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		<title>Cuba </title>
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		<dc:creator>Carlos Gabetta</dc:creator>



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&lt;p&gt;Et Fidel recommence &#224; surprendre. Surtout ceux qui depuis des ann&#233;es pr&#233;disent qu'il... &lt;br class='autobr' /&gt; En Angola et au Mozambique ; en &#201;thiopie et &#224; Mogadiscio s'installaient des gouvernements nationalistes et populistes appuy&#233;s par l'URSS ; le mouvement antiapartheid s'universalisait, et en Afrique du Sud, depuis la prison o&#249; il a fini pour passer 27 ans de sa vie avant de lib&#233;rer sa race et son pays bien des ann&#233;es apr&#232;s, Nelson Mandela illuminait la plan&#232;te de militants, de combattants et de r&#234;veurs. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Fil-rouge" rel="directory"&gt;Fil rouge&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Et Fidel recommence &#224; surprendre. Surtout ceux qui depuis des ann&#233;es pr&#233;disent qu'il...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Angola et au Mozambique ; en &#201;thiopie et &#224; Mogadiscio s'installaient des gouvernements nationalistes et populistes appuy&#233;s par l'URSS ; le mouvement &lt;i&gt;antiapartheid&lt;/i&gt; s'universalisait, et en Afrique du Sud, depuis la prison o&#249; il a fini pour passer 27 ans de sa vie avant de lib&#233;rer sa race et son pays bien des ann&#233;es apr&#232;s, Nelson Mandela illuminait la plan&#232;te de militants, de combattants et de r&#234;veurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, en France, en Allemagne et en Italie et un peu partout dans le monde capitaliste d&#233;velopp&#233;, des millions de jeunes gens pr&#244;naient l'amour et la solidarit&#233;, le &lt;i&gt;peace and love&lt;/i&gt; d&#233;j&#224; l&#233;gendaire. Des intellectuels et des artistes suivaient en masse l'illusion et la lutte. Jane Fonda visitait Hanoi en pleine guerre et des centaines de milliers de personnes d&#233;filaient &#224; Washington et en Californie contre l'occupation du Vi&#234;t-Nam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ration de la femme, l'amour libre, mai 68 et son utopie libertaire, l'id&#233;e que les droits humains sont aussi -et peut-&#234;tre avant tout- &#233;conomiques et sociaux, explosaient. S'est d&#233;velopp&#233; un la&#239;cisme ferme mais respectueux de la foi. Juan XXIII convoquait le Concile Vatican II, qui a d&#233;cr&#233;t&#233; &#034;l'option des pauvres&#034; de l'&#201;glise Catholique. Dans tous les pays, des milliers de cur&#233;s et des nonnes laissaient leur paroisse pour vivre ensemble et lutter non plus avec pauvres et abandonn&#233;s, mais avec les exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas trop d'ajouter &#224; cette &#233;num&#233;ration, incompl&#232;te et un peu acronyque, les r&#233;voltes contre l'URSS qui ont &#233;clat&#233; en Hongrie et Tch&#233;coslovaquie et les plaintes contre le &lt;i&gt;goulag&lt;/i&gt; sovi&#233;tique, puisqu'elles &#233;taient anim&#233;es par le m&#234;me esprit de libert&#233;. Ces faits ont g&#233;n&#233;r&#233; d'&#233;normes divisions dans la gauche et le progressisme en g&#233;n&#233;ral, mais n'ont pas diminu&#233; la force du mouvement global. L'URSS avait encore un &#233;norme prestige -gagn&#233; &#224; la force de ses conqu&#234;tes sociales et de sa participation d&#233;cisive dans l'&#233;chec du nazisme- et ces &#233;v&#232;nements apparaissaient comme mineurs ou moins urgents compar&#233;s aux crimes du capitalisme et de l'opportunit&#233; d'en finir avec eux, pr&#233;sents tout autour de la plan&#232;te. Comme disait un ami d'alors, &#034;aujourd'hui celui qui ne s'engage pas dans quelque chose, ou il est b&#234;te, ou il n'a pas de c&#339;ur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux armes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Am&#233;rique Latine, un sous-continent qui a connu des ann&#233;es d'une notable croissance &#233;conomique et d'in&#233;galit&#233; et d'humiliation, cet air &#233;tait respir&#233; avec ferveur. Les d&#233;mocraties populistes &#233;chouaient par leurs propres limites ou, en derni&#232;re instance par les coups d'&#201;tat, les assassinats, la r&#233;pression massive et la suppression des libert&#233;s et des conqu&#234;tes sociales. Le coup de 1954 au Guatemala, contre le colonel Jacobo Arbenz, a mis une arme aux mains du jusqu'alors m&#233;decin humanitaire Ernesto Guevara et dans celles de milliers de jeunes gens, &#233;tudiants et ouvriers, y compris les pr&#234;tres, qui ont d&#233;cid&#233; que c'&#233;tait l'unique chemin. La tradition de Sandino, de Mart&#237; et, plus tard, les &lt;i&gt;montoneras&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupes civils combattant aux c&#244;t&#233;s des forces r&#233;guli&#232;res, ou contre elles&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, San Mart&#237;n, Bolivar, Toussaint Louverture et la r&#233;sistance indig&#232;ne leur mettait de la terre ferme sous les pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gauche et le progressisme s'&#233;taient divis&#233;s face &#224; cette option, mais les coups d'&#201;tat dans presque tous les pays, comme celui de 1966 en Argentine contre le d&#233;mocratique, pacifique et efficace national-r&#233;formiste Arturo Illia&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#233;sident argentin entre 1963 et 1966&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et, surtout, celui de 1973 contre le gouvernement de Salvador Allende (au Chili), ont tranch&#233; le d&#233;bat. Au moins jusqu'&#224; des ann&#233;es plus tard, apr&#232;s les &#233;checs des gu&#233;rillas et l'implosion de l'URSS. Les critiques de cette option - et il y en a plusieurs possibles, avec le recul historique - ont l'habitude d'omettre sauf exception, que les gu&#233;rillas ont &#233;t&#233; loin d'&#234;tre des mouvements isol&#233;s du reste des luttes sociales et politiques. En Argentine, par exemple, on a l'habitude de d&#233;daigner que les deux organisations arm&#233;es les plus importantes, Montoneros et l'Arm&#233;e R&#233;volutionnaire du Peuple (ERP), sont n&#233;es apr&#232;s des r&#233;bellions populaires massives et violentes, comme le &#034;cordobazo&#034; et le &#034;rosariazo&#034;, suivies de plusieurs autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de toute cette p&#233;riode, des moments d'apog&#233;e et d'espoir jusqu'&#224; ceux d'obscurit&#233; et de d&#233;pression post&#233;rieurs aux &#233;checs militaires et &#224; la fin de l'URSS, la R&#233;volution Cubaine s'est maintenue debout, comme un phare. Cela avait &#233;t&#233; avant l'expression r&#233;elle des r&#234;ves ; c'&#233;tait devenu alors la r&#233;f&#233;rence unique dans une mer en furie. En ce qui concerne le d&#233;but, il suffit d'&#233;voquer l'&#233;pop&#233;e du Gramma : 82 visionnaires dans une coquille de noix en traversant la mer des Cara&#239;bes ; l'embuscade et le massacre apr&#232;s avoir d&#233;barqu&#233; ; la r&#233;union des 14 survivants encercl&#233;s, bless&#233;s et presque sans armes et Fidel Castro qui harangue &#224; cette troupe de battus : &#034;compagnons, nous sommes &#224; Cuba : la R&#233;volution a triomph&#233; !&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de sp&#233;culations peuvent &#234;tre faites sur des facteurs comme la chance et le hasard dans ce type de circonstances. Soulignons ici deux autres facteurs : la volont&#233; et le courage qui dans le cas cubain ont transform&#233; un d&#233;lire en v&#233;rit&#233; de l'histoire. Dans des situations nettement moins dramatiques, m&#234;me dans le combat &#233;l&#233;mentaire de principes et d'id&#233;es qui est le l'&#226;me de l'activit&#233; politique, la majorit&#233; &#233;crasante des hommes politiques baissent la t&#234;te. Dans le cas cubain, la volont&#233; et le courage &#233;taient des attributs de la conscience et de la raison politiques, et ont recommenc&#233;s &#224; se manifester apr&#232;s la chute de l'URSS, pendant la soi-disant &#034;p&#233;riode sp&#233;ciale&#034;. Si ce n'est que cette fois, ils n'ont pas &#233;t&#233; une poign&#233;e de volontaires, mais une soci&#233;t&#233; enti&#232;re qui a support&#233; les assauts continuels, guid&#233;e dans cette guerre, comme dans les autres, par Fidel Castro et le Parti Communiste de Cuba (PCC). Les Cubains &#233;taient d&#233;j&#224; en bonne sant&#233;, &#233;duqu&#233;s, fiers d'eux m&#234;mes. Abandonn&#233;s &#224; leur destin, ils ont d&#233;montr&#233; en plus qu'ils &#233;taient souverains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils &#233;taient d&#233;j&#224; en conflit avec leur R&#233;volution et avec leur leader ; le processus r&#233;volutionnaire exhibait d&#233;j&#224; les m&#234;mes fissures qui avaient achev&#233;es l'URSS (2) et ils avaient d&#233;j&#224; leurs propres morts dans le placard et quelque honte &#224; cacher. Mais &#224; la chute de l'URSS, les Cubains se sont eux-m&#234;mes vu avant la R&#233;volution ; ils ont regard&#233; ce qui s'&#233;tait pass&#233; dans le monde capitaliste n&#233;olib&#233;ral ; ils se sont rappel&#233; toutes les agressions externes subies et ils ont d&#233;cid&#233; de continuer en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un demi-si&#232;cle d'agressions.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;contentement du peuple cubain &#224; propose d'une multitude de probl&#232;mes et de manques est ancien et actuellement atteint des sommets dangereux d'indiff&#233;rence parce que le syst&#232;me, tel qu'il est, simplement ne donne plus de soi. Mais on a l'habitude d'oublier qu'il ne s'est jamais rebell&#233; massivement, bien que beaucoup de citoyens soient arm&#233;s. Quel r&#233;gime latinoam&#233;ricain, aussi r&#233;pressif qu'il puisse &#234;tre, serait pass&#233; par les avatars d'un demi-si&#232;cle de la R&#233;volution cubaine, surtout par la dramatique &#034;p&#233;riode sp&#233;ciale&#034;, sans vivre des r&#233;voltes massives, une r&#233;sistance syst&#233;matique ?&lt;br /&gt;
La r&#233;ponse est dans le miroir de la R&#233;volution : la fin des dictatures militaires latinoam&#233;ricaines de droite, bien qu'&#224; la diff&#233;rence de Cuba, elles disposaient de l'appui important de nombreux de pays d&#233;mocratiques et des m&#233;dias internationaux, les m&#234;mes qui &#233;taient scandalis&#233;s et sont scandalis&#233;s par le manque de libert&#233; dans l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a pas besoin de rappeler ici dans le d&#233;tail le demi-si&#232;cle d'agressions men&#233;es par les &#201;tats-Unis ; l'invasion, les assassinats, les tentatives d'assassinats, le sabotage, l'asphyxie &#233;conomique. La l&#226;chet&#233; des pays qui ont accept&#233; l'exclusion de Cuba de l'Organisation des &#201;tats Am&#233;ricains (OEA) et qui n'ont jamais interrog&#233;s les &#201;tats-Unis pour ces faits, prouv&#233;s et v&#233;rifi&#233;s dans beaucoup de cas. Le suivisme europ&#233;en sur ce point, qui a dur&#233; des d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut qualifier l'attitude des &#201;tats-Unis de &#034;pathologique&#034; avec Cuba. En effet, ils ont des excellentes relations avec le Vi&#234;t-Nam, qui les a vaincu &#224; la guerre, et avec la Chine ; pour ne pas parler de toutes les autres dictatures, de th&#233;ocraties et de d&#233;mocraties de fa&#231;ade de la plan&#232;te. Le probl&#232;me des &#201;tats-Unis avec le r&#233;gime cubain et avec Fidel Castro en particulier, consiste en ce qu'ils n'ont jamais r&#233;ussi &#224; les faire plier ; ils n'ont jamais obtenu la moindre concession sur les principes. Ils n'ont jamais obtenu que Fidel fasse un faux pas d&#233;cisif. Au contraire, le Cubain a toujours contre-attaqu&#233; ; il a toujours r&#233;ussi &#224; les surprendre. Qu'une &#238;le lilliputienne maintienne cette attitude tout au long d'un demi-si&#232;cle, s'av&#232;re insupportable pour tout empire. Surtout lorsqu'elle se trouve &#224; seulement 90 milles nautiques de distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se demande aussi si cette &#034;politique&#034; &#233;tasunienne a nui au r&#233;gime communiste ou, au contraire, si elle lui a permis de se fermer et de se consolider derri&#232;re l'excuse de l'agression externe. Il n'est pas n&#233;cessaire d'approfondir cette discussion ; c'est mieux de la laisser aux historiens. Mais il n'est pas vrai que Fidel Castro et le PCC n'ont jamais envisag&#233; d'ouverture. Je peux vous donner un t&#233;moignage de cela avec un exemple. En 1990 j'ai couvert pour un hebdomadaire espagnol les &#233;lections au Nicaragua convoqu&#233;es par la R&#233;volution Sandiniste. Avec quelques journalistes &#233;trangers sympathisants de la R&#233;volution Cubaine et amis de certains de ses dirigeants, j'ai &#233;t&#233; assi&#233;g&#233; par de nombreux appels t&#233;l&#233;phoniques et des convocations de l'ambassade cubaine &#224; Managua. &#034; Les Cubains &#034;voulaient savoir. Fidel Castro en personne suivait avec la plus grande attention la premi&#232;re exp&#233;rience d'une R&#233;volution qui jouait tout dans des &#233;lections libres. Le sandinisme a clairement perdu alors. Mais on ne peut pas dire que ce fut totalement dans les r&#232;gles. Les journalistes nous avons aussi &#233;t&#233; t&#233;moins de l'augmentation de la pression arm&#233;e de la part de la &#034;contra&#034; financ&#233;e par les &#201;tats-Unis ; de l'anxi&#233;t&#233; dans des milliers de foyers, parce que la guerre durait depuis des ann&#233;es et qu'elle avait emport&#233; beaucoup de jeunes vies. L'impossibilit&#233; sandiniste d'offrir moins de sacrifices et les millions de dollars venus de qui sait o&#249; et d&#233;pens&#233;s par l'opposition dans les promesses de paix - qui pouvait r&#233;ussir oui, bien s&#251;r -ont d&#233;cr&#233;t&#233; l'&#233;chec sandiniste. Fidel a class&#233; sans suite alors le projet d'ouverture, peu importe ce qu'il &#233;tait. Un regard sur le Nicaragua &#034;d&#233;mocratique&#034; d'aujourd'hui suffit pour lui donner raison. Le Nicaragua a recul&#233; d'un si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'heure des changements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Fidel recommence &#224; surprendre. Surtout ceux qui depuis des ann&#233;es pr&#233;disent qu'il va mourir de &#224; la t&#234;te de ses fonctions, bredouillant entub&#233; dans une salle de th&#233;rapie intensive, comme Francisco Franco. L'argument maintenant est que tout est fiction, qu'il continuera &#224; commander depuis l'ombre. Et &#224; quoi pr&#233;tend-on, qu'une force semblable de la nature, un leader semblable, arr&#234;te de participer et d'avoir une influence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fidel a commenc&#233; &#224; perdre du pouvoir, cela ne fait pas de doutes, mais cela d&#233;coule simplement de ce qu'il est tr&#232;s malade, qu'il n'a pas la m&#234;me &#233;nergie et, surtout, qu'il a compris la n&#233;cessit&#233; de changements profonds que la R&#233;volution ne peut pas &#233;viter cette fois. C'est la premi&#232;re fois que d'autres sont dans de meilleures conditions que les siennes pour r&#233;soudre les choses. Et il a eu la grandeur de faire un pas, pas en arri&#232;re, &#224; c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution Cubaine se trouve cette fois au point o&#249; il n'y a pas d'excuses pour repousser le changement, parce que c'est la premi&#232;re et la plus urgente n&#233;cessit&#233;. Son alternative est de trouver la voie - chinoise, vietnamienne ; une Cubaine probablement - qui lui permet de se surpasser, ou d'affronter &#224; terme une forte opposition interne avec un &#233;norme appui ext&#233;rieur. Dans ce cas l'option dramatique se pr&#233;senterait entre r&#233;primer en risquant la guerre civile et l'intervention &#233;trang&#232;re, ou se livrer des pieds et de mains, comme la Russie de Boris Yeltsin. Mais Cuba n'est pas la Russie, et &#231;a fait dresser les cheveux sur la t&#234;te de l'imaginer transform&#233;e en campement r&#233;volutionnaire abandonn&#233; et occup&#233; par les Cubains riches de Miami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la propre histoire de la R&#233;volution Cubaine autorise la confiance. Les Cubains ont d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; donner les signes qu'aussi cette fois ils seront &#224; la hauteur. Dans le bilan, cette R&#233;volution a donn&#233; au monde beaucoup plus que le monde a le droit l&#233;gitime de le r&#233;clamer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne Fidel, apr&#232;s avoir &#244;t&#233; nos chapeaux, comprenons que c'est un homme ; simplement un homme mis devant l'une de ces occasions que l'Histoire accorde au compte-gouttes. Seulement qu'il est devenu un Grand Homme, un membre du maigre bouquet des grands du XXe si&#232;cle, parce qu'il a su &#234;tre &#224; la hauteur pendant 50 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'espagnol pour &lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt; de :&lt;/strong&gt; Estelle et Carlos Debiasi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1. George Steiner&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;L'Erratum&lt;/i&gt;, Siruela, Madrid, 1998.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;2. Voir dossier &lt;/strong&gt;&#034;&lt;i&gt;Hora de cambios en Cuba&lt;/i&gt; &#034;, Le Monde diplomatique, edici&#243;n Cono Sur, Buenos Aires, Avril 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C.G.&lt;br /&gt;
&#169; &lt;/strong&gt;LMD ed. Un c&#244;ne le Sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.eldiplo.org/index.php3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, El Dipl&#243;. Buenos Aires, Mars 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Groupes civils combattant aux c&#244;t&#233;s des forces r&#233;guli&#232;res, ou contre elles&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pr&#233;sident argentin entre 1963 et 1966&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes de la traduction :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les argentins doivent r&#233;fl&#233;chir &#224; la soci&#233;t&#233; qu'ils souhaitent</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Les-argentins-doivent-reflechir-a-la-societe-qu-ils-souhaitent</link>
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		<dc:date>2003-09-09T14:19:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Carlos Gabetta</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;D&#233;cadence et Soci&#233;t&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230; Le fantasme de Menem hante l'Argentine. Il n'est pas inoffensif ou comique comme le Benito de la petite histoire, mais effrayant, c'est un spectre plein de pustules. Le Riojano n' est pas seulement l'arch&#233;type d'une soci&#233;t&#233;, mais le symbole vivant d'une soci&#233;t&#233; qui a au cours des 25 derni&#232;res ann&#233;es d&#233;cid&#233; d'abandonner le terrain du symbole pour s'assumer dans la r&#233;alit&#233;&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Menen a march&#233; sur les traces, d'un point de vue &#233;conomique de Jos&#233; Alfredo Martinez de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Argentina-45-45-45-45-45-45-45-45-45-45-45-45-45-45-45" rel="directory"&gt;Argentine&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cadence et Soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Le fantasme de Menem hante l'Argentine. Il n'est pas inoffensif ou comique comme le Benito de la petite histoire, mais effrayant, c'est un spectre plein de pustules. Le Riojano n' est pas seulement l'arch&#233;type d'une soci&#233;t&#233;, mais le symbole vivant d'une soci&#233;t&#233; qui a au cours des 25 derni&#232;res ann&#233;es d&#233;cid&#233; d'abandonner le terrain du symbole pour s'assumer dans la r&#233;alit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Menen a march&#233; sur les traces, d'un point de vue &#233;conomique de Jos&#233; Alfredo Martinez de Hoz&#8230; Et dans sa majorit&#233; la soci&#233;t&#233; argentine le f&#234;ta et l'adula, elle s'est nourrie des miettes de l'orgie financi&#232;re et les a d&#233;pens&#233;es &#224; Miami ou Punta del Este, pendant que les travailleurs devaient accepter l'entr&#233;e de sp&#233;culateurs priv&#233;s dans leurs caisses de retraites, qu'on oubliait les ch&#244;meurs. Durant la dictature cette majorit&#233; a regard&#233; de l'autre cot&#233; quand ils commettaient des crimes et a accept&#233; la coupe du monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire r&#233;cente : une gauche opportuniste qui se hisse sur des perspectives de libert&#233;, d'&#233;galit&#233; , de souverainet&#233; de cette autre soci&#233;t&#233; minoritaire mais nombreuse qui aspire &#224; former &#224; une r&#233;publique et &#224; une nation digne de ce nom&#8230;Une des explications possibles de l'incapacit&#233; du progressisme &#224; &#233;laborer une alternative unitaire que r&#233;clame la situation actuelle, c'est justement un gaspillage d'&#233;nergie et d'espoirs que g&#233;n&#232;rent le Frepaso et l'Alliance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pays qui tout au long de son histoire fut le plus &#233;galitaire de toute l'Am&#233;rique Latine, produit par an de quoi nourrir 300 millions de personnes, oblige des centaines de milliers d'habitants de ses villes &#224; faire les poubelles pour se nourrir. Un pays qui est suppos&#233; avoir un syst&#232;me &#233;ducatif et de sant&#233; parmi les plus d&#233;mocratique et efficient du monde, affiche aujourd'hui des taux d'analphab&#233;tisme et de mortalit&#233; infantile digne des pays les plus attard&#233;s. La recherche scientifique et technique est quasiment paralys&#233;e et a perdu des ann&#233;es. Si le syst&#232;me survit c'est gr&#226;ce &#224; une esp&#232;ce d'inertie historique et au sacrifice de milliers d'instituteurs et de professeurs qui sont pay&#233;s un salaire de mis&#232;re&#8230; &lt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il insister sur la situation &#233;conomique ? Il faut signaler quelques &#233;l&#233;ments -que la soci&#233;t&#233; a permis- qui compromettent s&#233;rieusement le futur du pays. Ils ont ali&#233;n&#233; dans de mauvaises conditions les biens nationaux strat&#233;giques, le p&#233;trole, le gaz, les entreprises qui ont une mission sociale comme la distribution de l'eau, de gaz, d'&#233;lectricit&#233;, les transports, ont d&#233;mantel&#233; les transports ferroviaires, r&#233;form&#233; l'exploitation de la p&#234;che, de telle fa&#231;on que le merlu a quasiment disparu, ils ont privatis&#233; le syst&#232;me de retraite et m&#234;me la fabrication des documents d'identit&#233;. La petite et moyenne entreprise est en voie d'extinction - m&#234;me si elle profite de la chute des importations- avec la baisse de la demande. Comme au 19 si&#232;cle et au d&#233;but du 20 &#232;me, le pays est retourn&#233; vivre de la campagne. Mais celle ci aussi appartient aux investisseurs &#233;trangers, et surtout la production argentine s'est emball&#233;e vers les dangereux OGM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que dire des institutions, le pouvoir judiciaire, l&#233;gislatif, ex&#233;cutif, les forces militaires et de s&#233;curit&#233;, les partis politiques, les syndicats, les entreprises forment un v&#233;ritable entrelacs mafieux, pr&#233;moderne, un furoncle culturel&#8230; ils ne sont rien de plus que le reflet des attitudes quotidiennes de la majorit&#233;, de sa permissivit&#233; et de son indiff&#233;rence quand ce n'est pas de la complicit&#233;. Le policier qui oublie une amende de 5 pesos n'est pas pire que les millions d'automobilistes qui violent toutes les r&#232;gles tout le temps&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Et nous voil&#224; au seuil des &#233;lections pr&#233;sidentielles qu'il faut, malgr&#233; le cot&#233; d&#233;cevant des propositions, prendre tr&#232;s au s&#233;rieux pour une simple raison : ou le pays commence &#224; changer de cap &#8230; ou dans un laps de temps tr&#232;s court, il faudra oublier l'Argentine que chacun d'entre nous aime, et que du moins nous connaissons. C'est ce point que les forces politiques et d&#233;mocratiques n'ont pas compris. Quelques uns ont pris le &#171; que se vayan todos - qu'ils s'en aillent tous &#187; au pied de la lettre, imaginant une r&#233;volution imminente, oubliant que pour avoir &#233;valu&#233; ainsi des faits beaucoup plus massifs et de conscience comme El cordobazo, une g&#233;n&#233;ration enti&#232;re s'est &#233;gar&#233;e du chemin politique. D'autres se font peur devant la perspective que ceux sur qui ils s'appuient soient renvoy&#233;s. Au total ils resteront tous et c'est fort probable que l'un d'eux va revenir gouverner le pays. Dans cette confusion, le seul qui d&#233;finit clairement son projet c'est Menen. A l'ins&#233;curit&#233;, des forces arm&#233;es dans la rue ; pour l'&#233;conomie, la dollarisation ; aux relations internationales, partager encore une fois le lit des Etats-Unis ; pour le commerce ext&#233;rieur, l'Alca ; des probl&#232;mes avec l'opposition au congr&#232;s, un gouvernement par d&#233;crets. Une vulgaire et explosive r&#233;publique banani&#232;re. La soci&#233;t&#233; va t-elle encore approuver ce type de projet ? Tout para&#238;t indiquer que la majorit&#233; a chang&#233; d'air mais l'offre &#233;lectorale devant cette perspective est si diverse qu'au second tour il pourrait arriver comme aux Fran&#231;ais et se voir obliger de se laisser violer par Frankenstein pour que Dracula ne vienne pas leur sucer le sang. Mais compte tenu de ce qu'on a dit, cela semblerait bien m&#233;rit&#233;. Mais les temps qui rythment la conscience et de l'organisation sociale sont plus lents que celui qui s'&#233;coule entre deux &#233;lections, ce qui explique la dispersion actuelle. Ni le pays , ni le monde, n'est celui de 90, aucun politique sans scrupule comme Menen ne pourra agir encore une fois comme il l'a fait&#8230; Mais, il faudra que la soci&#233;t&#233; argentine qui approuva ou tol&#233;ra tant d'absurdit&#233;s et d'ignominie en tire la le&#231;on. Si c'est le cas, il se peut que les &#233;lections, avec tout et malgr&#233; tout signent le commencement de la fin de la d&#233;cadence. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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