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	<title>El Correo</title>
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		<title>Vols de b&#233;b&#233;s des disparus de la dictature argentine</title>
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		<dc:date>2015-02-22T18:49:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alejandra Dandan</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le temps n'a jamais fait justice, ni effac&#233; la douleur, m&#234;me par amour. Carlos Debiasi, El Correo Ce mardi 24 f&#233;vrier vont commencer les audiences du proc&#232;s o&#249; est jug&#233;e Anne Marie Grilmaldos, &#233;pouse de l'ex officier de marine sous la dictature argentine, suppos&#233; d&#233;c&#233;d&#233;, pour s' &#234;tre appropri&#233; Javier Penino Vi&#241;as en 1977. Sa famille esp&#232;re que le jugement, en plus de faire justice, fera changer de position Javier, qui d&#233;fend l'accus&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a 38 ans, l'ex Officier de la Marine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Argentine-98" rel="directory"&gt;Argentine&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le temps n'a jamais fait justice, ni effac&#233; la douleur, m&#234;me par amour. Carlos Debiasi, El Correo&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Ce mardi 24 f&#233;vrier vont commencer les audiences du proc&#232;s o&#249; est jug&#233;e Anne Marie Grilmaldos, &#233;pouse de l'ex officier de marine sous la dictature argentine, suppos&#233; d&#233;c&#233;d&#233;, pour s' &#234;tre appropri&#233; Javier Penino Vi&#241;as en 1977. Sa famille esp&#232;re que le jugement, en plus de faire justice, fera changer de position Javier, qui d&#233;fend l'accus&#233;e.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a 38 ans, l'ex Officier de la Marine Nationale Jorge Vildoza a vol&#233; au sein de l'&lt;i&gt;Escuela de Mec&#225;nica de la Armada&lt;/i&gt; (ESMA) (Ecole de M&#233;canique de la Marine ou ESMA) un nouveau-n&#233;, le fils de Cecilia Vi&#241;as et de Hugo Penino. Un survivant de l'ESMA a vu sortir le num&#233;ro 2 de l'ESMA, en civil avec un b&#233;b&#233; dans ses bras, un jour f&#233;ri&#233;. Sept ans plus tard, un m&#233;decin qui s'est occup&#233; du m&#234;me enfant dans une maison de Mart&#237;nez [Quartier ultra chic de la banlieue nord du grand Buenos Aires], a vu son attention attir&#233;e par le fait que la m&#232;re suppos&#233;e semblait &#234;tre la grand-m&#232;re, que la chambre impersonnelle ressemblait &#224; une chambre d'h&#244;pital, que le gar&#231;on &#233;tait tr&#232;s triste et que dans la maison il y avait un photo encadr&#233;e d'un officier de marine. Le m&#233;decin en a parl&#233; aux Grand-m&#232;res de Place de Mai, il leur a pr&#233;sent&#233; un portrait qu'il avait fait du gar&#231;on, et ainsi ce fut ainsi que les Penino Vi&#241;as ont trouv&#233; la premi&#232;re piste certaine dans une recherche qui n'en finit toujours pas. L'enfant a &#233;t&#233; formellement identifi&#233; en 1998. Il porte le nom de Javier Gonzalo Penino Vi&#241;as, mais conserve des liens avec celle qui se l'est appropri&#233; et il est venu de Londres, o&#249; il vit, pour t&#233;moigner du cot&#233; de la d&#233;fense dans le proc&#232;s Anne Marie Grilmaldos qui commence ce mardi. L&#224;, il va croiser sa grand-m&#232;re Cecilia Pilar Fern&#225;ndez, m&#232;re de Cecilia Vi&#241;as, qui a 91 ans et veut livrer &#171; l'une de ses derni&#232;res batailles pour l'identit&#233; de ce petit-fils &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce serait tr&#232;s bien de l'&#233;couter et qu'il &#233;coute &#8211; dit Estela de Carlotto&#8211; Je crois que s'il avait l'occasion d'&#233;couter la voix de sa m&#232;re implorant pendant sa s&#233;questration et demandant par la m&#234;me occasion qu'il soit sauv&#233;, et qu'on le trouve, ainsi peut-&#234;tre lui arriverait &#224; l'&#226;me le message que sa maman lui a donn&#233; depuis sa captivit&#233;, une maman qui n'est jamais revenue &#187;. Entre d&#233;cembre 1983 et mars 1984, Cecilia Vi&#241;as a r&#233;ussi &#224; communiquer par t&#233;l&#233;phone depuis un lieu o&#249; elle &#233;tait s&#233;questr&#233;e. Son fr&#232;re Carlos, qui sera aussi t&#233;moin, a enregistr&#233; la conversation que la famille conserve encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est abasourdissant sans aucun doute parce que, de quelque fa&#231;on, nous allons le voir assis dans le banc d'en face, mais nous avons confiance dans ce qui va &#234;tre expos&#233;, au moins de notre part, cela va &#234;tre la v&#233;rit&#233; et que cela va agir et aura des cons&#233;quences &#8211; dit-il&#8211;. Ils m'ont dit qu'il veut &#234;tre l&#224; et qu'il veut d'abord t&#233;moigner pour apr&#232;s participer au reste du proc&#232;s. Cela me semble fantastique. Quoi qu'il en soit, il va &#233;couter, vivre chaque &#233;tape et va voir sa grand-m&#232;re de 91 ans t&#233;moigner pour la &#233;ni&#232;me fois &#187;. Et il ajoute : &#171; Elle me pr&#233;occupe beaucoup, cette grand-m&#232;re de Javier, ma maman, qui a 91 ans et va livrer l'une de ses derni&#232;res batailles pour faire quelque chose pour l'identit&#233; de son petit-fils, pour la vraie incorporation de son petit-fils dans la famille, qui est l'unique chose qu'elle peut faire pour sa fille &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que la famille attend de ce proc&#232;s ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions anxieux, nous esp&#233;rions ce moment. Nous avons vu comment beaucoup de r&#233;presseurs et des gens qui se sont appropri&#233; des enfants n'ont m&#234;me pas eu de proc&#232;s avec un jugement o&#249; est clairement fix&#233; le degr&#233; de culpabilit&#233; et de responsabilit&#233;. Dans ce cas, pour moi et toute ma famille, cela nous semble extr&#234;mement grave que le proc&#232;s se tienne apr&#232;s si longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Combien d'ann&#233;es a-t-il fallu attendre ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis que nous avons appris que Javier &#233;tait le fils de Cecilia, il avait sept ans. Nous parlons d'il y a trente ans, presque 31. Compte tenu de comment les choses se sont pass&#233;es, nous pensons que la remise &#224; plat de tout ce qu'est arriv&#233; &#224; Javier est tr&#232;s importante, il est la victime la plus directe, puisque de Cecilia nous n'avons aucun sorte de nouvelles ni de Hugo non plus. C'est important pour que Javier puisse traverser un processus de jugement totalement juste et puisse tirer ses propres conclusions. Nous ne savons pas quels seront les r&#233;sultats mais malgr&#233; le retard, ou malgr&#233; que cette dame soit en d&#233;tention &#224; domicile &#224; cause de son &#233;tat de sant&#233;, je crois que s'il y a une Justice et que justice est faite, il doit y avoir un jugement qui dit que ce qui a &#233;t&#233; vol&#233; est un &#234;tre humain. Qu'ils l'ont vol&#233; depuis le ventre de la maman, ce qui pr&#233;sente des circonstances aggravantes tr&#232;s s&#233;rieuses, parce que monsieur Vildoza ne travaillait pas dans une usine. Et si tout &#224; coup, il est apparu avec un b&#233;b&#233; et qu'il travaillait &#224; l'ESMA, ce n'&#233;tait pas tr&#232;s difficile de d&#233;duire d'o&#249; venait cet enfant. Et de plus, tout ce que nous avons su, y compris de la part de Javier, &#224; propos de ce qu'ils ont fait pour le cacher.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Il y a eu d'autres petits-enfants qui ont eu des difficult&#233;s dans la reconstruction des liens avec la famille biologique. Imaginez- vous un chemin semblable ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est un chemin qu'il doit faire et je crois que le proc&#232;s va aider &#224; ce qu'il assimile toutes les informations et qu'il tire ses propres conclusions. C'est d&#233;j&#224; un homme adulte. Une personne qui a deux enfants qui peut &#233;valuer ce qui se passerait pour lui, si quelqu'un lui volait l'un de ses enfants, s'il pardonnerait &#224; quelqu'un qui lui aurait vol&#233; un enfant, m&#234;me s' il l'avait soign&#233; et l'aimait beaucoup. Cela il faut le vivre. Comme lui a dit ma maman la derni&#232;re fois qu'elle a parl&#233; avec lui : ce sont des lieux o&#249; la vie nous a plac&#233;, ce ne sont pas des lieux que nous choisissons. Je me souviens quand &#224; 21 ans Javier a r&#233;cup&#233;r&#233; son identit&#233;, et un jour je lui ai dit : &#171; Penses que nous pouvions t'avoir trouv&#233; &#224; sept ans &#187;. Et il m'a r&#233;pondu : &#171; S'ils m'avaient restitu&#233; &#224; sept ans, cela m'aurait d&#233;truit &#187;. J'&#233;coute ce que disent d'autres petits-enfants qui ont travers&#233; des situations similaires et qui se sont rendu compte apr&#232;s, et je crois que c'est un processus qui doit se faire, m&#234;me si cela va &#234;tre douloureux pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui &#233;taient ses parents ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;taient deux personnes qui voulaient un monde meilleur. Deux personnes pensantes. Deux &#233;tudiants. Et deux travailleurs. Des gens solidaires. Les gens qui avaient des r&#234;ves tr&#232;s forts. Pour eux et pour leurs enfants, pour leur fils et &#224; qui on a arrach&#233; cette possibilit&#233;. Et si r&#233;ellement ce tribunal rend une sentence juste, je pense que nous allons rendre hommage aux parents de Javier et nous allons aider &#224; ce que Javier fasse de plus un pas vers sa libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment avez-vous obtenu les premi&#232;res donn&#233;es ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Aupr&#232;s des Grand-m&#232;res de la Place de Mai est parvenue une information d'un m&#233;decin qui &#233;tait de garde dans une clinique de l'&#339;uvre sociale navale et il s'est occup&#233; d'un gar&#231;on quand il avait cinq ans dans une maison dans la zone de Martinez. Son attention a &#233;t&#233; attir&#233;e par le fait que la personne qui disait &#234;tre la m&#232;re paraissait &#234;tre une grand-m&#232;re ; que la chambre &#233;tait impersonnelle comme une chambre d'h&#244;pital, si propre et bien rang&#233;e que ce n'&#233;tait pas une chambre d'un gar&#231;on de cinq ans ; et que l'enfant &#233;tait tr&#232;s triste. Et que dans le living il y avait une photo d'un officier de marine en uniforme et la maison &#233;tait assez similaire &#224; un bateau. Il a tir&#233; des conclusions. De plus il &#233;tait dessinateur. Il a fait une &#233;bauche, un petit portrait de comment &#233;tait le gar&#231;on. Nous regardons cela et cela nous a sembl&#233; int&#233;ressant. On a suivi le cours normal de toutes les plaintes. Nous demandons l'extrait de naissance et nous d&#233;tectons l'adresse et le nom d'un m&#233;decin de la Marine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'y a-t-il eu de plus ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y avait la date de naissance, qui &#233;tait le 7 septembre, et celle-ci co&#239;ncidait avec celle que nous avions de l'accouchement de Cecilia. Nous sommes all&#233;s voir la personne qui avait d&#233;pos&#233; la plainte. Nous y avons &#233;t&#233; avec ma maman. Nous avons apport&#233; une photo de ma fille quand elle avait quatre ans. Elle &#233;tait avec une visi&#232;re en carton et pouvait passer pour un gar&#231;on. Quand nous l'avons montr&#233;, le m&#233;decin nous a dit : &#171; &lt;i&gt;Ah, ils ont lui fait une photo !&lt;/i&gt; &#187; &#224; cause de la ressemblance qu'il y avait. Alors, nous avions la date de naissance ; il y avait aussi la d&#233;claration de Sara Osatinsky qui disait que Cecilia avait accouch&#233; &#224; l'ESMA. Nous fouillons encore plus. Nous avons vu que Juan Gasparini (un autre survivant) avait dit qu'il avait vu Vildoza un jour f&#233;ri&#233; sortir de l'ESMA, habill&#233; en civil, avec un b&#233;b&#233;. Il y avait tellement d'&#233;l&#233;ments que nous avons demand&#233; au juge d'instruction de citer &#224; comparaitre Vildoza. Le juge &#233;tait le m&#234;me que celui qui intervenait dans le proc&#232;s pour les appels t&#233;l&#233;phoniques de Cecilia. Il l'a cit&#233; comme t&#233;moin non comme accus&#233;. Vildoza a refus&#233; de faire l'analyse et s'est enfui. C'&#233;tait pour nous la preuve que Javier &#233;tait Javier et &#224; partir de l&#224; jusqu'&#224; ce que nous le localisions nous n'avons pas arr&#234;t&#233;. Parce que la Justice argentine ne fonctionnait pas du tout, nous avons eu recours &#224; la justice espagnole. Nous avons &#233;t&#233; les premiers t&#233;moins avec le juge Baltazar Garz&#243;n. Et cela a donn&#233; lieu &#224; une quantit&#233; d'entretiens &#224; la T&#233;l&#233;vision Espagnole qui ont &#233;t&#233; vus dans beaucoup de pays. &#192; partir de l&#224; , a d&#233;but&#233; un contact entre Javier et la docteur Marie Servini de Cubr&#237;a (qui a men&#233; l'instruction du dossier). Et le reste c'est de l'histoire connue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alejandra Dandan&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://www.pagina12.com.ar/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;P&#225;gina 12&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Titre original&lt;/strong&gt; : &lt;a href=&#034;http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-266633-2015-02-22.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Otra &#171; batalla por la identidad &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. (Une autre &#171; bataille pour l'identit&#233; &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-266633-2015-02-22.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;P&#225;gina 12&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt; Buenos Aires, le 22 f&#233;vrier 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Robos-de-bebes-a-los-desaparecidos-de-la-dictadura-argentina&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Vols-de-bebes-des-disparus-de-la-dictature-argentine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 22 f&#233;vrier 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification&lt;/u&gt; 3.0 Unported.&lt;/a&gt; Bas&#233; sur une &#339;uvre de &lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; rel=&#034;dct:source&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La connexion fran&#231;aise avec la dictature argentine</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/La-connexion-francaise-avec-la-dictature-argentine</link>
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		<dc:date>2014-10-26T13:37:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alejandra Dandan, Victoria Ginzberg</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La Marine dominait les relations ext&#233;rieures et a transform&#233; les ambassades en centres de propagande. Cette semaine, les archives sont publi&#233;es sur la page Web officielle et on pourra suivre des histoires comme celle du Centre Pilote de Paris, o&#249; ils ont envoy&#233; les assassins des religieuses fran&#231;aises. &lt;br class='autobr' /&gt; Pendant la derni&#232;re dictature, les r&#233;presseurs ont baptis&#233; &#171; campagne anti-argentine &#187; les demandes &#224; la justice et d'information sur le destin des disparus. Le r&#244;le du minist&#232;re des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Argentine-98" rel="directory"&gt;Argentine&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Marine dominait les relations ext&#233;rieures et a transform&#233; les ambassades en centres de propagande. Cette semaine, les archives sont publi&#233;es sur la page Web officielle et on pourra suivre des histoires comme celle du Centre Pilote de Paris, o&#249; ils ont envoy&#233; les assassins des religieuses fran&#231;aises.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant la derni&#232;re dictature, les r&#233;presseurs ont baptis&#233; &#171; &lt;i&gt;campagne anti-argentine&lt;/i&gt; &#187; les demandes &#224; la justice et d'information sur le destin des disparus. Le r&#244;le du minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res argentin dans le terrorisme de l'&#201;tat fut d'essayer de contrecarrer les plaintes d&#233;pos&#233;es en dehors du pays sur les violations des droits de l'homme. &#171; &lt;i&gt;La mission impos&#233;e pourra se r&#233;aliser avec la collaboration, le d&#233;vouement et l'efficacit&#233; que mettent les Repr&#233;sentations destin&#233;es &#224; l'ext&#233;rieur, sur qui retombe le plus grand poids de l'effort&lt;/i&gt; &#187;, dit un document jusqu'&#224; pr&#233;sent secret. Y sont aussi pr&#233;cis&#233;s les &#171; &lt;i&gt;travaux&lt;/i&gt; &#187; que les ambassadeurs et d'autres fonctionnaires diplomatiques devaient accomplir. Parmi celles-ci, celle de contacter des journalistes pour &#171; transmettre des informations favorables &#187; et celle de promouvoir des visites &#171; de personnes importantes &#187;. &#171; &lt;i&gt;Les termes qui doivent &#234;tre employ&#233;s quand r&#233;f&#233;rence sera faite &#224; la subversion, devront &#234;tre des groupes terroristes, sans mentionner de subversion marxiste ou d'autres termes qui m&#232;nent &#224; confusion &#224; l'ext&#233;rieur&lt;/i&gt; &#187;, selon la Directive Num&#233;ro 1 de Diffusion &#224; l'Ext&#233;rieur, scell&#233;e le 15 ao&#251;t 1977.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'un de 5 832 documents qui ont &#233;t&#233; d&#233;class&#233;s par le Minist&#232;re des Affaires Etrang&#232;res et qui sont &#224; partir d'aujourd'hui accessibles &#224; tout le monde &#224; travers la &lt;a href=&#034;http://desclasificacion.cancilleria.gob.ar/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;page Web&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; de l'organisme. Avec cette archive il est possible de v&#233;rifier qu'une grande partie de l'escadron de l'ESMA a &#233;t&#233; nomm&#233; par le Minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res et que certains de ses membres ont &#233;t&#233; d&#233;couverts par les autorit&#233;s fran&#231;aises. Un document informe que, en 1979, Paris a demand&#233; les lettres de cr&#233;ance diplomatiques du lieutenant Enrique &#171; &lt;i&gt;Cobra&lt;/i&gt; &#187; Yon, qui &#233;tait impliqu&#233; dans l'enl&#232;vement des religieuses fran&#231;aises et affect&#233; au &lt;i&gt;Centre Pilote de Paris&lt;/i&gt;, l'organisme qui a &#233;t&#233; le fer de lance de cette strat&#233;gie des militaires qu'incarnait la Marine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 juillet 1977 le Bulletin Officiel a publi&#233; le d&#233;cret 1987 du Pouvoir Ex&#233;cutif National pour cr&#233;er la direction de presse et diffusion du Minist&#232;re des Affaires Etrang&#232;res, dont allait d&#233;pendre le dit &lt;i&gt;Centre Pilote de Paris&lt;/i&gt;. Ce document class&#233; comme &#171; public &#187; appara&#238;t accompagn&#233; un mois plus tard, le 15 ao&#251;t 1977, de la Directive Num&#233;ro 1 de Diffusion &#224; l'Ext&#233;rieur, qui a &#233;t&#233; qualifi&#233;e comme &#171; secr&#232;te &#187; et qui &#233;tait destin&#233;e &#224; r&#233;glementer le travail de contre-propagande des ambassades d' Europe occidentale et des Etats-Unis d'Am&#233;rique. La copie d&#233;class&#233;e a &#233;t&#233; trouv&#233;e au sein de l'ambassade argentine de Bonn. On ne sait pas si les documents ont &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;s jusqu'&#224; pr&#233;sent dans les dossiers des proc&#232;s de l'ESMA.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Monsieur l'Ambassadeur : J'ai l'honneur de m'adresser &#224; VE dans l'accomplissement d'un ordre de monsieur le Ministre, pour &#233;lever la Directive N&#186; 1 de Diffusion &#224; l'Ext&#233;rieur qui d&#233;termine les modes d'action que devra mettre en application cette repr&#233;sentation diplomatique afin de contrecarrer la campagne de discr&#233;dit que certains m&#233;dias &#233;trangers de presse d&#233;veloppent contre les autorit&#233;s nationales &#187;.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le document est sign&#233; par Roberto P&#233;rez Froio, capitaine de fr&#233;gate IM, directeur g&#233;n&#233;ral de Presse et de Diffusion et est dirig&#233; &#224; monsieur l'ambassadeur de l'&#233;poque en Allemagne F&#233;d&#233;rale, Enrique JL Ruiz Gui&#241;az&#250;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre document se r&#233;f&#232;re &#224; un &#171; compte particulier &#187; (num&#233;ro 459) que le Minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res poss&#233;dait et qui a connu un mouvement singulier pendant la dictature. En 1976 il a re&#231;u au titre des frais r&#233;serv&#233;s moins de vingt mille dollars, mais l'ann&#233;e suivante plus de 832 000. En 1978, ann&#233;e du championnat mondial de football, quand l'un des soucis principaux des r&#233;presseurs &#233;tait la &#171; &lt;i&gt;campagne anti-argentine&lt;/i&gt; &#187; &#224; l'ext&#233;rieur, le chiffre d&#233;pos&#233; a atteint les deux millions et demi de dollars. Le montant s'est maintenu les deux ans suivants et a &#233;t&#233; r&#233;duit &#224; la moiti&#233; en 1981. Les copies de cette documentation ont &#233;t&#233; plac&#233;es comme annexes de la liasse diplomatique de la fonctionnaire Elena Holmberg, assassin&#233;e par la Marine dans ce que l'on a suppos&#233; un diff&#233;rend avec l'Arm&#233;e de Terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elisa Tokar a fait une d&#233;claration devant la Justice : &#171; &lt;i&gt;Un jour de mai 1978 ils me disent&lt;/i&gt; : &#8216; &lt;i&gt;Eh bien, nous allons aux Relations ext&#233;rieures&lt;/i&gt;'. Je n'avais pas de v&#234;tements ad&#233;quats, mais j'y suis all&#233;e avec les v&#234;tements que j'avais et l&#224; ils me pr&#233;sentent au capitaine P&#233;rez Froio, qui &#233;tait le responsable du Secr&#233;tariat de Presse et Diffusion. L'une de mes surprises fut que le chef de Diffusion &#233;tait Francis Whamond, qui &#233;tait mon tortionnaire. Apr&#232;s ils me montrent d'autres bureaux. L&#224; je vois le lieutenant (Hugo) Damario, qui est un des autres personnages qui s'est pr&#233;sent&#233; le 21 ou 22 septembre -jour de mon enl&#232;vement- sous le sous nom de Jirafa. Et le lieutenant (Alejandro) Spinelli, qui &#233;tait, disons, au Minist&#232;re. Le Secr&#233;tariat de Presse et Diffusion se trouvait dans le Palais Saint Martin, l'imprimerie &#233;tait au sous sol et en dessous du sous sol il y avait comme un autre petit sous-sol o&#249; l &#233;tait le lieutenant Spinelli, on l'appelait Felipe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nominations, qui ont &#233;t&#233; qualifi&#233;es comme &#171; secr&#232;tes &#187;, apparaissent dans les documents d&#233;class&#233;s. En date du 16 mars 1979, la Direction du personnel d&#233;cide &#171; d'&#233;tablir qu'Enrique Yon a rendu des services dans ce minist&#232;re du 22 janvier 1978 au 17 janvier 1979 avec l'attribution de fonctions au centre de Diffusion Argentine &#224; Paris &#187;. Le 17 avril 1979 le m&#234;me bureau met fin aux fonctions de Hugo Damario et d&#233;signe &#171; avec caract&#232;re effectif le 22 mars 1979 un chef du D&#233;partement et de la Diffusion &#8216;&lt;i&gt;M. le lieutenant de Navire D. Juan Carlos Rol&#243;n&lt;/i&gt;' &#187; (un autre des r&#233;presseurs connus de l'ESMA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain qu'une grande partie des r&#233;presseurs de l'ESMA ont &#233;t&#233; affect&#233;s via le Minist&#232;re des Affaires Etrang&#232;res, soit &#224; travers le Centre Pilote de Paris, dans des repr&#233;sentations &#233;trang&#232;res comme attach&#233;s navals ou dans la structure m&#234;me du minist&#232;re. Le vice-amiral Oscar Montes, qui a &#233;t&#233; ministres des affaires &#233;trang&#232;res entre le 30 mai 1977 et le 30 octobre 1978, avait command&#233; en 1976 l'escadron de la mort 332 de l'ESMA. Les officiers de Marine Walter Allara, qui a &#233;t&#233; sous-secr&#233;taire des Relations ext&#233;rieures, Hugo Damario, qui a &#233;t&#233; &#224; la Direction de Presse, Alberto Eduardo Gonz&#225;lez, qui a &#233;t&#233; attach&#233; de presse du minist&#232;re et attach&#233; naval en Grande-Bretagne et aux Pays Bas, Francis Whamond et Juan Carlos Rol&#243;n qui ont aussi &#233;t&#233; attach&#233;s presse ont aussi fait partie de l'escadron de la mort de la Marine &#224; l'ESMA. De plus il y a le cas d&#233;j&#224; mentionn&#233; de Yon, qui a &#233;t&#233; nomm&#233; &#224; Paris et d&#233;tect&#233; par la France comme l'un des participants &#224; l'enl&#232;vement des religieuses. Alfredo Astiz que les exil&#233;s ont identifi&#233; en France a aussi &#233;t&#233; attach&#233; naval en Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les documents qui sont maintenant publics permettent de lier formellement le Centre Pilote de Paris avec la structure du Minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res. Comme le signale l'historienne Marina Franco, auteur de &#171; L'exil, les argentins en France pendant la dictature &#187;, cet organisme remplissait d'un c&#244;t&#233; la fonction de coordonner les efforts contre la dite &lt;i&gt;campagne anti -argentine&lt;/i&gt; en Europe, mais c'&#233;tait aussi le lieu depuis lequel on a cherch&#233; &#224; espionner et &#224; contr&#244;ler les exil&#233;s et depuis lequel on a cherch&#233; &#224; &#233;tayer le projet politique de &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Emilio_Eduardo_Massera&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Emilio Eduardo Massera&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Ainsi, plus globalement, d'apr&#232;s les documents on observe le passage des officiers de Marine depuis les sous-sols de l'ESMA &#224; la structure bureaucratique de l'&#201;tat r&#233;pressif et au r&#244;le qu'a eu le minist&#232;re pendant le terrorisme d'&#201;tat : contrecarrer et discr&#233;diter les plaintes sur les violations des droits de l'homme qui &#233;taient commises dans le pays. Malgr&#233; les efforts, gr&#226;ce &#224; la pers&#233;v&#233;rance des organismes de droits de l'homme, ils n'y sont pas arriv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alejandra Dandan&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Victoria Ginzberg&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://www.pagina12.com.ar&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pagina 12&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-258418-2014-10-26.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;P&#225;gina 12&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 25 octobre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/La-conexion-francesa-con-la-dictadura-argentina&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Justice et l'Histoire attendent encore que les archives fran&#231;aises sur cette triste &#233;poque de notre Histoire commune, soient enfin ouvertes. &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/La-connexion-francaise-avec-la-dictature-argentine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 26 octobre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vol de b&#233;b&#233;s pendant la dictature argentine</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Vol-de-bebes-pendant-la-dictature-argentine</link>
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		<dc:date>2011-07-01T09:58:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alejandra Dandan</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Balaris a racont&#233; devant le tribunal comment ils l'ont oblig&#233; &#224; assister des femmes emprisonn&#233;es alors qu'elle travaillait &#224; l'h&#244;pital d&#233;pendant de l'Arm&#233;e. Elle avait d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; devant la Conadep de ce qu'elle avait v&#233;cu aux c&#244;t&#233;s d'un groupe de coll&#232;gues. &lt;br class='autobr' /&gt; Peu apr&#232;s le d&#233;but de l'audience, on lui a demand&#233; si elle avait vu des femmes enceintes ou si elle &#233;tait au courant des accouchements de personnes d&#233;tenues. N&#233;lida Elena Balaris a rapidement dit que oui. &#171; Moi-m&#234;me j'ai assist&#233; &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Argentine-98" rel="directory"&gt;Argentine&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Balaris a racont&#233; devant le tribunal comment ils l'ont oblig&#233; &#224; assister des femmes emprisonn&#233;es alors qu'elle travaillait &#224; l'h&#244;pital d&#233;pendant de l'Arm&#233;e. Elle avait d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; devant la Conadep de ce qu'elle avait v&#233;cu aux c&#244;t&#233;s d'un groupe de coll&#232;gues.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Peu apr&#232;s le d&#233;but de l'audience, on lui a demand&#233; si elle avait vu des femmes enceintes ou si elle &#233;tait au courant des accouchements de personnes d&#233;tenues. N&#233;lida Elena Balaris a rapidement dit que oui. &#171; Moi-m&#234;me j'ai assist&#233; &#224; deux accouchements de ces patientes ; l'un dans le m&#234;me h&#244;pital, c'est &#224; dire, je vais vraiment raconter ce qu' a &#233;t&#233; mon travail, ce qui est d&#233;j&#224; &#233;crit dans &#171; &lt;i&gt;Nunca m&#225;s&lt;/i&gt; &#187;, parce que je suis all&#233;e faire volontairement une d&#233;claration &#224; la &lt;i&gt;Conadep&lt;/i&gt;, parce que quand avons appris les choses qui &#233;taient arriv&#233;es je me suis sentie responsable d'une situation semblable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de trente ans sont pass&#233;s depuis de la d&#233;claration devant la &lt;i&gt;Conadep&lt;/i&gt;. Balaris &#233;tait une des sages femmes civiles de l'H&#244;pital militaire de &lt;i&gt;Campo de Mayo&lt;/i&gt;, est partie volontairement au retour de la d&#233;mocratie menac&#233;e par le chef militaire de Gyn&#233;cologie, qui apr&#232;s l'avoir pr&#233;venue que si elle parlait, elle allait finir par regarder pousser les marguerites depuis le bas. L'obst&#233;tricienne est dipl&#244;m&#233;e, et dirige une &#233;cole d'infirmi&#232;res et se croit loin de cet enfer auquel cependant elle revient de temps en temps dans le cadre des proc&#232;s judiciaires qui continuent &#224; chercher des &#233;l&#233;ments : &#171; A&#239;e... Dieu ! &#187;, on l'a &#233;cout&#233;e haleter un moment, coll&#233;e au microphone, pendant l'audience sur les vol de b&#233;b&#233;s. Les plaignants lui passaient les copies du Livre d'Accouchements qu'elle lisait et relisait, en cherchant la moindre piste, une signature, une donn&#233;e qui servirait encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les accouchements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le premier accouchement n'a pas &#233;t&#233; si terrible &#187;, a-t-elle d&#233;marr&#233;. &#171; c'&#233;tait une femme &#226;g&#233;e, j'&#233;tait avec le docteur Petrillo, avec un militaire &#224; l'int&#233;rieur de la salle d'accouchements. On m'appelle, c'&#233;tait un accouchement expulsif, la femme &#233;tait avec les yeux band&#233;s, mais la situation la plus &#233;tonnante fut qu'elle n'a manifest&#233; ni douleur, ni angoisse, ni rien du tout : comme si sa t&#234;te &#233;tait d&#8216;un c&#244;t&#233; et son corps de l'autre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas qu'elle n'a pas cri&#233;, a essay&#233; d'expliquer l'obst&#233;tricienne. Et elle a regard&#233; la pr&#233;sidente du Tribunal : &#171; Vous &#234;tes une femme et vous savez que la femme pousse un cri, mais cette femme, rien, rien de rien &#187;. Comme le bandeau ne me laissait pas voir ses yeux, ce lieu du corps capable de transmettre quelques signes de l'&#226;ge, Balaris n'a jamais su combien quel &#226;ge elle avait. Elle a imagin&#233; un peu plus de quarante, mais elle fut &#233;tonn&#233;e par le nombre de ses cheveux blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand cela s'est pass&#233; ?, lui a demand&#233; le procureur Mart&#237;n Niklison . Mais elle ne s'est pas souvenue : cela pu &#234;tre &#224; la fin 76 ou d&#233;but 77, mais &#171; c' est tr&#232;s difficile &#187; de se rappeler. Elle ne sait pas non plus si le b&#233;b&#233; &#233;tait un gar&#231;on ou une fille ; mais que oui, que tout a &#233;t&#233; normal, que l'accouchement s'&#233;t&#233; bien pass&#233; dans la Maternit&#233; et qu'ils ont ils l'ont emmen&#233; la m&#232;re tout de suite &#224; &#201;pid&#233;miologie. Ou mieux, le lieu que tout l'H&#244;pital connaissait quand l'on disait &#171; ils l'ont emport&#233;e au Fonds &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Epid&#233;miologie a fonctionn&#233; comme une zone ferm&#233;e apr&#232;s le coup d'&#201;tat. On suppose que l&#224; sont rest&#233;es les femmes enceintes de celui-l&#224; ou d'autres centres d'extermination jusqu'au moment d'accoucher. L'obst&#233;tricienne est entr&#233; six ou sept fois entre 1976, 1977 et quelques mois de 1978, toujours accompagn&#233;e d'un agent. L&#224; &#233;taient ceux que la rumeur hospitali&#232;re identifiait comme &#171; subversifs &#187;, &#171; s&#233;ditieux &#187; ou &#171; NN &#187;. Elle n'a jamais pu parler &#224; aucune des femmes. Elle les a toujours vues avec des yeux band&#233;s et gard&#233;es &#224; l'entr&#233;e par un militaire. &#171; Ce que nous faisions &#233;tait d'aller contr&#244;ler les battements &#187;, a-t-elle expliqu&#233; : &#171; N'aviez-vous aucun dialogue avec celles-ci ? &#187;, a demand&#233; la pr&#233;sidente du Tribunal, Marie del Carmen Roqueta. &#171; J'allais, j'auscultais, je prenais la tension art&#233;rielle et les battement du f&#339;tus, mais c'&#233;tait une question de minutes, nous ne restions pas l&#224;, ni en les auscultant, ni rien du tout. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Balaris est certaine que malgr&#233; que l'ordre &#233;tait d'entrer sans sa plaque d'identification pour que les parturientes ne puissent pas, par hasard, savoir o&#249; elles &#233;taient, elle est toujours entr&#233;e avec sa plaque. Que derri&#232;re elle &#233;tait toujours Jules C&#233;sar Caserotto, le chef militaire de Gyn&#233;cologie, l'homme qui l'a menac&#233;e des ann&#233;es plus tard, et la m&#234;me personne qui en hiver 1977 ou 1978 l'a oblig&#233; &#224; aller s'occuper d'un deuxi&#232;me accouchement. &#171; Un matin il vient et me dit d'aller &#224; la Prison de Encausados et je refuse d'y aller. Alors Caserotto me menace, me dit que celui qui a donn&#233; l'ordre &#233;tait le directeur de l'h&#244;pital et je n'ai pas eu d'alternative : j'y ai &#233;t&#233; ; m'ont accompagn&#233; une infirmi&#232;re et un m&#233;decin militaire qui, je crois, il &#233;tait du service traumatologie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prison &#233;tait &#224; l'int&#233;rieur de &lt;i&gt;Campo de Mayo&lt;/i&gt;, &#224; environ quinze minutes de l'H&#244;pital. Balaris est mont&#233;ee &#224; l' arri&#232;re d'une ambulance, d'o&#249; elle a vu le parcours. &#171; Ils ont rentr&#233; l'ambulance &#8211; a-t-elle dit&#8211; ; il y avait beaucoup de militaires, ils m'ont amen&#233; &#224; l'infirmerie de la prison, du moins cela y ressemblait, il y avait une armoire &#224; pharmacie, c'&#233;tait une pi&#232;ce avec un lit, avec une dame couch&#233;e avec les yeux band&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme avait commenc&#233; le travail d'accouchement. &#171; Alors, imaginez-vous &#8211; a-t-elle expliqu&#233; &#8211; : je, avec beaucoup d'ann&#233;es en moins, l'examine et je me rends compte que l'accouchement &#233;tait imminent, que l'on ne peut pas la d&#233;placer. Je leur dis cela : que c'est au quatri&#232;me stade, que l'enfant va &#224; na&#238;tre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sage-femme dit que c'&#233;tait le moment le plus traumatisant de son s&#233;jour. Elle a commenc&#233; avec le travail d'accouchement entour&#233;e par quatre, cinq ou six militaires. C'&#233;tait en hiver. A l'&#233;poque ils savaient que, pour faire un accouchement sur un lit, il fallait placer la femme sur le matelas. Elle devait chercher la mani&#232;re de faire levier avec une partie de son corps. &#171; Il faisait tr&#232;s froid &#187;, a-t-elle dit. Il l'a mise de travers. &#171; J'ai pr&#233;venu les militaires que j'allais mettre le b&#233;b&#233; sur le ventre de la m&#232;re pour qu'elle le prot&#232;ge ; je l'ai mis et j'ai coup&#233; le cordon ombilical et je crois qu'elle me regardait, parce qu'elle avait le bandeau d&#233;plac&#233;, ce sont des choses qui restent dans l'esprit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fille &#233;tait blonde. Ce n'&#233;tait pas son premier enfant. L'infirmi&#232;re a envelopp&#233; tout de suite l'enfant avec une couverture et elle l'a emport&#233;. Balaris a fini de sortir le placenta, et l'a sutur&#233;. &#171; J'ai &#233;t&#233; dans un tel &#233;tat de stress et quand je suis revenue j'ai eu un tr&#232;s s&#233;v&#232;re affrontement avec Caserotto, qui m'a co&#251;t&#233; que l'on m' a d&#233;plac&#233; &#224; la garde du dimanche. &#187; A l'h&#244;pital l'affrontement fut plus que cela. Elle ne l'a pas dit &#224; l'audience. Mais dans son d&#233;sespoir, la sage-femme a saisi par les bras son chef et elle l'a &#233;gratign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'incompr&#233;hensible de tout cela &#8211; a-t-elle expliqu&#233; &#8211; est : pourquoi nous ? Pourquoi nous mettaient-ils dans ces situations, il y avait obst&#233;triciennes militaires ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Conadep&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Balaris &#233;tait &#224; l'H&#244;pital militaire depuis 1974, et a toujours su qu'elle allait s'occuper des militaires et civils autoris&#233;s. Avec l'ouverture d&#233;mocratique, une partie du personnel de l'H&#244;pital a re&#231;u des citations pour se pr&#233;senter &#224; la &lt;i&gt;Conadep&lt;/i&gt;. Elle y est all&#233;e avec trois coll&#232;gues : Lorena Tasca, Margarita Allende et Silvia Cecilia Bonsignore de Petrillo. Avant d'aller, elle ont pr&#233;venu Caserotto : &#171; Ils nous ont dit que non, que nous ne devrions pas aller et ils nous ont cit&#233; devant le Commando Militaire, dans un Tribunal pareil &#224; celui-l&#224;, et l&#224; ils nous avons dit les motifs pour lesquels nous voulions faire une d&#233;claration &#187;. Devant le Tribunal, elle a demand&#233; s'il n'&#233;tait pas vrai que Ra&#250;l Alfons&#237;n &#233;tait en ce moment le chef des Forces Arm&#233;es. Ils lui ont dit que oui. Et dans cette logique elles ont trouv&#233; la raison pour convaincre le Tribunal Militaire qu'elles devaient aller donner les informations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-171039-2011-06-29.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;P&#225;gina 12&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Buenos Aires, le 29 juin 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Traces des religieuses fran&#231;aises L&#233;onie Duquet et Alice Domon en Argentine</title>
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		<dc:creator>Alejandra Dandan</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'avocat Horacio M&#233;ndez Carrera fera sa plaidoirie demain dans le proc&#232;s sur l'ESMA. Il raconte les d&#233;tails que le proc&#232;s a apport&#233;s. La reconstruction des enl&#232;vements et la captivit&#233; au centre clandestin et &#224; la relation des fran&#231;aises avec les Ligues Agraires et l'&#233;v&#234;que Novak. &lt;br class='autobr' /&gt; Horacio M&#233;ndez Carrera explique qu'il y a vingt-cinq ans, on lui a demand&#233; trois choses : qu'il identifie la fa&#231;on dont ont disparu les religieuses fran&#231;aises ; qu'il trouve les auteurs et la mani&#232;re de les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Argentine-98" rel="directory"&gt;Argentine&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'avocat Horacio M&#233;ndez Carrera fera sa plaidoirie demain dans le proc&#232;s sur l'ESMA. Il raconte les d&#233;tails que le proc&#232;s a apport&#233;s. La reconstruction des enl&#232;vements et la captivit&#233; au centre clandestin et &#224; la relation des fran&#231;aises avec les &lt;i&gt;Ligues Agraires&lt;/i&gt; et l'&#233;v&#234;que Novak.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Horacio M&#233;ndez Carrera explique qu'il y a vingt-cinq ans, on lui a demand&#233; trois choses : qu'il identifie la fa&#231;on dont ont disparu les religieuses fran&#231;aises ; qu'il trouve les auteurs et la mani&#232;re de les condamner. Il explique aussi que si &#224; l'&#233;poque on lui avait dit qu'il allait passer 25 ans pour obtenir une condamnation, ceux qui l'ont charg&#233; de l'enqu&#234;te chercheraient encore des avocats. Aujourd'hui il lui revient de reconstruire avec sa plaidoirie &#8211; durant l'audience pour les crimes de l'ESMA &#8211; l'histoire de L&#233;onie Duquet et d'Alice Domon. De recueillir les nouveaux &#233;l&#233;ments qu'a apport&#233; sur cette histoire le proc&#232;s historique qui s'approche de l'&#233;tape finale et dans lequel pour la premi&#232;re fois les t&#233;moins n'ont pas seulement reconstruit la souffrance des religieuses au centre d'extermination, mais aussi pourquoi elles sont devenues une cible des &#171; escadrons de la mort &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On continue de dire que les deux religieuses ont &#233;t&#233; enlev&#233;es &#224; cause de la p&#233;tition et je suis s&#251;r que cela ne fut pas ainsi &#187;, dit M&#233;ndez Carrera &#224; propos de la qu&#234;te d'argent que menait le groupe des proches des disparus depuis l'&#201;glise de la Santa Cruz pour publier la premi&#232;re p&#233;tition avec la liste de disparus. Pour l'avocat, la raison de la disparition des religieuses remonte &#224; Perugorr&#237;a, village de la province de Corrientes en Argentine o&#249; Alice Domon a commenc&#233; &#224; travailler avec les &lt;i&gt;Ligas Agrarias&lt;/i&gt;. Alice est venue ensuite &#224; Buenos Aires, o&#249; elle s'est li&#233;e avec l'&#233;v&#234;ch&#233; de Quilmes pour chercher, au d&#233;but, les disparus de Corrientes. L&#224;, elle a commenc&#233; &#224; s'occuper des victimes, des parents, des plus pauvres des pauvres, &#224; &#171; former des petits groupes &#187;, dit M&#233;ndez Carrera, et les envoyer &#224; la &#171; casita &#187; [maisonnette] que L&#233;onie avait &#224; Ramos Mej&#237;a [banlieue de Buenos Aires].&#171; Pour les marins cette maisonnette de L&#233;onie &#233;tait une planque : le lieu o&#249; elles donnaient &#224; manger aux plus pauvres et leur donnaient un peu d'argent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plaidoiries de l'ESMA ont commenc&#233; la semaine derni&#232;re avec la reconstruction de ce qui est arriv&#233; au groupe des douze victimes de l'&#201;glise de la &lt;i&gt;Santa Cruz&lt;/i&gt;, enl&#233;v&#233;es le 8 et 10 d&#233;cembre 1977, la veille de la publication de la p&#233;tition. M&#233;ndez Carrera et Luis Zamora compl&#233;teront aujourd'hui cette plaidoirie, approfondissant le sort de quatre victimes, dont les deux religieuses fran&#231;aises de l'Ordre des Missions &#201;trang&#232;res. Au cours des seize mois d'audience, divers t&#233;moignages ont permis de reconstruire leur vie. Ont t&#233;moign&#233; des fr&#232;res, parents, religieux et aussi militants des Corrientes. Ces t&#233;moignages &#8211; dont plusieurs n'ont pas &#233;t&#233; entendus lors des Proc&#232;s des Juntes, premier moment o&#249; ces crimes ont &#233;t&#233; jug&#233;s pour condamner seulement les chefs militaires &#8211; ont mis en lumi&#232;re le quotidien des deux religieuses. Celui d'Alice, son histoire est peut-&#234;tre plus connue, et celui de L&#233;onie, qui, par exemple, le jour de son enl&#232;vement a laiss&#233; sur la table de chez elle l'argent n&#233;cessaire &#224; un billet d'avion vers la France. Un argent que les marins n'ont pas touch&#233; parce que &#8211; selon les hypoth&#232;ses &#8211; ils ne devaient pas r&#233;veiller des soup&#231;ons dans le quartier : L&#233;onie avait &#224; parcourir quinze m&#232;tres entre la porte de sa maison et la rue, et si elle se rendait compte qu'ils &#233;taient entrain de l'enlever dans ce trajet, elle pouvait alerter les voisins, qui la connaissaient tr&#232;s bien, dans un quartier o&#249; elle vivait depuis sept ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alice a travaill&#233; avec les &lt;i&gt;Liguas&lt;/i&gt; jusqu'&#224; mars 1977. &#171; Les &lt;i&gt;Liguas Agrarias&lt;/i&gt; &#233;taient un mouvement tr&#232;s important dans une Argentine f&#233;odale &#8211; dit M&#233;ndez Carrera-&#8211;, o&#249; les barons du tabac exploitaient les pauvres du ouvriers du tabac de fa&#231;on inf&#226;me, les faisaient crever de faim, et toute cette &#233;conomie &#233;tait faite par une production tr&#232;s artisanale, celui qui n'avait pas de tracteur recourait &#224; la charrue &#224; la main, il y avait la faim et la situation &#233;tait &#233;pouvantable parce que les enfants s'ils tombaient malades mouraient, non de faim mais &#224; cause des maladies &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant son s&#233;jour &#224; Perugorr&#237;a, Alice s'est rendue en France pour une rencontre de l'Ordre. Le chapitre (assembl&#233;e de l'ordre) s'est tenu en 1975, et &#224; cette &#233;poque elle a demand&#233; &#224; &#234;tre relev&#233;e des v&#339;ux de la congr&#233;gation. M&#233;ndez Carrera s'est assez arr&#234;t&#233; sur cette donn&#233;e pendant l'entretien avec P&#225;gina/12 parce que &#8211; selon son hypoth&#232;se &#8211; c'est une donn&#233;e que les marins ont utilis&#233;e pour les s&#233;culariser, pour leur enlever l'image de religieuses et les mentionner comme des &#171; femmes &#187; et les faire rentrer, de quelque fa&#231;on, dans le groupe d'ennemis &#224; exterminer. Ce qu'il soutient sur cette &#233;poque, et a essay&#233; de d&#233;montrer pendant le proc&#232;s, c'est que malgr&#233; le renoncement, elles n'ont pas cess&#233; d'&#234;tre des nones. Qu'en France il y a eu un schisme au sein de la congr&#233;gation, qu'ont renonc&#233; en m&#234;me temps qu'elles quinze autres religieuses et que quand Alice est rentr&#233;e, elle s'est install&#233;e au m&#234;me endroit de Perugorr&#237;a o&#249; elle vivait et a maintenu des rencontres r&#233;guli&#232;res avec la chef de sa congr&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Perugorr&#237;a &#233;tait le c&#339;ur de l'ordre &#8211; dit l'avocat&#8211;. A tel point que quand la sup&#233;rieure venait, elle passait un mois l&#224;, elle s'installait avec elles, regardait tout &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce village, Alice a r&#233;it&#233;r&#233; l'engagement des premiers temps &#224; Buenos Aires. Elle &#233;tait sp&#233;cialiste en cat&#233;ch&#232;se pour handicap&#233;s. Quand elle est arriv&#233;e de France, elle a travaill&#233; dans le dioc&#232;se de Moron, o&#249; elle s'est occup&#233;e du fils &lt;strong&gt;handicap&#233;&lt;/strong&gt; du r&#233;presseur Jorge Videla. &#171; Le charisme de ces femmes les menait &#224; vivre comme les plus abandonn&#233;s &#8211; poursuit M&#233;ndez Carrera-&#8211;. Avant de partir pour Perugorr&#237;a, elle est rest&#233;e &#224; Villa Lugano cinq ans et elle s'est install&#233;e pr&#232;s de la d&#233;charge d'ordures, dans le lieu le plus proche de la d&#233;charge, parce que l&#224; se trouvaient les familles les plus abandonn&#233;es, qui vivaient et mangeaient des ordures. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 1977, la dictature avait tu&#233; un membre des &lt;i&gt;Liguas&lt;/i&gt;, en avait fait dispara&#238;tre d'autres, en avait enlev&#233; d'autres et d'autres &#233;taient &#224; la veille de l'&#234;tre. &#171; C'est &#224; dire que ce fut une catastrophe &#8211; dit l'avocat&#8211;. Et dans ce cadre, ils lui ont dit que si elle ne partait pas, des familles allaient continuer &#224; dispara&#238;tre, c'est ainsi qu'elle vient &#224; Buenos Aires pour essayer de faire des d&#233;marches, d'aider les familles de l&#224;-bas, celles qui avaient disparu et essayer de lib&#233;rer les autres et c'est ainsi qu'elle se lie avec Novak &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;v&#234;que Jorge Novak, de Quilmes, avait un bureau de Justice et Paix. Caty, le surnom avec lequel ils appelaient Alice, &#171; &#233;coutait et prenait note de toutes les personnes avec des enfants disparus et pas seulement cela, mais elle offrait une aide : en dehors d'un appui spirituel elle apportait un appui mat&#233;riel en essayant de leur offrir de quoi vivre. Elles leur donnaient de l'argent et les accompagnaient &#224; faire les d&#233;marches pour savoir ce qui s'&#233;tait pass&#233; avec ces personnes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des t&#233;moignages qui ont &#233;tay&#233; cette hypoth&#232;se dans le proc&#232;s fut celui de la sup&#233;rieure provinciale Evelina Irma Lamartine : deux fois elle a mentionn&#233; le mot &#171; connexion &#187; entre Alice et L&#233;onie, et M&#233;ndez Carrera assure que r&#233;cemment il a alors compris le fil conducteur de leurs histoires, il a arr&#234;t&#233; de s'interroger sur un engagement politique plus organique et de comprendre ce que maintenant il d&#233;finit comme le &#171; charisme &#187; de deux nones. &#171; Lamartine a dit qu'il y avait une connexion avec la maisonnette de L&#233;onie &#8211; explique M&#233;ndez Carrera-&#8211;. Caty amenait ces petits groupes &#224; L&#233;onie, l&#224; elles les nourrissaient, parce qu'il y avait un probl&#232;me d'alimentation, en plus. Chez L&#233;onie, ils faisaient une esp&#232;ce de pause, s'organisaient. Alice pr&#233;parait des recours d'&lt;i&gt;habeas corpus&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;v&#234;ch&#233; et accompagnait les gens pour les pr&#233;senter ou faire ce qu'il fallait. Alors, cette connexion qui existait entre L&#233;onie et Alice &#233;tait tr&#232;s intime. Alice est partie vivre chez L&#233;onie six mois avant d'&#234;tre enlev&#233;es, elles vivaient ensembles et s'appr&#233;cient profond&#233;ment &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;onie vivait dans une maison au toit de t&#244;le, &#224; c&#244;t&#233; d'une chapelle de Ramos Mej&#237;a. Elle assistait le cur&#233; durant les messes, elle &#233;tait professeur des enseignants de cat&#233;ch&#232;se, et fondamentale dans le quartier. Ils ont enlev&#233; Alice le 8 d&#233;cembre dans l'&#233;glise de la &lt;i&gt;Santa Cruz&lt;/i&gt;. Evelina l'a dit &#224; L&#233;onie au moment de partir. Toutes les trois avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es quelque temps avant dans l'un des coups de filet sur la Place de Mai, avec celles-ci l'avait aussi &#233;t&#233; une autre compagne, Ivonne Pierron, qui est sortie tout de suite du pays dans un avion de l'Ambassade de France. L&#233;onie a dit que non, qu'elle ne partirait pas, convaincue de ce qu'Alice allait sortir libre. Et elle est rest&#233;e &#224; l'attendre. Le samedi suivant, le 10 d&#233;cembre, le m&#234;me jour o&#249; ils enlevaient Azucena Villaflor en Avellaneda [banlieue sud de Buenos Aires], ils l'ont aussi enlev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ESMA&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; Tigre &#187; Acosta &#233;tait le chef du renseignement de l'ESMA. Ou selon les mots d'un des t&#233;moins, &#171; le directeur ex&#233;cutif &#187;. Dans les derni&#232;res audiences il a parl&#233; et apr&#232;s des heures, il a mentionn&#233; les religieuses, mais il ne les a pas nomm&#233;es comme des religieuses mais comme &#171; des femmes &#187;. Il a dit que pendant la semaine de la s&#233;questration l'ESMA &#233;tait ferm&#233;e. Et bien qu'il adm&#238;t l'infiltration d'Alfredo Astiz et m&#234;me la sienne, il a essay&#233; de dire que cet enl&#232;vement n'a pas &#233;t&#233; la fait de l'ESMA mais d'autres. Qu'il &#233;tait entrain de souffler le 10 d&#233;cembre la tarte d'anniversaire de sa fille &#224; Puerto Belgrano. &#171; Foutaises &#8211; dit l'avocat &#8211; une parodie. Toutes les donn&#233;es que nous avons recueillies nous permettent de dire que ce type n'a pas &#233;t&#233; &#224; Puerto Belgrano, mais &#224; Buenos Aires et s'il avait &#233;t&#233; l&#224;-bas il serait quand m&#234;me responsable. Ils inventent toute chose pour se justifier, parce que c'est la premi&#232;re fois qu'ils sont assis dans le banc des accus&#233;s avec une sentence sur le point de les tomber sur leurs t&#234;tes, pour homicide avec de la r&#233;clusion &#224; perp&#233;tuit&#233;, pour des faits tr&#232;s graves commis contre un groupe de civils sans d&#233;fense, mais curieusement ce groupe de civils sans d&#233;fense avec leurs foulards blancs les a battus, parce que si ces messieurs sont assis l&#224; c'est gr&#226;ce &#224; l'esprit de lutte in&#233;branlable de toutes ces femmes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qu'on sait aujourd'hui sur la s&#233;questration de L&#233;onie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'enl&#232;vement quatre personnes ont particip&#233;. Parmi elles, le &#171; &lt;i&gt;Loco &#187;&lt;/i&gt; [le fou] Su&#225;rez. Il avait &#233;t&#233; lieutenant de la Marine, il travaillait dans une entreprise multinationale. Il a travaill&#233; chez Ford et Coca-Cola &#224; Cordoba [en Argentine]. Il &#233;tait amateur du rugby et de chasse. Les samedis et les dimanches il se consacrait &#224; l'ESMA pour participer &#224; des op&#233;rations sp&#233;ciales. Et le &#171; &lt;i&gt;Loco &#187;&lt;/i&gt; Su&#225;rez est le fil conducteur qui nous permet d'arriver parfaitement &#224; l'ESMA, parce qu'il n'&#233;tait pas pompier, il n'&#233;tait pas &#224; l'Arm&#233;e : les samedis et les dimanches il &#233;tait l&#224;, parce que ce type le faisait par sport : de m&#234;me qu'il chassait des &#233;l&#233;phants en Afrique, il sortait pour chasser des religieuses ici, c'&#233;tait la m&#234;me chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la reconstruction de ce qui s'est pass&#233; avec elles &#224; l'int&#233;rieur de l'ESMA ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont fait deux parcours diff&#233;rents : Caty [Alice] a &#233;t&#233; dans la &#171; cave &#187;. L&#233;onie dans &#171; Capuchita &#187;, du samedi 10 au dimanche, elle a &#233;t&#233; bien. L'un des t&#233;moins la voit priant et disant : &#171; Je crois que ma s&#339;ur est aussi ici &#187;. Ils ont commis la cruaut&#233; de les s&#233;parer, bien que tout de suite ils les mettent ensemble pour la photo. Les deux ont subi des tortures. Un t&#233;moin, Graciela Garc&#237;a, a racont&#233; que quand ils lui ont appliqu&#233; la g&#233;g&#232;ne dans le vagin elle a eu une grande infection, elle veut dire que c'&#233;tait courant de torturer les femmes dans cette zone et ce fut tellement ainsi qu'apr&#232;s ils ont vu Alice qui ne pouvait pas marcher. Ou bien les ont an&#233;anties avec la g&#233;g&#232;ne, en plus de leur avoir fait &#233;clater la bouche, l'&#339;il, de leur laisser des bleus sur tout le visage, dans les bras, parce qu'ils les frappaient et elles se prot&#233;geaient, c'est pourquoi elles avaient les bras bleus. De par les &#233;l&#233;ments qu'Acosta a donn&#233;s, et les donn&#233;es du cas, on suppose qu'ils les ont d&#233;plac&#233;es peu de jours plus tard dans le vol de la mort du 14 d&#233;cembre, dans un avion pilot&#233; par les pilotes arr&#234;t&#233;s mardi (10 Mai). C'est connu aussi qu'&#224; l'int&#233;rieur de l'ESMA, &#171; Caty &#187; fut s&#233;par&#233;e d'Azucena. Mais que, de la m&#234;me fa&#231;on, les deux demandaient &#224; tous ceux qu'elles voyaient : quel est ton nom ? Elles leur demandaient ces infos convaincues qu'elles allaient sortir. Alice a demand&#233; de plus &#224; plusieurs reprises pour le &#171; gar&#231;on blond &#187;, comment allai-t-il, convaincue que parmi ceux enlev&#233;s se trouvait aussi Astiz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-168026-2011-05-12.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;P&#225;gina 12&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Buenos Aires, le 12 mai 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/?Traces-des-religieuses-francaises-Leonie-Duquet-et-Alice-Domon&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;El Correo&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; par &lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/?Traces-des-religieuses-francaises-Leonie-Duquet-et-Alice-Domon&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;El Correo&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Paris, 12 de mayo de 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Guerre sale en Argentine :Astiz parle et accuse la France de la mort de deux religieuses.</title>
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		<dc:date>2007-01-25T20:04:50Z</dc:date>
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		<dc:creator>Alejandra Dandan</dc:creator>



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&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois Astiz d&#233;clare devant un tribunal et il demande des preuves techniques sur la mort de deux religieuses fran&#231;aises L&#233;onie Duquet et Alice Domon et il accuse l'arm&#233;e fran&#231;aise et des agents de la France. &lt;br class='autobr' /&gt; El Correo, Paris, 25 janvier 2007. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ancien officier de marine argentin, Alfredo Astiz, d&#233;j&#224; condamn&#233; en France par contumace pour le meurtre de deux religieuses fran&#231;aises pendant la dictature militaire, a &#233;t&#233; interrog&#233; pendant plus de deux heures par le juge Sergio (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Argentine-98" rel="directory"&gt;Argentine&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois Astiz d&#233;clare devant un tribunal et il demande des preuves techniques sur la mort de deux religieuses fran&#231;aises L&#233;onie Duquet et Alice Domon et il accuse l'arm&#233;e fran&#231;aise et des agents de la France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;, Paris, 25 janvier 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien officier de marine argentin, Alfredo Astiz, d&#233;j&#224; condamn&#233; en France par contumace pour le meurtre de deux religieuses fran&#231;aises pendant la dictature militaire, a &#233;t&#233; interrog&#233; pendant plus de deux heures par le juge Sergio Torres, et a propos&#233; des &#034;preuves&#034; techniques de son innocence, selon le repr&#233;sentant sp&#233;cial pour les droits de l'homme aupr&#232;s du minist&#232;re argentin des Affaires &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration de l'ancien capitaine de fr&#233;gate est &#034;tr&#232;s int&#233;ressante&#034; parce qu'il avait toujours jusqu'&#224; pr&#233;sent refus&#233; de faire le moindre commentaire devant ses juges. Alfredo Astiz entend d&#233;montrer par ses &#034;preuves techniques&#034; qu'il est impossible que ces corps aient pu &#234;tre jet&#233;s &#224; la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;galement parl&#233; de la participation de l'Arm&#233;e fran&#231;aise dans l'entrainement des militaires argentins. Et il a encore maintenu que la responsabilit&#233; de la mort des deux religieuses fran&#231;aises revenait aux agents fran&#231;ais dans une affaire de r&#232;glement de comptes datant de la Guerre D'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Cela ne m'&#233;tonne pas que la France me poursuive en pr&#233;tendant me rendre responsable (des crimes) de tout ce qui est arriv&#233; et qui a &#233;t&#233; fait par ses agents secrets. Sur ce sujet, Astiz a demand&#233; &#224; la Justice un mandat d'arr&#234;t international contre le fran&#231;ais &#171; Ren&#233; et/ou Bertrand de Perseval ou Parseval &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien capitaine, pourtant ray&#233; des cadres de la marine, est en d&#233;tention pr&#233;ventive dans une base navale dans l'attente de son proc&#232;s, dont l'ouverture est pr&#233;vue cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement accus&#233; d'avoir &#233;t&#233; l'un des tortionnaires de l'Ecole de m&#233;canique de la marine (ESMA), l'un des principaux centres clandestins de d&#233;tention de la dictature, o&#249; sont pass&#233;es quelque 5.000 personnes, la plupart tortur&#233;es et assassin&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les connexions de Ford Motors &#224; la r&#233;pression de la dictature argentine dans les Ann&#233;es de Plomb</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Les-connexions-de-Ford-Motors-a-la-repression-de-la-dictature-argentine-dans-les-Annees-de-Plomb</link>
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		<dc:date>2006-02-27T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alejandra Dandan</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le chef de la s&#233;curit&#233; de l'usine Ford de Pacheco, Argentine, &#233;tait un militaire embauch&#233;, comme tout le personnel sous son commandement. Apr&#232;s l'enl&#232;vement de 25 d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux et la torture de deux d'entre eux, il a eu une promotion comme lieutenant-colonel. Et il a &#233;t&#233; ensuite engag&#233; pour la m&#234;me fonction par l'Ambassade des Etats-Unis. Il est parti &#224; la retraite en 2004. &lt;br class='autobr' /&gt; A l'Ambassade des Etats-Unis, ils ont lu les nouvelles dans les journaux de vendredi. La vieille affaire pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Argentine-98" rel="directory"&gt;Argentine&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le chef de la s&#233;curit&#233; de l'usine Ford de Pacheco, Argentine, &#233;tait un militaire embauch&#233;, comme tout le personnel sous son commandement. Apr&#232;s l'enl&#232;vement de 25 d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux et la torture de deux d'entre eux, il a eu une promotion comme lieutenant-colonel. Et il a &#233;t&#233; ensuite engag&#233; pour la m&#234;me fonction par l'Ambassade des Etats-Unis. Il est parti &#224; la retraite en 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_917 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L250xH188/doc-917-29ffa.jpg?1703248014' width='250' height='188' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Ford Falcon 1976
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A l'Ambassade des Etats-Unis, ils ont lu les nouvelles dans les journaux de vendredi. La vieille affaire pour la disparition de 25 ex d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux de la &lt;i&gt;Ford Motors Argentine&lt;/i&gt;, durant les premiers mois du coup d'&#233;tat militaire de 1976, a pris un nouveau d&#233;part &#224; partir d'une plainte &#224; double dimension. &#192; la plainte p&#233;nale d'il y a trois ans, les survivants viennent d'ajouter une plainte civile qui inclut la &lt;i&gt;Ford Moteur Company&lt;/i&gt; et ont int&#233;gr&#233; une demande de citation &#224; comparaitre et d'emprisonnement pour quatre ex directeurs de l'entreprise. Parmi eux, se trouve un lieutenant-colonel &#224; la retraite qui - selon la nouvelle plainte judiciaire - a travaill&#233;, apr&#232;s la Ford, comme membre du personnel de s&#233;curit&#233; de l'ambassade &#233;tasunienne en Argentine jusqu'au 27 f&#233;vrier 2004. La plainte judiciaire a en outre ajout&#233; une s&#233;rie de nouveaux documents d&#233;classifi&#233;s du D&#233;partement d'&#201;tat des Etats Unis, dont une pi&#232;ce clef pour comprendre l'&#034;alliance&#034; entre les compagnies priv&#233;es et les forces de s&#233;curit&#233; pendant la dictature. P&#225;gina/12 r&#233;v&#232;le une partie de ces documents et le profil du militaire de la Ford qui travaillait pour l'ambassade. &#034;Nous ne faisons pas de commentaires sur la question des contrats du personnel&#034;, a r&#233;pondu une source diplomatique face aux questions de ce journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire avec des majuscules de Ford Argentina a commenc&#233; le jour du printemps de 1961 o&#249; on a inaugur&#233; en coupant les rubans bleu ciel et blanc de la gigantesque usine de Pacheco, rappelle un vieil article qui raconte la vie de la filiale locale de la multinationale &#233;tasunienne. Deux ann&#233;es plus tard, le 15 juillet 1963, Pacheco donnait naissance &#224; la premi&#232;re Falcon produite compl&#232;tement dans le pays, sous les yeux du petit-fils lui m&#234;me d'Henry Ford, venu sp&#233;cialement pour la c&#233;r&#233;monie. &#034;J'ai &#233;t&#233; une familiale, j'ai &#233;t&#233; taxi, j'ai &#233;t&#233; champion de Tourisme Route, j'ai &#233;t&#233; tout. Dur, fort, infatigable : un titan &#034;, dit une Falcon dans l'article d'illustration. On oublie qu'elle a &#233;t&#233; plus que cela, ce fut un des symboles les moins remarqu&#233; de la dictature militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le temps, s'est pass&#233; &#224; l'usine de Pacheco la m&#234;me chose qui est arriv&#233; &#224; sa voiture f&#233;tiche. Devant la Commission Nationale sur la Disparition des Personnes (Conadep) un groupe d'ex d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux de la Ford a d&#233;nonc&#233; en 1983 que le terrain de sports de cette usine a fonctionn&#233; comme &#034;une caserne militaire&#034; : Au sein de la Ford, ont-ils dit, &#034; op&#233;rait un commando militaire compos&#233; par diff&#233;rentes forces de s&#233;curit&#233;&#034;. Les forces militaires ont &#233;t&#233; install&#233;es &#224; Pacheco dans un campement, ont occup&#233; les terrains de football et ont entour&#233; par un mur de toile un des deux &#171; &lt;i&gt;quinchos&lt;/i&gt; &#187;, depuis lors transform&#233; en centre de logement transitoire pour les travailleurs d&#233;tenus et d&#233;nonc&#233; au fil du temps comme un centre clandestin de d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs de l'usine savaient que les temps &#233;taient devenus durs apr&#232;s le coup. Pedro Troiani, un des ex d&#233;l&#233;gu&#233;s de l'usine, enlev&#233; et qu'a surv&#233;cu, se souvient encore une r&#233;union convoqu&#233;e par l'entreprise pour annoncer la suspension de l'activit&#233; corporative. Les militaires ont rapidement fait le reste du travail. A bord d'une F-100 avec laquelle les militaires parcouraient l'usine, le 24 mars trois compagnons de Troiani ont &#233;t&#233; enlev&#233;s et le 14 avril il a &#233;t&#233; enlev&#233;. De mars &#224; mai, les enl&#232;vements avec la camionnette Ford ont ajout&#233; au total 25 d&#233;l&#233;gu&#233;s ; tous appartenaient au groupe syndical form&#233; par 200 d&#233;l&#233;gu&#233;s d'une usine qui comptait 5.000 travailleurs. Les 25 ont techniquement disparu pendant une moyenne de 30 &#224; 60 jours, la moiti&#233; ont &#233;t&#233; enlev&#233;s dans leurs maisons et ont emmen&#233;s au commissariat du Tigre, organis&#233; comme centre clandestin. L'autre moiti&#233; a &#233;t&#233; enlev&#233;e sur leur lieu de travail, explique Tomas Ojea Quintana, avocat et repr&#233;sentant des plaignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, les travailleurs sont rest&#233;s plusieurs heures ou jours dans le &#171; &lt;i&gt;quincho&lt;/i&gt; &#187; du terrain de sports de la Ford. Ils &#233;taient ensuite transf&#233;r&#233;s au Tigre ou dans un commissariat de Maschwitz. Trente, quarante ou soixante jours plus tard, abandonnant la qualit&#233; de &#034;disparu&#034;, ils passaient dans les prisons de Devoto ou de Sierra Chica, arr&#234;t&#233;s &#224; la disposition du Pouvoir Ex&#233;cutif National. G&#233;n&#233;ralement, au bout d'une ann&#233;e ils &#233;taient transf&#233;r&#233;s &#224; la Plata, o&#249; ils retrouv&#233; la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ont-ils &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s ? Pourquoi ont-ils surv&#233;cu ? Pourquoi les ont-ils enlev&#233;s &#224; ciel ouvert en se d&#233;ployant de fa&#231;on ostensible dans l'usine ? Les d&#233;l&#233;gu&#233;s ne savent toujours pas gr&#226;ce &#224; qui ils ont surv&#233;cu, mais ils sont convaincus que l'entreprise autorisait les mouvements des militaires, la d&#233;tention d'armes et les menaces, pour d&#233;truire le syndicalisme dans l'usine. Ils ont appel&#233; cette m&#233;thodologie 'terrorisme d'Entreprise' et ont d&#233;nonc&#233; quatre directeurs et un militaire comme les responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'autre terrorisme &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de la documentation reprise pendant les trois ans d'enqu&#234;te de la Cour F&#233;d&#233;rale N&#186; 3, des t&#233;moignages des victimes et des nombreux t&#233;moins, les ex d&#233;l&#233;gu&#233;s de la Ford sont arriv&#233;s &#224; construire une hypoth&#232;se sur la logique des enl&#232;vements. Cette &#233;poque &#233;tait une des plus prosp&#232;res de l'usine, avec des salari&#233;s politis&#233;s qui exigeaient des augmentations de salaires et r&#233;clamaient des am&#233;liorations dans les mauvaises conditions de travail. Ce qui selon Troiani, les g&#234;nait. Dans la plainte judiciaire, il a expliqu&#233; : &#034;L'entreprise a lanc&#233; et a ex&#233;cut&#233; un plan pr&#233;cis et concret pour se d&#233;faire de fa&#231;on violente de l'activit&#233; corporative et syndicale (...) s'appuyant sur l'appareil engendr&#233; par le terrorisme d'&#201;tat, bien qu'en fournissant aussi, comme jamais avant cela ne s'&#233;tait produit, des installations propres pour le fonctionnement d'un Centre Clandestin de D&#233;tention et pour le maintien du personnel militaire et de s&#233;curit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, les directeurs de l'entreprise jouent un r&#244;le essentiel dans l'ex&#233;cution de ce plan. Pour les salari&#233;s, les responsables sont Nicol&#225;s Enrique Courard, pr&#233;sident et repr&#233;sentant l&#233;gal de la compagnie &lt;i&gt;Ford Moteur Argentine SA&lt;/i&gt; ; Pedro Muller, directeur de production ; Guillermo Gal&#225;rraga, en charge de la gestion des Relations Industrielles, et de H&#233;ctor Francisco Sibilla, le militaire retrait&#233; de l'Arm&#233;e, engag&#233;e ensuite par l'Ambassade les Etats-Unis, qui &#233;tait le chef de S&#233;curit&#233; de l'usine de Pacheco et &#233;lev&#233; le 26 juillet 1978, apr&#232;s les enl&#232;vements des syndicalistes, au rang du lieutenant -colonel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En accord avec cette affaire, Sibilla, &#034;avait le contr&#244;le de toute l'usine et le d&#233;tenait encore &#224; l'&#233;poque o&#249; les forces militaires occupaient le terrain de sports, ce qui fait qu'il avait connaissance des enl&#232;vements et du transfert de ceux qui avaient &#233;t&#233; enlev&#233;s du Centre Clandestin de D&#233;tention jusqu'au Commissariat du Tigre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les t&#233;moignages, Sibilla &#233;tait un des personnes de l'entreprise qui a pris part aux interrogatoires des d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux retenus &#034;pour obtenir une information li&#233;e &#224; l'activit&#233; corporative dans l'usine&#034;. Et Sibilla n'&#233;tait pas le seul membre des forces de s&#233;curit&#233; engag&#233; par la compagnie. Les t&#233;moignages indiquent la m&#234;me origine pour toutes les personnes qui travaillaient comme membre de la s&#233;curit&#233; de la Ford, une donn&#233;e qui cr&#233;dite l'hypoth&#232;se qu'il existait, selon les avocats, &#034;une coordination logistique entre l'entreprise Ford et les forces militaires&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Francisco Guillermo Perrotta n'&#233;tait pas un ouvrier mais un des 2.500 employ&#233;s administratifs de l'usine qui jusqu'&#224; la moiti&#233; des ann&#233;es 70 n'avaient pas de repr&#233;sentants du personnel. Comme employ&#233; du Bureau d'Analyse de Co&#251;t de Mat&#233;riel et Inventaire, Perrotta g&#233;rait une information d&#233;taill&#233;e et volumineuse sur des questions internes de l'usine. Avec un autre d&#233;l&#233;gu&#233; du secteur financier, ils ont &#233;t&#233; les deux uniques personnes tortur&#233;es avec la g&#233;g&#232;ne. Dans le cas de Perrotta, la plainte dit, &#034;l'entreprise a d&#233;cid&#233; de prendre part de fa&#231;on directe &#224; son interrogatoire par le biais du chef de S&#233;curit&#233; de l'usine&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perrotta a rapport&#233; son passage &#224; la torture dans son t&#233;moignage dans la plainte. &#034;A la question s'il a reconnu Sibilla comme un de ses tortionnaires au Commissariat 1&#170; du Tigre, il a r&#233;pondu qu'il n'a pas reconnu Sibilla comme celui qui l'interrogerait&#034; mais il a d&#233;crit comme &#034;la seconde personne qui sugg&#233;rait &#224; celui qui l'interrogeait de lui demander telle ou telle chose&#034;. &#034;Il lui a paru que la voix de la personne qui l'interrogeait se confondait avec celle de Sibilla, mais comme il se trouvait avec le visage band&#233; et avec les souffrances propres des torture, s il n'a jamais pu voir le visage de l'interrogateur&#034;. Ses interrogateurs ont mentionn&#233; des donn&#233;es et des noms internes &#224; la Ford comme s'ils savaient de qui ils parlaient. Pendant tout ce temps, Perrotta &#233;tait tortur&#233; &#224; la g&#233;g&#232;ne : &#034;Ils le d&#233;v&#234;taient et ils l'attachait &#224; une esp&#232;ce de cadre de fer et le ils pla&#231;aient un anneau dans le doigt du pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, ils le mouillaient avec eau et ils lui appliquaient des d&#233;charges &#233;lectriques sur les parties g&#233;nitales, dans la poitrine et dans la bouche &#034;. Dans sa d&#233;claration, il a rappel&#233; que &#034;ils lui ont appliqu&#233; cette m&#233;thode lors de quatre ou cinq s&#233;ances&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la cour la participation de Sibilla aux s&#233;ances de torture ne l'a pas surpris. &#034;cela ne doit pas surprendre qu'il ait pris part &#224; cet interrogatoire et &#224; d'autres actions - ont-ils indiqu&#233; -, puisqu'il appartenait aux Forces Arm&#233;es, en ayant &#233;t&#233; &#233;lev&#233; lieutenant-colonel apr&#232;s l'&#233;radication du syndicalisme et la mise au pas des employ&#233;s de l'entreprise Ford&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ambassade des Etats-Unis a fait honneur &#224; ses m&#233;rites. Apr&#232;s son passage par Ford, Sibilla a &#233;t&#233; embauch&#233; comme personnel de s&#233;curit&#233; du si&#232;ge diplomatique fonction qu'il a occup&#233; jusqu'2004. Ce fut l'ambassade elle-m&#234;me qui a fourni cette information quand les parties l'ont sollicit&#233;. P&#225;gina/12 a demand&#233; &#224; un porte-parole de l'ambassade le motif de l'embauche du militaire que les d&#233;l&#233;gu&#233;s indiquent comme un de leurs r&#233;presseurs. &#034;En g&#233;n&#233;ral l'Ambassade des Etats-Unis ne fait pas de commentaires sur les d&#233;cisions internes concernant ses employ&#233;s&#034; ont-ils discr&#232;tement expliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Histoire des enl&#232;vements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_918 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L200xH195/doc-918-3a54a.jpg?1703248014' width='200' height='195' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'affaire des ex d&#233;l&#233;gu&#233;s de la Ford a commenc&#233; d&#232;s qu'a pris fin la dictature militaire. Un groupe d'ex travailleurs dirig&#233;s par Pedro Troiani s'est approch&#233; de la Commission Nationale sur la Disparition de Personnes demandant d'inclure aux victimes les 25 d&#233;l&#233;gu&#233;s de l'usine de Pacheco enlev&#233;s entre mars et mai 1976 &#224; cause de leur activit&#233; syndicale d&#233;velopp&#233;e dans l'usine. Bien que la demande ait obtenue un premier &#233;lan, n'a pas perc&#233; au grand jour jusqu'&#224; 1998 quand - comme beaucoup d'autres affaires locales en but&#233; avec les lois d'impunit&#233; - la CTA a d&#233;cid&#233; de promouvoir cette affaire devant le tribunal espagnol du de Baltazar Garzon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sentation &#224; l'&#233;tranger de l'affaire a servi &#224; mobiliser &#224; l'opinion publique nationale et internationale sur les &#233;v&#233;nements soufferts par Troiani et ses camarades, mais les plaintes juridiques sur le fond n'ont avanc&#233; qu'il y a trois ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cent jugement en nullit&#233; des lois d' &#171; Ob&#233;issance Due &#187; et du &#171; Point Final &#187; a habilit&#233; une voie judiciaire locale devant la Cour F&#233;d&#233;rale N&#186; 3, &#224; la charge de Daniel Rafecas. Jeudi pass&#233;, cette derni&#232;re &#233;tape de la plainte judiciaire a pris un nouvel envol. &#034;Se sont d&#233;j&#224; &#233;coul&#233;es trois ann&#233;es et plusieurs mois de recherche dans un dossier de presque mille pages&#034;, a indiqu&#233; lors de la pr&#233;sentation judiciaire, Pedro Troiani, qui en sa qualit&#233; de plaignant, a r&#233;clam&#233; au juge pour la premi&#232;re fois la d&#233;tention et la citation &#224; comparaitre d'un militaire et de quatre directeurs de la Ford, dont H&#233;ctor Francisco Sibilla.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A plusieurs occasions, les d&#233;l&#233;gu&#233;s ont demand&#233; &#224; la Justice une inspection de visu sur le terrain, comme on a fait dans l'Olimpo (tristement c&#233;l&#232;bre camp de concentration) ou dans les lieux qu'ils ont fonctionn&#233; comme centres clandestins de d&#233;tention, a expliqu&#233; l'avocat Tomas Ojea Quintana, repr&#233;sentant des d&#233;l&#233;gu&#233;s. En 1998, quand P&#225;gina/12 s'est fait l'&#233;cho de la plainte pr&#233;sent&#233;e par la CTA en Espagne, l'entreprise a ni&#233; tout lien de Pacheco avec un camp de d&#233;tention. Son directeur des relations institutionnelles, Jorge Di Nucci, a insist&#233; que d'une mani&#232;re ou d'une autre &#034;il n'y a pas eu l&#224; de centres de d&#233;tention&#034;. Dans cette m&#234;me logique, l'entreprise a dit que les d&#233;l&#233;gu&#233;s ont d&#233;j&#224; fait &#224; juste titre un proc&#232;s au titre du droit du travail, proc&#232;s qu'ils reconnaissent avoir gagn&#233;. Toutefois, ni l'une ni l'autre explication ne para&#238;t suffisante. Les employ&#233;s ont eu recours &#224; ce proc&#232;s au terme du droit du travail pour les indemnisations en suspens &#224; cause des renvois, parce c'&#233;tait la seule chose qu'ils avaient &#224; port&#233;e de main. Selon les mots d'Ojea Quintana, &#034;ce fut la seule chose qu'il ont pens&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la semaine derni&#232;re, ces m&#234;mes d&#233;l&#233;gu&#233;s ont fait les premiers pas pour faire avancer maintenant une proc&#233;dure civile au niveau local semblable &#224; celle qui a &#233;t&#233; ouverte et puis retir&#233;e en janvier 2004 aux Etats-Unis contre la &lt;i&gt;Ford Motors Company&lt;/i&gt; pour les enl&#232;vements et la disparition forc&#233;e de 25 d&#233;l&#233;gu&#233;s. Cette plainte n'a pas pu &#234;tre suivie compte tenu des changements de jurisprudence interne. Les avocats l'ont retir&#233;e et ont ouvert maintenant une route pour promouvoir cette m&#234;me plainte &#224; l'int&#233;rieur du pays. Contrairement &#224; la l&#233;gislation p&#233;nale, le civil emp&#234;che de porter plainte sur une affaire qui remonte &#224; plus de deux ann&#233;es. Pour cette raison, les avocats des d&#233;l&#233;gu&#233;s de la Ford n'ont pas ouvert l'affaire par une plainte contre la Ford. &#192; travers une question, ils ont demand&#233; &#224; un juge civil de se prononcer en faveur ou contre l'imprescriptibilit&#233; des crimes l&#232;se-humanit&#233; dans le domaine civil, o&#249; il n'existe pas d'ant&#233;c&#233;dents de ce type.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Relations avec la matrice&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_919 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L200xH273/doc-919-aac3f.jpg?1703248014' width='200' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La relation et le niveau d'&#233;changes entre l'usine argentine de la Ford et la &lt;i&gt;Ford Moteur Company&lt;/i&gt; &#233;tasunienne est un autre des points sur lesquels l'enqu&#234;te avance. La Ford locale n'&#233;tait pas une succursale de la compagnie &#233;tasunienne, bien qu'il existe un contr&#244;le logistique, op&#233;rationnel et financier de l'entreprise. A cot&#233; de cela, on ne sait pas jusqu'o&#249; ce qui arrivait aux travailleurs argentins &#233;tait connu &#224; la maison m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les seuls indices d'&#233;change d'information d'un c&#244;t&#233; et de l'autre sont limit&#233;s aux informations de type commercial et administratif. Par exemple, on a trouv&#233; maintenant une s&#233;rie d'archives entre les mains du D&#233;partement d'&#201;tat am&#233;ricain, d&#233;classifi&#233;s, sur la possibilit&#233; d'un &#233;change commercial de la &lt;i&gt;Ford Argentine&lt;/i&gt; avec La Havane, ce pourquoi ils avaient besoin d'une m&#233;diation des Etats-Unis. A cot&#233; de cela, l'avocat Tomas Ojea Quintana indique un &#233;l&#233;ment frappant. Tout ce qui concernait les dossiers du personnel de l'entreprise &#233;tait en espagnol, mais ceux des secteurs les plus sensibles, comme les finances, &#233;taient &#233;crit en anglais. Pour l'avocat, les croisements d'information avec le si&#232;ge des Etats-Unis serait un signal de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'alliance du capital et des flingues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_920 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L200xH251/doc-920-b93dc.jpg?1703248015' width='200' height='251' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un rapport de l'ambassade r&#233;v&#232;le comment &#233;taient coordonn&#233;s entre des entreprises et des militaires les enl&#232;vements de dirigeants syndicaux. L'affaire des ex d&#233;l&#233;gu&#233;s de la Ford contient un document d&#233;classifi&#233; du D&#233;partement d'&#201;tat des Etats-Unis, consid&#233;r&#233; comme une pi&#232;ce qui sugg&#232;re qui &#339;uvrait pour ce terrorisme d'&#201;tat. C'est un rapport fourni par l'ambassade des Etats-Unis en Argentine au D&#233;partement d'&#201;tat &#224; la suite de l'enl&#232;vement de 19 travailleurs de l'usine de Lozadur c&#233;ramique. Le document rend compte non seulement des circuits d'&#233;change d'information, mais avec plusieurs d&#233;tails qui renforcent l'hypoth&#232;se de l'existence d'une alliance entre les forces de s&#233;curit&#233; et les entreprises dans les politiques de r&#233;pression. La photo est en haut la premi&#232;re page du dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le document dat&#233; &#224; Buenos Aires du 14 juin 1978 porte comme r&#233;f&#233;rence &#034;&lt;i&gt;Disappearance of ceramics workers in 1977&lt;/i&gt;&#034; (Disparition de travailleurs de l'union c&#233;ramistes en 1977). Le contenu rapporte la relation entre les directeurs usines et forces de s&#233;curit&#233; pour la disparition des travailleurs de l'usine de c&#233;ramique des alentours de Bella Vista.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir mentionn&#233; que &#034;une source&#034; a inform&#233; la disparition de &#034;entre 15 et 20 travailleurs de Lozadur en novembre 1977&#034; et &#034;5 &#224; 10 dans d'autres usines du m&#234;me secteur et &#224; la m&#234;me &#233;poque&#034;, le document explique que ces disparitions sont arriv&#233;es &#224; un moment de conflit syndical sur les mauvaises conditions de travail et les salaires insuffisants, avec une feinte de collaboration des travailleurs et un lockout de l'entreprise qui a eu pour cons&#233;quence 350 renvois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte continue avec un commentaire &#034;d'une source prot&#233;g&#233;e de la direction&#034; de Lozadur qui la d&#233;lie de tout type de responsabilit&#233; sur la disparition des travailleurs, &#034;en soutenant que l'Arm&#233;e s'est infiltr&#233;e dans l'usine par sa propre initiative. Et il n'avait aucune n&#233;cessit&#233; de consulter &#224; la direction pour identifier ou agir contre les suspects montoneros (Opposition arm&#233;e p&#233;roniste) &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le paragraphe suivant, celui qui &#233;tait charg&#233; de faire le rapport et le remettre aux Etats-Unis a n&#233;glig&#233; les sources de la direction de Lozadur pour rendre compte d'un commentaire &#233;labor&#233; en nom propre &#224; partir du contact avec &#034;des autorit&#233;s des agences de s&#233;curit&#233;&#034;. L&#224; appara&#238;t la caract&#233;risation du lien qui existait entre les entreprises et les forces de s&#233;curit&#233;, &#233;l&#233;ment qui int&#233;resse le plus ceux qui travaillent sur les affaires de terrorisme d'&#201;tat :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous croyons qu'en g&#233;n&#233;ral il y a un degr&#233; &#233;lev&#233; de coop&#233;ration entre des directeurs et les agences de s&#233;curit&#233; - dit le rapport - visant &#224; &#233;liminer des terroristes infiltr&#233;s des lieux de travail industriels, et &#224; diminuer le risque de conflits dans l'industrie. Des autorit&#233;s de s&#233;curit&#233; ont r&#233;cemment expliqu&#233; &#224; l'ambassade - sans r&#233;f&#233;rence sp&#233;ciale au cas de Lozadur - qu'elles font beaucoup plus attention qu'avant quand elles re&#231;oivent des plaintes des directeurs sur un activisme terroriste suppos&#233; dans les usines industrielles, qui pourraient &#234;tre en r&#233;alit&#233; &#224; peine des cas de l&#233;gitime (bien qu'ill&#233;gal) activisme syndical.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Tomas Ojea Quintana, le paragraphe est une autre preuve de poids. Il renforce l'hypoth&#232;se que la Ford, comme un grand nombre d'entreprises, est mont&#233;e au cr&#233;neau de la r&#233;pression pour se d&#233;faire du personnel le plus conflictuel de l'usine.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-63617-2006-02-26.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;P&#225;gina 12&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; Buenos Aires, 26 f&#233;vrier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'espagnol pour El Correo de :&lt;/strong&gt; Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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