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		<title>Chile joue avec le boomerang de la r&#233;pression</title>
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		<dc:date>2011-08-14T09:26:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ernesto Carmona</dc:creator>



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&lt;p&gt;Depuis quelque trois mois, des manifestations massives d'&#233;tudiants, de lyc&#233;ens et de professeurs se succ&#232;dent au Chili. En janvier 2011, Joaqu&#237;n Lav&#237;n, alors ministre de l'Education, a fait passer une loi de contre-r&#233;forme de l'&#233;ducation, qui accentue la privatisation de l'&#233;ducation commenc&#233;e sous Pinochet. &lt;br class='autobr' /&gt; D&#232;s avril-mai, l'opposition &#233;tudiante &#224; la contre-r&#233;forme s'est manifest&#233;e. Le 6 avril, l'Universit&#233; centrale du Chili (UCEN) voyait ses activit&#233;s paralys&#233;es. Depuis le mois de juin, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Chili" rel="directory"&gt;Chili&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelque trois mois, des manifestations massives d'&#233;tudiants, de lyc&#233;ens et de professeurs se succ&#232;dent au Chili. En janvier 2011, Joaqu&#237;n Lav&#237;n, alors ministre de l'Education, a fait passer une loi de contre-r&#233;forme de l'&#233;ducation, qui accentue la privatisation de l'&#233;ducation commenc&#233;e sous Pinochet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s avril-mai, l'opposition &#233;tudiante &#224; la contre-r&#233;forme s'est manifest&#233;e. Le 6 avril, l'Universit&#233; centrale du Chili (UCEN) voyait ses activit&#233;s paralys&#233;es. Depuis le mois de juin, 15 grandes manifestations de lyc&#233;ens et d'&#233;tudiants ont eu lieu afin de donner un statut public au syst&#232;me d'&#233;ducation secondaire et sup&#233;rieur et mettre fin &#224; un syst&#232;me d'enseignement plac&#233; sous le diktat du profit priv&#233;. Le 16 juin, &#224; Santiago, ont converg&#233; dans une manifestation le mouvement &#233;tudiant et une marche des mineurs. Le mot d'ordre commun &#233;tait le suivant : &#171; Renationalisation des mines du cuivre, pour une &#233;ducation de qualit&#233; &#187;. Un mot d'ordre qui n'a jamais fait partie du programme de la Concertation, cette alliance entre la d&#233;mocratie chr&#233;tienne et le Parti socialiste, qui a gouvern&#233; le Chili de 1990 &#224; 2010. Le 14 juillet, l'essor du mouvement &#233;tudiant et son &#233;cho parmi la population &#233;tait confirm&#233; : quelque 70'000 personnes ont manifest&#233; &#224; Santiago, et dans d'autres villes. Il faut saisir la place cl&#233; de l'&#233;ducation dans l'espoir des couches populaires d'assurer &#224; leurs enfants un avenir meilleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;dition chilienne du Monde diplomatique d'ao&#251;t 2011, Jame Massardo &#233;crit : &#171; La nouvelle g&#233;n&#233;ration qui anime ce mouvement n'a pas v&#233;cu la peur de la dictature ; par sa cr&#233;ativit&#233;, par ses structures d&#233;mocratiques, par sa transparence, ce mouvement repr&#233;sente une nouvelle forme de pratique politique dans un contexte qui &#8211; lib&#233;r&#233; de la camisole de force et des obstacles politiques propres aux partis de la Concertation ayant form&#233; les gouvernements du post-pinochetisme &#8211; favorise l'essor d'une nouvelle subjectivit&#233;. Ainsi,ce mouvement a montr&#233; le besoin d'un nouveau Chili, d'une Deuxi&#232;me R&#233;publique, o&#249; nous puissions tous vivre dans des conditions meilleures en forgeant un futur construit par nous tous. &#187; Cette caract&#233;risation du mouvement permet aussi de saisir la raison pour laquelle il avance, outre les revendications concernant l'&#233;ducation publique, le mot d'ordre d'une Assembl&#233;e nationale constituante marquant la rupture avec la p&#233;riode de la Concertation comme de l'actuel gouvernement de Sebasti&#225;n Pi&#241;era et de sa &#171; Coalition pour le changement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le site du quotidien fran&#231;ais Le Monde (Le Monde.fr, du 10 ao&#251;t 2011), 70'000 personnes ont manifest&#233;, le mardi 9 ao&#251;t 2011, &#224; Santiago &#171; en faveur d'une r&#233;forme de l'&#233;ducation &#187;. Cette estimation est celle de la police, qui n'a pas pour habitude de &#171; gonfler &#187; les chiffres. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la r&#233;pression incroyable d&#233;cha&#238;n&#233;e par le pr&#233;sident milliardaire Sebasti&#225;n Pi&#241;era contre les &#233;tudiants, les professeurs et de simples passants, le Chili a v&#233;cu le jeudi 4 ao&#251;t une journ&#233;e de protestation populaire de caract&#232;re national. Elle a rappel&#233; aux plus &#226;g&#233;s les 22 journ&#233;es de manifestations qui conduisirent &#224; la fin de la dictature de 17 ans de Pinochet (1973-1990). C'est un chapitre in&#233;dit dans l'histoire politique du Chili depuis presque 60 ans qui s'est ouvert tout &#224; coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on excepte les protestations populaires contre la dictature, le pays n'avait sans doute pas connu une r&#233;bellion g&#233;n&#233;ralis&#233;e contre le gouvernement depuis le 2 avril 1956, contre la gestion de Carlos Ib&#225;&#241;ez del Campo (1952-1958). En m&#234;me temps, on apprit, le vendredi 5 ao&#251;t, les menaces sur Twitter faites contre la dirigeante des &#233;tudiants Camila Vallejo. Les &#233;tudiants envisagent une nouvelle manifestation pour ce mardi 9 ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression inhabituelle, qui d&#233;buta &#224; 6h30 du matin &#224; Santiago, aux environs de la Plaza Italia [au centre de la ville], provoqua un changement dans l'agenda des m&#233;dias. Ils se consacr&#232;rent toute la journ&#233;e &#224; la couverture sp&#233;ciale &#171; &#224; vif et en direct &#187; des &#233;v&#233;nements spectaculaires, en laissant de c&#244;t&#233; la programmation ordinaire de la t&#233;l&#233;vision et de la radio. Il y a eu, en outre, une couverture peu habituelle par les m&#233;dias internationaux, qui s'&#233;taient d&#233;plac&#233;s au Chili pour le show du premier anniversaire de la trag&#233;die des 33 mineurs pr&#233;vu pour le vendredi 5 ao&#251;t [r&#233;f&#233;rence est faite ici aux 33 mineurs miracul&#233;s de la mine de San Jos&#233; qui &#233;taient rest&#233;s bloqu&#233;s plus de 60 jours et qui attaquent le gouvernement pour n&#233;gligence].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re insolite, de fait le gouvernement lui-m&#234;me orchestrait une incroyable journ&#233;e de contre-propagande : les m&#233;dias &#233;lectroniques illustraient &#8211; &#171; vous voyez, c'est en train de se passer &#187; &#8211; la brutalit&#233; polici&#232;re d&#233;cha&#238;n&#233;e, non seulement contre les &#233;tudiants qui voulaient manifester, mais contre tout &#234;tre vivant, les passants, les voyageurs du Metro [une des stations importantes du m&#233;tro se trouve &#224; la Plaza d'Italia], les gens aux arr&#234;ts de bus, les gens loin d'&#234;tre des &#233;tudiants, les travailleurs qui allaient &#224; la maison ou au travail, les personnes du troisi&#232;me &#226;ge qui se rendaient &#224; un centre de sant&#233;, les habitants des maisons qui dans leurs foyers re&#231;urent des gaz lacrymog&#232;nes hautement toxiques et des projections d'eau contamin&#233;e gicl&#233;e par les Carabiniers, des touristes pris par surprise &#8211; sans exp&#233;rience d'affrontements de rue &#8211; et m&#234;me les chiens errants, etc. N'importe quel groupe de 3 &#224; 5 personnes, sans discrimination d'&#226;ge, &#233;tait attaqu&#233; au moyen de gaz, quoi qu'ils fassent, m&#234;me s'ils cherchaient un transport public (dont les tarifs r&#233;cemment augment&#233;s accroissent le malaise de la population). Les &#233;v&#233;nements se sont termin&#233;s &#224; minuit pass&#233; et ont culmin&#233; avec le pillage et l'incendie d'un magasin La Polar, la cha&#238;ne de magasins de d&#233;tail qui se trouve dans l'&#339;il de l'ouragan pour ses abus contre presque un demi-million de clients dont elle a reconfigur&#233; les dettes ill&#233;galement et unilat&#233;ralement [la consommation repose massivement sur le cr&#233;dit].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement s'&#233;tait propos&#233; de maintenir de tous les c&#244;t&#233;s le dit &#171; ordre public &#187; en emp&#234;chant les &#233;tudiants de mettre le pied sur l'avenue embl&#233;matique des peupliers, la Alameda, l'art&#232;re invoqu&#233;e dans ses ultimes paroles par le pr&#233;sident Allende dans sa phrase &#171; s'ouvriront les grandes avenues o&#249; passe l'homme libre &#187;. La principale avenue de Santiago resta ferm&#233;e toute la journ&#233;e, de l'aube jusqu'&#224; presque minuit. Mais il y eut, en outre, des heurts et des coupures du trafic dans les principales rues adjacentes, provoqu&#233;s par la dispersion des &#233;tudiants qui partout &#233;lev&#232;rent des barricades pour protester. Toute la ville s'est transform&#233;e en un enfer. Ce fut un jour perdu pour la sacro-sainte &#233;conomie. Le &#171; maintien de l'ordre public &#187; a conduit &#224; 18 heures de chaos urbain g&#233;n&#233;ralis&#233; ou, en d'autres termes, le gouvernement a r&#233;ussi &#224; provoquer le &#171; d&#233;sordre public &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements du jeudi, qui se sold&#232;rent par 874 arrestations dans tout le pays &#8211; plus de la moiti&#233; &#224; Santiago &#8211; selon les chiffres du gouvernement, marquent &#171; un avant et un apr&#232;s &#187; dans le retour &#224; la &#171; d&#233;mocratie &#187; initi&#233; en 1990. D'une mani&#232;re &#233;trange, la brutale r&#233;pression fut lanc&#233;e un jour avant une importante r&#233;union entre le ministre de l'Education et les &#233;tudiants qui devait marquer une deuxi&#232;me rencontre de dialogue entre les parties, dont le prix avait &#233;t&#233; le remplacement de l'ex-ministre Joaqu&#237;n Lav&#237;n [le 18 juillet 2011, Lav&#237;n, leader du groupe politique h&#233;ritier du pinochetisme &#8211; Union d&#233;mocrate ind&#233;pendante &#8211;, a d&#251; quitter le Minist&#232;re de l'&#233;ducation pour celui de la planification]. Le dialogue fut ainsi jet&#233; par-dessus bord et le nouveau ministre de l'Education Felipe Bulnes perdit la base pour continuer &#224; n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre aspect qui a mis en &#233;vidence la crise politique gouvernementale fut l'ordre de r&#233;pression donn&#233; subitement par le pr&#233;sident Pi&#241;era apr&#232;s qu'il eut tol&#233;r&#233; plus de deux mois de marches et manifestations de protestation des &#233;tudiants, des professeurs et citoyens sympathisants de la cause d'une &#233;ducation publique gratuite et de bonne qualit&#233;, financ&#233;e et garantie par l'Etat et la Constitution. Le corps des Carabiniers a aussi d&#233;montr&#233; son incapacit&#233; strat&#233;gique &#224; &#171; maintenir l'ordre public &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e du 4 ao&#251;t devait &#234;tre marqu&#233;e par une autre &#171; bombe &#187; : la chute de la popularit&#233; du pr&#233;sident Pi&#241;era qui ne r&#233;unit que 26% d'opinion positive parmi les citoyens consult&#233;s par l'enqu&#234;te CEP [Centro de Estudios Publicos], l'institut le plus prestigieux du pays. Il s'agit du taux le plus bas pour un pr&#233;sident au cours des presque 22 ans qui ont suivi la dictature. Et ce recul est confirm&#233; par d'autres sondages r&#233;cents. Qui plus est, il y eut une brusque chute de la bourse dans un pays qui se vante d'&#234;tre &#171; blind&#233; &#187; &#233;conomiquement et financi&#232;rement par rapport &#224; la crise qui frappe le reste du monde. Il sera difficile pour Pi&#241;era de tirer des b&#233;n&#233;fices du show du vendredi 5 pour le premier anniversaire de l'effondrement qui ensevelissait les 33 mineurs &#224; cause du manque de s&#233;curit&#233; dans l'exploitation du gisement San Jos&#233;, dans l'Atacama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;tail significatif est qu'il y a d&#233;j&#224; un consensus pour estimer qu'une grande partie des d&#233;sordres et pillages est le fait d'&#233;l&#233;ments du &#171; lumpen &#187;, sans liens avec le monde estudiantin et que les Carabiniers sont incapables de contr&#244;ler. Beaucoup de ces &#233;l&#233;ments appartiennent y compris &#224; leurs rangs et sont infiltr&#233;s par des &#171; op&#233;rations secr&#232;tes &#187; comme le d&#233;montrent d'abondantes vid&#233;os et photos sur Internet peu diffus&#233;es par les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'hyst&#233;rie et la confusion officielles du vendredi, des porte-parole du gouvernement attribuent aux &#233;tudiants le pillage et l'incendie du supermarch&#233; La Polar. Mais ce qu'affirment Pi&#241;era et ses acolytes n'est d&#233;j&#224; plus cr&#233;dible pour plus de 60% des citoyens interrog&#233;s. Ils ont tout simplement cess&#233; de croire ce que dit le premier homme du pays. Et cette perte de cr&#233;dibilit&#233; affecte s&#233;rieusement la survie du syst&#232;me politique &#233;tabli. D'ailleurs, tous les &#233;tudiants lui sont &#233;trangers, eux qui ne sont m&#234;me pas inscrits sur les listes &#233;lectorales. Ils n'ont pas non plus peur des flics, s'affrontent &#224; eux et n'ont pas connu les rigueurs de la dictature, puisqu'ils ont moins de 38 ans. Les gens qui ne participent pas au jeu &#233;lectoral constituent plus de la moiti&#233; de la population en &#226;ge de voter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune force politique ne peut s'attribuer la direction de cet extraordinaire mouvement social pour une &#233;ducation publique gratuite et de qualit&#233; garantie par l'Etat et la Constitution, mouvement qui r&#233;unit toujours plus de soutien. Les &#233;tudiants ne visent pas des simples r&#233;formes, mais un changement structurel de grande profondeur, jamais envisag&#233; par la classe politique, y compris par la Concertation [l'alliance entre le centre et la social-d&#233;mocratie, initi&#233;e en 1989]. Quatre-vingts pour-cent des personnes interrog&#233;es appuient les revendications &#233;tudiantes, y compris celle de mettre fin au quasi sacro-saint caract&#232;re lucratif de l'&#233;ducation, consolid&#233; durant les 20 ans de gouvernements de la Concertation. Pi&#241;era vient de montrer son total d&#233;phasage d'avec les citoyens en d&#233;finissant l'&#233;ducation comme &#171; un bien de consommation &#187;, donc &#224; la port&#233;e de celui qui peut se la payer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le futur de la soci&#233;t&#233; chilienne est aujourd'hui impr&#233;visible. La popularit&#233; du Congr&#232;s [les institutions parlementaires] est &#233;galement basse dans les sondages. La Concertation, dans l'opposition, re&#231;oit 22% d'approbation et la coalition [Coalition pour le changement] du gouvernement Pi&#241;era 24%. La t&#226;che politique ardue entreprise par les &#233;tudiants d&#233;passe totalement les institutions de l'Etat et les partis politiques. Une &#233;ducation publique gratuite et de qualit&#233;, garantie par l'Etat et la Constitution, requiert des amendements &#224; la Constitution. De nombreuses personnes pensent que le moment est venu de remplacer la Constitution de Pinochet, r&#233;dig&#233;e en 1980 entre quatre murs, par une autre qui &#233;mane d'une assembl&#233;e constituante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation de l'&#233;ducation n&#233;cessite aussi un financement par l'Etat. Cela veut dire augmenter s&#233;v&#232;rement les 17% d'imp&#244;ts que paient les entreprises au moyen d'une r&#233;forme de la fiscalit&#233; ou renationaliser le secteur minier du cuivre &#8211; comme le proposent les &#233;tudiants &#8211;, un sujet tabou pour le gouvernement qui lui a plut&#244;t l'intention de privatiser les maigres 28% de la production que l'Etat contr&#244;le encore &#224; travers Codelco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dit autrement, les &#233;tudiants et le mouvement social qui les soutient r&#233;clament un changement drastique du mod&#232;le &#233;conomique, c'est-&#224;-dire le capitalisme sauvage qui r&#232;gne au Chili depuis Pinochet et qui a &#233;t&#233; perfectionn&#233; par la Concertation durant ses deux d&#233;cennies au gouvernement [1990-2010, avec 4 pr&#233;sidents, Patricio Aylwin, PDC, Eduardo Frei, PDC, Ricardo Lagos, PPD-PS, et Michelle Bachelet, PS].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'invitation de la dirigeante universitaire Camila Vallejo &#224; faire un &#171; cacerolazo &#187; &#224; partir de 21 heures le jeudi a eu un succ&#232;s surprenant. Les coups de casseroles, qui ne s'entendaient plus au Chili depuis les ann&#233;es 1980, ont commenc&#233; &#224; r&#233;sonner &#224; Santiago et dans onze autres villes du pays d&#232;s avant 21 heures et se sont prolong&#233;s jusqu'&#224; pass&#233; minuit. Et malgr&#233; le froid intense, les gens sortaient de leurs maisons pour taper sur des marmites, r&#233;unis sur les places et les trottoirs, ce qui les a convertis en des cibles faciles suppl&#233;mentaires pour les gaz des Carabiniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant l'incertitude politique d'un pays qui ne croit pas &#224; son chef d'Etat, il n'y a pas besoin de la boule de cristal pour pr&#233;dire avec assurance que Camila Vallejos s'est convertie en une figure politique, en vue nationalement et internationalement. La jeune &#233;tudiante en architecture qui pr&#233;side la F&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants de l'Universit&#233; du Chili (FECH) et la Conf&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants du Chili (CONFECH) a ainsi acquis une l&#233;gitimit&#233; en tant que leader solide d'une nouvelle sorte. C'est pourquoi le fascisme chilien l'a menac&#233;e de mort ce vendredi 5 ao&#251;t : Tatiana Acu&#241;a Selles, secr&#233;taire ex&#233;cutive du Fonds du Livre au Minist&#232;re de la culture, a &#233;crit sur Twitter : &#171; On tue la chienne et c'en est fini de la port&#233;e &#187;, comme le rapporte la publication Siglo21. Cette m&#234;me phrase, c'est Pinochet qui l'avait prononc&#233;e pendant le coup d'Etat du 11 septembre 1973, quand il fut inform&#233; de la mort de Salvador Allende. En m&#234;me temps, des jeunes twitteurs d'extr&#234;me droite ont diffus&#233; l'adresse de son domicile et son t&#233;l&#233;phone fixe pour faciliter les menaces. Le gouvernement devra assumer la responsabilit&#233; de la s&#233;curit&#233; personnelle de Camila Vallejo. (Traduction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* Ernesto Carmona &lt;/strong&gt; est un journaliste et &#233;crivain chilien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/?p=3427&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alencontre&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; le 9 - ao&#251;t - 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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