt; &#187; aux Etats-Unis ou aux canons &#224; eau de la police militaris&#233;e du Chili contre des &#233;tudiants et des travailleurs, les &#201;tats et les classes dominantes se montrent incapables de contenir la mar&#233;e de r&#233;bellion populaire au niveau mondial et doivent recourir &#224; une r&#233;pression de plus en plus r&#233;pandue. En bref, l'immense in&#233;galit&#233; structurelle de l'&#233;conomie politique mondiale ne peut plus &#234;tre soutenue &#224; travers des m&#233;canismes consensuels de r&#233;gulation sociale. Les classes dominantes ont perdu toute l&#233;gitimit&#233; et nous assistons &#224; une rupture de l'h&#233;g&#233;monie de la classe dominante &#224; une &#233;chelle mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre ce qui arrive dans cette deuxi&#232;me d&#233;cennie du nouveau si&#232;cle, nous devons voir le panorama dans son contexte historique et structurel. Les &#233;lites mondiales esp&#233;raient que la &#171; Grande D&#233;pression &#187;, qui a commenc&#233; avec la crise des hypoth&#232;ques et le collapsus du syst&#232;me financier mondial en 2008, &#233;tait une r&#233;cession cyclique qui pouvait &#234;tre r&#233;solue gr&#226;ce &#224; des sauvetages sponsoris&#233;s par les &#201;tats et des mesures de relance. Mais il est clair que c'est une crise structurelle. Les crises cycliques sont des &#233;pisodes r&#233;guliers dans le syst&#232;me capitaliste, qui surviennent &#224; peu pr&#232;s une fois tous les dix ans, et en g&#233;n&#233;ral durent entre 18 mois et deux ans. Il y a eu des r&#233;cessions mondiales au d&#233;but des ann&#233;es 80, 90 et au d&#233;but du XXI&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises structurelles sont plus profondes, leur r&#233;solution requiert une refonte profonde du syst&#232;me. Les crises structurelles mondiales dans les d&#233;cennies 1890, 1930 et 1970 ont &#233;t&#233; r&#233;solues gr&#226;ce &#224; une r&#233;organisation du syst&#232;me qu'a produit de nouveaux mod&#232;les de capitalisme. &#171; R&#233;soudre &#187; ne veut pas dire que les probl&#232;mes que la majorit&#233; de l'humanit&#233; affrontait sous le capitalisme ont &#233;t&#233; r&#233;solus, mais la r&#233;organisation du syst&#232;me capitaliste dans chaque cas a surpass&#233; les restrictions &#224; la reprise de l'accumulation de capital &#224; une &#233;chelle mondiale. La crise de la d&#233;cennie 1890 a &#233;t&#233; r&#233;solue dans le c&#339;ur du capitalisme mondial &#224; travers de l'exportation de capitaux et d'une nouvelle vague d'expansion imp&#233;rialiste. La Grande D&#233;pression de 1930 s'est r&#233;solue en ayant recours &#224; des variantes de la social-d&#233;mocratie, au Nord comme au Sud : bien-&#234;tre, capitalisme populiste ou d&#233;veloppementiste qui impliquait une redistribution, la cr&#233;ation d'un secteur public et la r&#233;gulation du march&#233; par l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mondialisation et la crise structurelle actuelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre la conjoncture actuelle nous devons revenir aux ann&#233;es 70. L'&#233;tape de la globalisation du capitalisme mondial que nous vivons maintenant s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; partir de la r&#233;ponse que diff&#233;rents agents ont donn&#233;e aux &#233;pisodes pr&#233;c&#233;dents de crise, en particulier, &#224; la crise des ann&#233;es 70 de la social-d&#233;mocratie, ou dit plus techniquement, du fordisme-keyn&#233;sien, ou du capitalisme redistribu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de cette crise, le capital s'est mis &#224; &#234;tre mondial, comme une strat&#233;gie de l'&#233;mergente classe capitaliste transnationale et de ses repr&#233;sentants politiques pour reconstituer leur pouvoir de classe, apr&#232;s s'&#234;tre lib&#233;r&#233; des restrictions &#224; l'accumulation que les &#201;tats - nations imposaient. Ces restrictions &#8211; le dit &#171; compromis de classe &#187; - s'&#233;taient impos&#233;es au capital &#224; la suite des d&#233;cennies de luttes des masses &#224; l'&#233;chelle nationale des classes populaires et ouvri&#232;res, &#224; travers le monde. Pendant les ann&#233;es 1980 et 1990, cependant, les &#233;lites mondialisantes se sont empar&#233;es du pouvoir &#233;tatique dans la majorit&#233; des pays du monde et ont utilis&#233; ce pouvoir pour imposer la mondialisation capitaliste &#224; travers le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation et les politiques n&#233;olib&#233;rales ont r&#233;v&#233;l&#233; d'&#233;normes et nouvelles opportunit&#233;s pour l'accumulation transnationale dans les ann&#233;es 1980 et 1990. La r&#233;volution dans la technologie des ordinateurs et de l'informatique et d'autres avances technologiques ont aid&#233; le capital transnational &#233;mergeant &#224; obtenir de grandes avanc&#233;es dans la productivit&#233; et &#224; restructurer, &#171; flexibiliser &#187; et se d&#233;faire de la main-d'&#339;uvre dans le monde entier. &#192; son tour, cela a affaibli les salaires et les b&#233;n&#233;fices sociaux et a facilit&#233; un transfert de revenus vers le capital et les secteurs de consommation &#233;lev&#233;e &#224; travers le monde, qui ont g&#233;n&#233;r&#233; de nouveaux segments de march&#233;, en stimulant la croissance. En somme, la mondialisation a rendu possible une grande expansion extensive et intensive du syst&#232;me et a d&#233;clench&#233; un nouveau cycle fr&#233;n&#233;tique d'accumulation dans le monde qui a compens&#233; avec la crise des ann&#233;es 70 de diminution des gains et des occasions d'investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral s'est aussi traduit par une polarisation sociale sans pr&#233;c&#233;dents au niveau mondial. Au XX&#232;me si&#232;cle, des luttes sociales et de classe dures sur toute la plan&#232;te ont pu imposer une certaine r&#233;gulation sociale sur le capital. A divers degr&#233;s, les classes populaires ont r&#233;ussi &#224; obliger le syst&#232;me &#224; lier ce que nous nommons la &lt;i&gt;reproduction sociale &#224; l'accumulation de capital&lt;/i&gt;. Ce qui est arriv&#233; avec la mondialisation est une rupture entre la logique d'accumulation et celle de la reproduction sociale, qui a r&#233;percut&#233; sur une croissance sans pr&#233;c&#233;dents d l'in&#233;galit&#233; sociale et a mondialement intensifi&#233; les crises de survie de milliers de millions de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets de paup&#233;risation d&#233;clench&#233;s par la mondialisation ont g&#233;n&#233;r&#233; des conflits sociaux et une crise politique que le syst&#232;me trouve aujourd'hui de plus en plus difficile &#224; contenir. La devise &#171; &lt;i&gt;nous sommes le 99 %&lt;/i&gt; &#187; surgit de la r&#233;alit&#233; selon laquelle les in&#233;galit&#233;s mondiales et l'appauvrissement se sont &#233;norm&#233;ment intensifi&#233;s depuis que la mondialisation capitaliste a d&#233;marr&#233; dans la d&#233;cennie 1980. De vastes secteurs de l'humanit&#233; ont v&#233;cu l'exp&#233;rience d'une mobilit&#233; descendante absolue dans les derni&#232;res d&#233;cennies. Le FMI lui-m&#234;me s'est trouv&#233; oblig&#233; &#224; admettre dans un rapport de l'ann&#233;e 2000 que &#171; dans les derni&#232;res d&#233;cennies, presque d'un cinqui&#232;me de la population mondiale a recul&#233;. C'est sans doute l'un des plus grands &#233;checs &#233;conomiques du XXe si&#232;cle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La polarisation sociale mondiale aiguise le probl&#232;me chronique de suraccumulation. Cela se r&#233;f&#232;re &#224; la concentration de la richesse dans chaque fois moins de mains, jusqu'&#224; ce que le march&#233; mondial soit incapable d'absorber la production mondiale et que le syst&#232;me stagne. Pour les capitalistes transnationaux il est de plus en plus difficile de se d&#233;barrasser de leur masse d&#233;j&#224; bouffie et encore croissante d'exc&#233;dents : ils ne peuvent pas trouver des opportunit&#233;s o&#249; investir leur argent pour g&#233;n&#233;rer de nouveaux b&#233;n&#233;fices, ce pour quoi le syst&#232;me entre en r&#233;cession ou quelque chose de pire. Durant ces derni&#232;res ann&#233;es, la classe capitaliste transnationale a recouru &#224; l'accumulation militaris&#233;e, &#224; la sp&#233;culation financi&#232;re sauvage et au viol ou au pillage des finances publiques, pour soutenir son profit face &#224; la suraccumulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que l'offensive du capital transnational contre les classes ouvri&#232;res et populaires mondiales remonte &#224; la crise de la d&#233;cennie de 1970 et a grandi en intensit&#233; depuis ce temps-l&#224;, la Grande R&#233;cession de 2008 fut sous beaucoup d'aspects un point important d'inflexion. En particulier, &#224; mesure que la crise s'&#233;tendait, elle g&#233;n&#233;rait les conditions pour de nouvelles vagues d'aust&#233;rit&#233; brutale dans le monde entier, une plus grande flexibilit&#233; du travail, l'augmentation brutale du ch&#244;mage et le sous-emploi, et ainsi de suite. Le capital financier transnational et ses agents politiques ont utilis&#233; la crise pour imposer une aust&#233;rit&#233; brutale et pour essayer de d&#233;manteler ce qui reste des syst&#232;mes de bien-&#234;tre et des &#233;tats sociaux en Europe, en Am&#233;rique du Nord et dans d'autres lieux, pour exprimer plus de plus-value de la main-d'&#339;uvre, tant directement &#224; travers d'une exploitation plus intense, qu' indirectement &#224; travers des arches &#233;tatiques. Le conflit social et politique s'est intensifi&#233; partout &#224; partir de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le syst&#232;me fut incapable de se redresser, et au contraire il sombre plus dans le chaos. Les &#233;lites mondiales ne peuvent pas g&#233;rer les contradictions explosives. Serait ce que le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral du capitalisme entre dans une phase terminale ? Il est crucial de comprendre que le n&#233;olib&#233;ralisme n'est qu'un mod&#232;le du capitalisme mondial ; dire que le n&#233;olib&#233;ralisme peut &#234;tre dans une crise terminale cela ne veut pas dire que le capitalisme mondial est en crise terminale. Est-il possible que le syst&#232;me r&#233;ponde &#224; la crise et &#224; la r&#233;bellion de masses gr&#226;ce &#224; une nouvelle refonte qui d&#233;bouche sur un mod&#232;le diff&#233;rent du capitalisme mondial &#8211; peut-&#234;tre un keyn&#233;sianisme mondial qui implique la redistribution transnationale et la r&#233;gulation transnationale du capital financier &#8211; Serait-ce que les forces rebelles depuis en bas seront coopt&#233;es dans nouvel ordre capitaliste r&#233;form&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou serait- ce que nous nous dirigeons plut&#244;t vers une crise syst&#233;mique ? Une crise syst&#233;mique est celle dans laquelle la solution implique la fin du syst&#232;me en lui m&#234;me, soit d&#233;j&#224; &#224; travers de son d&#233;passement et la cr&#233;ation d'un syst&#232;me compl&#232;tement nouveau, ou - plus inqui&#233;tant- le collapsus du syst&#232;me. Le fait qu'une crise structurelle se transforme ou pas en syst&#233;mique d&#233;pend de comment r&#233;agissent les diff&#233;rentes forces sociales et les forces de classe : depuis les projets politiques qu'ils proposent, aux facteurs d'&#233;ventualit&#233; qui ne peuvent pas &#234;tre pr&#233;dits d'avance, et des conditions objectives. Il est impossible en ce moment de pr&#233;dire le r&#233;sultat de la crise. Cependant, plusieurs choses sont claires dans la conjoncture mondiale actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La conjoncture actuelle &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, cette crise partage une s&#233;rie d'aspects avec les crises structurelles pr&#233;c&#233;dentes, des ann&#233;es 1970 et 1930, mais a aussi quelques caract&#233;ristiques qui la diff&#233;rencient :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le syst&#232;me arrive rapidement aux limites &#233;cologiques de sa reproduction. Nous sommes confront&#233;s au spectre r&#233;el de l'&#233;puisement des ressources et de catastrophes environnementales qui menacent par le collapsus du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La magnitude des moyens de violence et de r&#233;gulation sociale n'a pas de pr&#233;c&#233;dents. Les guerres informatis&#233;es, les avions t&#233;l&#233;command&#233;s, les bombes antibunker, les guerres de galaxies et autres similaires ont chang&#233; le visage de la guerre. La guerre a &#233;t&#233; transform&#233;e en quelque chose de &#171; normal &#187; et de &#171; sanitaire &#187; [d'humanitaire] pour ceux qui ne sont pas dans le &lt;strong&gt;viseur&lt;/strong&gt; direct d'une agression arm&#233;e. Aussi est sans pr&#233;c&#233;dent la concentration entre les mains du capital transnational du contr&#244;le des m&#233;dias et de la production de symboles, d'images et de messages. Nous sommes arriv&#233;s &#224; la soci&#233;t&#233; de surveillance panoptique et au contr&#244;le orwellien de la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous arrivons aux limites de la grande expansion du capitalisme, dans le sens o&#249; il n'y a plus de nouveaux territoires d'importance qui peuvent &#234;tre int&#233;gr&#233;s au capitalisme mondial ; la d&#233;ruralisation est d&#233;j&#224; tr&#232;s avanc&#233;e, et le mercantilisme des terres et de l'agriculture s'est intensifi&#233; et des espaces pre - et non capitalistes, transform&#233;s dans le style d'une serre en espaces du capital, de mani&#232;re que l'expansion intensive arrive &#224; des niveaux jamais vus. C'est comme rouler en bicyclette : le syst&#232;me capitaliste a besoin de rouler de fa&#231;on continue sinon dans le cas contraire il s'&#233;croule. Vers o&#249; peut-on faire rouler le syst&#232;me maintenant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#201;merge un grand &lt;i&gt;surplus de population&lt;/i&gt; qui habite une plan&#232;te de villes de mis&#232;res, exclue de l'&#233;conomie productive, jet&#233;e aux marges, et soumise &#224; des syst&#232;mes de contr&#244;le social sophistiqu&#233;s et de crise de survie, comme aussi &#224; un cycle mortel de spoliation-exploitation-exclusion. Ce fait entraine d'une nouvelle mani&#232;re le danger d'un fascisme du XXIe si&#232;cle et de nouveaux &#233;pisodes de g&#233;nocide pour contenir la &lt;i&gt;masse en surplus d'humanit&#233;&lt;/i&gt; et sa r&#233;bellion r&#233;elle ou potentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une alternative existe entre une &#233;conomie mondialisante et un syst&#232;me d'autorit&#233; politique bas&#233; sur l'&#201;tat-nation. Les appareils &#233;tatiques transnationaux sont naissants et n'ont pas &#233;t&#233; capables d'occuper le r&#244;le de ce que les scientifiques sociaux nomment un &#171; hegem&#243;n &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H&#233;g&#233;mon de Thasos, vers 415 avant J.-C., est un po&#232;te comique grec auteur de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou l'&#201;tat - nation leader avec assez de pouvoir et d'autorit&#233; pour organiser et stabiliser le syst&#232;me. Les &#201;tats-nations ne peuvent pas contr&#244;ler la temp&#234;te d'une &#233;conomie mondiale hors contr&#244;le ; et ainsi donc les &#201;tats sont confront&#233;s &#224; des crises croissantes de l&#233;gitimit&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En deuxi&#232;me lieu, puisque les &#233;lites mondiales sont incapables d'avancer des solutions. Elles se trouvent apparemment dans prises dans une banqueroute politique et dans l'impuissance de diriger le cours des &#233;v&#233;nements qui se d&#233;roulent sous leurs yeux. Au G-8, G-20 et autres forums, dominent les disputes, les divisions et une apparente paralysie, o&#249; elles se montrent pas dispos&#233;es &#224; mettre en question le pouvoir et la pr&#233;rogative du capital financier transnational : cette fraction du capital qui est h&#233;g&#233;monique &#224; l'&#233;chelle mondiale, et qui repr&#233;sente la fraction la plus rapace et d&#233;stabilisatrice. Tandis que les appareils &#233;tatiques nationaux et transnationaux se refusent d'intervenir pour imposer des r&#233;gulations au capital financier mondial, chose qu'ils ont faite pour imposer les co&#251;ts de la crise aux travailleurs. Les crises budg&#233;taires et fiscales qui justifient, &#224; ce qu'on suppose, les coupes dans la d&#233;pense et l'aust&#233;rit&#233;, sont artificielles. C'est la cons&#233;quence du manque de volont&#233; ou de l'incapacit&#233; des &#201;tats &#224; d&#233;fier le capital et de sa disposition &#224; transf&#233;rer la charge de la crise aux classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En troisi&#232;me lieu, il n'y aura pas de sortie rapide du chaos mondial qui grandit. Une p&#233;riode de grands conflits et de troubles profonds nous attend. Comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, l'un des dangers est une r&#233;ponse n&#233;ofasciste pour contenir la crise. Nous sommes en face d'une guerre du capital contre tous. Trois secteurs du capital transnational se distinguent, en particulier, comme les plus agressifs et les plus enclins &#224; chercher des arrangements politiques n&#233;ofascistes pour garantir l'accumulation continue au fur et &#224; mesure que la crise avance : le capital financier sp&#233;culatif, le complexe militaro-industriel-s&#233;curitaire et le secteur extractif et &#233;nerg&#233;tique. L'accumulation de capital au sein du complexe militaro-industriel-s&#233;curitaire d&#233;pend de conflits interminables et de guerres - incluant les dites guerres contre le terrorisme et la drogue - ainsi que de la militarisation du contr&#244;le social. Le capital financier transnational d&#233;pend de la prise de contr&#244;le des finances &#233;tatiques et de l'imposition des dettes et d'aust&#233;rit&#233; aux masses, ce qui peut &#234;tre obtenu seulement gr&#226;ce &#224; une r&#233;pression croissante. Et les industries extractives d&#233;pendent des nouveaux cycles de spoliation violente et de la d&#233;gradation de l'environnement sur toute la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quatri&#232;me lieu, les forces populaires sont mondialement pass&#233;es de la d&#233;fensive &#224; l'offensive, plus rapidement que personne ne pouvait l'imaginer. Clairement en 2011, l'initiative est pass&#233;e de l'&#233;lite transnationale aux forces populaires d'en bas. Dans les ann&#233;es 1980 et 1990, le &lt;i&gt;L&#233;viathan&lt;/i&gt; de la mondialisation capitaliste avait renvers&#233; la corr&#233;lation mondiale de forces sociales et de classe en faveur du capital transnational. Bien que la r&#233;sistance ait continu&#233; dans diff&#233;rentes parties du monde, les forces populaires de base se sont trouv&#233;es d&#233;sorient&#233;es et fragment&#233;es dans ces d&#233;cennies, pouss&#233;es &#224; la d&#233;fensive dans l'apog&#233;e du n&#233;olib&#233;ralisme. Ensuite, les &#233;v&#233;nements du 11 septembre 2001 ont permis &#224; l'&#233;lite transnationale, sous le leadership des &#201;tats-Unis, de soutenir son offensive gr&#226;ce &#224; la militarisation de la politique mondiale et &#224; l'amplification des syst&#232;mes de r&#233;gulation sociale r&#233;pressive, au nom de la &#171; lutte contre le terrorisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant tout cela a chang&#233;. La r&#233;volte mondiale en marche a transform&#233; tout le panorama politique et les termes du discours. Les &#233;lites mondiales sont troubl&#233;es, r&#233;actives et elles sombrent dans le marais de leur propre cr&#233;ation. Il faut souligner que ceux qui sont en lutte &#224; travers le monde ont montr&#233; un sens &#233;lev&#233; de solidarit&#233; et ont communiqu&#233; &#224; travers les continents. Ainsi le soul&#232;vement de l'&#201;gypte a inspir&#233; le mouvement &#171; &lt;i&gt;Occupy &#187;&lt;/i&gt;, ce dernier fut une inspiration pour une nouvelle vague de la lutte de masses en &#201;gypte. Reste &#224; agrandir la coordination transnationale et &#224; avancer vers des programmes coordonn&#233;s de fa&#231;on transnationale. Toutefois, l'empire du capital mondial n'est certainement pas un &#171; &lt;i&gt;tigre de papier&lt;/i&gt; &#187;. Au fur et &#224; mesure que les &#233;lites mondiales se regroupent et &#233;valuent la nouvelle conjoncture et la menace d'une r&#233;volution mondiale des masses, ce qu'ils feront - et ils ont d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; faire - c'est organiser une r&#233;pression massive coordonn&#233;e, de nouvelles guerres et interventions, et des m&#233;canismes et projets de cooptation, dans leurs efforts pour restaurer l'h&#233;g&#233;monie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' &#171; unique &#187; solution viable &#224; la crise du capitalisme mondial est une redistribution massive de la richesse et du pouvoir vers le bas, vers la pauvre majorit&#233; de l'humanit&#233; en suivant les lignes du socialisme du XXIe si&#232;cle d&#233;mocratique, dans lequel l'humanit&#233; n'est pas en guerre avec soi m&#234;me et avec la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;strong&gt;William I. Robinson&lt;/strong&gt; est professeur de sociologie, d'&#233;tudes mondiales et latino-am&#233;ricaines dans l'Universit&#233; de Californie, &#224; Santa Barbara, EU. Son dernier livre est : &#171; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.amazon.fr/gp/search/ref=as_li_qf_sp_sr_tl?ie=UTF8&amp;keywords=Latin%20America%20and%20Global%20Capitalism%3A%20A%20Critical%20Globalization%20Perspective&amp;tag=elcordeladiaa-21&amp;index=aps&amp;linkCode=ur2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Latin America and Global Capitalism : A Critical Globalization Perspective&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#187;, publi&#233; par Johns Hopkins University Press. Automne 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Ce texte a &#233;t&#233; publi&#233; dans la &lt;i&gt;Revue l'Am&#233;rica Latina en Movimiento,&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://alainet.org/publica/471.phtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;No. 471&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;i&gt;&lt;a href='https://www.elcorreo.eu.org/http:/wwww.elcorreo.eu.org/?Crisis-estructural-y-rebelion'&gt;El Correo&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; par&lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/?Crise-structurelle-et-rebellion&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;El Correo&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Paris, le 13 d&#233;cembre 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;strong&gt; H&#233;g&#233;mon de Thasos&lt;/strong&gt;, vers 415 avant J.-C., est un po&#232;te comique grec auteur de parodies. D'apr&#232;s Aristote, il a &#233;t&#233; l'inventeur par des infimes modifications des mots de trag&#233;dies connues, en la transformant ainsi en com&#233;die. Sa parodie la plus c&#233;l&#232;bre fut &lt;i&gt;Gigantomachie&lt;/i&gt; si divertissante que les spectateurs refusaient de s'en aller apr&#232;s le spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Gros nuages sur l'Am&#233;rique Latine</title>
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		<dc:date>2003-03-05T17:02:44Z</dc:date>
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		<dc:creator>William I. Robinson *</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le projet n&#233;o-lib&#233;ral, tellement m&#233;ticuleusement impos&#233; sur la r&#233;gion par les &#233;lites multinationales et leurs coll&#232;gues locaux pendant ces deux derni&#232;res d&#233;cennies, s'est effondr&#233; tandis que la r&#233;gion chute vers le tumulte &#233;conomique et politique. &lt;br class='autobr' /&gt; L'Am&#233;rique Latine va avec pr&#233;cipitation vers un tourbillon. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ont germ&#233; crises sur crises avec une rapidit&#233; qu'a d&#233;pass&#233;e toutes pr&#233;visions faites y a seulement une ann&#233;e. La r&#233;volte en Argentine, l'insurrection campagnarde en Bolivie, le coup (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Notre-Amerique" rel="directory"&gt;Notre Am&#233;rique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le projet n&#233;o-lib&#233;ral, tellement m&#233;ticuleusement impos&#233; sur la r&#233;gion par les &#233;lites multinationales et leurs coll&#232;gues locaux pendant ces deux derni&#232;res d&#233;cennies, s'est effondr&#233; tandis que la r&#233;gion chute vers le tumulte &#233;conomique et politique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Am&#233;rique Latine va avec pr&#233;cipitation vers un tourbillon.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ont germ&#233; crises sur crises avec une rapidit&#233; qu'a d&#233;pass&#233;e toutes pr&#233;visions faites y a seulement une ann&#233;e. La r&#233;volte en Argentine, l'insurrection campagnarde en Bolivie, le coup d'Etat rat&#233; au Venezuela et Ha&#239;ti, soul&#232;vements au Paraguay, l'Uruguay, et le P&#233;rou, une d&#233;valuation profonde au Br&#233;sil, une guerre civile chaque fois plus forte en Colombie... tel &#171; est &#187; l'ordre du jour. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lites transnationales du FMI et du Tr&#233;sor des Etats-Unis esp&#233;raient mettre en quarantaine la crise apocalyptique qui a germ&#233; en Argentine d&#233;cembre 2001. Mais la majorit&#233; des observateurs a compris que la r&#233;volte populaire qui a fait tomb&#233; cinq gouvernements entre d&#233;cembre 2001 et janvier 2002 est comme un pr&#233;sage pour la r&#233;gion. Une d&#233;cennie de n&#233;o-lib&#233;ralisme a ch&#226;tr&#233; &#224; l'&#233;conomie nationale Argentine, a fait augment&#233; le ch&#244;mage de 3 &#224; 20% de la population, et a pr&#233;cipit&#233; le nombre de personnes qui vit sous le seuil de pauvret&#233; d'un million &#224; 14 millions. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant la protestation populaire organis&#233;e que la d&#233;linquance violente se sont ult&#233;rieurement &#233;tendues &#224; chaque coin du pays, en faisant de quelques r&#233;gions des lieux ingouvernables et en conduisant &#224; un vide au pouvoir inou&#239;. Le Pr&#233;sident Eduardo Duhalde a fait un effort consid&#233;rable pour remplir les demandes du FMI &#224; propos d'une nouvelle ronde d'aust&#233;rit&#233;, comme condition pr&#233;alable du nouveau pr&#234;t d'urgence. Mais on n'a pas eu besoin de beaucoup de temps pour comprendre, devant cette r&#233;volte populaire qui continue, que son gouvernement aux mains li&#233;es pouvait tomber &#224; tout moment. Il a &#233;t&#233; oblig&#233; dans les derniers mois de ratifier le non paiement de la dette de son pays, de cesser de signer tout nouvel accord avec le FMI, et d'avancer les &#233;lections jusqu'&#224; mars de du 2003, c'est-&#224;-dire laisser de la crise &#224; ses successeurs. &lt;br /&gt;
Si l'Argentine d&#233;montre la faillite absolue du mod&#232;le du FMI- Tr&#233;sor am&#233;ricain, l'&#233;lection Luis Ignacio da Silva (&#034;Lula&#034;) et le partie de gauche Partie Travailleur (PT) au Br&#233;sil est importante parce qu'elle symbolise la fin de l'ordre n&#233;o-lib&#233;ral en vigueur, mais aussi meten &#233;vidence les limites des changements parlementaires dans l'Ere du capitalisme global. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;c&#233;demment au chef et militant syndicaliste socialiste, Lula , il lui a &#233;t&#233; refus&#233;e la pr&#233;sidence en trois occasions. Il a gagn&#233; cette fois, en partie gr&#226;ce &#224; la force croissante du mouvement populaire et en partie suite au malaise social et &#233;conomique provoqu&#233; par les politiques n&#233;o-lib&#233;rales du r&#233;gime sortant du Pr&#233;sident Fernando Cardoso. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il a aussi gagn&#233; parce que son aile du PT s'est d&#233;plac&#233;e vers le centre politique, en obtenant une base sociale entre les &#233;lecteurs de classe moyenne et en recueillant des forces centristes et y compris politiquement conservatrices qui n'approuvent pas un programme de gauche mais qui sont peu dispos&#233;es &#224; supporter les impacts provoqu&#233;s par le n&#233;o-lib&#233;ralisme. Le PT a des obligations avec ces forces qui utiliseront probablement leur influence pour limiter les initiatives radicales de tout plan de gouvernement du PT. Derri&#232;re le bloc centriste et conservateur dans le nouveau gouvernement se trouve le pouvoir du capital financier transnational. En ao&#251;t, quand le Br&#233;sil a fait face &#224; une fuite des capitaux et &#224; une baisse marqu&#233;e dans la valeur de la monnaie nationale, Lula a calm&#233; les march&#233;s financiers globaux en promettant de ne pas cesser de payer la dette et en donnant sa b&#233;n&#233;diction &#224; un pr&#234;t de 30 milliards de dollars par le FMI, ce qui a oblig&#233; le gouvernement &#224; maintenir les politiques d'ajustement de Cardoso et de promettre de ne pas d&#233;clarer un moratoire sur le paiement de la dette externe du pays. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Paraguay et l'Uruguay ont aussi souffert de la &#034;contagion&#034; de l'Argentine. La d&#233;cision du Tr&#233;sor des Etats-Unis de fournir un pr&#234;t &lt;i&gt;&#034;pont&#034;&lt;/i&gt; de 1500 millions de dollars il y a quelques mois &#224; l'Uruguay, dont l'&#233;conomie est &#233;troitement attach&#233;e &#224; celle de l'Argentine, a simplement soulign&#233; la crainte qu'a Washington de que ce petit pays sud-am&#233;ricain, qui fait face &#224; des protestations organis&#233;es et chaque fois plus belliqueuses depuis que le &lt;i&gt;&#034;contagion&#034;&lt;/i&gt; l'a frapp&#233;, pourrait aller dans le m&#234;me sens que son voisin argentin. Au Paraguay, la crise &#233;conomique qu'a commenc&#233; il y a sept ans ne montre aucune signal de diminuer. Les protestations croissantes mont&#233;es en septembre pass&#233; par le Congr&#232;s D&#233;mocratique du Peuple (CDP), une vaste coalition de syndicats et des organisations de travailleurs ruraux, campagnards, indig&#232;nes, organisations politiques de gauche et autres mouvements sociaux populaires, ont oblig&#233; au gouvernement du pr&#233;sident Gonz&#225;lez Machi &#224; retirer les mesures n&#233;o-lib&#233;rales, y compris la privatisation des entreprises &#233;tatiques de services. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus au nord, les cinq pays andins (la Bolivie, la Colombie, l'&#201;quateur, le P&#233;rou et le Venezuela) sont aussi plong&#233;s dans le d&#233;sordre. En Bolivie le chef Evo Morales, radical indig&#232;ne, a perdu de peu les derni&#232;res &#233;lections pr&#233;sidentielles fortement influenc&#233;es par la pression des Etats-Unis, et sa menace de repr&#233;sailles &#233;conomiques internationales si Morales avait gagn&#233;, et des accusations de fraude. Mais le mouvement populaire et indig&#232;ne en Bolivie rendra impossible au nouveau gouvernement de pr&#233;sident Gonzalo Sanchez de Lozada de continuer par le chemin n&#233;o-lib&#233;ral. Le P&#233;rou et l'&#201;quateur comptent aussi des mouvements indig&#232;nes et paysans puissants, une baisse &#233;conomique et un conflit social et politique croissant. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que le Mexique et Am&#233;rique Centrale sont &#224; peine immunis&#233;s devant le tumulte, les pays les plus volatils d'Am&#233;rique Latine &#224; l'heure actuelle sont le Venezuela et la Colombie. Le Venezuela fait face &#224; une situation l&#233;g&#232;rement diff&#233;rente de celle de ses voisins. Le Pr&#233;sident Hugo Ch&#225;vez et son projet populiste de gauche a provoqu&#233; la r&#233;sistance non des pauvres et de la classe moyenne et haute, conduits par la f&#233;d&#233;ration commerciale, Fedec&#225;maras, fonctionnaires militaires dissidents, et les politiciens traditionnels - avec l'appui pas si subtil de Washington - une situation peu diff&#233;rente de celle du Chili sous le gouvernement socialiste de Salvador Allende (1970-1973). &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long d'octobre, dans la capital v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, Caracas, il y a eu des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales et des &#233;meutes, et de nouvelles conspirations. Le pays a &#233;t&#233; rapidement polaris&#233; &#224; nouveau apr&#232;s la tentative de coup d'Etat d'avril 2001 manqu&#233; en 72 heures, et que se renouvellent les bruits des nouveaux coups d'Etats. D'autre part, la Colombie fait face d&#233;j&#224; &#224; une escalade de guerre civile sous son nouveau pr&#233;sident autoritaire, &#193;lvaro Uribe, et la r&#233;gion andine pourrait &#233;t&#233; plong&#233;e dans un conflit militaire international si explose aussi la guerre civile au Venezuela - ce qui chaque fois para&#238;t plus probable. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Derri&#232;re le tumulte : l'&#233;croulement du n&#233;o-lib&#233;ralisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re tout ce tumulte se trouve la r&#233;organisation des forces sociales et politiques et l'effondrement du mod&#232;le n&#233;o-lib&#233;ral tout le long de l'Am&#233;rique Latine. Durant les ann&#233;es quatre-vingt, les pays latino-am&#233;ricains ont subi la restructuration compl&#232;te et l'int&#233;gration dans l'&#233;conomie globale sous le mod&#232;le n&#233;o-lib&#233;ral. Mais le mod&#232;le s'est av&#233;r&#233; incapable de r&#233;soudre la crise de d&#233;veloppement de la r&#233;gion, et les r&#233;gimes civils fragiles qui ont pris les r&#234;nes apr&#232;s les dictatures des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes sont chaque fois moins capables de contenir les conflits sociaux et les tensions politiques produites par les effets polariseurs du mod&#232;le n&#233;o-lib&#233;ral. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'importe quelle analyse acad&#233;mique pr&#233;dit la chute de la r&#233;gion vers le d&#233;sordre. Toutefois, avant que la crise Argentine explose en d&#233;cembre le 2001, les fonctionnaires des Organisations internationales (FMI, BM, BID, etc) insistaient sur le fait que le mod&#232;le n&#233;o-lib&#233;ral &#233;tait bien install&#233; et faciliterait la r&#233;cup&#233;ration. Ils indiquaient l'entr&#233;e de grands flux de capitaux transnationaux dans la r&#233;gion durant les ann&#233;es les quatre-vingt-dix et la reprise de la croissance pendant une grande partie de cette d&#233;cennie. Mais l'immense majorit&#233; de ces importants flux n'ont pas constitu&#233; un investissement &#233;tranger direct, susceptible d' aider &#224; conforter la base productive de la r&#233;gion. Il s'est agi principalement de celui appel&#233; &lt;i&gt;&#034;le capitalisme casino&#034;&lt;/i&gt; associ&#233; avec l'&#233;conomie globale - l'achat d'actions dans des compagnies privatis&#233;es, l'investissement sp&#233;culatif dans les services financiers, comme les actions en bourse, les fonds d'investissement, les pensions, et les assurances - avec de nouveaux pr&#234;ts. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette externe a augment&#233; &#224; un rythme constant tout au long des derni&#232;res ann&#233;es de la d&#233;cennie des 80 et pendant les 90. De 230 000 millions de dollars en 1980 on est pass&#233; &#224; 533 000 millions de dollars en 1994, plus de 714 000 millions de dollars en 1997, 793 000 millions de dollars en 1999, et ensuite plus de 1 milliards de dollars pour le XXI&#232;me si&#232;cle. Le paiement de cette dette gigantesque a exig&#233; un imp&#244;t p&#233;nible sur des secteurs populaires d'Am&#233;rique Latine et a arr&#234;t&#233; nettement toute possibilit&#233; de r&#233;cup&#233;rer de fa&#231;on durable pendant les ann&#233;es quatre-vingt-dix. En Argentine en 1998, le seul paiement des int&#233;r&#234;ts a absorb&#233; 35,4% des devises obtenues des exportations. Quant au Br&#233;sil, le chiffre &#233;tait de de 26,7% ; pour la Colombie 19,7% ; &#201;quateur 21,2% ; Le Nicaragua, 19,3% ; Le P&#233;rou 23,7% ; et pour le Venezuela le 15,3 %. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La s&#233;quence pr&#233;visible d'&#233;v&#233;nements est la suivante :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une fois que la pression pour le paiement de la dette arrive au point o&#249; la cessation de paiements devient une possibilit&#233;, o&#249; un gouvernement ne peut d&#233;j&#224; plus contenir la pression afin qu'il remplisse m&#234;me les obligations sociales minimales, on entame la spirale de crise. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements locaux se trouvent entre le retrait des investisseurs transnationaux et l'inqui&#233;tude croissante des majorit&#233;s pauvres qui ne peuvent pas supporter d'autres plans d'aust&#233;rit&#233;. L'actuel chemin vers la crise a commenc&#233; &#224; la fin les des ann&#233;es 90 quand la sortie nette de ressources est arriv&#233;e une fois de plus &#224; d&#233;passer la recette nette. En Argentine, par exemple, le gouvernement a obtenu de maintenir l'&#233;conomie &#224; flot tandis qu'il y avait des ressources &#233;tatiques pour vendre. Une fois qu'il n'y a plus de fa&#231;on de rassembler de l'argent rapidement, la fuite des capitaux se fait de la nuit au matin. -comme cela s'est pass&#233;- plongeant les pays dans la r&#233;cession. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement &#233;conomique actuel est le troisi&#232;me dans les ann&#233;es r&#233;centes, pr&#233;c&#233;d&#233;s par la &#034;crise Tequila&#034; qui a commenc&#233; au Mexique en 1995, et par l'&#233;croulement activ&#233; par la crise financi&#232;re asiatique 1997. Mais de la situation actuelle il est diff&#233;rent, dans lesquels il menace d'impliquer dans son tourbillon le continent complet, depuis le Mexique jusqu'au Chili, et parce que la crise r&#233;gionale est attach&#233;e &#224; son tour &#224; la spirale de la crise &#233;conomique mondiale. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es des rapports annuels de la Commission &#201;conomique des Nations Unies pour l'Am&#233;rique Latine (ECLA) montrent des taux &#233;lev&#233;s de croissance dans quelques pays pendant les quatre derni&#232;res ann&#233;es, tandis que la majorit&#233; a &#233;prouv&#233; de la stagnation et jusqu'&#224; diminution. Mais plus r&#233;v&#233;lateurs sont les indicateurs des co&#251;ts sociaux de la crise &#233;conomique. Les donn&#233;es de la ECLA indiquent que le revenu par habitant a diminu&#233; dans une moyenne de 0,9 % durant chaque ann&#233;e de la d&#233;cennie de quatre-vingt, connaissance en Am&#233;rique Latine comme la &lt;i&gt;&#034;d&#233;cennie perdue&#034;, &lt;/i&gt;et a ensuite d&#233;clin&#233; dans une moyenne de 1,5 % chaque ann&#233;e pendant les quatre-vingt-dix, celle suppos&#233;e &lt;i&gt;&#034;d&#233;cennie de r&#233;cup&#233;ration&#034;.&lt;/i&gt; Les indicateurs pauvret&#233; et privation se sont d&#233;velopp&#233;s dans la majorit&#233; des pays durant les derni&#232;res 20 ann&#233;es. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les derni&#232;res ann&#233;es les soul&#232;vements spontan&#233;s qui se sont produits dans presque tous les pays, ont &#233;t&#233; provoqu&#233;s par les programmes d'ajustement structurel du FMI, produisant des chocs violents entre les gouvernements et la population. La crise sociale et &#233;conomique a d&#233;j&#224; fait place &#224; des dilemmes institutionnels plus &#233;tendus et &#224; des conflits politico- militaires transnationaux. Les gouvernements civils qui ont remplac&#233; les r&#233;gimes militaires &#224; la fin du 20&#232;me Si&#232;cle, et les classes politiques corrompues, paraissent avoir perdu toute cr&#233;dibilit&#233;. Il n'est pas clair si ces r&#233;gimes fragiles pourront r&#233;sister aux tensions des crises &#233;conomiques et sociales sans qu'eux-m&#234;mes soient aussi s'effondrent. Ce panorama sugg&#232;re que les structures &#233;tatiques lev&#233;es pour mener &#224; bien le programme n&#233;o-lib&#233;ral et prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts dominants, se sont d&#233;compos&#233;es probablement, au-del&#224; de toute possibilit&#233; de r&#233;paration. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et maintenant quoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui peut remplacer l'ordre politique actuel ? Une possibilit&#233; peut &#234;tre le mod&#232;le br&#233;silien, dans lequel le prix de la victoire &#233;lectorale et la stabilit&#233; financi&#232;re para&#238;t &#234;tre la formulation d'un programme radical pour les classes populaires. Un autre est celui du Venezuela de Ch&#225;vez, qui peut repr&#233;senter une nouvelle forme de populisme - une direction que peut prendre l'Argentine et dans laquelle pourrait s'enraciner d'autres partis tandis que les &#233;lites d&#233;sesp&#233;r&#233;es essayent de r&#233;cup&#233;rer la l&#233;gitimit&#233;. La Gauche est profond&#233;ment divis&#233;e, angoiss&#233;e par les divisions internes, et dans le la meilleur des cas incapable de poser une alternative au n&#233;o-lib&#233;ralisme. Mais les mouvements de base travailleurs, paysans et pauvres se sont aussi d&#233;velopp&#233;s, et la r&#233;sistance des forces populaires a &#233;t&#233; chaque fois plus organis&#233;e et dirig&#233;e vers les d&#233;pr&#233;dations du capitalisme global dans la r&#233;gion. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas clair d'imaginer comment se d&#233;roulera la crise du n&#233;o-lib&#233;ralisme. Mais nous pouvons nous attendre &#224; une nouvelle ronde d'interventions politiques et militaires am&#233;ricaines dans la r&#233;gion sous l'excuse de guerres contre le &#034;terrorisme&#034; et les drogues. La remilitarisation a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; bien install&#233;e &#224; la fin du 20&#232;me si&#232;cle, propuls&#233;e sous les auspices am&#233;ricains : les 1 300 millions de dollars du Plan Colombie, la vente par Washington d'avions de combat avanc&#233;s aux forces arm&#233;es du Chili, l'installation d'une base militaire am&#233;ricaine en &#201;quateur, la fourniture &#224; une grande &#233;chelle d'armes, les &#233;quipements de contre r&#233;volte, et des programmes d'entra&#238;nement &lt;i&gt;&#034;anti-terrorisme&#034;&lt;/i&gt; au Mexique, des nouveaux m&#233;canismes d'intervention multilat&#233;raux, et une nouvelle s&#233;rie d'exercices militaires conjoints le long du continent entre les arm&#233;es des Etats-Unis et les pays latino-am&#233;ricains. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un ou l'autre des gouvernements de l'h&#233;misph&#232;re a entach&#233; &lt;i&gt;de &#034;terroriste&#034;&lt;/i&gt; le MST du Br&#233;sil, les Zapatistas du Mexique, les FARC et l'ELN de la Colombie, le mouvement indig&#232;ne de l'&#201;quateur, le Farabundo Marti, l'Avant de Lib&#233;ration Nationale dans le Salvador, les Sandinistes du Nicaragua, et &#224; d'autres mouvements l&#233;gitimes de r&#233;sistance. La CIA a identifi&#233; comme &#034;un nouveau d&#233;fi pour la s&#233;curit&#233; interne&#034; le mouvement indig&#232;ne, qui - 510 ann&#233;es apr&#232;s l'entam&#233; de la conqu&#234;te - a &#233;t&#233; &#233;tendu le long de l'h&#233;misph&#232;re et est souvent &#224; l'avant-garde des mobilisations populaires. Pour le moment Washington a mis son attention dans les terres &#233;loign&#233;es du Moyen-Orient et le sud de l'Asie. Mais au mieux, la Colombie sera plus probablement l'&#233;picentre de l'intervention directe am&#233;ricaine et d'une guerre de contre r&#233;volte r&#233;gionale en Am&#233;rique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;EL GRANO DE ARENA&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Correo de informaci&#243;n ATTAC n&#176;180&lt;br /&gt;
Lunes, 03/03/2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* William I. Robinson&lt;/strong&gt;, est sociologue &#224; l'Universit&#233; de Californie- Sainta Barbara et sp&#233;cialiste de la globalisation en Am&#233;rique latine. Son livre le plus r&#233;cent, Capitalisme Global et Am&#233;rique Centrale : Le d&#233;veloppement et le Changement Social dans l'&#194;ge de la Globalisation, sera publi&#233; en 2003 par Verso Press.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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