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		<title>La guerre contre les drogues en Amerique Latina</title>
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		<dc:date>2010-07-17T19:23:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ivan Briscoe</dc:creator>



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&lt;p&gt;La guerre en Afghanistan, un conflit que beaucoup consid&#232;rent sans fin, aura bient&#244;t dix ans. Pourtant, l'Am&#233;rique latine est aussi en proie &#224; d'interminables affrontements. Il s'agit de la &#171; guerre &#187; contre le trafic de drogue, dont les effusions de sang se sont r&#233;cemment accrues. Tant cette lutte est devenue syst&#233;matique &#8211; et violente &#8211;, nombre d'habitants d'Am&#233;rique latine s'interrogent aujourd'hui : quelle partie souffre le plus de d&#233;pendance pathologique ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La nouvelle strat&#233;gie promue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La guerre en Afghanistan, un conflit que beaucoup consid&#232;rent sans fin, aura bient&#244;t dix ans. Pourtant, l'Am&#233;rique latine est aussi en proie &#224; d'interminables affrontements. Il s'agit de la &#171; guerre &#187; contre le trafic de drogue, dont les effusions de sang se sont r&#233;cemment accrues. Tant cette lutte est devenue syst&#233;matique &#8211; et violente &#8211;, nombre d'habitants d'Am&#233;rique latine s'interrogent aujourd'hui : quelle partie souffre le plus de d&#233;pendance pathologique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle strat&#233;gie promue par la secr&#233;taire d'&#233;tat Hillary Clinton pour endiguer la mont&#233;e en fl&#232;che des homicides li&#233;s au trafic de drogue &#8211; qui se porteraient, d'apr&#232;s des rapports gouvernementaux mexicains qui auraient filtr&#233;s, &#224; plus de 22 000 depuis fin 2006 &#8211; est d'&#233;tablir &#171; des communaut&#233;s plus fortes et plus r&#233;silientes &#187;. Ciudad Ju&#225;rez, ville mexicaine frontali&#232;re en pleine expansion, aujourd'hui capitale mondiale de la criminalit&#233;, se trouverait en haut de la liste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ciudad Ju&#225;rez et El Paso au Texas sont reli&#233;es par quatre ponts, d'innombrables tunnels et un r&#233;seau de tout-&#224;-l'&#233;gout. Les cartels rivaux qui se battent dans le but de s'arroger des plaza, nom de passage r&#233;serv&#233; au narco-trafic, s'affrontent sans vergogne et massacrent les forces de police. Il semblerait que les jeunes hommes au ch&#244;mage pr&#232;s &#224; grossir le carnage ne manquent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, s'attaquer aux probl&#232;mes &#233;conomiques et sociaux bien ancr&#233;s d'une ville telle que Ju&#225;rez n'est pas aussi simple que d'inonder ses rues de 8 000 soldats arm&#233;s de mitraillettes. A cet &#233;gard, le pr&#233;sident mexicain Felipe Calder&#243;n n'a pas chang&#233; une ligne du sc&#233;nario habituellement employ&#233; pour lutter contre le trafic de drogue (en Bolivie, en Colombie ou au P&#233;rou). Dans ce sc&#233;nario, le gouvernement a recours aux forces de police et extrade quelques figures pour calmer les Etats-Unis et punir les &#233;l&#233;ments les moins influents, les moins puissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours de l'administration Obama pour d&#233;crire le degr&#233; de violence et l'&#233;tat de la corruption qui chemine des Andes &#224; la fronti&#232;re am&#233;ricaine refl&#232;te toutefois une nouvelle perception du probl&#232;me. Trois anciens pr&#233;sidents d'Am&#233;rique latine, le deuxi&#232;me homme le plus riche du Mexique, Ricardo Salinas, et la cour supr&#234;me d'Argentine, entre autres, qualifient la &#171; guerre contre la drogue &#187; d'&#233;chec manifeste qui a eu pour effet de diminuer les prix &#224; la consommation, de stimuler la production et d'affaiblir les Etats d&#233;j&#224; fragiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'ailleurs remarquable que les actuels pr&#233;sidents bolivien et &#233;quatorien aient tous deux &#233;t&#233; des victimes directes des dommages collat&#233;raux de cette lutte contre le narcotrafic. D'une part, Evo Morales s'est hiss&#233; &#224; la t&#234;te de la Bolivie en tant que leader des cultivateurs de feuilles de coca lors de la campagne tr&#232;s brutale visant &#224; &#233;radiquer leur r&#233;colte, le soi-disant plan Dignit&#233;. D'autre part, le p&#232;re de Rafael Correa a &#233;t&#233; emprisonn&#233; pour trafic de drogue avec les Etats-Unis alors que le futur pr&#233;sident de l'Equateur &#233;tait &#226;g&#233; de cinq ans seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La profonde ambivalence de ces responsables politiques quant &#224; l'objectif d'un monde exempt de substances ill&#233;gales est partag&#233;e par l'Union europ&#233;enne, o&#249; les restrictions sur la consommation de stup&#233;fiants se sont rel&#226;ch&#233;es au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es. En outre, les trois derniers pr&#233;sidents des Etats-Unis ont reconnu avoir &#8211; dans une quantit&#233; plus ou moins grande &#8211; consomm&#233; des substances psychotropes illicites, tandis que, d'apr&#232;s les Nations unies, sept millions d'Am&#233;ricains consomment de la coca&#239;ne r&#233;guli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, l'inertie de la superstructure bureaucratique consacr&#233;e &#224; la question (d'une valeur d'environ 40 milliards de dollars aux Etats-Unis comme dans l'Union europ&#233;enne), aliment&#233;e par une peur bien enracin&#233;e face aux &#171; menaces &#187; pos&#233;es par les cartels et les drogues elles-m&#234;mes, semble aiguiller les responsables politiques vers une option famili&#232;re : le pilote automatique de la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, le soutien que les Etats-Unis apportent &#224; la campagne mexicaine contre les cartels para&#238;t &#234;tre grav&#233; dans la pierre, le Congr&#232;s se disant pr&#234;t &#224; fournir 300 millions de dollars cette ann&#233;e encore pour am&#233;liorer la s&#233;curit&#233; et la pr&#233;sence militaire. En Colombie, il est pr&#233;vu d'installer sept nouvelles bases militaires conjointes, sans apparemment interrompre le soutien aux entrepreneurs am&#233;ricains priv&#233;s qui ont d&#233;truit les r&#233;coltes &#224; coup de fumig&#232;nes et par l&#224; chang&#233; le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que les d&#233;fauts de notre forteresse anti-drogue se per&#231;oivent plus distinctement, il devient cependant de plus en plus difficile de s'imaginer que les risques comport&#233;s par les drogues sont plus &#233;lev&#233;s et d&#233;vastateurs que les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prohibition fait carr&#233;ment flamber les prix &#8211; une augmentation &#233;poustouflante de 15 000 % pour acheminer la coca&#239;ne vers l'Europe apr&#232;s un traitement dans les Andes. Tandis que la guerre contre la drogue s'&#233;vertue &#224; d&#233;manteler les cartels et leurs dirigeants, elle se r&#233;percute de mani&#232;re perverse sur le march&#233; prosp&#232;re, qui se niche dans les flux commerciaux l&#233;gaux et s'aligne sur des mesures tarifaires stimulantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une interview avec le magazine mexicain Proceso, le bras droit de l'immense cartel Sinaloa, Ismael Zambada, a cette ann&#233;e mis les points sur les &#171; i &#187; : &#171; La question des narcotiques touche des millions de personnes. Comment tout contr&#244;ler ? On peut toujours mettre les capos en prison, les tuer ou les extrader, leurs successeurs sont d&#233;j&#224; en piste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut imputer l'&#233;mergence de la puissante mafia de la drogue en Am&#233;rique latine au c&#244;t&#233; mal&#233;fique de certains individus. Ces derniers ont &#233;t&#233; fa&#231;onn&#233;s par des soci&#233;t&#233;s tr&#232;s in&#233;quitables o&#249; s&#233;vit une guerre bureaucratique, incoh&#233;rence et mal men&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, au Mexique, la fureur des Zetas s'explique par l'entrainement contre-insurrectionnel qu'un petit groupe de soldats experts a re&#231;u dans les ann&#233;es 1990, des d&#233;serteurs en fin de compte. Du reste, ces derni&#232;res ann&#233;es, les meilleures recrues des Zetas proviennent des forces militaires sp&#233;ciales guatemalt&#232;ques, dont l'une des inf&#226;mes &#233;preuves d'intronisation consiste &#224; d&#233;capiter une poule vivante en mordant sa t&#234;te. Pendant ce temps, en Jama&#239;que et dans les r&#233;gions les plus recul&#233;es d'Am&#233;rique centrale, les seigneurs de la drogue font le bien autour d'eux et les pauvres les voient comme des h&#233;ros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est grand temps de reconsid&#233;rer le statut des substances illicites et leur r&#233;gulation, en s'orientant vers une l&#233;galisation s&#233;lective, ainsi qu'une classification nouvelle du march&#233; car il s'agit de sant&#233; publique plut&#244;t que de criminalit&#233;. Il semblerait que les responsables politiques actuels enfoncent des portes ouvertes en usant de pr&#233;caution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org/commentary/briscoe1/French&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&lt;u&gt;Copyright : Project Syndicate&lt;/u&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. LaHaye, 13 juillet 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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