<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>El Correo</title>
	<link>https://www.elcorreo.eu.org/</link>
	
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.elcorreo.eu.org/spip.php?id_auteur=167&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Le Monde en 2030... selon la CIA </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Le-Monde-en-2030-selon-la-CIA</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Le-Monde-en-2030-selon-la-CIA</guid>
		<dc:date>2013-06-13T11:52:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ignacio Ramonet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Tous les quatre ans, au d&#233;but de chaque nouveau mandat pr&#233;sidentiel aux Etats-Unis, le National Intelligence Council (NIC), bureau d'analyse et d'anticipation g&#233;opolitique et &#233;conomique de la Central Intelligence Agency (CIA), publie un rapport qui devient automatiquement une r&#233;f&#233;rence majeure pour toutes les chancelleries du monde. Bien qu'il s'agisse, &#233;videmment, d'une vision tr&#232;s partielle (celle de Washington), &#233;labor&#233;e par une agence (la CIA) dont la mission principale est de d&#233;fendre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Gringoland-USA" rel="directory"&gt;&#171; Gringoland &#187; (USA) &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous les quatre ans, au d&#233;but de chaque nouveau mandat pr&#233;sidentiel aux Etats-Unis, le National Intelligence Council (NIC), bureau d'analyse et d'anticipation g&#233;opolitique et &#233;conomique de la &lt;i&gt;Central Intelligence Agency&lt;/i&gt; (CIA), publie un rapport qui devient automatiquement une r&#233;f&#233;rence majeure pour toutes les chancelleries du monde. Bien qu'il s'agisse, &#233;videmment, d'une vision tr&#232;s partielle (celle de Washington), &#233;labor&#233;e par une agence (la CIA) dont la mission principale est de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des Etats-Unis, le rapport strat&#233;gique du NIC pr&#233;sente un int&#233;r&#234;t indiscutable : il r&#233;sulte d'une mise en commun - r&#233;vis&#233;e par toutes les agences d'intelligence am&#233;ricaines &#8211; d'&#233;tudes &#233;labor&#233;es par des experts ind&#233;pendants de plusieurs universit&#233;s et de nombreux pays (Europe, Chine, Inde, Afrique, Am&#233;rique Latine, monde arabo-musulman, etc.). Le document confidentiel que le pr&#233;sident Barack Obama a trouv&#233; sur son bureau de la Maison Blanche le 21 janvier dernier lorsqu'il a entam&#233; son second mandat vient de para&#238;tre sous le titre &lt;a href=&#034;http://www.dni.gov/index.php/about/organization/global-trends-2030?highlight=YToyMzp7aTowO3M6NjoiZ2xvYmFsIjtpOjE7czoxMzoiZ2xvYmFsaXphdGlvbiI7aToyO3M6ODoiZ2xvYmFsbHkiO2k6MztzOjY6InRyZW5kcyI7aTo0O3M6NToidHJlbmQiO2k6NTtzOjg6InRyZW5kaW5nIjtpOjY7aToyMDMwO2k6Nzt&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Global Trends 2030. Alternative Worlds&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; (Tendances mondiales 2030 : nouveaux mondes possibles)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://www.dni.gov/index.php/national-intelligence-council-global-trends&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Paru en fran&#231;ais sous le titre : Le Monde en 2030 vu par la CIA, Editions des Equateurs, Paris, 2013.]. Que nous dit-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le constat principal est&lt;/strong&gt; : le d&#233;clin de l'Occident. Pour la premi&#232;re fois depuis le XVe si&#232;cle, les pays occidentaux perdent du pouvoir face &#224; la mont&#233;e des nouvelles puissances &#233;mergentes. Commence la phase finale d'un cycle de cinq si&#232;cles de domination occidentale du monde. M&#234;me si les Etats-Unis demeureront l'une des principales puissances plan&#233;taires, ils perdront leur h&#233;g&#233;monie &#233;conomique en faveur de la Chine. Y ils n'exerceront plus leur &#171; h&#233;g&#233;monie militaire solitaire &#187; comme ils le font depuis la fin de la guerre froide (en 1989). Nous allons vers un monde multipolaire dans lequel les nouveaux acteurs (la Chine, l'Inde, le Br&#233;sil, la Russie, l'Afrique du Sud) ont vocation &#224; constituer de solides p&#244;les r&#233;gionaux et &#224; disputer la supr&#233;matie internationale &#224; Washington et &#224; ses alli&#233;s historiques (Royaume Uni, France, Allemagne, Japon). Pour avoir une id&#233;e de l'importance et de la rapidit&#233; du d&#233;classement occidental qui s'annonce, il suffit de souligner ces chiffres : la part des pays occidentaux dans l'&#233;conomie mondiale passera de 56% aujourd'hui &#224; 25% en 2030... En moins de vingt ans, l'Occident perdra plus de la moiti&#233; de sa pr&#233;pond&#233;rance &#233;conomique... L'une des principales cons&#233;quences de cela c'est que les Etats-Unis et leurs alli&#233;s n'auront probablement plus les moyens financiers d'assumer le r&#244;le de gendarmes du monde... De sorte que ce changement structurel (aggrav&#233; par la profonde crise &#233;conomique actuelle) pourrait r&#233;ussir l&#224; o&#249; l'Union sovi&#233;tique et Al Qaeda ont &#233;chou&#233; : &#224; savoir, l'affaiblissement durable de l'Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon ce rapport de la CIA, la crise en Europe durera au moins une d&#233;cennie, soit jusqu'en 2023... Et, toujours selon cette &#233;tude, il n'est pas certain que l'Union europ&#233;enne r&#233;ussira &#224; maintenir sa coh&#233;sion. Entretemps, l'&#233;mergence de la Chine se confirme comme deuxi&#232;me &#233;conomie du monde qui deviendra bient&#244;t la premi&#232;re. Simultan&#233;ment, les autres pays du groupe BRICS (Br&#233;sil, Russie, Inde et Afrique du Sud) s'installent en deuxi&#232;me ligne et entrent en comp&#233;tition directe avec les anciens empires dominants du groupe JAFRU (Japon, Allemagne, France, Royaume Uni).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En troisi&#232;me ligne apparaissent d&#233;sormais une s&#233;rie de puissances interm&#233;diaires avec des d&#233;mographies &#224; la hausse et de forts taux de croissance &#233;conomique, appel&#233;es &#224; devenir &#233;galement des p&#244;les h&#233;g&#233;moniques r&#233;gionaux et avec tendance &#224; se constituer en groupe d'influence mondiale, le CINETV (Colombie, Indon&#233;sie, Nig&#233;ria, Ethiopie, Turquie, Vietnam).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'ici &#224; 2030, dans le Nouveau syst&#232;me international, quelques unes de plus grandes collectivit&#233;s du monde ne seront plus des pays mais de communaut&#233;s rassembl&#233;es et reli&#233;es entre elles par Internet et les r&#233;seaux sociaux. Par exemple, &#171; &lt;i&gt;Facebookland&lt;/i&gt; &#187; : plus d'un milliard d'usagers... ou &#171; &lt;i&gt;Twitterland&lt;/i&gt; &#187; : plus de 800 millions... Dont l'influence dans le jeux de tr&#244;nes de la politique mondiale pourrait &#234;tre d&#233;cisif. Les structures de pouvoir vont se diss&#233;miner en raison de l'acc&#232;s universel &#224; la Toile et &#224; l'usage des nouveaux outils num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cet &#233;gard, le rapport de la CIA annonce l'apparition de tensions entre les citoyens et certains gouvernements ; tensions que plusieurs sociologues qualifient de &#171; &lt;i&gt; post-politiques&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;post-d&#233;mocratiques&lt;/i&gt; &#187;... D'un c&#244;t&#233;, la g&#233;n&#233;ralisation de l'acc&#232;s &#224; Internet et l'universalisation de l'usage des nouvelles technologies vont permettre aux citoyens d'&#233;largir le champ de leurs libert&#233;s et de d&#233;fier leurs repr&#233;sentants politiques (comme ce fut le cas lors des &#171; printemps arabes &#187; ou de la crise des &#171; &lt;i&gt;indign&#233;s&lt;/i&gt; &#187;). Mais, en m&#234;me temps, selon les auteurs du rapport, ces m&#234;mes outils &#233;lectroniques vont procurer aux gouvernements &#171; &lt;i&gt;une capacit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent de surveiller leurs citoyens&lt;/i&gt; &#187; [[Dans ce m&#234;me esprit de mise en garde, lire Julian Assange (avec Jacob Appelbaum, Aandy M&#251;ller-Maghun et J&#233;r&#233;mie Zimmermann), &#171; &lt;i&gt;Menace sur nos libert&#233;s. Comment Internet nous espionne ; comment r&#233;sister&lt;/i&gt; &#187; (Robert Laffont, Paris, 2013). Lire aussi : Christophe Ventura, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/Julian-Assange-et-la-surveillance-&gt;http://www.medelu.org/Julian-Assange-et-la-surveillance&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Julian Assange et la surveillance de masse&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/i&gt;, 1er f&#233;vrier 2013.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La technologie&lt;/i&gt; &#8211; ajoutent les analystes de &lt;i&gt;Global Trends 2030&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i&gt;continuera d'&#234;tre le grand crit&#232;re de diff&#233;rentiation des Etats, mais les futurs empereurs d'Internet, semblables &#224; ceux de &lt;i&gt;Google&lt;/i&gt; ou de &lt;i&gt;Facebook&lt;/i&gt;, poss&#232;deront des montagnes enti&#232;res de donn&#233;es et manipuleront en temps r&#233;el beaucoup plus d'informations que les Etats&lt;/i&gt; &#187;. C'est pourquoi la CIA recommande &#224; l'Administration des Etats-Unis qu'elle se pr&#233;pare &#224; affronter les grandes entreprise priv&#233;es qui contr&#244;lent Internet en activant le &#171; &lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/Central_Security_Service&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Special Collection Service&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187; un service d'intelligence ultra-secret &#8211; qui d&#233;pend conjointement de la NSA (&lt;i&gt;National Security Service&lt;/i&gt;) et le SCE (&lt;i&gt;Service Cryptologic Elements&lt;/i&gt;) des Forces arm&#233;es &#8211; sp&#233;cialis&#233; dans la captation clandestine d'informations d'origine &#233;lectro-magn&#233;tique. Si un groupe d'entreprises priv&#233;es venait &#224; contr&#244;ler la masse de donn&#233;es qui circule sur Internet, il pourrait conditionner le comportement d'une grande partie de la population mondiale, voire m&#234;me des entit&#233;s gouvernementales. La CIA craint aussi que le terrorisme djihadiste soit remplac&#233; para un cyberterrorisme encore plus effroyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport prend d'autant plus au s&#233;rieux ce nouveau type de menace que, en d&#233;finitive, le d&#233;clin des Etats-Unis n'a pas &#233;t&#233; provoqu&#233; par une agression ext&#233;rieure mais par une cause interne : la crise &#233;conomique survenue en 2008 apr&#232;s la faillite de la banque &lt;i&gt;Lehman Brothers&lt;/i&gt;. Les auteurs estiment que la g&#233;opolitique contemporaine doit prendre en compte des nouveaux ph&#233;nom&#232;nes qui n'ont pas forc&#233;ment de caract&#232;re militaire. Car, m&#234;me si les menaces militaires n'ont pas disparues (cf. les affrontements arm&#233;es en Syrie, les menaces concernant l'Iran ou la r&#233;cente gesticulation nucl&#233;aire de la Cor&#233;e du Nord), les dangers principaux que courent aujourd'hui les soci&#233;t&#233;s sont de type non-militaire : changement climatique, conflits &#233;conomiques, crime organis&#233;, guerres &#233;lectroniques, nouvelles pand&#233;mies, &#233;puisement des ressources naturelles...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce dernier aspect, le rapport signale qu'une des ressources qui s'&#233;puise le plus rapidement est l'eau douce. En 2030, 60% de la population mondiale conna&#238;tra des probl&#232;mes d'approvisionnement en eau, ce qui pourrait donner lieu &#224; des &#171; conflits hydriques &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les hydrocarbures, en revanche, la CIA se montre beaucoup plus optimiste que les &#233;cologistes. Gr&#226;ces aux nouvelles techniques (fort polluantes) de fracturation hydraulique, l'exploitation du p&#233;trole et du gaz de schiste devrait atteindre des niveaux exceptionnels. Les Etats-Unis seraient d&#233;j&#224; autosuffisants en gaz, et ils le seront, en 2030, en p&#233;trole. Ce qui fait baisser ses co&#251;ts de production manufacturi&#232;re et encourage la relocalisation de ses industries de main d'&#339;uvre. Mais si les Etats-Unis &#8211; principaux importateurs mondiaux d'hydrocarbures &#8211; cessent d'importer du p&#233;trole, les prix du baril s'effondreront. Quelles seraient alors les cons&#233;quences pour les actuels pays exportateurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde de demain, 60% des personnes vivront, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de l'humanit&#233;, dans les villes. D'autre part, cons&#233;quence de la r&#233;duction acc&#233;l&#233;r&#233;e de la pauvret&#233;, les classes moyennes deviendront dominantes et le nombre de personnes qui en feront partie sera multipli&#233; par trois, passant de 1 milliard &#224; 3 milliards. C'est une r&#233;volution colossale. Qui provoquera, entre autres cons&#233;quences, un changement g&#233;n&#233;ral des habitudes culinaires ; notamment une augmentation de la consommation de viande &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire. Ce qui va aggraver la crise environnementale. Parce qu'il faudra augmenter consid&#233;rablement l&#8216;&#233;levage (de bovins, d'ovins, de porcs et de volailles). Et cela supposera une explosion de la consommation d'eau (pour produire les fourrages), d'&#233;nergie et de l'usage de fertilisants. Avec des d&#233;rivations n&#233;gatives en termes d'effet de serre et de r&#233;chauffement global...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport pr&#233;voit &#233;galement que, en 2030, les habitants de la plan&#232;te seront 8,4 milliards, mais que l'augmentation d&#233;mographique cessera partout &#224; l'exception de l'Afrique. Il y aura donc un vieillissement g&#233;n&#233;ral de la population mondiale. En revanche, la relation entre l'&#234;tre humain et les &#171; &lt;i&gt;technologies proth&#233;tiques&lt;/i&gt; &#187; va acc&#233;l&#233;rer la mise au point de nouvelles g&#233;n&#233;rations de robots et l'apparition de &#171; &lt;i&gt;surhommes&lt;/i&gt; &#187; capables de prouesses physiques et intellectuelles in&#233;dites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le futur est rarement pr&#233;visible. Il ne faut pas pour autant cesser de l'imaginer en termes de prospective. Et de nous pr&#233;parer &#224; agir face &#224; diverses circonstances possibles dont une seule se produira. M&#234;me si (nous l'avons d&#233;j&#224; dit) la CIA poss&#232;de son propre point de vue subjectif sur la marche du monde, et que ce point de vue est conditionn&#233; par l'imp&#233;ratif de la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des Etats-Unis d'Am&#233;rique, ce rapport constitue un outil de travail extr&#234;mement utile. Sa lecture nous aide &#224; prendre conscience des rapides &#233;volutions en cours et &#224; r&#233;fl&#233;chir sur la possibilit&#233;, pour chacun d'entre nous, d'intervenir et d'agir pour infl&#233;chir le cours des choses. Afin de contribuer &#224; construire un futur plus juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ignacio Ramonet&lt;/strong&gt; pour Medelu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/Le-monde-en-2030&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Medelu&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 30 avril 2013.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dni.gov/index.php/about/organization/national-intelligence-council-global-trends&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.dni.gov/index.php/national-intelligence-council-global-trends&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;lection pr&#233;sidentielle en France, &#171; la m&#232;re de toutes les &#233;lections &#187; </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Election-presidentielle-en-France-la-mere-de-toutes-les-elections</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Election-presidentielle-en-France-la-mere-de-toutes-les-elections</guid>
		<dc:date>2012-04-09T12:32:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ignacio Ramonet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En France, toute la vie politique tourne autour d'un &#233;v&#233;nement majeur : l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, m&#232;re de tous les scrutins et point incandescent du d&#233;bat politique. Elle sera imm&#233;diatement suivie d'&#233;lections l&#233;gislatives, et on ne peut exclure une p&#233;riode de cohabitation entre un pr&#233;sident appartenant &#224; un parti, et un Premier ministre appartenant &#224; un autre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; la proximit&#233; de la date du premier tour - 22 avril -, les jeux ne sont pas faits. Plusieurs candidats ont des chances (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/France" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En France, toute la vie politique tourne autour d'un &#233;v&#233;nement majeur : l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, m&#232;re de tous les scrutins et point incandescent du d&#233;bat politique. Elle sera imm&#233;diatement suivie d'&#233;lections l&#233;gislatives, et on ne peut exclure une p&#233;riode de cohabitation entre un pr&#233;sident appartenant &#224; un parti, et un Premier ministre appartenant &#224; un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la proximit&#233; de la date du premier tour - 22 avril -, les jeux ne sont pas faits. Plusieurs candidats ont des chances raisonnables d'&#234;tre &#233;lus, 20% des &#233;lecteurs n'ont pas encore fait de choix d&#233;finitif et un tiers des inscrits compte s'abstenir. Par ailleurs, la campagne &#233;lectorale se d&#233;roule dans un contexte g&#233;n&#233;ral marqu&#233; par deux ph&#233;nom&#232;nes structurels - une grave crise &#233;conomique et sociale, et une m&#233;fiance croissante &#224; l'&#233;gard du fonctionnement de la d&#233;mocratie - ; et un &#233;v&#233;nement conjoncturel - les odieux massacres de Montauban et Toulouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Nicolas Sarkozy a d&#233;clar&#233; officiellement sa candidature le 15 f&#233;vrier dernier. Il compte sur la puissante machinerie de son parti, l'Union pour un mouvement populaire (UMP), et aussi sur celle de l'Etat. La Constitution l'autorise &#224; se repr&#233;senter une seule fois cons&#233;cutivement. Bien qu'il ait obtenu que tous les autres candidats de droite (&#224; l'exception du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan) se d&#233;sistent en sa faveur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En faveur de Sarkozy se sont d&#233;sist&#233;s : Christine Boutin (Parti (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pour l'instant, les sondages le donnent perdant au second tour face &#224; son principal rival, Fran&#231;ois Hollande, du Parti socialiste (PS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;tranger, on ne comprend pas pourquoi Sarkozy est impopulaire dans son pays. Son image de leader international &#233;nergique, pilotant de fa&#231;on d&#233;cid&#233;e, la main dans la main d'Angela Merkel ou de Barack Obama, les Sommets europ&#233;ens ou ceux du G-20, pour d&#233;battre de la crise financi&#232;re globale a beaucoup impressionn&#233;. Si l'on ajoute que Sarkozy a, de surcro&#238;t, en 2011, su fort habilement gagner deux conflits militaires, en C&#244;te d'Ivoire et en Libye, &#171; au nom de la libert&#233; et de la d&#233;mocratie &#187;. Et que, sur le plan &#171; glamour &#187;, son couple avec la c&#233;l&#232;bre ex &lt;i&gt;top model &lt;/i&gt; Carla Bruni, dont il vient d'avoir une petite fille, est &#233;galement en &#171; une &#187; des magazines &#171; &lt;i&gt;people &lt;/i&gt; &#187; du monde. La perplexit&#233; du public &#233;tranger devant son &#233;ventuelle d&#233;faite &#233;lectorale peut se comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut tenir compte, d'abord, d'un principe presque universel en mati&#232;re politique : on ne gagne pas des &#233;lections sur un bilan de politique &#233;trang&#232;re aussi brillant soit-il. L'exemple historique le plus flagrant est celui de Winston Churchill, le &#171; vieux lion &#187; britannique vainqueur de la seconde guerre mondiale et d&#233;fait aux &#233;lections de 1945... Ou celui de Richard Nixon, le pr&#233;sident usam&#233;ricain qui mit fin &#224; la guerre du Vietnam et r&#233;tablit les relations diplomatiques avec la Chine, mais dut d&#233;missionner pour ne pas &#234;tre destitu&#233;... Par ailleurs, une autre loi semble s'&#234;tre &#233;tablie en Europe ces derniers temps dans le contexte de la crise &#233;conomique : aucun gouvernement sortant n'a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a surtout son bilan, qui n'est pas bon. Sarkozy a aussi commis d'impardonnables erreurs en mati&#232;re de communication. D&#232;s le soir de son &#233;lection en 2007, il s'est affich&#233; dans un c&#233;l&#232;bre restaurant parisien des Champs Elys&#233;es faisant la f&#234;te, sans complexe, en compagnie de ses amis milliardaires. Cette soir&#233;e du Fouquet's a scandalis&#233; - par ce qu'elle symbolisait en termes d'outrecuidance et de d&#233;dain -, nombre de Fran&#231;ais qui ne l'ont jamais oubli&#233;e. Aujourd'hui encore, elle figure parmi les reproches principaux qui sont faits au candidat sortant. D'autre part, pendant la premi&#232;re moiti&#233; de son mandat, il a &#233;t&#233; le &#171; chouchou &#187; des grands m&#233;dias publics et priv&#233;s qu'il contr&#244;le, directement ou indirectement, via l'Etat ou via leurs propri&#233;taires, des oligarques amis. Il a abus&#233; de ce contr&#244;le jusqu'&#224; la sati&#233;t&#233;. Au point, que l'opinion en est venue &#224; &#234;tre satur&#233;e et &#224; ne plus le supporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son hyperactivit&#233; et sa volont&#233; d'&#234;tre toujours partout, sur tous les chantiers, sur tous les projets, l' &#171; hyperpr&#233;sident &#187; Sarkozy a n&#233;glig&#233; une r&#232;gle fondamentale du fonctionnement de la Cinqui&#232;me R&#233;publique. Le pr&#233;sident fran&#231;ais - qui a davantage de pouvoir que tout autre chef de l'ex&#233;cutif des grandes d&#233;mocraties occidentales -, doit rester en retrait. Pour ne pas &#171; br&#251;ler &#187; son pouvoir dans une surexposition. Il doit demeurer le ma&#238;tre de la p&#233;nombre. Doser avec prudence ses interventions publiques. Enivr&#233; par l'exercice de la puissance, il en a &#233;t&#233; incapable. Et quand il a voulu corriger son erreur et changer son image, il &#233;tait trop tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le fond, Sarkozy a beaucoup d&#233;&#231;u ses propres &#233;lecteurs. Il avait promis d'incarner le &#171; retour de la volont&#233; politique &#187; face aux injonctions des march&#233;s. Et il n'aura &#233;t&#233; que le meilleur serviteur de ces derniers. Il a laiss&#233; la crise &#233;conomique et sociale s'aggraver. Le taux de demandeurs d'emploi atteint d&#233;sormais les 10% ; celui des jeunes fr&#244;le les 25%... Du coup, les mesures fiscales prises par Sarkozy, pour favoriser les poss&#233;dants et les riches, ont particuli&#232;rement scandalis&#233;. Et nourri les critiques de tous ceux qui, peu &#224; peu, ont &#233;t&#233; happ&#233;s par les difficult&#233;s (pertes d'emploi, r&#233;duction du nombre de fonctionnaires, allongement de l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite, augmentation du co&#251;t de la vie, etc.). La plupart de ses promesses n'ont pas &#233;t&#233; tenues. Son bilan g&#233;n&#233;ral est d&#233;sastreux. La d&#233;ception des Fran&#231;ais s'est amplifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de l'euro et celle de la dette souveraine ont encore renforc&#233; le sentiment g&#233;n&#233;ral d'angoisse. La monnaie unique europ&#233;enne et l'Etat &#233;taient per&#231;us, jusqu'&#224; pr&#233;sent, &#224; tort ou &#224; raison, comme des &#034;remparts de protection&#034;. La r&#233;cente d&#233;gradation, par l'agence Standard &amp; Poor's, de la note de la dette fran&#231;aise, pass&#233;e de AAA &#224; AA+, a augment&#233; les peurs. Sarkozy &#233;tant per&#231;u, &#224; cette occasion, comme incapable de &#171; d&#233;fendre &#187; la solvabilit&#233; de la France. Puis sont venus se greffer, de surcro&#238;t, des &#171; affaires &#187; et des scandales o&#249; se m&#234;lent soup&#231;ons de corruption et affairisme politique (&#171; affaire Woerth-Bettencourt &#187;, &#171; Fran&#231;afrique &#187;, attentats de Karachi, &#171; affaire Takieddine &#187;, etc.). Du coup, de nombreux citoyens ne croient plus &#224; la politique, ni aux &#233;lections. La crise financi&#232;re actuelle ayant montr&#233; que les dirigeants politiques &#233;taient largement impuissants face aux d&#233;cisions des agences de notation ou des Bourses. Et que les gouvernements &#233;lus &#233;taient plus attentifs aux injonctions des march&#233;s qu'aux souffrances de leur propre peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela a consid&#233;rablement affaibli le pr&#233;sident fran&#231;ais sur la sc&#232;ne int&#233;rieure. Jusqu'&#224; sa fougueuse entr&#233;e en campagne &#233;lectorale. Avec un culot monumental, le &#171; pr&#233;sident des riches &#187; n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; se pr&#233;senter comme le &#171; candidat du peuple &#187;... Et &#224; multiplier de nouveau les promesses... Apr&#232;s les randonn&#233;es meurtri&#232;res de Mohamed Merah, un djihadiste plus ou moins reli&#233; &#224; Al Qaeda, &#224; Montauban et Toulouse en mars dernier, Sarkozy en a pris pr&#233;texte pour accentuer le caract&#232;re x&#233;nophobe et s&#233;curitaire de ses discours, montrant du doigt les immigr&#233;s, en particulier de confession musulmane, comme source de presque tous les maux de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise... Ce qui l'a imm&#233;diatement fait monter dans les sondages, parvenant m&#234;me &#224; se situer par moments au-dessus du candidat socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sarkozy n'ignore pas que, dans les grandes d&#233;mocraties m&#233;diatiques, tout se joue dans les deux ou trois derni&#232;res semaines avant le scrutin. Indiscutable &#171; animal politique &#187;, d&#233;pourvu de scrupules, le pr&#233;sident sortant n'est pas encore battu. Les jeux restent ouverts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'issue de l'&#233;lection d&#233;pendra des performances de l'adversaire principal de Sarkozy, le candidat socialiste Fran&#231;ois Hollande. Peu connu &#224; l'&#233;tranger, celui-ci est surtout consid&#233;r&#233; par les &#233;lecteurs comme un &#171; apparatchik &#187; en raison de sa longue exp&#233;rience (1997-2008) en tant que Premier secr&#233;taire du Parti socialiste. Contrairement &#224; son ex-compagne, S&#233;gol&#232;ne Royal, rivale de Nicolas Sarkozy en 2007, Hollande n'a jamais &#233;t&#233; ministre. Et sa d&#233;signation comme candidat des socialistes n'a pas &#233;t&#233; &#233;vidente. Il ne s'est impos&#233; qu'&#224; l'issue de primaires internes &#226;prement disput&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Hollande est un socialiste de centre-droit, connu pour ses capacit&#233;s de n&#233;gociateur et ses difficult&#233;s &#224; trancher. On lui reproche d'&#234;tre trop mou et d'entretenir en permanence la confusion. Son programme &#233;conomique ne se distingue pas nettement, sur le fond, de celui des conservateurs. Apr&#232;s avoir affirm&#233; dans un discours &#233;lectoral que l' &#171; ennemi principal &#187; &#233;tait le pouvoir financier, il s'est empress&#233; de se rendre &#224; Londres pour apaiser les march&#233;s en leur rappelant que nul n'avait autant privatis&#233; et lib&#233;ralis&#233; l'&#233;conomie que les socialistes fran&#231;ais...&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The Guardian, Londres, 14 f&#233;vrier 2012.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; En ce qui concerne l'euro, la dette souveraine ou les d&#233;ficits, Hollande affirme vouloir ren&#233;gocier le Pacte budg&#233;taire pour y inclure une clause de croissance. Mais il ne s'est pas oppos&#233; &#224; l'adoption du M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; (MES) qui d&#233;termine en fait le Pacte budg&#233;taire, ce qui fait penser qu'il reste dans la ligne des sociaux-d&#233;mocrates europ&#233;ens - Georges Papandr&#233;ou (Gr&#232;ce), Jos&#233; Socrates (Portugal) ou Jos&#233; Luis Zapatero (Espagne) - qui viennent d'&#234;tre &#233;vinc&#233;s du pouvoir dans leur pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politicien indiscutablement intelligent et habile, Hollande a d&#233;marr&#233; sa campagne dans la confusion. Aid&#233; par un contexte de crise et par les sondages qui le placent syst&#233;matiquement en t&#234;te, il ne soul&#232;ve nullement l'enthousiasme populaire, m&#234;me chez les militants socialistes. Selon une enqu&#234;te d'opinion, les deux tiers des &#233;lecteurs qui s'appr&#234;tent &#224; voter pour lui le 22 avril, le feront plut&#244;t pour barrer la route &#224; Sarkozy ; &#224; peine un tiers votera par adh&#233;sion &#224; son programme... Si Hollande l'emporte le 6 mai prochain, ce sera la d&#233;faite de Sarkozy plut&#244;t que sa propre victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mollesse politique de Fran&#231;ois Hollande appara&#238;t d'autant plus &#233;vidente quand on le compare au candidat du Front de gauche (FG), Jean-Luc M&#233;lenchon. Cr&#233;dit&#233; de 15% des intentions de vote, celui-ci se situe d&#233;sormais en troisi&#232;me position devant la candidate d'extr&#234;me droite, Marine Le Pen, et du candidat centriste Fran&#231;ois Bayrou. M&#233;lenchon est la grande r&#233;v&#233;lation de cette campagne. Ses meetings sont, de loin, les plus fr&#233;quent&#233;s, et ses discours, v&#233;ritables mod&#232;les d'&#233;ducation populaire, ceux qui soul&#232;vent le plus grand enthousiasme. Dimanche 18 mars, date anniversaire de la Commune de Paris, il est parvenu &#224; rassembler quelque 120 000 personnes place de la Bastille, ce qui ne s'&#233;tait jamais vu depuis trente ans. Son poids &#233;lectoral grandissant, r&#233;ussira-t-il &#224; tirer vers la gauche Fran&#231;ois Hollande et les sociaux-d&#233;mocrates ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rences de lignes demeurent importantes. Le programme de Jean-Luc M&#233;lenchon, r&#233;sum&#233; dans son petit livre L'Humain d'abord !, dont il s'est d&#233;j&#224; vendu plusieurs centaines de milliers d'exemplaires, propose, entre autres :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;R&#233;partir la richesse et d'abolir l'ins&#233;curit&#233; sociale&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Arracher le pouvoir aux banques et aux march&#233;s financiers &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Imposer une planification &#233;cologique &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Convoquer une Assembl&#233;e constituante pour aller vers une VIe R&#233;publique&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Lib&#233;rer du Trait&#233; de Lisbonne et construire une nouvelle Union europ&#233;enne&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Commencer &#224; d&#233;mondialiser...&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Dans l'atmosph&#232;re d'angoisse sociale actuelle, ces mesures rencontrent un &#233;cho grandissant. Et dans certains milieux, une v&#233;ritable ferveur populaire. Jean-Luc M&#233;lenchon redonne un nouvel espoir aux classes laborieuses, aux militants v&#233;t&#233;rans et &#224; la multitude des jeunes indign&#233;s. Il apporte aussi des r&#233;ponses &#224; une d&#233;mocratie en crise et aux citoyens de plus en plus nombreux qui ont cess&#233; de croire &#224; la politique et aux &#233;lections...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que l'extr&#234;me droite se d&#233;gonfle et qu'&#233;choue la tentative de la renflouer via l'exp&#233;rience Marine Le Pen, cette &#233;lection pr&#233;sidentielle fran&#231;aise pourrait d&#233;montrer que, dans une Europe d&#233;sorient&#233;e et en crise, l'esp&#233;rance de construire un monde meilleur demeure plus vivante que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/Election-presidentielle-en-France&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Medelu&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, 2 avril 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En faveur de Sarkozy se sont d&#233;sist&#233;s : Christine Boutin (Parti chr&#233;tien-democrate), Herv&#233; Morin (Nouveau Centre) et Fr&#233;d&#233;ric Nihous (Chasse, p&#234;che, nature et tradition). Pour la m&#234;me raison, le centriste Jean-Louis Borloo n'a pas pr&#233;sent&#233; sa candidature. Et l'&#233;limination de Dominique de Villepin et de Corinne Lepage (qui n'ont pas obtenu les 500 parrainages) aura &#233;galement pour cons&#233;quence qu'une majorit&#233; de leurs &#233;lecteurs se reporteront probablement sur le pr&#233;sident sortant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;The Guardian&lt;/i&gt;, Londres, 14 f&#233;vrier 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Union europ&#233;enne, &#171; La grande r&#233;gression &#187;- Ignacio Ramonet -</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Union-europeenne-La-grande-regression-Ignacio-Ramonet</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Union-europeenne-La-grande-regression-Ignacio-Ramonet</guid>
		<dc:date>2011-12-02T18:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ignacio Ramonet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il est clair qu'il n'existe pas, au sein de l'Union europ&#233;enne (UE), de volont&#233; politique pour affronter les march&#233;s et r&#233;soudre la crise de la dette souveraine. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, on avait expliqu&#233; la lamentable attitude des dirigeants europ&#233;ens par leur incomp&#233;tence sans bornes. Ce n'est pas faux. Mais cette explication ne suffit pas, surtout apr&#232;s les r&#233;cents &#171; coups d'&#201;tat financiers &#187; qui ont mis fin, en Gr&#232;ce et en Italie, &#224; une certaine conception de la d&#233;mocratie. Il est &#233;vident qu'il (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Neoliberalisme" rel="directory"&gt;Capitalisme s&#233;nile&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est clair qu'il n'existe pas, au sein de l'Union europ&#233;enne (UE), de volont&#233; politique pour affronter les march&#233;s et r&#233;soudre la crise de la dette souveraine. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, on avait expliqu&#233; la lamentable attitude des dirigeants europ&#233;ens par leur incomp&#233;tence sans bornes. Ce n'est pas faux. Mais cette explication ne suffit pas, surtout apr&#232;s les r&#233;cents &#171; &lt;i&gt;coups d'&#201;tat financiers&lt;/i&gt; &#187; qui ont mis fin, en Gr&#232;ce et en Italie, &#224; une certaine conception de la d&#233;mocratie. Il est &#233;vident qu'il ne s'agit pas seulement de m&#233;diocrit&#233; et d'incomp&#233;tence, mais de complicit&#233; active avec les march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'appelons-nous &#171; &lt;i&gt;les march&#233;s&lt;/i&gt; &#187; ? Un ensemble de banques d'investissement, de compagnies d'assurances, de fonds de pension et de fonds sp&#233;culatifs qui ach&#232;tent et vendent essentiellement quatre sortes d'actifs : devises, actions, obligations d'Etat et produits d&#233;riv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour avoir une id&#233;e de leur colossale force, il suffit de comparer deux chiffres : chaque ann&#233;e, l'&#233;conomie r&#233;elle cr&#233;e, dans le monde, une richesse (PIB) estim&#233;e &#224; 45 mille milliards d'euros. Tandis que, dans le m&#234;me temps, &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire, dans la sph&#232;re financi&#232;re, les &#034;march&#233;s&#034; mobilisent un volume de capitaux estim&#233; &#224; quelque 3,5 millions de milliards d'euros... C'est-&#224;-dire 75 fois ce que produit l'&#233;conomie r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quence : aucune &#233;conomie nationale, aussi puissante soit-elle (l'Italie est la huiti&#232;me &#233;conomie mondiale), ne peut r&#233;sister aux attaques des march&#233;s quand ceux-ci d&#233;cident de s'en prendre &#224; elle de fa&#231;on coordonn&#233;e comme ils le font depuis plus d'un an contre les Etats europ&#233;ens qualifi&#233;s de fa&#231;on insultante de PIIGS (porcs, en anglais) : Portugal, Irlande, Italie, Gr&#232;ce, Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire c'est que, contrairement &#224; ce qu'on pourrait penser, ces &#171; march&#233;s &#187; ne sont pas uniquement des forces exotiques venues d'horizons lointains agresser nos gentilles &#233;conomies nationales. Non. En majorit&#233;, ces &#171; attaquants &#187; ce sont les propres banques europ&#233;ennes (celles-l&#224; m&#234;me qui furent sauv&#233;es en 2008 avec l'argent des contribuables). En d'autres termes, ce ne sont pas des fonds des Etats-Unis, chinois, japonais ou arabes qui attaquent massivement certains pays de la zone euro. Il s'agit, pour l'essentiel, d'une agression venue de l'int&#233;rieur. Dirig&#233;e par les propres banques europ&#233;ennes, les compagnies d'assurance europ&#233;ennes ou les fonds europ&#233;ens de pensions qui g&#232;rent l'&#233;pargne des Europ&#233;ens. Ce sont eux qui poss&#232;dent l'essentiel de la dette souveraine europ&#233;enne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En Espagne, par exemple, 45% de la dette est d&#233;tenue par les &#233;tablissements (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au nom de la d&#233;fense - th&#233;orique - des int&#233;r&#234;ts de leurs clients, ces acteurs financiers sp&#233;culent et font augmenter les taux que doivent payer les Etats pour s'endetter. A tel point, qu'ils ont conduit plusieurs pays (Irlande, Gr&#232;ce, Portugal) au bord de la faillite. Avec les cons&#233;quences que cela repr&#233;sente pour les citoyens oblig&#233;s de supporter des mesures d'aust&#233;rit&#233; d&#233;cid&#233;es par des gouvernements qui croient ainsi pouvoir apaiser les &#171; march&#233;s &#187; vautours, c'est-&#224;-dire leurs propres banques...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;tablissements peuvent, par ailleurs, s'endetter aupr&#232;s de la banque centrale europ&#233;enne (BCE) &#224; un taux de 1,25%, et pr&#234;ter ensuite &#224; des Etats comme, par exemple, l'Italie ou l'Espagne, &#224; des taux d&#233;passant parfois les 7%... D'o&#249; l'importance scandaleuse des trois grandes agences de qualification (&lt;i&gt;Fitch Ratings&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Moody's &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Standard &amp; Poor's&lt;/i&gt;) car de la note de confiance qu'elles attribuent &#224; un pays d&#233;pend le taux d'int&#233;r&#234;t que celui-ci paiera pour obtenir un cr&#233;dit aupr&#232;s des march&#233;s. Plus la note est faible, plus &#233;lev&#233; sera le taux &#224; payer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces agences (des entreprises priv&#233;es dont les actionnaires sont souvent leurs propres clients) se sont pas mal tromp&#233;es, notamment &#224; propos des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt;, ces fameux cr&#233;dits immobiliers &#224; l'origine de la crise financi&#232;re globale actuelle. Elles continuent cependant &#224; jouer un r&#244;le ex&#233;crable et pervers. Parce que les plans d'aust&#233;rit&#233;, l&#224; o&#249; ils sont appliqu&#233;s en Europe, se traduisent par un appauvrissement g&#233;n&#233;ral, ce qui fait chuter l'activit&#233; &#233;conomique et r&#233;duit les perspectives de croissance. En base de quoi, les agences de qualification revoient &#224; la baisse la note du pays. Cons&#233;quence : l'Etat en question doit consacrer plus d'efforts financiers au paiement de sa dette. Et il ne pourra le faire qu'en r&#233;duisant de nouveau son budget et ses d&#233;penses. Ce qui r&#233;duira davantage l'activit&#233; &#233;conomique ainsi que la croissance. Et alors, de nouveau, les agences baisseront la note...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet infernal cycle d'&#233;conomie de guerre, explique pourquoi la situation de la Gr&#232;ce s'est d&#233;grad&#233;e si drastiquement &#224; mesure que son gouvernement multipliait les coupes budg&#233;taires et imposait des cures d'aust&#233;rit&#233; de plus en plus brutales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que les march&#233;s ont finalement obtenu ce qu'ils voulaient : que leurs propres repr&#233;sentants acc&#232;dent directement au pouvoir sans avoir &#224; se soumettre &#224; des &#233;lections. Aussi bien Lucas Papademos, premier ministre de Gr&#232;ce, que Mario Monti, pr&#233;sident du Conseil d'Italie, sont des banquiers. Tous deux, d'une mani&#232;re ou d'une autre, ont travaill&#233; pour la banque des Etats-Unis &lt;i&gt;Goldman Sachs&lt;/i&gt;, sp&#233;cialis&#233;e dans le placement de cadres issus de ses rangs aux principaux postes de pouvoir politique. Tous deux sont &#233;galement membres de l'influente Commission Trilat&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces technocrates ont pour mission d'imposer, quel qu'en soit le co&#251;t social, dans le cadre d'une &#171; d&#233;mocratie limit&#233;e &#187;, les mesures (privatisations, ajustements, sacrifices) que r&#233;clament les march&#233;s. Et que certains dirigeants politiques n'ont pas os&#233; mettre en place par crainte de voir leur popularit&#233; s'effondrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne est le dernier territoire au monde o&#249; la brutalit&#233; du capitalisme est pond&#233;r&#233;e par des politiques publiques de protection sociale. Ce que nous appelons l'Etat providence. Les march&#233;s ne le tol&#232;rent plus et ils veulent le d&#233;molir. En une v&#233;ritable entreprise de &#171; d&#233;civilisation &#187;. Telle est la mission strat&#233;gique des technocrates qui acc&#232;dent au pouvoir &#224; l'occasion de ces coups d'Etat financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est peu probable que les technocrates de cette &#232;re post-politique parviennent &#224; tirer l'Europe de la dramatique situation o&#249; elle se trouve. Si la solution &#233;tait technique, il y a longtemps que la crise serait finie. Que se passera-t-il quand les citoyens constateront que leurs sacrifices sont vains et que la r&#233;cession se prolonge ? Quel niveau de violence atteindra leur protestation ? Comment l'ordre sera-t-il maintenu dans l'&#233;conomie, dans les esprits et dans les rues ? Verra-t-on surgir une triple alliance du pouvoir &#233;conomique, du pouvoir m&#233;diatique et du pouvoir militaire ? Les d&#233;mocraties europ&#233;ennes se transformeront-elles en &#171; d&#233;mocraties autoritaires &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/La-grande-regression&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Medelu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, Paris, le 2 d&#233;cembre 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En Espagne, par exemple, 45% de la dette est d&#233;tenue par les &#233;tablissements financiers espagnols, et les deux tiers des 55% restant appartiennent &#224; des banques europ&#233;ennes. Ce qui signifie que 77% de l'ensemble de la dette espagnole est aux mains de d'Europ&#233;ens et qu'&#224; peine 23% est d&#233;tenue par des &#233;tablissements financiers &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alerte, Espagne, danger imm&#233;diat.</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Alerte-Espagne-danger-immediat</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Alerte-Espagne-danger-immediat</guid>
		<dc:date>2011-11-14T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ignacio Ramonet</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;La d&#233;cision historique de l'organisation ETA (Euskadi Ta Askatasuna), annonc&#233;e le 20 octobre dernier, de &#171; cesser d&#233;finitivement son activit&#233; arm&#233;e &#187; sans conditions, met un terme &#224; 43 ann&#233;es de violence politique en Espagne et marque la fin d'une tragique exception espagnole au sein de l'Europe.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Espagne" rel="directory"&gt;Espagne&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis la mort du dictateur Franco en 1975 et l'adoption par referendum de la Constitution d&#233;mocratique de 1978, rien ne justifiait le recours &#224; l'assassinat politique, &#224; l'attentat ou &#224; la violence arm&#233;e. Tout cela (ainsi que la torture et la r&#233;pression polici&#232;re) a provoqu&#233; une &#233;norme souffrance sociale et des centaines de victimes mortelles. La soci&#233;t&#233; basque elle-m&#234;me, comme l'a admis le dirigeant nationaliste proche de l'ETA Arnaldo Otegi en juillet dernier, ne tol&#233;rait plus le terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d&#233;sormais avancer vers la construction de la paix et du &#171; vivre ensemble &#187;, sans vainqueurs ni vaincus, dans le cadre d&#233;fini le 17 octobre dernier dans la D&#233;claration finale de la Conf&#233;rence de Paix qui a r&#233;uni, &#224; Saint S&#233;bastien, des experts et des dirigeants internationaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;El Pa&#237;s, Madrid, 18 octobre 2011.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les auteurs de cette D&#233;claration ont recommand&#233; aux deux parties, apr&#232;s la fin de la violence, de &#171; &lt;i&gt;s'occuper exclusivement des cons&#233;quences du conflit&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire : la situation des d&#233;tenus et des clandestins ; la restitution des armes ; la compensation et l'aide &#224; toutes les victimes ; la reconnaissance de la douleur caus&#233;e ; et le soutien pour gu&#233;rir les blessures personnelles et sociales. Mais il faudra aussi, si l'on veut vraiment r&#233;tablir la concorde pour toujours, avancer de mani&#232;re responsable dans le domaine politique (autonomie, autod&#233;termination, ind&#233;pendance) en y associant tous les partis d&#233;mocratiques d'Espagne et du pays basque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de noter que l'ETA a annonc&#233; son adieu aux armes exactement un mois avant les &#233;lections l&#233;gislatives espagnoles du 20 novembre. Un scrutin que devrait remporter, selon les instituts de sondages, le Parti populaire (PP, droite). En annon&#231;ant la fin de son &#171; action arm&#233;e &#187; dans de telles circonstances, l'ETA a-t-elle voulu peser d'une certaine fa&#231;on sur le scrutin ? Dans quel sens ? A-t-elle souhait&#233;, par exemple, rejoindre la ligne non-violente incarn&#233;e par le nouveau parti basque Bildu (gauche nationaliste) qui a aujourd'hui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. les r&#233;sultats des &#233;lections locales de mai dernier.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; le soutien majoritaire de l'&#233;lectorat basque de gauche ? Dans quelle mesure la fin de la terreur pourrait aussi &#234;tre capitalis&#233;e &#233;lectoralement par le Parti socialiste (PSOE) au pouvoir ? Sera-t-elle de nature &#224; r&#233;duire l'ampleur de la d&#233;faite socialiste annonc&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux &#233;lecteurs habituels du PSOE &#233;taient d&#233;cid&#233;s, en effet, &#224; sanctionner cette fois le parti de Jos&#233; Luis Rodriguez Zapatero, pr&#233;sident du gouvernement. Non seulement &#224; cause de l'ampleur in&#233;dite de la crise qui frappe l'Espagne (cinq millions de ch&#244;meurs), mais surtout en raison des brutales politiques d'ajustement (&#171; impopulaires mais n&#233;cessaires &#187; selon Zapatero) d&#233;cid&#233;es par l'ex&#233;cutif socialiste qui ont frapp&#233; les classes moyennes et populaires, ainsi que les retrait&#233;s et les jeunes. Et aussi parce que Zapatero - dans un &#233;lan, selon lui, de &#171; courage politique &#187; - s'est inclin&#233; devant les march&#233;s et a r&#233;percut&#233; contre la population les plans de rigueur exig&#233;s par les investisseurs internationaux, le Fonds mon&#233;taire international (FMI), la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) et la chanceli&#232;re allemande Angela Merkel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'impopularit&#233; actuelle du Pr&#233;sident Zapatero semble paradoxalement l'inhiber de toute r&#233;serve &#224; l'heure de prendre, en fin de mandat, des mesures ouvertement conservatrices, d&#233;fis ultimes lanc&#233;s &#224; son propre &#233;lectorat socialiste. Par exemple : la r&#233;cente r&#233;forme de la Constitution, adopt&#233;e sans referendum, pour limiter le montant des d&#233;ficits du budget de l'Etat (la fameuse &#171; r&#232;gle d'or &#187;), exig&#233;e par la France (qui ne se l'applique pas &#224; elle m&#234;me) et l'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou sa d&#233;cision tr&#232;s controvers&#233;e, prise le 4 octobre dernier alors que le Congr&#232;s des d&#233;put&#233;s &#233;tait d&#233;j&#224; en cong&#233; pour cause d'&#233;lections, de signer un accord capital en mati&#232;re de souverainet&#233; dans lequel l'Espagne c&#232;de aux Etats-Unis le port militaire de Rota&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Situ&#233; au sud-est de l'Andalousie, dans la zone du d&#233;troit de Gibraltar.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui devient la base navale principale du bouclier anti-missiles de l'OTAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscient de sa grande impopularit&#233;, Zapatero a d&#233;j&#224; annonc&#233; qu'il ne se repr&#233;sentait pas et qu'il se retirait, pour le moment, de la vie politique. Il laisse &#224; son successeur, Alfredo P&#233;rez Rubalcaba (qui conduit l'actuelle campagne socialiste) un paysage politique ravag&#233; o&#249; les &#034;indign&#233;s&#034; repr&#233;sentent le seul rayon d'espoir, et un Parti socialiste d&#233;sorient&#233;, exsangue et abattu. Le PSOE ne se redressera pas facilement. De longues ann&#233;es de travers&#233;e du d&#233;sert l'attendent avant sa n&#233;cessaire refondation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une bonne nouvelle pour l'Espagne. En premier lieu parce que la gauche de la gauche, d'o&#249; pourraient venir les id&#233;es les plus audacieuses et les plus constructives pour tirer le pays de la crise, est trop fragment&#233;e et divis&#233;e. Et deuxi&#232;mement, parce que d'autres forces de progr&#232;s qui montent en Europe - l'&#233;cologie politique, par exemple -, sont encore, en Espagne, dans les limbes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce contexte favorise &#233;lectoralement le PP. Et les sondages confirment donc ses chances de victoire. De nombreux &#233;lecteurs s'appr&#234;tent &#224; voter &#224; droite en pensant qu'un &#233;ventuel gouvernement de Mariano Rajoy (leader du PP) fera une politique &#233;conomique diff&#233;rente de celle de Zapatero, c'est-&#224;-dire sans ajustement, sans rigueur, sans aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils se trompent. Tout simplement parce que, depuis 18 mois, Zapatero fait d&#233;j&#224;, en &#233;conomie, une politique de droite. &#192; plus forte raison, la droite renforcera cette politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit d'observer comment se comporte la droite depuis sa r&#233;cente arriv&#233;e au pouvoir, en mai dernier, dans certaines r&#233;gions autonomes d'Espagne. En Catalogne, par exemple, le gouvernement autonome pr&#233;sid&#233; par Artur Mas (Convergencia i Unio, droite) a imm&#233;diatement d&#233;cid&#233; des r&#233;ductions drastiques dans les budgets publics, notamment dans ceux de la sant&#233; et de l'&#233;ducation. En mati&#232;re de sant&#233;, par exemple, il a annonc&#233; une r&#233;duction budg&#233;taire de plus d'un milliard d'euros, soit 10% du budget pr&#233;c&#233;dent &#224; l'&#233;poque du gouvernement de coalition des gauches. Un si brutal ajustement se traduit par la fermeture de centres sanitaires, la suppression de certains secteurs hospitaliers, la diminution du nombre de lits, le licenciement de m&#233;decins et de personnels de sant&#233;... Au d&#233;triment des patients. Ce qui provoque d&#233;j&#224; manifestations publiques et protestations populaires de forte ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion de Castille-La Manche, pr&#233;sid&#233;e par l'une des principales leaders du PP, Maria Dolores de Caspedal, celle-ci a r&#233;cemment annonc&#233; une v&#233;ritable &#171; th&#233;rapie de choc &#187; et compte r&#233;duire le budget de plus de 1,8 milliard d'euros... Elle a gel&#233; l'offre d'emploi dans toute l'administration r&#233;gionale et d&#233;j&#224; supprim&#233; 40% des fonctionnaires territoriaux non titulaires. Elle a d&#233;cid&#233; d'augmenter de deux heures l'horaire effectif d'enseignement de tous les enseignants du secteur public. Et a supprim&#233; tous les centres de formation des enseignants. Mais les coupes budg&#233;taires les plus fortes sont pr&#233;vues dans le secteur de la sant&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;El Pa&#237;s, 31 ao&#251;t 2011.&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L&#224; aussi les citoyens ont commenc&#233; &#224; manifester leur refus de cette politique de choc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le PP, Castille-La Manche constitue le laboratoire de ce que la droite compte faire si Mariano Rajoy, qui n'a pas rendu public son programme, devient pr&#233;sident du gouvernement. Pour l'Espagne donc, le danger est imminent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/Espagne-danger-immediat&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Medelu&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, Paris, le 1er novembre 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;El Pa&#237;s, Madrid, 18 octobre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. les r&#233;sultats des &#233;lections locales de mai dernier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Situ&#233; au sud-est de l'Andalousie, dans la zone du d&#233;troit de Gibraltar.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;El Pa&#237;s, 31 ao&#251;t 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; J'ai demand&#233; une arme pour me d&#233;fendre &#187; Rafael Correa</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/J-ai-demande-une-arme-pour-me-defendre-Rafael-Correa</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/J-ai-demande-une-arme-pour-me-defendre-Rafael-Correa</guid>
		<dc:date>2011-01-03T11:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ignacio Ramonet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le 30 septembre 2010, le principal r&#233;giment de police de Quito s'est soulev&#233; contre le pr&#233;sident Rafael Correa, qui m&#232;ne d'audacieuses r&#233;formes progressistes en Equateur. La tentative de coup d'Etat a fait 8 morts et 275 bless&#233;s, mais a &#233;chou&#233;. Quelles le&#231;ons politiques a tir&#233; le pr&#233;sident de cette tentative de renversement ? Pour en parler et nous donner &#233;galement son point de vue sur la r&#233;volution citoyenne, l'&#233;volution de l'Am&#233;rique latine et divers fronts de politique internationale, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Equateur" rel="directory"&gt;&#201;quateur&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 30 septembre 2010, le principal r&#233;giment de police de Quito s'est soulev&#233; contre le pr&#233;sident Rafael Correa, qui m&#232;ne d'audacieuses r&#233;formes progressistes en Equateur. La tentative de coup d'Etat a fait 8 morts et 275 bless&#233;s, mais a &#233;chou&#233;. Quelles le&#231;ons politiques a tir&#233; le pr&#233;sident de cette tentative de renversement ? Pour en parler et nous donner &#233;galement son point de vue sur la r&#233;volution citoyenne, l'&#233;volution de l'Am&#233;rique latine et divers fronts de politique internationale, Rafael Correa nous re&#231;oit dans le salon protocolaire du Palais Carondelet &#224; Quito.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ignacio Ramonet :&lt;strong&gt; Vous avez qualifi&#233; la tentative d'assassinat du 30 septembre de &#171; coup d'Etat &#187;. Certains commentateurs estiment que ce n'en &#233;tait pas un. Pourquoi consid&#233;rez-vous qu'il s'agissait d'un &#171; coup d'Etat &#187; et non une simple mutinerie polici&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rafael Correa : &lt;/strong&gt; Cher Ignacio, il se trouve que non seulement moi, mais les pays d'Am&#233;rique latine eux-m&#234;mes ont condamn&#233;, durant le dernier sommet &#224; Mar del Plata (3 et 4 d&#233;cembre 2010), le &#171; coup d'Etat du 30 septembre en Equateur &#187;, car c'est une &#233;vidence. Seul un aveugle peut le nier. C'est mis en doute par une presse corrompue qui ne cherche pas la v&#233;rit&#233;, qui veut seulement nuire au gouvernement. Si on dit &#171; blanc &#187;, elle dit &#171; noir &#187;, dans le seul but de nous affaiblir. Mais en tous cas, en se basant simplement sur la socio-politique latinoam&#233;ricaine et en observant l'histoire de l'Am&#233;rique latine, la mutinerie d'une force arm&#233;e est d&#233;j&#224; consid&#233;r&#233;e comme un &#171; coup d'Etat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les policiers ont &#233;t&#233; clairement utilis&#233;s ce jour-l&#224;. Ils ont &#233;t&#233; d&#233;sinform&#233;s &#224; propos d'une loi qui leur &#233;tait tr&#232;s favorable. Ils le reconnaissent d'ailleurs amplement aujourd'hui. Nous discutions alors avec les d&#233;l&#233;gations qu'ils nous envoyaient et qui admettaient : &#171; Nous n'avons pas lu la loi &#187;. On la leur expliquait, et ils s'estimaient tr&#232;s satisfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, derri&#232;re tout cela, il y avait une conspiration pour d&#233;stabiliser le gouvernement. D'ailleurs, le R&#233;giment Quito [qui s'est insurg&#233;] lui-m&#234;me, ne r&#233;clamait pas une augmentation de salaire, il s'opposait en r&#233;alit&#233; &#224; l'enqu&#234;te que nous &#233;tions en train de conduire sur les atteintes aux droits de l'homme commises par certains policiers. Ils &#233;taient &#233;galement hostiles &#224; notre d&#233;cision de transf&#233;rer les comp&#233;tences concernant la circulation aux communes. Ils nous criaient : &#171; Mort aux communistes ! &#187;, &#171; Dehors Cuba et le Venezuela ! &#187;, &#171; Vive Lucio Guti&#233;rrez ! &#187;. Tout un plan avait &#233;t&#233; &#233;labor&#233; pour que les Forces Arm&#233;es se soul&#232;vent ce jour-l&#224; et pour que les gens sortent les soutenir dans la rue. Ce qui a &#233;chou&#233;. Ils ont essay&#233; de d'obtenir l'appui des &#233;tudiants mais seulement deux ou trois lyc&#233;es &#224; Guayaquil ont r&#233;pondu &#224; leur appel, rien de plus. Ils ont organis&#233; des pillages&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer que, &#224; huit heures du matin, la Police se d&#233;clare en gr&#232;ve, et que, d&#232;s neuf heures, il y ait d&#233;j&#224; des pillages massifs &#224; Guayaquil... ? Tout cela a &#233;t&#233; clairement encourag&#233;. Ils ont essay&#233; de s'emparer des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision, ils ont occup&#233; l'a&#233;roport... Apr&#232;s, ils ont directement demand&#233; l'amnistie pour tous les insurg&#233;s, malgr&#233; la violence des &#233;v&#232;nements. L'opposition, r&#233;unie dans un h&#244;tel de Quito, c&#233;l&#233;brait d&#233;j&#224; la chute du gouvernement&#8230;. Au moment m&#234;me o&#249; j'&#233;tais captur&#233; par les policiers&#8230; Et les informations post&#233;rieures, selon nos services des renseignements, m'indiquent que tout cela a &#233;t&#233; planifi&#233; avec trois semaines d'avance. Ce qui a boulevers&#233; leur plan c'est pr&#233;cis&#233;ment que je me suis rendu &#224; la caserne du R&#233;giment Quito o&#249; j'ai &#233;t&#233; captur&#233;... Mais leur id&#233;e &#233;tait de semer le chaos, durant deux ou trois jours, jusqu'&#224; ce que le gouvernement tombe. Nous n'avons pas le moindre doute qu'il s'agit une tentative de coup d'Etat, de conspiration, de d&#233;stabilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N'avez-vous pas &#233;t&#233; imprudent en vous rendant l&#224;-bas, au si&#232;ge du R&#233;giment ? Pensiez-vous r&#233;ellement les convaincre uniquement en parlant avec eux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'imaginions absolument pas, bien s&#251;r, qu'il y avait un tel niveau de violence... Ils n'avaient pas un comportement normal&#8230; Je me suis rendu tr&#232;s souvent &#224; des casernes de police, de militaires, &#224; des concentrations d'agriculteurs, d'indig&#232;nes, dans des endroits de conflits... J'y suis toujours all&#233; de fa&#231;on transparente. Je le con&#231;ois comme un exercice de d&#233;mocratie directe tel que nous avons l'habitude de la pratiquer : un pr&#233;sident de la r&#233;publique expliquant, cherchant le consensus, informant... Nous n'avons jamais imagin&#233; un guet-apens politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains ont affirm&#233;, comme vous venez de le dire, que le pr&#233;sident, a &#233;t&#233; &#8220;imprudent&#8221;. Vous vous rendez compte ! Le chef de l'Etat, chef de la police, se rend &#224; un commissariat de police&#8230; Qu'y a-t-il d'anormal l&#224; dedans ? C'est &#231;a &#234;tre imprudent ? S'il vous plait ! &#8230; Nous devons d&#233;passer ce genre de choses en Am&#233;rique latine. D'autres ont dit que je m'&#233;tais 'jet&#233; dans la gueule du loup'. Quelle gueule du loup ? Je suis all&#233; parler &#224; des policiers en gr&#232;ve &#8211; selon les informations dont nous disposions, et l&#224; en effet, nos services d'intelligence nous ont mal inform&#233;s - , r&#233;fractaires &#224; une loi qui leur &#233;tait pourtant b&#233;n&#233;ficiaire mais qu'ils ne comprenaient pas. Et, comme je l'ai fait &#224; maintes occasions, je suis all&#233; personnellement parler avec eux, pour chercher le consensus et expliquer. Mais, j'insiste, nous nous sommes aper&#231;us imm&#233;diatement, d&#232;s notre arriv&#233;e, qu'il s'agissait d'un pi&#232;ge politique. Ils nous ont re&#231;us avec une extr&#234;me violence. D&#232;s le d&#233;but, quelqu'un nous a lanc&#233; une bombe lacrymog&#232;ne, et nous n'avons pas pu entrer. Mais je me suis dit : &#8220;C'est un marginal&#8221;. C'est d&#233;j&#224; arriv&#233;, il peut y avoir cinq mille personnes qui nous soutiennent et cinq marginaux qui lancent une bombe lacrymog&#232;ne. Ce n'est pas pour autant que nous devons accuser les autres cinq mille. Nous sommes donc revenus, et cette fois ils nous ont laiss&#233; passer... Parce que, entre-temps, ils avaient re&#231;u des instructions : &#171; Le pr&#233;sident est l&#224;, attrapez-le ! &#187;. Ils ont bloqu&#233; le cort&#232;ge, nous sommes entr&#233;s et nous nous sommes tout de suite rendus compte qu'il se passait quelque chose d'anormal. J'insiste sur le fait qu'ils criaient : &#171; Mort aux communistes ! &#187;, &#171; Dehors Cuba ! &#187;, &#171; Dehors le Venezuela ! &#187;, &#171; Vive Lucio Guti&#233;rrez ! &#187;... C'est l&#224; que nous avons compris qu'il s'agissait d'une embuscade politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre vie a-t-elle &#233;t&#233; en danger ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre pas &#224; ce moment pr&#233;cis. En revanche, ensuite, &#224; l'h&#244;pital militaire, c'est certain. Ils ont essay&#233;, &#224; un moment, de p&#233;n&#233;trer l&#224; o&#249; nous nous &#233;tions barricad&#233;s au troisi&#232;me &#233;tage. Nous nous &#233;tions r&#233;fugi&#233;, ou mis &#224; l'abri, - je ne sais quel terme employer - dans le dernier r&#233;duit que nous avions pu trouver. Car, lorsque [apr&#232;s avoir &#233;t&#233; bless&#233;] mon entourage m'a emmen&#233; d'urgence &#224; l'h&#244;pital de la police, ils ont directement encercl&#233; les lieux pour nous emp&#234;cher de sortir&#8230; Ils [mes gardes du corps] m'ont donc conduit au troisi&#232;me &#233;tage, l'endroit le plus s&#251;r, et ont bloqu&#233; la porte. Je disposais d'&#224; peine quelques gardes, quatre ou cinq, pr&#234;ts &#224; donner leur vie pour le pr&#233;sident. A un moment donn&#233;, ils [les putschistes] ont essay&#233; de p&#233;n&#233;trer l&#224; o&#249; nous &#233;tions en enfon&#231;ant la porte ; c'&#233;tait l'instant le plus dangereux ; j'ai alors r&#233;clam&#233; une arme pour me d&#233;fendre&#8230; Je ne sais pas tirer, mais je n'allais pas permettre &#224; ces sanguinaires de m'assassiner aussi facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons senti &#224; cet instant que nos vies &#233;taient en danger&#8230; De m&#234;me, quand on est venu &#224; notre secours. Les lumi&#232;res se sont &#233;teintes, la fusillade a commenc&#233;, nous sentions les balles siffler au-dessus de nos t&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A quoi avez-vous pens&#233; &#224; cet instant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde a gard&#233; son calme. Moi je pensais plut&#244;t aux victimes qu'il pourrait y avoir entre les civils, les militaires, les policiers. C'&#233;tait tr&#232;s douloureux, je pensais &#224; eux, et j'&#233;tais indign&#233; par l'attitude de la police, jamais je n'aurais imagin&#233;... Ce n'&#233;tait qu'un groupuscule... La police est une des institutions que nous avons le plus aid&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous pens&#233; que la r&#233;volution citoyenne pouvait se terminer avec votre assassinat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul n'est indispensable mais nous sommes tous n&#233;cessaires. Ma disparition physique aurait &#233;t&#233;, bien s&#251;r, un coup tr&#232;s dur pour la r&#233;volution citoyenne&#8230; Mais les grands d&#233;fis sont comme &#231;a&#8230; Ils ne reposent pas sur une personne et doivent continuer, et j'&#233;tais s&#251;r que si je disparaissais physiquement, des milliers de citoyens sortiraient prendre le relais, et la r&#233;volution citoyenne ne s'ach&#232;verait pas. Mais cela aurait &#233;t&#233;, certes, un coup tr&#232;s dur pour le processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous l'impression qu'il y a eu, r&#233;ellement, un grand soutien populaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu. C'est ce que confirment les sondages. Le probl&#232;me c'est que nous n'avons pas un mouvement de masse organis&#233;&#8230;... C'est une de nos grandes erreurs. Nous l'avons toujours admis, et nous sommes en train de la corriger. Je crois que l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de notre coalition politique, Alianza Pa&#237;s, le 15 novembre dernier, a &#233;t&#233; le pas d&#233;cisif pour corriger cela d&#233;finitivement. Nous sommes arriv&#233;s au gouvernement [en janvier 2007] pratiquement gr&#226;ce &#224; une r&#233;action spontan&#233;e des citoyens&#8230; A la diff&#233;rence d'Evo Morales [en Bolivie] qui luttait depuis de nombreuses ann&#233;es dans les mouvements sociaux et disposait d'une structure de base, et &#224; la diff&#233;rence d'Hugo Chavez [au Venezuela] qui &#233;tait soutenu par le mouvement Quinta Rep&#250;blica.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, en revanche, nous sommes arriv&#233;s au gouvernement sans mouvement de masse, et notre d&#233;fi a toujours &#233;t&#233; de construire cette structure qui, avec le grand capital politique dont nous disposons, devrait se transformer en une structure organis&#233;e et mobilis&#233;e pour emp&#234;cher que des groupuscules puissent d&#233;stabiliser le gouvernement, comme ils ont essay&#233; de le faire le 30 septembre dernier. Mais jusqu'&#224; pr&#233;sent, nous avons &#233;t&#233; d&#233;bord&#233;s, nous n'avons pu le mettre sur pied, non par manque d'envie ou par manque de vision car nous savons que ce mouvement est indispensable, mais par manque de ressources humaines. Nous n'avons pas pu faire davantage face &#224; tant d'urgences et de priorit&#233;s dont avait besoin le pays. Mais nous savons que c'est indispensable et nous avons tout mis en marche d&#233;sormais pour y aboutir. Je pense que le pas d&#233;finitif dans cette voie a &#233;t&#233; fait le 15 novembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'absence de cette structure, des dizaines de milliers de personnes se sont de toute fa&#231;on pr&#233;cipit&#233;s dans les rues, mettant leur vie en danger. Car vous n'imaginez pas, Ignacio, la brutalit&#233; avec laquelle ont agi les putschistes. Des bandes de motards cagoul&#233;s sillonnaient la ville tirant en l'air, criblant de balles des ambulances, tabassant des gens, les trainant dans les rues&#8230; Malgr&#233; cela, les citoyens continuaient de sortir, non seulement &#224; Quito mais aussi dans tout le pays ainsi qu'&#224; l'&#233;tranger, devant nos ambassades. Il y a eu une r&#233;action de masse, d'autant plus importante si l'on consid&#232;re que le gouvernement ne dispose pas encore d'un mouvement politique bien organis&#233; et capable de mobiliser largement et rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Vous avez dit que les insurg&#233;s ont essay&#233; d'entrer en contact avec les Forces arm&#233;es. Celles-ci &#233;taient-elles impliqu&#233;es dans le coup d'Etat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecoutez, nous sommes en proie &#224; une conspiration permanente et ces opposants savent qu'ils ne vont pas nous vaincre par les urnes, et &#233;tant donn&#233; qu'une partie d'entre eux sont des anciens des forces arm&#233;es&#8230; Ce qui est d'ailleurs une honte pour cette institution, comme l'est Lucio Guti&#233;rrez, une vieille baderne, un soudard semi-ignorant, ambitieux de pouvoir, mais qui a gard&#233; des contacts dans les forces arm&#233;es. Leur strat&#233;gie a toujours &#233;t&#233; - depuis qu'ils ont vu qu'ils ne gagneraient pas par les urnes - d'infiltrer la police et les forces arm&#233;es. C'est le r&#233;sultat d'ann&#233;es d'infiltration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, les forces arm&#233;es sont plus professionnelles, ont plus d'autorit&#233; et - je dois l'admettre - elles sont moins corrompues que la police. Un des d&#233;tonateurs de cette conspiration, concernant la police, est l'enqu&#234;te sur les atteintes aux droits de l'homme commises par des policiers, et le transfert de la responsabilit&#233; de la circulation aux communes. La circulation et les infractions au code de la route sont une source de revenus, souvent malhonn&#234;te, pour certains policiers corrompus. Ce n'est pas le cas des Forces arm&#233;es. Les militaires vivent de leur salaire et sont conscients que nous avons doubl&#233; celui-ci. Ce que nous avons &#233;galement fait pour les policiers. Mais nombre de ces derniers ne savent m&#234;me pas combien ils gagnent car la source principale de leurs revenus provient d'autres activit&#233;s&#8230; Nous sommes donc en train de lutter contre tout cela. Pour les putschistes, l'infiltration et la manipulation &#233;tait donc plus facile au sein de la police nationale. Mais ils ont &#233;galement essay&#233;, depuis le d&#233;but de mon gouvernement, d'infiltrer les forces arm&#233;es. Ils y sont arriv&#233;s, mais elles se sont r&#233;v&#233;l&#233;es beaucoup plus coh&#233;rentes, solides, et beaucoup plus professionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a-t-il des puissances &#233;trang&#232;res impliqu&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'en avons aucune preuve. Au contraire, il y a m&#234;me eu une grande marque de solidarit&#233; de la part du D&#233;partement d'Etat des Etats-Unis. Mais quand nous sommes arriv&#233;s au gouvernement, nos services de renseignements et des unit&#233;s enti&#232;res de la police, d&#233;pendaient de l'ambassade des Etats-Unis... Les frais d'enqu&#234;tes, les salaires, les primes &#233;taient pay&#233;s par certaines agences de cette ambassade&#8230; Nous avons mis un terme &#224; tous ces contacts, m&#234;me si le gouvernement des Etats-Unis et l'ambassade en tant que telle ignoraient leur existence. Vous savez que la CIA et toutes ces agences fonctionnent avec leur propre agenda.. C'est pourquoi on ne peut pas l'exclure. Ce dont nous sommes s&#251;rs, c'est qu'il y a [aux Etats Unis] toutes ces organisations d'extr&#234;me droite, ces fondations aux noms ronflants qui financent des groupes qui conspirent contre notre gouvernement, qui les financent de fa&#231;on camoufl&#233;e, qui les forment...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pr&#233;sident Barack Obama vous a-t-il appel&#233; pour vous exprimer sa solidarit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui monsieur, le pr&#233;sident Obama m'a appel&#233;, de fa&#231;on tr&#232;s courtoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les auteurs du coup d'Etat sont-ils identifi&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ex&#233;cutants, oui. Plusieurs policiers ont &#233;t&#233; utilis&#233;s, manipul&#233;s, souvent &#224; leur insu. Nous avons identifi&#233; deux officiers et un fonctionnaire de police comme les meneurs principaux. Les trois sont d'ailleurs en fuite, je crois. En tout cas le fonctionnaire de police s'est &#233;chapp&#233;, &#231;a c'est clair. Nous le recherchons, il est accus&#233;, par ailleurs, d'atteinte aux droits de l'homme. Mais, j'insiste, ils ont &#233;t&#233; manipul&#233;s, sans exclure pour autant que certains &#233;taient conscients de ce qu'ils faisaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'y avait-il derri&#232;re tout cela ?&#8230; Au d&#233;part, un pr&#233;texte : protester contre une loi suppos&#233;e leur porter pr&#233;judice. D'autres en ont profit&#233; pour fomenter une r&#233;volte par peur d'une enqu&#234;te men&#233;e contre eux pour atteinte aux droits de l'homme, ou parce qu'ils refusaient que les comp&#233;tences li&#233;es &#224; la circulation soient transf&#233;r&#233;es aux communes. Des manipulateurs politiques &#233;taient derri&#232;re tout cela. Malheureusement, ceci est difficile &#224; prouver. N'importe qui avec un peu de bon sens le comprend. C'est plus compliqu&#233; &#224; d&#233;montrer dans un proc&#232;s juridique. Par exemple, une semaine auparavant, Lucio Guti&#233;rrez, [l'anticastriste cubain] Carlos Alberto Montaner et [le colonel] Mario Pazmi&#241;o &#8211; ancien chef des services de renseignements des Forces arm&#233;es &#233;quatoriennes, que nous avons renvoy&#233; parce qu'il &#233;tait pay&#233; par la CIA -, s'&#233;taient r&#233;unis &#224; Miami. Vous pouvez consulter leurs d&#233;clarations&#8230; Ils y ont rencontr&#233; des banquiers corrompus, &#233;vad&#233;s du pays, &#224; qui nous avons l&#233;galement confisqu&#233; des entreprises, et qui ont probablement financ&#233; le coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont &#233;t&#233; tr&#232;s clairs : &#171; Pour en finir avec le Socialisme du XXIe si&#232;cle, il faut en finir avec Rafael Correa &#187;. A notre &#226;ge, nous ne croyons plus aux co&#239;ncidences. Ces d&#233;clarations ont &#233;t&#233; faites une semaine avant les &#233;v&#232;nements du 30 septembre, et Lucio Guti&#233;rrez, comme par hasard, quitte ensuite l'Equateur, histoire de se trouver &#224; l'&#233;tranger le jour fatidique&#8230; Ce sont eux les v&#233;ritables cerveaux du coup. Vous pouvez &#233;couter les d&#233;clarations d'un d&#233;put&#233; proche de Guti&#233;rrez, la matin&#233;e de ce jeudi [30 septembre] ; il affirme, de fa&#231;on pr&#233;monitoire : &#171; Les policiers vont lyncher le pr&#233;sident. &#187; L'enregistrement est l&#224;. Le fr&#232;re de Guti&#233;rrez [Gilmar] commandait la garde &#224; l'Assembl&#233;e. Les gardes se sont ralli&#233;s &#224; lui et se sont insurg&#233;s contre le gouvernement. Les liens sont nets. Ils manipulent clairement tout cela, en coulisses. Mais ils ont &#233;t&#233; tr&#232;s malins, c'est difficile &#224; prouver dans un proc&#232;s. En revanche, les preuves, quand on a du simple bon sens, sont l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce un hasard s'il y a eu une succession de coups d'Etat dans des pays de l'Alliance bolivarienne pour les peuples d'Am&#233;rique (Alba) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un hasard. Ce sont clairement des tentatives de d&#233;stabilisation des gouvernements qui pr&#244;nent un v&#233;ritable changement. Pour les oligarchies latinoam&#233;ricaines, pour les groupes am&#233;ricains les plus r&#233;actionnaires, pour les &#171; faucons &#187; de Washington, la d&#233;mocratie en Am&#233;rique latine est une bonne chose jusqu'&#224; ce qu'ils d&#233;cident le contraire. La d&#233;mocratie ne les int&#233;resse absolument pas ; ce qui les int&#233;resse c'est de maintenir leurs privil&#232;ges, leurs positions de pouvoir. C'est pour cela que les pays progressistes de la r&#233;gion, ceux qui conduisent de vrais changements, doivent subir en permanence des conspirations comme celles que vous venez de signaler : au Venezuela en 2002, en Bolivie en 2008, au Honduras en 2009, r&#233;ussie, et avort&#233;e en Equateur en 2010. Tous des coups d'Etat atypiques. Celui perp&#233;tr&#233; au Honduras est peut-&#234;tre le plus proche d'un coup d'Etat classique. Vous savez que, avant, les coups d'Etat en Am&#233;rique latine se faisaient ainsi : un g&#233;n&#233;ral arrivait en force, avec ses hommes en armes, son r&#233;giment, sortait le pr&#233;sident en place et prenait le pouvoir. Ce mode op&#233;ratoire est d&#233;sormais impossible, du moins en Am&#233;rique latine, et c'est pour cette raison que maintenant ils maquillent leur forfait. Les coups d'Etat sont devenus &#171; non orthodoxes &#187;. Rappelez-vous que, au Venezuela, les auteurs du putsch ont parl&#233; de &#171; manifestations populaires &#187; et pr&#233;tendu que le pr&#233;sident Chavez avait renonc&#233; au pouvoir. Ils ont pass&#233; des images &#224; la t&#233;l&#233;vision pour essayer de d&#233;montrer que les chavistes avaient tir&#233; sur les citoyens, alors que c'&#233;taient les putschistes qui avaient tir&#233;... Ils ont cr&#233;&#233; un climat de confrontation citoyenne. C'est comme &#231;a qu'ils maquillent leurs coups d'Etat d&#233;sormais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvenez-vous que dans le cas d'Evo Morales, ils ont utilis&#233; la suppos&#233;e autonomie r&#233;clam&#233;e par certains groupes autonomistes, en r&#233;alit&#233; des s&#233;paratistes qui voulaient assassiner le pr&#233;sident. Ils ont commenc&#233; &#224; massacrer des indig&#232;nes, .... Les comploteurs n'appellent plus les choses par leur vrai nom : &#171; coup d'Etat &#187;. Mais derri&#232;re ces faux nez, se cachent des groupes politiques qui conspirent. Si le coup d'Etat r&#233;ussit, ils sortent de l'ombre, sinon ils restent tapis et accusent d'autres personnes... C'est ce qu'ils ont fait en Equateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle a &#233;t&#233; la responsabilit&#233; des m&#233;dias priv&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enorme, ils conspirent en permanence. Se sont les &#171; chiens de garde &#187; du statu quo ante. Ce n'est pas nouveau, ni en Equateur, ni en Am&#233;rique latine. Cela nous renvoie m&#234;me au 28 janvier 1912, quand Eloy Alfaro fut assassin&#233;. Prisonnier, il avait &#233;t&#233; transf&#233;r&#233; de Guayaquil &#224; Quito. Un dimanche, la foule l'a tir&#233; de sa prison et l'a massacr&#233;, lui et Ulpiano P&#225;ez. Son corps a &#233;t&#233; tra&#238;n&#233; dans les rues... Le peuple de Quito n'est pourtant pas un peuple de criminels, mais il avait &#233;t&#233; chauff&#233; &#224; blanc et manipul&#233; durant des semaines par une presse corrompue. Tous les historiens s&#233;rieux le confirment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vivons ce genre de situation en permanence depuis le premier jour de notre mandat. En grande partie parce que nous refusons de nous soumettre au diktat des m&#233;dias. Ceux-ci consid&#232;rent qu'ils sont un pouvoir omni puissant. C'&#233;tait vrai, mais cela est en train de changer et &#231;a les pr&#233;occupe beaucoup. Ils ont essay&#233; de semer la zizanie et de d&#233;stabiliser mon gouvernement depuis le premier jour. Ce qui s'est pass&#233; le 30 septembre est le fruit de ce qu'ils ont sem&#233;, car ils ont &#233;t&#233; les premiers &#224; faire de la d&#233;sinformation &#224; propos de la loi sur la r&#233;mun&#233;ration des policiers. Ils ont tout fait pour monter les fonctionnaires de police contre nous. La loi propose que les policiers puissent toucher la moiti&#233; de leur indemnit&#233; de d&#233;part en obligations d'Etat. Les m&#233;dias ont cri&#233; au scandale, parl&#233; de &#171; tromperie &#187;, de &#171; monnaie de singe &#187;... En oubliant d'expliquer que, avant cette loi, les policiers ne percevaient pour ainsi dire pas d'indemnit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, &#224; son d&#233;part &#224; la retraite, un fonctionnaire public avec quarante ans d'anciennet&#233; touchait une indemnit&#233; de d&#233;part d'un montant &#233;quivalent &#224; ses quatre derniers salaires : s'il gagnait 500 dollars par mois, il se retrouvait avec 2 000 dollars, s'il en gagnait 3 000, il en touchait 12 000. Maintenant ils peuvent partir &#224; la retraite avec 36 000 dollars, qu'ils en gagnent 500 ou 3000. C'est-&#224;-dire : &#233;quit&#233;. Nous avons des fonctionnaires &#226;g&#233;s de 80 ans qui travaillent encore ; ils ne prennent pas leur retraite parce que, avant, il n'y avait pas d'indemnit&#233; de d&#233;part, et les pensions de retraite &#233;taient mis&#233;rables. Ce n'est plus le cas. Nous avons pens&#233; qu'avec cette prime de d&#233;part, beaucoup de fonctionnaires pourraient enfin prendre leur retraite. C'est pourquoi cette loi propose que l'Etat puisse verser jusqu'&#224; la moiti&#233; du montant de l'indemnit&#233; de d&#233;part - qui n'existait pas auparavant, je le rappelle -, en obligations. Ce qui repr&#233;sente d'ailleurs une grande d&#233;pense pour le budget. Eh bien, vous n'imaginez pas la campagne que les m&#233;dias ont men&#233;e en disant que nous &#233;tions en train de &#171; tromper &#187; les fonctionnaires... Ils ont manipul&#233; l'opinion publique. Nous avons affaire &#224; une conspiration permanente des m&#233;dias priv&#233;s, extr&#234;mement corrompus et m&#233;diocres de surcro&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lors du r&#233;cent Sommet Ib&#233;ro-am&#233;ricain de Mar del Plata, une &#171; clause d&#233;mocratique &#187; a &#233;t&#233; approuv&#233;e, qui exclut les gouvernements issus d'un coup d'Etat. La formulation est plus timide que celle approuv&#233;e en Guyane, en novembre 2010, par les membres de l'Union des nations sud-am&#233;ricaines (UNASUR), qui pr&#233;voit l'imposition de sanctions &#233;conomiques et la fermeture des fronti&#232;res avec tout pays o&#249; un coup d'Etat aurait renvers&#233; un gouvernement d&#233;mocratique. Vous vouliez, semble-t-il, la proposer au Sommet ib&#233;ro-am&#233;ricain. L'Espagne et d'autres Etats se seraient oppos&#233;s &#224; cette proposition. La D&#233;claration finale inclut n&#233;anmoins une condamnation &#224; la tentative de coup d'Etat du 30 septembre dernier en Equateur, tel que vous le d&#233;siriez. En &#234;tes-vous satisfait ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, que tous les pays ib&#233;ro-am&#233;ricains reconnaissent une tentative de coup d'Etat le 30 septembre ferme le clapet &#224; cette presse corrompue dont nous avons parl&#233;, et &#224; ce m&#233;diocre personnage de l'opposition qui raconte que &#171; le pr&#233;sident n'a pas &#233;t&#233; s&#233;questr&#233; &#187;, qu'&#171; il n'y a pas eu de tentative d'assassinat &#187;, et que &#171; tout cela est une pure fiction &#187;... Les cadavres des victimes du 30 septembre jouent tr&#232;s bien leur r&#244;le ! Le niveau de tra&#238;trise et d'audace de ces gens est incroyable. En tout cas, la r&#233;solution de l'UNASUR a &#233;t&#233;, en effet, beaucoup plus ferme. Mais l'adoption de cette &#171; clause d&#233;mocratique &#187; marque un changement d'&#233;poque. Vous me ferez peut-&#234;tre remarquer que la &#171; clause d&#233;mocratique &#187; existe aussi au sein de l'Organisation des Etats am&#233;ricains (OEA), mais rappelez-vous que les Etats-Unis en sont membres et ils bloquent toute d&#233;cision... En tout cas, il est clair que la cr&#233;dibilit&#233; de l'instance en question (le sommet ib&#233;ro-am&#233;ricain) est beaucoup plus forte, les d&#233;cisions seront appliqu&#233;es, et les coups d'Etats ne seront plus permis dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trotsky a dit : &#171; La r&#233;volution a besoin du fouet de la contre-r&#233;volution &#187;. Pensez-vous acc&#233;l&#233;rer et radicaliser la R&#233;volution Citoyenne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#233;videmment. Premi&#232;rement, nous sommes d'accord sur un point : il n'y a pas de r&#233;volution sans contre-r&#233;volution. C'est une v&#233;rit&#233; immuable. Le processus de changement en Am&#233;rique latine conna&#238;t beaucoup de r&#233;sistances. Si elles ne se manifestent pas toujours cela ne veut pas dire qu'elles n'existent pas, elles attendent simplement l'occasion pour d&#233;truire ces processus par tous les moyens possibles, comme ils l'ont fait ici le 30 septembre : en agressant, en mitraillant, en tuant, en d&#233;chirant la Constitution, en occupant l'Assembl&#233;e, &#8230; Ce qui les int&#233;resse le moins c'est la d&#233;mocratie et le bien public. Leur seul but est d'emp&#234;cher le changement. Apr&#232;s tout ce qui s'est pass&#233;, il faut &#234;tre beaucoup plus ferme, beaucoup plus efficace et pr&#233;cis pour appliquer la R&#233;volution citoyenne en Equateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut un changement radical, profond et rapide, mais il faudra aussi corriger nos faiblesses. Nous devons &#234;tre autocritiques. Je suis un universitaire, ces questions de s&#233;curit&#233; et de renseignements ne sont donc pas mon domaine. Le 30 septembre s'est produit peut-&#234;tre &#224; cause de notre manque d'exp&#233;rience &#224; cet &#233;gard. Nous devons &#234;tre beaucoup plus attentifs et nous investir davantage dans les questions de s&#233;curit&#233;. Nous devons remettre en place des m&#233;canismes de renseignements que nous avions d&#251; pratiquement d&#233;manteler et reconstruire. J'insiste et je n'exag&#232;re pas, Ignacio, m&#234;me si &#231;a a en a l'air, en vous disant que quand nous sommes arriv&#233;s au gouvernement, les responsables [des appareils de s&#233;curit&#233;] &#233;taient nomm&#233;s et pay&#233;s par l'ambassade des Etats-Unis. Ici, il n'y avait pas de fonds r&#233;serv&#233;s aux services de renseignements&#8230; Maintenant, une nouvelle Loi de S&#233;curit&#233; permet de cr&#233;er ces fonds. Nos services de renseignements &#233;taient - je le r&#233;p&#232;te - financ&#233;s par l'ambassade des Etats-Unis, c'&#233;tait des services de ce pays et pas de l'Equateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finiriez-vous le concept de r&#233;volution citoyenne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous l'ai d&#233;j&#224; d&#233;fini : il s'agit d'un changement radical, profond et rapide des structures en place. Surtout en ce qui concerne les rapports de pouvoir. C'est le grand d&#233;fi de l'Am&#233;rique latine du XXIe si&#232;cle, du moins de la premi&#232;re partie de ce si&#232;cle. Un changement d&#233;finitif des rapports de pouvoir ; celui-ci &#233;tait aux mains de quelques personnes, de quelques &#233;lites qui nous ont toujours exploit&#233;s avec la complicit&#233; de puissances &#233;trang&#232;res. Le pouvoir doit passer aux mains des grandes majorit&#233;s, ce qui aura un impact sur la qualit&#233; de l'Etat. Nous devons passer de l'Etat bourgeois et aller vers de v&#233;ritables Etats populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourriez-vous nous citer quelques-unes des principales avanc&#233;es sociales ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en avons beaucoup, et nul ne le nie. Seul un idiot dirait le contraire. Nous avons fait d'immenses progr&#232;s au niveau de la sant&#233;, de l'&#233;ducation, de l'int&#233;gration sociale, refl&#233;t&#233;s par les augmentations accord&#233;es &#224; ces lignes du budget de l'Etat. La meilleure fa&#231;on de voir qui d&#233;tient le pouvoir dans une soci&#233;t&#233;, c'est d'observer la r&#233;partition des ressources du budget de la nation. Elle refl&#232;te le rapport de forces. Le budget d'un Etat en est le principal r&#233;v&#233;lateur. Nous avions - avant notre gouvernement - un budget dont la dotation principale &#233;tait consacr&#233;e au service de la dette ext&#233;rieure, et celle-ci &#233;tait m&#234;me rembours&#233;e de fa&#231;on anticip&#233;e. A peine une proportion marginale &#233;tait d&#233;di&#233;e &#224; l'&#233;ducation, &#224; la sant&#233;, etc. C'&#233;tait la preuve que les cr&#233;diteurs, la banque et le capital financier d&#233;tenaient le vrai pouvoir, et non le peuple. Aujourd'hui cela a chang&#233;, le service de la dette a &#233;t&#233; r&#233;duit de fa&#231;on drastique, tandis que les budgets consacr&#233;s &#224; la sant&#233;, l'&#233;ducation et le logement, entre autres, ont plus que doubl&#233;. Nous avons construit plus de logements que tous les gouvernements de l'histoire r&#233;unis. Nous pouvons parler d'int&#233;gration &#233;conomique et sociale notamment avec le 'cr&#233;dit de d&#233;veloppement humain', qui a &#233;t&#233; transform&#233; en 'cr&#233;dit d'&#233;galit&#233; des chances'&#8230; Il y a eu &#233;norm&#233;ment d'avanc&#233;es. On arrive peut-&#234;tre maintenant &#224; l'&#233;tape la plus difficile, apr&#232;s avoir beaucoup fait sur le plan quantitatif... Apr&#232;s la cr&#233;ation de plus de coll&#232;ges, avec un nombre d'&#233;l&#232;ves qui a augment&#233; de fa&#231;on exponentielle, une confiance dans l'&#233;ducation publique qui a &#233;t&#233; retrouv&#233;e, des &#233;l&#232;ves qui ont acc&#232;s &#224; des livres et des uniformes gratuits, de meilleurs h&#244;pitaux, de meilleurs &#233;quipements, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant vient l'&#233;tape la plus difficile : l'&#233;tape qualitative. &#202;tre plus efficaces. Il nous faut offrir de meilleurs services. Les budgets ont &#233;norm&#233;ment augment&#233;, mais un dollar investit ne signifie pas n&#233;cessairement un meilleur service. Il nous faut donc faire beaucoup d'efforts en mati&#232;re d'efficacit&#233; et de qualit&#233;, en autres dans les services hospitaliers et dans l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une proposition faite par votre gouvernement en mati&#232;re de protection de l'environnement, est l' &#171; initiative Yasun&#237;-ITT &#187;. Pourriez-vous nous rappeler en quoi cela consiste et comment imaginez-vous qu'elle puisse s'appliquer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une initiative r&#233;volutionnaire. L&#224; on va savoir qui est qui, comme disait Miguel d'Escoto, ancien pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations unies. Le moyen le plus concret et le plus clair pour combattre le changement climatique est de passer de la rh&#233;torique aux actes. Ce que propose l'Equateur au reste du monde est de garder dans son sous-sol des r&#233;serves de p&#233;trole jug&#233;es tr&#232;s importantes, et d'&#233;viter ainsi le rejet de 400 millions de tonnes de CO2 dans l'atmosph&#232;re, moyennant une compensation, &#224; niveau international, pour un montant qui n'atteint m&#234;me pas la moiti&#233; de ce que nous pourrions percevoir en exploitant cette &#233;nergie. Financi&#232;rement, ce qui nous convient le plus est d'exploiter ce p&#233;trole, mais cela contribuerait au changement climatique, au r&#233;chauffement global. Ce p&#233;trole se trouve dans une zone riche d'une tr&#232;s grande biodiversit&#233;, proche de groupes indig&#232;nes &#171; non contact&#233;s &#187;. Sans compter les 400 millions de tonnes de CO2&#8230; Nous faisons cet &#233;norme sacrifice, mais nous demandons que le reste du monde partage cette responsabilit&#233;, nous ne voulons pas &#234;tre les imb&#233;ciles de service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue conceptuel, la logique et la l&#233;gitimit&#233; sont irr&#233;prochables. Certains parlent d'un &#171; chantage de l'Equateur &#187;. C'est absurde ! C'est un principe tr&#232;s connu qui stipule que celui qui re&#231;oit la compensation est celui qui a, en mati&#232;re d'environnement, un droit d'action ou d'omission. C'est-&#224;-dire que si nous avons le droit d'exploiter le p&#233;trole et nous ne le faisons pas de fa&#231;on volontaire, nous avons droit &#224; un d&#233;dommagement. Dans le cas de la for&#234;t primaire, en discussion dans le cadre du protocole de Kyoto, quand un pays a le droit de couper les arbres d'une for&#234;t primaire et ne le fait pas, on lui donne une compensation&#8230; C'est exactement la m&#234;me logique. Nous avons le droit d'exploiter le p&#233;trole et nous ne le faisons pas : compensation. Actuellement, un Etat est r&#233;tribu&#233; quand il fait une action qu'il n'est pas oblig&#233; de faire, par exemple : la r&#233;forestation. Il n'a aucune obligation, mais il le fait et contribue ainsi &#224; freiner le changement climatique : compensation. C'est ce qui doit &#234;tre d&#233;dommag&#233;. C'est ce &#224; quoi n'a pas abouti le protocole de Kyoto. Cette position est celle de l'UNASUR. Je pars aujourd'hui pour Cancun au Sommet du climat, o&#249; nous allons pr&#233;senter pr&#233;cis&#233;ment ce concept. Il faut discuter des '&#233;missions nettes &#233;vit&#233;es'. Ce qui doit &#234;tre d&#233;dommag&#233; ce sont les '&#233;missions nettes &#233;vit&#233;es'. Quand je construis une usine hydro&#233;lectrique pour remplacer une usine thermo&#233;lectrique, je r&#233;duis les &#233;missions, donc on me doit une compensation. Quand je n'exploite pas la for&#234;t vierge, je purifie l'environnement, donc : compensation. Quand je replante des arbres, je r&#233;duis les &#233;missions de gaz, donc : compensation. Quand je n'exploite pas le p&#233;trole, j'&#233;vite d'envoyer des &#233;missions de CO2 ; cela doit &#234;tre compens&#233; de la m&#234;me fa&#231;on. La l&#233;gitimit&#233; de la logique est implacable. Nous allons voir qui est qui, nous allons voir qui passe de la rh&#233;torique aux faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez &#233;t&#233; &#233;lu avec l'appui du mouvement social et en particulier gr&#226;ce &#224; celui du grand mouvement indig&#232;ne &#233;quatorien. Cependant, aujourd'hui, tant la CONAIE [Conf&#233;d&#233;ration de nationalit&#233;s indig&#232;nes d'Equateur] que Pachakutik ont pris de la distance avec votre gouvernement et le critiquent. C'est assez incompr&#233;hensible en Europe. Pourriez-vous nous expliquer comment et pourquoi cela s'est-il produit ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une certaine confusion sur ce point : ni la CONAIE, ni Pachakutik ne nous ont appuy&#233;s lors des &#233;lections. Malgr&#233; tous nos efforts pour r&#233;aliser une alliance, ils ont pr&#233;sent&#233; leur propre candidat, Luis Macas, un de mes amis. Il a obtenu 2, 5% des voix. Nous avons eu ensuite un certain appui de diff&#233;rentes institutions, mais depuis le d&#233;but de notre mandat, CONAIE et Pachakutik ont eu une position, dirais-je, assez destructive. Les deux organisations ne sont qu'une seule et m&#234;me chose. Mais il faut diff&#233;rencier certains groupes indig&#232;nes et le mouvement indig&#232;ne. Le mouvement indig&#232;ne, bien au contraire, nous a toujours soutenu, preuves &#224; l'appui : en avril 2009, durant une nouvelle &#233;lection pr&#233;sidentielle, fruit de la Constitution, la province o&#249; nous avons obtenu le plus de voix a &#233;t&#233; Imbabura, si&#232;ge d'une des plus fortes concentrations de population indig&#232;ne. Nous avons donc un solide appui des indig&#232;nes. Malheureusement, certains dirigeants ont compl&#232;tement perdu le nord, Ignacio, je vous le dis de tout mon c&#339;ur, et ce n'est pas pour justifier notre position. L'Europe devrait d&#233;mystifier le mouvement indig&#232;ne, du moins d&#233;mystifier certains dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes tous ici en faveur de ce mouvement, pour r&#233;parer l'exclusion criminelle que ces personnes ont subi durant des si&#232;cles, mais cela ne signifie pas qu'ils aient toujours raison. Prenez les positions de certaines organisations qui disent, par exemple, &#8220;Non au p&#233;trole ! &#187;, &#171; Non &#224; l'extraction mini&#232;re ! &#187;, &#171; Non aux monocultures ! &#187; &#8230; Nous sommes pr&#234;ts &#224; donner jusqu'&#224; notre dernier souffle pour construire plus d'h&#244;pitaux, plus de d'&#233;coles, mais comment le faire sans disposer, par exemple, de nos ressources naturelles non renouvelables ? Ce sont donc des positions dogmatiques d&#233;pourvues de sens. Ils recherchent des b&#233;n&#233;fices corporatifs comme l'&#233;ducation bilingue que la CONAIE contr&#244;lait et qui &#233;tait la pire &#233;ducation possible. Toutes les &#233;valuations nous le confirmaient. Nous portions ainsi pr&#233;judice &#224; ceux qui avaient le plus besoin d'aide. Le rectorat, le minist&#232;re de l'&#233;ducation ont donc r&#233;cup&#233;r&#233; cette branche de l'enseignement. On doit d&#233;mystifier certains dirigeants indig&#232;nes ; l'Europe croit que parce qu'ils sont indig&#232;nes, ils ont toujours raison. Il y a des gens honn&#234;tes dans le mouvement indig&#232;ne, mais il y a aussi des corrompus. Il y a des progressistes et des r&#233;actionnaires. La CONAIE &#8211; c'est un fait publique et notoire &#8211; a &#233;tabli r&#233;cemment un accord avec le secteur le plus r&#233;actionnaire de la politique &#233;quatorienne : la Junte civique de Guayaquil (Junta C&#237;vica de Guayaquil). Je ne sais pas si vous la connaissez. Ils se sont r&#233;unis et ont d&#233;cid&#233; que la Junte Civique de Guayaquil financerait les mobilisations de la CONAIE... Ils ont totalement perdu la t&#234;te&#8230; L'Europe doit d&#233;mystifier certains groupes indig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre gouvernement propose en ce moment une loi sur la propri&#233;t&#233; des m&#233;dias qui a l'air d'&#234;tre une des plus avanc&#233;es au monde. Quelles r&#233;sistances suscite-t-elle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas si vous faites r&#233;f&#233;rence &#224; ce que dit la Constitution, qui interdit d&#233;sormais que des groupes financiers poss&#232;dent des m&#233;dias. Justement, le d&#233;lai - pour se mettre en conformit&#233; avec la loi - prenait fin en octobre 2010. D&#232;s le mois d'ao&#251;t, j'ai mis en garde : &#171; Attention ! Nous devons nous attendre &#224; tout ! &#187; Car retirer au secteur financier les m&#233;dias constitue un changement fondamental dans les rapports de force. Avant, en Equateur, que pouviez-vous faire contre le secteur bancaire ? Il poss&#233;dait cinq des sept cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision&#8230; Et il contr&#244;lait les deux autres, via la publicit&#233;... En gros si vous vouliez l&#233;gif&#233;rer sur les taux d'int&#233;r&#234;t, les banques lan&#231;aient sur leurs cinq grandes cha&#238;nes des campagnes permanentes sur le th&#232;me d' &#171; attentat &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#187;, &#224; &#171; l'initiative priv&#233;e &#187;, &#224; la &#171; libre entreprise &#187; ... Et les deux autres cha&#238;nes devaient se taire sinon elles perdaient leurs recettes publicitaires&#8230; C'&#233;tait un pouvoir &#233;norme. Cette nouvelle disposition constitutionnelle change donc r&#233;ellement les rapports de force dans notre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais donc anticip&#233; : &#171; Soyez attentifs ! Ces gens vont tenter n'importe quoi pour &#233;viter de rendre, en octobre, leurs m&#233;dias ! &#187;. Je ne me suis pas tromp&#233;. C'est certainement l'une des raisons de la tentative du coup d'Etat du 30 septembre. Des repr&#233;sentants du secteur financier et des banquiers corrompus ont sans doute financ&#233; le putsch dans l'espoir de ne pas perdre leurs m&#233;dias... Mais ils ont &#233;chou&#233;, et en octobre ils ont d&#251; les remettre &#224; l'Etat. Nous sommes d'ailleurs en train de r&#233;viser certaines transactions en apparence fictives, des changements de propri&#233;t&#233; de derni&#232;re minute qui ont l'air tr&#232;s louches... Les m&#234;mes banquiers voulaient apparemment continuer &#224; contr&#244;ler les m&#233;dias... C'est donc un coup tr&#232;s dur. Et cela change les rapports de force en faveur des grandes majorit&#233;s populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, en effet, une loi est actuellement en discussion &#224; l'Assembl&#233;e nationale, une loi tr&#232;s avanc&#233;e, qui permettra aux citoyens de contr&#244;ler les exc&#232;s de certains groupes de presse. Vous n'imaginez pas les attaques qu'&#224; subi cette loi. C'est peut-&#234;tre la campagne la plus dure qu'a connu ce pays, des pages enti&#232;res dans les journaux, totalement coordonn&#233;es, r&#233;clamant &#171; plus de respect &#187;, &#171; notre libert&#233; est en jeu &#187; ... La manipulation de toujours, en quelque sorte. En r&#233;alit&#233;, personnellement, je ne suis pas beaucoup intervenu et j'attends que la discussion, &#224; l'Assembl&#233;e nationale, soit termin&#233;e et le texte de la loi &#233;tabli pour le r&#233;viser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains dirigeants de l'opposition de gauche, en particulier le Mouvement populaire d&#233;mocratique (Movimiento Popular Democr&#225;tico) accusent votre gouvernement de &#171; corruption &#187;, ils &#233;voquent des contrats de millions de dollars pass&#233;s par l' un de vos fr&#232;res. Ils parlent aussi de &#171; trahison du d&#233;sir de changement des peuples d'Equateur &#187;. Que leur r&#233;pondez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, qui vous a dit que le Mouvement populaire d&#233;mocratique (MPD) &#233;tait de gauche ? C'est le meilleur alli&#233; de la droite. A l'Assembl&#233;e nationale, ils ont toujours pris ce parti. Vous n'ignorez pas qui &#233;tait Lucio Guti&#233;rrez... Le MPD l'a d&#233;fendu jusqu'&#224; la derni&#232;re minute&#8230; Ces gens ne sont pas de gauche. Ce sont des opportunistes, ils cherchent &#224; maintenir leurs privil&#232;ges et les espaces de pouvoir qu'ils ont gagn&#233; dans les universit&#233;s et dans certains milieux locaux, etc. Ce sont les grands responsables de la m&#233;diocrit&#233; de l'&#233;ducation primaire, secondaire et sup&#233;rieure du pays, car ils ont infiltr&#233; ces secteurs&#8230; Le MPD n'a de gauche que son discours, ne vous trompez pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, accuser de &#171; corruption &#187; pour gagner un cr&#233;dit politique est l'attitude la plus corrompue qui soit en Am&#233;rique latine. Qu'ils nous disent donc o&#249; est la corruption. Moi, je peux d&#233;montrer des cas de corruption les concernant : la fa&#231;on dont ils obligeaient les instituteurs, par exemple, &#224; participer au financement de leur propre corporation. Qu'ils disent donc o&#249; est la corruption. Cela fait parti de la strat&#233;gie de la droite. Ils essayent de nous voler notre bien le plus pr&#233;cieux : l'honn&#234;tet&#233;. Qu'ils enqu&#234;tent et disent si le pr&#233;sident s'est enrichi de fa&#231;on illicite, s'il a pris vingt centimes qui ne lui appartenaient pas. Qu'ils nomment les ministres&#8230; Je peux garantir l'int&#233;grit&#233; de tous les hauts cadres du gouvernement. Bien s&#251;r, celle de cadres moyens, dans certaines provinces, c'est autre chose... Mais cette accusation contre nous est d&#233;j&#224; une forme de corruption&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les contrats millionnaires de mon fr&#232;re. Il a fait, dans mon dos, ill&#233;galement, 80 millions de chiffre d'affaires de contrats, ce &#224; quoi j'ai r&#233;pondu en mettant fin &#224; tous les contrats et en r&#233;cup&#233;rant les d&#233;p&#244;ts de garantie qui avaient &#233;t&#233; vers&#233;s. Ce qui a permis de pr&#233;server, de mani&#232;re pr&#233;ventive, les int&#233;r&#234;ts de l'Etat. Que pouvais-je faire de plus ? Le mettre en prison ? Non, car il n'y a pas eu infraction p&#233;nale, simplement infraction administrative. Mais, si certains pensent qu'il faut le mettre en prison parce qu'il s'agirait d'un d&#233;lit d'action publique, ils peuvent eux-m&#234;mes se charger de d&#233;poser plainte. Ils doivent le faire d'ailleurs, sinon ils se rendent complices de corruption. S'ils sont au courant et ne le d&#233;noncent pas, comme n'importe quel citoyen peut le faire devant le fisc, c'est grave. Et pourtant, ils ne le font pas. C'est donc de l'hypocrisie. En quoi est-ce ma faute si mon fr&#232;re a agit avec une extr&#234;me ind&#233;licatesse, s'il a &#233;t&#233; d&#233;loyal &#224; mon &#233;gard ? J'ai pris toutes les mesures que la loi permettait pour pr&#233;server les int&#233;r&#234;ts de l'Etat. Alors, comme ils n'ont rien &#224; me reprocher, ils continuent &#224; r&#233;p&#233;ter les m&#234;mes idioties... Oubliez qu'ils sont de gauche, ils n'ont rien &#224; voir avec la gauche. Allez voir &#224; l'Assembl&#233;e avec qui ils votent. Avec l'extr&#234;me droite de toujours &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquez-vous que l'Am&#233;rique latine soit aujourd'hui la r&#233;gion du monde o&#249; il y a le plus d'exp&#233;riences progressistes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'heureuses co&#239;ncidences, non ? R&#233;sultat des abus excessifs commis par la bourgeoisie. Ils nous ont trop exploit&#233;s. En d'autres termes, le n&#233;olib&#233;ralisme et ensuite Monsieur [George W.] Bush. Ce dernier a &#233;t&#233; le meilleur &#233;lecteur en Am&#233;rique latine, nous devons lui en &#234;tre reconnaissants ! Beaucoup de gouvernements progressistes de la r&#233;gion sont arriv&#233;s au pouvoir gr&#226;ce &#224; lui, en r&#233;ponse ou en rejet &#224; ses politiques. Et comme ces gouvernements s'en sortent bien, cette tendance progressiste continue de s'&#233;tendre en Am&#233;rique latine. Ce que les gouvernements n&#233;olib&#233;raux ont fait durant les ann&#233;es 1980 et 1990 a eu des cons&#233;quences terribles : un d&#233;sastre &#233;conomique et social, sans parler de l'&#233;chec d&#233;mocratique. Quelles atteintes &#224; la d&#233;mocratie ! Rien ne se d&#233;cidait dans les urnes. Quel que f&#251;t le r&#233;sultat des &#233;lections, les politiques suivies restaient les m&#234;mes, d&#233;finies par des instances ext&#233;rieures ou par des pi&#232;ges institutionnels mis en place. Prenons l'exemple des Banques centrales autonomes. Qu'&#233;taient ces Banques centrales autonomes ? Ind&#233;pendamment de l'&#233;lu qui arrivait au pouvoir, la politique mon&#233;taire demeurait la m&#234;me. Les Banques centrales &#233;taient autonomes par rapport &#224; notre d&#233;mocratie, &#224; nos peuples, mais elles &#233;taient totalement d&#233;pendantes de la bureaucratie internationale. Un tel syst&#232;me &#233;tait fait pour que rien de change. Sans parler de l'&#233;chec &#233;conomique, social et d&#233;mocratique qui ont marqu&#233; ces d&#233;cennies de longue nuit n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Am&#233;rique latine avait perdu jusqu'&#224; sa dignit&#233;, l'estime de soi. Cela ne surprenait personne qu'un bureaucrate du FMI vienne nous dire ce que nous devions faire, vienne r&#233;viser nos comptes. Maintenant, si un bureaucrate descend de l'avion, il y remonte directement et repart dans l'autre sens. Je n'oublierai jamais &#8211; et ceci m'a beaucoup impressionn&#233;, comme je viens de le dire au Sommet Ib&#233;ro-am&#233;ricain &#8211; quand j'ai accompagn&#233; Cristina [Fern&#225;ndez, pr&#233;sidente de l'Argentine] devant le cercueil de N&#233;stor Kirchner. Des dizaines de milliers d'Argentins d&#233;filaient, des jeunes pour la plupart, et aucun ne disait : &#171; Merci Nestor, pour avoir augment&#233; les r&#233;serves mon&#233;taires &#187;, ou &#171; Merci Nestor, pour avoir r&#233;duit le risque pays. &#187; Ils disaient : &#171; Merci Nestor, pour nous avoir rendu notre dignit&#233;. &#187;. L'Am&#233;rique Latine pr&#233;f&#232;re le risque d'&#234;tre libre, plut&#244;t que la n&#233;faste solvabilit&#233; d'&#234;tre servile. On avait perdu jusqu'&#224; notre dignit&#233;. Notre estime de soi &#233;tait ravag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, ont voit tout cela r&#233;appara&#238;tre. On voir des gouvernements souverains, dignes, qui r&#233;cup&#232;rent leur dignit&#233;, celle de nos peuples, et cette estime de soi. C'est une contribution fondamentale &#224; ce changement d'&#233;poque que vit l'Am&#233;rique latine. C'est une des explications les plus claires de ce changement. Des gouvernements qui vont v&#233;ritablement nous d&#233;fendre, qui vont v&#233;ritablement &#339;uvrer pour nous sont enfin arriv&#233;s au pouvoir ; des gouvernements qui vont vraiment faire ce dont nos pays ont besoin. Les gens sentent qu'ils r&#233;cup&#232;rent cette dignit&#233; et cette estime de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au Sommet ib&#233;ro-am&#233;ricain de Mar del Plata, d'o&#249; vous venez, vous avez demand&#233; - selon la presse - que figure, dans la d&#233;claration finale, une condamnation de la diplomatie des Etats-Unis apr&#232;s les r&#233;v&#233;lations de WikiLeaks, mais cette proposition n'a apparemment pas &#233;t&#233; retenue.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est faux. C'est une invention de la presse. J'ai lu dans le journal argentin &lt;i&gt;La Naci&#243;n &lt;/i&gt; : que &#171; Correa s'est rendu au Sommet avec l'intention de condamner les Etats-Unis &#187;. C'est une pure invention. Je n'ai m&#234;me pas fait r&#233;f&#233;rence au probl&#232;me de WikiLeaks durant mon intervention, vous pouvez le v&#233;rifier. C'est absolument faux. De surcroit, ils ont affirm&#233; que le chancelier Ricardo Pati&#241;o a essay&#233; d'inclure cela dans la d&#233;claration finale. C'est le fruit de la mauvaise foi et de la m&#233;diocrit&#233; de cette presse argentine, que d'autres m&#233;dias ont repris sans v&#233;rifier les sources, et maintenant c'est &#224; nous de d&#233;mentir. Cela n'a ni queue ni t&#234;te. En tous cas, &#231;a ne vient pas de nous ; nous n'en avons jamais fait mention. Nous avions une toute autre priorit&#233; au Sommet ib&#233;ro-am&#233;ricain : obtenir la condamnation unanime de la tentative de coup d'Etat du 30 septembre en Equateur, par exemple. Et nous l'avons obtenue. Mais nous n'avons m&#234;me pas mentionn&#233; Wikileaks. C'est une pure invention de la presse, m&#233;diocre et corrompue, qui r&#233;p&#232;te sans v&#233;rifier ses sources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des centaines de milliers d'Equatoriens r&#233;sident et travaillent en Espagne, certains font l'objet d'actes x&#233;nophobes et discriminatoires, d'autres sont en proie &#224; des probl&#232;mes de saisie de leurs biens immobiliers par les banques &#224; cause de la crise &#233;conomique. Quelle opinion avez-vous de l'attitude des autorit&#233;s espagnoles concernant ces &#233;migrants &#233;quatoriens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que le gouvernement du pr&#233;sident [Jos&#233; Luis] Rodr&#237;guez Zapatero, un ami cher et un gouvernement pour lequel j'ai beaucoup d'estime, a fait preuve de toute la coop&#233;ration possible. Bien s&#251;r, on ne peut jamais contr&#244;ler, avec des dizaines de millions d'habitants, le fait qu'un marginal x&#233;nophobe agresse un &#233;tranger que celui-ci soit latinoam&#233;ricain ou marocain. Mais je ne pense pas que cela vienne d'une politique institutionnalis&#233;e ni tol&#233;r&#233;e par le gouvernement espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la crise, c'est quelque chose de complexe, le gouvernement espagnol a de grosses difficult&#233;s, injustes de surcroit. Il m&#233;rite plus de chance. Je ne veux pas m'immiscer dans leurs affaires internes, mais j'en ai parl&#233; avec le pr&#233;sident Zapatero. Nous lui avons propos&#233;, durant le dernier sommet Am&#233;rique latine-Europe &#224; Madrid, de changer de logique pour g&#233;rer la crise, sur des choses tr&#232;s particuli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les abus sur les cr&#233;dits bancaires en Espagne me parait, par exemple, incroyable. Les principes l&#233;gaux de ces cr&#233;dits, la soumission totale des personnes aux int&#233;r&#234;ts du capital. La base l&#233;gale du risque retombe sur les gens quand elle devrait &#234;tre assum&#233;e par le capital. A quoi je fais allusion ? Imaginons qu'une banque vous pr&#234;te 300 mil euros pour l'achat d'un appartement, et que la valeur de celui-ci - qui va servir de caution - soit estim&#233; par la banque &#224; 300 mil euros. Arrive ensuite une crise et vous ne pouvez plus payer votre cr&#233;dit. Quelle est la caution de votre cr&#233;dit bancaire ? L'appartement. Si vous le rendez &#224; la banque, les traites de votre cr&#233;dit devraient cesser. Vous ne devez plus rien. Eh bien non, les banquiers disent : &#034;En raison de la crise, le logement ne vaut plus que 100 mil euros, vous nous devez encore 200 mil euros !&#8221; C'est horrible ! Le risque retombe sur la personne et non sur le capital. C'est non seulement injuste mais stupide, les banques vont se retrouver dans la pire des situations. Elles vont avoir sur les bras des milliers de logements vides sans possibilit&#233; de r&#233;cup&#233;rer les cr&#233;dits, et les immigr&#233;s et leurs familles r&#233;sidant en Espagne, n'auront plus de logement&#8230; Le pire des mondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut chercher une solution au probl&#232;me. Le capital financier veut sortir d'une crise qu'il a lui-m&#234;me produit, au moindre co&#251;t, et il exige que les co&#251;ts soient assum&#233;s par d'autres. Ce n'est pas une bonne solution. La bonne solution serait la suivante : &#171; Ecoutez, tant que vous &#234;tes vivants, payez-moi ce que vous pouvez comme loyer. Si apr&#232;s deux ou trois ans la situation change, on verra&#8230; &#187;. Cela signifie bien s&#251;r que la banque perd aussi, mais elle re&#231;oit au moins quelque chose, et les gens ne sont pas &#224; la rue. Si au terme de deux ou trois ans la crise n'est pas finie, c'est comme si les gens avaient pay&#233; un loyer et au moins ils ont un logement&#8230; Mais si apr&#232;s deux ou trois ans on sort de la crise, et bien les gens peuvent continuer &#224; payer le cr&#233;dit et les banques d&#233;duisent du montant de celui-ci ces deux ou trois ans de loyers... Ce que je veux dire c'est qu'il y a des solutions plus logiques et moins dogmatiques, mais il faudrait pour cela ne pas compter sur l'orgueil et la myopie du capital financier qui veut sortir d'une crise qu'il a lui-m&#234;me provoqu&#233;, sans en assumer le moindre co&#251;t. Les principales victimes sont les immigr&#233;s, de nombreux Equatoriens en situation difficile sont en passe de perdre leur logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ils reviennent en Equateur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques uns, oui, et nous les aidons de tout coeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une derni&#232;re question, pr&#233;sident. Le G20 pr&#233;tend gouverner le monde. Trouvez-vous cela normal ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Normal, non. Il ne faut pas se faire d'illusions, &#224; l'&#233;chelle internationale il faut des processus similaires &#224; ceux que vivent nos nations en interne : des changements dans les rapports de force. Ne nous trompons pas. Prenons, par exemple, le probl&#232;me de l'environnement dont nous parlions tout &#224; l'heure. Les pays pauvres, surtout ceux du bassin amazonien, nous sommes des g&#233;n&#233;rateurs d'environnement et devrions &#234;tre r&#233;compens&#233;s de pr&#233;server cette richesse, mais les grandes puissances ne vont pas nous prendre en compte tant que les rapports de force restent les m&#234;mes&#8230; Imaginez, par exemple, le contraire : que ceux qui g&#233;n&#232;rent de l'environnement soient les Etats-Unis ou l'Europe, et que nous nous en soyons les consommateurs ; il y a longtemps qu'ils nous auraient d&#233;j&#224; oblig&#233; &#224; payer ou &#224; d&#233;dommager cet effort, par la raison ou par la force, en nous envahissant ou en utilisant n'importe quelle moyen. Lamentablement, &#224; l'&#233;chelle internationale, si nous voulons un monde plus juste, un changement dans les rapports de force est indispensable. M&#234;me pour que la globalisation fonctionne d&#233;barrass&#233;e de ses terribles contradictions : une tr&#232;s grande mobilit&#233; des capitaux et des marchandises, mais une criminalisation de la mobilit&#233; humaine. Qui peut comprendre cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;er un march&#233; mondial dans une soci&#233;t&#233; mondiale, mais sans gouvernance&#8230; Qui gouverne le march&#233; mondial ? Nous sommes victimes de ce march&#233;, et la crise actuelle est le r&#233;sultat du manque de gouvernance. Les Etats du G20, domin&#233;s aussi par le capital financier, n'osent pas faire le premier pas. Faites un bilan de toutes les politiques appliqu&#233;es par les instances internationales en Am&#233;rique latine durant les dix derni&#232;res ann&#233;es : elles ont &#233;t&#233; faites en fonction du grand capital, surtout du capital financier. Parfois elles ont &#233;t&#233; b&#233;n&#233;fiques &#224; nos pays, et d'autres fois non, mais le d&#233;nominateur commun est le m&#234;me : le maximum de b&#233;n&#233;fices pour le grand capital et pour le capital financier. Tant que cette logique ne changera pas, tant que la soci&#233;t&#233; humaine ne reprendra pas le contr&#244;le du march&#233;, ces crises recommenceront et nous serons &#224; nouveau victimes du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un changement dans les rapports de force &#224; l'&#233;chelle globale est indispensable, car le G20, dont les Etats qui le composent sont eux-m&#234;mes domin&#233;s par ce capital financier, ne s'int&#233;resse pas &#224; cette question ; il n'en parle m&#234;me pas. L'int&#233;gration est une des strat&#233;gies pour r&#233;ussir &#224; changer les rapports de force &#224; l'&#233;chelle mondiale. Une Am&#233;rique latine int&#233;gr&#233;e, avec toutes les potentialit&#233;s dont nous disposons en termes de ressources naturelles, de PIB, de population, etc., pourrait avoir beaucoup plus de pr&#233;sence et constituer un facteur d&#233;terminant pour modifier enfin, &#224; l'&#233;chelle internationale, les rapports de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol par&lt;/strong&gt; : Sarah Testard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; &#224; Quito, Equateur, par Ignacio Ramonet le mardi 7 d&#233;cembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/spip.php?article698&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Paris,&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La bataille Venezuela</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/La-bataille-Venezuela</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/La-bataille-Venezuela</guid>
		<dc:date>2010-09-07T13:37:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ignacio Ramonet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans la dispute pour l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique en Am&#233;rique latine, deux &#233;preuves d&#233;cisives se d&#233;roulent les prochaines semaines : &#233;lections l&#233;gislatives au Venezuela, le 26 septembre, et scrutin pr&#233;sidentiel au Br&#233;sil, le 3 octobre. Si la gauche d&#233;mocratique ne venait pas &#224; l'emporter dans ce pays-g&#233;ant, le pendule politique s'inclinerait, &#224; l'&#233;chelle continentale, vers la droite qui gouverne d&#233;j&#224; dans sept pays : Chili, Colombie, Costa Rica, Honduras, Mexique, Panama et P&#233;rou. Mais une telle (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans la dispute pour l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique en Am&#233;rique latine, deux &#233;preuves d&#233;cisives se d&#233;roulent les prochaines semaines : &#233;lections l&#233;gislatives au Venezuela, le 26 septembre, et scrutin pr&#233;sidentiel au Br&#233;sil, le 3 octobre. Si la gauche d&#233;mocratique ne venait pas &#224; l'emporter dans ce pays-g&#233;ant, le pendule politique s'inclinerait, &#224; l'&#233;chelle continentale, vers la droite qui gouverne d&#233;j&#224; dans sept pays : Chili, Colombie, Costa Rica, Honduras, Mexique, Panama et P&#233;rou. Mais une telle &#233;ventualit&#233; semble peu probable ; Jos&#233; Serra, candidat du Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne (PSDB), pourra difficilement s'imposer face &#224; Dilma Rousseff, du Parti des travailleurs (PT), candidate soutenue par le tr&#232;s populaire pr&#233;sident sortant Luiz Inacio Lula da Silva, qui, si la Constitution l'avait permis, e&#251;t &#233;t&#233; facilement r&#233;&#233;lu pour un troisi&#232;me mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire &#233;tant pour ainsi dire r&#233;gl&#233;e au Br&#233;sil, les forces conservatrices internationales concentrent leurs attaques sur l'autre front, le Venezuela, dans l'espoir d'affaiblir le pr&#233;sident Hugo Chavez et la R&#233;volution bolivarienne. Ce qui s'y joue, c'est la d&#233;signation des 165 d&#233;put&#233;s &#224; l'Assembl&#233;e nationale (il n'y a pas de S&#233;nat). Avec une particularit&#233; : les &#233;lus sortants sont presque tous &#171; chavistes &#187;, l'opposition ayant refus&#233; de participer au pr&#233;c&#233;dent scrutin de 2005. Cette fois, elle n'a pas commis la m&#234;me erreur ; un assemblage h&#233;t&#233;roclite de partis et d'organisations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Acci&#243;n Democr&#225;tica (social-d&#233;mocrate), Alianza Bravo Pueblo (droite), Copei (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, agr&#233;g&#233;s par la haine anti-Chavez, se pr&#233;sente sous le sigle commun du MUD (Mesa de la Unidad Democr&#225;tica, Table de l'unit&#233; d&#233;mocratique) contre le Parti socialiste unifi&#233; du Venezuela (PSUV)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fond&#233; en 2007, le PSUV r&#233;unit presque toutes les forces politiques qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In&#233;vitablement, la majorit&#233; bolivarienne verra ses rangs diminuer dans la nouvelle Assembl&#233;e. De combien de d&#233;put&#233;s ? Le gouvernement pourra-t-il poursuivre son programme de grandes r&#233;formes ? L'opposition aura-t-elle les moyens de freiner la r&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tels sont les enjeux. En sachant que 60 % des parlementaires (soit 99 si&#232;ges) sont &#233;lus au scrutin uninominal, et les autres 40 % (soit 66 si&#232;ges) &#224; la proportionnelle. La liste qui d&#233;passe les 50 % des suffrages obtient automatiquement 75 % des si&#232;ges r&#233;serv&#233;s au scrutin proportionnel. Ceci est fort important, car la Constitution pr&#233;voit que les lois organiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une loi organique compl&#232;te la Constitution et pr&#233;cise l'organisation des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; doivent &#234;tre vot&#233;es par les deux tiers des d&#233;put&#233;s, et que les grandes lois qui habilitent le pr&#233;sident &#224; l&#233;gif&#233;rer par d&#233;cret, doivent l'&#234;tre par les trois cinqui&#232;mes des d&#233;put&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie que si l'opposition obtenait 56 si&#232;ges (sur 165), elle pourrait emp&#234;cher l'adoption de toute loi organique ; avec 67 si&#232;ges, elle rendrait impossible le vote de lois habilitantes. Or, jusqu'&#224; pr&#233;sent, ce sont pr&#233;cis&#233;ment les lois habilitantes qui ont permis la r&#233;alisation des principales r&#233;formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi la bataille Venezuela mobilise tant d'&#233;nergies et de ressources au sein des droites internationales. Cela explique aussi la hargne et l'agressivit&#233; des nouvelles campagnes de diffamation lanc&#233;es, &#224; l'&#233;chelle mondiale, contre le pr&#233;sident Hugo Chavez. Ces derniers mois, les accusations les plus malveillantes se sont succ&#233;d&#233;es. Les m&#233;dias de haine ont d'abord fait grand bruit autour des probl&#232;mes de restrictions d'eau et de coupures d'&#233;lectricit&#233; (aujourd'hui r&#233;solus) dont ils rendaient coupable le gouvernement, sans mentionner la seule et vraie cause : le changement climatique responsable de la s&#233;cheresse du si&#232;cle qui a frapp&#233; l'hiver dernier le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont ensuite r&#233;p&#233;t&#233; &#224; sati&#233;t&#233; les accusations sans preuve avanc&#233;es par l'ancien pr&#233;sident de Colombie, Alvaro Uribe, &#224; propos d'un suppos&#233; &#171; Venezuela, sanctuaire des terroristes &#187;. D&#233;nonciations aujourd'hui abandonn&#233;es par le nouveau pr&#233;sident Juan Manuel Santos apr&#232;s sa rencontre du 10 ao&#251;t avec Hugo Chavez. Celui-ci avait, une fois encore, redit que les gu&#233;rillas doivent abandonner la lutte arm&#233;e : &#171; Le monde actuel n'est pas celui des ann&#233;es 1960. Les conditions ne se pr&#234;tent plus, en Colombie, &#224; une prise du pouvoir. En revanche, la lutte arm&#233;e est devenue le pr&#233;texte principal de l'Empire pour p&#233;n&#233;trer &#224; fond en Colombie et, &#224; partir de l&#224;, agresser le Venezuela, l'Equateur, le Nicaragua et Cuba&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Clar&#237;n, Buenos Aires, 25 juillet 2010.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il y a eu les affolantes campagnes sur l'ins&#233;curit&#233;. Comme si le probl&#232;me &#8211; auquel les autorit&#233;s s'attaquent avec des moyens redoubl&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Maurice Lemoine, &#171; En proie &#224; l'ins&#233;curit&#233;, Caracas br&#251;le-t-elle ? &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; &#233;tait nouveau. Voici, par exemple, ce qu'on pouvait lire &#8211; d&#233;j&#224; en juillet 1995 ! &#8211; dans un reportage sur la saga de l'ins&#233;curit&#233; dans capitale v&#233;n&#233;zu&#233;lienne : &#171; Une v&#233;ritable psychose de peur hante Caracas.(&#8230;) La violence a atteint un tel degr&#233; de folie que les d&#233;linquants ne se contentent plus de voler.(&#8230;) On frappe pour le plaisir de frapper, on tue pour le plaisir de tuer. On s'acharne, on se saoule de cruaut&#233;. En une semaine, plusieurs personnalit&#233;s &#8211; dont un c&#233;l&#232;bre joueur de base-ball (Gustavo Polidor), un chirurgien et un avocat &#8211; ont &#233;t&#233; assassin&#233;es sous les yeux de leur famille. L'ins&#233;curit&#233; est partout. Une cinquantaine de chauffeurs d'autobus de la capitale ont &#233;t&#233; tu&#233;s depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e&#8230;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ignacio Ramonet, &#171; Le Venezuela, vers la guerre sociale ? &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#171; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre toute &#233;vidence, les m&#233;dias de haine r&#233;p&#232;tent &#233;galement que les libert&#233;s politiques seraient amput&#233;es et que la censure emp&#234;cherait toute libert&#233; d'expression. Ils oublient de signaler que 80 % des stations de radio et des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision appartiennent au secteur priv&#233;, alors qu'&#224; peine 9% sont publiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ils &#171; oublient &#187; &#233;galement de signaler que, au Honduras, par exemple, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ou que, depuis 1999, quinze &#233;lections d&#233;mocratiques se sont tenues, et qui n'ont jamais &#233;t&#233; contest&#233;es par aucun organisme international de supervision. Comme le souligne le journaliste Jos&#233; Vicente Rangel : &#171; Chaque citoyen peut adh&#233;rer &#224; n'importe lequel des milliers de partis politiques, syndicats, organisations sociales ou associations, et se d&#233;placer sur l'ensemble du territoire national pour d&#233;battre de ses id&#233;es et opinions sans limitation d'aucune sorte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la premi&#232;re &#233;lection d'Hugo Chavez, en 1999, l'investissement social a quintupl&#233; par rapport &#224; la moyenne de celui r&#233;alis&#233; entre 1988 et 1998. Cela a permis d'atteindre, avec cinq ans d'avance, presque tous les Objectifs du mill&#233;naire fix&#233;s par l'ONU pour 2015&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le taux de pauvret&#233; a chut&#233; de 49,4 % en 1999 &#224; 30,2 % en 2006, et celui de mis&#232;re de 21,7 % &#224; 7,2%&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;?45387&#034; id=&#034;nh6-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De r&#233;sultats aussi prometteurs, m&#233;ritent-ils vraiment tant de haine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/spip.php?article536&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;u&gt;Medelu&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;. Paris. septembre 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Acci&#243;n Democr&#225;tica (social-d&#233;mocrate), Alianza Bravo Pueblo (droite), Copei (d&#233;mocrate-chr&#233;tien), Fuerza Liberal (ultralib&#233;ral), La Causa R (ex-communistes), MAS (Mouvement au socialisme, gauche conservatrice), Movimiento Republicano (n&#233;olib&#233;ral), PPT (Patrie pour tous, droite), Podemos (Pour la d&#233;mocratie sociale, gauche conservatrice), Primero Justicia (ultralib&#233;ral) et Un Nuevo Tiempo (social-lib&#233;ral).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fond&#233; en 2007, le PSUV r&#233;unit presque toutes les forces politiques qui soutiennent la R&#233;volution bolivarienne : Movimiento Quinta Rep&#250;blica, Movimiento Electoral del Pueblo, Movimiento Independiente Ganamos Todos, Liga Socialista, Unidad Popular Venezolana, etc. Le Parti communiste du Venezuela (PCV) n'a pas int&#233;gr&#233; le PSUV, mais il soutient la plupart de ses options et a sign&#233; avec lui un accord &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une loi organique compl&#232;te la Constitution et pr&#233;cise l'organisation des pouvoirs publics. Dans la hi&#233;rarchie des lois, elle se situe au-dessous de la Constitution, mais au-dessus des lois ordinaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Clar&#237;n, Buenos Aires, 25 juillet 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Maurice Lemoine, &#171; En proie &#224; l'ins&#233;curit&#233;, Caracas br&#251;le-t-elle ? &#187;, Le Monde diplomatique, Paris, ao&#251;t 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ignacio Ramonet, &#171; Le Venezuela, vers la guerre sociale ? &#187;, Le Monde diplomatique, juillet 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ils &#171; oublient &#187; &#233;galement de signaler que, au Honduras, par exemple, pendant le premier semestre de cette ann&#233;e, neuf journalistes ont &#233;t&#233; assassin&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.abn.info.ve/node/12781&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.abn.info.ve/node/12781&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://news.bbc.co.uk/hi/spanish/specials/2009/chavez_10/newsid_7837000/7837964.stm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://news.bbc.co.uk/hi/spanish/specials/2009/chavez_10/newsid_7837000/7837964.stm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php&lt;/a&gt; ?45387&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Apprendre d'HaitiIgnacio Ramonet</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Apprendre-d-HaitiIgnacio-Ramonet</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Apprendre-d-HaitiIgnacio-Ramonet</guid>
		<dc:date>2010-02-07T22:32:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ignacio Ramonet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Memoire de Luttes. Paris, F&#233;vrier 2010. &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si elle semble &#034;naturelle&#034;, aucune catastrophe n'est naturelle. Un s&#233;isme d'intensit&#233; identique provoque plus de victimes dans un pays appauvri que dans un autre riche et d&#233;velopp&#233;. Ainsi, le r&#233;cent tremblement de terre d'Ha&#239;ti, de magnitude 7,0 dans l'&#233;chelle de Richter, a tu&#233; plus de cent mille personnes, tandis que celui de Honshu, au Japon, survenu il y a six mois, et d'intensit&#233; &#233;gale (7,1), n'a caus&#233; qu'un mort et un bless&#233;... &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les pays (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/spip.php?article335&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&lt;u&gt;Memoire de Luttes&lt;/U&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Paris, F&#233;vrier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si elle semble &#034;naturelle&#034;, aucune catastrophe n'est naturelle. Un s&#233;isme d'intensit&#233; identique provoque plus de victimes dans un pays appauvri que dans un autre riche et d&#233;velopp&#233;. Ainsi, le r&#233;cent tremblement de terre d'Ha&#239;ti, de magnitude 7,0 dans l'&#233;chelle de Richter, a tu&#233; plus de cent mille personnes, tandis que celui de Honshu, au Japon, survenu il y a six mois, et d'intensit&#233; &#233;gale (7,1), n'a caus&#233; qu'un mort et un bless&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les pays les plus pauvres et ceux qui connaissent des probl&#232;mes de gouvernance sont plus expos&#233;s aux risques naturels que les autres&#034;, confirme un r&#233;cent rapport des Nations unies&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Risques et pauvret&#233; dans un climat en &#233;volution. Investir aujourd'hui pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans une m&#234;me ville frapp&#233;e par une catastrophe, l'impact humain est fort diff&#233;rent selon les caract&#233;ristiques sociales des quartiers. A Port-au-Prince, le s&#233;isme a surtout d&#233;truit les zones d&#233;labr&#233;es du centre ville o&#249; s'entassaient des familles modestes. En revanche, les faubourgs privil&#233;gi&#233;s - et plus r&#233;sistants -, o&#249; r&#233;side la bourgeoisie m&#233;tisse commer&#231;ante, ont &#224; peine souffert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'adversit&#233;, il n'y a pas non plus d'&#233;galit&#233; entre les pauvres eux-m&#234;mes. La Croix rouge internationale affirme que, en cas de d&#233;sastre, &#034;les femmes, les handicap&#233;s, les vieillards et les minorit&#233;s ethniques ou religieuses, sont plus sanctionn&#233;s que le reste des pauvres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport Mondial sur les d&#233;sastres 2009, Croix Rouge Internationale, Gen&#232;ve, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tant, m&#234;me si un pays n'est pas riche, il peut se doter d'une politique efficace de pr&#233;vention des catastrophes. Il est alors en mesure de sauver de nombreuses vies humaines. Exemple : en ao&#251;t 2008, le cyclone Gustav, le plus violent du dernier demi-si&#232;cle, s'est abattu sur la Cara&#239;be avec des vents de 340 kilom&#232;tres/heure. En Ha&#239;ti, il tua 66 personnes. En revanche, &#224; Cuba, gr&#226;ce &#224; l'organisation pr&#233;ventive des citoyens, il n'y eut aucune victime...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ha&#239;ti est-il un pays pauvre ? En v&#233;rit&#233;, il n'y a pas de pays pauvres ; mais des &#034;pays appauvris&#034;. Ce n'est pas la m&#234;me chose. Vers la fin du XVIIIe si&#232;cle, Ha&#239;ti &#233;tait la &#034;Perle des Antilles&#034; et fournissait 60% du caf&#233; et 75% du sucre que consommait l'Europe. De cette fabuleuse richesse cependant, ne profitaient que les quelque 50.000 colons blancs, et pas les plus de 500.000 esclaves noirs qui la produisaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom des nobles id&#233;aux de la R&#233;volution fran&#231;aise, ces esclaves - guid&#233;s par Toussaint Louverture, le &#034;Spartacus noir&#034; -, se r&#233;volt&#232;rent en 1791. Napol&#233;on envoya une exp&#233;dition de 43.000 v&#233;t&#233;rans. La guerre dura treize ans. Les insurg&#233;s l'emport&#232;rent. Ce fut la premi&#232;re guerre raciale anticoloniale, et l'unique r&#233;bellion d'esclaves qui aboutit &#224; la cr&#233;ation d'un Etat souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er janvier 1804, Ha&#239;ti proclama son ind&#233;pendance. Elle r&#233;sonna comme un coup de tonerre dans tout le continent am&#233;ricain. Deux d&#233;cennies avant le reste de l'Am&#233;rique latine, les esclaves noirs d&#233;montraient, par leur propre lutte et sans l'aide de quiconque, que les colonis&#233;s pouvaient conqu&#233;rir leur libert&#233;. L'Afro-Am&#233;rique &#233;mergeait sur la sc&#232;ne politique internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le &#034;mauvais exemple&#034; d'Ha&#239;ti - comme le qualifia le pr&#233;sident des Etats-Unis, Thomas Jefferson - terrifia les puissances qui continuaient de pratiquer l'esclavage. On ne le lui pardonna pas. Aucun Etat ne reconnut son ind&#233;pendance. Nul n'aida cette nouvelle R&#233;publique noire, cauchemar du colonialisme blanc. Aujourd'hui encore, la vieille terreur demeure. Le t&#233;l&#233;vang&#233;liste am&#233;ricain Pat Robertson ne vient-il de d&#233;clarer : &#034; Ce s&#233;isme a tu&#233; des milliers de personnes parce que les esclaves d'Ha&#239;ti firent un pacte avec le diable pour obtenir leur libert&#233; [Christian Broadcasting Network, 14 janvier 2010.]&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouvel Etat ind&#233;pendant fut boycott&#233; durant des d&#233;cennies dans le but de &#034;reclure la peste&#034; dans ce seul pays. En raison des p&#233;nuries, les guerres civiles se multipli&#232;rent et d&#233;vast&#232;rent le territoire. La n&#233;cessaire &#233;tape de construction d'un Etat-nation fut perdue. Institutionnellement, malgr&#233; la tr&#232;s grande qualit&#233; de ses nombreux intellectuels, le pays se retrouva en panne, faisant du sur place, bloqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis vint le temps de l'occupation par les Etats-Unis, qui dura de 1915 &#224; 1934. Et de la guerre de r&#233;sistance. Le h&#233;ros de la r&#233;bellion, Charlemagne P&#233;ralte, fut crucifi&#233; par les marines, clou&#233; &#224; la porte d'une &#233;glise... Washington finit par c&#233;der Ha&#239;ti &#224; de nouveaux dictateurs, parmi lesquels : &#034;Papa Doc&#034; Duvalier, l'un des plus despotiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1970, la R&#233;publique noire jouissait encore de la souverainet&#233; alimentaire. Ses agriculteurs produisaient 90% de la nourriture consomm&#233;e par la population. Mais le Plan Reagan-Bush, impos&#233; par Washington, l'obligea &#224; supprimer les droits de douane sur l'importation de riz, base de l'alimentation locale et principale production de son agriculture. Le riz am&#233;ricain, moins cher en raison des fortes subventions vers&#233;es par Washington, inonda le commerce ha&#239;tien. Ruin&#233;s, des milliers de paysans durent &#233;migrer en masse et s'entasser dans la capitale, o&#249; le s&#233;isme vient de les rattraper...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule exp&#233;rience de gouvernement d&#233;mocratique fut celle de Jean-Bertrand Aristide, &#233;lu &#224; deux reprises &#224; la pr&#233;sidence (1994-1996 et 2001-2004). Mais ses propres erreurs et la pression de Washington le pouss&#232;rent &#224; l'exil. Depuis, Ha&#239;ti se trouve sous tutelle de l'ONU et d'un conglom&#233;rat d'ONG internationales. Le gouvernement de Ren&#233; Pr&#233;val a &#233;t&#233; syst&#233;matiquement priv&#233; de ses moyens d'action. C'est pourquoi il est absurde de lui reprocher son impuissance devant le d&#233;sastre. Il y a longtemps que l'ensemble du secteur public a &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233; et ses principales activit&#233;s transf&#233;r&#233;es au secteur priv&#233; quand elles &#233;taient rentables, ou aux ONG lorsqu'elles ne l'&#233;taient pas. Avant m&#234;me de devenir le &#034;ground zero&#034; de la plan&#232;te, Ha&#239;ti &#233;tait d&#233;j&#224; le cas le plus flagrant de &#034;colonialisme humanitaire&#034;. La trag&#233;die actuelle va renforcer sa d&#233;pendance. Et par cons&#233;quent les r&#233;sistances. Le &#034;capitalisme de choc&#034; y trouve une nouvelle occasion - au nom de l'efficacit&#233; - de r&#233;clamer la privatisation int&#233;grale de toutes les activit&#233;s &#233;conomiques et commerciales li&#233;es &#224; la reconstruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis sont en premi&#232;re ligne, avec leurs forces arm&#233;es d&#233;ploy&#233;es en une offensive humanitaire de grande envergure. Cons&#233;quence sans doute d'un g&#233;n&#233;reux d&#233;sir de porter secours. Mais aussi d'indiscutables int&#233;r&#234;ts g&#233;opolitiques. Washington pr&#233;f&#232;re inonder d'aide Ha&#239;ti que voir ses c&#244;tes inond&#233;es par des dizaines de milliers de &#034;boat people&#034; ha&#239;tiens. Au fond, il s'agit toujours de la m&#234;me vieille hantise : &#034;reclure la peste&#034;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Risques et pauvret&#233; dans un climat en &#233;volution. Investir aujourd'hui pour des lendemains plus s&#251;rs, ONU, New York, mai 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapport Mondial sur les d&#233;sastres 2009, Croix Rouge Internationale, Gen&#232;ve, juillet 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Investissements &#171; Voracit&#233; n&#233;oliberale &#187; Un nouveau capitalisme s'installe</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Investissements-Voracite-neoliberale-Un-nouveau-capitalisme-s-installe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Investissements-Voracite-neoliberale-Un-nouveau-capitalisme-s-installe</guid>
		<dc:date>2007-11-05T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ignacio Ramonet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Tandis que, contre l'horreur &#233;conomique, le discours critique - qu'on appela un temps altermondialiste - s'embrouille et devient soudain inaudible, un nouveau capitalisme s'installe, encore plus brutal et conqu&#233;rant. C'est celui d'une cat&#233;gorie nouvelle de fonds vautours, les private equities, des fonds d'investissement &#224; l'app&#233;tit d'ogre disposant de capitaux colossaux . &lt;br class='autobr' /&gt;
Les noms de ces titans - The Carlyle Group, Kohlberg Kravis Roberts &amp; Co (KKR), The Blackstone Group, Colony (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Neoliberalisme" rel="directory"&gt;Capitalisme s&#233;nile&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tandis que, contre l'horreur &#233;conomique, le discours critique - qu'on appela un temps altermondialiste - s'embrouille et devient soudain inaudible, un nouveau capitalisme s'installe, encore plus brutal et conqu&#233;rant. C'est celui d'une cat&#233;gorie nouvelle de fonds vautours, les &lt;i&gt;private equities&lt;/i&gt;, des fonds d'investissement &#224; l'app&#233;tit d'ogre disposant de capitaux colossaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Fr&#233;d&#233;ric Lordon, &#171; Quand la finance prend le monde en otage &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les noms de ces titans - &lt;i&gt;The Carlyle Group, Kohlberg Kravis Roberts &amp; Co (KKR), The Blackstone Group, Colony Capital, Apollo Management, Starwood Capital Group, Texas Pacific Group, Wendel, Eurazeo&lt;/i&gt;, etc. - demeurent peu connus du grand public. Et, &#224; l'abri de cette discr&#233;tion, ils sont en train de s'emparer de l'&#233;conomie mondiale. En quatre ans, de 2002 &#224; 2006, le montant des capitaux lev&#233;s par ces fonds d'investissement, qui collectent l'argent des banques, des assurances, des fonds de pension et les avoirs de richissimes particuliers, est pass&#233; de 94 milliards d'euros &#224; 358 milliards ! Leur puissance de feu financi&#232;re est ph&#233;nom&#233;nale, elle d&#233;passe les 1.100 milliards d'euros ! Rien ne leur r&#233;siste. L'an dernier, aux Etats-Unis, les principaux &lt;i&gt;private equities&lt;/i&gt; ont investi quelque 290 milliards d'euros dans des rachats d'entreprises, et plus de 220 milliards au cours du seul premier semestre 2007, prenant ainsi le contr&#244;le de huit mille soci&#233;t&#233;s... D&#233;j&#224;, un salari&#233; am&#233;ricain sur quatre - et pr&#232;s d'un salari&#233; fran&#231;ais sur douze - travaille pour ces mastodontes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Sandrine Trouvelot et Philippe Eliakim, &#171; Les fonds d'investissement, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France est d'ailleurs devenue, apr&#232;s le Royaume-Uni et les Etats-Unis, leur premi&#232;re cible. L'an dernier, ils y ont fait main basse sur quatre cents entreprises (pour un montant de 10 milliards d'euros), et ils en g&#232;rent d&#233;sormais plus de mille six cents. Des marques fort connues - Picard, Dim, les restaurants Quick, Buffalo Grill, les Pages jaunes, Allocin&#233; ou Afflelou - se retrouvent sous le contr&#244;le de &lt;i&gt;private equities&lt;/i&gt;, le plus souvent anglo-saxons, qui lorgnent maintenant sur des g&#233;ants du CAC 40.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne de ces fonds rapaces est apparu il y a une quinzaine d'ann&#233;es mais, dop&#233; par un cr&#233;dit bon march&#233; et &#224; la faveur de la cr&#233;ation d'instruments financiers de plus en plus sophistiqu&#233;s, il a pris ces derniers temps une ampleur pr&#233;occupante. Car le principe est simple : un club d'investisseurs fortun&#233;s d&#233;cident de racheter des entreprises qu'ils g&#232;rent ensuite de fa&#231;on priv&#233;e, loin de la Bourse et de ses r&#232;gles contraignantes, et sans avoir &#224; rendre compte &#224; des actionnaires pointilleux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Philippe Boulet-Gercourt, &#171; Le retour des rapaces &#187;, Le Nouvel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'id&#233;e, c'est de contourner les principes m&#234;mes de l'&#233;thique du capitalisme en ne pariant que sur les lois de la jungle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, nous expliquent deux sp&#233;cialistes, les choses se passent ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pour acqu&#233;rir une soci&#233;t&#233; qui vaut 100, le fonds met 30 de sa poche (il s'agit d'un pourcentage moyen) et emprunte 70 aux banques, en profitant des taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s faibles du moment. Pendant trois ou quatre ans, il va r&#233;organiser l'entreprise avec le management en place, rationaliser la production, d&#233;velopper des activit&#233;s et capter tout ou partie des profits pour payer les int&#233;r&#234;ts... de sa propre dette. A la suite de quoi, il revendra la soci&#233;t&#233; 200, souvent &#224; un autre fonds qui fera la m&#234;me chose. Une fois rembours&#233;s les 70 emprunt&#233;s, il lui restera 130 en poche, pour une mise initiale de 30, soit plus de 300 % de taux de retour sur investissement en quatre ans. Qui dit mieux ? &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Capital, op. cit.&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'ils gagnent personnellement des fortunes d&#233;mentielles, les dirigeants de ces fonds pratiquent d&#233;sormais, sans &#233;tats d'&#226;me, les quatre grands principes de la &#171; rationalisation &#187; des entreprises : r&#233;duire l'emploi, comprimer les salaires, augmenter les cadences et d&#233;localiser. Encourag&#233;s en cela par les autorit&#233;s publiques, lesquelles, comme en France aujourd'hui, r&#234;vent de &#171; moderniser &#187; l'appareil de production. Et au grand dam des syndicats, qui crient au cauchemar et d&#233;noncent la fin du contrat social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains pensaient qu'avec la globalisation le capitalisme &#233;tait enfin repu. On voit maintenant que sa voracit&#233; semble sans limites. Jusqu'&#224; quand ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'abonner au Monde diplomatique &lt;/strong&gt; : &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/abo&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.monde-diplomatique.fr/abo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2007/11/RAMONET/15295&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Paris, novembre 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Fr&#233;d&#233;ric Lordon, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/LORDON/15074&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Quand la finance prend le monde en otage&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, septembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Sandrine Trouvelot et Philippe Eliakim, &#171; &lt;i&gt;Les fonds d'investissement, nouveaux ma&#238;tres du capitalisme mondial&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Capital&lt;/i&gt;, Paris, juillet 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Philippe Boulet-Gercourt, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/article.php3?id_article=3837&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le retour des rapaces&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, Paris, 19 juillet 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Capital, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
