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		<title>La mort de l'Empire &#233;tasunien</title>
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		<dc:date>2008-10-31T22:57:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tanya Cariina Hsu</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; Je crois que les institutions bancaires &lt;br class='autobr' /&gt;
sont plus dangereuses pour nos libert&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
que le sont les arm&#233;es &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Thomas Jefferson &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sident &#233;tasunien. (1743-1826) &lt;br class='autobr' /&gt;
On dit souvent qu'il s'agit d'un effondrement du cr&#233;dit hypoth&#233;caire &#224; risque, ce qui voile la vraie raison de la crise. En l'associant &#224; la crise des hypoth&#232;ques pourries, inutiles et tangibles, on peut au moins bl&#226;mer quelque chose de &#171; r&#233;el &#187; pour le carnage. C'est un mythe, voil&#224; le probl&#232;me. L'ampleur de cet effondrement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Fil-rouge" rel="directory"&gt;Fil rouge&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je crois que les institutions bancaires &lt;br /&gt;
sont plus dangereuses pour nos libert&#233;s &lt;br /&gt;
que le sont les arm&#233;es &#187; &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Thomas Jefferson&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Pr&#233;sident &#233;tasunien. (1743-1826)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent qu'il s'agit d'un effondrement du cr&#233;dit hypoth&#233;caire &#224; risque, ce qui voile la vraie raison de la crise. En l'associant &#224; la crise des hypoth&#232;ques pourries, inutiles et tangibles, on peut au moins bl&#226;mer quelque chose de &#171; r&#233;el &#187; pour le carnage. C'est un mythe, voil&#224; le probl&#232;me. L'ampleur de cet effondrement financier est due au fait que tout &#233;tait bas&#233; sur du vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie financi&#232;re a renomm&#233; les cr&#233;ances garanties &#171; swap sur d&#233;faillance &#187; et les paris risqu&#233;s &#171; produits d&#233;riv&#233;s &#187;. Les directeurs financiers et les cadres du milieu bancaire vendaient l'ultime escroquerie au monde entier &#224; l'instar des charlatans vendant leurs rem&#232;des au 18e si&#232;cle, mais cette fois-ci en vestons et cravates. En octobre 2009, cette industrie, que peu de gens arrivaient &#224; comprendre, atteignait les quatrillions de dollars (1000 milliards).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutenus par de faux espoir, les &#201;tats-Unis tombent maintenant comme un ch&#226;teau de cartes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout a commenc&#233; au d&#233;but du 20e si&#232;cle. En 1907, J.P. Morgan, un banquier priv&#233; de New York, a propag&#233; une rumeur voulant qu'une grande banque concurrente, sans dire laquelle, &#233;tait sur le point de sombrer. C'&#233;tait une fausse accusation, mais les gens sont tout de m&#234;me accourus &#224; leur banque pour retirer leur argent, craignant que celle-ci ne soit l'objet de la rumeur. Comme ils retiraient leurs fonds, les banques ont perdu leurs d&#233;p&#244;ts en argent et ont d&#251; rappeler leurs pr&#234;ts. Les clients devaient alors payer leurs hypoth&#232;ques afin que les banques aient des revenus, un processus qui les menait &#224; la faillite. La panique de 1907 a provoqu&#233; un krach incitant &#224; la cr&#233;ation de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale, un cartel bancaire priv&#233; avec le vernis d'une organisation gouvernementale ind&#233;pendante. En r&#233;alit&#233;, c'&#233;tait un coup des banquiers d'&#233;lite dans le but de contr&#244;ler l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi sign&#233;e en 1913 autorisait la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale &#224; pr&#234;ter et imprimer l'argent de la nation, mais avec int&#233;r&#234;t. Plus elle imprimait d'argent, plus elle g&#233;n&#233;rait ses propres revenus. De par sa nature, la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale &#233;tait vou&#233;e &#224; produire &#224; jamais des dettes pour survivre. Elle a pu imprimer la r&#233;serve mon&#233;taire &#224; sa guise, en contr&#244;lant sa valeur. Pour en contr&#244;ler la valeur, il fallait toutefois garder l'inflation &#224; l'&#339;il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;serve f&#233;d&#233;rale a alors doubl&#233; la r&#233;serve mon&#233;taire am&#233;ricaine en l'espace de cinq ans et a rappel&#233; un pourcentage volumineux de pr&#234;ts. Plus de 5 000 banques se sont effondr&#233;es au cours de la nuit. Un an plus tard, la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale a de nouveau augment&#233; la r&#233;serve mon&#233;taire de 62 %, mais en 1929, elle a une fois de plus rappel&#233; une quantit&#233; importante de pr&#234;ts. Cette fois, le krach de 1929 a ruin&#233; plus de 16 000 banques et fait plonger la bourse de 89 %. Les banques priv&#233;es et bien prot&#233;g&#233;es dans le syst&#232;me de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale ont pu rafler les banques ruin&#233;es pour presque rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pays est entr&#233; dans la grande d&#233;pression, et, en avril 1933, le pr&#233;sident Roosevelt a promulgu&#233; un d&#233;cret confiscant tous les lingots d'or d&#233;tenus par le public. Ceux qui refusaient de rendre leur or &#233;taient emprisonn&#233;s pendant dix ans, et &#224; la fin de l'ann&#233;e, l'&#233;talon-or &#233;tait aboli. On a remplac&#233; ce qui &#233;tait autrefois remboursable en or par du papier monnaie ayant cours l&#233;gal, et l'or ne pouvait plus &#234;tre &#233;chang&#233; pour de l'argent comptant comme avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, en 1971, le pr&#233;sident Nixon a compl&#232;tement aboli l'&#233;talon-or, et, par cons&#233;quent, le dollar a cess&#233; de se transiger au prix international fixe de 35$. Les &#201;tats-Unis d&#233;cidaient alors de la valeur du dollar US parce qu'il valait autant que l'or. Il n'avait aucun standard de mesure et est devenu la monnaie universelle. Les bons du Tr&#233;sor (obligations &#224; court terme) et les obligations (&#224; long terme), c'est-&#224;-dire les billets du gouvernement &#233;tasunien pay&#233;s par les contribuables, ont remplac&#233; l'or comme valeur. En outre, l'or &#233;tant exempt des exigences relatives aux d&#233;clarations, contrairement aux syst&#232;mes mon&#233;taires fiduciaires occidentaux (bas&#233;s sur la fiducie), on ne pouvait le retracer. Ce n'&#233;tait pas dans le meilleur int&#233;r&#234;t des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la grande d&#233;pression, les banques priv&#233;es craignaient toujours de faire des pr&#234;ts hypoth&#233;caires. Roosevelt a alors cr&#233;&#233; Fannie Mae, une banque de financement hypoth&#233;caire subventionn&#233;e par l'&#201;tat et fournissant des fonds f&#233;d&#233;raux afin de financer des hypoth&#232;ques pour des logements abordables. En 1968, le pr&#233;sident Johnson a privatis&#233; Fannie Mae, et en 1970, Freddie Mac a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour lui faire comp&#233;tition. Les deux achetaient des hypoth&#232;ques des banques et autres pr&#234;teurs et les vendaient &#224; de nouveaux investisseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le boom qui a suivi la Seconde Guerre mondiale avait cr&#233;&#233; une Am&#233;rique d&#233;bordante d'argent et d'actifs. En tant que complexe militaro-industriel, les &#201;tats-Unis ont profit&#233; de la guerre de fa&#231;on exponentielle, et, contrairement &#224; tous les empires de l'histoire, le pays s'est hiss&#233; au rang de superpuissance. Mais il a oubli&#233; qu'historiquement, l'ascension des empires est proportionnelle &#224; leur d&#233;clin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tasuniens pouvaient se permettre toutes les commodit&#233;s modernes, en exportant leurs biens manufactur&#233;s &#224; travers le monde. Apr&#232;s la guerre du Vietnam, les &#201;tats-Unis ont v&#233;cu un d&#233;clin &#233;conomique, mais les gens r&#233;pugnaient &#224; abandonner leur niveau de vie &#233;lev&#233; en d&#233;pit des pertes d'emplois, et la production &#233;tait envoy&#233;e de plus en plus &#224; l'&#233;tranger. Un sentiment illusoire et de droit acquis a gard&#233; les &#201;tasuniens sur le tapis roulant de la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1987 la bourse &#233;tasunienne a plong&#233; de 22 % en une journ&#233;e en raison des transactions de contrats &#224; terme standardis&#233;s &#224; haut risque, appel&#233;s &#171; produits d&#233;riv&#233;s &#187;, et, en 1989, la crise de la Savings &amp; Loans a amen&#233; le pr&#233;sident George H. W. Bush &#224; utiliser 142 milliards de dollars de l'argent des contribuables pour sauver la moiti&#233; de la S&amp;L. Pour ce faire, on a donn&#233; &#224; Freddie Mac la t&#226;che de donner des hypoth&#232;ques &#224; risque (ou subprime, en de&#231;&#224; du taux pr&#233;f&#233;rentiel) &#224; des familles &#224; faible revenu. En 2000, &#171; l'exub&#233;rance irrationnelle &#187; de la bulle technologique a &#233;clat&#233; et 50 % des entreprises de haute technologie ont fait faillite, rayant cinq billions de dollars de leur valeur marchande exag&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la crise, Alan Greenspan, le pr&#233;sident de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale, a maintenu les taux d'int&#233;r&#234;t si bas qu'ils &#233;taient en de&#231;&#224; de l'inflation. Tous ceux qui &#233;pargnaient leurs revenus perdaient de l'argent en r&#233;alit&#233;, et le taux d'&#233;pargne est vite tomb&#233; dans le n&#233;gatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les ann&#233;es 1990, les publicitaires se sont activ&#233;s intens&#233;ment, mettant en march&#233; un style de vie encore plus luxueux, disponible gr&#226;ce au cr&#233;dit facile et peu co&#251;teux. Les secondes hypoth&#232;ques sont devenues monnaie courante et les pr&#234;ts d'acc&#232;s &#224; la propri&#233;t&#233; servaient &#224; payer les comptes de cartes de cr&#233;dit. Plus les &#201;tasuniens achetaient, plus ils s'endettaient. Mais tant qu'ils poss&#233;daient une maison, leur faux sentiment de s&#233;curit&#233; persistait : leur maison &#233;tait leurs capitaux propres, sa valeur augmenterait sans cesse, et ils pouvaient toujours r&#233;hypoth&#233;quer &#224; des taux moindres si n&#233;cessaire. L'industrie financi&#232;re croyait aussi que les prix de l'immobilier augmenteraient continuellement, et que s'ils devaient chuter, la banque centrale baisserait les taux d'int&#233;r&#234;t afin de faire remonter les prix. Tout le monde croyait qu'il s'agissait d'une situation gagnant-gagnant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le niveau le plus bas des taux d'int&#233;r&#234;t de M. Greenspan permettait &#224; tout le monde d'avoir une maison. Les travailleurs au salaire minimum ayant l'ambition d'acheter une maison d'un demi-million de dollars &#233;taient en mesure de garantir des pr&#234;ts de 100 %, et les pr&#234;teurs &#233;taient tout &#224; fait conscients qu'ils ne pourraient pas continuer &#224; payer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tellement de gens ont re&#231;u des pr&#234;ts &#224; risque que les soci&#233;t&#233;s de placement et les pr&#234;teurs ont trouv&#233; une nouvelle manigance : rassembler ces pr&#234;ts hypoth&#233;caires virtuellement sans valeurs et les vendre &#224; titre d'investissement &#224; des pays non avis&#233;s qui ne verraient pas la diff&#233;rence. Le mode de vie excessif des &#201;tasuniens et le consum&#233;risme n'en ont jamais souffert, et le tout &#233;tait financ&#233; par des nations &#233;trang&#232;res pas plus judicieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques ont toujours pr&#234;t&#233; plus d'argent qu'elles n'en poss&#233;daient, parce que le paiement d'int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#232;re leur revenu. Plus une banque pr&#234;te, plus elle per&#231;oit des int&#233;r&#234;ts, m&#234;me sans argent dans la chambre forte. C'est une industrie lucrative de donner de l'argent que l'on ne poss&#232;de pas au d&#233;part. Les banques de cr&#233;dit hypoth&#233;caire et les soci&#233;t&#233;s de placement ont m&#234;me emprunt&#233; de l'argent sur les march&#233;s mon&#233;taires internationaux pour financer ces pr&#234;ts hypoth&#233;caires &#224; risque &#224; 100 % et plus, et ont commenc&#233; &#224; pr&#234;ter plus de dix fois leurs actifs sous-jacents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le 11 septembre, George Bush a dit &#224; la nation de d&#233;penser et, en pleine guerre, c'est ce que la nation a fait. Elle a emprunt&#233; &#224; des niveaux sans pr&#233;c&#233;dents afin de payer non seulement sa guerre au terrorisme au Moyen-Orient (co&#251;ts estim&#233;s &#224; quatre billions de dollars), mais aussi ses baisses d'imp&#244;ts au moment m&#234;me o&#249; ces imp&#244;ts auraient d&#251; &#234;tre hauss&#233;s. Bush a diminu&#233; les r&#233;serves obligatoires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les ratios Cooke et McDonough sont des ratio de solvabilit&#233; bancaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de Fannie Mae et Freddie Mac de 10 % &#224; 2,5 %. Elles &#233;taient libres non seulement de pr&#234;ter encore plus, &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t &#224; leur plus bas, mais en outre elles ne devaient poss&#233;der qu'une fraction des r&#233;serves. Les banques ont rapidement pr&#234;t&#233; trente fois la valeur de leur actif. C'&#233;tait, comme l'a dit une &#233;conomiste, une &#171; orgie d'exc&#232;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait de l'exc&#232;s de d&#233;penses en temps de guerre. Jamais dans l'histoire un pays n'a &#233;t&#233; impliqu&#233; dans un conflit sans sacrifice, sans r&#233;ductions budg&#233;taires, sans augmentation d'imp&#244;ts et sans conservatisme &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et, comme en 1929, les chances que tous les investisseurs courent r&#233;clamer leur argent en m&#234;me temps augmentaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, pour garantir ces hypoth&#232;ques &#224; haut risque, les soci&#233;t&#233;s d'investissement qui les vendaient ont alors cr&#233;&#233; des polices d'assurance sur les investissements dans ce type de cr&#233;dit, vendues sous le nom de &#171; swap sur d&#233;faillance &#187; (credit default swap (CDS)). Le gouvernement doit toutefois r&#233;glementer les polices d'assurance, donc en les appelant CDS, elles demeuraient non r&#233;glement&#233;es. Les institutions financi&#232;res &#171; couvraient leurs sp&#233;culations &#187; et vendaient des primes afin de prot&#233;ger des actifs sp&#233;culatifs. En d'autres mots, l'actif qui devait prendre de la valeur pouvait &#233;galement avoir un pari &#224; c&#244;t&#233;, au cas o&#249; il baisserait. En octobre 2008, les transactions des CDS se chiffraient &#224; 62 billions de dollars, un montant plus &#233;lev&#233; que toutes les bourses du monde r&#233;unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces sp&#233;culations n'avaient absolument aucune valeur et n'&#233;taient pas des investissements. Ils n'&#233;taient que des instruments financiers appel&#233;s produits d&#233;riv&#233;s - des sp&#233;culations &#224; haut risque, &#171; des riens provenant de rien &#187; &#8212; ou comme disait Warren Buffet, &#171; des armes de destruction financi&#232;re massives &#187;. Les transactions de produits d&#233;riv&#233;s &#171; valaient &#187; plus qu'un quatrillion de dollars, soit plus que l'&#233;conomie du monde entier. (En septembre 2008 le produit int&#233;rieur brut mondial s'&#233;levait &#224; 60 billions de dollars.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;nonc&#233;e comme &#233;tant ill&#233;gale en 1990, la pratique des produits d&#233;riv&#233;s a &#233;t&#233; l&#233;galis&#233;e par Alan Greenspan. Les fonds de couverture sont rapidement devenus une industrie &#224; part enti&#232;re, sp&#233;culant sur le march&#233; des produits d&#233;riv&#233;s et misant autant que souhait&#233;. C'&#233;tait facile, car il s'agissait d'argent qu'ils n'avaient pas au d&#233;part. L'industrie avait toutes les allures d'une banque, mais les fonds de couverture, les fonds d'actions et les courtiers en produits d&#233;riv&#233;s n'avaient pas acc&#232;s aux pr&#234;ts gouvernementaux en cas de d&#233;faillance. Si les propri&#233;taires manquaient &#224; leur engagement, les fonds de couverture n'avaient pas d'argent pour payer &#171; &#224; partir de rien &#187;. Ceux qui avaient couvert un actif en hausse ou en baisse ne pouvaient pas b&#233;n&#233;ficier des gains ou des pertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce march&#233; &#233;tait devenu la plus grande industrie au monde, et tous les g&#233;ants financiers encaissaient : Bear Stearns, Lehman Brothers, Citigroup et AIG. Mais les propri&#233;taires de maisons, ayant depuis longtemps atteint leur limite de cr&#233;dit, commen&#231;aient &#224; faire d&#233;faillance sur leurs hypoth&#232;ques. Ils payaient non seulement pour leur maison, mais aussi pour toutes les dettes amass&#233;es au fil du temps pour une voiture, une carte de cr&#233;dit et un pr&#234;t &#233;tudiant, des frais m&#233;dicaux et des pr&#234;ts d'acc&#232;s &#224; la propri&#233;t&#233;. Ils avaient emprunt&#233; pour payer leur &#233;picerie et leurs primes d'assurance sant&#233; qui montaient en fl&#232;che afin de conserver leurs plus grandes maisons et leurs plus grosses voitures. Ils ont refinanc&#233; les dettes qu'ils avaient &#224; des taux moindres, lesquels ont rapidement grimp&#233;. L'Am&#233;ricain moyen devait 25 % de son revenu annuel seulement en dettes de carte de cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, les prix des maisons ont commenc&#233; &#224; descendre subitement et les hypoth&#232;ques perdaient soudainement de la valeur. Les commandes manufacturi&#232;res avaient baiss&#233; de 4,5 % avant septembre, les inventaires commen&#231;aient &#224; s'empiler, le ch&#244;mage &#233;tait en forte hausse, et les saisies avaient augment&#233; de 121 % et de 200 % en Californie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les g&#233;ants financiers devaient arr&#234;ter de transiger ces titres adoss&#233;s &#224; des cr&#233;ances hypoth&#233;caires (mortgage-backed securities (MBS)), puisque leurs pertes devraient dor&#233;navant &#234;tre justifi&#233;es. Les investisseurs ont commenc&#233; &#224; retirer leurs fonds. Bear Stearns, sp&#233;cialis&#233;e dans les portefeuilles de titres hypoth&#233;caires, a &#233;t&#233; la premi&#232;re &#224; partir en mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme ils l'avaient fait au 20e si&#232;cle, JP Morgan est venue rafler la Bear Stearns pour presque rien. Un an auparavant, les actions de Bear Strearns se transigeaient &#224; 159$, mais JP Morgan a pu prendre la rel&#232;ve et les acheter &#224; deux dollars l'action. En septembre, Washington Mutual s'est effondr&#233;e : il s'agissait du plus grand &#233;chec bancaire de l'histoire. Encore une fois, JP Morgan est intervenue et a pay&#233; 1,9 milliards de dollars pour des actifs &#233;valu&#233;s &#224; 176 milliards. C'&#233;tait une vente de feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fannie Mae et Freddie Mac, les firmes reprises par l'&#201;tat et responsables de 80% des pr&#234;ts hypoth&#233;caires, ont tranquillement perdu presque 90 % de leur valeur au cours de l'&#233;t&#233;. Ensemble, elles &#233;taient responsables de la moiti&#233; des pr&#234;ts impay&#233;s, cependant, pour chaque dollar en r&#233;serve, elles avaient une dette de 80 dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de garantir leur survie, la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale est intervenue et a pris le contr&#244;le de Fannie Mae et Freddie Mac. Le 7 septembre 2008, elles ont &#233;t&#233; &#171; mises sous tutelle &#187;, ce que l'on appelle nationalisation ailleurs dans le monde, mais les &#201;tasuniens rechignent &#224; l'id&#233;e de toute industrie gouvernementale requ&#233;rant des hausses d'imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le gouvernement donnait une marge de cr&#233;dit illimit&#233;e. Puisqu'elle provenait de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale, et non pas du Tr&#233;sor, elle a pu passer outre l'approbation du Congr&#232;s. Le d&#233;partement du Tr&#233;sor a par la suite mis des bons du Tr&#233;sor aux ench&#232;res afin d'amasser des fonds destin&#233;s uniquement &#224; la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale. N&#233;anmoins, c'est le contribuable qui financerait le sauvetage. Les banquiers avaient saign&#233; le syst&#232;me de dix milliards de dollars dans les op&#233;rations de couverture et la sp&#233;culation sur les produits d&#233;riv&#233;s, et provoqu&#233; le gel syst&#232;me des pr&#234;ts interbancaires, lequel a cess&#233; de fonctionner et s'est effondr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise de contr&#244;le a &#233;t&#233; d&#233;finie comme un sauvetage de 700 milliards de dollars arbitraires, qui ne fait rien pour r&#233;gler le probl&#232;me. On n'a demand&#233; &#224; aucun &#233;conomiste de donner son opinion au Congr&#232;s, et le pr&#234;t ne fait que perp&#233;tuer le mythe voulant que le syst&#232;me bancaire ne soit pas vraiment mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les dommages ne s'&#233;l&#232;veront pas &#224; 700 milliards de dollars, mais &#224; pr&#232;s de cinq billions de dollars, soit la valeur des hypoth&#232;ques de Fannie Mae et Freddie Mac. Ce n'&#233;tait rien d'autre qu'un sauvetage de l'industrie des produits d&#233;riv&#233;s valant des quatrillions de dollars, qui, autrement, devait faire face &#224; des dividendes de plus d'un billion de dollars sur les CDS et MBS vendus. Il &#233;tait n&#233;cessaire, selon le secr&#233;taire du Tr&#233;sor Henry Paulson, de sauver le pays d'une &#171; correction du march&#233; immobilier &#187;. Mais, ajoutait-il, le rachat de 700 milliards de dollars financ&#233; par les contribuables ne pr&#233;viendrait pas la chute d'autres banques, ce qui entra&#238;nerait en retour un krach boursier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres mots, Henry Paulson faisait du chantage au Congr&#232;s afin de mener un coup de l'&#233;lite financi&#232;re sous les apparences d'une n&#233;cessit&#233; de l&#233;gif&#233;rer pour colmater la br&#232;che. Cela a simplement transf&#233;r&#233; les richesses d'une classe vers une autre, comme ce f&#251;t le cas il y a presque un si&#232;cle. Les mots &#233;taient &#224; peine sortis de la bouche de M. Paulson que d&#233;j&#224; d'autres institutions financi&#232;res implosaient et s'ensuivait la d&#233;sint&#233;gration du syst&#232;me financier mondial, largement model&#233; sur un syst&#232;me bancaire am&#233;ricain glorifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre, sa marge de cr&#233;dit &#233;tant d&#233;sormais assur&#233;e, la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale a achet&#233; la plus grande compagnie d'assurances au monde, AIG, au montant de 85 milliards de dollars pour 80 % de son capital. AIG &#233;tait le plus gros vendeur de CDS, mais au moment o&#249; elle se devait de payer des biens donn&#233;s en garantie qu'elle ne poss&#233;dait pas, elle vacillait au bord de la faillite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre, l'Islande en entier a fait faillite, car il avait achet&#233; des pr&#234;ts hypoth&#233;caires &#224; risque &#224; titre d'investissements. Les banques europ&#233;ennes ont commenc&#233; &#224; exploser, toutes d&#233;sireuses d'encaisser concurremment leurs actions gonfl&#233;es afin de payer leurs dettes &#224; bas taux d'int&#233;r&#234;t avant que ces taux ne grimpent. L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, les signes &#233;taient &#233;vidents lorsque le plus grand pr&#234;teur hypoth&#233;caire &#233;tasunien, Countrywide, s'est &#233;croul&#233;. Peu apr&#232;s, le plus grand pr&#234;teur du Royaume-Uni, Northern Rock, a fait naufrage : Londres copiait depuis longtemps la finance cr&#233;ative de Wall Street. Les manufactures automobiles du Japon et de la Cor&#233;e ont plong&#233; de 37 %, contractant les &#233;conomies du monde entier. Le Pakistan est &#233;galement au bord de la faillite, avec des r&#233;serves r&#233;elles de trois milliards de dollars, assez pour acheter des r&#233;serves alimentaires et du p&#233;trole pour un mois et tenter de geler les paiements &#224; l'Arabie Saoudite, qui lui fournit 100 000 barils de p&#233;trole quotidiennement. Sous le pr&#233;sident Musharraf, qui a quitt&#233; le pouvoir juste &#224; temps, la devise pakistanaise a perdu 25 % de sa valeur, et son inflation atteignait 25 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre-temps, les prix de l'&#233;nergie ont mont&#233; en fl&#232;che, le p&#233;trole atteignant un sommet d'environ 150 $ le baril cet &#233;t&#233;. Les co&#251;ts du chauffage, du p&#233;trole, du transport et les co&#251;ts de production ont imm&#233;diatement &#233;t&#233; refil&#233;s aux propri&#233;taires d&#233;j&#224; &#224; sec. Pourtant, 30 % des co&#251;ts d'un baril de p&#233;trole &#233;taient bas&#233;s sur les sp&#233;culations de Wall Street, grimpant &#224; 60 % pendant l'&#233;t&#233; en raison de la crainte des sp&#233;culateurs. Aussit&#244;t que la crise financi&#232;re a frapp&#233;, les prix du p&#233;trole ont soudainement chut&#233;, passant de 147 $ en juin &#224; 61 $, prouvant que le facteur sp&#233;culatif de 60 % &#233;tait bien plus pr&#233;cis. Ce brusque d&#233;clin a aussi r&#233;v&#233;l&#233; le manque de contr&#244;le de l'OPEP sur la mont&#233;e fulgurante des prix ces derni&#232;res ann&#233;es, un contr&#244;le qui repose presque directement sur les &#233;paules de l'Arabie Saoudite. En septembre, lorsque l'OPEP a tent&#233; de maintenir des prix plus &#233;lev&#233;s en r&#233;duisant sa production, c'est l'Arabie Saoudite qui a vot&#233; contre une telle initiative, au d&#233;triment de son propre revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe a alors d&#233;cid&#233; qu'elle ne serait plus jamais ruin&#233;e par les exc&#232;s des &#201;tats-Unis. La &#171; vieille Europe &#187; en avait peut-&#234;tre assez de se faire dicter sa conduite par les &#201;tats-Unis, qui ont refus&#233; de faire des compromis sur les pr&#234;ts qu'ont contract&#233;s leurs pays d&#233;truits apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale. Le 13 octobre, les nations autrefois divis&#233;es de l'Europe ont approuv&#233; unilat&#233;ralement un plan de sauvetage totalisant 2,3 billions de dollars. C'est trois fois plus que le plan am&#233;ricain pour une catastrophe que seul les &#201;tats-Unis ont cr&#233;&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mi-octobre, le Dow, le NASDAQ et le S&amp;P 500 ont effac&#233; tous les gains accumul&#233;s dans la derni&#232;re d&#233;cennie. Le stratag&#232;me frauduleux pyramidal de l'argent facile &#224; partir de rien a r&#233;sult&#233; en une surabondance du cr&#233;dit, une exag&#233;ration des prix des maisons, ainsi qu'en une incroyable &#233;valuation des actions, due au fait que les investisseurs ne retireraient pas leur argent tous en m&#234;me temps. Mais tout s'effondrait &#224; une vitesse casse-cou, sans solution &#224; l'horizon. Le pr&#233;sident Bush a dit que les gens ne devraient pas du tout s'inqui&#233;ter parce que les &#171; &#201;tats-Unis sont la destination la plus attrayante pour les investisseurs du monde entier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui souffriront le plus sont les hommes et les femmes qui ont b&#226;ti le pays apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale et qui arrivent &#224; la retraite apr&#232;s avoir &#233;pargn&#233; leurs prestations. Ils ont b&#226;ti durant les ann&#233;es de guerre, fabriquant ses armes pour des conflits mondiaux. Pendant la guerre froide, l'URSS &#233;tait l'ennemi omnipr&#233;sent, donc le complexe militaro-industriel a continu&#233; &#224; cro&#238;tre. Ce n'est que lorsqu'il y a une guerre que les &#201;tats-Unis en profitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Russie ne tol&#232;rera pas une nouvelle guerre froide avec la multiplication des missiles balistiques. Pour sa part, le Moyen-Orient a vu son alli&#233; historique se transformer en son pire cauchemar, qu'il soit militaire ou &#233;conomique. Ces nations ne continueront plus &#224; appuyer le dollar comme monnaie internationale. Les &#201;tats-Unis ne contr&#244;lent plus l'&#233;conomie mondiale et sont redevables au reste du monde. Ils ne pourront plus demander &#224; leurs plus grands fournisseurs de p&#233;trole du Moyen-Orient d'ouvrir leurs portefeuilles bancaires afin d'&#234;tre transparent et d&#233;montrer l'absence de corruption ou de connexions terroristes sans qu'il n'y ait de cons&#233;quences : la plus grande corruption criminelle de l'histoire vient d'&#234;tre perp&#233;tr&#233;e par les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait la meilleure escroquerie en ville : &#234;tre bien pay&#233; pour vendre du risque en grande quantit&#233;, &#233;chouer, et laisser les gouvernements r&#233;gler le probl&#232;me au d&#233;triment des contribuables qui n'ont jamais m&#234;me vu un sous de la richesse commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de solution facile &#224; la crise, ses effets se multiplient comme une maladie contagieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ironiquement, les banques islamiques sont celles qui sont le moins affect&#233;es par la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont &#233;t&#233; largement &#224; l'abri de l'effondrement, car elles prohibent l'acquisition de richesses par le jeu (ou l'alcool, le tabac, la pornographie ou les actions dans les compagnies d'armement) et interdisent l'achat et la vente d'une dette, ainsi que l'usure. De plus, les lois bancaires de la Charia interdisent d'investir dans une compagnie dont les dettes exc&#232;dent 30 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les institutions bancaires islamiques ne se sont pas effondr&#233;es pour la simple bonne raison qu'elles transigent avec des actifs tangibles et assument les risques &#187;, affirme Mohammed Ramady, professeur d'&#233;conomie &#224; l'Universit&#233; du P&#233;trole et des Ressources Min&#233;rales du Roi Fahd. &#171; M&#234;me si les banques islamiques font partie de l'&#233;conomie mondiale, l'impact d'une exposition directe aux investissements dans le cr&#233;dit hypoth&#233;caires &#224; risque a &#233;t&#233; n&#233;gligeable. La r&#233;duction des liquidit&#233;s a particuli&#232;rement affect&#233; Duba&#239;, qui a contract&#233; de gros emprunts au niveau international. L'effet le plus n&#233;gatif aura &#233;t&#233; la perte de confiance dans les bourses r&#233;gionales. &#187; Les nations arabes ayant un surplus de p&#233;trole &#171; reconsid&#232;rent donc leurs investissements dans les actifs financiers &#224; l'&#233;tranger &#187; et acc&#233;l&#232;rent leurs projets nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a huit ans, en mai 2000, le banquier islamique saoudien Son Altesse Dr. Nayef Bin Fawaz al Chaalan a donn&#233; une s&#233;rie de conf&#233;rences dans les &#201;tats du golfe. &#192; l'&#233;poque, ses recherches d&#233;montraient que les investissements arabes aux &#201;tats-Unis, se chiffrant &#224; 1,5 billions de dollars, &#233;taient effectivement pris en otage et il recommandait de les retirer et de les r&#233;investir dans des actifs tangibles du march&#233; arabe et islamique. &#171; Pas dans des actions par contre, car la bourse peut &#234;tre manipul&#233;e &#224; distance, comme nous l'avons vu ces derni&#232;res ann&#233;es dans les march&#233;s arabes, o&#249; des milliards de dollars se sont &#233;vapor&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a alors annonc&#233; qu'il &#233;tait certain que le syst&#232;me &#233;conomique &#233;tasunien &#233;tait au bord de l'effondrement, en raison de ses dettes cumulatives, de l'accroissement constant de son d&#233;ficit, et de l'int&#233;r&#234;t sur cette dette. &#171; Lorsque les dettes et les d&#233;ficits arriveront &#224; &#233;ch&#233;ance, ils &#233;mettront tout simplement de nouveaux bons du Tr&#233;sor, afin de couvrir les vieux bons &#233;chus, avec leurs int&#233;r&#234;ts et un nouveau d&#233;ficit &#187;. On ne peut arr&#234;ter le cycle ou annuler la dette parce que les &#201;tats-Unis ne seraient plus en mesure d'emprunter. Le fait de rem&#233;dier &#224; ce cycle aurait pour cons&#233;quence l'effondrement de leur syst&#232;me &#233;conomique, par opposition au krach partiel, bien qu'&#233;norme de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les banques islamiques, affirmait le Dr. al Chaalan, prot&#232;gent toujours la richesse des individus tout en mettant un bouchon sur l'&#233;go&#239;sme et l'avarice. Il poss&#232;de le meilleur du capitalisme, en filtrant ce qu'il a de n&#233;gatif, et le meilleur du socialisme, en filtrant aussi ce qu'il a de n&#233;gatif &#187;. Les deux syst&#232;mes devaient in&#233;vitablement &#233;chouer. De plus, l'Europe et le Japon n'avaient plus &#224; &#234;tre tenus responsables et redevables aux &#201;tats-Unis pour la protection contre les Soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La diff&#233;rence fondamentale entre le syst&#232;me &#233;conomique islamique et le syst&#232;me capitaliste, poursuit-il, est que dans l'Islam, la richesse appartient &#224; Dieu, l'individu n'&#233;tant que son administrateur. C'est un moyen et non une fin. Dans le capitalisme, c'est l'inverse : l'argent appartient &#224; l'individu et est un but en soi. Aux &#201;tats-Unis, sp&#233;cifiquement, l'argent est v&#233;n&#233;r&#233; comme un Dieu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, le krach du syst&#232;me &#233;conomique mondial est le r&#233;sultat de l'arrogance fiscale des &#201;tats-Unis, fond&#233;e sur un type de r&#232;glements pour eux, et un autre pour le reste du monde. Sa finance cr&#233;ative accrue a leurr&#233; son peuple en lui donnant un faux sentiment de s&#233;curit&#233;, et le pays ressemble d&#233;sormais &#224; l'&#233;chec total du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout l'exercice de la d&#233;mocratie par la force contre les nations arabes musulmanes a presque mis les &#201;tats-Unis en faillite. La guerre froide est termin&#233;e et les &#201;tats-Unis n'ont rien &#224; offrir : pas d'exportations, pas de production, peu de ressources naturelles, ni d'&#233;conomie dans le secteur des services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les march&#233;s ayant r&#233;sist&#233; le plus aux politiques am&#233;ricaines, en restreignant les investissements directs aux &#201;tats-Unis, sont ceux-l&#224; m&#234;me qui se d&#233;brouilleront le mieux et finiront premiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pas avant d'avoir pay&#233; un prix tr&#232;s &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;br /&gt;
Traduit par Julie L&#233;vesque pour Mondialisation.ca. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&amp;aid=10746&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Mondialisation&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Canada, le 29 octobre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Tanya Cariina Hsu&lt;/strong&gt; est chercheure en politique et analyste sp&#233;cialis&#233;e dans les relations entre l'Arabie Saoudite et les &#201;tats-Unis. Elle a contribu&#233; au r&#233;cent t&#233;moignage &#233;crit sur le Royaume d'Arabie Saoudite pour le Congressional Senate Judiciary Committee au nom de FOCA (Friends of Charities Association) lors des audiences sur la colline du Capitole &#224; Washington, D.C. Son analyse a &#233;t&#233; publi&#233;e et acclam&#233;e par la critique &#224; travers les &#201;tats-Unis, l'Europe et le Moyen-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a &#233;t&#233; la premi&#232;re &#224; briser le silence &#224; propos de l'influence isra&#233;lienne sur le processus d&#233;cisionnel de la politique &#233;trang&#232;re &#233;tasunienne, lors du symposium &#171; A Clean Break &#187;, qui se tenait &#224; Washington, D.C., &#224; la colline du Capitole en 2004. &#192; l'&#233;poque directrice du d&#233;veloppement et analyste &#224; la recherche senior de l'Institut de recherche sur la politique au Moyen-Orient (IRmep), Mme Hsudemeure un membre international de l'Institut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;e &#224; Londres, elle est d&#233;m&#233;nag&#233;e en 2005 &#224; Riyad, en Arabie Saoudite, et &#233;crit en ce moment un livre sur la politique usam&#233;ricaine en Arabie Saoudite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;- Les ratios Cooke et McDonough sont des ratio de solvabilit&#233; bancaire recommand&#233;s par le Comit&#233; de B&#226;le I et II qui fixe une limite &#224; l'encours pond&#233;r&#233; des pr&#234;ts accord&#233;s par un &#233;tablissement financier en fonction des capitaux propres de la banque. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A2le_II&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Lire plus&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nota de El Correo&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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