<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>El Correo</title>
	<link>https://www.elcorreo.eu.org/</link>
	
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.elcorreo.eu.org/spip.php?id_auteur=161&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#201;tats-Unis, incroyablement instables</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Les-Etats-Unis-incroyablement-instables</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Les-Etats-Unis-incroyablement-instables</guid>
		<dc:date>2016-06-12T18:58:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Immanuel Wallerstein * </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Nous avons l'habitude de penser &#224; l'instabilit&#233; d'&#201;tats qui sont principalement situ&#233;s dans l'h&#233;misph&#232;re sud. C'est &#224; propos de ces r&#233;gions que les experts et les politiciens de l'h&#233;misph&#232;re nord parlent d'&#201;tats faillis, dans lesquels se d&#233;roulent des guerres civiles. La vie est tr&#232;s incertaine pour les habitants de ces r&#233;gions. Il y a des d&#233;placements de population massifs et des efforts pour fuir ces r&#233;gions et rejoindre des parties du monde plus s&#251;res. Ces endroits plus s&#251;rs sont suppos&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Gringoland-USA" rel="directory"&gt;&#171; Gringoland &#187; (USA) &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous avons l'habitude de penser &#224; l'instabilit&#233; d'&#201;tats qui sont principalement situ&#233;s dans l'h&#233;misph&#232;re sud. C'est &#224; propos de ces r&#233;gions que les experts et les politiciens de l'h&#233;misph&#232;re nord parlent d'&#201;tats faillis, dans lesquels se d&#233;roulent des guerres civiles. La vie est tr&#232;s incertaine pour les habitants de ces r&#233;gions. Il y a des d&#233;placements de population massifs et des efforts pour fuir ces r&#233;gions et rejoindre des parties du monde plus s&#251;res. Ces endroits plus s&#251;rs sont suppos&#233;s offrir plus d'emplois et un niveau de vie plus &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En particulier, les &#201;tats-Unis ont &#233;t&#233; vus comme le but migratoire d'un tr&#232;s large pourcentage de la population mondiale. Ce fut une fois vrai en grande partie. Dans la p&#233;riode qui va grosso modo de 1945 &#224; 1970, les &#201;tats-Unis &#233;taient la puissance h&#233;g&#233;monique du syst&#232;me-monde, dans laquelle la vie &#233;tait en effet meilleure &#233;conomiquement et socialement pour ses habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les fronti&#232;res n'&#233;taient pas tout &#224; fait ouvertes pour les immigrants, ceux d'entre eux qui parvenaient &#224; arriver d'une mani&#232;re ou d'une autre, &#233;taient dans l'ensemble contents de ce qu'ils consid&#233;raient comme leur bonne fortune. Et d'autres, provenant des pays d'origine des immigrants qui avaient r&#233;ussi, continuaient d'essayer de suivre leurs traces. Dans cette p&#233;riode, il y avait tr&#232;s peu d'&#233;migration provenant des &#201;tats-Unis, &#224; part sur une base temporaire pour prendre un emploi tr&#232;s bien pay&#233; en tant que mercenaire &#233;conomique, politique ou militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#226;ge d'or de la domination des &#201;tats-Unis sur le syst&#232;me-monde a commenc&#233; &#224; se l&#233;zarder vers 1970 et s'est d&#233;fait constamment depuis lors, et de plus en plus. Quels en sont les signes ? Ils sont nombreux, certains observables aux &#201;tats-Unis eux-m&#234;mes et d'autres dans le changement d'attitude du reste du monde &#224; leur &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, nous vivons actuellement une campagne pr&#233;sidentielle dont presque tout le monde dit qu'elle est inhabituelle et qu'elle va provoquer des transformations. Un tr&#232;s grand nombre d'&#233;lecteurs se sont mobilis&#233;s contre l'establishment, beaucoup d'entre eux entrant dans le processus &#233;lectoral pour la premi&#232;re fois. Aux primaires r&#233;publicaines, Donald J. Trump a construit sa course &#224; la nomination, pr&#233;cis&#233;ment en surfant sur la vague de ce m&#233;contentement, et en effet en l'attisant. Il semble avoir r&#233;ussi, malgr&#233; tous les efforts de ceux qui pourraient &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme les R&#233;publicains traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le parti d&#233;mocrate, l'histoire est similaire mais pas identique. Un s&#233;nateur auparavant obscur, Bernie Sanders, a &#233;t&#233; capable de chevaucher le m&#233;contentement en l'exprimant dans un discours plus &#224; gauche et, en juin 2016, a men&#233; une campagne tr&#232;s impressionnante contre la seule candidature consid&#233;r&#233;e comme incontestable, celle de Hillary Clinton. Alors qu'il ne semble pas qu'il obtiendra l'investiture, il a pouss&#233; Clinton (et le parti d&#233;mocrate) beaucoup plus &#224; gauche que cela ne semblait possible il y a quelques mois. Et Sanders l'a fait sans jamais s'&#234;tre pr&#233;sent&#233; auparavant en tant que d&#233;mocrate &#224; une &#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pensez-vous peut-&#234;tre, tout cela va se calmer, une fois que l'&#233;lection pr&#233;sidentielle sera d&#233;cid&#233;e, et les opinions politiques centristes normales pr&#233;vaudront de nouveau. Nombreux sont ceux qui pr&#233;disent cela. Mais alors, quelle sera la r&#233;action de ceux qui ont soutenu haut et fort leurs candidats, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'ils ne d&#233;fendaient pas des politiques centristes normales ? Que se passera-t-il s'ils sont d&#233;&#231;us par leurs champions actuels ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons consid&#233;rer un autre changement aux &#201;tats-Unis. Le New York Times a publi&#233; un long article en premi&#232;re page le 23 mai sur la violence des armes, qu'il qualifiait de &#171; sans fin mais dont personne n'entend parler &#187;. L'article ne portait pas sur les tirs massifs par arme &#224; feu bien document&#233;s, que nous appelons massacres et qui sont consid&#233;r&#233;s comme choquants. Au contraire, l'article vise les tirs que la police tend &#224; appeler &#171; incidents &#187; et qui ne paraissent jamais dans les journaux. Il d&#233;crit l'un de ces incidents en d&#233;tail et le qualifie d'&#171; aper&#231;u sur une source diff&#233;rente de la violence de masse &#8211; une violence qui &#233;clate avec une r&#233;gularit&#233; si anesth&#233;siante qu'elle est rendue presque invisible, &#224; part pour les victimes, noires pour la plupart, les survivants et les attaquants &#187;. Et leur nombre augmente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme ces morts &#171; sans fin mais dont personne n'entend parler &#187; dues &#224; la violence augmentent, la possibilit&#233; qu'elles franchissent les limites des ghettos noirs pour atteindre les zones non noires, dans lesquelles beaucoup des d&#233;sillusionn&#233;s habitent, n'est pas totalement exag&#233;r&#233;e. Apr&#232;s tout, les d&#233;sillusionn&#233;s ont raison sur une chose. La vie aux &#201;tats-Unis n'est plus si bonne qu'elle le fut un jour. Trump l'a utilis&#233; comme slogan : &#171; Rendre de nouveau sa grandeur &#224; l'Am&#233;rique &#187;. De nouveau se r&#233;f&#232;re &#224; l'&#226;ge d'or. Sanders aussi semble se r&#233;f&#233;rer &#224; un pr&#233;c&#233;dent &#226;ge d'or, dans lequel les emplois n'&#233;taient pas d&#233;localis&#233;s dans l'h&#233;misph&#232;re sud. M&#234;me Clinton semble regarder en arri&#232;re quelque chose qui a &#233;t&#233; perdu [L'anneau pour les gouverner tous &#8230;, NdT].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne doit pas faire oublier un genre de violence encore plus f&#233;roce &#8211; celle propag&#233;e par un tout petit groupe de milices profond&#233;ment anti-&#233;tatiques, qui s'appellent elles-m&#234;mes les Citizens for Constitutional Freedom (Citoyens pour la libert&#233; constitutionnelle &#8211; CCF). Ce sont elles qui se sont oppos&#233;es aux fermetures, par le gouvernement, de certains terrains pour leur b&#233;tail ou en effet pour leur usage. Les gens du CCF disent que le gouvernement n'a aucun droit et viole la Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est que les gouvernements tant f&#233;d&#233;ral que local ne savent pas quoi faire. Ils n&#233;gocient par peur que l'affirmation de leur autorit&#233; ne soit pas populaire. Mais lorsque les n&#233;gociations &#233;chouent, le gouvernement finit par user de la force. Cette version plus extr&#234;me de l'action pourrait bient&#244;t se r&#233;pandre. Ce n'est pas une question de glissement &#224; droite, mais d'aller vers une protestation plus violente, vers une guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant tout ce temps, les &#201;tats-Unis ont vraiment perdu leur autorit&#233; dans le reste du monde. En effet, ils ne plus sont h&#233;g&#233;moniques. Les protestataires et leurs candidats l'ont not&#233;, mais consid&#232;rent que c'est r&#233;versible. Or &#231;a ne l'est pas. Les &#201;tats-Unis sont consid&#233;r&#233;s maintenant comme un partenaire mondial faible et h&#233;sitant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement le point de vue d'&#201;tats qui se sont fortement oppos&#233;s &#224; la politique &#233;tasunienne par le pass&#233;, comme la Russie, la Chine et l'Iran. C'est vraisemblablement devenu vrai pour des alli&#233;s proches, comme Isra&#235;l, l'Arabie saoudite, la Grande-Bretagne et le Canada. &#192; l'&#233;chelle mondiale, l'appr&#233;ciation de la fiabilit&#233; des &#201;tats-Unis dans l'ar&#232;ne g&#233;opolitique est pass&#233;e de pr&#232;s de 100%, pendant l'&#226;ge d'or, &#224; un niveau tr&#232;s, tr&#232;s inf&#233;rieur. Et cela s'accentue tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il devient moins s&#251;r de vivre aux &#201;tats-Unis, attendez vous &#224; une augmentation constante de l'&#233;migration. Ce n'est pas que d'autres endroits du monde soient s&#251;rs &#8211; ils sont seulement plus s&#251;rs. Ce n'est pas que le niveau de vie ailleurs soit si &#233;lev&#233;, mais il est devenu aujourd'hui plus haut en maints endroits de l'h&#233;misph&#232;re nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde ne peut pas &#233;migrer, bien s&#251;r. C'est une question de co&#251;t et une question d'accessibilit&#233; &#224; d'autres pays. Indubitablement, le premier groupe qui pourrait augmenter son &#233;migration viendra des secteurs les plus privil&#233;gi&#233;s. Mais, comme il vient d'&#234;tre soulign&#233;, les col&#232;res des plus d&#233;sillusionn&#233;s de la classe moyenne vont cro&#238;tre. Et en croissant, leurs r&#233;actions pourraient prendre un tour violent. Et ce tour plus violent se r&#233;percutera sur eux, augmentant leur col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne peut-il apaiser les attitudes au sujet de la transformation des &#201;tats-Unis ? Si nous cessions d'essayer de rendre sa grandeur &#224; l'Am&#233;rique et commencions &#224; essayer de faire du monde un endroit meilleur pour tout le monde, nous pourrions faire partie du mouvement pour un autre monde. Changer le monde entier transformerait effectivement les &#201;tats-Unis, mais seulement si nous cessons de d&#233;sirer revenir &#224; un &#226;ge d'or, qui n'&#233;tait pas si dor&#233; que &#231;a pour la plus grande partie du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Immanuel Wallerstein*&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://iwallerstein.com/commentaries/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Immanuel Wallerstein Commentaires&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Original&lt;/strong&gt; : &lt;strong&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://iwallerstein.com/the-increasingly-unstable-united-states/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;The Increasingly Unstable United States&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://iwallerstein.com/the-increasingly-unstable-united-states/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Commentaire No 426&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. USA, le 1er juin 2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'anglais pour le &lt;a href=&#034;http://lesakerfrancophone.fr/les-etats-unis-incroyablement-instables&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Saker Fr&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Diane, v&#233;rifi&#233; par Wayan, relu par nadine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;* &lt;strong&gt;Immanuel Wallerstein&lt;/strong&gt; est un sociologue US. Il travailla en outre comme directeur du centre Fernand Braudel pour l'&#201;tude de l'&#201;conomie, des Syst&#232;mes historiques et des Civilisations.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Panique en mode turbo :La Russie et le Syst&#232;me-Monde aujourd'hui</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Panique-en-mode-turbo-La-Russie-et-le-Systeme-Monde-aujourd-hui</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Panique-en-mode-turbo-La-Russie-et-le-Systeme-Monde-aujourd-hui</guid>
		<dc:date>2015-02-08T15:23:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Immanuel Wallerstein * </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Visiter la Russie, ce que j'ai fait r&#233;cemment, est une exp&#233;rience &#233;trange pour quelqu'un venant de l'h&#233;misph&#232;re nord. Comme nous le savons, la plupart des Russes font une lecture totalement diff&#233;rente de la plupart des gens de l'h&#233;misph&#232;re nord &#224; propos de l'Histoire mondiale r&#233;cente. Mais en plus, ils sont pr&#233;occup&#233;s par d'autres choses que ce &#224; quoi les visiteurs s'attendent. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'unique hypoth&#232;se commune qui transcende ces diff&#233;rences est le fait que l'apparition d'une forte baisse des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Russie" rel="directory"&gt;Russie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Visiter la Russie, ce que j'ai fait r&#233;cemment, est une exp&#233;rience &#233;trange pour quelqu'un venant de l'h&#233;misph&#232;re nord. Comme nous le savons, la plupart des Russes font une lecture totalement diff&#233;rente de la plupart des gens de l'h&#233;misph&#232;re nord &#224; propos de l'Histoire mondiale r&#233;cente. Mais en plus, ils sont pr&#233;occup&#233;s par d'autres choses que ce &#224; quoi les visiteurs s'attendent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unique hypoth&#232;se commune qui transcende ces diff&#233;rences est le fait que l'apparition d'une forte baisse des prix du p&#233;trole et du gaz, combin&#233;e avec l'embargo impos&#233; par quelques pays &#224; la Russie, a r&#233;duit les exportations de l'&#201;tat russe et la consommation individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Russie aujourd'hui, presque tout le monde, o&#249; qu'il se situe dans le spectre politique, croit que l'Occident, et les &#201;tats-Unis en particulier, ont conspir&#233; avec quelques autres &#8211; principalement l'Arabie saoudite et Isra&#235;l &#8211; pour punir la Russie pour ses actions et ses m&#233;faits pr&#233;sum&#233;s dans la poursuite de ce que les Russes consid&#232;rent comme la l&#233;gitime d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts nationaux. Le d&#233;bat porte principalement sur l'Ukraine, mais inclut aussi la Syrie et l'Iran, &#224; un moindre degr&#233;. La th&#233;orie du complot est probablement un peu exag&#233;r&#233;e, puisque que les Etats-Unis ont commenc&#233;, en 1973 d&#233;j&#224;, &#224; d&#233;velopper leur gaz de schiste (un &#233;l&#233;ment majeur dans la surabondance actuelle) en r&#233;ponse &#224; la hausse des prix de l'OPEP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, on n'entend pas beaucoup de discussions sur ces questions de politique &#233;trang&#232;re en Russie. C'est d&#251; probablement au fait qu'il n'y a pas beaucoup de dissidence dans le pays &#224; propos de la politique &#233;trang&#232;re russe, pas m&#234;me de la part de personnes ou de groupes tr&#232;s critiques &#224; l'&#233;gard du pr&#233;sident Poutine dans d'autres domaines. Ce qu'on entend discuter, &#224; la place, c'est comment g&#233;rer au mieux le grave d&#233;ficit budg&#233;taire auquel la Russie est confront&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trois options de base. La premi&#232;re consiste &#224; r&#233;duire drastiquement les d&#233;penses de l'&#201;tat. Nous pourrions nommer cela l'option n&#233;olib&#233;rale. Elle est d&#233;fendue par le ministre des Finances. La deuxi&#232;me est d'utiliser les ressources de l'&#201;tat russe encore disponibles, minimisant ainsi le besoin de r&#233;duire imm&#233;diatement les d&#233;penses. Nous pourrions appeler cela l'option social-d&#233;mocrate. Elle est d&#233;fendue par le ministre du D&#233;veloppement &#233;conomique. La troisi&#232;me est d'utiliser l'une des deux options, mais pas l'autre. Nous pourrions appeler cela l'option m&#233;diane. Cela garantirait la stabilit&#233; pour dix-huit mois, probablement, cela se fonde sur l'espoir que, d'une mani&#232;re ou d'une autre, le prix mondial du p&#233;trole et du gaz va recommencer &#224; monter d'ici l&#224; et/ou que les sanctions seront lev&#233;es ou largement contourn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est remarquable dans cette affaire est que les trois positions sont repr&#233;sent&#233;es au sein du relativement petit groupe de d&#233;cideurs entourant le pr&#233;sident Poutine. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, il semble que Poutine lui m&#234;me est dans le camp favorisant l'option m&#233;diane. Ce qui est aussi remarquable est que ce d&#233;bat est quasi public. Du moins, il n'est un secret pour aucun Russe qui suit les d&#233;clarations publiques des protagonistes ainsi que les fuites dans une presse plus diversifi&#233;e que les commentateurs occidentaux ne le sugg&#232;rent habituellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un danger r&#244;de, toutefois, provoqu&#233; par ce d&#233;bat quasi public. C'est que les entrepreneurs russes, les banques et le grand public (en particulier les personnes les plus riches) se mettent &#224; paniquer, croyant que l'option qu'ils craignent va pr&#233;valoir et que l'important recul des ressources pourrait conduire &#224; une ru&#233;e sur les banques et &#224; une inflation majeure. S'il y a une panique de ce type, alors aucune des options ne peut r&#233;ussir qui permettrait &#224; l'&#201;tat de survivre &#224; la compression de ses finances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, un discours du Premier ministre Dmitri Medvedev, prononc&#233; au Forum Gaidar le 14 janvier dernier, a beaucoup retenu l'attention. Il a annonc&#233; que l'&#201;tat appliquerait l'option m&#233;diane. Il a demand&#233; &#224; chacun de se rallier &#224; cette solution, pr&#233;cis&#233;ment dans le but de faire cesser la panique. En effet, il a clos son discours en citant la fameuse phrase du pr&#233;sident am&#233;ricain Franklin Roosevelt en 1933 : &#171; La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-m&#234;me. &#187; Medvedev a d&#233;clar&#233; que le gouvernement russe n'avait pas peur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais une telle d&#233;claration suffira-t-elle pour &#233;viter toute panique ? Le discours de Medvedev ne l'a pas totalement &#233;limin&#233;e. Le d&#233;bat autour de la d&#233;claration de Medvedev a r&#233;v&#233;l&#233; que de nombreuses personnes, et de nombreux groupes, n'&#233;taient pas convaincus qu'il n'y en aurait pas [de panique]. Il y a ce que j'appellerai une panique au sujet de la panique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode de Poutine pour contenir la panique au sujet de la panique est de poursuivre ce qu'il pense &#234;tre une politique forte et claire soigneusement mesur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re &#233;tape, la d&#233;cision de remplacer le South Stream (un pipeline pour le gaz et le p&#233;trole, passant sous la mer Noire, entre la Russie et la Bulgarie, abandonn&#233; en raison des sanctions) par un Turkish Stream (un autre pipeline sous la mer Noire entre la Russie et la Turquie). Quel que soit le pipeline, South Stream ou Turkish Stream, il nuira &#224; l'Ukraine qui ne verra plus passer le p&#233;trole russe et donc perdra les taxes de transit [et la possibilit&#233; de siphonner sans payer, NdT]. Le Turkish Stream est cependant &#233;galement destin&#233; &#224; contrecarrer les effets des sanctions &#8211; qui ont conduit la Bulgarie &#224; refuser le transit du South Stream sur son territoire [sous la forte pression de l'UE, NdT] &#8211; et &#224; r&#233;compenser la Turquie, qui resserre ses liens avec la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me &#233;tape a &#233;t&#233; la d&#233;cision de conclure des accords avec la Chine et d'autres pays portant sur des op&#233;rations de change dans leurs propres devises, &#233;vitant ainsi les fluctuations du dollar. L'un des projets r&#233;sultant de ces accords serait la construction d'un pipeline &#224; travers la Sib&#233;rie jusqu'en Asie du Nord-Est, largement financ&#233; par la Chine. C'est un moyen de contourner les sanctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une troisi&#232;me est la fourniture, qui vient d'&#234;tre annonc&#233;e, du syst&#232;me de missiles de d&#233;fense a&#233;rienne S-300 &#224; l'Iran. La Russie avait annul&#233; cet engagement, promis depuis longtemps, en 2010, sous la pression de l'Occident. La Russie va maintenant honorer sa promesse initiale. Cela sert &#224; renforcer le soutien russe &#224; l'int&#233;gration de l'Iran dans les processus de d&#233;cision de l'Asie occidentale. Cela met les Etats-Unis sous pression en m&#234;me temps que cela aide &#224; v&#233;rifier la capacit&#233; de l'Arabie saoudite &#224; se maintenir comme un &#201;tat arabe sunnite incontournable. D&#233;j&#224;, avec l'accession au pouvoir du roi Salman, la presse abonde en discussions sur la fragilit&#233; de la position saoudienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, en Ukraine, les Russes poursuivent une politique prudente. La Russie ne contr&#244;le pas totalement les autonomistes de Donetsk-Lugansk, elle s'assure n&#233;anmoins que ces derniers ne puissent pas &#234;tre &#233;limin&#233;s militairement. Le prix que la Russie demande pour une paix r&#233;elle en Ukraine est l'engagement de ne pas l'int&#233;grer dans l'Otan, sujet &#224; propos duquel il y a des points de vue diff&#233;rents au sein de l'Otan. Tout le monde joue un jeu &#224; haut risque en Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon pari, et c'est dans une large mesure un pari, est que le bon sens pr&#233;vaudra et qu'un compromis politique sera trouv&#233;. Je dirais : regardez l'attitude de Merkel apr&#232;s les &#233;lections allemandes. Elle (et l'Allemagne) veulent un accord, mais ne sont pas encore libres d'aller dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Immanuel Wallerstein&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://iwallerstein.com/panic-about-panic-russia-and-the-world-system-today/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Commentary&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://iwallerstein.com/panic-about-panic-russia-and-the-world-system-today/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Commentary No. 394&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, 1er F&#233;vrier 2015&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit pour &lt;a href=&#034;http://lesakerfrancophone.net/panique-en-mode-turbola-russie-et-le-systeme-monde-aujourdhui/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;le Saker Francophone&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par :&lt;/strong&gt; Diane, relu par jj&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La position des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique au Moyen-Orient</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/La-position-des-Etats-Unis-d-Amerique-au-Moyen-Orient</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/La-position-des-Etats-Unis-d-Amerique-au-Moyen-Orient</guid>
		<dc:date>2014-12-06T19:59:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Immanuel Wallerstein * </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le 27 novembre, le New York Times a titr&#233; un article &#171; Conflicting Policies on Syria and Islamic State Erode U.S. Standing in Mideast &#187; (Des politiques contradictoires sur la Syrie et l'&#201;tat Islamique &#233;rodent la position des &#201;tats-Unis au Moyen-Orient). Mais ce n'est pas nouveau. La position des &#201;tats-Unis (d'Am&#233;rique) au Moyen Orient (et partout dans le monde) est entrain de s'&#233;roder depuis presque 50 ans. La r&#233;alit&#233; est beaucoup plus vaste que le conflit imm&#233;diat entre d'un cot&#233; les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Gringoland-USA" rel="directory"&gt;&#171; Gringoland &#187; (USA) &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 27 novembre, le &lt;i&gt;New York Times &lt;/i&gt; a titr&#233; un article &#171; &lt;a href=&#034;http://www.nytimes.com/2014/11/28/world/middleeast/conflicting-policies-on-syria-and-islamic-state-erode-us-standing-in-mideast-.html?_r=0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Conflicting Policies on Syria and Islamic State Erode U.S. Standing in Mideast&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187; (Des politiques contradictoires sur la Syrie et l'&#201;tat Islamique &#233;rodent la position des &#201;tats-Unis au Moyen-Orient). Mais ce n'est pas nouveau. La position des &#201;tats-Unis (d'Am&#233;rique) au Moyen Orient (et partout dans le monde) est entrain de s'&#233;roder depuis presque 50 ans. La r&#233;alit&#233; est beaucoup plus vaste que le conflit imm&#233;diat entre d'un cot&#233; les forces anti Assad en Syrie et leurs sympathisants, et le r&#233;gime d'Obama aux &#201;tats-Unis, de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que les &#201;tats-Unis sont devenues (selon l'expression d&#233;riv&#233;e de la pratique nautique de quelque &#233;poque) un &#171; canon libre &#187;, c'est-&#224;-dire une puissance dont les actions sont impr&#233;visibles, incontr&#244;lables et dangereuses pour elle-m&#234;me et pour les autres. Le r&#233;sultat est que presque personne n'a confiance en eux, m&#234;me si de nombreux pays groupes politiques peuvent faire appel &#224; leur assistance de fa&#231;on sp&#233;cifique et &#224; court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cela fait-il qu'une puissance dont l'h&#233;g&#233;monie fut indubitable dans le syst&#232;me-monde, et qui continue d'&#234;tre aujourd'hui la plus forte puissance militaire, est arriv&#233;e &#224; cet &#233;tat lamentable ? Pourquoi l'invective t-on ou du moins lui reproche t&#8211;on avec s&#233;v&#233;rit&#233;, non seulement la gauche mondiale mais la droite &#8211; y compris les forces qui se situent au centre dans un monde toujours plus polaris&#233;. La d&#233;cadence des &#201;tats-Unis n'ob&#233;it pas &#224; des erreurs dans sa politique, mais est structurelle &#8211; c'est-&#224;-dire, elle n'est pas en r&#233;alit&#233; sujette &#224; &#234;tre invers&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre est-il utile de retracer les moments successifs de l'&#233;rosion de son pouvoir r&#233;el. Les &#201;tats-Unis furent au sommet de leur pouvoir durant la p&#233;riode 1945-1970, quand ils ont impos&#233; leur volont&#233; sur la sc&#232;ne mondiale &#224; raison de 95% du temps et sur 95% des sujets, ce qui constitue ma d&#233;finition d'une v&#233;ritable h&#233;g&#233;monie. Cette position h&#233;g&#233;monique fut soutenue par la collusion de l'Union Sovi&#233;tique, qui maintenait un arrangement tacite avec les &#201;tats-Unis sur la division de zones d'influence, o&#249; il n'existait pas de menace de confrontation militaire entre les deux pays. C'est ce qu'on a appel&#233; la guerre froide, en insistant sur le terme &#171; froide &#187; et sur la possession d'armement nucl&#233;aire comme garantie &#171; d'une destruction mutuellement assur&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de la guerre froide n'&#233;tait pas l'asservissement du suppos&#233; ennemi id&#233;ologique, mais de maintenir bride courte ses propres satellites. Cet arrangement confortable fut menac&#233; pour la premi&#232;re fois par le manque de volont&#233; des mouvements (dans ce qu'alors on nommait le &#171; Tiers Monde &#187;), qui n'acceptaient pas de subir les aspects n&#233;gatifs de ce &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt;. Le Parti Communiste Chinois a d&#233;fi&#233; la directive de Staline de parvenir &#224; un arrangement avec le Kuomintang et au lieu de cela, a march&#233; sur Shanghai et a proclam&#233; la R&#233;publique Populaire. Le Viet Minh a d&#233;fi&#233; les accords de Gen&#232;ve et a insist&#233; pour marcher sur Saigon et unifier le pays sous son r&#233;gime. &lt;i&gt;Le Front de lib&#233;ration nationale&lt;/i&gt; alg&#233;rien a d&#233;fi&#233; la direction du Parti Communiste Fran&#231;ais de donner la priorit&#233; &#224; la lutte de classes en France et a lanc&#233; sa lutte pour l'ind&#233;pendance. Et les groupes de guerilleros cubains qui ont renvers&#233; la dictature de Batista ont forc&#233; l'Union sovi&#233;tique &#224; les aider &#224; se d&#233;fendre contre l'invasion US, apr&#232;s avoir arrach&#233; l'&#233;tiquette de Parti Communiste au groupe qui avait pactis&#233; avec Batista&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;chec US au Vi&#234;t-Nam fut le r&#233;sultat de l'&#233;norme manne du tr&#233;sor Us, d&#251; &#224; la guerre et l'opposition croissante interne &#224; la guerre de la part des jeunes conscrits des classes moyennes et de leurs familles, qui ont l&#233;gu&#233; une restriction permanente &#224; toute action future militaire US, ce qui est devenu le &#171; &lt;a href=&#034;https://es.wikipedia.org/wiki/S%C3%ADndrome_de_Vietnam&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Syndrome du Vi&#234;t-Nam&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution-monde de 1968 a &#233;t&#233; une r&#233;bellion mondiale non seulement contre l'h&#233;g&#233;monie US, mais aussi contre la collusion sovi&#233;tique avec les &#201;tats-Unis. C'&#233;tait aussi un rejet envers les partis de la vieille gauche (les partis Communistes, les social-d&#233;mocrate, les mouvements de lib&#233;ration nationale) sur la base que, bien qu'arriv&#233;s au pouvoir, ils n'avaient pas chang&#233; le monde comme ils le promettaient et sont devenus une partie du probl&#232;me et pas une partie de la solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous les pr&#233;sidences de Richard Nixon &#224; Bill Clinton (Ronald Reagan compris), les &#201;tats-Unis ont cherch&#233; &#224; diminuer le rythme de leur d&#233;cadence gr&#226;ce &#224; une triple politique. Ils ont invit&#233; leurs alli&#233;s les plus proches &#224; changer leur statut de satellite pour celui d'associ&#233;, &#224; condition de ne pas trop s'&#233;carter des politiques US. Ils ont chang&#233; le cap de l'&#233;conomie-monde, passant du d&#233;veloppement &#224; la demande d'une production orient&#233;e vers les exportations dans le sud global avec les directives n&#233;olib&#233;rales du &lt;i&gt;Consensus de Washington&lt;/i&gt;. Ils ont cherch&#233; &#224; freiner la cr&#233;ation d'autres puissances nucl&#233;aires, au-del&#224; des cinq membres permanents du &lt;i&gt;Conseil de S&#233;curit&#233;&lt;/i&gt;, en imposant &#224; tous les autres pays la fin des projets d'armement nucl&#233;aire, un trait&#233; qui n'a pas &#233;t&#233; sign&#233; et qui a &#233;t&#233; ignor&#233; par Isra&#235;l, l'Inde, le Pakistan et l'Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les efforts US ont &#233;t&#233; en partie un succ&#232;s. Ils ont frein&#233; le rythme de leur d&#233;cadence, mais ne l'ont pas invers&#233;. Quand &#224; la fin des ann&#233;es 80, l'Union Sovi&#233;tique a commenc&#233; &#224; s'effondrer, les &#201;tats-Unis, de fait, se sont inqui&#233;t&#233;s. Il ne s'agissait pas de gagner la guerre froide, mais de la poursuivre ind&#233;finiment. La cons&#233;quence la plus imm&#233;diate du collapse de l'Union Sovi&#233;tique fut l'invasion du Kowe&#239;t par l'Irak de Saddam Hussein. L'Union Sovi&#233;tique n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus l&#224; pour restreindre l'Irak, dans l'int&#233;r&#234;t des arrangements entre les &#201;tats-Unis et l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien que les &#201;tats-Unis aient gagn&#233; la guerre du Golfe, ils ont montr&#233; une faiblesse ult&#233;rieure dans le fait de ne pas avoir pu financer leur propre r&#244;le, mais ont &#233;t&#233; d&#233;pendant, &#224; 90% , de quatre pays : Le Kowe&#239;t, l'Arabie Saoudite, l'Allemagne et le Japon. La d&#233;cision du pr&#233;sident George H. le W. Bush de ne pas marcher sur Bagdad, mais de se contenter de la restauration de la souverainet&#233; kowe&#239;tie, a &#233;t&#233; sans doute sage, mais le fait que Saddam Hussein se maintienne au pouvoir, a &#233;t&#233; vu, par plusieurs, comme une humiliation pour les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point d'inflexion suivant fut l'arriv&#233;e au pouvoir de George W. Bush avec la bande d'interventionnistes n&#233;oconservateurs qui l'entouraient. Ce groupe s'est form&#233; suite &#224; l'attaque D'al Qaeda le 11 septembre pour justifier l'invasion de l'Irak en 2003, afin de renverser Saddam Hussein. Les interventionnistes ont vu cela comme une mani&#232;re de restaurer l'h&#233;g&#233;monie US en perte de vitesse dans le syst&#232;me-monde. Mais le coup de feu est parti par la culasse sous deux formes. Pour la premi&#232;re fois, les &#201;tats-Unis ont perdu un vote au Conseil de S&#233;curit&#233; des Nations Unies et la r&#233;sistance irakienne &#224; la pr&#233;sence US fut beaucoup plus ample et persistante que cela avait &#233;t&#233; pr&#233;vu. En somme, l'invasion a transform&#233; la d&#233;cadence lente en chute pr&#233;cipit&#233;e, ce qui nous am&#232;ne jusqu'aux efforts du r&#233;gime d'Obama pour lutter avec cette d&#233;cadence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison pour laquelle ni le pr&#233;sident Obama, ni aucun autre futur pr&#233;sident ne seront capables de l'inverser est que les &#201;tats-Unis ont &#233;t&#233; obstin&#233;s en n'acceptant pas la nouvelle r&#233;alit&#233;, ni en s'adaptant &#224; elle. Les &#201;tats-Unis continuent de batailler pour restaurer leur r&#244;le h&#233;g&#233;monique. Continuer avec ce travail impossible les pousse &#224; entreprendre les dites &#171; &lt;i&gt;politiques contradictoires&lt;/i&gt; &#187; au Moyen-Orient et dans d'autres parties du monde. Comme le canon libre, ils ont boug&#233; constamment d'une position &#224; une autre dans leur tentative de stabiliser le bateau du monde g&#233;opolitique. L'opinion publique US se d&#233;chire entre la gloire d'&#234;tre le &#171; &lt;i&gt;leader&lt;/i&gt; &#187; et le co&#251;t d'essayer de l'&#234;tre. L'opinion publique tangue constamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi d'autres pays et mouvements contemplent ce spectacle, ils ne font pas confiance aux politiques des &#201;tats-Unis et poursuivent chacun leurs propres priorit&#233;s. Le probl&#232;me pour le monde est que les canons libres provoquent la destruction, pour les coupables et pour le reste du monde. Et cela accroit le r&#244;le que joue la peur dans les actions ailleurs, ce qui augmente les dangers pour la survie du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Immanuel Wellerstein&lt;/strong&gt; para &#171; &lt;strong&gt;Fernand Braudel Center&lt;/strong&gt; &#187; de la Binghamton University&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Original&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.binghamton.edu/fbc/commentaries/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;U.S. Standing in the Middle East&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt; &#187;. Commentary No. 390, Dec. 1, 2014&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.binghamton.edu/fbc/commentaries/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Commentary No. 390&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. USA, Dec. 1, 2014&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'Espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/La-posicion-de-Estados-Unidos-de-America-en-Medio-Oriente&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de&lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;* &lt;strong&gt;Immanuel Wallerstein&lt;/strong&gt; est un sociologue US. Il travailla en outre comme directeur du centre Fernand Braudel pour l'&#201;tude de l'&#201;conomie, des Syst&#232;mes historiques et des Civilisations.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/La-position-des-Etats-Unis-d-Amerique-au-Moyen-Orient&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 6 d&#233;cembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;b&gt;&lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;. Bas&#233;e sur une &#339;uvre de &lt;b&gt;&lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034;rel=&#034;dct:source&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'OTAN, un danger pour la paix mondiale</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/L-OTAN-un-danger-pour-la-paix-mondiale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/L-OTAN-un-danger-pour-la-paix-mondiale</guid>
		<dc:date>2014-11-25T09:46:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Immanuel Wallerstein * </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La mythologie officielle dit qu'entre 1945 (ou 1946) et 1989 (ou 1991) les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique (US) et l'Union Sovi&#233;tique (URSS) se sont affront&#233;s continuellement &#8211; dans le domaine politique, militaire et, surtout, id&#233;ologique. C'est ce qu'on a appel&#233; la Guerre Froide. Si c'&#233;tait une guerre, le mot que nous devons souligner est froid, &#233;tant donn&#233; que ces deux puissances n'ont jamais &#233;t&#233; impliqu&#233;es dans une action militaire directe contre l'autre tout au long de cette p&#233;riode. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/OTAN" rel="directory"&gt;OTAN&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La mythologie officielle dit qu'entre 1945 (ou 1946) et 1989 (ou 1991) les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique (US) et l'Union Sovi&#233;tique (URSS) se sont affront&#233;s continuellement &#8211; dans le domaine politique, militaire et, surtout, id&#233;ologique. C'est ce qu'on a appel&#233; la &lt;i&gt;Guerre Froide&lt;/i&gt;. Si c'&#233;tait une guerre, le mot que nous devons souligner est &lt;i&gt;froid&lt;/i&gt;, &#233;tant donn&#233; que ces deux puissances n'ont jamais &#233;t&#233; impliqu&#233;es dans une action militaire directe contre l'autre tout au long de cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il y a eu quelques reflets institutionnels de cette &lt;i&gt;guerre froide&lt;/i&gt;. Pour chacun d'eux c'&#233;taient Etats-Unis d'Am&#233;rique, non l'URSS, qui a franchi le premier pas. En 1949, les trois pays qui occupaient l'Allemagne ont combin&#233; leurs zones pour cr&#233;er la &lt;i&gt;R&#233;publique F&#233;d&#233;rale d'Allemagne&lt;/i&gt; (RFA) comme &#201;tat. L'Union sovi&#233;tique a r&#233;pondu en remaniant sa zone comme &#233;tant la &lt;i&gt;R&#233;publique D&#233;mocratique Allemande&lt;/i&gt; (RDA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1949, l'OTAN a &#233;t&#233; fond&#233;e par 12 nations. Le 5 mai 1955, les trois puissances occidentales ont officiellement termin&#233; leur occupation de la RFA, reconnaissant &#224; celle-ci comme &#201;tat ind&#233;pendant. Quatre jours apr&#232;s, la RFA a &#233;t&#233; admise comme membre de l'OTAN. En r&#233;ponse, l'URSS a cr&#233;e &lt;i&gt;l'Organisation du Trait&#233; de Varsovie&lt;/i&gt; (OTV) et elle a inclus la RDA comme l'un de ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On supposait que le trait&#233; &#233;tabli par l'OTAN s'appliquerait uniquement au sein de l'Europe. La raison en &#233;tait que les pays de l'Europe occidentale avaient encore des colonies en dehors de l'Europe et ne d&#233;siraient permettre qu'aucune agence e&#251;t l'autorit&#233; d'interf&#233;rer sur leurs d&#233;cisions politiques quant &#224; ces colonies. Les moments de confrontation apparemment tendue entre les deux factions &#8211; le blocus de Berlin, la crise cubaine des missiles &#8211; tous ont fini par un r&#233;sultat maintenant le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; pr&#233;dominant. L'invocation la plus importante des trait&#233;s pour &#234;tre impliqu&#233; dans des actions militaires fut celle de l'URSS qui exigeait d'agir dans sa propre zone contre les &#233;v&#233;nements qui semblaient dangereux pour l'URSS &#8211; la Hongrie en 1956, la Tch&#233;coslovaquie en 1968, la Pologne en 1981. Les &#201;tats-Unis sont politiquement intervenus sous des circonstances similaires, comme quand est survenue l'entr&#233;e potentielle au gouvernement italien du Parti Communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rapide d&#233;compte souligne l'objectif r&#233;el de la &lt;i&gt;guerre froide&lt;/i&gt;. Ce n'&#233;tait pas l'intention de transformer les r&#233;alit&#233;s politiques de l'autre c&#244;t&#233; (except&#233; dans un moment tr&#232;s &#233;loign&#233; dans le futur). La &lt;i&gt;guerre froide&lt;/i&gt; &#233;tait un m&#233;canisme pour que chaque faction maintienne sous contr&#244;le ses satellites, tandis que se maintenait un accord de fait des deux puissances pour diviser la plan&#232;te &#224; long terme en deux sph&#232;res, un tiers pour l'URSS et deux tiers pour les &#201;tats-Unis. La priorit&#233; fut mise pour que chaque c&#244;t&#233; garantisse la non utilisation de la force militaire (en particulier des armes nucl&#233;aires) contre l'autre. Ce qui a &#233;t&#233; connu comme la garantie contre &#171; la destruction mutuellement assur&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collapsus de l'URSS en deux &#233;tapes &#8211; le retrait de l'Europe orientale en 1989 et la dissolution formelle de l'URSS en 1991&#8211;, en th&#233;orie devait &#234;tre la fin de la fonction de l'OTAN. En fait, c'est bien connu que quand le pr&#233;sident Mikhail Gorbachev, de l'URSS, a acc&#233;d&#233; &#224; incorporer la RDA &#224; la RFA, la promesse lui a &#233;t&#233; faite qu'il n'y aurait pas l'int&#233;gration des &#201;tats de &lt;i&gt;Trait&#233; de Varsovie&lt;/i&gt; dans l'OTAN. Cette promesse a &#233;t&#233; viol&#233;e. Et en revanche l'OTAN a compl&#232;tement assum&#233; un nouveau r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1991 l'OTAN s'est attribu&#233; &#224; lui-m&#234;me un r&#244;le de police mondiale, pour toute chose qui n&#233;cessitait des solutions politiques adapt&#233;es pour les probl&#232;mes du monde. Le premier effort important de ce type est arriv&#233; dans le conflit Kosovo-Serbie, o&#249; le gouvernement US a mis tout son poids dans l'&#233;tablissement de l'&#201;tat du Kosovo et un changement de r&#233;gime en Serbie. Cela a &#233;t&#233; suivi d'autres efforts &#8211; en Afghanistan en 2001 pour expulser les talibans, en Irak en 2003 pour changer le r&#233;gime de Bagdad, en 2014 pour combattre l'&#201;tat Islamique (ISIS), en Irak et en Syrie, et en 2013-2014 pour appuyer les dites forces pro occidentales en Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un fait qu'utiliser l'OTAN s'est av&#233;r&#233; difficile pour les Etats-Unis d'Am&#233;rique. Par diff&#233;rentes raisons il y a eu quelques r&#233;pugnances des membres de l'OTAN autour des actions entreprises. Et une autre raison fut que, quand l'OTAN a &#233;t&#233; impliqu&#233; formellement, comme au Kosovo, les militaires US se sont sentis limit&#233;s par la lenteur de la prise de d&#233;cision politique autour des actions militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pourquoi entreprendre l'expansion de l'OTAN au lieu de sa dissolution ? Cela a eu &#224; voir de nouveau avec la politique int&#233;rieure de l'Europe et avec le d&#233;sir des Etats-Unis d'Am&#233;rique de contr&#244;ler ses alli&#233;s suppos&#233;s. C'&#233;tait sous le r&#233;gime de Bush que le secr&#233;taire de l'&#233;poque de la D&#233;fense, Donald Rumsfeld, parlait d'une vieille et d'une nouvelle Europe. Pour la vieille Europe il se r&#233;f&#233;rait notamment &#224; la r&#233;pugnance fran&#231;aise et allemande &#224; &#234;tre d'accord avec les strat&#233;gies US. Il voyait que les pays de l'Europe occidentale rel&#226;chaient leurs liens avec les US. Sa perception &#233;tait, en fait, correcte. En r&#233;ponse, les US ont choisi de couper les ailes aux Europ&#233;ens occidentaux en introduisant les &#201;tats de l'Europe orientale dans l'OTAN, que les US consid&#233;raient comme des alli&#233;s de plus de confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit autour de l'Ukraine &#233;claire le danger de l'OTAN. Les &#201;tats-Unis ont cherch&#233; &#224; cr&#233;er de nouvelles structures militaires, en pointant &#233;videmment la Russie, sous l'excuse qu'elles &#233;taient pens&#233;es pour une hypoth&#233;tique menace iranienne. Ils ont avanc&#233; le conflit ukrainien, ont r&#233;habilit&#233; le langage de la &lt;i&gt;guerre froide&lt;/i&gt;. Les &#201;tats-Unis utilisent l'OTAN pour faire pression sur les pays de l'Europe occidentale pour qu'ils soient d'accord avec des actions anti-russes. Et au sein des &#201;tats-Unis, le pr&#233;sident Barack Obama est sous une forte pression pour bouger &#171; fortement &#187; contre dite menace russe &#224; l'Ukraine. Cela se combine avec l'&#233;norme hostilit&#233; au sein du Congr&#232;s US devant tout accord avec les iraniens au sujet du d&#233;veloppement nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces qui aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique et en Europe occidentale cherchent &#224; &#233;viter la folie militaire p&#233;rilleuse, courent le risque d'&#234;tre d&#233;pass&#233;es par ceux qu'on peut seulement appeler le parti de la guerre. L'OTAN et ce qu'il symbolise aujourd'hui repr&#233;sente un danger s&#233;v&#232;re, puisqu'il renferme la demande des pays occidentaux d'interf&#233;rer o&#249; que ce soit au nom des interpr&#233;tations occidentales des r&#233;alit&#233;s g&#233;opolitiques. Cela peut seulement conduire &#224; des conflits ult&#233;rieurs hautement dangereux. Renoncer &#224; l'OTAN comme structure serait le premier pas vers la sant&#233; mentale et la survie du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Immanuel Wallerstein&lt;/strong&gt; pour la Binghamton University.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Original&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.binghamton.edu/fbc/commentaries/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;NATO : Danger to World Peace&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#187;. Commentary No. 389, November 15, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.binghamton.edu/fbc/commentaries/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Commentary No. 389&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, November 15, 2014&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;* &lt;strong&gt;Immanuel Wallerstein&lt;/strong&gt; est un sociologue US. Il travailla en outre comme directeur du centre Fernand Braudel pour l'&#201;tude de l'&#201;conomie, des Syst&#232;mes historiques et des Civilisations.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/OTAN-peligro-para-la-paz-mundial&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de&lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/OTAN-peligro-para-la-paz-mundial&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 25 novembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les cons&#233;quences du d&#233;clin Usamericain</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Les-consequences-du-declin-Usamericain</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Les-consequences-du-declin-Usamericain</guid>
		<dc:date>2014-03-31T12:36:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Immanuel Wallerstein * </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'ai longtemps soutenu que le d&#233;clin des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique en tant que puissance h&#233;g&#233;monique avait commenc&#233; aux alentours de 1970, et que ce processus lent s'&#233;tait acc&#233;l&#233;r&#233; sous la pr&#233;sidence de George W. Bush. Mes premiers &#233;crits sur le sujet remontent &#224; 1980 ou &#224; peu pr&#232;s. A l'&#233;poque, cette th&#232;se &#233;tait jug&#233;e absurde dans tous les camps politiques. Dans les ann&#233;es 1990, on croyait que les US avaient atteint le fa&#238;te de la domination unipolaire, et ce, encore une fois, quelle que soit (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai longtemps soutenu que le d&#233;clin des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique en tant que puissance h&#233;g&#233;monique avait commenc&#233; aux alentours de 1970, et que ce processus lent s'&#233;tait acc&#233;l&#233;r&#233; sous la pr&#233;sidence de George W. Bush. Mes premiers &#233;crits sur le sujet remontent &#224; 1980 ou &#224; peu pr&#232;s. A l'&#233;poque, cette th&#232;se &#233;tait jug&#233;e absurde dans tous les camps politiques. Dans les ann&#233;es 1990, on croyait que les US avaient atteint le fa&#238;te de la domination unipolaire, et ce, encore une fois, quelle que soit son appartenance politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, apr&#232;s l'&#233;clatement de la bulle financi&#232;re en 2008, l'opinion des responsables politiques, des experts et du public en g&#233;n&#233;ral a &#233;volu&#233;. Aujourd'hui, la plupart des gens (mais pas tout le monde) reconna&#238;t qu'il y a un bien un d&#233;clin, ne serait-ce que relatif, du pouvoir, du prestige et de l'influence des USA. A l'int&#233;rieur du pays, on accepte l'id&#233;e avec beaucoup de r&#233;ticence. Les dirigeants politiques et les experts rivalisent d'id&#233;es sur la fa&#231;on d'enrayer ce d&#233;clin. Je pense pour ma part qu'il est irr&#233;versible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie question est en r&#233;alit&#233; la suivante : quelles sont les cons&#233;quences du d&#233;clin am&#233;ricain ? Il y a d'abord un affaiblissement manifeste de la capacit&#233; des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique &#224; ma&#238;triser la situation mondiale, ainsi qu'une perte de confiance de leurs alli&#233;s autrefois les plus proches en leur comportement. Le mois dernier, gr&#226;ce aux informations r&#233;v&#233;l&#233;es par Edward Snowden, l'on a appris que l'agence de s&#233;curit&#233; nationale us (la NSA) avait directement espionn&#233; les plus hauts dirigeants &#8211; entre autres &#8211; de l'Allemagne, de la France, du Mexique et du Br&#233;sil (ainsi, bien s&#251;r, qu'un tr&#232;s grand nombre de citoyens de ces pays).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on peut &#234;tre s&#251;r que les USA faisaient d&#233;j&#224; la m&#234;me chose en 1950. La diff&#233;rence est que, &#224; l'&#233;poque, aucun de ces pays n'auraient os&#233; exprimer sa col&#232;re en public et exig&#233; des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique qu'ils mettent fin &#224; leurs activit&#233;s. S'ils peuvent le faire aujourd'hui, c'est que les USA ont davantage besoin d'eux que l'inverse. Leurs dirigeants actuels savent que les USA n'ont d'autre choix que de promettre, comme vient de le faire le pr&#233;sident Obama, de cesser leurs pratiques d'espionnage (m&#234;me s'ils n'en ont aucunement l'intention). Ils savent &#233;galement tr&#232;s bien que tordre ainsi le nez aux USA, loin d'affaiblir leur position politique int&#233;rieure, la renforcera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il arrive aux m&#233;dias US de s'int&#233;resser au d&#233;clin du pays, l'attention se porte surtout sur la Chine, vue comme le possible h&#233;g&#233;monie de substitution. Mais on passe l&#224; aussi &#224; c&#244;t&#233; de l'essentiel. Certes, la Chine est sans aucun doute un pays dont la force g&#233;opolitique s'accro&#238;t. Mais acc&#233;der au statut de puissance h&#233;g&#233;monique demande du temps et beaucoup d'efforts. Un demi-si&#232;cle au moins est g&#233;n&#233;ralement n&#233;cessaire pour qu'un pays puisse &#234;tre en position d'exercer un pouvoir h&#233;g&#233;monique. C'est une longue p&#233;riode, durant laquelle beaucoup de choses peuvent arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'imm&#233;diat, aucun successeur ne peut pr&#233;tendre occuper la place des USA. Ce qui se produit quand l'affaiblissement de la puissance autrefois h&#233;g&#233;monique se r&#233;v&#232;le pleinement aux autres pays, c'est que l'ordre relatif du syst&#232;me-monde laisse la place &#224; une lutte confuse entre plusieurs p&#244;les de puissance, dans laquelle personne ne ma&#238;trise la situation. Les USA restent certes un g&#233;ant, mais un g&#233;ant aux pieds d'argile. Ils disposent encore, pour le moment, de l'arm&#233;e la plus puissante, mais ils s'av&#232;rent incapables d'en faire bon usage. Ils ont voulu r&#233;duire leurs risques militaires en privil&#233;giant la guerre des drones &#8211; une strat&#233;gie que l'ancien secr&#233;taire &#224; la d&#233;fense Robert Gates a r&#233;cemment jug&#233;e totalement irr&#233;aliste. Comme il l'a rappel&#233;, les guerres se gagnent avant tout au sol. Parall&#232;lement, le pr&#233;sident am&#233;ricain est sous tr&#232;s forte pression de ses pairs et de l'opinion publique pour ne pas envoyer de nouvelles troupes sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les situations de confusion g&#233;opolitique g&#233;n&#232;rent une tr&#232;s grande anxi&#233;t&#233; chez tous les acteurs et peuvent donner &#224; la folie destructive l'occasion de se d&#233;cha&#238;ner. Les &#201;tats-Unis, par exemple, sont sans doute incapables aujourd'hui de gagner une guerre, mais ils peuvent encore par leur imprudence s'infliger et infliger aux autres d'immenses d&#233;g&#226;ts. Toutes leurs initiatives au Moyen-Orient tournent &#224; l'&#233;chec. Plus aucun des acteurs importants de la r&#233;gion (et je dis bien aucun) ne leur embo&#238;tent le pas. Le constat vaut pour l'Egypte, Isra&#235;l, la Turquie, la Syrie, l'Arabie saoudite, l'Iraq, l'Iran et le Pakistan (sans m&#234;me parler de la Russie et de la Chine). Les dilemmes strat&#233;giques que cette situation pose aux &#201;tats-Unis ont &#233;t&#233; rapport&#233;s en grand d&#233;tail dans le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;. Les d&#233;bats au sein de l'administration Obama ont d&#233;bouch&#233; sur un compromis tr&#232;s ambigu, o&#249; le pr&#233;sident est apparu h&#233;sitant et incapable d'imposer ses vues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, il n'y a que deux &#233;v&#233;nements dont on est &#224; peu pr&#232;s s&#251;r qu'ils vont se produire dans la prochaine d&#233;cennie. Le premier est la fin du dollar comme principale monnaie d'&#233;change et de r&#233;serve. Quand cet &#233;v&#233;nement aura lieu, les &#201;tats-Unis auront bien du mal &#224; d&#233;fendre le montant de leur budget et &#224; financer leur &#233;conomie. Le second est la baisse, probablement importante, du niveau vie relatif des citoyens am&#233;ricains et des r&#233;sidents du pays. Les cons&#233;quences politiques qui ont r&#233;sulteront, bien que difficiles &#224; pr&#233;voir pr&#233;cis&#233;ment, seront loin d'&#234;tres minimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Immanuel Wallerstein&lt;/strong&gt; pour Commentary No. 364, November 1, 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Original&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;a href='https://www.elcorreo.eu.org/http}}:/www2.binghamton.edu/fbc/commentaries/archive-2013/364en.htm'&gt;&lt;strong&gt;Consequences of U.S. Decline&lt;/a&gt; &#187; Commentary No. 364, November 1, 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'anglais para &lt;/strong&gt; : &lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/Les-consequences-du-declin&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Medelu&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/Les-consequences-du-declin&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Medelu&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, 10 d&#233;c&#233;mbre 2013&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;sordres plan&#233;taires dans le &#171; System Monde &#187; &#224; moyen terme </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Desordres-planetaires-dans-le-System-Monde-a-moyen-terme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Desordres-planetaires-dans-le-System-Monde-a-moyen-terme</guid>
		<dc:date>2013-01-12T17:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Immanuel Wallerstein * </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Faire des pr&#233;visions de court terme (c'est-&#224;-dire &#224; un ou deux ans) rel&#232;ve de la gageure, tant sont nombreuses les incertitudes du monde contemporain et ses perturbations politiques, &#233;conomiques et culturelles. On peut toutefois tenter de faire des hypoth&#232;ses plausibles &#224; moyen terme (une d&#233;cennie ou plus), en combinant un cadre th&#233;orique op&#233;rationnel &#224; une solide analyse empirique des &#233;volutions et contraintes existantes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que sait-on du syst&#232;me-monde dans lequel nous vivons ? En premier (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faire des pr&#233;visions de court terme (c'est-&#224;-dire &#224; un ou deux ans) rel&#232;ve de la gageure, tant sont nombreuses les incertitudes du monde contemporain et ses perturbations politiques, &#233;conomiques et culturelles. On peut toutefois tenter de faire des hypoth&#232;ses plausibles &#224; moyen terme (une d&#233;cennie ou plus), en combinant un cadre th&#233;orique op&#233;rationnel &#224; une solide analyse empirique des &#233;volutions et contraintes existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que sait-on du syst&#232;me-monde dans lequel nous vivons ? En premier lieu, qu'il s'agit d'une &#233;conomie-monde capitaliste, dont le principe de base est l'accumulation incessante du capital. En deuxi&#232;me lieu, qu'il s'agit d'un syst&#232;me inscrit dans l'histoire et qui, comme tout syst&#232;me, a une vie &#8211; cela est vrai de l'univers dans sa totalit&#233; jusqu'au plus minuscule des nano-syst&#232;mes. Ce syst&#232;me na&#238;t et vit sa vie &#171; normale &#187;, conform&#233;ment aux r&#232;gles et aux structures dont il s'est dot&#233;, puis, &#224; un moment donn&#233;, il s'&#233;loigne trop de son point d'&#233;quilibre et entre alors dans une crise structurelle. Enfin, en troisi&#232;me lieu, nous savons que le syst&#232;me-monde actuel est un syst&#232;me polarisant dans lequel le foss&#233; entre les Etats et au sein des Etats ne cesse d'augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes actuellement en plein dans une crise de ce type, et ce depuis une quarantaine d'ann&#233;es. Cela devrait continuer encore vingt &#224; quarante ans. C'est en moyenne le temps que dure une crise structurelle dans un syst&#232;me social historique. Lors d'une telle crise, le syst&#232;me bifurque : deux voies se pr&#233;sentent alors pour mettre fin &#224; la crise, et un &#171; choix &#187; collectif se manifeste en faveur de l'une ou de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une crise structurelle se caract&#233;rise essentiellement par une s&#233;rie de fluctuations chaotiques et violentes qui affectent tous les domaines &#8211; les march&#233;s, les alliances g&#233;opolitiques, la stabilit&#233; des fronti&#232;res &#233;tatiques, l'emploi, les dettes, les imp&#244;ts. L'incertitude, y compris &#224; court terme, devient chronique. Et l'incertitude tend &#224; bloquer les prises de d&#233;cision &#233;conomiques, ce qui a pour cons&#233;quence d'aggraver encore la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A moyen terme, on peut faire plusieurs anticipations. Beaucoup d'Etats sont pris en &#233;tau &#8211; et vont continuer &#224; l'&#234;tre &#8211; entre des revenus en baisse et des d&#233;penses en hausse. La plupart r&#233;agissent en diminuant les d&#233;penses. Et ce, de deux fa&#231;ons. La premi&#232;re consiste &#224; r&#233;duire fortement (voire &#224; &#233;liminer) les nombreux dispositifs de protection sociale mis en place au fil du temps pour aider les gens ordinaires &#224; faire face aux al&#233;as de la vie. La seconde est de diminuer les transferts financiers des Etats en direction des entit&#233;s subordonn&#233;es &#8211; Etats f&#233;d&#233;r&#233;s dans le cas d'une f&#233;d&#233;ration, et collectivit&#233;s territoriales. Cela toutefois ne fait que reporter sur ces entit&#233;s subordonn&#233;es la n&#233;cessit&#233; d'augmenter les imp&#244;ts : si celles-ci estiment impossible de le faire, elles courent &#224; la faillite, mena&#231;ant par l&#224; m&#234;me l'existence d'autres protections sociales (notamment les retraites).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation a sur les Etats un effet imm&#233;diat. D'une part, ils s'en trouvent affaiblis, au moment o&#249; se multiplient les mouvements s&#233;cessionnistes dans des r&#233;gions qui, d'un point de vue &#233;conomique, jugent pr&#233;f&#233;rable l'ind&#233;pendance. Mais, dans le m&#234;me temps, les Etats apparaissent plus importants que jamais, les populations r&#233;clamant aupr&#232;s d'eux des politiques protectionnistes (&#171; prot&#233;ger mes emplois, pas les v&#244;tres &#187;). Les fronti&#232;res &#233;tatiques ont toujours boug&#233;, mais elles sont vou&#233;es &#224; bouger plus encore aujourd'hui. Parall&#232;lement, les nouvelles organisations r&#233;gionales qui regroupent des Etats d&#233;j&#224; existants (ou leurs entit&#233;s infra-&#233;tatiques) &#8211; comme l'Union europ&#233;enne (UE) et l'Union des nations sud-am&#233;ricaines (Unasur) &#8211; vont continuer &#224; prosp&#233;rer et &#224; jouer un r&#244;le g&#233;opolitique grandissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations entre les divers p&#244;les de puissance g&#233;opolitique vont conna&#238;tre une plus grande instabilit&#233;, dans la mesure o&#249; aucun de ces p&#244;les ne sera plus en mesure de dicter les r&#232;gles du jeu international. Les Etats-Unis sont d&#233;sormais un ancien colosse h&#233;g&#233;monique aux pieds d'argile, toujours assez puissant toutefois pour provoquer des d&#233;g&#226;ts par ses errements. La Chine semble jouir d'une position plus assur&#233;e en tant qu'&#233;conomie &#233;mergente, mais elle est moins forte qu'elle-m&#234;me et les autres le croient. L'Europe occidentale et la Russie vont se rapprocher, mais jusqu'&#224; quel point ? Voil&#224; la grande question inscrite &#224; l'ordre du jour d'un c&#244;t&#233; comme de l'autre. Quant &#224; l'Inde, la fa&#231;on dont elle compte utiliser ses cartes est loin d'&#234;tre d&#233;cid&#233;e. Tout cela conduit au fait que lorsqu'une une guerre civile &#233;clate comme en Syrie actuellement, les actions des intervenants ext&#233;rieurs s'annulent mutuellement, et les conflits internes se transforment irr&#233;sistiblement en affrontements fratricides entre groupes identitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me permettrai de r&#233;p&#233;ter ici la position qui est la mienne depuis longtemps. D'ici dix ans, nous aurons &#233;t&#233; les t&#233;moins de recompositions de grande ampleur. L'une sera la cr&#233;ation d'une structure conf&#233;d&#233;rale qui regroupera le Japon, la Chine (r&#233;unifi&#233;e) et la Cor&#233;e (r&#233;unifi&#233;e). La deuxi&#232;me sera l'alliance g&#233;opolitique entre cette structure conf&#233;d&#233;rale et les Etats-Unis. La troisi&#232;me, une alliance de fait entre l'Union europ&#233;enne et la Russie. La quatri&#232;me, une prolif&#233;ration nucl&#233;aire &#224; grande &#233;chelle. La cinqui&#232;me, un protectionnisme g&#233;n&#233;ralis&#233;. La sixi&#232;me, une d&#233;flation g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; l'&#233;chelle du monde, qui prendra la forme soit d'une r&#233;duction nominale des prix, soit d'une inflation galopante, les cons&#233;quences de l'une ou de l'autre &#233;tant les m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le plus grand nombre, ces perspectives sont, naturellement, loin d'&#234;tre r&#233;jouissantes. Le ch&#244;mage dans le monde va augmenter, et non baisser. Les gens ordinaires vont payer un tr&#232;s lourd tribut. Toutefois, les populations ont d&#233;j&#224; manifest&#233; leur volont&#233; de riposte sous de multiples formes, et cette r&#233;sistance populaire va aller croissant. Nous allons conna&#238;tre une grande bataille politique dont l'enjeu sera l'avenir du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nantis d'aujourd'hui ne vont pas rester les bras crois&#233;s. Ils vont vite comprendre que leur avenir n'est pas garanti dans le cadre du syst&#232;me capitaliste existant. Ils vont donc s'efforcer de mettre en place un autre syst&#232;me, fond&#233; non plus sur le r&#244;le central du march&#233;, mais sur une combinaison de force brute et de ruse. Leur principal objectif sera de veiller &#224; ce que le nouveau syst&#232;me garantisse la p&#233;rennit&#233; des trois grandes caract&#233;ristiques du syst&#232;me actuel : hi&#233;rarchie, exploitation et polarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En face, dans le monde entier, des mouvements populaires vont chercher &#224; forger un nouveau syst&#232;me historique, relativement d&#233;mocratique et &#233;galitaire - un type de syst&#232;me qui n'a jamais exist&#233;. Il est quasiment impossible de pr&#233;dire le type d'institutions que le monde va engendrer dans ce cadre. Nous en saurons plus sur un tel syst&#232;me au fil de sa construction dans les d&#233;cennies &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui l'emportera dans cette bataille ? Nul ne peut le dire. Ce sera le r&#233;sultat d'une infinit&#233; de nano-actions par une infinit&#233; de nano-acteurs lors d'une infinit&#233; de nano-moments. A un moment donn&#233;, la tension fera basculer d&#233;finitivement la balance en faveur de l'une des deux solutions alternatives. De l&#224; na&#238;t l'esp&#233;rance. Ce que chacun de nous fait &#224; chaque instant sur chaque question concr&#232;te a son importance. Certains parlent d'&#171; effet papillon &#187; : le battement d'aile d'un papillon peut provoquer une tornade &#224; l'autre bout de la plan&#232;te. En ce sens, aujourd'hui, nous sommes tous de petits papillons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Immanuel Wallerstein&lt;/strong&gt; pour le&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Original :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction&lt;/strong&gt; : TL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaire n&#176; 344, 1er janvier 2013&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Sociologue, chercheur &#224; l'universit&#233; de Yale&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www2.binghamton.edu/fbc/commentaries/archive-2013/346en.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www2.binghamton.edu/fbc/commentaries/archive-2013/346en.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La politique &#233;trang&#232;re des Etats-Unis et l'opinion publique &#233;tatsunienne</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/La-politique-etrangere-des-Etats-Unis-et-l-opinion-publique-etatsunienne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/La-politique-etrangere-des-Etats-Unis-et-l-opinion-publique-etatsunienne</guid>
		<dc:date>2012-10-27T21:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Immanuel Wallerstein * </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Avec les &#233;lections qui approchent, la politique &#233;trang&#232;re des Etats-Unis est en train de s'immiscer parmi les sujets de la campagne pr&#233;sidentielle. Ce n'est un secret pour personne qu'au cours des cinquante derni&#232;res ann&#233;es, cette politique a &#233;t&#233; marqu&#233;e par une certaine coh&#233;rence de long terme. Les divergences internes les plus violentes se sont exprim&#233;es &#224; l'&#233;poque de la pr&#233;sidence de George W. Bush quand celui-ci se lan&#231;a dans une tentative &#171; supermacho &#187;, d&#233;lib&#233;r&#233;ment unilat&#233;rale, de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Gringoland-USA" rel="directory"&gt;&#171; Gringoland &#187; (USA) &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec les &#233;lections qui approchent, la politique &#233;trang&#232;re des Etats-Unis est en train de s'immiscer parmi les sujets de la campagne pr&#233;sidentielle. Ce n'est un secret pour personne qu'au cours des cinquante derni&#232;res ann&#233;es, cette politique a &#233;t&#233; marqu&#233;e par une certaine coh&#233;rence de long terme. Les divergences internes les plus violentes se sont exprim&#233;es &#224; l'&#233;poque de la pr&#233;sidence de George W. Bush quand celui-ci se lan&#231;a dans une tentative &#171; supermacho &#187;, d&#233;lib&#233;r&#233;ment unilat&#233;rale, de restaurer la domination &#233;tatsunienne sur le monde en envahissant l'Afghanistan et l'Irak.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En mobilisant la puissance militaire de leur pays, Bush et les n&#233;oconservateurs esp&#233;raient intimider le monde entier et changer des r&#233;gimes qu'ils jugeaient inamicaux. Ce qui semble acquis aujourd'hui, c'est que leur politique n'a pas atteint son objectif. Au lieu d'intimider, cette politique a transform&#233; le lent d&#233;clin de la puissance &#233;tatsunienne en d&#233;clin pr&#233;cipit&#233;. En 2008, Barack Obama s'est pr&#233;sent&#233; sur un programme visant &#224; rompre avec cette politique. En 2012, il affirme avoir rempli cette promesse et avoir par cons&#233;quent r&#233;par&#233; les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par les n&#233;oconservateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais a-t-il vraiment r&#233;par&#233; ces d&#233;g&#226;ts ? Pouvait-il le faire ? J'en doute. Mon propos, toutefois, n'est pas de me prononcer ici sur le succ&#232;s ou l'&#233;chec de la politique &#233;trang&#232;re actuelle des Etats-Unis. Je souhaite plut&#244;t aborder la question de ce que la population en pense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les incertitudes et le manque de clart&#233; sont actuellement le fait le plus marquant aux yeux de l'opinion publique &#233;tatsunienne s'agissant de la politique &#233;trang&#232;re de leur pays. De r&#233;cents sondages indiquent que pour la premi&#232;re fois, une majorit&#233; de la population estime que les interventions militaires de Bush au Moyen-Orient ont constitu&#233; une erreur. Les sond&#233;s semblent consid&#233;rer que ces derni&#232;res ont exig&#233; de trop importantes d&#233;penses financi&#232;res et de trop grosses pertes en vies &#233;tatsuniennes au regard des r&#233;sultats n&#233;gatifs obtenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur perception est que le gouvernement irakien est plus proche du gouvernement iranien que des Etats-Unis, que le gouvernement afghan se trouve sur un sol tr&#232;s instable et que son arm&#233;e est infiltr&#233;e en nombre par des sympathisants talibans n'h&#233;sitant pas &#224; abattre les soldats &#233;tatsuniens avec lesquels ils travaillent. Si les sond&#233;s veulent que les troupes de leur pays quittent l'Afghanistan en 2014 comme promis, ils n'en sont pas convaincus pour autant qu'une fois ce retrait devenu effectif, le gouvernement en place sera stable et amical vis-&#224;-vis des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est significatif que dans le d&#233;bat t&#233;l&#233;vis&#233; opposant les deux candidats &#224; la vice-pr&#233;sidence, le d&#233;mocrate Joe Biden ait affirm&#233; avec force qu'aucun soldat &#233;tatsunien ne serait envoy&#233; en Iran. Et que Paul Ryan ait d&#233;clar&#233; que personne dans son camp n'envisageait cette perspective. Peu importe qu'ils aient, l'un comme l'autre, exprim&#233; ou non leur v&#233;ritable position sur le sujet. La chose &#224; relever est que tous deux semblent estimer que le fait d'&#233;mettre la menace d'envoyer des troupes au sol risquerait d'avoir des cons&#233;quences n&#233;gatives sur les chances respectives de leur camp aupr&#232;s des &#233;lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc ? C'est justement bien la question. Ceux-l&#224; m&#234;me qui affirment que les interventions &#233;tatsuniennes furent une erreur ne sont pourtant en aucune fa&#231;on pr&#234;ts &#224; accepter l'id&#233;e que les Etats-Unis doivent cesser de maintenir, voire de d&#233;velopper l'&#233;tendue des forces militaires du pays. Le Congr&#232;s continue de voter pour le Pentagone des budgets plus importants que ce que celui-ci r&#233;clame lui-m&#234;me. Pour une part, cela s'explique par le souhait de certains l&#233;gislateurs de conserver des emplois li&#233;s aux forces arm&#233;es dans leurs circonscriptions. Mais cela est aussi le fruit du fait agissant du mythe de la superpuissance des Etats-Unis qui conserve une charge &#233;motionnelle tr&#232;s forte aupr&#232;s de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il en d&#233;duire que s'ouvre la perspective d'un isolationnisme insidieux ? Jusqu'&#224; un certain point, sans aucun doute. Il existe en effet &#224; la gauche de la gauche et &#224; la droite de la droite des &#233;lecteurs qui commencent &#224; donner de la voix sur la n&#233;cessit&#233; et le souhait d'une r&#233;duction des engagements militaires des Etats-Unis dans le reste du monde. Mais mon sentiment est que pour l'instant il ne s'agit pas, ou pas encore, de voix qui portent vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui pourrait s'av&#233;rer plus plausible, c'est une r&#233;vision lente et discr&#232;te, mais n&#233;anmoins tr&#232;s importante, de la fa&#231;on dont les Etatsuniens vivent leur relation avec un certain nombre d'alli&#233;s. Que les Etats-Unis se d&#233;tournent de l'Europe, quelle que soit la d&#233;finition de celle-ci, n'est pas quelque chose de nouveau. Pour eux, apr&#232;s tout ce qu'ils consid&#232;rent avoir consenti pour elle au cours des soixante-dix derni&#232;res ann&#233;es, militairement et &#233;conomiquement, l'Europe est tenue pour &#171; ingrate &#187;. Pour beaucoup de citoyens &#233;tatsuniens, l'Europe ne semble pas dispos&#233;e &#224; soutenir la politique de leur pays. En Allemagne, mais pas seulement, des soldats &#233;tatsuniens sont d'ailleurs actuellement en cours de retrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, &#171; l'Europe &#187; constitue une cat&#233;gorie tr&#232;s large. L'Etatsunien de la rue porte-t-il un regard diff&#233;rent selon que l'on parle de l'Europe orientale (les ex-satellites sovi&#233;tiques) ou de la Grande-Bretagne avec laquelle les Etats-Unis sont suppos&#233;s entretenir une &#171; relation sp&#233;ciale &#187; ? Celle-ci est d'ailleurs davantage un poncif entretenu par les Britanniques plut&#244;t que par les Etatsuniens : les Etats-Unis r&#233;compensent la Grande-Bretagne quand elle suit la ligne, pas quand elle en d&#233;vie. Et l'Etatsunien moyen ne semble gu&#232;re au courant de cet engagement g&#233;opolitique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe orientale est diff&#233;rente. Les pressions ont &#233;t&#233; bien r&#233;elles de part et d'autre pour maintenir des relations &#233;troites. Du c&#244;t&#233; des Etats-Unis, il y a eu un v&#233;ritable int&#233;r&#234;t du gouvernement &#224; utiliser les liens avec l'Europe orientale pour contrer les tendances &#224; l'autonomisation clairement &#224; l'&#339;uvre en Europe occidentale. Et d'autres pressions allant dans le sens du d&#233;veloppement de ces liens ont &#233;t&#233; exerc&#233;es par les descendants d'immigr&#233;s de ces pays d'Europe centrale et orientale. N&#233;anmoins, l'Europe orientale commence &#224; ressentir les effets de la r&#233;duction de l'engagement militaire &#233;tatsunien, sur lequel elle peut donc moins compter. Cette r&#233;gion commence &#233;galement &#224; comprendre que ses liens &#233;conomiques avec l'Europe occidentale, et l'Allemagne en particulier, deviennent pr&#233;&#233;minents pour elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antagonisme avec le Mexique, li&#233; &#224; la question des migrants sans-papiers, joue d&#233;sormais un r&#244;le important dans la politique des Etats-Unis et a min&#233; les liens &#233;conomiques th&#233;oriquement &#233;troits entre ces deux pays. Quant au reste de l'Am&#233;rique latine, les prises de position g&#233;opolitiques marqu&#233;es par une ind&#233;pendance toujours plus affirm&#233;e ont &#233;t&#233; source de frustrations pour le gouvernement &#233;tatsunien et source d'impatience au sein de l'opinion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de l'Asie, les campagnes &#171; anti-chinoises &#187; aux Etats-Unis deviennent un jeu de plus en plus populaire, malgr&#233; tous les efforts des gouvernements (qu'ils soient d&#233;mocrates ou r&#233;publicains) pour les contenir. Les Etats-Unis refusent certains investissements d'entreprises chinoises que m&#234;me la Grande-Bretagne accueille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, pour finir, qu'en est il avec le Moyen-Orient, cette r&#233;gion situ&#233;e au c&#339;ur des pr&#233;occupations &#233;tatsuniennes ? Actuellement, la priorit&#233; est l'Iran. Et comme avec l'Am&#233;rique latine, le gouvernement para&#238;t frustr&#233; par le nombre limit&#233; d'options qui s'offrent &#224; lui. La pression exerc&#233;e par Isra&#235;l pour qu'il fasse plus ne s'est jamais rel&#226;ch&#233;e, m&#234;me si personne n'est compl&#232;tement certain de ce que &#171; plus &#187; veut dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien &#224; Isra&#235;l de toutes les fa&#231;ons possibles a constitu&#233; une pi&#232;ce ma&#238;tresse de la politique &#233;trang&#232;re des Etats-Unis depuis au moins 1967, voire plus. Rares sont ceux qui osent remettre en question cette politique. Mais ces quelques rares personnes commencent &#224; recevoir davantage d'appuis explicites de dirigeants militaires qui sugg&#232;rent que la politique d'Isra&#235;l est dangereuse pour les int&#233;r&#234;ts militaires &#233;tatsuniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soutien envahissant &#224; Isra&#235;l va-t-il se maintenir avec la m&#234;me vigueur dans les dix ou vingt ann&#233;es &#224; venir ? J'en doute. Isra&#235;l pourrait bien &#234;tre le dernier des engagements affectifs des Etats-Unis &#224; s'estomper. Il en sera ainsi presque assur&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2020 probablement, en 2030 certainement, la politique &#233;trang&#232;re des Etats-Unis aura commenc&#233; &#224; int&#233;grer cette r&#233;alit&#233; que ce pays n'est pas &#171; la &#187; superpuissance unique et omnipotente, mais simplement un centre de puissance g&#233;opolitique parmi quelques autres. Ce changement de perspective aura &#233;t&#233; encourag&#233; par l'&#233;volution de l'opinion des Etatsuniens ordinaires, qui continuent de se soucier davantage de leur propre bien-&#234;tre &#233;conomique que des probl&#232;mes qui existent au-del&#224; de leurs fronti&#232;res. Alors que le &#171; r&#234;ve am&#233;ricain &#187; attire de moins en moins de non-am&#233;ricains, il prend aux Etats-Unis un tour introspectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Immanuel Wallerstein&lt;/strong&gt;, distribu&#233; par Agence Global. Pour tous droits et autorisations, y compris de traduction et de mise en ligne sur des sites non commerciaux, contacter : rights@agenceglobal.com, 1.336.686.9002 ou 1.336.286.6606. Le t&#233;l&#233;chargement ou l'envoi &#233;lectronique ou par courriel &#224; des tiers sont autoris&#233;s pourvu que le texte reste intact et que la note relative au copyright soit conserv&#233;e. Pour contacter l'auteur, &#233;crire &#224; : immanuel.wallerstein@yale.edu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces commentaires, bimensuels, sont des r&#233;flexions consacr&#233;es &#224; l'analyse de la sc&#232;ne mondiale contemporaine vue dans une perspective de long terme et non de court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Article original en anglais&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;a href=&#034;http://www.binghamton.edu/fbc/commentaries/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;U.S. Foreign Policy and American Public Opinion&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.binghamton.edu/fbc/commentaries/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Commentary 339&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. USA, 15 Octobre 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'anglais de&lt;/strong&gt; : &lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/La-politique-etrangere-des-Etats&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Medelu.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lutte des classes mondiale : la g&#233;ographie de la contestationImmanuel Wallerstein</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Lutte-des-classes-mondiale-la-geographie-de-la-contestationImmanuel-Wallerstein</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Lutte-des-classes-mondiale-la-geographie-de-la-contestationImmanuel-Wallerstein</guid>
		<dc:date>2012-06-09T21:24:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Immanuel Wallerstein * </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lorsque tout va bien et que l'&#233;conomie-monde se d&#233;veloppe par la production d'une nouvelle plus-value, la lutte des classes est tenue en respect. Non qu'elle disparaisse, mais tant que le ch&#244;mage reste &#224; un niveau bas et que les revenus r&#233;els des couches inf&#233;rieures augmentent, m&#234;me de fa&#231;on modeste, le compromis social est &#224; l'ordre du jour. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais lorsque l'&#233;conomie-monde entre en stagnation et que le taux de ch&#244;mage r&#233;el augmente consid&#233;rablement, la taille du g&#226;teau &#224; partager se r&#233;duit. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsque tout va bien et que l'&#233;conomie-monde se d&#233;veloppe par la production d'une nouvelle plus-value, la lutte des classes est tenue en respect. Non qu'elle disparaisse, mais tant que le ch&#244;mage reste &#224; un niveau bas et que les revenus r&#233;els des couches inf&#233;rieures augmentent, m&#234;me de fa&#231;on modeste, le compromis social est &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsque l'&#233;conomie-monde entre en stagnation et que le taux de ch&#244;mage r&#233;el augmente consid&#233;rablement, la taille du g&#226;teau &#224; partager se r&#233;duit. La question devient alors de savoir qui va en supporter les cons&#233;quences, &#224; l'int&#233;rieur et entre chaque pays. Dans ces conditions, la lutte des classes s'intensifie et engendre, t&#244;t ou tard, des conflits ouverts dans la rue. C'est ce qui s'est produit dans le syst&#232;me-monde depuis les ann&#233;es 1970 et, de fa&#231;on encore plus spectaculaire, depuis 2007. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, le haut du pav&#233; de la classe sup&#233;rieure (les 1%) s'est accroch&#233; &#224; sa part du g&#226;teau et, en r&#233;alit&#233;, l'a m&#234;me augment&#233;. Ceci a m&#233;caniquement eu pour cons&#233;quence le fait que la part des autres 99% est en diminution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour la distribution des parts du g&#226;teau s'organise fondamentalement autour de deux sujets : la taxation (combien et qui ?) et le syst&#232;me de protection sociale de la majorit&#233; de la population (d&#233;penses pour l'&#233;ducation et la sant&#233;, garanties de revenu tout au long de la vie). Il n'existe aucun pays o&#249; cette lutte n'ait pris place. Mais cette derni&#232;re &#233;clate plus violemment dans certains pays que d'autres, du fait de leur position dans l'&#233;conomie-monde, de leur d&#233;mographie, de leur histoire politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une lutte des classes intense soul&#232;ve pour tout un chacun la question de savoir comment l'appr&#233;hender politiquement. Les cercles qui d&#233;tiennent le pouvoir peuvent durement r&#233;primer les troubles sociaux et ils sont nombreux &#224; ne pas s'en priver. Ou bien, quand les troubles deviennent trop puissants pour leurs dispositifs de r&#233;pression, ils peuvent chercher &#224; coopter les contestataires en donnant l'impression de les rallier et en limitant les v&#233;ritables changements. Ou bien ils font les deux, en cherchant &#224; r&#233;primer en premier et, en cas d'&#233;chec, &#224; coopter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contestataires font aussi face &#224; un dilemme. Au d&#233;part, ils forment toujours un groupe de courageux minoritaires. Pour pouvoir inqui&#233;ter les pouvoirs en place, ils doivent imp&#233;rativement convaincre un groupe bien plus large qu'eux - et politiquement bien plus mod&#233;r&#233; - de les rejoindre. Ceci n'est pas facile &#224; r&#233;aliser mais parfois, cela arrive. C'est ce qui s'est pass&#233; en Egypte sur la Place Tahrir en 2011. C'est ce qui s'est &#233;galement produit avec le mouvement &#171; &lt;i&gt;Occupy&lt;/i&gt; &#187; aux Etats-Unis et au Canada. C'est aussi arriv&#233; en Gr&#232;ce avec les derni&#232;res &#233;lections. Ou au Chili avec les gr&#232;ves &#233;tudiantes qui durent maintenant depuis longtemps. Enfin, en ce moment, c'est ce qui est en train de se produire de fa&#231;on spectaculaire au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, lorsqu'une telle situation se produit, que faire ? Certains contestataires consid&#232;rent que leurs revendications initiales doivent devenir beaucoup plus ambitieuses et radicales dans le but de reconstruire l'ordre social. D'autres, et il y en a toujours, sont dispos&#233;s &#224; s'asseoir autour d'une table avec les cercles dirigeants pour n&#233;gocier des compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque ces derniers ont recours &#224; la r&#233;pression, ils ne font g&#233;n&#233;ralement qu'attiser les flammes de la contestation. Mais, dans certains cas, cette r&#233;pression peut aussi produire ses effets escompt&#233;s. Quand ce n'est pas le cas et que les cercles dirigeants passent des compromis ou cooptent, ils sont alors en mesure de casser le soutien populaire aux contestataires. C'est ce qui semble s'&#234;tre produit en Egypte. Les r&#233;centes &#233;lections ont abouti &#224; un second tour entre deux candidats dont aucun n'a &#233;t&#233; un soutien de la r&#233;volution de la Place Tahrir : l'un est le dernier premier ministre du pr&#233;sident d&#233;chu Hosni Moubarak, l'autre un dirigeant des &lt;i&gt;Fr&#232;res musulmans&lt;/i&gt; dont l'objectif premier est d'instaurer la &lt;i&gt;charia&lt;/i&gt; dans le droit &#233;gyptien. En aucun cas, ces candidats n'ont pour objectif de mettre en &#339;uvre les revendications de ceux qui sont rassembl&#233;s sur la Place Tahrir. Il s'agit d'une situation d&#233;chirante pour les quelque 50% d'&#233;lecteurs qui n'ont pas vot&#233; au premier tour pour l'un des deux candidats arriv&#233;s en t&#234;te. Cette situation malheureuse est avant toute chose le r&#233;sultat de la division des &#233;lecteurs &#171; pro-Place Tahrir &#187; qui ont partag&#233; leurs suffrages du premier tour entre deux candidats aux pass&#233;s assez diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faut-il penser de tout cela ? Que la g&#233;ographie de la contestation &#233;volue rapidement et constamment. Une contestation qui surgit fait toujours face &#224; une tentative de r&#233;pression, de cooptation ou est pouss&#233;e &#224; l'usure. Mais aussit&#244;t apr&#232;s, une autre contestation appara&#238;t ailleurs. L&#224; aussi, elle sera soit r&#233;prim&#233;e, coopt&#233;e ou pouss&#233;e &#224; l'usure. Et encore apr&#232;s, la m&#234;me chose se produit dans un troisi&#232;me endroit, comme si le mouvement plan&#233;taire &#233;tait irr&#233;pressible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il l'est effectivement, pour une raison simple. La compression des revenus dans le monde est bien r&#233;elle et la tendance n'est pas pr&#234;te de s'inverser. Dans la crise structurelle actuelle de l'&#233;conomie-monde capitaliste, les solutions classiques pr&#233;conis&#233;es pour enrayer les r&#233;cessions &#233;conomiques sont inop&#233;rantes. Et ce, quoi que puissent dire les experts et les dirigeants politiques qui nous assurent qu'une nouvelle p&#233;riode de prosp&#233;rit&#233; se dessine &#224; l'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vivons une situation mondiale chaotique. Les fluctuations sont amples et rapides, en tout et partout. Ceci concerne &#233;galement les mouvements sociaux. C'est ce que nous confirme la g&#233;ographie constamment mouvante de la contestation. La Place Tahrir au Caire hier, les marches non autoris&#233;es des po&#234;les et des casseroles &#224; Montr&#233;al aujourd'hui, ailleurs demain. Et probablement l&#224; o&#249; on ne s'y attend pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'anglais pour et par &lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/Lutte-des-classes-mondiale-la#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Medelu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#169; Immanuel Wallerstein&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.binghamton.edu/fbc/commentaries/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Commentary No. 330&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. USA, 1er juin 2012&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pr&#233;sidentielles en France et aux Etats-Unis : semblables et si diff&#233;rentes </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Presidentielles-en-France-et-aux-Etats-Unis-semblables-et-si-differentes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Presidentielles-en-France-et-aux-Etats-Unis-semblables-et-si-differentes</guid>
		<dc:date>2012-04-18T19:09:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Immanuel Wallerstein * </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En 2012, deux &#233;lections pr&#233;sidentielles tr&#232;s importantes, qui font l'objet d'une comp&#233;tition acharn&#233;e, ont lieu en France le 22 avril et aux Etats-Unis le 6 novembre. Quasiment les m&#234;mes questions - pos&#233;es dans les m&#234;mes termes - sont au c&#339;ur des d&#233;bats dans les deux pays. Et dans chacun d'entre eux, la figure pr&#233;sidentielle est la plus puissante du syst&#232;me politique. Il existe toutefois une diff&#233;rence de taille aux Etats-Unis et en France : elle ne concerne pas l'id&#233;ologie mais les r&#232;gles (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2012, deux &#233;lections pr&#233;sidentielles tr&#232;s importantes, qui font l'objet d'une comp&#233;tition acharn&#233;e, ont lieu en France le 22 avril et aux Etats-Unis le 6 novembre. Quasiment les m&#234;mes questions - pos&#233;es dans les m&#234;mes termes - sont au c&#339;ur des d&#233;bats dans les deux pays. Et dans chacun d'entre eux, la figure pr&#233;sidentielle est la plus puissante du syst&#232;me politique. Il existe toutefois une diff&#233;rence de taille aux Etats-Unis et en France : elle ne concerne pas l'id&#233;ologie mais les r&#232;gles &#233;lectorales. Des r&#232;gles diff&#233;rentes engendrent des tactiques &#233;lectorales significativement diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, la vie politique dans les deux pays s'organise autour de deux grands partis qui sont ancr&#233;s au centre-droit et au centre-gauche. Tous les observateurs, quelle que soit leur sensibilit&#233;, s'accordent dans l'ensemble pour dire que les politiques conduites par ces deux partis, une fois au pouvoir, ne sont pas tr&#232;s diff&#233;rentes. Il existe cependant quelques diff&#233;rences que chaque bord estime cruciales et qui les motivent pour mener des campagnes f&#233;roces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux pays existent &#233;galement ce qu'on peut appeler une extr&#234;me droite et une gauche radicale. L'une comme l'autre accusent les deux partis &#171; centristes &#187; d'&#234;tre bonnet blanc et blanc bonnet et r&#233;clament une politique vraiment &#224; droite ou vraiment &#224; gauche. Les cons&#233;quences de cette sym&#233;trie sont cependant tr&#232;s diff&#233;rentes aux Etats-Unis ou en France du fait de syst&#232;mes &#233;lectoraux eux-m&#234;mes tr&#232;s diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, l'&#233;lection pr&#233;sidentielle se d&#233;roule dans cinquante unit&#233;s s&#233;par&#233;es - les Etats - o&#249; le gagnant remporte la totalit&#233; d'un nombre de voix d&#233;termin&#233; qu'il apporte avec lui au sein d'un &#171; coll&#232;ge &#233;lectoral &#187;. Ce syst&#232;me rend tr&#232;s difficile pour les &#171; partis tiers &#187; la possibilit&#233; d'avoir un impact r&#233;el quelconque sur le processus de d&#233;cision conduisant &#224; l'&#233;lection du pr&#233;sident. Pourtant, il existe toujours quelques t&#233;m&#233;raires qui ne se laissent pas d&#233;courager et pr&#233;sentent malgr&#233; tout des candidats. La cons&#233;quence en est que les r&#233;sultats peuvent &#234;tre affect&#233;s dans quelques Etats, ce qui influe, ce faisant, sur le r&#233;sultat final. Par exemple, en 2000, selon certains analystes, la candidature de Ralph Nader a pris suffisamment de voix au candidat d&#233;mocrate Al Gore pour priver celui-ci d'une victoire dans deux Etats. Pour cette raison, on dit parfois que la candidature Nader a abouti &#224; l'&#233;lection de George W. Bush.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, par le pass&#233;, l'extr&#234;me droite &#233;tatsunienne a eu tendance &#224; se tenir &#224; l'&#233;cart des &#233;lections au motif que le Parti r&#233;publicain &#233;tait trop &#171; progressiste &#187; &#224; son go&#251;t. Mais depuis environ vingt ans, ce groupe a estim&#233; que la meilleure fa&#231;on de peser sur les r&#233;sultats &#233;tait finalement de rejoindre le Parti r&#233;publicain et de le forcer, en d&#233;fiant ses &#233;l&#233;ments trop &#171; centristes &#187; lors des primaires du parti, &#224; choisir des candidats plus &#171; conservateurs &#187;. De nos jours, ce groupe se retrouve essentiellement rassembl&#233; sous l'&#233;tiquette du Tea Party. Cet &#171; entrisme &#187; tactique a extr&#234;mement bien fonctionn&#233; et le Parti r&#233;publicain s'est en effet largement d&#233;plac&#233; vers la droite au cours des douze derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, le scrutin pr&#233;sidentiel fonctionne tr&#232;s diff&#233;remment. D'une part, pour ce dernier, l'&#233;lection est nationale et il n'existe pas d'unit&#233; &#233;lectorale plus petite. D'autre part, &#224; moins qu'un candidat remporte plus de 50% des voix d&#232;s le premier tour, un second tour a toujours lieu lors duquel les deux partis arriv&#233;s en t&#234;te du premier tour sont les seuls choix offerts aux &#233;lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me permet, et m&#234;me encourage, des groupes de toutes les couleurs politiques &#224; pr&#233;senter leur candidat &#224; la pr&#233;sidentielle pour le premier tour, &#233;tant donn&#233; que les &#233;lecteurs savent qu'ils peuvent ensuite donner leur suffrage au second tour &#224; l'un des deux principaux partis. Le premier tour sert &#224; mesurer le poids du candidat dans la population. L'objectif est alors pour lui d'influer sur la politique du parti victorieux au second tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me fran&#231;ais a cependant un d&#233;faut. En effet, les deux grands partis doivent rassembler suffisamment de voix pour &#234;tre pr&#233;sents au second tour. En 2002, de fa&#231;on tout &#224; fait exceptionnelle, le parti de centre gauche, le Parti socialiste (PS), termina juste derri&#232;re le parti d'extr&#234;me droite, le Front national, et se vit &#233;limin&#233;. Cette ann&#233;e, par cons&#233;quent, les socialistes soulignent l'importance du &#171; vote utile &#187; pour que jamais le 21 avril 2002 ne se reproduise de nouveau. Le traumatisme de 2002 pour le PS en France est comparable &#224; celui de 2000 pour les D&#233;mocrates aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; cela nous m&#232;ne-t-il ? Aux Etats-Unis, le candidat r&#233;publicain qui sera finalement retenu se pr&#233;sentera comme &#171; tr&#232;s &#187; conservateur gr&#226;ce aux pressions du Tea Party, risquant ce faisant de s'ali&#233;ner les voix des dits &#171; mod&#233;r&#233;s &#187;, consid&#233;r&#233;s plus &#171; centristes &#187;. Le candidat d&#233;mocrate, qui sera le pr&#233;sident sortant Barack Obama, a d&#233;senchant&#233; beaucoup de ses plus ardents soutiens en d&#233;rivant significativement &#224; droite au cours de son mandat. Il s'efforce maintenant &#224; regagner ces soutiens au moyen d'un programme plus &#171; populiste &#187;, mais s'inqui&#232;te dans le m&#234;me temps de s'ali&#233;ner, ce faisant, certains r&#233;publicains mod&#233;r&#233;s, eux aussi &#171; d&#233;senchant&#233;s &#187;. Enfin, en 2012, aucun candidat issu d'un petit parti significatif n'est en vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la situation est plus compliqu&#233;e. Les sondages actuels montrent que les candidats des deux grands partis &#8211; Nicolas Sarkozy pour l'UMP, Fran&#231;ois Hollande pour le Parti socialiste &#8211; sont en t&#234;te et au coude &#224; coude pour le premier tour. Pour autant, l'un et l'autre recueillent un peu moins de 30% des intentions de vote. Les 40-50% restants devraient se r&#233;partir principalement entre trois autres candidats : Marine Le Pen pour le Front national, Fran&#231;ois Bayrou pour le Mouvement d&#233;mocrate (Modem) - qui accuse &#224; la fois l'UMP et le PS de ne pas &#234;tre assez centristes - et Jean-Luc M&#233;lenchon pour le Front de gauche qui est parvenu &#224; rassembler autour de lui la plupart des voix de la gauche radicale malgr&#233; la participation au scrutin d'un certain nombre d'autres partis d'extr&#234;me gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pen, Bayrou et M&#233;lenchon sont actuellement cr&#233;dit&#233;s de 14 &#224; 18% des voix par les instituts de sondage. Ainsi, il semble qu'aucun ne paraisse en mesure d'arriver au second tour. La performance de M&#233;lenchon a constitu&#233; la grande surprise de cette &#233;lection. Mais ce que l'on pr&#233;dit aussi, c'est que si les sondages indiquent que Hollande baisse trop, la moiti&#233; peut-&#234;tre des soutiens de M&#233;lenchon votera alors Hollande afin de ne pas courir le risque que Le Pen ou Bayrou battent Hollande sur le fil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, si Jean-Luc M&#233;lenchon obtient un gros score et que Hollande se qualifie n&#233;anmoins pour le second tour, il faudra compter sur deux choses : la premi&#232;re, c'est qu'un message clair aura &#233;t&#233; adress&#233; au Parti socialiste pour qu'il gouverne plus &#224; gauche ; la seconde, c'est que la plupart des &#233;lecteurs de M&#233;lenchon voteront pour Hollande au second tour. A droite, &#224; l'inverse, la plupart des &#233;lecteurs de Marine Le Pen seront r&#233;ticents &#224; voter Sarkozy et le Front national ne le recommandera pas. S'il s'aventurait &#224; le faire, il saperait la raison d'&#234;tre de son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me fran&#231;ais semble plus favorable &#224; la gauche radicale. Le syst&#232;me am&#233;ricain semble plus favorable &#224; l'extr&#234;me droite. Mais c'est avant tout le r&#233;sultat de r&#232;gles &#233;lectorales diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction Medelu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www2.binghamton.edu/fbc/commentaries/archive-2012/326en.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Commentaire n&#176; 326&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; USA, le 1er avril 2012&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Isra&#235;l : ses fantasmes et ses r&#233;alit&#233;s </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Israel-ses-fantasmes-et-ses-realites</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Israel-ses-fantasmes-et-ses-realites</guid>
		<dc:date>2012-03-26T21:03:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Immanuel Wallerstein * </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le premier ministre isra&#233;lien Benjamin Netanyahou s'est rendu en visite aux Etats-Unis en ce d&#233;but de mois de mars 2012. Une fois encore, il est venu r&#233;p&#233;ter qu'un Iran nucl&#233;aris&#233; repr&#233;senterait une menace existentielle pour l'Etat d'Isra&#235;l et que son pays se r&#233;servait le droit, le moment venu, de passer &#224; l'action pour contrer les projets iraniens. Barack Obama a affirm&#233; avec la m&#234;me vigueur qu'en effet, un Iran nucl&#233;aris&#233; repr&#233;senterait bien une menace existentielle pour l'Etat d'Isra&#235;l et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Israel" rel="directory"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le premier ministre isra&#233;lien Benjamin Netanyahou s'est rendu en visite aux Etats-Unis en ce d&#233;but de mois de mars 2012. Une fois encore, il est venu r&#233;p&#233;ter qu'un Iran nucl&#233;aris&#233; repr&#233;senterait une menace existentielle pour l'Etat d'Isra&#235;l et que son pays se r&#233;servait le droit, le moment venu, de passer &#224; l'action pour contrer les projets iraniens. Barack Obama a affirm&#233; avec la m&#234;me vigueur qu'en effet, un Iran nucl&#233;aris&#233; repr&#233;senterait bien une menace existentielle pour l'Etat d'Isra&#235;l et que les Etats-Unis ne sauraient admettre une telle situation mais que le timing propos&#233; par Netanyahou n'&#233;tait pas adapt&#233; : la voie non-militaire contre l'Iran devrait d'abord &#234;tre &#233;puis&#233;e avant que l'on se mette &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; d'autres possibilit&#233;s d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Int&#233;ressons-nous au fond de la question. Pourquoi un Iran dot&#233; de l'arme nucl&#233;aire repr&#233;senterait-il une menace existentielle pour Isra&#235;l ? Autrement dit, qui sont ceux qui pensent que si l'Iran disposait de la bombe, ses autorit&#233;s l'utiliseraient pour bombarder Isra&#235;l ? En r&#233;alit&#233;, personne parmi les responsables isra&#233;liens, &#233;tats-uniens ou ailleurs dans le monde n'y croit. On dit seulement y croire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons les arguments mis ostensiblement en avant : les responsables isra&#233;liens soulignent que Mahmoud Ahmadinejad, le pr&#233;sident iranien, et d'autres avec lui, disent souhaiter &#171; rayer de la carte &#187; Isra&#235;l (ou d'autres formules du m&#234;me acabit). Bien entendu, nombre d'experts ont fait remarquer que cette traduction &#233;tait incorrecte. Et f&#251;t-elle-m&#234;me correcte, va-t-elle r&#233;ellement plus loin que ce que r&#233;p&#232;tent depuis longtemps un grand nombre de gens au Moyen-Orient qui s'opposent au concept d'Etat juif et pr&#233;conisent des solutions radicales &#224; ce diff&#233;rend ancien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi grand Dieu les Iraniens bombarderaient-ils Isra&#235;l ? Ils risqueraient de tuer au moins autant d'Arabes que d'Isra&#233;liens et ils s'exposeraient &#224; une r&#233;plique imm&#233;diate d'Isra&#235;l, pays bien &#233;quip&#233; en armes nucl&#233;aires. Que l'Iran puisse bombarder Isra&#235;l est une possibilit&#233; sur laquelle aucun dirigeant responsable ne peut s&#233;rieusement fantasmer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors pourquoi le disent-ils s'ils ne le pensent pas ? A mes yeux, la r&#233;ponse est claire. Si l'Iran se dotait finalement d'armes nucl&#233;aires, la situation deviendrait bien s&#251;r diff&#233;rente. L'&#233;quilibre g&#233;opolitique du Moyen-Orient s'en trouverait boulevers&#233; et la position d'Isra&#235;l politiquement affaiblie. Un certain nombre d'autres pays &#8211; je pense &#224; l'Arabie saoudite, &#224; l'Egypte et &#224; la Turquie, pour commencer &#8211; s'empresserait probablement d'acqu&#233;rir eux-aussi l'arme nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'Isra&#235;l ou les Etats-Unis se d&#233;cident &#224; bombarder l'Iran &#224; titre pr&#233;ventif et les cons&#233;quences politiques seraient imm&#233;diatement gigantesques. En premier lieu, il est quasi certain qu'une telle d&#233;cision ne parviendrait pas &#224; arr&#234;ter les projets des Iraniens. En second lieu, cette d&#233;cision affaiblirait sur le plan politique la position d'Isra&#235;l et des Etats-Unis dans le monde entier. Ces deux raisons r&#233;unies expliquent pourquoi l'arm&#233;e et les services de renseignement dans ces deux pays manifestent une telle opposition au discours reposant sur l'option miliaire. Ils redoutent que ce discours puisse prendre dans l'esprit de certains de leurs dirigeants qui ne sont pas actuellement aux affaires mais qui pourraient &#234;tre assez stupides pour se croire autoris&#233;s &#224; commencer une guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isra&#235;l et les Etats-Unis sont pris au pi&#232;ge d'une situation perdante &#224; tous les coups. Quoiqu'ils fassent, ils sont politiquement perdants. Je pense d'ailleurs qu'ils en sont conscients et que Netanyahou comme Obama sont incapables d'imaginer ce qu'ils peuvent vraiment faire, et comment, pour d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts politiques sur le plan int&#233;rieur. Ils passent donc leur temps &#224; s'accuser mutuellement et &#224; se faire du chantage. Pendant ce temps, les dirigeants iraniens s'emparent du discours sur l'option militaire pour faire vibrer la corde patriotique et renforcer leur position en interne, pourtant s&#233;rieusement &#233;branl&#233;e il n'y pas si longtemps encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant ce temps encore, la Palestine reste une vraie question pour Isra&#235;l. Ce n'est pas un fantasme. Le Hamas a maintenant pris la d&#233;cision de lier sa strat&#233;gie &#224; l'Egypte et aux Fr&#232;res musulmans, lesquels sont sur le point de prendre le contr&#244;le du gouvernement &#233;gyptien. Le Fatah craint clairement, et &#224; juste titre, de perdre le contr&#244;le de la Cisjordanie au profit du Hamas. Pris entre ce dernier et le gouvernement am&#233;ricain, le pr&#233;sident de l'Autorit&#233; palestinienne Mahmoud Abbas se trouve lui aussi dans une position perdante &#224; coup s&#251;r et lui non plus ne sait quoi faire. Alors il tergiverse, ce qui ne passe pas pour &#234;tre la meilleure tactique de survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir appartient &#224; la rue palestinienne. Et je ne peux tout bonnement pas croire que celle-ci va rester tranquille. Est-ce qu'Isra&#235;l est capable de trouver un terrain d'entente avec la rue palestinienne ? C'est ce que l'on va bient&#244;t savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#169; Immanuel Wallerstein,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'anglais par&lt;/strong&gt; : &lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/Israel-ses-fantasmes-et-ses&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Medelu&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Versi&#243;n original : &lt;strong&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.binghamton.edu/fbc/commentaries/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Israel : Its Fantasies and Its Realities&lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.binghamton.edu/fbc/commentaries/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Comentaires&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. No. 325, 15 de Marzo de 2012&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
