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		<title>Victorin Lurel rend hommage au &#171; dictateur &#187; Chavez</title>
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		<dc:date>2013-03-11T21:47:03Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bernard Cassens *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En France, des plateaux de t&#233;l&#233;vision aux studios de radio, tout comme sur Twitter, la plupart des commentaires sur la mort de Hugo Chavez ont fait assaut d'ignorance, d'inepties, voire d'ignominies. Seules, chez les dirigeants politiques, deux fortes voix ont &#233;t&#233; &#224; la hauteur de l'&#233;v&#233;nement : celle de Jean-Luc M&#233;lenchon et du Parti de gauche, et celle du ministre des outre-mer, Victorin Lurel. Par charit&#233;, on ne commentera pas le &#171; minimum syndical &#187; du message de condol&#233;ances du pr&#233;sident (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/France" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En France, des plateaux de t&#233;l&#233;vision aux studios de radio, tout comme sur Twitter, la plupart des commentaires sur la mort de Hugo Chavez ont fait assaut d'ignorance, d'inepties, voire d'ignominies. Seules, chez les dirigeants politiques, deux fortes voix ont &#233;t&#233; &#224; la hauteur de l'&#233;v&#233;nement : celle de Jean-Luc M&#233;lenchon et du Parti de gauche, et celle du ministre des outre-mer, Victorin Lurel. Par charit&#233;, on ne commentera pas le &#171; minimum syndical &#187; du message de condol&#233;ances du pr&#233;sident de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la plupart des &#171; experts &#187; sp&#233;cialistes du n'importe quoi, des responsables de la droite et du patronat exhalant une hargne de classe, et de quelques t&#233;nors et deuxi&#232;mes couteaux de la gauche de gouvernement que la figure de Chavez renvoyait, par contraste, &#224; leur abdication devant l'ordre &#233;tabli, M&#233;lenchon et Lurel savaient, eux, de quoi ils parlaient. Le premier pour avoir &#233;tudi&#233; &#171; sur pi&#232;ces et sur place &#187; les r&#233;alisations du gouvernement bolivarien ; le second, parce que fils de la Cara&#239;be post-coloniale, ancien pr&#233;sident de la r&#233;gion Guadeloupe, et donc naturellement sensible aux in&#233;galit&#233;s sociales criantes d'une r&#233;gion dont le Venezuela fait aussi partie. Plus que d'autres, il est en mesure d'appr&#233;cier, en voisin, les progr&#232;s accomplis en quatorze ann&#233;es de pr&#233;sidence Chavez en termes de redistribution des richesses, d'&#233;radication de l'analphab&#233;tisme, d'acc&#232;s gratuit &#224; la sant&#233; et &#224; l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Caracas, le ministre a fait une d&#233;claration sans aucune ambigu&#239;t&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Toutes choses &#233;gales par ailleurs, Chavez c'est De Gaulle plus L&#233;on Blum. De Gaulle parce qu'il a chang&#233; fondamentalement les institutions, et puis L&#233;on Blum, c'est-&#224;-dire le Front populaire, parce qu'il lutte contre les injustices. Moi je dis, et &#231;a pourra m'&#234;tre reproch&#233;, (...) que le monde gagnerait &#224; avoir beaucoup de dictateurs comme Hugo Chavez puisqu'on pr&#233;tend que c'est un dictateur. Il a pendant ces quatorze ans respect&#233; les droits de l'homme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ridiculiser le qualificatif de &#171; &lt;i&gt;dictateur&lt;/i&gt; &#187; accol&#233; &#224; un pr&#233;sident qui avait gagn&#233; d&#233;mocratiquement treize &#233;lections sur quatorze, et associer dans le m&#234;me hommage Chavez, le Front populaire et le fondateur de la Cinqui&#232;me R&#233;publique n'&#233;tait pas &#224; la port&#233;e de n'importe quel ministre du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Non sans courage, Victorin Lurel l'a fait, sur le ton de l'&#233;vidence. Face &#224; la menace de &#171; &lt;i&gt;recadrage&lt;/i&gt; &#187;, rien n'autorise &#224; penser qu'il pourrait accepter de se renier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ne se d&#233;solidarisant pas de son ministre des outre-mer, Fran&#231;ois Hollande &#8211; une fois n'est pas coutume - pourrait avoir l'audace de r&#233;sister au Medef dont la pr&#233;sidente s'est &#233;trangl&#233;e d'indignation : &#171; Comment peut-on dire d'un homme qui &#233;tait un dictateur, un d&#233;magogue, qui incarne le populisme dans toute son horreur, puisse avoir les qualit&#233;s que pr&#233;tend notre ministre ? &#187;. Ce &#171; &lt;i&gt;populisme dans toute son horreur&lt;/i&gt; &#187;, Laurence Parisot le subit d&#233;j&#224; &#224; PSA, &#224; Florange, chez Renault et dans toutes les autres entreprises en voie de liquidation ou de &#171; &lt;i&gt;restructuration&lt;/i&gt; &#187; o&#249; les salari&#233;s en lutte osent redresser la t&#234;te. Ce n'est pas pour le tol&#233;rer &#224; Caracas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard Cassen &lt;/strong&gt; pour M&#233;moire de luttes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/Victorin-Lurel-rend-hommage-au&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;M&#233;moire de luttes&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 11 mars 2013&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;* Bernard Cassens&lt;/strong&gt;, Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de M&#233;moire des luttes, pr&#233;sident d'honneur d'Attac&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Heureusement, l'Am&#233;rique Latine n'a pas de &#171; Commission europ&#233;enne &#187; !</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Heureusement-l-Amerique-Latine-n-a-pas-de-Commission-europeenne</link>
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		<dc:date>2012-05-10T19:36:08Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bernard Cassens *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;De toutes les institutions de l'Union europ&#233;enne (UE), la Commission est la seule &#224; ne pas avoir d'&#233;quivalent dans les autres ensembles r&#233;gionaux organis&#233;s. Si l'on se cantonne &#224; des comparaisons avec l'Am&#233;rique latine, le Parlement latino-am&#233;ricain et le Parlement du Mercosur peuvent se comparer au Parlement europ&#233;en (m&#234;me s'ils sont tr&#232;s loin d'&#234;tre dot&#233;s des m&#234;mes pouvoirs). Au sein de l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Am&#233;rique (ALBA) le Conseil pr&#233;sidentiel s'apparente (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De toutes les institutions de l'Union europ&#233;enne (UE), la Commission est la seule &#224; ne pas avoir d'&#233;quivalent dans les autres ensembles r&#233;gionaux organis&#233;s. Si l'on se cantonne &#224; des comparaisons avec l'Am&#233;rique latine, le Parlement latino-am&#233;ricain et le Parlement du Mercosur peuvent se comparer au Parlement europ&#233;en (m&#234;me s'ils sont tr&#232;s loin d'&#234;tre dot&#233;s des m&#234;mes pouvoirs). Au sein de l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Am&#233;rique (ALBA) le Conseil pr&#233;sidentiel s'apparente beaucoup au Conseil europ&#233;en. De m&#234;me que son Conseil politique a des fonctions identiques &#224; celles du Conseil &#171; Affaires &#233;trang&#232;res &#187; de l'Union europ&#233;enne (UE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, il n'existe nulle part en Am&#233;rique latine une institution aussi originale et aussi puissante que la Commission europ&#233;enne. Certes les diff&#233;rentes entit&#233;s r&#233;gionales de l'H&#233;misph&#232;re ont chacune une structure permanente, mais il s'agit de structures tr&#232;s l&#233;g&#232;res ( comme le secr&#233;tariat administratif du Mercosur), uniquement charg&#233;es de mettre en &#339;uvre les d&#233;cisions prises en commun par les dirigeants des Etats. Bien plus importantes sont les comp&#233;tences de la Commission de Bruxelles. Entre autres pr&#233;rogatives, elle a en effet le monopole de la proposition des actes l&#233;gislatifs soumis au Conseil et au Parlement. Par ailleurs, elle dispose de pouvoirs exclusifs de d&#233;cision en mati&#232;re de politique de la concurrence. Elle est totalement ind&#233;pendante des gouvernements qui ne font qu'en nommer les membres pour un mandat de 5 ans (renouvelable).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, si les mesures d'int&#233;gration de l'Am&#233;rique latine sont uniquement prises sous l'impulsion d'instances politiques ayant des comptes &#224; rendre aux &#233;lecteurs, la construction europ&#233;enne, elle, se r&#233;alise sous une double commande : d'une part celle des instances politiques (essentiellement le Conseil), elles aussi &#233;lues ; d'autre part, celle d'une structure non &#233;lue et non responsable devant qui que ce soit : la Commission. Ses pouvoirs - dont elle a une conception tr&#232;s extensive - ont fa&#231;onn&#233; l'UE telle que nous la connaissons : une UE dont le principe directeur est la &#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187; et dont les outils politiques sont la lib&#233;ralisation financi&#232;re et le libre-&#233;change. Avec les r&#233;sultats que l'on conna&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradigme n&#233;olib&#233;ral est non seulement grav&#233; dans les textes europ&#233;ens, mais aussi dans les esprits des d&#233;cideurs bruxellois qui, totalement indiff&#233;rents aux opinions publiques, se comportent comme si ce paradigme n'avait pas fait faillite. Les exemples abondent. Parmi les plus r&#233;cents, un rapport qui vient d'&#234;tre rendu public et o&#249; la Commission, au pr&#233;texte de promouvoir l'emploi, pr&#233;conise le d&#233;mant&#232;lement du droit du travail, notamment la &#171; flexibilisation &#187; du salaire minimum l&#224; o&#249; il existe. Elle justifie ainsi - en souhaitant implicitement leur extension &#224; d'autres Etats - les politiques de destruction sociale men&#233;es par les gouvernements espagnol, grec, italien et portugais, et qui conduisent leurs pays au chaos social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au gr&#233; des &#233;lections, les gouvernements nationaux passent, mais la Commission reste. Solidement retranch&#233;e derri&#232;re les textes des trait&#233;s, elle constitue un obstacle structurel &#224; toute &#233;volution progressiste de l'UE. Il ne suffira donc pas de changer les objectifs de ces trait&#233;s. Il faudra aussi retirer &#224; &#171; Bruxelles &#187; les pouvoirs exorbitants qui lui ont &#233;t&#233; confi&#233;s, et qui &#233;quivalent &#224; une assurance tous risques contre la remise en cause du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral en Europe. Parmi les le&#231;ons &#224; tirer des exp&#233;riences latino-am&#233;ricaines, il y a la primaut&#233; du politique, donc de la d&#233;mocratie. Deux notions contradictoires avec le r&#244;le que joue actuellement la Commission europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard Cassen&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/Heureusement-l-Amerique-latine-n-a&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Medelu&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 10 mai 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'ALBA s'&#233;largit et monte en puissance</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/L-ALBA-s-elargit-et-monte-en-puissance</link>
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		<dc:date>2012-02-16T10:20:05Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bernard Cassens *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;v&#233;nement n'a &#233;t&#233; comment&#233; dans aucun grand m&#233;dia, et on comprend pourquoi : au moment o&#249; l'Union europ&#233;enne (UE) du trait&#233; de Lisbonne - celle de la &#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187; et de l'ind&#233;pendance de la Banque centrale -, s'enfonce dans la discorde, la r&#233;cession et, en Gr&#232;ce, dans le chaos social, il aurait &#233;t&#233; mal venu de faire savoir qu'un autre type de construction inter&#233;tatique r&#233;gionale &#233;tait possible&#8230; Cet &#233;v&#233;nement, c'est le 11&#232;me Sommet de l'Alliance bolivarienne pour les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/ALBA" rel="directory"&gt;ALBA&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;v&#233;nement n'a &#233;t&#233; comment&#233; dans aucun grand m&#233;dia, et on comprend pourquoi : au moment o&#249; l'Union europ&#233;enne (UE) du trait&#233; de Lisbonne - celle de la &#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187; et de l'ind&#233;pendance de la Banque centrale -, s'enfonce dans la discorde, la r&#233;cession et, en Gr&#232;ce, dans le chaos social, il aurait &#233;t&#233; mal venu de faire savoir qu'un autre type de construction inter&#233;tatique r&#233;gionale &#233;tait possible&#8230; Cet &#233;v&#233;nement, c'est le 11&#232;me Sommet de l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Am&#233;rique (ALBA) qui s'est tenu &#224; Caracas les 4 et 5 f&#233;vrier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ALBA, cr&#233;&#233;e en 2004 par Cuba et le Venezuela, devenue ALBA/TCP (Trait&#233; de commerce des peuples) &#224; l'initiative du pr&#233;sident bolivien Evo Morales, comprend actuellement 8 Etats : trois d'Am&#233;rique du Sud (la Bolivie, l'Equateur et le Venezuela), un d'Am&#233;rique centrale (le Nicaragua) et quatre de la Cara&#239;be (Cuba, Antigua-et-Barbuda, La Dominique et Saint-Vincent-et-les-Grenadines, ces trois derniers de langue anglaise). Le Honduras qui en faisait partie, en a &#233;t&#233; retir&#233; par le gouvernement issu du coup d'Etat de 2009 contre le pr&#233;sident Manuel Zelaya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les conclusions du Sommet de Caracas, la plus spectaculaire est sans doute la perspective d'adh&#233;sion de trois nouveaux membres : le micro-Etat cara&#239;be Sainte-Lucie (anglophone), le Surinam (n&#233;erlandophone) et Ha&#239;ti, ce qui porterait le nombre total &#224; 11. Techniquement, pour l'instant, Sainte-Lucie et le Surinam auront le statut d'invit&#233;s sp&#233;ciaux, et Ha&#239;ti celui d'invit&#233; permanent, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; observateur depuis 2007. Ces distinctions diplomatiques ne feront pas obstacle &#224; leur participation pleine et enti&#232;re aux programmes de l'Alliance. Dans l'imm&#233;diat, Ha&#239;ti (repr&#233;sent&#233; au Sommet par son pr&#233;sident, Michel Martelly, a sign&#233; un ambitieux accord-cadre bilat&#233;ral de coop&#233;ration avec le Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ALBA-TCP est ainsi en train de se constituer en acteur r&#233;gional significatif, susceptible d'accueillir une nouvelle vague de membres dans les ann&#233;es &#224; venir. La cr&#233;ation de l'Union des nations sud-am&#233;ricaines (UNASUR) en 2008 et celle de la Communaut&#233; des Etats latino-am&#233;ricains et cara&#239;bes (CELAC) en d&#233;cembre 2011 - excluant toutes deux les Etats-Unis et le Canada - t&#233;moignaient d&#233;j&#224; de la volont&#233; partag&#233;e des dirigeants de l'H&#233;misph&#232;re de tourner d&#233;finitivement la page de deux si&#232;cles de tutelle imp&#233;riale et de faire entendre leur voix propre dans un monde devenu multipolaire. Sur les 12 membres de l'UNASUR, 4 sont membres (ou invit&#233; sp&#233;cial pour le Surinam) de l'ALBA-TCP. Sur les 32 membres de la CELAC, 11 sont d&#233;j&#224; membres ou futurs membres (Ha&#239;ti, Sainte-Lucie et Surinam) de l'Alliance. Dans les deux cas, il s'agit d'une minorit&#233;, mais d'une minorit&#233; de plus en plus coh&#233;rente et soud&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il soit le premier bailleur de fonds, le Venezuela adopte un profil modeste au sein de l'ALBA. Toute attitude de &#171; grande puissance &#187; financi&#232;re serait en effet en totale contradiction avec les principes m&#234;mes de l'Alliance. Et Hugo Chavez est le premier &#224; rappeler que Cuba (avec Fidel puis Raul Castro), la Bolivie d'Evo Morales et l'Equateur de Rafael Correa sont chacun porteur d'une exp&#233;rience d'&#233;mancipation sp&#233;cifique et ont apport&#233; leur contribution originale &#224; la construction de l'ALBA : le TCP pour Morales, le dispositif de monnaie commune virtuelle du SUCRE pour Correa, etc. Leurs paroles s'additionnent et n'ont pas besoin d' &#171; &#233;l&#233;ments de langage &#187; concert&#233;s pour aller dans la m&#234;me direction. T&#233;moignage symbolique de l'&#233;galit&#233; de statut entre &#171; grands &#187; et &#171; petits &#187; Etats : le prochain Sommet aura lieu en ao&#251;t prochain &#224; La Dominique, petit Etat cara&#239;be de langue anglaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres de l'ALBA-TCP se comportent comme un &#233;l&#233;ment moteur au sein des ensembles plus diversifi&#233;s id&#233;ologiquement que sont l'UNASUR et la CELAC. Ils ont int&#233;r&#234;t &#224; y &#233;largir leur influence collective sans pour autant faire bande &#224; part et nuire &#224; ces structures globales qu'ils ont par ailleurs activement contribu&#233; &#224; mettre en place. L'unit&#233; latino-am&#233;ricaine est prioritaire pour eux, dans la mesure o&#249; elle constitue un bouclier contre les tentatives de d&#233;stabilisation par les Etats-Unis. Ces tentatives vont certainement se multiplier au Venezuela dans la perspective de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 7 octobre prochain, pour laquelle les sondages donnent actuellement Hugo Chavez gagnant haut la main. Ce qui doit s&#233;rieusement pr&#233;occuper Washington&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ALBA-TCP prend &#224; la lettre la r&#233;f&#233;rence, dans son intitul&#233;, &#224; &#171; notre Am&#233;rique &#187;, formule du h&#233;ros de l'ind&#233;pendance de Cuba, Jos&#233; Marti. D'o&#249; des prises de position sur des th&#232;mes &#171; am&#233;ricains &#187; au sens large. Ainsi le Sommet de Caracas a approuv&#233; une d&#233;claration sur Porto-Rico, rappelant que &#171; la cause de son ind&#233;pendance est une affaire qui concerne toute la r&#233;gion de l'Am&#233;rique latine et de la Cara&#239;be et ses forums de consultation, en particulier la CELAC &#187;. Une autre d&#233;claration, qui reprend celle d&#233;j&#224; faite par les membres du Mercosur, a &#171; r&#233;affirm&#233; son plus ferme soutien &#224; la l&#233;gitime revendication de la R&#233;publique argentine &#224; son droit &#224; la souverainet&#233; sur les Iles Malouines et G&#233;orgie du Sud-et-les &#238;les Sandwich du Sud, ainsi que sur les espaces maritimes qui les entourent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soutien &#224; Buenos Aires dans son conflit sur les Malouines avec le Royaume-Uni, ne pouvait que faciliter la signature, par le ministre des affaires &#233;trang&#232;res argentin, Hector Timerman, pr&#233;sent au Sommet, d'un Acte d'engagement entre son pays et l'ALBA-TCP en tant que telle. Il pr&#233;voit des activit&#233;s d'assistance technique, de formation et de transferts de technologie &#224; d&#233;cider conjointement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les deux d&#233;clarations les plus importantes du Sommet sont sans doute celle portant cr&#233;ation d'un Conseil de d&#233;fense et, surtout, celle sur la constitution d'un espace &#233;conomique commun. L'UNASUR s'est d&#233;j&#224; dot&#233;e d'un Conseil de d&#233;fense au sein duquel les ministres et les chefs d'&#233;tat-major concern&#233;s se r&#233;unissent pour discuter des questions de s&#233;curit&#233; r&#233;gionale sans la pr&#233;sence des repr&#233;sentants du Pentagone. Alors, pourquoi pas l'ALBA ? C'est ce qu'a probablement pens&#233; Evo Morales qui a propos&#233; et fait adopter par le Sommet la cr&#233;ation d'un Conseil de d&#233;fense de l'Alliance. Il sera charg&#233;, entre autres, d'&#233;laborer une doctrine militaire commune aux Etats membres et des dispositifs de formation &#233;vacuant le traditionnel endoctrinement des forces arm&#233;es de l'H&#233;misph&#232;re par les &#233;coles militaires et les conseillers am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord pour la constitution de l'espace &#233;conomique de l'ALBA-TCP (ECOALBA-TCP) est sans conteste le document le plus ambitieux issu du Sommet de Caracas car il a une port&#233;e qui d&#233;passe le cadre de l'Am&#233;rique latine. Il se lit comme un r&#233;quisitoire contre les trait&#233;s de libre-&#233;change en g&#233;n&#233;ral et, pour un Europ&#233;en, comme un manifeste contraire aux principes r&#233;gissant l'UE dans la mesure o&#249; il subordonne l'&#233;conomie et le commerce &#224; des finalit&#233;s politiques, sociales, &#233;cologiques et culturelles. On citera seulement ici quelques &#233;l&#233;ments d'un texte de 20 pages qui m&#233;rite d'&#234;tre lu int&#233;gralement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte int&#233;gral de l'Accord en espagnol : &#171; Acuerdo para la constituci&#243;n del (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pr&#233;ambule, l'objectif assign&#233; &#224; l'ECOALBA est &#171; la distribution &#233;quitable des richesses et l'encouragement &#224; des formes de propri&#233;t&#233; populaires, coop&#233;ratives et sociales des moyens de production &#187;. L'int&#233;gration n'est pas contradictoire avec des politiques nationales volontaristes : &#171; Tous les pays peuvent s'industrialiser et diversifier leur production par une croissance int&#233;grale de leur &#233;conomie. Nous rejetons la pr&#233;misse &#171; exporter ou mourir &#187; et remettons en cause un mod&#232;le de d&#233;veloppement fond&#233; sur des enclaves exportatrices &#187; (article 2.4). Est reconnu le droit, &#171; pour des pays moins d&#233;velopp&#233;s, d'augmenter leurs droits de douane pour prot&#233;ger leurs industries naissantes, ou lorsqu'ils l'estiment n&#233;cessaire pour leur d&#233;veloppement interne et le bien-&#234;tre de leur population &#187; (article 2.11). On n'en finirait pas de relever toutes les ruptures que contient cet Accord avec les r&#232;gles de l'OMC, du FMI et de la Banque mondiale. Sans parler de celles de l'UE, d&#233;j&#224; cit&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes il faudra du temps avant que les &#233;changes intra-ALBA (hors hydrocarbures) atteignent une masse critique suffisante, dans le volume global des &#233;changes commerciaux des Etats membres, pour que les principes de l'ECOALBA trouvent leur pleine application. D'ores et d&#233;j&#224;, la Banque de l'ALBA va voir ses moyens renforc&#233;s, chaque pays membre y d&#233;posant 1 % de ses r&#233;serves de change, ce qui repr&#233;sente 300 millions de dollars pour le seul Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cadre est en place et il devrait faire l'objet d'une &#233;tude attentive dans tous les partis et mouvements sociaux &#8211; o&#249; qu'ils soient dans le monde - &#224; la recherche de constructions inter-&#233;tatiques alternatives au mod&#232;le libre-&#233;changiste. Non plus th&#233;oriques, mais r&#233;ellement existantes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/L-ALBA-s-elargit-et-monte-en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Medelu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Paris, 13 f&#233;vrier 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte int&#233;gral de l'Accord en espagnol : &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/IMG/pdf/ECOALBA.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &lt;strong&gt;Acuerdo para la constituci&#243;n del espacio economico del ALBA-TCP &lt;/strong&gt; &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Que faire de l'Union europ&#233;enne ? Une qui int&#233;resse les peuples, bien sur !</title>
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		<dc:date>2011-06-22T01:07:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bernard Cassens *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;M&#234;me si elle a une forte ant&#233;riorit&#233; sur les autres formes d'int&#233;gration r&#233;gionale, et m&#234;me si elle en constitue l'exemple le plus approfondi, la construction europ&#233;enne n'est pas seule au monde. &lt;br class='autobr' /&gt; Peut-&#234;tre pourrions-nous, &#224; cet &#233;gard, et pour en tirer quelques le&#231;ons, examiner de plus pr&#232;s ce qui se passe en Am&#233;rique latine, seul endroit de la plan&#232;te o&#249; ont d&#233;mocratiquement acc&#233;d&#233; au pouvoir des gouvernements progressistes d&#233;termin&#233;s &#224; op&#233;rer de profondes transformations sociales et &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Union-Europeenne" rel="directory"&gt;Union Europ&#233;enne&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me si elle a une forte ant&#233;riorit&#233; sur les autres formes d'int&#233;gration r&#233;gionale, et m&#234;me si elle en constitue l'exemple le plus approfondi, la construction europ&#233;enne n'est pas seule au monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Peut-&#234;tre pourrions-nous, &#224; cet &#233;gard, et pour en tirer quelques le&#231;ons, examiner de plus pr&#232;s ce qui se passe en Am&#233;rique latine, seul endroit de la plan&#232;te o&#249; ont d&#233;mocratiquement acc&#233;d&#233; au pouvoir des gouvernements progressistes d&#233;termin&#233;s &#224; op&#233;rer de profondes transformations sociales et &#224; rompre avec les dogmes n&#233;olib&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution cubaine constituant historiquement un cas &#224; part, je veux parler de la Bolivie, de l'Equateur et du Venezuela, qui se distinguent d'exp&#233;riences de centre-gauche, telles celles du Br&#233;sil et de l'Uruguay, et peut-&#234;tre demain celle du P&#233;rou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les traits saillants des processus en cours, pour certains, depuis plusieurs d&#233;cennies ? J'en vois quatre principaux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* les r&#233;sultats d&#233;risoires, sinon l'&#233;chec des regroupements &#233;conomiques r&#233;gionaux fond&#233;s sur la concurrence et le libre-&#233;change (Caricom, CAN, MCCA et m&#234;me le Mercosur) qui, d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1960, s'&#233;taient explicitement inspir&#233;s de la CEE ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * l'aspiration maintenant g&#233;n&#233;rale (apr&#232;s les &#233;lections en Colombie et au P&#233;rou) &#224; l'unit&#233; latino-am&#233;ricaine et cara&#239;be, sans la pr&#233;sence des Etats-Unis et du Canada. En 2008, la cr&#233;ation de l'Union des nations sud-am&#233;ricaines (UNASUR) constitua un pas d&#233;cisif. Le 5 juillet prochain sera cr&#233;&#233;e &#224; Caracas la Communaut&#233; des Etats latino-am&#233;ricains et cara&#239;bes, la CELAC, qui comprend la totalit&#233; des Etats de la r&#233;gion, avec Cuba, mais sans les deux puissances du Nord du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation en 2004 d'une structure inter-&#233;tatique regroupant 8 pays, l'ALBA, qui met au poste de commandement non pas la concurrence libre et non fauss&#233;e, mais la solidarit&#233; et la compl&#233;mentarit&#233;, en se fixant non seulement des objectifs &#233;conomiques, mais aussi et surtout sociaux. On notera la diff&#233;rence avec l'UE&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous allez vous demander quand je vais retraverser l'Atlantique et traiter le sujet. J'ai pourtant l'impression de ne pas m'en &#234;tre tellement &#233;loign&#233;. Ce que j'ai voulu montrer c'est que, dans un processus de marche vers l'unit&#233; continentale &#8211; et qui ne souhaiterait cette unit&#233; au niveau europ&#233;en ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a)&lt;/strong&gt; que ce n'est pas le march&#233; qui rapproche les nations, mais la volont&#233; convergente de peuples souverains&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b) &lt;/strong&gt; que c'est donc &#224; l'instance politique de fixer des objectifs mobilisateurs pour les peuples&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;c)&lt;/strong&gt; que l'on ne saurait confondre des politiques communes avec le lit de Procuste. En d'autres termes, il faut respecter les diff&#233;rences par des configurations &#224; g&#233;om&#233;trie variable et ne pas exiger une unanimit&#233; qui se r&#233;duit au plus petit d&#233;nominateur commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;d)&lt;/strong&gt; que des groupes restreints peuvent mener des actions pionni&#232;res, avant-gardistes, qui ont vocation &#224; s'&#233;largir &#224; de nouveaux partenaires sur la base d'une adh&#233;sion librement consentie. C'est ainsi que peuvent &#234;tre mises en place &#8211; comme c'est le cas pour l'ALBA - des constructions inter-&#233;tatiques, y compris avec des &#233;l&#233;ments de supranationalit&#233;, qui s'affranchissent des diktats n&#233;olib&#233;raux du FMI et de l'OMC, ou bien les contournent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 4 observations que je viens de faire sont aux antipodes des principes qui structurent la construction europ&#233;enne r&#233;ellement existante. Primaut&#233; du politique, intervention des peuples, priorit&#233; du social, remise &#224; sa place du march&#233; et de la concurrence, groupes pionniers, g&#233;om&#233;tries variables, rupture avec les canons lib&#233;raux sont autant de b&#234;tes noires de la plan&#232;te europ&#233;iste qui recrute aussi bien &#224; droite qu'&#224; gauche et &#224; l'extr&#234;me gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu penser que l'impasse o&#249; la crise de l'euro pr&#233;cipite une construction europ&#233;enne d&#233;j&#224; d&#233;nu&#233;e de projet aurait conduit ces europ&#233;istes &#224; revoir leur feuille de route et &#224; changer de cap. Pas du tout. Ils nous disent que si l'Europe est malade c'est parce qu'il n'y a pas suffisamment d'Europe, de cette Europe-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes nombreux &#224; penser, au contraire, qu'une autre Europe est possible, une &#171; Europe qui int&#233;resse les peuples &#187; &#8211; pour reprendre la formule de De Gaulle, mais qu'elle doit reposer sur des fondations radicalement nouvelles. Il est strictement impossible de le faire de l'int&#233;rieur du dernier en date des trait&#233;s, celui de Lisbonne, comme le pr&#233;tendent les na&#239;fs vrais ou faux. Tout simplement parce que ce trait&#233; est pr&#233;cis&#233;ment un carcan con&#231;u pour ne laisser aucune possibilit&#233; de sortie du n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais pas entrer dans le d&#233;tail des propositions r&#233;pondant &#224; la question &#171; Que faire de l'UE &#187;. Je me bornerai &#224; &#233;noncer deux questions en forme de tests que tout citoyen doit se poser pour &#233;valuer les programmes des partis et des candidats &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re question : &#224; quel endroit du programme sont &#233;nonc&#233;es les propositions de politique europ&#233;enne ? Si cette derni&#232;re est mise sur le m&#234;me plan que la politique en mati&#232;re de sport ou m&#234;me d'&#233;ducation &#8211; si importantes que soient ces derni&#232;res -, vous pouvez imm&#233;diatement conclure que vous avez affaire &#224; une arnaque politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les d&#233;cisions europ&#233;ennes surplombent et encadrent toutes les autres, et que 75 % des textes qui nous r&#233;gissent ne sont que des transpositions d'actes l&#233;gislatifs d&#233;cid&#233;s par les instances de l'Union, la question europ&#233;enne doit appara&#238;tre d&#232;s la premi&#232;re ligne. Le citoyen doit savoir quelles marges d'action le parti ou le candidat voudront bien se donner pour mettre en &#339;uvre leur programme, &#233;tant entendu qu'aucune transformation sociale d'envergure n'est compatible avec le trait&#233; de Lisbonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me question, qui ne fait que pr&#233;ciser la premi&#232;re : le candidat ou le parti sont-ils dispos&#233;s &#224; agir unilat&#233;ralement, et de quelle mani&#232;re, en cas de verrouillage europ&#233;en ? J'ai pu lire comme vous des propositions int&#233;ressantes, mais qui sont subordonn&#233;es &#224; un accord des 26 autres membres de l'UE. Un accord que toute personne s&#233;rieuse sait impossible. Dans ces conditions, on peut multiplier les promesses, du type &#171; et maintenant l'Europe sociale &#187;, en ayant la certitude ou la garantie qu'elles ne pourront pas &#234;tre tenues. C'est du charlatanisme, de l'arnaque politique au carr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il est souhaitable de rechercher les accords les plus larges et de n'agir seuls qu'en dernier recours. Que les candidats et les partis l&#232;vent la main pour que l'on v&#233;rifie qu'elle ne tremblera pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;nonciation de l'unilat&#233;ralisme, qui est un des poncifs d'une partie de la gauche, de l'extr&#234;me-gauche et du mouvement altermondialiste, est une mani&#232;re de reporter tout changement de cap aux calendes europ&#233;ennes, c'est-&#224;-dire &#224; un futur dont on sait qu'il n'adviendra pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 mai, les citoyens fran&#231;ais n'ont demand&#233; &#224; personne la permission de voter &#171; non &#187;. Ils ont &#233;t&#233; suivis quelques jours apr&#232;s par les N&#233;erlandais, et tout porte &#224; croire que cela aurait &#233;t&#233; le cas de la plupart des autres pays si on avait donn&#233; la parole &#224; leurs peuples. Pour certains, cet acte d'&#233;mancipation est un mauvais souvenir. Pour nous, il est un pr&#233;c&#233;dent porteur d'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention au colloque du M'PEP, Que faire de l'Union europ&#233;enne ? &lt;br/&gt;
Paris, 11 juin 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de M&#233;moire des luttes, pr&#233;sident d'honneur d'Attac&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/spip.php?article824&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Medelu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, le 13 juin 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Changer les r&#232;gles du jeu de l'Union Europ&#233;enne</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Cassens *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En politique comme ailleurs, il y a des probl&#232;mes sans solution si l'on ne change pas les r&#232;gles du jeu. En Europe, c'est le cas du financement des services publics, de la protection sociale et des syst&#232;mes des retraites. &lt;br class='autobr' /&gt; A un degr&#233; ou &#224; un autre, la plupart des gouvernements sont englu&#233;s dans d'&#233;normes d&#233;ficits publics largement imputables aux op&#233;rations de sauvetage des banques et aux plans de relance visant &#224; juguler la crise &#233;conomique et financi&#232;re provoqu&#233;e&#8230; par ces m&#234;mes banques. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Union-Europeenne" rel="directory"&gt;Union Europ&#233;enne&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En politique comme ailleurs, il y a des probl&#232;mes sans solution si l'on ne change pas les r&#232;gles du jeu. En Europe, c'est le cas du financement des services publics, de la protection sociale et des syst&#232;mes des retraites.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A un degr&#233; ou &#224; un autre, la plupart des gouvernements sont englu&#233;s dans d'&#233;normes d&#233;ficits publics largement imputables aux op&#233;rations de sauvetage des banques et aux plans de relance visant &#224; juguler la crise &#233;conomique et financi&#232;re provoqu&#233;e&#8230; par ces m&#234;mes banques. Sauv&#233;es du d&#233;sastre par l'argent public, elles en veulent maintenant encore davantage. Comment ? En imposant, avec la complicit&#233; des agences de notation, des taux d'int&#233;r&#234;t exorbitants pour leurs pr&#234;ts aux pays les plus vuln&#233;rables. Ce qui creuse encore plus leurs d&#233;ficits publics&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements europ&#233;ens se sont pli&#233;s &#224; ces diktats en mettant en &#339;uvre ce qu'ils appellent des &#171; r&#233;formes &#187; : r&#233;duction brutale des effectifs, voire des salaires des fonctionnaires ; coupes claires dans les budgets sociaux ; report de la date de d&#233;part &#224; la retraite des salari&#233;s. Autant d'objectifs que poursuivaient depuis longtemps les organisations patronales, les n&#233;olib&#233;raux de toute ob&#233;dience et les institutions internationales qu'ils contr&#244;lent. Pour eux, la crise a constitu&#233; un formidable pr&#233;texte pour obtenir pratiquement du jour au lendemain ce qu'il leur aurait &#233;t&#233; impossible d'arracher en temps normal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont d'autant plus de raisons de se f&#233;liciter que ce sont les gouvernements eux-m&#234;mes qui se sont charg&#233;s de &#171; vendre &#187; aux opinions publiques la n&#233;cessit&#233; de ces &#171; r&#233;formes &#187;. En premi&#232;re analyse, on a du mal &#224; comprendre comment, entre autres, des dirigeants se r&#233;clamant de la social-d&#233;mocratie, comme George Papandr&#233;ou ou Jos&#233; Luis Zapatero, ont pu ainsi trahir leurs engagements pass&#233;s et prendre le parti des march&#233;s contre leur propre population, et plus sp&#233;cifiquement contre leur base &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin des explications psychologiques, la question qui se pose est de savoir s'ils avaient le choix. Il est plus que probable qu'ils &#233;taient et restent persuad&#233;s que non, et que, au prix du d&#233;labrement de leur image personnelle, ils ont &#171; sauv&#233; &#187; leur pays de la faillite. En restant dans les param&#232;tres du syst&#232;me - trait&#233;s europ&#233;ens, Pacte de stabilit&#233;, r&#244;le de garde-chiourme de la Banque centrale europ&#233;enne (BCE), r&#232;gles de l'OMC, conditionnalit&#233;s du FMI &#8211; ils ont certainement raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne leur est pas venu une seconde &#224; l'id&#233;e que d'autres r&#232;gles du jeu &#233;taient possibles. Par exemple, la combinaison de mesures telles que la restructuration ( pour ne pas parler de r&#233;pudiation&#8230;) de la dette publique ; l'obligation pour chaque banque d'en d&#233;tenir un volume donn&#233; ; le contr&#244;le des changes ; la taxation des revenus financiers au moins &#224; la m&#234;me hauteur que ceux du travail ; l'imposition du capital et du patrimoine ; la subordination des flux commerciaux &#224; des normes sociales et &#233;cologiques ; des taxes globales, etc. En bref, une radicale redistribution des richesses et une r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s qui, comme le rappelle r&#233;guli&#232;rement le prix Nobel d'&#233;conomie Joseph Stiglitz, sont la cause profonde de la crise qui s'est d&#233;clench&#233;e en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On objectera que pratiquement toutes ces mesures de justice sont incompatibles avec les r&#232;gles de l'Union europ&#233;enne et des institutions financi&#232;res internationales. C'est parfaitement exact. C'est aussi ce qui peut expliquer la panique des dirigeants &#224; la perspective d'un saut dans cette terra incognita. Sauf &#224; accepter que l'Europe s'enfonce dans la r&#233;gression sociale, il faudra bien qu'un gouvernement fasse un jour ce premier pas. Nul doute que son exemple serait contagieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/spip.php?article661&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;u&gt;Medelu&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;. Paris, novembre 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La cr&#233;ation du Sucre pour l'int&#233;gration des pays de l'ALBA dans les Am&#233;riques.</title>
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		<dc:date>2008-12-11T03:52:36Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bernard Cassens *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Autant le Sommet du G20 du 15 novembre &#224; Washington, sans d&#233;boucher sur quoi que ce soit de concret, a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une &#233;norme couverture m&#233;diatique, autant la presse internationale est rest&#233;e muette sur une r&#233;union qui va pourtant d&#233;boucher sur un &#233;v&#233;nement historique : la mise en place d'une struture mon&#233;taire r&#233;gionale en rupture totale avec la logique des institutions de Bretton Woods, et qui brisera le monopole du Fonds mon&#233;taire international (FMI). &lt;br class='autobr' /&gt;
On se souvient que, pour parer &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/ALBA" rel="directory"&gt;ALBA&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Autant le Sommet du G20 du 15 novembre &#224; Washington, sans d&#233;boucher sur quoi que ce soit de concret, a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une &#233;norme couverture m&#233;diatique, autant la presse internationale est rest&#233;e muette sur une r&#233;union qui va pourtant d&#233;boucher sur un &#233;v&#233;nement historique : la mise en place d'une struture mon&#233;taire r&#233;gionale en rupture totale avec la logique des institutions de Bretton Woods, et qui brisera le monopole du Fonds mon&#233;taire international (FMI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souvient que, pour parer &#224; la grande crise financi&#232;re de 1997, partie de l'Asie orientale, le Japon avait propos&#233; de cr&#233;er un Fonds mon&#233;taire asiatique qui, en injectant des liquidit&#233;s dans les circuits financiers des pays affect&#233;s, aurait permis de limiter l'ampleur du &#171; tsunami &#187; et d'&#233;viter sa propagation &#224; la Russie, puis au Br&#233;sil. Le gouvernement am&#233;ricain et le FMI tu&#232;rent cette initiative dans l'&#339;uf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Tokyo ne put &#224; l'&#233;poque r&#233;aliser, un petit groupe de pays est en train de le faire en Am&#233;rique Latine, et en allant m&#234;me beaucoup plus loin : r&#233;unis &#224; Caracas le 26 novembre, les dirigeants des six pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Bolivie, Cuba, la Dominique, le Honduras, le Nicaragua et le Venezuela.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; membres de l'Alternative bolivarienne pour les peuples de notre Am&#233;rique (Alba), rejoints par l'Equateur, ont non seulement d&#233;cid&#233; de cr&#233;er un Fonds de stabilisation et de r&#233;serve qui les prot&#232;gera collectivement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans l'imm&#233;diat et pour des raisons de proc&#233;dures de d&#233;cision, la Dominique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais aussi, pour toutes les transactions commerciales, tant intra-zone que hors-zone, de se doter d'une unit&#233; de compte commune assortie d'une chambre de compensation de paiements. Cette unit&#233; de compte et cette chambre porteront le nom de Syst&#232;me unitaire de compensation r&#233;gionale ou Sucre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Du nom d'Antonio Jos&#233; de Sucre (1795-1830), lieutenant de Simon Bolivar et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On reconna&#238;tra dans ce dispositif aussi bien les m&#233;canismes de l'Union europ&#233;enne des paiements qui, de 1950 &#224; 1958, assura une stabilit&#233; compl&#232;te des changes entre ses 18 pays membres, que ceux du Syst&#232;me mon&#233;taire europ&#233;en et de son &#233;l&#233;ment central : l'ECU (European Currency Unit), anc&#234;tre de l'euro. Comme l'ECU, le Sucre sera seulement, du moins dans l'imm&#233;diat, une unit&#233; de compte et de valeur. Pas une monnaie avec son institut d'&#233;mission et ses pi&#232;ces ou billets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette initiative, qui devrait se concr&#233;tiser au d&#233;but 2009, est une tr&#232;s grosse pierre dans le jardin du FMI. La d&#233;claration finale de la r&#233;union de Caracas critique en effet vertement &#171; un syst&#232;me financier international qui a promu la libre circulation des capitaux et la domination de la logique de la sp&#233;culation financi&#232;re au d&#233;triment de la satisfaction des besoins des peuples &#187;. Sans &#234;tre nomm&#233;ment d&#233;sign&#233;, le G20 n'est pas &#233;pargn&#233; : les signataires d&#233;noncent &#171; l'absence de propositions cr&#233;dibles et vigoureuses pour faire face aux effets d&#233;vastateurs de la crise financi&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation du Sucre s'inscrit dans une logique g&#233;opolitique : mettre fin &#224; l'h&#233;g&#233;monie du FMI - dont le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien Hugo Ch&#225;vez demande m&#234;me la dissolution - et donc des Etats-Unis et du billet vert, pour aller vers un monde multipolaire. La d&#233;claration fait &#233;tat de &#171; la ferme conviction que l'espace r&#233;gional est l'espace privil&#233;gi&#233; pour donner des r&#233;ponses imm&#233;diates et effectives &#187; &#224; la crise, en vue de cr&#233;er un &#171; espace lib&#233;r&#233; des inefficaces institutions financi&#232;res globales et du monopole du dollar comme monnaie de change et de r&#233;serve &#187; et &#171; pour avancer vers la cr&#233;ation d'une monnaie commune, le Sucre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Sucre ne pose aucun probl&#232;me de financement : &#224; lui seul, le Venezuela dispose de r&#233;serves de change de 100 milliards de dollars. Par ailleurs, sa simple existence aura un effet dissuasif sur la sp&#233;culation. Le Syst&#232;me est ouvert &#224; tous les pays de l'h&#233;misph&#232;re et, apr&#232;s une nouvelle r&#233;union de ses membres, le 14 d&#233;cembre, &#224; Caracas, il sera pr&#233;sent&#233; au Sommet latino-am&#233;ricain et cara&#239;be pr&#233;vu &#224; Salvador (Br&#233;sil) le 16 d&#233;cembre. Pr&#233;sent&#233;, mais pas n&#233;goci&#233;, pour &#233;viter le sort de la Banque du Sud dont la cr&#233;ation a certes &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e, mais dont la mise en place se fait attendre, notamment en raison des atermoiements du Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la visite du pr&#233;sident russe Dmitri Medvedev &#224; Caracas le 27 novembre, au lendemain de la r&#233;union Alba &#233;largie &#224; l'Equateur, l'&#233;ventualit&#233; de l'entr&#233;e de la Russie dans l'Alba en qualit&#233; d'observatrice a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e, comme l'avait &#233;t&#233; celle de l'Iran auparavant. La Russie songe &#233;galement &#224; cr&#233;er une zone rouble qui pourrait se doter de m&#233;canismes de coop&#233;ration avec la zone Alba &#233;largie. En Asie, le projet avort&#233; de 1997 pourrait reprendre forme. La multipolarit&#233; mon&#233;taire semble en route&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-12-02-Sucre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Paris, le 2 d&#233;cembre 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Bolivie, Cuba, la Dominique, le Honduras, le Nicaragua et le Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans l'imm&#233;diat et pour des raisons de proc&#233;dures de d&#233;cision, la Dominique n'aura qu'un statut d'observateur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Du nom d'Antonio Jos&#233; de Sucre (1795-1830), lieutenant de Simon Bolivar et vainqueur de la bataille d'Ayacucho (1824) qui assura l'ind&#233;pendance des colonies espagnoles d'Am&#233;rique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#171; L'&#201;dit de Caracalla &#187;, Par Xavier de C***</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/L-Edit-de-Caracalla-Par-Xavier-de-C</link>
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		<dc:date>2002-12-24T12:29:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Cassens *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le succ&#232;s du dernier livre de R&#233;gis Debray, L'Edit de Caracalla, doit davantage au bouche-&#224;-oreille qu'&#224; l'attention des grands m&#233;dias. Rien d'&#233;tonnant &#224; cela en ce qu'il r&#233;v&#232;le le non-dit, l'inexprim&#233; d'une posture des &#171; &#233;lites &#187; qu'avait d&#233;j&#224; si bien analys&#233;e Paul Val&#233;ry lorsqu'il &#233;crivait en 1925 : &#171; L'Europe aspire visiblement &#224; &#234;tre gouvern&#233;e par une commission &#233;tasunienne &lt;br class='autobr' /&gt; L'Edit se pr&#233;sente comme la traduction d'une longue lettre &#233;crite en anglais &#224; Debray, peu apr&#232;s le 11 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Livres" rel="directory"&gt;Livres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le succ&#232;s du dernier livre de R&#233;gis Debray, &lt;i&gt;L'Edit de Caracalla&lt;/i&gt;, doit davantage au bouche-&#224;-oreille qu'&#224; l'attention des grands m&#233;dias. Rien d'&#233;tonnant &#224; cela en ce qu'il r&#233;v&#232;le le non-dit, l'inexprim&#233; d'une posture des &#171; &#233;lites &#187; qu'avait d&#233;j&#224; si bien analys&#233;e Paul Val&#233;ry lorsqu'il &#233;crivait en 1925 : &lt;i&gt;&#171; L'Europe aspire visiblement &#224; &#234;tre gouvern&#233;e par une commission &#233;tasunienne&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Edit&lt;/i&gt; se pr&#233;sente comme la traduction d'une longue lettre &#233;crite en anglais &#224; Debray, peu apr&#232;s le 11 septembre, par son ancien condisciple Xavier de C***, haut fonctionnaire de l'ombre au croisement de la diplomatie, de la d&#233;fense et du renseignement. Pourquoi en anglais ? Tout simplement parce que l'int&#233;ress&#233; est all&#233; jusqu'au bout de la logique du &#171; Nous sommes tous Am&#233;ricains &#187; : il a carr&#233;ment acquis la citoyennet&#233; des Etats-Unis, d&#233;sir des &#171; sans-passeport am&#233;ricain &#187; qui aspirent sans se l'avouer &#224; la &#171; r&#233;gularisation &#187;, et que l'on trouve en nombre chez les d&#233;cideurs fran&#231;ais et europ&#233;ens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; La langue-dollar &#187;, Le Monde diplomatique, mai 2000.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce choix, &#224; premi&#232;re vue &#233;tonnant pour un homme d'un tel profil, ne doit rien au sentiment, mais tout &#224; la realpolitik. Il se veut la pr&#233;figuration personnelle d'un projet historique : la cr&#233;ation des Etats-Unis occidentaux (EUO), fusion de l'Europe et des Etats-Unis sous une direction unique pour former un empire qui garantira la &lt;i&gt;&#171; communaut&#233; de destin des soci&#233;t&#233;s lib&#233;rales fragilis&#233;es &#187; &lt;/i&gt;par la mont&#233;e de l'islam et de la Chine. Une fa&#231;on de &lt;i&gt;&#171; passer du statut d'am&#233;ricanis&#233; de deuxi&#232;me zone &#224; celui d'Am&#233;ricain &#224; part enti&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, tant il est vrai que&lt;i&gt; &#171; l'am&#233;ricanit&#233; est un fait acquis, la citoyennet&#233; transatlantique un droit &#224; conqu&#233;rir &#187;.&lt;/i&gt; L'affaire n'est cependant pas gagn&#233;e d'avance, car il faut convaincre les deux parties de l'int&#233;r&#234;t de cette nouvelle configuration g&#233;opolitique. Xavier de C*** s'y emploie en d&#233;veloppant deux argumentaires : l'un &#224; destination du pr&#233;sident des Etats-Unis, l'autre soumis au pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne. Au premier, appel&#233; &#224; devenir l'empereur Caracalla du XXI&#232;me si&#232;cle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En l'an 212 de notre &#232;re, l'empereur Caracalla, par ailleurs sombre brute, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il indique : &lt;i&gt;&#171; Vous trouverez dans nos milieux intellectuels et artistiques, particuli&#232;rement en France et en Italie, une fid&#233;lit&#233; enthousiaste au drapeau &#233;toil&#233; &#224; laquelle vos campus ne vous ont plus habitu&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail semble encore plus facile sur le Vieux Continent, car, s'il existe certes une r&#233;flexion europ&#233;enne, le r&#233;flexe, lui, est d&#233;j&#224; am&#233;ricain. Les cinquante ans de construction communautaire n'auront cependant pas &#233;t&#233; inutiles : ils constituent un excellent pr&#233;ambule, un &lt;i&gt;&#171; sas de d&#233;nationalisation &#187;&lt;/i&gt; qui rendra presque indolore l'absorption dans l'EUO. La France, parce qu'elle est r&#233;put&#233;e r&#233;calcitrante au &lt;i&gt;leadership&lt;/i&gt; de Washington, devra faire les gestes symboliques et juridiques indispensables &lt;i&gt;&#171; avant et mieux que ses voisins &#187;&lt;/i&gt;. Aux grincheux et autres &lt;i&gt;&#171; moisis &#187;&lt;/i&gt; on rappellera que, dans l'empire, il y aura toujours plusieurs fa&#231;ons d'&#234;tre euro-am&#233;ricain, les am&#233;nagements n&#233;cessaires n'&#233;tant pas si nombreux : &lt;i&gt;&#171; Un drapeau &#224; rajouter derri&#232;re une table, l'hymne national pour les f&#234;tes locales, une simple permutation des messages en fran&#231;ais et en anglais sur les vols d'Air France&lt;/i&gt;. &#187; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa postface, dans laquelle il retrace la carri&#232;re hors normes de Xavier de C***, R&#233;gis Debray affirme qu'il &lt;i&gt;&#171; pose avec de longues mesures d'avance la question-cl&#233; du si&#232;cle &#224; venir, une fois dissip&#233;es les euphories du &#034;leurre&#034; europ&#233;en &#187;.&lt;/i&gt; On pardonnera volontiers &#224; l'auteur cette autocongratulation, v&#233;ritable d&#233;fi lanc&#233; &#224; une Europe qui doit encore prouver qu'elle entend &#234;tre europ&#233;enne...&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe src=&#034;http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?t=elcordeladiaa-21&amp;o=8&amp;p=8&amp;l=as1&amp;asins=2213612544&amp;ref=qf_sp_asin_til&amp;fc1=000000&amp;IS2=1&amp;lt1=_top&amp;m=amazon&amp;lc1=0000FF&amp;bc1=FFFFFF&amp;bg1=FFFFFF&amp;f=ifr&#034; style=&#034;width:120px;height:240px;&#034; scrolling=&#034;no&#034; marginwidth=&#034;0&#034; marginheight=&#034;0&#034; frameborder=&#034;0&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2000/05/CASSEN/13725&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;u&gt;&lt;strong&gt;La langue-dollar&lt;/strong&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, mai 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En l'an 212 de notre &#232;re, l'empereur Caracalla, par ailleurs sombre brute, eut l'id&#233;e g&#233;niale d'&#233;tendre &#224; tous les hommes libres de l'Empire le droit de cit&#233; romain, ce qui &#171; valut &#224; une Rome essouffl&#233;e des millions de recrues nouvelles, de contribuables et de talents &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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