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	<title>El Correo</title>
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		<title>F&#234;te de sang paramilitaire en El Salado, Colombie.</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Fete-de-sang-paramilitaire-en-El-Salado-Colombie</link>
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		<dc:date>2008-09-03T16:29:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marta Ruiz</dc:creator>



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&lt;p&gt;Semana. Colombie, le 30 ao&#251;t 2008. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec un pistolet dans une main, et un poignard dans l'autre, le &#171; Gallo &#187; cherchait maison par maison la femme qu'il croyait la fianc&#233;e de Gustavo Rueda D&#237;az alias &#171; Mart&#237;n Caballero &#187;, le chef du Frente 37 des Farc. Paramilitaire cost&#233;gno (de la cote), braillard et vulgaire, il a parcouru les rues de El Salado, un village perdu incrust&#233; dans les Montagnes de Maria, donnant des coup de pied aux portes et mena&#231;ant avec ses armes toutes les filles qu'il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Colombie" rel="directory"&gt;Colombie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.semana.com/wf_InfoArticulo.aspx%3FidArt=114966&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Semana&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Colombie, le 30 ao&#251;t 2008.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7553 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L216xH192/doc-857-c4a8bf43-fbce8.jpg?1712752398' width='216' height='192' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec un pistolet dans une main, et un poignard dans l'autre, le &lt;i&gt;&#171; Gallo &#187;&lt;/i&gt; cherchait maison par maison la femme qu'il croyait la fianc&#233;e de Gustavo Rueda D&#237;az alias &lt;i&gt;&#171; Mart&#237;n Caballero &#187;&lt;/i&gt;, le chef du &lt;i&gt;Frente 37&lt;/i&gt; des Farc. Paramilitaire &lt;i&gt;cost&#233;gno&lt;/i&gt; (de la cote), braillard et vulgaire, il a parcouru les rues de &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt;, un village perdu incrust&#233; dans les Montagnes de Maria, donnant des coup de pied aux portes et mena&#231;ant avec ses armes toutes les filles qu'il trouvait sur son chemin. Jusqu'&#224; ce qu'il eut trouv&#233; Nayibis Contreras. Elle avait &#224; peine plus de16 ans. Elle avait des cheveux noirs et longs, et terrifi&#233;e elle essayait de se cacher dans sa maison. Dans le village la rumeur disait qu'elle avait une relation avec &lt;i&gt;&#171; Camacho &#187;&lt;/i&gt;, l'un des chefs guerriers de la zone qui avaient fait de &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt; un lieu d'approvisionnement et de repos, mais aussi une base arri&#232;re pour le vol de b&#233;tail, la s&#233;questration et les embuscades faites aux militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il l'a eu en face, le &lt;i&gt;&#171; Gallo &#187;&lt;/i&gt; a nou&#233; sa longue chevelure dans son bras et il l'a tra&#238;n&#233;e sans piti&#233; dans les rues poussi&#233;reuses du village. La tra&#238;nant dans la caillasse, il l'a emmen&#233;e jusqu'au terrain de football o&#249; s'agglutinait une multitude de paysans, transform&#233;s de force en public de la boucherie humaine qui approchait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin du 18 f&#233;vrier 2000 prenait fin, et un soleil de plomb tombait perpendiculaire sur la place. Par terre gisait le corps encore ti&#232;de de Luis Pablo Redondo, l'instituteur qu'ils avaient cruellement tortur&#233; et assassin&#233;. Ils l'ont fait face &#224; une centaine d'habitants qui regardaient stup&#233;faits le spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer ils lui ont coup&#233; les oreilles avec un couteau. Puis, des dizaines de fois, ils l'ont poignard&#233; entre les c&#244;tes et le ventre. Encore vivant, ils ont mis un sac noir sur sa t&#234;te. Les cris du supplici&#233; se confondaient avec de petits g&#233;missements du public horrifi&#233;. La voix de l'homme s'est &#233;teinte et ensuite un tir de fusil a laiss&#233; tout en silence. M&#234;me les chiens n'ont pas aboy&#233;. L'&#233;cho du coup de feu s'est senti dans tout le village. Le massacre avait commenc&#233;. Et maintenant Nayibis, battue sur tout son corps, &#233;tait &#224; l'&#233;chafaud, attach&#233;e &#224; l'unique arbre qui fait de l'ombre sur la place, regardant en face, avec ses yeux &#233;carquill&#233;s, l'&#233;glise que m&#234;me Dieu avait fui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les habitants de &lt;i&gt;El Carmen de Bolivar&lt;/i&gt; qui avaient des parents ou amis &#224; &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt; ont attendu pendant quatre jours les nouvelles du sort qu'ils avaient connu. Mais les autorit&#233;s sont entr&#233;es sur zone seulement quand il n'y avait d&#233;j&#224; plus rien &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelque chose va arriver dans ce village&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les saladegnos pressentaient que quelque chose de terrible allait arriver. Durant les derniers mois il y avait des signes de mort par tous les c&#244;t&#233;s. Mais dix ans avant, personne n'aurait imagin&#233; ce terrible d&#233;nouement. &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt; &#233;tait une division territoriale de Carmen de Bol&#237;var, plac&#233;e &#224; 18 kilom&#232;tres du ce chef lieu municipal, par un sentier qui devenait fr&#233;quemment un bourbier. Malgr&#233; cela, c'&#233;tait une terre prosp&#232;re, avec 5.000 habitants urbains et autant dans les alentours, qui r&#234;vait de grandir un peu plus pour atteindre la cat&#233;gorie aspir&#233;e de municipalit&#233;, ce qui signifierait plus de investissements publics. De plus, &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt; &#233;tait devenu une esp&#232;ce d'oasis agraire, entour&#233; de ruisseaux et de coteaux verts, au milieu d'une g&#233;ographie s&#233;v&#232;re et d&#233;sertique et de l'immense pauvret&#233; des Montagnes de Maria, qui traversent &lt;i&gt;Bolivar&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Sucre&lt;/i&gt;. Il y avait un centre m&#233;dical enviable, avec infirmi&#232;re, odontologue et m&#234;me une ambulance ; quelques &#233;coles et un coll&#232;ge o&#249; les gar&#231;ons &#233;tudiaient jusqu'au neuvi&#232;me degr&#233; ; deux conseillers municipaux et jusqu'&#224; un poste de Police. Tous avaient leur morceau de terre, en moyenne de 40 hectares, o&#249; du tabac &#233;tait cultiv&#233; dans de grandes quantit&#233;s, ma&#239;s, igname et yucca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes semaient, recueillaient et s&#233;chaient le tabac, tandis que les femmes, embauch&#233;es par deux grandes entreprises Espinoza et Tayrona - le s&#233;lectionnaient, pressaient et l'emballaient ; ce qui a donn&#233; une culture manufacturi&#232;re naissante au village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edita Garrido, une femme maigre qui d&#233;pass&#233; les 40 ans, des yeux noirs p&#233;tillants et un sourire d'o&#249; pointent quelques dents, &#233;voque cette &#233;poque comme la meilleure de sa vie : &#171; Tous les jours nous &#233;tions l&#224;-bas jusqu'&#224; 4 heures de l'apr&#232;s-midi. Nous &#233;tions 80, peut-&#234;tre 100. En plein travail nous riions avec les contes de Julia G&#243;mez, une coll&#232;gue qui nous amusait tant, que quelques fois ils l'ont vir&#233;e, mais ils la rappelaient, parce que le travail n'&#233;tait pas le m&#234;me sans elle &#187;. Edita dit que la faim n'&#233;tait pas connue et que l'abondance &#233;tait telle, que le riche du peuple, Don Eloy Cohen, tuait une vache une journ&#233;e sur deux et vendait jusqu'au cuir. Les gens avaient de l'argent pour acheter le n&#233;cessaire, et m&#234;me plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prosp&#233;rit&#233; avait fait que la gu&#233;rilla pose ses yeux sur &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt;. Les &lt;i&gt;Fronts 35&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;37&lt;/i&gt; des Farc harcelaient fr&#233;quemment la dizaine de policiers qui mal arm&#233;s essayaient de se d&#233;fendre, jusqu'&#224; ce qu'un jour v&#238;nt un h&#233;licopt&#232;re et il emport&#226;t pour toujours les agents. Ainsi, El Salado est rest&#233; l&#226;ch&#233; &#224; sont sort et aux Farc. Les saladegnos ont aper&#231;u le go&#251;t amer de la violence gu&#233;rrill&#233;ra, qui s'&#233;tait d&#233;j&#224; &#233;tendue par tout le pays et qui m&#234;me avait encercl&#233;e plusieurs villages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont commenc&#233; a extorquer les paysans les plus riches. Santander Cohen - fils du patriarche Eloy Cohen - avais refus&#233; de payer et tout de suite il est devenu un objectif militaire. Cohen avait une &#233;troite amiti&#233; avec le lieutenant colonel Alfredo Pers&#225;n Barnes, commandant d'un Bataillon de l'Infanterie de Marine, et il a eu recours &#224; lui en 1995, quand il a senti qu'il &#233;tait cern&#233; dans le village et que le groupe de gu&#233;rilleros le tuerait certainement. Le colonel Pers&#225;n est entr&#233; &#224; &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt; pour le sauver, mais quand il est parti, &#224; seulement quelques minutes du village, il est tomb&#233; dans une embuscade des insurg&#233;s. Sont morts, Cohen et Persan, le lieutenant Tony Pastrana et 27 infants de Marine. L'un des plus grands revers qui reste en m&#233;moire dans l'histoire de la Marine de Guerre. Cette action a laiss&#233; une marque ind&#233;l&#233;bile &#224; &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt;. D&#233;sormais, celui-ci serait consid&#233;r&#233; un village gu&#233;rill&#233;ro, incrimin&#233; pour ne pas avoir signal&#233; aux militaires le pi&#232;ge mortel que le chef gu&#233;rillero &lt;i&gt;&#171; Mart&#237;n Caballero &#187;&lt;/i&gt; avait tendu. L'attaque a aussi bris&#233; la vie communautaire. Tandis que quelques personnes maintenaient une relation quotidienne avec les miliciens des Farc qui restaient dans le village, les autres commen&#231;aient &#224; se sentir &#233;cras&#233;s sous les enl&#232;vements, les pr&#233;l&#232;vements et les injustices que les gu&#233;rilleros commettaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de temps apr&#232;s est survenu le premier massacre. En 1997 un groupe arm&#233;, envoy&#233; apparemment par des &#233;leveurs de la zone, avec une liste &#224; la main, a assassin&#233; cinq personnes dont l'institutrice du village. En quelques heures &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt; s'&#233;tait transform&#233; en village fant&#244;me. Absolument toutes les familles ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;es, avec leurs bardas et leurs animaux, dans l'attente de garanties pour rentrer. Trois mois plus tard, la Marine de Guerre s'est install&#233;e par quelques semaines dans le village et peu &#224; peu les familles sont retourn&#233;es. A cette &#233;poque, &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt; &#233;t&#233; r&#233;duit &#224; la moiti&#233; de ce qu'il &#233;tait. La guerre avait apport&#233; avec elle la pauvret&#233;. Les compagnies de tabac sont parties et les explorations naissantes de p&#233;trole et de gaz ont &#233;t&#233; suspendues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tension est devenue plus pr&#233;sente &#224; la fin de 1999, quand les paysans qui travaillaient dans &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt; et ses environs ont vu comment les Farc amenaient environ 400 t&#234;tes de b&#233;tail avec la marque caract&#233;ristique d'Enilse L&#243;pez, une femme puissante &#233;leveur de b&#233;tail qui &#233;tait d&#233;j&#224; crainte &#224; l'&#233;poque par tous dans le Magangu&#233;, une ville au bord de la rivi&#232;re Madeleine, qui restait justement dans le dos de &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;&#171; Gata &#187;&lt;/i&gt;, comme la connaissaient tous, se d&#233;pla&#231;ait comme un poisson dans l'eau entre les hommes politiques de Sucre et de Bolivar. Quand son b&#233;tail a commenc&#233; dispara&#238;tre de la propri&#233;t&#233; &lt;i&gt;&#171; Las Yeguas &#187;&lt;/i&gt;, la police et les militaires ont entrepris des inutiles recherches. Le b&#233;tail &#233;tait pass&#233; par &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt;, et de l&#224; il avait disparu. La police pensait que les Farc l'avaient distribu&#233; entre les paysans par lots de cinq ou six t&#234;tes de b&#233;tail, et partag&#233; le gain avec ces derniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre de cette ann&#233;e l&#224;, un h&#233;licopt&#232;re inconnu a survol&#233; le village et a lanc&#233; quelques pamphlets dans lesquels on disait : &#171; Mangez les poules et les veaux et jouissez tout ce que vous pouvez cette ann&#233;e parce que vous n'allez plus en profiter &#187;. Et en janvier, une camionnette a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e sur la route, et ses quatre occupants assassin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delcy M&#233;ndez, qui comptait plus d'une d&#233;cennie comme infirmi&#232;re dans &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt;, a craqu&#233; quand elle a re&#231;u un appel d'une amie de Carthage qui lui a fait remarquer : &#171; Cassez-vous de &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt; parce que quelque chose va arriver &#187;. Alors elle a pris ses v&#234;tements et, sans y penser deux fois, elle est partie pour &lt;i&gt;Carmen de Bolivar&lt;/i&gt;. Comme dans un conte de Garc&#237;a M&#225;rquez, elle dit : &#171; Nous ne savions pas ce qui allait arriver, mais nous savions que quelque chose allait arriver &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La tenaille&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de f&#233;vrier &#171; &lt;i&gt;Juancho Dique&lt;/i&gt; &#187;, le chef de tueurs &#224; gages des paramilitaires &#224; &lt;i&gt;Sucre&lt;/i&gt;, a re&#231;u un appel de Rodrigo Mercado Peluffo, alias &lt;i&gt;&#171; Cadena &#187;&lt;/i&gt;, son chef, qui d&#233;j&#224; &#224; cette &#233;poque &#233;tait l'homme le plus craint dans les savanes et le golfe de Morrosquillo. &lt;i&gt;&#171; Cadena &#187;&lt;/i&gt; a ordonn&#233; &#224; &lt;i&gt;&#171; Juancho Dique &#187;&lt;/i&gt; qu'il r&#233;unisse environ 60 hommes dans la propri&#233;t&#233; &lt;i&gt;El Palmar de San Onofre&lt;/i&gt;, &#224; quelques minutes de la mer carib&#233;enne. &#171; &lt;i&gt;Juancho Digue&lt;/i&gt; &#187; a su depuis ce moment qu'il s'agissait de quelque chose de grand, un combat massif avec la gu&#233;rilla, ou un massacre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Uber Enrique B&#225;nquez Mart&#237;nez, alias &#171; Dique &#187;, &#233;tait n&#233; en 1971 &#224; Cordoba [Colombie], dans une famille paysanne extr&#234;mement pauvre. Tr&#232;s jeune il a commenc&#233; &#224; gamberger comme mineur, jusqu'&#224; ce qu'il rentre dans l'Arm&#233;e. De l&#224; il est sorti en 1996 pour s'engager &#224; temps complet dans une Coop&#233;rative de S&#233;curit&#233; - Convivir - que les &#233;leveurs de Sucre avaient fond&#233;e avec l'appui de la Premi&#232;re Brigade d'Infanterie de Marine, cantonn&#233;e &#224; Corozal, et dont le chef &#233;tait &lt;i&gt;&#171; Cadena &#187;&lt;/i&gt;, un ex-informateur des militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le propre r&#233;cit de &#171; &lt;i&gt;Dique&lt;/i&gt; &#187;, en 1997, quand les &lt;i&gt;Convivir&lt;/i&gt; sont pratiquement devenues ill&#233;gales, &#171; &lt;i&gt;Cadena&lt;/i&gt; &#187; et ses hommes se sont empar&#233;s de San Onofre. Ils &#233;taient devenus une structure paramilitaire qui recevait des ordres de Carlos Casta&#241;o et de Salvatore Mancuso, qui maintenait des relations fluides avec des militaires, la police, des &#233;leveurs et des hommes politiques, et qui faisait du trafic de stup&#233;fiants par le Golfe de Morrosquillo, l'affaire la plus juteuse de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Juancho Dique&lt;/i&gt; &#187; &#233;tait le chef militaire de &#171; &lt;i&gt;Cadena&lt;/i&gt; &#187;, c'est pourquoi il &#233;tait charg&#233; de la mission qu'avaient ordonn&#233;e Casta&#241;o, Mancuso et Rodrigo Tovar Pupo alias &#171; &lt;i&gt;Jorge 40&lt;/i&gt; &#187; : ils entreraient &#224; &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt; pour d&#233;loger la gu&#233;rilla et tous les habitants, et laisseraient un groupe de paramilitaires install&#233; l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit du 15 f&#233;vrier ils sont sortis de &lt;i&gt;San Onofre&lt;/i&gt; dans deux camions par la route principale qui conduit &#224; Cartagena&lt;/i&gt;, et &#224; l'aube ils ont retrouv&#233; pr&#232;s de &lt;i&gt;Carmen de Bolivar&lt;/i&gt; encore deux groupes de paramilitaires, tous strictement en uniformes, avec des armes automatiques, grenades &#224; fragmentation dans les cartouchi&#232;res et des munitions &#224; la pelle en bandouli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des groupes venait de Magdalena, envoy&#233; par &#171; &lt;i&gt;Jorge 40&lt;/i&gt; &#187;, et &#233;tait sous les ordres d'un paramilitaire appel&#233; &lt;i&gt;&#171; Amaury &#187;&lt;/i&gt;. L'autre groupe de paramilitaires venait de Cordoba, sous la conduite de 5-7. Le chef de toute l'op&#233;ration &#233;tait un antioquegno connu comme &lt;i&gt;&#171; H2 &#187;&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;&#171; John Henao &#187;&lt;/i&gt;, beau-fr&#232;re de Casta&#241;o, dont la mission principale, une fois rentr&#233; dans &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt;, &#233;tait de recueillir tout le b&#233;tail qu'ils trouveraient, de traverser la rivi&#232;re Madeleine et de le laisser, de fa&#231;on s&#251;re, dans les savanes de ce d&#233;partement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les trois groupes ont &#233;t&#233; r&#233;unis, ils ont projet&#233; l'entr&#233;e par diff&#233;rents endroits. Un groupe entrerait &#224; El Salado par la route principale de &lt;i&gt;El Carmen&lt;/i&gt;. Un autre rentrerait par Ovejas, en suivant la piste de &lt;i&gt;Flor del Monte&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Canutalito&lt;/i&gt;, et le dernier arriverait par un endroit connu comme &lt;i&gt;La Reforestacion&lt;/i&gt;. En total, environ 300 hommes, guid&#233;s par cinq d&#233;serteurs [de la gu&#233;rilla]. &#171; Selon ce que je sais, ils s'&#233;taient livr&#233;s &#224; l'Infanterie de Marine, et de l&#224; ont &#233;t&#233; livr&#233;s &#224; &lt;i&gt;&#171; Cadena &#187;&lt;/i&gt;, assure &#171; &lt;i&gt;Dique&lt;/i&gt; &#187; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les camions ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s sur les grandes routes. Le parcours jusqu'&#224; &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt;, selon le plan trac&#233;, se ferait &#224; pied par les chemins vicinaux. De cette fa&#231;on ils recueilleraient le b&#233;tail en tuant tous ceux qui se trouveraient sur leur chemin. L'ordre &#233;tait de leur rentrer dedans sans piti&#233; et de prendre en tenaille le village. En quelques heures, le groupe de paramilitaires qui &#233;tait sous les ordres de &#171; &lt;i&gt;Juancho Dique&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;Cadena&lt;/i&gt; &#187; avait tu&#233; 19 paysans, presque tous pendus avec des cordes, ou &#233;gorg&#233;s au couteau, pour que le bruit des fusils n'alerte pas les voisins. &#171; &lt;i&gt;Cadena&lt;/i&gt; &#187; s'est trouv&#233; dans une propri&#233;t&#233; connue comme &lt;i&gt;La 18&lt;/i&gt;, et l&#224; il a install&#233; une esp&#232;ce d'h&#244;pital de campagne et de base arri&#232;re d'approvisionnement en armes et vivres que lui apporteraient par h&#233;licopt&#232;re Mancuso et &#171; &lt;i&gt;Jorge 40&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Amaury &#187;&lt;/i&gt; &#233;tait entr&#233; par la voie principale, en laissant derri&#232;re lui un sillage de terreur et de mort. Le matin du 16 f&#233;vrier, les paramilitaires ont arr&#234;t&#233; sur la route l'une des camionnettes qui faisaient, chaque jour, le voyage entre &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Carmen de Bol&#237;var&lt;/i&gt;. Dans la remorque se trouvait notamment, Edith C&#225;rdenas une femme de conviction reconnue pour tous dans &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt;. Selon un t&#233;moignage donn&#233; quelques jours apr&#232;s par Marie Cabrera, conseiller m&#233;dicale qui se trouvait aussi dans le v&#233;hicule, les paramilitaires ont regard&#233; les &#233;paules d'Edith et ils ont vus des marques et ils ont d&#233;duit que c'&#233;tait un signe indubitable que la femme transportait une besace, et donc &#233;tait une gu&#233;rill&#233;ra. En r&#233;alit&#233;, c'&#233;tait les marques de l'usage de tee-shirts &#233;chancr&#233;s, pour supporter la chaleur de la r&#233;gion : &#171; Edith parle, parle ! Ne reste pas silencieuse ! &#187;, Marie lui criait, mais Edith n'a pas pu parler de peur. Ils l'ont tu&#233;e. Elle et les autres. Seulement Marie et un autre passager ont pu s'&#233;chapper &#224; travers champs, courant d&#233;sesp&#233;r&#233;s pour sauver leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'alors les Farc s'&#233;taient d&#233;j&#224; aper&#231;ues de l'incursion et &#233;taient sorties vers la route, pour combattre les paramilitaires. Mais bient&#244;t ils se sont rendus compte que les paramilitaires &#233;taient nombreux, ils avaient de l'appui a&#233;rien et qu'ils &#233;taient en train de les encercler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps dans le village l'inqui&#233;tude grandissait. Par un soi-disant appel t&#233;l&#233;phonique quelqu'un a su que la camionnette qui &#233;tait partie de &lt;i&gt;El Salado &lt;/i&gt;n'&#233;tait jamais arriv&#233;e &#224; destination &#224; &lt;i&gt;El Carmen&lt;/i&gt;. Tout de suite ont commenc&#233; &#224; arriver des paysans qui fuyaient effray&#233;s des alentours que les paramilitaires &#233;taient en train de raser. Les habitants de &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt;, pris de panique, se sont r&#233;unis sans savoir quelle d&#233;cision prendre. Plusieurs ont entrepris de fuir sans y r&#233;fl&#233;chir &#224; deux fois. D'autres ont compris que le d&#233;part &#233;tait imminent quand ils ont vu les gu&#233;rilleros des Farc qui battaient en retraite. Ils avaient perdu des hommes, ils avaient quelques bless&#233;s et ils cherchaient refuge dans la montagne. L'un d'eux venu dire aux habitants de &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt; : &#171; Courrez, courrez ils viennent pour raser le village &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Teresa Castro et David Montes, un couple qui malgr&#233; les infortunes semble heureux ont &#233;t&#233; des premiers prendre la retraite. &#171; sur le chemin de &lt;i&gt;Arenas&lt;/i&gt; nous nous sommes r&#233;unis dans une hutte de tabac, au moins, 100 personnes. Les enfants pleuraient de faim et de soif. Nous voulions revenir, mais quand nous entendions les tirs et nous avons su qu'ils tuaient les gens sur les chemins, nous nous sommes jet&#233;s dans la for&#234;t. Nous avons tenu deux jours en marchant sans rien &#224; manger. Je me suis &#233;vanouie et j'ai demand&#233; aux autres de continuer. Mais ils ne m'ont pas laiss&#233;, et enfin nous avons pu nous en sortir &#187;, raconte Teresa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chemin a &#233;t&#233; si tortueux, qu'Helen Margarita Arrieta, une petite fille d'&#224; peine 6 ans, est morte d&#233;shydrat&#233;e tandis qu'elle implorait une voisine qu'elle lui donne de l'eau. Mais dans ces terres il n'y avait pas de goutte de liquide. Seulement la chaleur terrible de la C&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la crainte &#224; mourir de faim et de soif plusieurs sont rentr&#233;s &#224; l'aube du 17 f&#233;vrier. Les uns pour emballer leurs affaires et partir d&#233;finitivement. D'autres, attach&#233;s au vieux proverbe que celui qui ne doit rien, ne craint rien. L'une de celles qui sont rentr&#233;es fut Leticia1. &#171; Nous avions dormi dans la montagne et mes filles suppliaient pour de la nourriture, ainsi nous sommes revenus, apr&#232;s que le laitier nous ait dit que dans &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt; n'&#233;taient pas entr&#233;s les paramilitaires &#187;, se rappelle-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de l'angoisse &#224; cause des coups de feu qui &#233;taient entendus au loin, &#224; peu pr&#232;s 200 personnes restaient encore au village ce jeudi 17 f&#233;vrier. L'apparent calme a &#233;t&#233; bris&#233; vendredi &#224; 9 heures du matin, quand tout &#224; coup ils ont vu le village plein d'hommes arm&#233;s. Il n'y a pas eu de temps pour fuir. &#171; Nous sommes dans &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt; : d&#233;connez pas ! Sortez, bande de gu&#233;rill&#233;ros, que tout le monde meurt aujourd'hui &#187;, l'un des paramilitaires a cri&#233;, et Leticia, qui &#233;tait dans le lavoir, a commenc&#233; &#224; pleurer parce que depuis ce moment elle a su que la trag&#233;die tant annonc&#233;e &#233;tait d&#233;j&#224; in&#233;vitable. La mort planait sur &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Orgie de sang&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand nous arrivons &#224; El Salado nous avons ramass&#233; les gens et nous les avons r&#233;unis sur la place, &#224; c&#244;t&#233; de l'&#233;glise. Les d&#233;serteurs signalaient les gu&#233;rilleros et nous les ex&#233;cutions &#187;, dit &#171; &lt;i&gt;Juancho Dique&lt;/i&gt; &#187; sans l'ombre d'une &#233;motion. &#171; Ils sont arriv&#233;s en renversant des portes &#187;, se rappelle Leticia, avec une voix tremblante. En la poussant, &#171; Gallo &#187; l'a sorti elle et sa famille de la baraque o&#249; elle vivait. Une fois sur le parvis de la chapelle, elle a vu avec stupeur que son fils &#233;tait d&#233;j&#224; dans le groupe s&#233;lectionn&#233; par les paramilitaires. Avec des larmes dans les yeux, et en sortant du courage du fond de ses tripes, elle a cri&#233; &#224; ses bourreaux : &#171; ayez de la compassion pour cette &#226;me &#187;, et elle a signal&#233; le gar&#231;on. Par une raison qu'elle n'a jamais comprise, son fils est sorti sain. Du corps, mais pas de l'&#226;me, puisqu'il n'est pas encore remis de tout ce qu'il a vu cet apr&#232;s-midi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les suppliques de Leticia se sont trouv&#233;es interrompues par le spectacle de Nayibis, tra&#238;n&#233;e par les cheveux par la rue principale du village. &#171; Ils l'ont ligot&#233;e &#224; un arbre et avec leurs ba&#239;onnettes l'ont &#233;gorg&#233;e &#187;, reconna&#238;t le paramilitaire &lt;i&gt;&#171; Dique &#187;&lt;/i&gt; dans sa d&#233;claration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, un h&#233;licopt&#232;re qui volait bas mitraillait les maisons. Dans l'une d'elles, est mort bris&#233; par une balle, Libardo Trejos, qui se cachait &#224; c&#244;t&#233; de quelques voisins, et dans le sang duquel a baign&#233; pendant tout la journ&#233;e une petite fille de 5 ans, qui depuis ce jour n'a pas retrouv&#233; la parole ni ne s'est remis du trauma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les victimes, selon des t&#233;moignages des survivants, ont &#233;t&#233; choisies au hasard. Certains parce qu'ils ont &#233;t&#233; signal&#233;s par les d&#233;serteurs des Farc. Les autres, comme Francisca Cabrera, parce qu'ils avaient tr&#232;s peur. D'autres sans explication, comme Ever Urueta, qui souffrait d'une d&#233;ficience mentale et qui a &#233;t&#233; tortur&#233; sans piti&#233; pour soi disant qu'il avoue qu'il appartenait aux Farc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les meurtres se produisaient chaque demi-heure. Les gens &#233;taient sous le soleil de plomb, debout, voyant comment se remplissait la place ds cadavres, et comment les paramilitaires f&#234;taient leurs &#171; exploits &#187;. Ils ont sorti les tambours, les cornemuses et les accord&#233;ons, et pour chaque mort, ils jouaient un coup. C'&#233;tait une atmosph&#232;re de corrida, o&#249; les fauves avaient l'avantage et les victimes &#233;taient sans d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les para r&#233;cemment recrut&#233;s demandaient &#224; leurs sup&#233;rieurs de leur permettre de tirer, comme si c'&#233;tait un privil&#232;ge. &#171; Ils me disaient : &#171; donnez moi une chance, je veux en descendre un...' &#187;, alors je la lui donnais un, a racont&#233; &lt;i&gt;&#171; Juancho Dique &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si ce n'&#233;tait pas assez, plusieurs hommes &#224; la file ont viol&#233; une femme. Ils se sont acharn&#233;s avec les femmes. Ils ont mis du fils de fer -o&#249; s&#232;che le tabac- dans le vagin de certains d'entre elles. Ils les ont insult&#233;es toutes en leur disant qu'elles &#233;taient les putes des gu&#233;rilleros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que &lt;i&gt;&#171; Dique &#187;&lt;/i&gt;, Jhon Jairo Esquivel Cuadrado, le &lt;i&gt;&#171; Tigre &#187;&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;&#171; Gallo &#187;&lt;/i&gt; et le reste des paramilitaires se d&#233;lectaient dans l'humiliation et du ch&#226;timent des gens, le commandant de l'op&#233;ration, &lt;i&gt;&#171; H2 &#187;&lt;/i&gt;, menait le travail principal dont on l'avait charg&#233;. Il y avait presque mille t&#234;tes de b&#233;tail ramass&#233;es et il avait commenc&#233; la marche avec celles-ci, guid&#233; par l'administrateur de la propri&#233;t&#233; &lt;i&gt;&#171; Las Yeguas &#187;,&lt;/i&gt; d'o&#249; les t&#234;tes de b&#233;tail de la &lt;i&gt;&#171; Gata &#187;&lt;/i&gt; avaient &#233;t&#233; vol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la tomb&#233;e de la nuit, gisaient sur le terrain de football 18 cadavres. Le soleil a enflamm&#233; les corps et bient&#244;t les cochons, attir&#233;s par le sang, ont commenc&#233;s &#224; les d&#233;vorer. Quand les paramilitaires ont donn&#233; l'ordre d'aller dormir dans les maisons, plusieurs ont trouv&#233; leurs parents morts dans les rues ou dans les baraques m&#234;mes. Le nombre de victimes ce jour, seulement dans la partie urbaine de &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt;, s'&#233;levait &#224; 38. Et dans les environs, ils &#233;taient d&#233;j&#224; 28.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nuit personne n'a dormi, personne n'a mang&#233;, personne n'a bu. Et personne n'a parl&#233;. Le silence a &#233;t&#233; seulement interrompu par les cigales, le vent qui soulevait les toits et les voix des paramilitaires qui ont patrouill&#233; toute la nuit. Au loin, des coups de feu et des rires, &#233;taient entendus de temps en temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'aube les paramilitaires &#233;taient toujours l&#224;. Il semblait que le cauchemar ne finirait jamais. Il semblait qu'ils &#233;taient rest&#233;s &#224; jamais. Alors, en mordant la poussi&#232;re, les gens ont sorti des tables pour poser leurs morts, ils ont ouvert l'&#233;glise et y ont prot&#233;g&#233; les cadavres pour les sauver des b&#234;tes et du soleil. Ils ont commenc&#233; &#224; creuser des fosses en silence, tandis que les paras pillaient les magasins et commen&#231;aient &#224; boire et &#224; danser. Pass&#233;es 4 heures de l'apr&#232;s-midi on a entendu quelques coups de feu en l'air. C'&#233;tait le signal de la retraite. Ils ont commenc&#233; &#224; sortir, ivres, en disant aux survivants qu'ils devraient partir et ne plus jamais revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 5 heures les gens ont pu enfin pleurer leurs morts. Ils s'embrassaient les uns les autres, en criant, en se vautrant dans le sol de tristesse. En maudissant et en demandant un ch&#226;timent. Les chiens, qui s'&#233;taient tous tus tout le temps, ont commenc&#233; &#224; hurler &#224; la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exode a commenc&#233; tout de suite. Derri&#232;re ils laissaient un village bless&#233; &#224; mort. &#201;lida Cabrera, qui venait d'enterrer sa s&#339;ur, a seulement r&#233;ussi &#224; penser : &#171; La Colombie est un pays corrompu. En cinq jours il n'y a eu personne qui nous a aid&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un pays corrompu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une heure apr&#232;s que les paramilitaires aient abandonn&#233; le village, est arriv&#233;e l'Infanterie de Marine. Il &#233;tait 6 heures de l'apr&#232;s-midi du samedi 19 f&#233;vrier. L'incursion avait commenc&#233; mardi. Mercredi, d&#233;j&#224; l'H&#244;pital de la Carmen de Bolivar soignait ceux qui avaient fui par les montagnes. Tout le monde savait qu'ils tuaient du monde &#224; &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt;. Sauf les autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ledys Ortega, une jeune leader de &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt; travaille maintenant comme inspectrice de Police, a &#233;t&#233; l'une de celles qui a donn&#233; l'alarme. &#171; Le maire ne nous a pas &#233;cout&#233;s. Au contraire, ils ont ferm&#233; la route et ils n'ont laiss&#233; passer personne &#187;. La nationale de la c&#244;te a commenc&#233; &#224; bouchonner &#224; cause des dizaines de parents qui se pressaient l&#224;, cherchant &#224; entrer d&#233;sesp&#233;r&#233;ment par leurs propres moyens &#224; El Salado, et voir ce qui passait l&#224;-bas. La Croix-Rouge, les informations t&#233;l&#233;vis&#233;es, tous &#233;taient l&#224;. Mais personne n'a pu passer. Les militaires ont simplement dit que la route &#233;tait min&#233;e. Et qu'il n'y avait pas d'h&#233;licopt&#232;res disponibles pour une op&#233;ration a&#233;rienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vendredi 18 f&#233;vrier &#224; 8 heures du soir, quand le massacre &#233;tait d&#233;j&#224; consomm&#233; et les paramilitaires avaient tenu en tenaille trois jours &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt;, le gouvernement du Sucre a enfin tenu un conseil de s&#233;curit&#233;, avec &#224; sa t&#234;te le colonel de l'&#233;poque de la Marine de guerre Rodrigo Qui&#241;ones et le gouverneur pr&#233;pos&#233;, Humberto Vergara, r&#233;union qui peut bien passer dans les annales de l'histoire pour la conjuration de l'infamie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme cela repose dans l'acte, le premier point trait&#233; fut l'information du DAS sur le vol de 500 t&#234;tes de b&#233;tail appartenant &#224; Miguel Nule Am&#237;n et &#224; l'&#233;pouse de l'&#233;leveur Joaqu&#237;n Garc&#237;a, dans la zone rurale de &lt;i&gt;San Onofre&lt;/i&gt;. Tant le gouverneur, Eric Morris - aujourd'hui condamn&#233; pour appartenir &#224; des groupes paramilitaires - que le s&#233;nateur &#193;lvaro Garc&#237;a Romero - d&#233;tenu et accus&#233; de paramilitarisme et d'avoir particip&#233; au massacre de Macayepo - et le propre Nul Am&#237;n - alli&#233; des paramilitaires - avaient demand&#233; &#224; la Marine de guerre, selon des t&#233;moignages des employ&#233;s, qu'ils envoient des troupes pour chercher un b&#233;tail qu'ils n'ont jamais trouv&#233; et pour le larcin duquel il n'y a pas eu non plus de plainte formelle. Aujourd'hui plusieurs de ces employ&#233;s pensent que le vol n'a jamais exist&#233; et que c'&#233;tait seulement un alibi pour d&#233;vier l'attention des militaires et de la Police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le troisi&#232;me point (dans l'acte manque le deuxi&#232;me) du conseil de s&#233;curit&#233;, il est dit que le 16 f&#233;vrier, quand il a commenc&#233; l'incursion dans El Salado, la Police a vu un h&#233;licopt&#232;re Bell, bleu et blanc arm&#233;, pr&#232;s du fleuve Magdalena et que par l'intervention de la Marine de Guerre et de la Force A&#233;rienne il a &#233;t&#233; neutralis&#233;, et que les membres de l'&#233;quipage se sont identifi&#233;s comme membres des AUC et que tout de suite ils ont incin&#233;r&#233; l'appareil. L'h&#233;licopt&#232;re portait des munitions, et ceux qui le pilotaient n'ont jamais &#233;t&#233; captur&#233;s. Aujourd'hui on sait gr&#226;ce aux t&#233;moignages des d&#233;mobilis&#233;s que le pilote &#233;tait Andr&#233;s Angarita, ex-officier d'aviation de l'Arm&#233;e, qui est arriv&#233;e &#224; avoir un haut rang dans les AUC, et qu'il a &#233;t&#233; assassin&#233; depuis. Selon des t&#233;moignages, l'autre &#233;tait &#171; Jorge 40 &#187;. Ce qu'on jamais sur, c'est pourquoi ils n'ont pas &#233;t&#233; captur&#233;s, s'il est vrai que l'appareil a &#233;t&#233; immobilis&#233;, ni comment-ils ont r&#233;ussi &#224; survivre, si c'est vrai qu'il a &#233;t&#233; abattu, comme l'affirme la Marine de Guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#234;me mercredi 16 f&#233;vrier, quand on a commenc&#233; &#224; voir des mouvements de paramilitaires et quand il y avait d&#233;j&#224; dans quelques &lt;i&gt;corregimientos&lt;/i&gt; [division territoriale] des cadavres de paysans &#233;gorg&#233;s, la Police avait rapport&#233; ces morts, par leurs caract&#233;ristiques, qui &#233;taient propres &#224; un massacre. Cependant, au conseil de s&#233;curit&#233; on remarque que &#171; le nombre de ramassages qu'a fait le CTI est de neuf et il n'&#233;carte pas la possibilit&#233; qu'ils apparaissent plus comme morts de l'affrontement entre les AUC et le front 37 des Farc &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport du conseil de s&#233;curit&#233; se termine par une conclusion d&#233;vastatrice : &#171; Les d&#233;linquants des AUC ont employ&#233; dans leurs actes d&#233;lictueux les gu&#233;rilleros des Farc qui les ont guid&#233; jusqu'aux campements du Front 37 &#187;... &#171; Le fait de r&#233;aliser des actes d&#233;lictueux en civil de la part des bandits des Farc leur permet de se confondre avec la population civile et de se mettre &#224; &#234;tre des paysans au moment d'un affrontement arm&#233; &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait &#233;vident que des civils avaient &#233;t&#233; assassin&#233;s et que c'&#233;tait un massacre terrifiant. Et m&#234;me ainsi, toutes les autorit&#233;s r&#233;unies l&#224; ont pr&#233;f&#233;r&#233; croire qu'il s'agissait de combats entre des groupes arm&#233;s. Bas&#233;s sur cette hypoth&#232;se - ou rideau de fum&#233;e - ils n'ont rien fait d'autre qu'attendre. Th&#233;orie que personne, except&#233; eux, n'a crue. C'est pourquoi ils finissent la r&#233;union en disant : &#171; par leur ardeur d'avoir une information exclusive, les m&#233;dias ne donne pas d'informations officielles ; au contraire, ils multiplient le drame des familles et d&#233;sinforment l'opinion publique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans processus judiciaires pr&#233;caires et manipul&#233;s personne n'a jamais essay&#233; de prouver la complicit&#233; d'autorit&#233;s civiles et militaires, ou des &#233;leveurs dans ce massacre. En revanche, ilyabeaucoupde t&#233;moignagesetdocumentsqui d&#233;montrent qu'il y a eu complicit&#233;, surtout durant la retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Juancho Digue &#187;&lt;/i&gt; raconte ainsi la retraite : &#171; Nous sortons dans trois camions comme si c'&#233;tait chez nous... &lt;i&gt;&#171; Cadena &#187;&lt;/i&gt; avait d&#233;j&#224; tout arrang&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 f&#233;vrier, cinq jours apr&#232;s le massacre, quand d&#233;j&#224; tout le gouvernement &#233;tait dans l'&#339;il de cyclone par l'incroyable n&#233;gligence avec laquelle ils avaient agi, la Marine de Guerre a rapport&#233; la capture de 11 paramilitaires. Il s'agissait effectivement du groupe qui avait livr&#233; le b&#233;tail vers la Magdalena et que dirigeait le beau-fr&#232;re de Castano, &lt;i&gt;&#171; H2 &#187;&lt;/i&gt;. Un an apr&#232;s, &lt;i&gt;&#171; H2 &#187;&lt;/i&gt; s'est enfui de la prison mod&#232;le, par la porte principale et, depuis lors il a v&#233;cu aupr&#232;s de Castano, et &#224; c&#244;t&#233; de qui il a &#233;t&#233; assassin&#233; en 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas trop dire que la justice n'a jamais trouv&#233; de preuves pour lier le massacre &#224; une personne qui avait un rang militaire ou un pouvoir politique. Seulement maintenant, dans les d&#233;clarations de Mancuso, &lt;i&gt;&#171; Juancho Dique &#187;&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;&#171; Tigre &#187;&lt;/i&gt;, et les t&#233;moignages encore terrifi&#233;s des victimes, on commence &#224; savoir que dans ce massacre ont converg&#233; les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques de &lt;i&gt;gamonales&lt;/i&gt; [propri&#233;taire terrien qui a du pouvoir politique] qui voyaient leur patrimoine menac&#233; par les actions des Farc, de narcotrafiquants qui voulaient contr&#244;ler le territoire qui unissait le sud de Bolivar avec la mer carib&#233;enne et qui &#233;tait clef pour leurs affaires, les int&#233;r&#234;ts d'autorit&#233;s qui voulaient &#233;liminer les Farc gr&#226;ce &#224; la guerre sale, et des hommes politiques qui avaient d&#233;j&#224; un plan en cour pour le contr&#244;le total de la C&#244;te. Tout cela ensemble a fait possible cette barbarie sans limite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jairo Castillo, plus connu comme &lt;i&gt;&#171; Pitirri &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moin principal de la para-politique, a assur&#233; dans une d&#233;claration &#224; la Cour Supr&#234;me de Justice que la &lt;i&gt;&#171; Gata &#187;&lt;/i&gt; a pri&#233; instamment Mancuso de r&#233;cup&#233;rer son b&#233;tail. Mais on n'a pas encore enqu&#234;t&#233; si l'ex-gouverneur Eric Morris, le s&#233;nateur &#193;lvaro Garc&#237;a et l'&#233;leveur Miguel Nule Am&#237;n ont essay&#233; de d&#233;tourner l'attention des organismes de s&#233;curit&#233;. Ou si ceux-ci, simplement par complicit&#233; ou incapacit&#233;, ont permis le massacre qui punissait un village qui leur &#233;tait d&#233;favorable et avec lequel ils avaient une dette de sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Front 37 des Farc s'est maintenu sur la zone rurale de &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt; jusqu'&#224; l'ann&#233;e pass&#233;e quand &lt;i&gt;&#171; Mart&#237;n Caballero &#187;&lt;/i&gt; est mort dans des combats avec l'Infanterie de Marine [le 25 octobre 2007]. Le bilan final &#224; &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt; et ses environs est de 66 morts. Les victimes savent qu'au-del&#224; du b&#233;tail ou de la dispute de territoire entre un groupe de gu&#233;rilleros et des paramilitaires, il y avait des int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques pour beaucoup du monde sur &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acte de contrition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques mois le colonel d'Infanterie de Marina Rafael Col&#243;n, qui apr&#232;s ce massacre a combattu sans tr&#234;ve les paramilitaires, et surtout le redoutable &lt;i&gt;&#171; Cadena &#187;&lt;/i&gt;, a publiquement demand&#233; pardon pour les manquements que dans le pass&#233; la Marine de Guerre avait eus et qui ont favoris&#233; ce massacre, et tous les autres qui sont arriv&#233;s avant et apr&#232;s. Mais cet acte de repentir timide a &#233;t&#233; d&#233;savou&#233; quelques heures apr&#232;s par ses sup&#233;rieurs, qui y ont vu l'honneur militaire bless&#233;. M&#234;me ainsi, son travail a &#233;t&#233; fondamental pour que quelques habitants retournent &#224; ce village et &#224; d'autres des Montagnes de Maria, et que plusieurs d'entre eux recommencent &#224; avoir confiance dans les forces militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de 400 familles sont revenues &#224; &lt;i&gt;El Salado&lt;/i&gt;, qui savent que leur village ne sera plus jamais ce qu'il a &#233;t&#233;. Autant de personnes se sont d&#233;clar&#233;s comme victimes pour obtenir r&#233;paration et suivent de pr&#232;s les d&#233;clarations des paramilitaires qui ont commis les crimes les plus atroces contre elles. Mais les blessures sont profondes et difficiles de gu&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre en a fini en tout cas avec une communaut&#233; qui avait dans la terre une promesse de progr&#232;s. Quelque chose dont les autres pourront s&#251;rement profiter. Mais pas ceux qui sont n&#233;s et ont v&#233;cu l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'ann&#233;e 2007, une entreprise recherche de gaz et de p&#233;trole &#224; El Salado, comme disent les sp&#233;cialistes, avec de bonnes perspectives. La mort de &#171; Caballero &#187;, la s&#233;curit&#233; d&#233;mocratique et le retour ont revaloris&#233; les terres. Des entrepreneurs et des &#233;leveurs de la r&#233;gion d'Antioque ont d&#233;j&#224; achet&#233; plus de 15.000 hectares pour de l'&#233;levage ou du biocombustible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieusement, un mois apr&#232;s le massacre, en mars 2000, dans un autre conseil de s&#233;curit&#233; les autorit&#233;s locales rapportent que la zone a retrouv&#233; son calme. Et qu'il y avait des bonnes nouvelles. Des investisseurs voyaient dans la r&#233;gion un grand potentiel pour semer du palmier &#224; huile. Cultures qui apparemment ne sont jamais arriv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre que Eneida Narv&#225;ez a raison, le repr&#233;sentant des victimes d'El Salado, qui dans sa chaise en bois, avec quelques brass&#233;es de tabac s&#233;chant derri&#232;re son dos, dit avec toute sa conviction : &#171; La terre fait tous les d&#233;placements &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La possession de la terre produit tous les d&#233;placements de population&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'espagnol pour &lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt; de &lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.maplandia.com/colombia/magdalena/remolino/el-salado&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lien photo Satellite de la region&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La possession de la terre produit tous les d&#233;placements de population&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notas :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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