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		<title>Politique de la lib&#233;ration&#171; Absurde de proposer la dissolution de l'&#201;tat &#187; Enrique Dussel </title>
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		<dc:date>2011-01-27T12:29:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Blanche Petrich</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;A ce stade de la maturation des processus latinoam&#233;ricains, avec une majorit&#233; de gouvernements de centre-gauche, il est essentiel d'&#233;laborer une th&#233;orie adapt&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233; actuelle, une th&#233;orie innovatrice, critique, cr&#233;ative, qui travaille non sur la destruction de l'&#201;tat comme l'ont pens&#233; les marxistes classiques mais sur comment conf&#233;rer des contenus de d&#233;mocratie participative aux pouvoirs politiques qui gouvernent aujourd'hui. &lt;br class='autobr' /&gt; Le philosophe Enrique Dussel, professeur de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A ce stade de la maturation des processus latinoam&#233;ricains, avec une majorit&#233; de gouvernements de centre-gauche, il est essentiel d'&#233;laborer une th&#233;orie adapt&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233; actuelle, une th&#233;orie innovatrice, critique, cr&#233;ative, qui travaille non sur la destruction de l'&#201;tat comme l'ont pens&#233; les marxistes classiques mais sur comment conf&#233;rer des contenus de d&#233;mocratie participative aux pouvoirs politiques qui gouvernent aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le philosophe Enrique Dussel, professeur de l'Universit&#233; Nationale Autonome du Mexique et chercheur de l'Universit&#233; Autonome M&#233;tropolitaine, a re&#231;u r&#233;cemment &#224; Caracas le &#171; Prix Libertador &#224; la Pens&#233;e Critique &#187; qu'attribue le gouvernement du Venezuela aux &#339;uvres de cr&#233;ation th&#233;orique pour la r&#233;alit&#233; latinoam&#233;ricaine actuelle. C'est le prix le plus important de l'Am&#233;rique Latine, tant par les oeuvres et les auteurs reconnus que par son montant &#233;conomique. Le prix a couronn&#233; un travail publi&#233; en deux tomes, &lt;i&gt;Pol&#237;tica de la liberaci&#243;n&lt;/i&gt;. Un troisi&#232;me chapitre est en cours d'&#233;laboration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dussel consid&#232;re qu'&#224; ce stade de maturation des processus latino-am&#233;ricains, avec une majorit&#233; de gouvernements de centre-gauche, il est essentiel d'&#233;laborer une th&#233;orie adapt&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233; actuelle. Th&#233;orie de la lib&#233;ration, innovatrice, critique, cr&#233;ative, qui travaille non sur la destruction de l'&#201;tat comme l'ont pens&#233; les marxistes classiques mais sur comment conf&#233;rer des contenus de d&#233;mocratie participative aux pouvoirs politiques qui gouvernent aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; contre-courant d'autres penseurs influents comme l'irlandais John Holloway, de la Benem&#233;rita Universidad Aut&#243;noma de Puebla (&#171; Changer le monde sans prendre le pouvoir &#187;) ou l'italien Antonio Negri de la th&#233;orie de la r&#233;sistance, Dussel soutient que le th&#232;me central aujourd'hui n'est pas de critiquer l'&#201;tat mais de faire un &#201;tat qui soit utile aux gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dussel se d&#233;finit comme philosophe de la lib&#233;ration &#171; qui est &#8211;explique-t-il&#8211; une tradition philosophique latino-am&#233;ricaine, qui n'est &#233;cole d'aucune autre &#187;, corps d'id&#233;es et de travaux qu'un groupe de philosophes g&#233;n&#232;re depuis les ann&#233;es 70. M&#234;me s'il y a des intellectuels qui trouvent ce courant pr&#233;tentieux. Les ann&#233;es &#224; venir diront si nous avions ou non raison.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pouvoir ob&#233;issant&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;sistance &#233;lectronique aux banques qui ont puni Wikileaks, le penseur voit un v&#233;ritable saut : la r&#233;volution des m&#233;dias &#233;lectroniques &#233;quivaut au moment o&#249; est apparu la machine &#224; vapeur et a d&#233;tonn&#233; la r&#233;volution industrielle. C'est une r&#233;volution politique parce que ce m&#233;dia va changer le processus de prise de d&#233;cisions politiques. A pr&#233;sent les gens peuvent entrer en contact et participer aux d&#233;cisions d'une mani&#232;re incroyable et instantan&#233;e. Cela ne s'&#233;tait jamais produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier tome de sa &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Pol&#237;tica de liberaci&#243;n, historia mundial y cr&#237;tica&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;, Dussel part de l'origine de la philosophie qui n'est ni eurocentrique ni h&#233;ll&#232;nocentrique, mais n&#233;e en M&#233;sopotamie, en Inde, en Chine, en Egypte et conclut sur des r&#233;flexions &#224; propos de ce qu'Evo a baptis&#233; &#171; le pouvoir ob&#233;issant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Pourquoi ob&#233;issant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on observe ce que signifient les gouvernements de Evo Morales, Hugo Ch&#225;vez, Rafael Correa ou Luiz Inacio Lula da Silva, il est absurde de leur demander de dissoudre l'&#201;tat. Il faut avoir une vision compl&#232;tement diff&#233;rente de la politique, m&#234;me r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers o&#250; doit se diriger la critique, alors ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traditionnellement la gauche a critiqu&#233; le pouvoir comme facteur de domination. Je dis : le pouvoir politique n'est pas de domination, il r&#233;side dans le peuple, dans le consensus populaire. Les institutions ne sont pas le lieu du pouvoir, mais de leur d&#233;l&#233;gation. Quand les institutions croient qu'elles en sont le si&#232;ge, c'est du f&#233;tichisme. Quand un pr&#233;sident dit, comme l'a dit Felipe Calder&#243;n (actuel pr&#233;sident du Mexique, NDLR), j'ai le monopole du pouvoir, il se trompe, on voit qu'il n'a gu&#232;re d'instruction. L'&#201;tat d&#233;tient l'usage de la violence l&#233;gitime, mais le seul qui a le monopole du pouvoir est le peuple. Toute institution de l'&#201;tat exerce une d&#233;l&#233;gation et c'est ce qu'Evo Morales, suivant la ligne des zapatistes du Chiapas, a appel&#233; le pouvoir ob&#233;issant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette r&#233;f&#233;rence se heurte &#224; quelques contradictions, si on se rappelle la br&#232;che actuelle entre le pr&#233;sident Rafael Correa et le mouvement indig&#232;ne. Ou le cas du mouvement zapatiste qui ne s'est pas senti refl&#233;t&#233; par le premier gouvernant indig&#232;ne arriv&#233; au pouvoir en Bolivie.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que j'ai diff&#233;renci&#233;, c'est le pouvoir qui r&#233;side dans le peuple et dans les institutions. Le Mouvement des Sans Terre, au Br&#233;sil, qui est critique, dit : voyez, Lula n'est pas l'id&#233;al mais nous l'appuyons. Et quand il trahira nous allons le critiquer, ce qui est un moindre mal. D'autres disent : c'est le mal, et s'opposent frontalement. Mais il y a une certaine opposition de l'extr&#234;me gauche qui rejoint celle de l'extr&#234;me droite. Ce que je dis c'est que dans l'actuelle conjoncture latinoam&#233;ricaine, la gauche a la responsabilit&#233; d'exercer le pouvoir en faveur d'un peuple. Les institutions peuvent essayer de servir le peuple ou peuvent &#234;tre r&#233;pressives, mais ce n'est pas un fait &#224; priori que les institutions soient toujours de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie repr&#233;sentative et le pouvoir ob&#233;issant doivent &#234;tre contr&#244;l&#233;s. La repr&#233;sentation est n&#233;cessaire parce qu'on ne peut tout faire &#224; travers la d&#233;mocratie directe ; nous, les mexicains, qui sommes 112 millions, nous ne pouvons si&#233;ger en assembl&#233;e permanente. Il faut avoir une repr&#233;sentation. Mais la repr&#233;sentation finalement se corrompt si elle n'est pas contr&#244;l&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; pr&#233;sent, gr&#226;ce aux m&#233;dias &#233;lectroniques, nous avons pour la premi&#232;re fois dans l'histoire humaine un instrument de r&#233;seau qui permet l'organisation de ce contr&#244;le participatif. Il y a des mouvements sociaux comme le zapatisme qui ont une grande sensibilit&#233; sur ce th&#232;me de la participation. Parce que c'est l&#224; o&#250; s'exprime la voix du peuple. Mais il faut repenser la repr&#233;sentation dans un moment cr&#233;ateur. Il ne faut pas confondre les temps, il y a un temps pour critiquer et un temps pour gouverner. Nous sommes dans le temps de gouverner en Am&#233;rique Latine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Besoin urgent des nouvelles th&#233;ories pour le XXIe si&#232;cle &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le probl&#232;me est quand la corruption arrive tr&#232;s vite.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est la condition humaine. Cela ne va jamais dispara&#238;tre. Celui qui exerce le pouvoir a beaucoup de tentations d'en profiter. C'est pour cela qu'il faut cr&#233;er des organismes de participation pour contr&#244;ler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles th&#233;ories incarnent-elles ce que Ch&#225;vez appelle le socialisme du XXI&#232;me si&#232;cle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci est un moment essentiel pour la construction de la th&#233;orie dans toute l'Am&#233;rique Latine. Il y a des cat&#233;gories qui ne nous permettent plus de rendre compte d'une r&#233;alit&#233; complexe, il faut tout renouveler. On a besoin d'une nouvelle th&#233;orie, mais qui ne soit pas la pure imitation de ce qui a &#233;t&#233; dit il y a un si&#232;cle et demi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dussel cite, parmi quelques sources importantes pour la construction de la pens&#233;e latinoam&#233;ricaine actuelle : Theotonio dos Santos, Immanuel Wallerstein, Franz Hinkelammert, Boaventura de Souza, Hugo Zemelman, le hongrois Istv&#225;n M&#233;sz&#225;ros. Il y ajoute la pens&#233;e aymara et le zapatisme, qui ne font pas partie des th&#233;ories classiques.&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&#171; Nous avons beaucoup &#224; r&#233;cup&#233;rer des ces peuples, que jusqu'ici la gauche n'a pas su consid&#233;rer. En 1994 le zapatisme fut une commotion pour de nombreux intellectuels. L'id&#233;e est d'avoir une vision du peuple qui ne soit pas populiste, qui sache articuler la classe et les ethnies indig&#232;nes &#224; l'int&#233;rieur du peuple. C'est une explosion th&#233;orique car que faire avec l'imaginaire des peuples form&#233; de r&#233;cits religieux mythiques ? La gauche &#233;tait traditionnellement ath&#233;e et consid&#233;rait cet imaginaire comme r&#233;trograde. Or &#224; l'int&#233;rieur de l'imaginaire, comme le signale Ernst Bloch dans le Principe esp&#233;rance au sujet des mythes qu'il qualifie de r&#234;ve &#233;veill&#233; de l'humanit&#233;, il y en a qui sont de domination et d'autres qui sont de lib&#233;ration. &#187;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;* &lt;strong&gt;Enrique Dussel &lt;/strong&gt; na&#238;t le 24 d&#233;cembre 1934, dans le village de La Paz, Mendoza, Argentine. Exil&#233; politique d&#232;s 1975 au Mexique, aujourd'hui citoyen Mexicain, est professeur dans le D&#233;partement de Philosophie dans l'Universit&#233; Autonome M&#233;tropolitaine (UAM, Iztapalapa, ville du Mexique), et dans le Coll&#232;ge de Philosophie de la Facult&#233; de Philosophie et des Lettres de l'UNAM (Ville Universitaire). Licenci&#233; en philosophie (l'Universit&#233; Nationale de Cuyo, Mendoza, Argentine), docteur en philosophie par l'Universit&#233; D'Alcal&#225; de Henares de Madrid, docteur en histoire &#224; La Sorbonne de Paris et une licence en th&#233;ologie &#224; Paris et &#224; M&#252;nster. Il a obtenu des doctorats &lt;i&gt;honoris cause&lt;/i&gt; &#224; Freiburg (Suisse) et dans l'Universit&#233; de San Andr&#233;s (La Paz, Bolivie). Un des Fondateur du mouvement &#171; Philosophie de la Lib&#233;ration &#187;. Il travaille sp&#233;cialement dans champ de l'&#201;thique et de la Philosophie Politique. |&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Site de Enrique Dusse&lt;/strong&gt; : &lt;a href=&#034;http://www.enriquedussel.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.enriquedussel.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.jornada.unam.mx/2011/01/03/index.php?section=politica&amp;article=002n1pol&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Jornada&lt;/a&gt;. Mexique, le 3 janvier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#169; Blanche Petrich, 2011.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'espagnol pour &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1393&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Revolucion Vive&lt;/a&gt; &lt;/i&gt; de &lt;/strong&gt; : Thierry Deronne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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