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		<title>&#171; Regardons le Chili pour comprendre dans quel monde on veut nous faire vivre &#187; Franck Gaudichaud </title>
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		<dc:date>2020-04-03T15:01:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Gaudichaud *</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&#171; Regardons le Chili pour comprendre dans quel monde on veut nous faire vivre &#187;...un entretien pour &#233;voquer les cinq mois d'agitation sociale qui ont secou&#233; ce pays... Franck Gaudichaud&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Chili" rel="directory"&gt;Chili&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Docteur en sciences politiques et professeur &#224; l'Universit&#233; Toulouse Jean Jaur&#232;s o&#249; il enseigne l'histoire de l'Am&#233;rique Latine, Franck Gaudichaud revient d'un s&#233;jour au Chili. L'auteur de &#171; &lt;i&gt;Chili 1970-1973 : Mille jours qui &#233;branl&#232;rent le monde&lt;/i&gt; &#187; nous a accord&#233; un entretien pour &#233;voquer les cinq mois d'agitation sociale qui ont secou&#233; ce pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'insurrection chilienne a commenc&#233; en octobre 2019 et s'est r&#233;pandue comme une tra&#238;n&#233;e de poudre au sein du mouvement &#233;tudiant suite &#224; la d&#233;cision du gouvernement de Pi&#241;era d'augmenter le prix du ticket de m&#233;tro. La r&#233;pression contre la jeunesse a fini par rassembler la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re, non plus contre l'augmentation du prix des transports, mesure retir&#233;e depuis, mais contre le syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral h&#233;rit&#233; de la dictature de Pinochet dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 octobre, alors que l'on d&#233;nombre d&#233;j&#224; une dizaine de morts, plus de 80 bless&#233;s dont certains par balles, que des actes de torture et d'agressions sexuelles sont commis par les militaires, que ceux-ci patrouillent dans Santiago pour faire respecter le couvre-feu, le pr&#233;sident Sebastian Pi&#241;era se r&#233;tracte. Il exprime publiquement des excuses au peuple chilien et annonce des mesures sociales cens&#233;es calmer la fougue des insurg&#233;s : hausse du salaire minimum, hausse de 20 % des pensions de retraite les plus basses, annulation de la r&#233;cente augmentation de 9,2 % des tarifs de l'&#233;lectricit&#233;, cr&#233;ation d'une nouvelle tranche d'imp&#244;ts pour les revenus sup&#233;rieurs &#224; 8 millions de pesos mensuels, r&#233;duction des salaires des parlementaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la chambre des d&#233;put&#233;s vote le 24 octobre (88 votes pour, 24 contre et 27 abstentions), un projet de loi pour &#233;courter la journ&#233;e de travail en passant d'un maximum de 45 heures &#224; 40 heures par semaine. La proposition devra passer en commission, puis au S&#233;nat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Il y a eu un recul du gouvernement qui semble, &#224; premi&#232;re vue, cons&#233;quent. Pourquoi ces annonces n'ont-elles pas calm&#233; le mouvement insurrectionnel ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on appelle &#171; l'agenda social &#187; est compl&#232;tement oubli&#233; par le gouvernement. Des annonces ont &#233;t&#233; faites. Il y a m&#234;me eu l'ouverture d'un site web du gouvernement qui pr&#233;tend montrer les avanc&#233;es en cours, comme quoi nous aurions atteint 77 % de la r&#233;alisation de cet agenda social. En fait, si l'on regarde dans le d&#233;tail, la plupart des mesures ne sont pas encore mises en application. Et m&#234;me celles qui le sont, comme la l&#233;g&#232;re augmentation du minimum vieillesse, les primes pour les salaires les plus bas ou les petites am&#233;liorations sur la couverture sant&#233;, la logique reste fondamentalement n&#233;olib&#233;rale. C'est-&#224;-dire qu'avec l'argent public, l'&#201;tat vient &#171; assister &#187; et soutenir les march&#233;s de l'&#233;ducation, de la sant&#233; ou des fonds de pension, qui sont florissants au Chili.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, ce qui est annonc&#233; par le gouvernement est vraiment minimal et tr&#232;s largement d&#233;risoire, voire carr&#233;ment ind&#233;cent. Il y aurait pu y avoir des avanc&#233;es avec l'annonce d'imp&#244;t pour les plus riches, mais Pi&#241;era qui fait partie de l'oligarchie financi&#232;re, est compl&#232;tement tenu par les firmes et n'a pas du tout l'intention de commencer &#224; taxer les dominants. Concernant un programme de r&#233;formes sociales d'ampleur, la proposition la plus d&#233;velopp&#233;e &#224; ce jour est celle de la &#171; Table de l'unit&#233; sociale &#187; (Mesa de Unidad Social) o&#249; se trouvent la CUT (Central Unitaria de Trabajadores), plusieurs syndicats et beaucoup d'autres organisations (f&#233;ministes et environnementales notamment). C'est une proposition en 10 points &#224; laquelle le gouvernement n'a pas r&#233;pondu.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;On constate une violente r&#233;pression des carabiniers (policiers chiliens) et, parall&#232;lement, le syst&#232;me judiciaire vote des lois liberticides pour freiner la mobilisation. La derni&#232;re adopt&#233;e pour interdire le port du masque en manifestation en est une illustration.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, d&#232;s le d&#233;but du mouvement, la r&#233;ponse du gouvernement a &#233;t&#233; la r&#233;pression, une r&#233;pression d'&#201;tat vraiment f&#233;roce avec m&#234;me un temps le d&#233;ploiement des militaires dans la rue et la d&#233;claration de l'&#201;tat d'urgence, ce qui n'&#233;tait plus arriv&#233; depuis la fin de la dictature de Pinochet en 1990. Il y a une utilisation syst&#233;matique de milliers de carabiniers pour r&#233;primer les manifestations, avec tirs de balles au plomb et essayer de &#171; terroriser &#187; celles et ceux qui seraient tent&#233;s de se mobiliser. Malgr&#233; cela, les mobilisations restent massives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le Chili est d&#233;nonc&#233; au niveau international, mais aussi &#224; l'int&#233;rieur du pays par l'Institut national des droits de l'homme, qui est pourtant un institut &#233;tatique. Celui-ci d&#233;nombre une trentaine de morts, presque 400 mutilations oculaires, plusieurs milliers de bless&#233;.e.s. On note aussi des cas de tortures, de viols et harc&#232;lements sexuels dans des commissariats et l'on parle de milliers de personnes en prison depuis des mois, consid&#233;r&#233;s par les manifestant.e.s comme des prisonniers politiques. Et la r&#233;ponse du Parlement, c'est de renforcer cette r&#233;pression avec une loi inique r&#233;cemment vot&#233;e, y compris par une partie de la gauche et de l'opposition, qui criminalise la lutte sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est aujourd'hui possible d'aller en prison parce qu'on a fait une barricade et emp&#234;ch&#233; la circulation, ou parce qu'on porte une cagoule dans une manifestation. On voit l&#224;, une fois de plus, &#224; quel point l'&#201;tat autoritaire n'a pas disparu avec la post-dictature ou avec une transition &#171; d&#233;mocratique &#187; qui a assur&#233; la continuit&#233; du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral chilien, forg&#233; par les &#171; Chicago boys &#187; sous Pinochet.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Il y a un fort mouvement de contestation du mod&#232;le des retraites, contre les fonds de pension par capitalisation. Quel est son impact et peut-on dire qu'il fait &#233;cho au mouvement en France contre le projet de loi sur les retraites ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Parmi l'exp&#233;rience accumul&#233;e de mobilisation sociale, dans les derni&#232;res ann&#233;es, il y a le mouvement massif &#171; No + AFP &#187;, qui signifie en substance &#171; Non aux fonds de pension &#187;. Cette lutte a r&#233;ussi &#224; d&#233;montrer un rejet massif de ce syst&#232;me par capitalisation dans la population, tout simplement parce que le taux de recouvrement des retraites au Chili est l'un des plus bas au monde. Les salari&#233;.e.s qui ont travaill&#233; toute leur vie se retrouvent &#224; la retraite avec environ 20 % de leur dernier salaire. Ceci, alors que la moiti&#233; des salari&#233;.e.s gagnent moins de 400 dollars net par mois et alors que le co&#251;t de la vie est l'un des plus &#233;lev&#233;s de l'Am&#233;rique latine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi une d&#233;monstration dans les faits, de l'&#233;chec total du syst&#232;me par capitalisation. Les fonds de pension ont surtout permis d'enrichir une caste financi&#232;re qui d&#233;tient tous les pouvoirs et contr&#244;lent l'&#233;conomie exportatrice. Le Chili est le pays qui d&#233;tient l'exp&#233;rience n&#233;olib&#233;rale la plus longue (depuis 1975) et la plus radicale au monde. Les retraites par capitalisation ont &#233;t&#233; mises en place brutalement sous la dictature par le fr&#232;re de Sebasti&#225;n Pi&#241;era, Jos&#233; Pi&#241;era qui fut ministre de Pinochet. En pleine nuit noire de la dictature, tout le monde a d&#251; y passer&#8230; sauf les militaires, qui ont conserv&#233; leur syst&#232;me par r&#233;partition !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revendication de la fin du syst&#232;me par capitalisation arrive en t&#234;te dans tous les sondages, apr&#232;s celle pour une nouvelle Constitution. Si l'on veut comprendre pourquoi le syst&#232;me par capitalisation serait n&#233;faste ici comme ailleurs, il faut regarder le bilan catastrophique de l'exp&#233;rience chilienne. Et donc, cela a aussi des liens avec les mobilisations en France puisqu'on voit que les syndicats, les salari&#233;s fran&#231;ais, r&#233;sistent face &#224; un syst&#232;me par points qui facilitera, in fine, la multiplication des compl&#233;ments par capitalisation et l'entr&#233;e dans ce march&#233; de fonds g&#233;ants comme &#171; BlackRock &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mouvement populaire exige aussi un changement de la Constitution h&#233;rit&#233;e de la dictature. Le 15 novembre, les partis repr&#233;sent&#233;s au Parlement ont sign&#233; un &#171; Accord pour la paix sociale et une nouvelle Constitution &#187;. Celui-ci pr&#233;voit un pl&#233;biscite le 26 avril. Les &#233;lecteurs seront appel&#233;s &#224; r&#233;pondre &#224; la question &#171; voulez-vous une nouvelle Constitution ? &#187;, suivie d'une seconde interrogation demandant de choisir entre une assembl&#233;e constituante exclusivement compos&#233;e de membres de la soci&#233;t&#233; civile ou une assembl&#233;e mixte, incluant citoyens et parlementaires. Vers quelle option d'assembl&#233;e se dirige-t-on ? Ce processus avanc&#233; par le gouvernement ne pourrait-il pas d&#233;tourner l'attention et constituer une fa&#231;on de calmer l'ardeur de la rue ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Accord pour la paix sociale et une nouvelle Constitution est n&#233;goci&#233; au Parlement juste apr&#232;s la deuxi&#232;me grande gr&#232;ve nationale qui a marqu&#233; ce cycle de mobilisation, le 26 novembre 2019. Cet accord cherche, comme son titre l'indique, la &#171; paix sociale &#187;, donc &#224; calmer et canaliser la rue face &#224; un grand patronat qui craint un blocage de l'&#233;conomie. L'accord a &#233;t&#233; obtenu sous pression y compris des militaires, puisqu'une rumeur a circul&#233; comme quoi sans accord au niveau parlementaire, il pourrait y avoir un coup d'&#201;tat. Parmi les signataires de cet accord, on trouve la droite bien &#233;videmment, le centre et jusqu'&#224; certains repr&#233;sentant.e.s du Front large (Frente Amplio, &#171; nouvelle &#187; gauche issue en partie du grand mouvement &#233;tudiant de 2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit donc de tenter de mettre fin &#224; l'explosion populaire tout en int&#233;grant une revendication premi&#232;re des mobilis&#233;.e.s : une nouvelle Constitution. C'est, en un sens, une victoire des luttes collectives, car pour la premi&#232;re fois, la caste politique chilienne reconna&#238;t qu'il faut changer la Constitution de Pinochet mise en place en 1980. Mais elle accepte de le faire uniquement dans la mesure o&#249; elle pense pouvoir contr&#244;ler ce processus. En avril, le pl&#233;biscite devrait d&#233;boucher sur un &#171; oui &#187; &#224; une nouvelle Constitution et &#224; une &#171; convention constitutionnelle &#187;. Donc la modalit&#233; la plus progressiste des options propos&#233;es par l'accord parlementaire. Mais c'est une &#171; convention constitutionnelle &#187; dans laquelle les &#171; vieux &#187; partis gardent la main. Jusqu'il y a peu, on n'avait encore aucune garantie sur le fait que les listes ind&#233;pendantes, de citoyens, pourraient se pr&#233;senter. Il y a encore des n&#233;gociations sur la repr&#233;sentation des peuples autochtones dont la droite ne veut pas, et sur la parit&#233; puisque cela n'a pas &#233;t&#233; pr&#233;vu par l'accord initial. Et surtout, la droite essaie de verrouiller la discussion constituante et a impos&#233; une majorit&#233; des deux tiers (2/3) pour approuver chaque article de la future &#171; Carta Magna &#187;, tandis qu'un autre secteur des parlementaires rejette en bloc toute perspective de changement constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci ne veut pas dire qu'il faille s'abstenir d'intervenir dans ce pl&#233;biscite du 26 avril prochain : de vastes secteurs de la gauche sociale et politique (y compris libertaire) entendent disputer aux dominants cet espace qui s'ouvre et d&#233;stabiliser la strat&#233;gie de contr&#244;le par &#171; en haut &#187; du gouvernement pour arracher un v&#233;ritable processus constituant d&#233;mocratique, tout en mettant sur la table la fin de la privatisation de l'eau, de l'&#233;ducation, de la sant&#233; et de nouveaux droits politiques (par exemple, la reconnaissance des droits &#224; l'autod&#233;termination du peuple Mapuche ou la renationalisation du cuivre). D'autres secteurs appellent, quant &#224; eux, au boycott pour d&#233;noncer ce qu'ils consid&#232;rent comme une nouvelle mascarade &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le processus constituant est un th&#232;me central des assembl&#233;es citoyennes, parfois appel&#233;es &#171; cabildos &#187;, qui ont fleuri un peu partout dans le pays. Comment fonctionnent ces assembl&#233;es et existe-t-il des coordinations ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un des aspects les plus int&#233;ressants, autogestionnaire et d&#233;mocratique du mouvement, ce sont effectivement ces assembl&#233;es territoriales de quartier. Il y a eu un petit d&#233;bat entre &#171; cabildos &#187; et &#171; asambleas &#187;, les &#171; cabildos &#187; &#233;tant souvent convoqu&#233;s par des partis ou des forces constitu&#233;es et les &#171; asambleas &#187;, par des &#171; non encart&#233;s &#187;. Mais aujourd'hui, ce d&#233;bat est d&#233;pass&#233;. Il y a des dizaines d'assembl&#233;es &#224; Santiago et dans plusieurs autres villes du pays. Ce sont des espaces d'&#233;laboration collective, de d&#233;bat sur quelle soci&#233;t&#233; construire, quelle Constitution, quel mod&#232;le &#233;conomique, mais aussi comment se prot&#233;ger face &#224; la r&#233;pression d'&#201;tat, ou encore face au saccage de magasins, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force de ce mouvement est qu'il est ancr&#233; territorialement. Tandis que la plupart des syndicats restent affaiblis, et que les principaux partis politiques sont totalement discr&#233;dit&#233;s, il s'op&#232;re une forte politisation &#171; par en bas &#187;, particuli&#232;rement l&#224; o&#249; les assembl&#233;es sont bien structur&#233;es. Depuis quelques semaines, il y a des tentatives de coordination d'environ 25 assembl&#233;s territoriales ou organisations &#224; Santiago qui essayent de donner une perspective clairement anti-n&#233;olib&#233;rale, f&#233;ministe, &#233;cologique et d&#233;mocratique &#224; ces luttes. C'est tr&#232;s clair dans leurs discours et formes de d&#233;lib&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Derni&#232;rement, il y a eu de nouveaux assassinats de supporters de foot, dont Jorge Mora emport&#233; par un camion de policier et Ariel Moreno Molina, 24 ans, tu&#233; par balle. Dans un Chili en pleine p&#233;riode de vacances estivales, le mouvement social, qui vient de passer le cap des 100 jours, est r&#233;activ&#233;. Doit-on s'attendre malgr&#233; tout &#224; un essoufflement ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Durant les vacances de No&#235;l &#8211; les vacances d'&#233;t&#233; au Chili &#8211; il y a eu une baisse de la protestation, m&#234;me si tous les vendredis sur la &#171; place de la Dignit&#233; &#187;, comme elle a &#233;t&#233; rebaptis&#233;e, il y a manifestations et affrontements avec la police. C'est un peu un mouvement Gilet jaune &#224; la chilienne ! D'autres mobilisations se maintiennent, comme celle des jeunes coll&#233;giens et lyc&#233;ens qui ont &#233;t&#233; tr&#232;s actifs ces derni&#232;res semaines. Ils ont emp&#234;ch&#233; la &#171; PSU &#187;, une sorte d'&#233;preuve du BAC pour entrer &#224; l'Universit&#233;, s&#233;lective et tr&#232;s in&#233;galitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, la r&#233;pression continue &#233;galement et les jeunes assassin&#233;.e.s derni&#232;rement ne font qu'enflammer un peu plus le rejet massif au sein de la population. Pi&#241;era est tomb&#233; &#224; 6 % d'approbation, en dessous du niveau d'approbation de Pinochet, c'est historique. On l'a tr&#232;s bien vu lors du r&#233;cent festival de Vi&#241;a del Mar, o&#249; le public et plusieurs artistes (comme Mon Laferte) ont dit tout leur rejet de la politique de Pi&#241;era et son monde, reprenant des consignes du mouvement social, d&#233;non&#231;ant la r&#233;pression, tout ceci vu en direct par des dizaines de millions de t&#233;l&#233;spectateurs au Chili et dans toute l'Am&#233;rique latine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va d'ailleurs avoir une reprise tr&#232;s forte des mobilisations populaires en mars, lors de la rentr&#233;e scolaire et universitaire, avec le risque que le gouvernement joue encore la carte de la r&#233;pression pour essayer d'organiser son pl&#233;biscite fin avril. &#192; ce propos, les vieux partis de l'opposition de centre gauche ont d&#233;j&#224; annonc&#233; qu'ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; un nouveau &#171; pacte &#187; avec la droite et Pi&#241;era au nom du maintien de &#171; l'unit&#233; nationale &#187; et de la &#171; paix sociale &#187;, confirmant une nouvelle fois leur r&#244;le au service de &#171; l'ordre &#187; et du n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un mot de conclusion ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il faut vraiment regarder ce qu'il se passe au Chili : &#171; Le Chili est proche &#187;, comme on disait dans les ann&#233;es 70 au moment de l'exp&#233;rience d'Allende, puis du coup d'&#201;tat de 1973. C'est encore le cas pour lire le monde n&#233;olib&#233;ral qui est le n&#244;tre aujourd'hui. Il est urgent de d&#233;noncer la r&#233;pression en cours par tous les moyens et d'organiser notre solidarit&#233; internationale avec les r&#233;sistances l&#224; bas. Mais, il est aussi important de comprendre ce qui se passe dans les &#171; Suds &#187; pour savoir dans quel monde on veut nous faire vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La globalisation du capital est tr&#232;s claire en ce sens : le Chili est l'exp&#233;rience-laboratoire du capitalisme n&#233;olib&#233;ral, et c'est aussi le miroir d&#233;form&#233; de tendances mondiales, y compris dans les &#171; pays riches &#187; du Nord, tendances que l'on voit &#224; l'&#339;uvre quotidiennement sous le gouvernement Macron, notamment au travers de la contre-r&#233;forme des retraites ou avec la mont&#233;e en force de la r&#233;pression du mouvement social hexagonal. La meilleure mani&#232;re d'exprimer notre solidarit&#233; avec les r&#233;sistances chiliennes est aussi de r&#233;sister collectivement, ici et maintenant, au rouleau compresseur du macronisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Franck Gaudichaud* &lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;https://rapportsdeforce.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rapport de force&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par &lt;strong&gt;J&#233;r&#244;me Duval&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://rapportsdeforce.fr/linternationale/franck-gaudichaud-regardons-le-chili-pour-comprendre-dans-quel-monde-on-veut-nous-faire-vivre-03116387&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rapport de force&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. France, le 11 mars 2020&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;*Franck Gaudichaud&lt;/strong&gt; est docteur en science politique (Universit&#233; Paris 8) et professeur en Histoire et Civilisation de l'Am&#233;rique latine contemporaine &#224; l'universit&#233; Toulouse Jean Jaur&#232;s. Il a publi&#233; de nombreux articles et plusieurs ouvrages sur le Chili et l'Am&#233;rique latine, dont notamment en fran&#231;ais : &lt;i&gt;Fin de partie ? Am&#233;rique latine, les gouvernements progressistes dans l'impasse &#8211; 1998-2019&lt;/i&gt; (Syllepse, 2020) ; &lt;i&gt;Chili 1970-1973. Mille jours qui firent trembler le monde&lt;/i&gt; (PUR, 2016), &lt;i&gt;&#161;Venceremos ! Analyse et documents sur le pouvoir populaire chilien (1970-1973) &lt;/i&gt;(Syllepse, 2013), &lt;i&gt;Am&#233;riques latines. Emancipations en construction &lt;/i&gt;(Syllepse, 2013). Il est membre du comit&#233; &#233;ditorial de la revue &lt;i&gt;ContreTemps &lt;/i&gt;et collaborateur du &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt;. Contact : &lt;a href=&#034;mailto:franck.gaudichaud@univ-tlse2.fr&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;&lt;strong&gt;franck.gaudichaud@univ-tlse2.fr&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>FIN DE PARTIE ?Am&#233;rique Latine : Les exp&#233;rience progressistes dans l'impasse (1998-2019)</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/FIN-DE-PARTIE-Amerique-Latine-Les-experience-progressistes-dans-l-impasse-1998-2019</link>
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		<dc:creator>Franck Gaudichaud *</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;FIN DE PARTIE ? Am&#233;rique Latine : Les exp&#233;rience progressistes dans l'impasse (1998-2019)...Franck Gaudichaud, Jeffery R Webber, Massimo Modonesi&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Livres" rel="directory"&gt;Livres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis 1998 et l'&#233;lection d'Hugo Ch&#225;vez, plusieurs pays de l'Am&#233;rique latine ont connu ce qui a &#233;t&#233; parfois qualifi&#233; de &#171; &lt;i&gt;tournant &#224; gauche&lt;/i&gt; &#187;. Cet &#233;lan a alors incarn&#233; un espoir de transformation sociale et de construction de diverses exp&#233;riences post-n&#233;olib&#233;rales aux accents anti-imp&#233;rialistes : &#171; &lt;i&gt;r&#233;volution bolivarienne&lt;/i&gt; &#187; au Venezuela , &#171; &lt;i&gt;r&#233;volution citoyenne&lt;/i&gt; &#187; en &#201;quateur, &#201;tat plurinational en Bolivie, nouvelle politique avec Lula et le Parti des Travailleurs au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;poque &#233;tait au changement, la &#171; &lt;i&gt;longue nuit n&#233;olib&#233;rale&lt;/i&gt; &#187; semblait prendre fin ou tout du moins s'estomper, fruit d'une p&#233;riode d'intenses mobilisations populaires et de nombreuses r&#233;voltes sociales. Les in&#233;galit&#233;s sociales et la pauvret&#233; reculaient, Washington perdait du terrain, alors que la participation de celles et ceux d'&#171; en bas &#187; progressait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de vingt ans apr&#232;s l'ouverture de ce cycle, la r&#233;gion est pourtant entr&#233;e de nouveau dans une zone de fortes turbulences et incertitudes, tandis que le bilan des gouvernements &#171; &lt;i&gt;progressistes&lt;/i&gt; &#187;, au-del&#224; de leur diversit&#233;, est tr&#232;s largement contrast&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Capitalisme d'&#201;tat et crise &#233;conomique, colonisation des imaginaires de gauche par des logiques gestionnaires, approfondissement de mod&#232;les &#233;conomiques bas&#233;s sur le saccage des biens communs, consolidation de leaderships charismatiques, d&#233;rives autoritaires, corruption et rupture avec les mouvements sociaux : les probl&#232;mes se sont accumul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, la r&#233;organisation des droites sociales, politiques et religieuses, la mont&#233;e des extr&#234;mes droites, la multiplication des d&#233;faites &#233;lectorales, mais aussi des coups d'&#201;tat parlementaires, sont d&#233;sormais un fait majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immense crise au Venezuela et l'ascension de Jair Bolsonaro au Br&#233;sil sont deux exemples de cette dangereuse conjoncture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire le bilan d'un cycle d&#233;but&#233; dans l'espoir et qui s'ach&#232;ve dans la violence est fondamental pour comprendre l'Am&#233;rique Latine actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la &#171; &lt;i&gt;patrie de Bol&#237;var&lt;/i&gt; &#187; est partag&#233;e entre menaces r&#233;actionnaires ou imp&#233;riales, nouvelles esp&#233;rances &#233;mancipatrices et fuite en avant des gouvernements dits progressistes, ce livre vient nous proposer un &#233;clairage original indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Collection :&lt;/strong&gt; &#171; Coyoac&#225;n &#187;&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Auteur-e(s) :&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;https://www.syllepse.net/franck-gaudichaud-_r_35_lettre_F_c_932.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Franck Gaudichaud&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.syllepse.net/jeffery-r-webber-_r_35_lettre_J_c_1125.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jeffery R Webber&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.syllepse.net/massimo-modonesi-_r_35_lettre_M_c_1124.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Massimo Modonesi&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Parution :&lt;/strong&gt; F&#233;vrier 2020&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Pages :&lt;/strong&gt; 200&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Format : &lt;/strong&gt; 150 x 210&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;ISBN :&lt;/strong&gt; 978-2-84950-775-9&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;* &lt;strong&gt;Franck Gaudichaud&lt;/strong&gt; politologue est ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'Universit&#233; Grenoble 3, membre du groupe de travail &#171; Am&#233;riques latines &#187; du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, France) et militant de la IVe Internationale. Il est copr&#233;sident de l'association France Am&#233;rique Latine et participe au comit&#233; &#233;ditorial du site &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rebelion.org&lt;/a&gt; et de la revue &lt;i&gt;ContreTemps&lt;/i&gt;.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Venezuela : &#171; La question aujourd'hui est de savoir comment freiner la violente offensive de la droite n&#233;olib&#233;rale &#187;</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Venezuela-La-question-aujourd-hui-est-de-savoir-comment-freiner-la-violente-offensive-de-la-droite-neoliberale-26471</link>
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		<dc:creator>Franck Gaudichaud *</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le Venezuela se d&#233;bat aujourd'hui entre ing&#233;rences imp&#233;riales, tentatives de d&#233;stabilisation de la part de certains secteurs de l'opposition de droite et les limites propres au processus bolivarien. Reste &#224; envisager la possibilit&#233; que ce soit le mouvement populaire qui fasse avancer et approfondisse un projet de transformation politique non exempt de tensions et contradictions. &lt;br class='autobr' /&gt; Comment caract&#233;rises-tu la situation actuelle au Venezuela ? Qu'est-ce qui se d&#233;cide l&#224;-bas selon toi ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Venezuela" rel="directory"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Venezuela se d&#233;bat aujourd'hui entre ing&#233;rences imp&#233;riales, tentatives de d&#233;stabilisation de la part de certains secteurs de l'opposition de droite et les limites propres au processus bolivarien. Reste &#224; envisager la possibilit&#233; que ce soit le mouvement populaire qui fasse avancer et approfondisse un projet de transformation politique non exempt de tensions et contradictions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment caract&#233;rises-tu la situation actuelle au Venezuela ? Qu'est-ce qui se d&#233;cide l&#224;-bas selon toi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Franck Gaudichaud &lt;/strong&gt; : Comme point de d&#233;part, il faut reconna&#238;tre que nous nous trouvons au milieu d'une guerre m&#233;diatique globale colossale et toujours en cours contre le processus bolivarien. Pour cette raison, il est notamment fondamental de cr&#233;er des espaces de contre-information ou plut&#244;t d'information ind&#233;pendante et alternative. Avant d'aborder la conjoncture des derni&#232;res semaines, et face &#224; tant de d&#233;sinformation, il faut &#224; nouveau souligner que la &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187; est un processus de moyen terme (15 ans d&#233;j&#224;) qui a signifi&#233; &#8211; entre autres &#8211; de larges conqu&#234;tes sociales (sant&#233;, &#233;ducation, alphab&#233;tisation, r&#233;duction drastique de la pauvret&#233; et baisse des in&#233;galit&#233;s), une d&#233;mocratisation institutionnelle (avec la nouvelle Constitution), et surtout le renforcement et l'inclusion &#8211; pour la premi&#232;re fois &#8211; des classes populaires au syst&#232;me politique, le tout dans une relation intense avec le grand leader charismatique que fut Hugo Ch&#225;vez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus a &#233;galement jou&#233; un r&#244;le cl&#233; dans la constitution de nouvelles souverainet&#233;s nationales-populaires et de nouvelles int&#233;grations r&#233;gionales politiques, culturelles et &#233;conomiques, sans les Etats-Unis, avec la cr&#233;ation de l'ALBA, de l'UNASUR et de la CELAC. Ainsi, rappelons qu'un recul important au Venezuela et le retour de l'offensive n&#233;olib&#233;rale dans ce pays auraient des effets collat&#233;raux importants et imm&#233;diats dans toute la r&#233;gion. Tout cela para&#238;t surement &#233;vident pour celles ou ceux qui suivent un peu l'Am&#233;rique Latine, mais il est parfois important de souligner l'essentiel et les rapports de force g&#233;opolitiques &#224; un moment o&#249; les m&#233;dias dominants, certains politiques &#224; Washington ou au sein de l'opposition v&#233;n&#233;zu&#233;lienne parlent de &#171; dictature castro-communiste &#187; et de &#171; g&#233;nocide &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, il est exact que la situation actuelle est extr&#234;mement tendue du fait que le secteur le plus r&#233;actionnaire de l'opposition a fait le choix de la violence dans les rues et de la d&#233;stabilisation extraconstitutionnelle. Dans un tel contexte, il y a une tendance au sein des gauches, en Europe comme en Am&#233;rique Latine, &#224; simplifier &#224; l'extr&#234;me notre compr&#233;hension du conflit en expliquant, plus ou moins, que les deux seules positions possibles dans cette conjoncture est que l'on soit contre l'imp&#233;rialisme, soit en faveur du coup d'&#201;tat &#171; fasciste &#187;. Cette lecture binaire me para&#238;t fermer toute discussion &#224; gauche et donc r&#233;ductrice. Bien entendu, il faut d&#233;noncer haut et fort et s'opposer de mani&#232;re unitaire &#224; la tentative &#171; insurrectionnelle &#187; de la droite n&#233;olib&#233;rale ou aux man&#339;uvres imp&#233;riales. Nous savons que les &#201;tats-Unis ont de clairs int&#233;r&#234;ts g&#233;opolitiques et &#233;nerg&#233;tiques dans cette d&#233;stabilisation ; les liens entre les &#171; Faucons &#187; de Washington et la fraction de l'opposition dirig&#233;e par Leopoldo L&#243;pez au Venezuela ne rel&#232;vent pas de la th&#233;orie du complot, c'est une information objective et document&#233;e. Il y a aussi une intervention r&#233;elle depuis la Colombie de la part de l'&#171; uribisme &#187; [NdT : du nom de &#193;lvaro Uribe, pr&#233;sident colombien de 2002 &#224; 2010], ainsi que des incursions de paramilitaires venant de ce pays, notamment au niveau de l'Etat frontalier de T&#225;chira. Ces &#233;l&#233;ments sont importants au moment de comprendre le Venezuela d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, sommes-nous face &#224; un coup d'&#201;tat du style de celui d'avril 2002 ? Et peut-on parler de &#171; fascisme &#187;, sans chercher &#224; d&#233;finir la dynamique et les conflits qui traversent l'opposition au chavisme. Je crois que non. Premi&#232;rement, parce que les rapports de force r&#233;els sont distincts de ceux pr&#233;sents en 2002. L'&#201;tat-major et les Forces Arm&#233;es soutiennent clairement le gouvernement, sans fissure jusqu'&#224; maintenant. Ce qui est loin d'&#234;tre un d&#233;tail. La grande bourgeoisie ne fait pas le choix de la violence et d'une issue extraconstitutionnelle. Fedecameras [NdT : f&#233;d&#233;ration patronale v&#233;n&#233;zu&#233;lienne] et les principaux entrepreneurs (comme Mendoza du groupe Polar) ont particip&#233; &#224; la &#171; conf&#233;rence de paix &#187; avec le pr&#233;sident Maduro et ont condamn&#233; la violence dans les rues. Autrement dit, les &#233;l&#233;ments cl&#233;s de la conjoncture d'avril 2002 ne sont pas &#224; l'ordre du jour, pour l'instant en tout cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y a un secteur de la droite autour de Leopoldo L&#243;pez qui fait clairement le choix de la violence, en appelant clairement &#224; renverser ou &#171; &#224; sortir &#187; Maduro. Et ce qui est pr&#233;occupant, c'est que ce secteur a r&#233;ussi &#224; organiser plusieurs mobilisations tr&#232;s importantes, en prenant la t&#234;te des manifestations. Dans l'&#201;tat de T&#225;chira, ou &#224; M&#233;rida avec le mouvement &#233;tudiant, mais aussi dans les rues de Caracas. Il est vrai que les participants &#224; ces mobilisations proviennent essentiellement des quartiers riches, de la classe ais&#233;e autour de la place Altamira, de la classe moyenne haute, mais aussi de couches moyennes plus modestes. Des fractions violentes de la droite dure sont en train de gagner de l'espace dans la soci&#233;t&#233;, en faisant usage de la violence, contre des travailleurs des transports publics et des minist&#232;res, contre des militants de quartier, en dressant des barricades (les &#171; guarimbas &#187;) : ils sont responsables de la majorit&#233; des assassinats de ces derni&#232;res semaines (une trentaine &#224; ce jour). L'opposition n&#233;olib&#233;rale est partiellement fragment&#233;e, mais en m&#234;me temps chacun joue son r&#244;le contre le gouvernement : cela va de Henrique Capriles ou de la COPEI (Comit&#233; d'Organisation Politique Electorale Ind&#233;pendante &#8211; parti social-chr&#233;tien), qui disent choisir la voie du dialogue apr&#232;s leurs d&#233;faites &#233;lectorales successives, jusqu'aux partis comme Voluntad Popular de Leopoldo L&#243;pez ou comme l'association S&#250;mate et la d&#233;put&#233;e Mar&#237;a Corina Machado, qui font le choix de cr&#233;er un climat semi-insurrectionnel, sans attendre les prochaines &#233;lections ou la possibilit&#233; d'un referendum r&#233;vocatoire en 2016 (comme le pr&#233;voit la Constitution bolivarienne). Certains analystes proches du gouvernement, comme le journaliste Ignacio Ramonet, ont d'ailleurs soulign&#233; l'existence d'un &#171; coup d'&#201;tat lent &#187;, bas&#233; sur les th&#233;ories de la d&#233;stabilisation de Gene Sharp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la gauche anticapitaliste, je crois que la question fondamentale n'est pas seulement de d&#233;noncer tout cela, mais aussi de continuer &#224; penser en m&#234;me temps &#171; en bas et &#224; gauche &#187; pour comprendre &#8211; de mani&#232;re critique et dialectique &#8211; quels sont les &#233;l&#233;ments au sein de l'espace du chavisme lui-m&#234;me, qui permettent que s'exprime un tel m&#233;contentement dans certaines couches de la soci&#233;t&#233;, et pas seulement au sein du mouvement &#233;tudiant, sans qu'il y ait de mobilisations massives des bolivariens pour y r&#233;pondre et, aussi, pourquoi il existe un m&#233;contentement latent, accumul&#233;, parmi les nombreux soutiens du gouvernement au sein des secteurs sociaux subalternes. En ce sens, nous devons aussi analyser les contradictions, les faiblesses et les conflits internes &#224; la &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187; et &#233;couter les voix critiques du mouvement populaire et r&#233;volutionnaire au sein, mais aussi &#224; l'ext&#233;rieur du champ politique du chavisme. Nous avons par exemple publi&#233; sur &#171; Rebelion.org &#187; plusieurs auteurs v&#233;n&#233;zu&#233;liens qui vont dans cette direction : Roland Denis, Sim&#243;n Rodr&#237;guez Porras, Javier Biardeau, Gonzalo G&#243;mez, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont ces faiblesses principales du chavisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tout d'abord diff&#233;rencier le chavisme gouvernemental du &#171; peuple bolivarien &#187;. Selon moi, il y a entre les deux des tensions, surtout un an apr&#232;s le d&#233;part de Hugo Ch&#225;vez qui fut un acteur central de ce processus de r&#233;appropriation du politique et un dirigeant capable d'osciller, de naviguer m&#234;me, entre le verticalisme du leader et l'horizontalit&#233; de la participation populaire. A l'&#232;re du &#171; chavisme sans Ch&#225;vez &#187;, Nicol&#225;s Maduro a une ind&#233;niable l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique &#233;lectorale : malgr&#233; un recul notable en terme de votes, il a remport&#233; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de mani&#232;re juste et av&#233;r&#233;e par les observateurs internationaux, alors que les municipales ont confirm&#233; cette nouvelle h&#233;g&#233;monie bolivarienne dans les urnes (avec 17 victoires sur 18 &#233;lections nationales). Mais Maduro est loin d'avoir la pr&#233;sence charismatique de Ch&#225;vez tandis que la d&#233;gradation &#233;conomique continue de miner les conqu&#234;tes sociales des derni&#232;res ann&#233;es. Bien entendu, on parle beaucoup, la droite en particulier, de l'ins&#233;curit&#233; et la d&#233;linquance, mais c'est vrai qu'elle constitue aussi une grande pr&#233;occupation quotidienne pour les classes populaires et les quartiers pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant sur le plan &#233;conomique que les probl&#232;mes affleurent le plus : la Banque Centrale du Venezuela reconnait une rupture d'approvisionnement en biens de consommation &#224; hauteur de 28%, une inflation de 56% en 2013 qui ronge les salaires, alors que le pays continue d'importer presque 80% de ses aliments, faute d'une agriculture suffisamment d&#233;velopp&#233;e. La mauvaise gestion &#233;conomique et de la gestion des taux de change renforcent, &#224; une plus grande &#233;chelle, la sp&#233;culation, le march&#233; noir et l'accaparement de la part de la bourgeoisie compradore. Certains &#233;conomistes marxistes tels Manuel Sutherland ou V&#237;ctor &#193;lvarez (ex-ministre de Ch&#225;vez) parlent de la plus grande fuite de capitaux d'Am&#233;rique du Sud. Cela repr&#233;sente plusieurs &#171; plans Marshall &#187; qui s'&#233;chappent ainsi vers Miami. Certes, l'inflation et les p&#233;nuries sont aliment&#233;es par l'offensive des classes dominantes, mais aussi d'une politique &#233;conomique inefficace, erratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption est une autre question de fond. Apr&#232;s 15 ans de &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187;, comment pr&#233;tendre construire le &#171; socialisme du xxie si&#232;cle &#187; dans des conditions de corruption bureaucratique de grande ampleur ? Face &#224; la dimension et &#224; la profondeur du ph&#233;nom&#232;ne, qui est certes une constante de l'&#201;tat v&#233;n&#233;zu&#233;lien depuis un si&#232;cle et est li&#233; au mod&#232;le du capitalisme p&#233;tro-rentier encore h&#233;g&#233;monique1, il ne suffit pas de proclamer &#171; l'&#201;tat communal &#187;, d'avoir un minist&#232;re du &#171; pouvoir populaire &#187; ou des missions sociales, m&#234;me si elles sont tr&#232;s importantes pou r&#233;pondre &#224; l'urgence sociale. Je ne vois pas d'autre solution que de cr&#233;er un contr&#244;le citoyen &#224; partir d'en bas, une dynamique plus forte de d&#233;mocratie participative et des conseils de travailleurs et d'usagers, tout en renfor&#231;ant les pr&#233;rogatives des milliers de conseils communaux existants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas contraire, comment stopper durablement l'offensive de la droite ou les menaces d'ing&#233;rences imp&#233;riales ? Par le dialogue et la paix avec les secteurs patronaux tel que la famille Cisneros, avec la Table d'Unit&#233; D&#233;mocratique [NdT : MUD &#8211; coalition de l'opposition pour les &#233;lections] et avec la &#171; bolibourgeoisie &#187; qui s'enrichit &#224; l'ombre de l'Etat et des militaires ? Rappelons, d'autre part, l'impunit&#233; qui pr&#233;vaut jusqu'&#224; aujourd'hui pour les responsables du coup d'Etat d'avril 2002 ou des assassinats d'avril 2013. Il est &#233;galement tr&#232;s pr&#233;occupant de constater l'impunit&#233; des &#171; sicaires &#187; antisyndicaux qui existent dans le pays, les niveaux de r&#233;pression contre certaines gr&#232;ves ouvri&#232;res ou encore, fruit de la semi-insurrection des derni&#232;res semaines, la militarisation croissante de certaines zones (ce qui a provoqu&#233; le malaise de certains dirigeants bolivariens, par exemple le gouverneur de l'&#201;tat de T&#225;chira). Le pr&#233;sident Maduro et le minist&#232;re public ont reconnu, &#224; juste titre, la responsabilit&#233; de la Garde Nationale et de la police bolivarienne dans la mort et les mauvais traitements inflig&#233;s &#224; plusieurs manifestants. Certains policiers ont &#233;t&#233; imm&#233;diatement destitu&#233;s ou sont sous enqu&#234;tes. Esp&#233;rons que cela ne restera pas impuni car l'&#201;tat doit &#234;tre le garant des droits fondamentaux, malgr&#233; les violences de l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu &#233;voques, de mani&#232;re critique, la voie que prend le gouvernement pour freiner l'offensive de la droite. Quelle serait, &#224; tes yeux, le chemin le plus ad&#233;quat pour l'affronter ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, je ne pr&#233;tends pas avoir de &#171; recette &#187; &#224; donner au Venezuela : je me base sur ce que proposent et nous disent plusieurs secteurs militants v&#233;n&#233;zu&#233;liens. La meilleure mani&#232;re de se d&#233;fendre face aux attaques est sans aucun doute d'approfondir la r&#233;volution et les conqu&#234;tes du processus ; renforcer une vision critique et populaire, ind&#233;pendante de la bureaucratie ou de la &#171; bolibourgeoisie &#187;, afin de renforcer celles et ceux d'en bas, leurs capacit&#233;s d'intervention. Je crois que la tentative du gouvernement de mettre un terme &#224; la violence de rue par l'appel au dialogue est parfaitement justifi&#233;e et compr&#233;hensible. Maintenant, &#171; dialogue et paix &#187; oui, mais pourquoi faire et avec qui ? Il faudrait souhaiter que le dialogue se fasse prioritairement avec les secteurs subalternes mobilis&#233;s, les travailleurs organis&#233;s qui cherchent les voies du pouvoir populaire, les paysans qui veulent une r&#233;forme agraire, le peuple indig&#232;ne qui revendique ses droits historiques ; et avec plus de mesures concr&#232;tes pour am&#233;liorer la situation &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, le pr&#233;sident Maduro a d&#233;j&#224; pris des mesures et fait des annonces face &#224; la &#171; guerre &#233;conomique &#187;, mais aux c&#244;t&#233;s de la &#171; loi des prix justes &#187;, qui est positive et cherchent &#224; r&#233;guler le prix des denr&#233;es, ce furent des mesures d'ajustement et de d&#233;valuation qui ont &#233;t&#233; adopt&#233;es. A l'inverse, des courants -certes tr&#232;s minoritaires- comme Marea Socialista et d'autres en dehors du chavisme (libertaires, marxistes, trotskystes) proposent de faire face &#224; la droite n&#233;olib&#233;rale en prenant des mesures r&#233;volutionnaires : par exemple, en instaurant le contr&#244;le du commerce ext&#233;rieur, mais accompagn&#233; d'un contr&#244;le citoyen (pour &#233;viter la corruption) ; en combattant fortement la sp&#233;culation et en centralisant les devises &#233;trang&#232;res ; en intervenant le syst&#232;me bancaire sous contr&#244;le social pour que la rente p&#233;troli&#232;re ne soit plus capt&#233;e en partie par les accapareurs ; en soutenant avec plus de d&#233;cision les conseils communaux, la production nationale alimentaire et avec un syst&#232;me de planification nationale d&#233;mocratique, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'insiste, je ne reprends ici que des d&#233;clarations de collectifs bolivariens et anticapitalistes v&#233;n&#233;zu&#233;liens. Bien s&#251;r, avancer dans cette direction signifie aussi commencer &#224; r&#233;fl&#233;chir aux contradictions internes du mouvement populaire, &#224; assumer ses faiblesses et nombreuses limites, pour commencer &#224; les surmonter, tout comme le poids du bonapartisme politique pr&#233;sent dans le PSUV [NdT : le Parti socialiste unifi&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lien &#8211; gouvernemental] par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as longuement travaill&#233; sur le Chili durant le gouvernement de Salvador Allende (1970-1973) : quelles analogies et quelles diff&#233;rentes trouves-tu avec le Venezuela actuel ? Surtout en ce qui concerne la relation entre les organisations populaires et un Etat qui, en d&#233;pit de tous les changements r&#233;alis&#233;s, est toujours un &#201;tat capitaliste.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, effectivement, au Venezuela, l'&#201;tat capitaliste est toujours bien l&#224;, bien que de nouvelles institutions, beaucoup plus d&#233;mocratiques, aient &#233;t&#233; conquises : l'existence de la figure l&#233;gale des referendums r&#233;vocatoires &#224; mi-mandat pour tous les &#233;lus est l'une de ses conqu&#234;tes majeures. Mais sur le fond, c'est le mod&#232;le du capitalisme rentier et d&#233;pendant qui domine encore la formation sociale du pays et plus de 70% de la richesse nationale est aux mains du secteur priv&#233; (davantage qu'en 1998, mais dans une situation de bien moindre croissance &#233;conomique qu'aujourd'hui). Se situer et se projeter strat&#233;giquement signifie, en premier lieu, savoir o&#249; nous en sommes. En 1973 au Chili, l'Unit&#233; Populaire a signifi&#233;, comme au Venezuela, de grandes conqu&#234;tes d&#233;mocratiques, sociales et le renforcement de la participation de ceux d'en bas sur la sc&#232;ne politique nationale. Des conqu&#234;tes qui s'appuyaient, en outre, sur une classe ouvri&#232;re tr&#232;s organis&#233;e sur le plan syndical et politique, et consciente d'elle m&#234;me. Beaucoup plus puissante, num&#233;riquement et politiquement, qu'au Venezuela, un pays rentier, tr&#232;s peu industrialis&#233; mis &#224; part le secteur p&#233;trolier. Une grande diff&#233;rence avec le Chili est le fait, qu'au Venezuela, on ne soit pas parvenu &#224; construire un mouvement ouvrier et syndical de classe et d&#233;mocratique, autonome de la bureaucratie d'Etat. Un autre &#233;l&#233;ment int&#233;ressant de l'exp&#233;rience chilienne est la relation tendue entre le mouvement populaire et le gouvernement Allende. J'ai &#233;tudi&#233; les cordons industriels chiliens2 en tant qu'organismes sui generis de pouvoir populaire et, &#224; plusieurs moments, les cordons furent capables de s'opposer &#224; Allende et de r&#233;clamer des mesures r&#233;volutionnaires ou leurs approfondissement, sans pour autant &#8211; c'est vrai &#8211; emp&#234;cher le coup d'&#201;tat&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre point de d&#233;bat strat&#233;gique est justement de savoir, jusqu'&#224; quel point, nous pouvons faire confiance aux institutions, et &#224; la possibilit&#233; messianique &#171; d'utiliser &#187; l'&#201;tat pour transformer la soci&#233;t&#233; d'en haut ; autrement dit, si nous construisons un socialisme d&#233;mocratique, du &#171; xxie si&#232;cle &#187; &#224; partir de l'&#201;tat ou pr&#233;cis&#233;ment &#224; partir du d&#233;veloppement des formes de &#171; pouvoir populaire constituant &#187;, du contr&#244;le ouvrier et de la participation citoyenne. Au Venezuela, par exemple, des exp&#233;riences de cogestion comme &#224; Sidor [NdT : entreprise sid&#233;rurgique nationalis&#233;e] ont &#233;t&#233; rapidement noy&#233;es par la bureaucratie et des difficult&#233;s internes3. C'est la m&#234;me chose avec la question tr&#232;s compliqu&#233;e de la violence politique, du r&#244;le de l'imp&#233;rialisme et des Forces Arm&#233;es : il est vrai qu'au Venezuela, &#224; la diff&#233;rence de la voie chilienne, on a pens&#233; le processus comme &#233;tant &#171; pacifique mais arm&#233; &#187; &#8211; il y a dans le pays de Bol&#237;var une dynamique civilo-militaire bien diff&#233;rente de celle de l'exp&#233;rience chilienne. Au-del&#224; de cela, la &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187; met &#224; nouveau sur la table un d&#233;bat non tranch&#233; de l'Unit&#233; Populaire : que pouvons nous faire de l'&#201;tat et avec quel type d'&#201;tat ? Jusqu'&#224; quel point le gouvernement et les &#233;lections sont des instruments de conqu&#234;tes d&#233;mocratiques et comment s'appuyer de mani&#232;re d&#233;termin&#233;e sur des formes de pouvoir populaire et de d&#233;mocratisation radicale des relations de production, pour avancer au-del&#224; ? Et, comment affronter ainsi, &#224; partir du meilleur rapport de force possible, les droites, les ing&#233;rences ext&#233;rieures et l'h&#233;g&#233;monie culturelle, &#233;conomique, m&#233;diatique des dominants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par Valeria Ianni pour la revue &#171; La Llamarada &#187; (Buenos Aires)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Source &lt;/strong&gt; : &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/noticia.php?id=181839&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rebelion.org/noticia.php?id=181839&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction de l'espagnol (revue et actualis&#233;e par l'auteur) par Ataulfo Riera, &#233;diteur du site belge &#171; Avanti &#187; : &lt;a href=&#034;http://www.avanti4.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.avanti4.be&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;* &lt;strong&gt;Franck Gaudichaud&lt;/strong&gt; politologue est ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'Universit&#233; Grenoble 3, membre du groupe de travail &#171; Am&#233;riques latines &#187; du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, France) et militant de la IVe Internationale. Il est copr&#233;sident de l'association France Am&#233;rique Latine et participe au comit&#233; &#233;ditorial du site &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rebelion.org&lt;/a&gt; et de la revue ContreTemps.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Union portuaire du Chili : retour sur une exp&#233;rience syndicale originale</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/L-Union-portuaire-du-Chili-retour-sur-une-experience-syndicale-originale</link>
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		<dc:creator>Franck Gaudichaud *</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'Union portuaire du Chili se dresse contre l'un des patronats les plus puissants du c&#244;ne sud latino-am&#233;ricain. Regroupement de lutte des dockers chiliens, original et combatif, elle est devenue un r&#233;f&#233;rent de la revitalisation d'une partie du syndicalisme dans un pays connu pour avoir &#233;t&#233; l'un des laboratoires du n&#233;olib&#233;ralisme. Retour sur cette exp&#233;rience de lutte syndicale. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; L'Union Portuaire du Chili soutient et approuve, de toutes ses forces, l'id&#233;e de r&#233;former la l&#233;gislation du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Chili" rel="directory"&gt;Chili&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Union portuaire du Chili se dresse contre l'un des patronats les plus puissants du c&#244;ne sud latino-am&#233;ricain. Regroupement de lutte des dockers chiliens, original et combatif, elle est devenue un r&#233;f&#233;rent de la revitalisation d'une partie du syndicalisme dans un pays connu pour avoir &#233;t&#233; l'un des laboratoires du n&#233;olib&#233;ralisme. Retour sur cette exp&#233;rience de lutte syndicale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_9053 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L224xH224/bio-bio-f854a-47329.jpg?1694496749' width='224' height='224' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Union Portuaire du Chili soutient et approuve, de toutes ses forces, l'id&#233;e de r&#233;former la l&#233;gislation du travail dans tous les aspects qui permettent une r&#233;elle libert&#233; syndicale, une n&#233;gociation collective, une &#233;galit&#233; des pouvoirs entre travailleurs et entreprises, qui permettent une meilleure distribution des revenus g&#233;n&#233;r&#233;s par tous et toutes. Nous d&#233;fendons cette id&#233;e, mais nous affirmons aussi que [le projet de loi] qui a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; le 29 d&#233;cembre 2014 est insuffisant car plusieurs points, qui vont &#224; l'encontre de la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des travailleurs, n'ont pas &#233;t&#233; abord&#233;s, ce qui d&#233;s&#233;quilibre encore davantage le pouvoir d&#233;tenu et concentr&#233; par les chefs d'entreprise (&#8230;). Nous ne cautionnerons ni approuverons une politique qui ferait &#224; nouveau des cadeaux aux secteurs conservateurs du pays &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que s'exprimait dans une d&#233;claration publique, en janvier dernier, l'Union portuaire du Chili &#224; propos du projet de r&#233;forme du code du travail du gouvernement social-lib&#233;ral de Mich&#232;le Bachelet, dont la coalition regroupe notamment les anciens alli&#233;s que sont le PS et la D&#233;mocratie chr&#233;tienne (DC)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les gouvernements de la &#171; Concertation &#187; regroupant PS, DC et partis du &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais aussi de nouveaux venus dans cette &#171; Nouvelle majorit&#233; &#187;, dont particuli&#232;rement le Parti communiste (PC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'Arica &#224; Punta Arenas, l'union syndicale des dockers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, en 2011, appara&#238;t l'Union Portuaire du B&#237;o-Bio (UPBB), r&#233;gion du sud du pays, celle-ci reprenait le fil rouge d'une longue histoire de luttes qui s'&#233;talent du XIXe si&#232;cle jusqu'&#224; nos jours, dans le secteur &#233;conomique hautement strat&#233;gique que sont les ports. Aujourd'hui, les dirigeants de cette union r&#233;gionale se souviennent de l'importance du pr&#233;c&#233;dent organisationnel &#233;tabli, dans les ann&#233;es 2000 &#224; l'autre bout du pays, par la Coordination r&#233;gionale portuaire, sous l'impulsion de Jorge Silva (ville d'Iquique). Ils reconnaissent aussi la valeur et le r&#244;le de leaders encore actifs, comme Robinson Avalos (Union portuaire Norte Chico) ou de dirigeants comme Dante Campana, militant r&#233;volutionnaire venu du MIR (Mouvement de la gauche r&#233;volutionnaire) et remarquable organisateur syndical de la r&#233;gion du B&#237;o-Bio (d&#233;c&#233;d&#233; en 2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union portuaire fera ensuite un bond en avant, passant d'une &#233;chelle r&#233;gionale &#224; un niveau national, devenant en juin 2011 &#171; Union portuaire du Chili &#187; (UPCH). Enfin, cette organisation transversale &#8211; non reconnue l&#233;galement par l'Etat chilien &#8211; s'est d&#233;finitivement consolid&#233;e lors d'une rencontre de dockers venus de plusieurs ports du Chili, &#224; Tocopilla, mi-octobre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous discutions, il y a quelques mois, avec Jos&#233; Agurto (plus connu sous le nom de &#171; El &#209;aro &#187;), au si&#232;ge du syndicat des arrimeurs de San Vicente, l'actuel porte-parole de l'UPBB tenait &#224; souligner la force r&#233;sultant de l'unification le long de la c&#244;te pacifique chilienne des cinq unions portuaires r&#233;gionales existant d'Arica &#224; Punta Arenas, c'est-&#224;-dire de la fronti&#232;re p&#233;ruvienne aux terres australes de la Patagonie : &#171; une union puissante comme cinq mains ! &#187;, ainsi que l'illustre le logo qui identifie d&#233;sormais l'organisation. Et cela, m&#234;me si de nombreux conflits ont jalonn&#233; cette unification syndicale et territoriale complexe, dans une structure qui regroupe aujourd'hui sur le m&#234;me plan int&#233;rimaires et &#171; embauch&#233;s &#187;, des organisations de taille tr&#232;s diverses, des m&#233;tiers et des ports aux histoires distinctes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Agurto, &#171; ce qui est amusant chez les travailleurs portuaires, c'est qu'ils &#171; s'y croient &#187; tous. Ils sont tous chefs ! Il n'y a aucun soldat de base (&#8230;) En plus, dans le secteur portuaire, beaucoup d'argent circule. Tout le monde suspecte tout le monde : qui est &#171; mouill&#233; &#187;' et corrompu, qui ne l'est pas&#8230; Et celui qui ne l'est pas, il faut bien lui inventer quelque chose pour le faire tomber. Il y a beaucoup de dirigeants qui ont l'&#339;il sur un si&#232;ge vide pour pouvoir l'occuper. Mais c'est aussi pour &#231;a que nous sommes une organisation &#8216;&#171; de fait &#187;'. Nous ne voulons pas &#234;tre une union syndicale de droit, afin que ceux qui se croient chefs ne restent pas d&#233;finitivement viss&#233;s &#224; leur si&#232;ge de dirigeants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'histoire de ces travailleurs reste &#224; &#233;crire, il est ind&#233;niable que les dockers constituent l'un des &#233;l&#233;ments essentiels de la structure du mouvement ouvrier chilien, l'un des plus puissants de l&#8216;Am&#233;rique du sud jusqu'au coup d'Etat de 1973. Ils ont particip&#233; activement &#224; la naissance d'une conscience de classe au sein du &#171; bas peuple &#187; (bajo pueblo) et aid&#233; &#224; la naissance de nombreuses organisations ouvri&#232;res, en initiant plusieurs gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales, en paralysant les ports et donc l'activit&#233; de tout le pays, en recherchant le soutien des salari&#233;s d'autres branches et en r&#233;ussissant &#8211; &#224; plusieurs reprises &#8211; &#224; faire plier l'oligarchie locale, les compagnies &#233;trang&#232;res et les gouvernements en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, pr&#232;s de 95 % des &#233;changes internationaux de marchandises (le Chili est le pays qui a sign&#233; le plus de trait&#233;s de libre-&#233;change au monde) s'effectuent au travers des terminaux maritimes. Ceux-ci se situent ainsi au c&#339;ur du syst&#232;me primo-exportateur et extractiviste n&#233;olib&#233;ral sudam&#233;ricain : les dockers voient d&#233;filer entre leurs mains, sur leurs &#233;paules, dans leurs pelles, leurs grues et le ventre de gigantesques cargos venus du monde entier, les principales richesses et mati&#232;res premi&#232;res du Chili.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le salp&#234;tre d'antan a &#233;t&#233; remplac&#233; par le cuivre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pays poss&#232;de les premi&#232;res r&#233;serves au monde de cet &#171; or rouge &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le vin, la production agricole, la p&#234;che ou le bois, et d&#233;sormais les produits de luxe import&#233;s d'Europe par les &#233;lites cr&#233;oles de l'&#233;poque coloniale, ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par les containers de voitures et de produits asiatiques manufactur&#233;s&#8230; Cependant, les travailleurs des sites portuaires continuent de se battre pour leurs droits, montrant une voie possible, bien qu'ardue, pour (re)construire un mouvement syndical &#171; lutte de classe &#187; dans un contexte de &#171; n&#233;olib&#233;ralisme avanc&#233; &#187; et de grande fragmentation syndicale. Car si on a assist&#233; depuis 2006-2007 &#224; un retour des conflits du travail, le syndicalisme ne s'est toujours globalement pas relev&#233; de 17 ans de dictature (1973-1989) et de 25 ans de d&#233;mocratie n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En lutte contre les propri&#233;taires du Chili&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soumis &#224; des conditions de travail ext&#233;nuantes, parfois dans des ports sinistr&#233;s par les tremblements de terre ou l'abandon &#233;conomique, les dockers ont d&#251; r&#233;sister &#224; de nombreux cycles de r&#233;pression. D&#233;j&#224; en 1921, en pleine crise du salp&#234;tre, ils avaient d&#233;fi&#233; les mesures r&#233;pressives de la bourgeoisie commerciale de plusieurs ports, avec une gr&#232;ve qui s'&#233;tait &#233;tendue d'Antofagasta &#224; Punta Arenas, avec le soutien actif des Wobblies (&lt;i&gt;Industrial Workers of the World&lt;/i&gt; &#8211; IWW), le grand syndicat de tendance anarcho-syndicaliste, &#224; cette &#233;poque encore tr&#232;s pr&#233;sent dans les ports chiliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#233;videmment, depuis cette date, des changements importants sont intervenus tant au niveau de l'activit&#233; portuaire mondiale que du point de vue de la physionomie politico-sociale du Chili. La dictature, avec les r&#233;formes de 1981, a mis fin au syst&#232;me qui r&#233;gulait les emplois publics portuaires. Par la suite, la politique de mise en concession des ports d'Etat &#224; diverses holdings et la cr&#233;ation de terminaux priv&#233;s sous les gouvernements de la Concertation (1990-2010) ont aussi modifi&#233; profond&#233;ment, et d&#233;grad&#233;, les conditions de travail. Avec plus de 4000 km de c&#244;tes, le pays dispose actuellement de 36 ports, dont 26 sont aux mains d'investisseurs priv&#233;s et 10 sont contr&#244;l&#233;s par l'Etat (mais livr&#233;s &#224; l'app&#233;tit vorace des concessionnaires priv&#233;s). Matte, Lucksic, Von Happen, Claro : les noms &#8211; et le portefeuille &#8211; des familles capitalistes les plus puissantes du Chili (et du c&#244;ne sud) r&#233;sonnent dans la plus grande partie de l'activit&#233; portuaire, en alliance avec d'immenses groupes transnationaux. Car si la rentabilit&#233; des ports n'est pas toujours extraordinaire, les d&#233;tenir signifie poss&#233;der un pouvoir consid&#233;rable : cela revient &#224; dominer les flux commerciaux d'une nation et &#224; contr&#244;ler les processus d'acheminement des produits de ces m&#234;mes entreprises tentaculaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224;, l'obsession des &#171; propri&#233;taires du Chili &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Chili est l'un des pays plus les plus in&#233;galitaire au monde : une poign&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de la Chambre maritime et des politiciens : neutraliser, r&#233;primer et, quand c'est possible, &#171; acheter &#187; les responsables des puissantes organisations syndicales portuaires. Le niveau de violence contre ces organisations a &#233;t&#233; exemplaire lors des derniers conflits men&#233;s par l'UPCH : les interventions polici&#232;res et la militarisation des ports (dont la &#171; s&#233;curisation &#187; est assur&#233;e par la Marine) ont fait des dizaines de bless&#233;s au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut particuli&#232;rement le cas contre le syndicat num&#233;ro 2 du Port d'Angamos (principal port exportateur de cuivre du pays), situ&#233; &#224; Mejillones et administr&#233; par Ultraport, entreprise propri&#233;t&#233; de Von Happen, patron fi&#232;rement pinochetiste&#8230; A Angamos, apr&#232;s d'intenses mobilisations durant toute l'ann&#233;e 2013 et presque un mois de gr&#232;ve entre d&#233;cembre 2013 et janvier 2014, avec le soutien solidaire de toute l'Union portuaire, le syndicat a &#233;t&#233; litt&#233;ralement d&#233;truit et ses dirigeants licenci&#233;s, faute d'une lecture ad&#233;quate du rapport de forces. R&#233;cemment, c'est &#224; Puerto Central (San Antonio), concession li&#233;e au groupe Matte, que la direction a profit&#233; des dissensions existant entre l'ancien porte-parole national de l'UPCH, le &#171; caudillo &#187; Sergio Vargas et Diego Silva, pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration des travailleurs de Costanera Espig&#243;n (une concession portuaire voisine), pour diviser les travailleurs (et finalement marginaliser d&#233;finitivement Vargas au sein du port).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quatre ans, les nombreuses mobilisations de l'UPCH ont n&#233;anmoins r&#233;ussi &#224; faire trembler les classes dominantes, tout en repr&#233;sentant une critique envers l'attitude de conciliation d'organisations syndicales telles que la COTRAPORCHI (Conf&#233;d&#233;ration des travailleurs portuaires du Chili) ou encore la direction de la CUT (Centrale unique des travailleurs), principale conf&#233;d&#233;ration syndicale du pays, dirig&#233;e par des militant-e-s PC, PS et DC. En ao&#251;t 2011, l'UPBB avait d'ailleurs refus&#233; de soutenir la gr&#232;ve nationale appel&#233;e par la CUT, en pr&#233;cisant que &#171; la centrale n'a jamais d&#233;fendu, ni soutenu, les demandes r&#233;elles des travailleurs du pays, puisque cette institution n'a fait que servir tous les gouvernements post-dictature, qui l'ont utilis&#233;e &#224; leurs propres fins &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves successives, les actions de boycott des cargos, le blocage des entr&#233;es des ports ou les gr&#232;ves solidaires de l'Union ont entrain&#233; la perte de millions de dollars pour les actionnaires des entreprises li&#233;es &#224; l'import-export. La mobilisation qui a dur&#233; 22 jours d&#233;but 2014, afin d'exiger le droit &#224; une demi-heure de pause-repas (toujours pas reconnu &#224; cette date !), aurait repr&#233;sent&#233; une perte de 180 millions de dollars par jour, selon la Chambre nationale du commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement la force de cette unit&#233; dans la diversit&#233;, de syndicat &#224; syndicat, de port &#224; port, de territoire &#224; territoire, qui a port&#233; ses fruits en obligeant le gouvernement de Pi&#241;era (droite, 2010-2014) &#224; mettre en route une &#171; loi courte &#187; octroyant pour tous les ports une prime compensatoire pour les pause-repas (une mesure r&#233;troactive repr&#233;sentant pour chaque salari&#233; un gain de 750 000 pesos, environ 1 100 euro, par ann&#233;e travaill&#233;e)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le salaire minimum est de 241 000 pesos (335 euros) et 75 % des salari&#233;-e-s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cet accord, arrach&#233; de haute lutte, a finalement &#233;t&#233; repris et confirm&#233; par l'actuel ex&#233;cutif, et la ministre du travail, Javiera Blanco, a aussi promis de pr&#233;senter une loi destin&#233;e &#224; &#171; am&#233;liorer et moderniser les conditions de travail &#187; des dockers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#233;videmment, ne serait-ce que sur un plan strictement cat&#233;goriel, il reste encore beaucoup &#224; conqu&#233;rir, en commen&#231;ant par un salaire national unique. Car si dans certains ports du nord, le &#171; tour &#187; de travail est pay&#233; 36 000 pesos (environ 50 euros), dans d'autres ports il ne rapporte que 14 000 pesos (20 euros) pour une t&#226;che &#233;quivalente. L'immense majorit&#233; des 8 000 travailleurs maritimes et portuaires est compos&#233;e d'ouvriers pr&#233;caires et int&#233;rimaires, effectuant des tours de 7 heures 30, parfois plusieurs par jour, en tant que grutiers, arrimeurs, manutentionnaires, caristes, empaqueteurs et autres t&#226;ches&#8230; M&#234;me s'ils revendiquent leur &#171; libert&#233; &#187;, ces salari&#233;s dits &#171; &#233;ventuels &#187; sont en permanence &#224; la merci des fluctuations du march&#233; mondial, ainsi que des produits nationaux de saison, pour pouvoir subvenir &#224; leurs besoins et ceux de leurs familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enqu&#234;tes confirment aussi la dangerosit&#233; de ce travail. Chaque ann&#233;e, on compte des bless&#233;s graves et des morts sur les quais des ports. Pour mieux se d&#233;fendre et g&#233;rer collectivement les tours de travail, certains syndicats ont r&#233;ussi &#224; maintenir &#8211; ou parfois &#224; restaurer &#8211; la fameuse &#171; nomm&#233;e &#187; (nombrada). Ce syst&#232;me permet une gestion des tourn&#233;es par m&#233;tiers, exclusivement sous contr&#244;le du syndicat qui &#171; nomme &#187;, selon une liste rotative de titulaires et de suppl&#233;ants, &#233;tablie en assembl&#233;e, qui doit aller travailler tel jour en fonction de la demande du moment. Il s'agit d'une forme originale d'auto-administration de la distribution du travail (sans que les directions des entreprises ne puissent intervenir) et de renforcement du pouvoir syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me qui existe dans plusieurs ports de par le monde peut &#233;videmment favoriser tout type de client&#233;lisme s'il n'est pas organis&#233; d&#233;mocratiquement. Mais sous le contr&#244;le permanent de l'assembl&#233;e des travailleurs, il constitue une arme puissante en leur faveur, d'ailleurs constamment d&#233;nonc&#233;e par la presse conservatrice et les organisations patronales comme &#171; atteinte &#224; la libre entreprise &#187;. Pour Nelson Francino, pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration des travailleurs portuaires d'Iquique, il n'y a aucun doute : &#171; nous n'allons jamais renoncer &#224; la &#8216;&#8216;nomm&#233;e'', c'est gr&#226;ce &#224; elle que nous avons progress&#233;, gagn&#233; davantage de force ; et, de plus, nous nous engageons en faveur d'une gestion transparente et juste des attributions des tours de travail, r&#233;gul&#233;e par une personne &#233;lue et ses collaborateurs, &#224; tour de r&#244;le &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;forme du travail du gouvernement Bachelet : &#171; un crime contre le syndicalisme &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une caract&#233;ristique peut-&#234;tre encore plus significative, en ces temps de perte des identit&#233;s de classe et d'individualismes exacerb&#233;s, est que l'Union portuaire ne se mobilise pas seulement pour ses revendications imm&#233;diates ou salariales. Depuis sa cr&#233;ation, ses dirigeants insistent et sensibilisent leurs bases pour se solidariser activement avec d'autres luttes de salari&#233;-e-s (en particulier ceux des entreprises foresti&#232;res et les mineurs de cuivre), mais aussi avec le mouvement &#233;tudiant (avec m&#234;me des blocages de ports en solidarit&#233; avec le &#171; printemps &#233;tudiant &#187; de 2011, fait in&#233;dit depuis la fin de la dictature), ou encore avec le mouvement &#171; Non aux fonds de pension &#187; (contre le syst&#232;me de retraite par capitalisation g&#233;n&#233;ralis&#233; sous Pinochet).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UPCH demande aussi la nationalisation des ressources naturelles et la r&#233;cup&#233;ration du cuivre (premi&#232;re r&#233;serve mondiale) et soutient l'id&#233;e d'une assembl&#233;e constituante pour mettre fin &#224; la constitution autoritaire de 1980, instaur&#233;e sous la junte militaire et jamais abrog&#233;e depuis. Cette appr&#233;hension globale &#8211; et clairement politique &#8211; de l'engagement syndical consid&#232;re que lutter pour des droits imm&#233;diats signifie n&#233;cessairement combattre &#233;galement le capitalisme n&#233;olib&#233;ral et cr&#233;er les conditions d'une articulation des salari&#233;-e-s et des opprim&#233;-e-s bien au-del&#224; des ports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224;, l'effort constant afin d'essayer de r&#233;unir dans des fronts communs les diff&#233;rents syndicats des secteurs strat&#233;giques de l'&#233;conomie chilienne. C'est ainsi que le 17 mars 2015, des dirigeants de l'Union portuaire venus de tout le Chili se sont r&#233;unis &#224; Santiago avec la Conf&#233;d&#233;ration des travailleurs du cuivre (CTC), les f&#233;d&#233;rations syndicales foresti&#232;res, des syndicalistes de la construction, du transport et la F&#233;d&#233;ration des syndicats des travailleurs de la t&#233;l&#233;vision (FetraTV), afin de rendre public leur rejet du projet de r&#233;forme du code du travail qui &#233;tait vot&#233; le m&#234;me jour par la commission de travail de la Chambre des d&#233;put&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;forme, si elle acte effectivement quelques avanc&#233;es en termes de droit syndical &#233;l&#233;mentaire, introduit de nouvelles r&#233;gressions et surtout valide l'esprit et la lettre du code du travail de 1979 (dont, entre autres, l'interdiction de toute n&#233;gociation collective par branche et un droit de gr&#232;ve totalement atrophi&#233;). Pour Manuel Ahumada (pr&#233;sident de la CTC), le d&#233;fi est de forger un &#171; espace d'articulation &#187; capable de &#171; g&#233;n&#233;rer une action syndicale &#224; la disposition de tous les travailleurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour, et malgr&#233; une certaine frustration suite &#224; une rencontre qui n'avait pas d&#233;bouch&#233; sur un accord concret pour engager les mobilisations dans l'attente du calendrier parlementaire, l'UPCH a d&#233;montr&#233; &#224; nouveau sa capacit&#233; d'action, en organisant une courte &#171; gr&#232;ve d'avertissement &#187; dans plusieurs ports contre une r&#233;forme qualifi&#233;e par Gabriel Rebolledo (UPBB) de &#171; recul important pour les travailleurs &#187;. Cette gr&#232;ve fut suivie, la m&#234;me semaine, de diverses actions de la part des travailleurs de la construction, des chauffeurs et ouvriers forestiers, sans pourtant d&#233;boucher sur une gr&#232;ve nationale en coordination avec la puissante CTC (dirig&#233;e par le PC), comme l'Union le souhaitait initialement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d&#233;moralis&#233;s pour autant, les membres de l'UPCH continuent &#224; appeler &#224; la mobilisation, et ce parfois jusqu'au volontarisme. Ainsi, &#224; l'issue de son congr&#232;s national de juin dernier, constatant la &#171; crise de repr&#233;sentativit&#233; du parlement &#187; emp&#234;tr&#233; dans de nouveaux cas de corruption et le caract&#232;re r&#233;gressif des r&#233;formes du gouvernement, l'Union annon&#231;ait en fanfare une &#171; paralysie prolong&#233;e &#187; de tous les ports du pays &#171; jusqu'&#224; ce que soient &#233;limin&#233;s tous les points qui font de la proposition de r&#233;forme [du code du travail] un b&#226;illon contre le monde syndical &#187;. Un d&#233;fi de taille, alors que le projet est pr&#234;t d'&#234;tre vot&#233; et que l'ex&#233;cutif b&#233;n&#233;ficie non seulement d'une confortable majorit&#233; de gouvernement, mais aussi du soutien (critique) de la CUT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, le 5 juillet, la veille du d&#233;but de l'&#233;preuve de force, les dirigeants des dockers ont accept&#233; de mettre cette mobilisation nationale en suspens suite &#224; la proposition du minist&#232;re du travail de les recevoir &#224; nouveau, au grand dam d'une partie de la base, pr&#234;te &#224; en d&#233;coudre. Il semble pourtant que ce recul prudent soit aussi d&#251; &#224; la compr&#233;hension que, cette fois, de nombreux ports ne seraient pas en capacit&#233; de tenir longtemps en gr&#232;ve, alors que de vastes secteurs des travailleurs et du mouvement social restent encore paralys&#233;s ou peu organis&#233;s : la r&#233;pression syndicale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 24 juillet 2015, un salari&#233; de CODELCO (entreprise publique du cuivre), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la pr&#233;carit&#233; du quotidien n&#233;olib&#233;ral et l'absence, &#224; ce jour, d'alternative concr&#232;te &#224; gauche dans une perspective anticapitaliste large continuent de peser&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Sergio Parra, tr&#233;sorier du syndicat des arrimeurs de San Vicente et fondateur du bulletin portuaire El Chancho en Goma : &#171; ceci est le d&#233;but de la lutte, aujourd'hui sont r&#233;unis ceux qui ont r&#233;ellement le pouvoir de mobilisation. Nous ne voulons pas passer au-dessus des autres organisations existantes, nous souhaitons initier un chemin de mobilisation ascendante qui r&#233;ussisse &#224; stopper cette r&#233;forme du travail, un crime contre le syndicalisme. Nous sommes en &#233;tat de mobilisation et nous devons nous rapprocher de toutes les organisations syndicales (secteur public, commercial, industriel, etc.), de tous ceux qui vont &#234;tre affect&#233;s par cette r&#233;forme. Parall&#232;lement, en tant qu'Union portuaire nous allons continuer &#224; nous renforcer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En regardant en arri&#232;re et en faisant un premier bilan de ses ann&#233;es de militantisme syndical, Jos&#233; Agurto fait remarquer que quoiqu'il arrive, les dockers ont toujours su d&#233;passer les limites de la l&#233;galit&#233; et d'un code du travail ill&#233;gitime car d&#233;cr&#233;t&#233; en 1979, en plein terrorisme d'Etat (et accept&#233; par la suite avec quelques modifications par les gouvernements &#233;lus) : &#171; je crois que les grandes conqu&#234;tes que nous avons obtenues ces 14 derni&#232;res ann&#233;es ont toutes &#233;t&#233; ill&#233;gales. Et c'est pour cela que nous avons gagn&#233; le respect des patrons et des gouvernements en place. Avec toutes les richesses qui passent entre nos mains, nous n'avons pas &#224; &#234;tre &#171; l&#233;gaux &#187;, mais simplement &#224; maintenir notre unit&#233;. Tant que nous r&#233;ussirons &#224; maintenir notre unit&#233; en tant que travailleurs, rien ne pourra nous faire plier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Franck Gaudichaud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte publi&#233; initialement en fran&#231;ais sur le site du NPA et en espagnol dans la revue &#171; &lt;strong&gt;Punto Final&lt;/strong&gt; &#187; (Santiago de Chile), n&#176; 825 d'avril 2015.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;* &lt;strong&gt;Franck Gaudichaud&lt;/strong&gt; politologue est ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'Universit&#233; Grenoble 3, membre du groupe de travail &#171; Am&#233;riques latines &#187; du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, France) et militant de la IVe Internationale. Il est copr&#233;sident de l'association France Am&#233;rique Latine et participe au comit&#233; &#233;ditorial du site &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rebelion.org&lt;/a&gt; et de la revue ContreTemps.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les gouvernements de la &#171; Concertation &#187; regroupant PS, DC et partis du &#171; centre &#187;, ont dirig&#233; l'ex&#233;cutif de la sortie de la dictature en 1990 jusqu'&#224; 2010. Pour une lecture critique de l'actualit&#233; politique chilienne, voir l'entretien &#171; Chili : luttes sociales et processus constituant &#187; publi&#233; dans l'Anticapitaliste Hebdo, n&#176; 295, en juin 2015 (&lt;a href=&#034;http://www.npa2009.org/idees/le-chili-apres-les&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.npa2009.org/idees/le-chili-apres-les&#8230;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le pays poss&#232;de les premi&#232;res r&#233;serves au monde de cet &#171; or rouge &#187;, qualifi&#233; par Salvador Allende de &#171; salaire du Chili &#187; lorsque son gouvernement nationalisa &#8211; en 1971 &#8211; la ressource, alors majoritairement aux mains d'entreprises &#233;tats-uniennes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Chili est l'un des pays plus les plus in&#233;galitaire au monde : une poign&#233;e de &#171; grandes &#187; familles (Luksic, Paulmann, Saieh, Matte, Pi&#241;era, Angelini) domine sans partage tous les champs sociaux et figure parmi les 500 plus riches de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le salaire minimum est de 241 000 pesos (335 euros) et 75 % des salari&#233;-e-s gagnent moins de 400 000 pesos nets (soit 555 euros).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le 24 juillet 2015, un salari&#233; de CODELCO (entreprise publique du cuivre), membre de la CTC, organisation alors en pleine mobilisation au niveau de la mine El Salvador, a &#233;t&#233; assassin&#233; par balle par les forces sp&#233;ciales de gendarmerie (Carabineros), sans que le ministre de l'int&#233;rieur ne soit inqui&#233;t&#233;, ni m&#234;me &#233;cart&#233; par la pr&#233;sidente Bachelet. Cet assassinat fait suite aux dures r&#233;pressions qu'a v&#233;cues le mouvement &#233;tudiant depuis le d&#233;but de ce gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un dimanche de vote &#224; Santiago du Chili</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Un-dimanche-de-vote-a-Santiago-du-Chili</link>
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		<dc:date>2013-12-19T13:09:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Gaudichaud *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dimanche 15 d&#233;cembre, Santiago du Chili, 15 heures. &lt;br class='autobr' /&gt; Le soleil est &#224; son z&#233;nith, le ciel appara&#238;t limpide et temporairement lib&#233;r&#233; du halo de pollution qui s'accroche quotidiennement aux jupes de la Cordill&#232;re des Andes, surplombant la ville. La chaleur de l'&#233;t&#233; austral est d&#233;j&#224; l&#224;, &#233;touffante. Face &#224; la mairie, dans la commune du quartier de La Florida (sud de la capitale) tr&#244;nent un supermarch&#233; (aux mains de la multinationale Wal-Mart), un grand march&#233; de No&#235;l et le coll&#232;ge &#171; Bellavista (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Chili" rel="directory"&gt;Chili&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dimanche 15 d&#233;cembre, Santiago du Chili, 15 heures.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Le soleil est &#224; son z&#233;nith, le ciel appara&#238;t limpide et temporairement lib&#233;r&#233; du halo de pollution qui s'accroche quotidiennement aux jupes de la Cordill&#232;re des Andes, surplombant la ville. La chaleur de l'&#233;t&#233; austral est d&#233;j&#224; l&#224;, &#233;touffante. Face &#224; la mairie, dans la commune du quartier de La Florida (sud de la capitale) tr&#244;nent un supermarch&#233; (aux mains de la multinationale Wal-Mart), un grand march&#233; de No&#235;l et le coll&#232;ge &#171; &lt;i&gt;Bellavista La Florida&lt;/i&gt; &#187;. Comme lors du premier tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles du 17 novembre dernier, cet &#233;tablissement municipal a &#233;t&#233; transform&#233; en bureau de vote. Les passants jettent un &#339;il en coin aux militaires stationn&#233;s devant la porte. Plus rarement, certains entrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une semaine de travail souvent longue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nombreux sont les salari&#233;s qui travaillent 45 heures hebdomadaires, six (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, des couples bard&#233;s de sacs plastique prennent le temps de respirer un peu &#224; moins de dix jours des festivit&#233;s de fin d'ann&#233;e. C'est un va-et-vient continu entre les stands pr&#233;sentant des bibelots venus de Chine et les &#233;tals d'artisanat local ou de guirlandes color&#233;es. Au grand d&#233;sarroi de certains, le &#171; Mall &#187; Americo Vespucio, juste de l'autre c&#244;t&#233; de l'immense avenue Vicu&#241;a Mackenna, reste clos : en ce jour d'&#233;lections, les autorit&#233;s ont d&#233;cid&#233; de fermer ces temples de la consommation. Qu'importe : au m&#234;me moment, tout proche du centre-ville, le quartier Meiggs est submerg&#233; par une mar&#233;e humaine grosse de milliers de personnes venues profiter des commerces de proximit&#233;. Les affaires sont bonnes et l'affluence record : &lt;i&gt;&#171; Ici, on ach&#232;te, on ne vote pas &#187;,&lt;/i&gt; indique une affiche sur la fa&#231;ade d'une boutique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; dans la matin&#233;e, le site du journal conservateur &lt;i&gt;El Mercurio&lt;/i&gt; relevait la tr&#232;s faible participation. Une fois son &#171; devoir civique accompli &#187;, le pr&#233;sident sortant Sebasti&#225;n Pi&#241;era &#8212; un richissime homme d'affaires qui, en 2010, a r&#233;ussi &#224; faire gagner la droite pour la premi&#232;re fois depuis la fin de la dictature, en 1989&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Au Chili, les vieilles lunes de la nouvelle droite &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212;, d&#233;clare solennellement : &lt;i&gt;&#171; Tout Chilien qui ne veut pas aller voter d&#233;montre une absence de tendresse pour son pays. &#187;&lt;/i&gt; En vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de la sixi&#232;me &#233;lection pr&#233;sidentielle depuis le d&#233;but de la transition d&#233;mocratique, mais de la premi&#232;re se d&#233;roulant sur la base du vote volontaire (avec inscription automatique sur les listes). Jusque-l&#224;, comme dans plusieurs pays d'Am&#233;rique latine, les &#233;lecteurs inscrits &#233;taient oblig&#233;s d'aller voter sous peine d'amende. Dans ces conditions, de nombreux Chiliens, souvent parmi les jeunes et les couches populaires, ne se faisaient pas enregistrer sur les listes &#233;lectorales : pas vu, pas pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections municipales de 2012 s'&#233;taient d&#233;j&#224; d&#233;roul&#233;es suivant ces nouvelles r&#232;gles. L'abstention avait atteint 60 %, donnant des sueurs froides aux politiciens. Lors du premier tour de la pr&#233;sidentielle, et malgr&#233; la pr&#233;sence de neuf candidats, moins de la moiti&#233; des 13,5 millions d'&#233;lecteurs (sur une population de plus de 17 millions d'habitants) se sont d&#233;plac&#233;s. Au terme de la journ&#233;e &#233;lectorale, le r&#233;sultat est sans surprise : face &#224; Mme Evelyn Matthei (droite &#8212; 37,8% des voix), Mme Michelle Bachelet sera la prochaine pr&#233;sidente avec plus de 62,2 % des voix. Mais le triomphe de celle qui fut pr&#233;sidente entre 2005 et 2010 se fait avec 255 000 voix de moins que lors de son premier mandat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les r&#233;sultats officiels sont &#224; consulter &#224; cette adresse.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Seuls 41 % des &#233;lecteurs se sont d&#233;plac&#233;s jusqu'aux urnes : c'est le chiffre le plus bas depuis la transition d&#233;mocratique. A cette donn&#233;e vient s'ajouter l'exclusion du droit de vote de plus de 850 000 Chiliens vivants &#224; l'&#233;tranger (un h&#233;ritage du r&#233;gime militaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour M. Laurence Golborne, ex-ministre et t&#233;nor de la droite, &lt;i&gt;&#171; il est pr&#233;occupant que seulement 25 % des Chiliens &#233;lisent la nouvelle pr&#233;sidente &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Citation tir&#233;e, comme les suivantes, de &#171; Abstenci&#243;n : El fantasma que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Le directeur du Service &#233;lectoral, M. Patricio Santa Mar&#237;a, souligne au contraire que la forte abstention n'enl&#232;ve pas la moindre l&#233;gitimit&#233; aux r&#233;sultats. Suivie en c&#339;ur par une myriade de d&#233;put&#233;s, la s&#233;natrice d&#233;mocrate-chr&#233;tienne Ximena Rinc&#243;n rappelle de son c&#244;t&#233; que &lt;i&gt;&#171; le pr&#233;sident Obama a &#233;t&#233; &#233;lu avec seulement 40 % des voix et personne ne doute de son leadership &#187;&lt;/i&gt;. M. Obama &#224; la rescousse de la d&#233;mocratie chilienne ? Au-del&#224; de la bataille de chiffres, l'ensemble des dirigeants politiques sait qu'une profonde crise de repr&#233;sentativit&#233; traverse le syst&#232;me politique chilien depuis plusieurs ann&#233;es. Un syst&#232;me bas&#233; sur la Constitution h&#233;rit&#233;e de la dictature (1973-1989) et consolid&#233; durant les gouvernements de la Concertation, coalition regroupant socialistes, sociaux-lib&#233;raux et d&#233;mocrates-chr&#233;tiens (1990-2010). A l'entr&#233;e du march&#233; de No&#235;l de La Florida, un vieil homme au teint burin&#233; lance &#224; la vol&#233;e, sourire ironique en coin : &#171; &lt;i&gt;Mieux vaut profiter de ce beau dimanche pour faire ses achats de No&#235;l que d'aller voter ! De toute mani&#232;re &#224; quoi nous sert la politique, &#224; nous ? Demain il faudra quand m&#234;me se lever t&#244;t pour travailler.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Concertation 2.0 &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La victoire de Mme Bachelet n'a gu&#232;re surpris. A l'issue de son premier mandat, les sondages lui attribuaient un niveau de popularit&#233; sup&#233;rieur &#224; 80 %. Apr&#232;s un s&#233;jour &#224; New York &#224; la t&#234;te d'une antenne de l'Organisation des Nations unies sp&#233;cialis&#233;e dans la d&#233;fense des femmes (ONU-femmes), elle revient au Chili au terme d'une campagne de communication impeccable. Son succ&#232;s (74,92 %) lors de la primaire du 30 juin dernier laissait m&#234;me esp&#233;rer une victoire d&#232;s le premier tour. Et ce d'autant plus que, confront&#233;e aux critiques rappelant que la Concertation a us&#233; et approfondit le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral quand elle &#233;tait aux affaires de 1990 &#224; 2010, Mme Bachelet a su forger un nouveau r&#233;cit destin&#233; &#224; r&#233;-enchanter une partie des &#233;lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, la coalition est parvenue &#224; int&#233;grer le Parti communiste (PC) et de petites organisations sociale-d&#233;mocrates&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit de la gauche citoyenne (IC), issues de la Gauche chr&#233;tienne et du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cr&#233;ant ainsi la &#171; Nouvelle majorit&#233; &#187;. En &#233;change de plusieurs circonscriptions et arguant qu'il s'agissait d&#233;sormais de cr&#233;er une vaste majorit&#233; &#233;lectorale autour d'un projet de reformes, le PC &#8212; principal parti &#224; la gauche de la Concertation &#8212; est ainsi devenu un alli&#233; important au moment de d&#233;fendre l'image progressiste de l'ex-pr&#233;sidente. L'organisation, cr&#233;&#233;e il y a cent ans par Luis Emilio Recabarren, double ainsi sa repr&#233;sentation parlementaire. Parmi les six d&#233;put&#233;s communistes, on trouve deux jeunes femmes : l'ex-dirigeante des Jeunesses communistes Karol Cariola, et l'une des figures du mouvement &#233;tudiant de 2011, Mme Camila Vallejo (&#233;lue avec 40 % des voix). Et malgr&#233; les grincements de la d&#233;mocratie-chr&#233;tienne (centre-droit, DC), le PC offre au futur gouvernement des relais (limit&#233;s) au sein des mouvements sociaux, en particulier &#224; la t&#234;te de la Centrale unitaire des travailleurs (CUT), dirig&#233;e par la communiste Francisa Figueroa, qui a appel&#233; ouvertement &#224; voter Bachelet. Le lendemain des &#233;lections, le pr&#233;sident du PC Guillermo Teillier ne pouvait encore confirmer une participation au gouvernement, mais r&#233;affirmait &lt;i&gt;&#171; sa loyaut&#233; &#187;&lt;/i&gt; au programme d&#233;fendu par la pr&#233;sidente, tout en rappelant la port&#233;e historique de cette victoire dans les urnes : &lt;i&gt;&#171; Le Parti communiste n'a pas gagn&#233; une &#233;lection pr&#233;sidentielle depuis le temps de Salvador Allende &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Teillier : &#8220;Vamos a trabajar con lealtad por el cumplimiento del programa&#8221; &#187;.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#187;,&lt;/i&gt; en 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du PC, l'ensemble des partis de la Nouvelle majorit&#233; a b&#233;n&#233;fici&#233; de tr&#232;s bons scores lors des &#233;lections l&#233;gislatives &#8212; tenues en m&#234;me temps que le premier tour de la pr&#233;sidentielle &#8212;, obtenant une majorit&#233; assez confortable au Congr&#232;s, avec 21 s&#233;nateurs sur 38 et 68 d&#233;put&#233;s sur 120. Cette position de force donnera &#224; l'ex&#233;cutif certaines majorit&#233;s qualifi&#233;es pour commencer &#224; modifier des &#171; lois organiques &#187; et d&#233;buter les r&#233;formes promises, en d&#233;pit des multiples &#171; cadenas &#187; l&#233;gislatifs ins&#233;r&#233;s dans la &#171; Constitution Pinochet &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un gouvernement de r&#233;formes ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mme Bachelet, b&#233;n&#233;ficiant d'une pl&#233;thorique &#233;quipe d'experts de 500 personnes, a organis&#233; sa campagne autour de trois axes principaux, &#224; grand renfort de marketing politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le site de Michelle Bachelet.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lire Libio P&#233;rez, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2009/12/PEREZ/18583&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une pr&#233;sidente ne fait pas le printemps&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique,&lt;/i&gt; d&#233;cembre 2009&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, la promesse d'une r&#233;forme constitutionnelle &#171; &lt;i&gt;participative, d&#233;mocratique et institutionnelle&lt;/i&gt; &#187;, qui requerra un accord au Parlement avec la droite (afin d'obtenir le quorum des deux tiers). La discussion pourrait &#234;tre pr&#233;c&#233;d&#233;e de consultations au sein de la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187;, et valid&#233;e par referendum : reine de l'ambigu&#239;t&#233; et jouant avec les tensions internes qui traversent sa coalition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; El arranque de la segunda vuelta desnuda el precario equilibrio de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la candidate a refus&#233; de se prononcer pour ou contre une v&#233;ritable Assembl&#233;e constituante et populaire (AC), au grand dam des collectifs qui ont anim&#233; la campagne &#171; Marque ton vote AC &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un peu plus de 10 % des &#233;lecteurs du second tour ont marqu&#233; leur bulletin de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Deuxi&#232;me axe, une r&#233;forme fiscale &#233;quivalente &#224; 3 % du produit int&#233;rieur brut (PIB), destin&#233;e &#224; augmenter (mod&#233;r&#233;ment&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme le soulignait l'ex-ministre de la Concertation et haut fonctionnaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) les &#233;normes b&#233;n&#233;fices des principales soci&#233;t&#233;s du pays. Et, enfin, une r&#233;forme de l'&#233;ducation qui r&#233;pondra en partie aux grandes mobilisations de la jeunesse de 2011-2012&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Victor de la Fuente, &#171; En finir (vraiment) avec l'&#232;re Pinochet &#187;, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir de la victoire, depuis le luxueux h&#244;tel Plaza San Francisco, Mme Bachelet a d'ailleurs tenu &#224; remercier &#171; la rue &#187;, en particulier les jeunes, et r&#233;it&#233;r&#233; sa promesse de donner naissance &#224; un &lt;i&gt;&#171; syst&#232;me &#233;ducatif public, gratuit et de qualit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui,&lt;/i&gt; a t-elle soulign&#233;, &lt;i&gt;personne ne doute que le profit ne peut &#234;tre le moteur de l'&#233;ducation. &#187;&lt;/i&gt; Dans un pays o&#249; le march&#233; de l'&#233;ducation est gigantesque et alors que nombre de responsables de la Concertation sont des acteurs centraux de ce juteux n&#233;goce, certains doutent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les liens entre la Concertation et le march&#233; de l'&#233;ducation sont confirm&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et ce, d'autant plus que la r&#233;forme, envisag&#233;e comme &lt;i&gt;&#171; graduelle &#187;&lt;/i&gt; et devant aboutir dans six ans (c'est-&#224;-dire au-del&#224; du mandat pr&#233;sidentiel), vise &#224; permettre aux &#233;tudiants d'acc&#233;der gratuitement aux universit&#233;s par le biais de subventions publiques... sans pour autant en finir avec l'h&#233;g&#233;monie des universit&#233;s priv&#233;es et le syst&#232;me des coll&#232;ges particuliers subventionn&#233;s (syst&#232;me issu des derniers jours de la dictature).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;veil des mouvements sociaux et fragmentation n&#233;olib&#233;rale &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme le souligne l'historien Mario Garc&#233;s, le Chili actuel se caract&#233;rise par le &lt;i&gt;&#171; r&#233;veil de la soci&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt; et l'irruption des mouvements sociaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mario Garc&#233;s, El despertar de la sociedad. Los movimientos sociales de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La puissance des luttes &#233;tudiantes pour l'&#233;ducation a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e de grandes mobilisations dans diverses r&#233;gions, de luttes &#233;cologistes de premier plan, mais aussi par le renouveau des gr&#232;ves salariales et diverses luttes syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lire Camilla Vallejo, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2013/09/VALLEJO/49599&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les &#233;tudiants d&#233;poussi&#232;rent une ic&#244;ne&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique,&lt;/i&gt; septembre 2013&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, certains per&#231;oivent l'&#233;lection de Mme Bachelet comme un contre-feu, susceptible de stabiliser le mod&#232;le exportateur n&#233;olib&#233;ral dans une conjoncture de mont&#233;e en puissance des conflits sociaux. Parmi eux, les sociologues Felipe Portales et Alberto Mayol. Ce dernier analyse la figure incombustible de Bachelet comme un ph&#233;nom&#232;ne &#171; christologique &#187;, incarnant dans l'imaginaire collectif la douleur de la dictature (elle a &#233;t&#233; victime de torture et son p&#232;re, g&#233;n&#233;ral l&#233;galiste, assassin&#233;), tout en soulignant que cette candidature permet &#224; une Concertation en perte de vitesse de redorer son blason, sans remettre en cause les &#233;quilibres macro&#233;conomiques et les int&#233;r&#234;ts des multinationales. A ce propos, la candidate et son &#233;quipe ont r&#233;it&#233;r&#233; &#8212; sans qu'il s'agisse d'un &#171; &lt;i&gt;accord id&#233;ologique excluant&lt;/i&gt; &#187; &#8212;, qu'il sera indispensable de &#171; &lt;i&gt;maintenir une relation active de coordination &#233;conomique au sien de l'Alliance du Pacifique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La propuesta del comando de Bachelet para RR.EE. &#187;, La Tercera, 17 ao&#251;t 2013.&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, axe g&#233;ostrat&#233;gique appuy&#233; par les Etats-Unis aux c&#244;t&#233;s du Mexique, de la Colombie, de Panama et du P&#233;rou (tous gouvern&#233;s &#224; droite). A peine l'&#233;lection consomm&#233;e, le pr&#233;sident bolivien Evo Morales n'a d'ailleurs pas h&#233;sit&#233; &#224; mettre au d&#233;fi la nouvelle pr&#233;sidente, en insistant sur le caract&#232;re &#171; &lt;i&gt;pro-imp&#233;rialiste et pro-capitaliste&lt;/i&gt; &#187; de l'Alliance : &#171; &lt;i&gt;Je doute que&lt;/i&gt; [Michelle Bachelet] &lt;i&gt;soit socialiste. Je vais vous dire franchement, publiquement : si Bachelet reste dans l'Alliance pour le Pacifique, sera alors confirm&#233; d&#233;finitivement qui elle d&#233;fend, d'o&#249; elle vient et ce qu'elle veut&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Evo Morales : &#171; Dudo que Bachelet sea socialista &#187; &#187;, Diario Registrado, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du premier tour, le 17 novembre, certains membres &#233;minents de l'&#233;lite patronale n'avaient pas h&#233;sit&#233; &#224; apporter leur soutien &#224; l'ex-pr&#233;sidente. A commencer par un poids lourd du capitalisme local : M. Jorge Awad, pr&#233;sident de l'association des banques chiliennes, qui soulignait &#224; quel point la reforme fiscale envisag&#233;e par la candidate serait indolore et que la candidate avait d&#233;j&#224; montr&#233; qu'elle serait une garante efficace des investissements &#233;trangers (miniers particuli&#232;rement). M. Awad n'est pas une exception : l'apport des grandes entreprises &#224; la campagne de la p&#233;diatre socialiste a repr&#233;sent&#233; le triple des sommes allou&#233;es &#224; la candidate adoub&#233;e par le pr&#233;sident sortant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;El Mercurio, 18 novembre 2013.&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re n'a &#233;t&#233; candidate que par d&#233;faut, &#224; la suite de d&#233;fections en cha&#238;ne. Elle aussi fille de g&#233;n&#233;ral, mais de ceux qui ont appuy&#233; la dictature, Mme Matthei repr&#233;sente les secteurs les plus r&#233;actionnaires de la coalition, l'Union d&#233;mocrate ind&#233;pendante (UDI), promettant de gouverner avec &#171; &lt;i&gt;la bible entre les mains&lt;/i&gt; &#187;. En regard, le pr&#233;sident sortant et certains membres de R&#233;novation nationale, l'autre parti de la coalition, continuent de caresser la strat&#233;gie de r&#233;novation lib&#233;rale de la droite, afin de regagner le pouvoir en 2017. Mais le fant&#244;me de Pinochet et des violations massives de droits humains colle toujours aux semelles de la coalition et l'UDI est loin d'&#234;tre liquid&#233;e : elle repr&#233;sente toujours la premi&#232;re force du Parlement, gr&#226;ce notamment &#224; des pratiques client&#233;listes bien rod&#233;es dans certains des quartiers les plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et maintenant... &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mme Vasquez est vendeuse ambulante de v&#234;tements. Vivement chichement et &#224; la t&#234;te d'une famille nombreuse, elle &#171; &lt;i&gt;ne se sent repr&#233;sent&#233;e ni par Matthei, ni par Bachelet&lt;/i&gt; &#187;. Selon elle, la victoire de cette derni&#232;re annoncerait &#171; &lt;i&gt;de nouvelles gr&#232;ves et des manifestations dans tous les sens. On va s&#251;rement revenir aux temps de l'Unit&#233; populaire et il va y avoir des destructions, de la violence. Et qui paye dans ces cas-l&#224; ? Et bien c'est nous, les gens du peuple&lt;/i&gt; &#187;. Nombre de syndicats et collectifs militants sont effectivement sur le pied de guerre, mais plut&#244;t pour essayer de reconstruire le tissu social et avec pour perspective d'exiger davantage au gouvernement. Dans une soci&#233;t&#233; qui reste l'une des plus in&#233;galitaires d'Am&#233;rique latine et dans laquelle la pr&#233;carit&#233; r&#232;gne sur le monde du travail, ce n'est pas t&#226;che facile&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M algr&#233; une croissante annuelle de plus de 5% du PIB, 5% de la population la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs signes souterrains confirment cependant que l'ann&#233;e 2014 pourrait &#234;tre &#171; chaude &#187;. R&#233;cemment, la pr&#233;sidence de la F&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants de l'Universit&#233; du Chili (FECH) a &#233;t&#233; gagn&#233;e par la liste libertaire &#171; Lutter &#187;. Sa dirigeante, Mme Melissa Sep&#250;lveda, a refus&#233; de voter au second tour de la pr&#233;sidentielle et s'est prononc&#233;e contre la &#171; parlementarisation des luttes &#187;, une pique &#224; Mmes Vallejo et Cariola, ainsi qu'aux deux autres d&#233;put&#233;s fra&#238;chement issus du mouvement &#233;tudiant : MM. Gabriel Boric (Gauche autonome) qui a r&#233;ussi son pari d'acc&#233;der au Parlement sans le soutien de la Concertation, et Giorgio Jackson (R&#233;volution d&#233;mocratique), alli&#233; de la Nouvelle majorit&#233; et &#233;lu d&#233;put&#233; de Santiago &#224; 25 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, apr&#232;s avoir fait campagne pour Mme Matthei, le journal &lt;i&gt;El Mercurio&lt;/i&gt; souligne d&#233;sormais qu'un des objectifs du nouveau gouvernement sera &#171; &lt;i&gt;la contention des &#233;normes attentes qui se sont r&#233;veill&#233;es, pour les canaliser&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;El Mercurio, 16 d&#233;cembre 2013.&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Franck Gaudichaud &lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://blog.mondediplo.net/2013-12-18-Un-dimanche-de-vote-a-Santiago-du-Chili#nh13&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;* &lt;strong&gt;Franck Gaudichaud &lt;/strong&gt; est Maitre de conf&#233;rences &#224; l'Universit&#233; de Grenoble. Dernier ouvrage paru : &lt;a href=&#034;http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=3265-%3Ehttp://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=3265&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Chili, 1970-1973. Mille jours qui chang&#232;rent le monde&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, Presses Universitaires de Rennes, Coll. Des Am&#233;riques, 2013.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Un-dimanche-de-vote-a-Santiago-du-Chili&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 18 d&#233;cembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nombreux sont les salari&#233;s qui travaillent 45 heures hebdomadaires, six jours par semaine, ainsi que le permet le code du travail, h&#233;rit&#233; de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2011/05/GAUDICHAUD/20455&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Au Chili, les vieilles lunes de la nouvelle droite&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique,&lt;/i&gt; mai 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les r&#233;sultats officiels sont &#224; consulter &lt;a href=&#034;http://www.eleccionservel.cl/ELECCIONES2013/vistaPaisSegundaVuelta&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#224; cette adresse&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Citation tir&#233;e, comme les suivantes, de &#171; &lt;a href=&#034;http://www.eldinamo.cl/2013/12/15/abstencion-el-fantasma-que-ensombrecio-el-contundente-triunfo-de-bachelet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Abstenci&#243;n : El fantasma que ensombreci&#243; el contundente triunfo de Bachelet&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;El Dinamo,&lt;/i&gt; Santiago de Chile, 15 d&#233;cembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit de la gauche citoyenne (IC), issues de la Gauche chr&#233;tienne et du Mouvement ample social (MAS) de l'ex-s&#233;nateur socialiste Alejandro Navarro.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.pcchile.cl/?p=8563&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Teillier : &#8220;Vamos a trabajar con lealtad por el cumplimiento del programa&#8221;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://michellebachelet.cl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;le site de Michelle Bachelet&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#171; &lt;a href=&#034;http://ciperchile.cl/2013/11/22/el-arranque-de-la-segunda-vuelta-desnuda-el-precario-equilibrio-de-la-nueva-mayoria&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El arranque de la segunda vuelta desnuda el precario equilibrio de la Nueva Mayor&#237;a&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, Ciper, 22 novembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un peu plus de 10 % des &#233;lecteurs du second tour ont &lt;a href=&#034;http://marcatuvoto.cl/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;marqu&#233; leur bulletin de vote&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; de l'inscription &#171; AC &#187; afin de souligner leur adh&#233;sion &#224; la perspective d'une Assembl&#233;e constituante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.latercera.com/noticia/politica/2013/12/674-556497-9-nicolas-eyzaguirre-la-reforma-tributaria-de-bachelet-es-una-reforma-moderada.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Comme le soulignait l'ex-ministre de la Concertation et haut fonctionnaire du FMI Nicol&#225;s Eyzaguirre&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; afin de rassurer les &#171; march&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Victor de la Fuente, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-08-24-Chili&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;En finir (vraiment) avec l'&#232;re Pinochet&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;La valise diplomatique,&lt;/i&gt; ao&#251;t 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les liens entre la Concertation et le march&#233; de l'&#233;ducation sont confirm&#233;s par la derni&#232;re investigation de la journaliste Mar&#237;a Olivia M&#246;nckeberg : &lt;i&gt;Con fines de lucro : la escandalosa historia de las universidades privadas en Chile,&lt;/i&gt; Santiago, Debate, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mario Garc&#233;s, &lt;i&gt;El despertar de la sociedad&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Los movimientos sociales de Am&#233;rica Latina y Chile,&lt;/i&gt; Santiago, LOM, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://diario.latercera.com/2013/08/17/01/contenido/reportajes/25-144112-9-la-propuesta-del-comando-de-bachelet-para-rree.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La propuesta del comando de Bachelet para RR.EE.&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;La Tercera,&lt;/i&gt; 17 ao&#251;t 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.diarioregistrado.com/internacionales/84204-evo-morales--dudo-que-bachelet-sea-socialista.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Evo Morales : &#171; Dudo que Bachelet sea socialista &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, Diario Registrado, 16 d&#233;cembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;El Mercurio&lt;/i&gt;, 18 novembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M algr&#233; une croissante annuelle de plus de 5% du PIB, 5% de la population la plus riche gagne 257 fois le revenu des 5% les plus pauvres : voir les &lt;a href=&#034;http://www.fundacionsol.cl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;enqu&#234;tes de la fondation Sol&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;El Mercurio,&lt;/i&gt; 16 d&#233;cembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les tensions du processus bolivarien : nationalisme populaire, conqu&#234;tes sociales et capitalisme rentier</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Les-tensions-du-processus-bolivarien-nationalisme-populaire-conquetes-sociales-et-capitalisme-rentier</link>
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		<dc:date>2012-12-17T21:37:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Gaudichaud *</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le 16 d&#233;cembre 2013 auront lieu les &#233;lections r&#233;gionales au Venezuela, nouveau scrutin test pour le camp bolivarien et le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien ; ceci alors que le pr&#233;sident Hugo Ch&#225;vez vient d'annoncer au pays une nouvelle op&#233;ration &#224; Cuba, du fait d'un cancer semble-t-il tr&#232;s avanc&#233; et que les m&#233;decins de l'&#238;le n'ont pu soigner jusqu'&#224; pr&#233;sent. Les derni&#232;res d&#233;clarations du leader sud-am&#233;ricain ont cr&#233;&#233; un grand &#233;moi chez ses partisans, &#224; l'&#233;chelle de tout le continent, tout en faisant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Venezuela" rel="directory"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 16 d&#233;cembre 2013 auront lieu les &#233;lections r&#233;gionales au Venezuela, nouveau scrutin test pour le camp bolivarien et le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien ; ceci alors que le pr&#233;sident Hugo Ch&#225;vez vient d'annoncer au pays une nouvelle op&#233;ration &#224; Cuba, du fait d'un cancer semble-t-il tr&#232;s avanc&#233; et que les m&#233;decins de l'&#238;le n'ont pu soigner jusqu'&#224; pr&#233;sent. Les derni&#232;res d&#233;clarations du leader sud-am&#233;ricain ont cr&#233;&#233; un grand &#233;moi chez ses partisans, &#224; l'&#233;chelle de tout le continent, tout en faisant apparaitre une v&#233;ritable mystique populaire dans certains quartiers de Caracas. Pour la premi&#232;re fois, H. Ch&#225;vez a ostensiblement d&#233;sign&#233; un possible &#171; successeur &#187; pour conduire les destin&#233;es de la &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187;. Le vice-pr&#233;sident Nicolas Maduro (plut&#244;t situ&#233; &#224; la gauche du chavisme) a ainsi &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme celui qui pourrait d&#233;fendre les couleurs bolivariennes lors d'&#233;ventuelles &#233;lections anticip&#233;es, dues au retrait de la vie politique du pr&#233;sident ou en cas de son d&#233;c&#232;s, d'ici la fin de son nouveau mandat. Nous publions ici une analyse de conjoncture r&#233;alis&#233;e par notre r&#233;dacteur Franck Gaudichaud, pour la revue &lt;a href=&#034;http://orta.dynalias.org/inprecor/home&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Inprecor&lt;/a&gt;, suite &#224; un s&#233;jour &#224; Caracas &#224; l'occasion des &#233;lections pr&#233;sidentielles du mois d'octobre. Cette note s'accompagne d'&lt;a href=&#034;http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=1381&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un entretien&lt;/a&gt;, &#224; plusieurs voix, avec la direction du courant anticapitaliste bolivarien Marea Socialista. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 7 octobre, Hugo Ch&#225;vez f&#234;tait sa troisi&#232;me victoire aux &#233;lections pr&#233;sidentielles, avec 55,1 % des suffrages, contre 44,3 % en faveur de son principal adversaire, le candidat n&#233;olib&#233;ral Henrique Capriles Radonski. La polarisation politique &#233;tait telle que les 4 autres candidats en lice ont &#233;t&#233; litt&#233;ralement balay&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Orlando Chirino, syndicaliste r&#233;volutionnaire, militant trotskyste et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La popularit&#233;, la capacit&#233; de mobilisation et le leadership charismatique de Ch&#225;vez restent donc solidement d&#233;montr&#233;es, ancr&#233;s et majoritaires au sein de celles et ceux &#171; d'en bas &#187; ; ceci alors que la participation &#233;lectorale a atteint des sommets en d&#233;passant les 80% du corps &#233;lectoral. La manifestation de centaines de milliers de personnes (peut-&#234;tre plus d'un million !) qui ont occup&#233; les rues de Caracas, le jeudi 4 octobre, a constitu&#233; une incontestable d&#233;monstration de vitalit&#233; de la &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187; et aussi l'omnipr&#233;sence du pr&#233;sident au moment de soulever l'enthousiasme des foules. Ceci sous les auspices d'un slogan de campagne d'ailleurs passablement &#233;loign&#233; du socialisme : &#171; Ch&#225;vez, c&#339;ur de la patrie ! &#187;. On retrouve ici certainement la force du nationalisme populaire tel qu'il s'est incarn&#233; au Venezuela : celui d'un &#171; c&#233;sarisme &#187; progressiste et anti-imp&#233;rialiste (au sein de Gramsci) ou encore cette &#171; raison populiste &#187; post-n&#233;olib&#233;rale, d&#233;crite par &lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/interventions/tensions-processus-bolivarien-nationalisme-populaire-conqu%C3%AAtes-sociales-capitalisme-re&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ernesto Laclau&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Laclau, La raison populiste, Seuil, Paris, 2008.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui a r&#233;ussi &#224; cr&#233;er, &#224; reconstituer par en haut et par en bas, une nouvelle communaut&#233; politique populaire au Venezuela, tout au long de cette derni&#232;re d&#233;cennie. Pourtant, si ferveur il y a, elle n'est pas le fruit unique d'une quelconque &#171; irrationalit&#233; &#187; politique, comme on peut le lire r&#233;guli&#232;rement dans la presse dominante, ou d'une simple &#233;mergence pl&#233;b&#233;ienne discursive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La force du bilan social du bolivarisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet appui populaire de masse existe aussi gr&#226;ce au bilan social, bien r&#233;el et bien compris, du processus bolivarien :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&#171; &lt;i&gt;A la diff&#233;rence de ce qui se passait sous les gouvernements pr&#233;c&#233;dents, une grande part de la rente p&#233;troli&#232;re a &#233;t&#233; utilis&#233;e pour financer la politique sociale. Les humbles (nombreux) qui crient &#171; Viva Ch&#225;vez ! &#187; se r&#233;f&#232;rent sans doute aux millions de personnes qui, chaque jour, accourent dans les diff&#233;rents programmes &#8212; Mercal, Pdval, Bicentenario, Farmapatr&#237;a &#8212; o&#249; ils peuvent acheter les produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; &#224; prix subventionn&#233;s. Les jeunes qui s'enthousiasment &#8212; &#171; Ch&#225;vez va gagner ! &#187; &#8212; songent d'&#233;vidence &#224; la politique d'inclusion et d'&#233;ducation men&#233;e &#224; tous les niveaux, aux livres et aux ordinateurs (les canaimitas) gratuits qui leur sont distribu&#233;s. Les vieux qui se v&#234;tent de t-shirts rouges, le font probablement parce que les 200 000 retrait&#233;s touchant une pension &#224; la fin de la IVe r&#233;publique ont fait des petits et sont devenus 2 300 000 aujourd'hui. Quand les m&#232;res de familles parlent avec &#233;motion du &#171; comandante &#187;, c'est parce que les diff&#233;rentes &#171; missions &#187; mises en place leur ont donn&#233; acc&#232;s &#224; la sant&#233;, c'est parce que deux millions d'entre elles et de leurs proches b&#233;n&#233;ficient d&#233;sormais du r&#233;gime de la s&#233;curit&#233; sociale. Que les mal-log&#233;s prennent parti n'a rien de surprenant non plus : la Grande mission logement Venezuela, certes trop tardivement cr&#233;&#233;e, a b&#226;ti des dizaines de milliers d'habitations depuis sa naissance voici dix-huit mois &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Lemoine, &#171; Venezuela : les &#233;lecteurs ont &#171; confisqu&#233; &#187; la d&#233;mocratie &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s la Commission &#233;conomique pour l'Am&#233;rique latine de l'ONU (CEPAL), le Venezuela est le pays qui a connu la baisse de la pauvret&#233; la plus spectaculaire en Am&#233;rique latine : entre 2002 et 2010, celle-ci passe de 48,6 % &#224; 27,8 % et de 22,2 % &#224; 10,7% en ce qui concerne l'extr&#234;me pauvret&#233;. De plus, le pays poss&#232;de d&#233;sormais l'un des niveaux d'in&#233;galit&#233;s le plus faible de la r&#233;gion, ce qui n'est pas rien dans le continent le plus in&#233;galitaire de la plan&#232;te. Les changements sont donc bien palpables, bien loin des ann&#233;es n&#233;olib&#233;rales de la IV&#176; R&#233;publique (1958-1998). Il faudrait ajouter &#224; cela la cr&#233;ation d'espaces de participation populaire, notamment au travers des milliers de Conseils communaux ou des coop&#233;ratives paysannes issues de la r&#233;forme agraire ; la r&#233;cente r&#233;forme du code du travail, la plus progressiste du continent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Puisqu'elle reconna&#238;t le droit &#224; la s&#233;curit&#233; sociale pour les femmes au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; la mise en place d'un des salaires minimums le plus &#233;lev&#233; de la r&#233;gion ou encore le retour de la discussion sur la souverainet&#233; du peuple, le socialisme et l'anti-capitalisme, bien au-del&#224; des seules sph&#232;res militantes. Le programme de campagne de Ch&#225;vez &#233;tait d'ailleurs clairement orient&#233; autour de ces questions strat&#233;giques. L'&#233;lection de dimanche avait aussi un caract&#232;re g&#233;opolitique &#233;vident. Une d&#233;faite du candidat du Parti socialiste unifi&#233; du Venezuela (PSUV) et de ses alli&#233;s du Grand P&#244;le patriotique (dont le Parti communiste v&#233;n&#233;zu&#233;lien) aurait fortement d&#233;t&#233;rior&#233; les rapports de classes continentaux, mena&#231;ant les conqu&#234;tes sociales et d&#233;mocratiques de la derni&#232;re d&#233;cennie, mais aussi menac&#233; la nouvelle autonomie relative du Sud face &#224; l'imp&#233;rialisme, la toute jeune Union des nations sud-am&#233;ricaines (UNASUR) et, surtout, mis &#224; mal des projets novateurs, bien que encore balbutiants ou limit&#233;s, tels que l'ALBA&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alliance Bolivarienne pour les peuples de notre Am&#233;rique, alternative (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou la Banque du sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Limites et obstacles d'un processus national-populaire progressiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cette nouvelle victoire &#233;lectorale -tr&#232;s claire et indiscutable - ne saurait cacher les multiples probl&#232;mes non r&#233;gl&#233;s&lt;i&gt; &lt;/i&gt;depuis 13 ann&#233;es de pouvoir, les &#171; dilemmes &#187; et les intenses contradictions du processus bolivarien, au-del&#224; des discours sur le &#171; socialisme du XXI&#176; si&#232;cle &#187; (dont on peine encore &#224; voir ne serait-ce que les contours flous)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Esteban, S. Brulez, &#171; Le laboratoire du socialisme du XXIe si&#232;cle cherche (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Citons en quelques-uns parmi les plus criants :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La corruption qui reste end&#233;mique, et &#224; tous les niveaux institutionnels (en particulier au niveau des gouverneurs des &#201;tats f&#233;d&#233;r&#233;s), au point que l'on peut parler d'un ph&#233;nom&#232;ne structurel et enkyst&#233;, h&#233;ritage d'un &#201;tat rentier et petro-d&#233;pendant qui n'a pas &#233;t&#233; transform&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La bureaucratie, l'inefficacit&#233; et la faible institutionnalisation des politiques publiques, le manque de productivit&#233; des entreprises &#233;tatiques, la valse permanente des responsables dans les minist&#232;res et, comme l'a reconnu et r&#233;p&#233;t&#233; le pr&#233;sident lui-m&#234;me pendant la campagne &#171; &lt;i&gt;le manque de suivi des projets&lt;/i&gt; &#187;, notamment ceux destin&#233;s &#224; am&#233;liorer l'acc&#232;s &#224; l'&#233;lectricit&#233;, &#224; diversifier le mod&#232;le productif ou encore &#224; assurer la souverainet&#233; alimentaire d'un pays qui importe encore plus de 75% de son alimentation.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'ins&#233;curit&#233; (surtout dans les villes) et l'ampleur de la criminalit&#233;, qui fait du Venezuela l'un des pays avec le plus fort taux d'homicides, par arme &#224; feux l&#233;g&#232;re, du continent (hors conflit arm&#233;) : une pr&#233;occupation et un calvaire quotidien pour les secteurs populaires, largement instrumentalis&#233;e par la droite et l'oligarchie, malgr&#233; certaines avanc&#233;es r&#233;elles avec la r&#233;cente r&#233;forme de la police et un d&#233;but de prise en compte du ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La faiblesse de la structuration du mouvement syndical, l'&#233;chec - et y compris la r&#233;pression - d'exp&#233;riences de contr&#244;le ouvrier et de cogestion (tel &#224; SIDOR ou Sanitarios Maracay)&lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/interventions/tensions-processus-bolivarien-nationalisme-populaire-conqu%C3%AAtes-sociales-capitalisme-re&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.contretemps.eu/intervent...&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Modesto Emilio Guerrero d&#233;crit cependant la existence de 37 entreprises &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la remise en cause de l'ind&#233;pendance de la classe ouvri&#232;re, aliment&#233;e par la tentation permanente d'un contr&#244;le par en haut du syndicalisme par l'ex&#233;cutif, verticalisme renforc&#233; derni&#232;rement par les divisions internes et la crise de l'UNETE (&lt;i&gt;Uni&#243;n Nacional de Trabajadores de Venezuela) &lt;/i&gt;et la cr&#233;ation (en 2011) de la CSBT (&lt;i&gt;Central Socialista Bolivariana de los Trabajadores&lt;/i&gt;), inf&#233;od&#233;e au minist&#232;re du travail.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La question de l'omnipr&#233;sence de Hugo Ch&#225;vez, parfois qualifi&#233;e &#171; d'hyperpr&#233;sidentialisme &#187; et donc le niveau de personnalisation du pouvoir, dans un contexte - de plus - o&#249; le pr&#233;sident est gravement malade d'un cancer et donc consid&#233;rablement affaibli.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le maintien d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement (et d'un &#201;tat) rentier issu de la paradoxale &#171; mal&#233;diction &#187; de l'abondance p&#233;troli&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur cette notion de mal&#233;diction de l'abondance des ressources naturelles et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : un model&#233; non durable, essentiellement bas&#233; sur l'exploitation de cette ressource et une &#233;conomie capitaliste mixte o&#249; plus de 70% du PIB reste dans les mains du secteur priv&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ces questions, voir les nombreux &#233;crits de V&#237;ctor &#193;lvarez, &#233;conomiste et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, alors qu'une caste - d&#233;nomm&#233;e &#171; boli-bourgoisie &#187; - s'enrichit &#224; l'ombre de cette manne et d'une &#171; droite endog&#232;ne &#187; au gouvernement, incarn&#233;e par quelques hommes forts (et richissimes), tel Diosdado Cabello (aujourd'hui pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La politique ext&#233;rieure, particuli&#232;rement celle au Moyen-Orient, o&#249; au nom d'une strat&#233;gie anti-imp&#233;rialiste &#171; campiste &#187;, Hugo Ch&#225;vez a choisi de soutenir, contre vents et mar&#233;es, plusieurs gouvernements autocrates, voir sanguinaires, de la r&#233;gion : une strat&#233;gie renouvel&#233;e d&#232;s le lendemain de l'&#233;lection, quand le pr&#233;sident dans une conf&#233;rence de presse a tenu &#224; renouveler son amiti&#233; &#224; Bashar El Assad face aux &#171; terroristes &#187; et &#224; l'OTAN.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une opposition oligarchique r&#233;nov&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, et c'est ce que nous avons pu constater lors de notre s&#233;jour &#224; Caracas durant les derni&#232;res &#233;lections, de plus en plus de voix et de collectifs issus du &#171; chavisme critique &#187; se font entendre pour renouveler leur appui conscient au processus (et &#224; ses conqu&#234;tes)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des collectifs et militants y compris libertaires, tel Roland Denis, ont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tout en d&#233;non&#231;ant sa stagnation et l'absence d'avanc&#233;es dans bien des domaines, expliquant aussi que si une partie de l'&#233;lectorat populaire a d&#233;cid&#233; de voter Capriles, c'est afin d'exprimer son m&#233;contentement ou son d&#233;sarroi. Comme le note Patrick Guillaudat :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&#171; &lt;i&gt;En regardant de pr&#232;s les r&#233;sultats, la victoire est fragile, malgr&#233; le fait que Ch&#225;vez ait gagn&#233; contre Capriles dans 22 des 24 &#233;tats du pays. Entre les derni&#232;res pr&#233;sidentielles de 2006 et celles de 2012, Ch&#225;vez a gagn&#233; 752976 voix pendant que l'opposition en gagnait 2175984, soit pr&#232;s de trois fois plus. Dans les quartiers populaires de Caracas (Petare, 23 de Enero, La Vega,&#8230;) le vote chaviste a baiss&#233; de 6 &#224; 9 %. C'est le m&#234;me mouvement dans les autres villes du pays. D'autre part, le d&#233;compte pr&#233;cis des voix de chaque candidat, r&#233;parties parti par parti, permet de voir que plus d'un cinqui&#232;me des voix obtenues par Ch&#225;vez se sont port&#233;es sur d'autres partis que le PSUV. &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;La d&#233;fiance ou les critiques se sont aussi exprim&#233;es par un vote port&#233; sur d'autres organisations que la PSUV, notamment le PCV. Dans les jours qui ont suivi l'&#233;lection, des signaux contradictoires ont &#233;t&#233; lanc&#233;s. D'un c&#244;t&#233;, Ch&#225;vez pr&#244;ne le dialogue et l'ouverture en direction de l'opposition. De l'autre c&#244;t&#233;, des militants du PSUV demandent une &#171; rectification &#187; dans le sens d'un approfondissement du processus&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tout est &#224; nous ! La Revue, d&#233;cembre 2012. Voir &#233;galement : P. Guillaudat et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement important de souligner que le panorama de l'opposition a largement &#233;volu&#233; : on peut m&#234;me affirmer, comme le marxiste Manuel Sutherland, que Capriles Radonski, candidat de l'oligarchie et de l'imp&#233;rialisme, est d'une certaine mani&#232;re un &#171; &lt;i&gt;perdant vainqueur&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Sutherland, &#171; Retour sur la victoire de Ch&#225;vez : radicalit&#233; vs. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le candidat de la MUD, (&lt;i&gt;Mesa de la Unidad Democr&#225;tica&lt;/i&gt;), vaste coalition d'une trentaine d'organisations (allant de groupuscules ex-mao&#239;stes &#224; l'extr&#234;me-droite), a r&#233;ussi &#224; s'imposer lors de primaires, y compris face aux grands partis historiques de &#171; l'ancien r&#233;gime &#187; : COPEI (d&#233;mocrate-chr&#233;tien) et &lt;i&gt;Acci&#243;n Democr&#225;tica&lt;/i&gt; (social-d&#233;mocrate). Trentenaire, issu de la grande bourgeoisie, dirigeant de &lt;i&gt;Primero Justicia &lt;/i&gt;(nouveau parti cr&#233;&#233; en 2000 avec l'appui d'ultraconservateurs &#233;tats-uniens) et tr&#232;s actif durant le coup d'Etat de 2002, Capriles a largement r&#233;ussi son pari : en imposant sa strat&#233;gie, il a aussi rajeuni et dynamis&#233; l'image de l'opposition, r&#233;ussi avec brio des meetings nombreux dans tout le pays. Ceci, loin de l'hyst&#233;rie semi-fasciste des ann&#233;es ant&#233;rieures, allant jusqu'&#224; faire une campagne de propagande aux tonalit&#233;s de centre-gauche, &#171; humaniste &#187;, se disant proche de Lula et attach&#233; au progr&#232;s social... tout en proposant en sous-main un programme violemment n&#233;olib&#233;ral&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le sociologue fran&#231;ais Romain Mingus (vivant &#224; Caracas) a largement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Conclusion de Sutherland :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&#171; &lt;i&gt;Capriles Radonski a clairement donn&#233; l'impression d'&#234;tre un rival qui se pr&#233;pare &#224; prendre le pouvoir &#224; moyen terme (2018), &#224; l'occasion d'un contexte &#233;lectoral plus favorable, c'est-&#224;-dire au moment o&#249; la d&#233;t&#233;rioration de la popularit&#233; du charisme du fait de l'augmentation des probl&#232;mes que rencontre la soci&#233;t&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne (ins&#233;curit&#233;, co&#251;t de la vie &#233;lev&#233;, ch&#244;mage, etc.) sera d&#233;terminante. Si les tendances &#233;lectorales actuelles continuent d'&#233;voluer dans ces directions pour les deux camps, Capriles pourrait bien &#234;tre le prochain et le plus n&#233;olib&#233;ral pr&#233;sident du Venezuela &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections r&#233;gionales (&#233;lections des gouverneurs et des parlements f&#233;d&#233;r&#233;s) de la mi-d&#233;cembre seront sans aucun doute un nouveau test pour le camp bolivarien. Et d&#233;j&#224; un certain malaise se fait sentir au sein du chavisme militant, face aux candidats choisis, tous nomm&#233;s par &#171; en haut &#187;, et repr&#233;sentants la direction bureaucratique d'un PSUV toujours plus &#233;loign&#233; de sa base ou directement issus du pouvoir militaire qui entoure le Pr&#233;sident. Par exemple, dans l'&#201;tat de Bolivar, on retrouve Francisco Rangel G&#243;mez qui aspire &#224; une seconde r&#233;&#233;lection, alors qu'il s'&#233;tait fait connaitre en 2008 par son opposition f&#233;roce contre les ouvriers de SIDOR ou encore dans l'&#201;tat de Lara, l'ex-gouverneur et militaire Luis Reyes Reyes, portera encore les couleurs bolivariennes, alors qu'il est accus&#233; par de nombreux mouvements sociaux d'&#234;tre responsable de violation des droits de l'homme par le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les paris d'un courant anticapitaliste bolivarien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, et malgr&#233; ce panorama ouvertement critique (qui nous semble indispensable au moment de savoir comment exprimer notre internationalisme aussi bien face &#224; l'intense campagne m&#233;diatique antichaviste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'&#233;difiant dossier &#171; Venezuela &#187; d'ACRIMED &#224; ce propos : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que face aux oligarchies du sud comme du nord), le peuple bolivarien (et ses luttes) reste vivant, dynamique, rebelle, pr&#234;t &#224; ruer dans les brancards. Le processus n'est donc pas mort, loin de l&#224;. Il suffit de parcourir les &lt;i&gt;ranchos&lt;/i&gt; des grandes villes, les rues de Caracas, les usines de Ciudad Guyana ou l'int&#233;rieur du pays pour s'en rendre compte. Ce que le politologue et altermondialiste Edgardo Lander, a pu nommer un &#171; &lt;i&gt;projet alternatif en tension&lt;/i&gt; &#187; reste ainsi une donn&#233;e centrale des coordonn&#233;es politiques du Venezuela actuel. Ce projet, travers&#233; par une &#171; &lt;i&gt;tension entre le contr&#244;le par en haut et l'autonomie &#224; la base &lt;/i&gt; &#187;, s'est cristallis&#233; autour de la notion m&#233;dullaire de l'ensemble du discours politique bolivarien : le &lt;i&gt;peuple souverain&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Gaudichaud, &#171; Le processus bolivarien : un projet alternatif en tension ? (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Et c'est pr&#233;cis&#233;ment de ce dernier que d&#233;pendront les prochains mois. Selon l'&#233;ditorialiste de &lt;i&gt;La Jornada&lt;/i&gt; Guillermo Almeyra :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&#171; &lt;i&gt;Ceux qui votent pour Ch&#225;vez ne sont pas aveugles face aux probl&#232;mes de la corruption, du verticalisme, du bureaucratisme, de la direction militaire d'un processus qui exige, par contre, la plus large participation d&#233;cisive de la population, la discussion ouverte des diverses options possibles pour r&#233;soudre les grands probl&#232;mes, le contr&#244;le populaire des r&#233;alisations et des institutions gouvernementales&lt;/i&gt; &#187;. Et il ajoute : &#171; &lt;i&gt;Au lieu de pr&#233;senter une candidature ind&#233;pendante et antichaviste, comme celle du syndicaliste combatif Orlando Chirino, s&#233;parant les socialistes des chavistes, la gauche r&#233;volutionnaire aurait d&#251; travailler ensemble avec les chavistes partisans du socialisme pour renforcer l'auto-organisation des travailleurs et, apr&#232;s la d&#233;faite de la droite, livrer bataille dans de meilleures conditions contre le verticalisme et les bureaucrates-technocrates qui esp&#232;rent la disparition d'Hugo Ch&#225;vez pour contr&#244;ler l'appareil d'Etat. Car les grandes batailles se livreront apr&#232;s le mois d'octobre&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Cette option est partag&#233;e, notamment, par &lt;i&gt;Marea Socialist&lt;/i&gt;a, courant anti-capitaliste du PSUV, comme on peut le voir dans &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=5-4qoep5Dhk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cet entretien&lt;/a&gt;. Durant la pr&#233;sidentielle, ces militants - fortement impliqu&#233;s dans le mouvement syndical et une partie de la jeunesse - ont lanc&#233; une campagne autour des mots d'ordre &#171; &lt;i&gt;Le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;7 octobre : Ch&#225;vez pr&#233;sident ; le 8 octobre : d&#233;barrasser la r&#233;volution de ses bureaucrates &lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Pour un gouvernement du peuple travailleur sans capitalistes !&lt;/i&gt; &#187;. Ils s'&#233;taient regroup&#233;s, en mai 2012, au sein de l'APR (&lt;i&gt;Alianza Popular Revolucionaria&lt;/i&gt;) qui essaye de construire une mobilisation bolivarienne autonome, non inf&#233;od&#233;e aux structures de l'&#201;tat ou du PSUV, aux c&#244;t&#233;s de l'organisation paysanne &#171; Courant R&#233;volutionnaire Bolivar et Zamora &#187;, le Mouvement des &lt;i&gt;pobladores&lt;/i&gt;, l'Association Nationale des Medias Communautaires Libres et Alternatifs (ANMCLA), Surco (collectif d'&#233;ducation universitaire), des organisations f&#233;ministes, etc. Face aux vell&#233;it&#233;s d'une partie du gouvernement de conciliation avec l'opposition ou l'oligarchie, qui semble poindre ces derni&#232;res semaines, ces secteurs critiques soulignent que seules les luttes sociales et l'approfondissement des conqu&#234;tes d&#233;mocratiques, des formes de participation autonome et un contr&#244;le sur l'&#233;conomie comme sur le fonctionnement de l'&#201;tat, la cr&#233;ation de formes de pouvoir populaire r&#233;el, pourront donner un contenu concret aux appels au &#171; socialisme du XXI&#176; si&#232;cle &#187;. Et commencer ainsi &#224; d&#233;passer ainsi les obstacles et contradictions du processus bolivarien, sans pour autant permettre le retour des n&#233;olib&#233;raux et des agents de Washington dans le pays. Il s'agit certainement de la derni&#232;re opportunit&#233; au sein de cette nouvelle s&#233;quence politique qui s'ouvre, apr&#232;s 13 ans de pouvoir. Or rien ne dit pour l'instant qu'elle soit la plus probable, loin de l&#224;, m&#234;me si elle reste la plus souhaitable du point de vue des anti-n&#233;olib&#233;raux cons&#233;quents et des anticapitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.inprecor.fr/article-inprecor?id=1380&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Inprecor&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, n&#176; 588/589, novembre-d&#233;cembre 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Orlando Chirino, syndicaliste r&#233;volutionnaire, militant trotskyste et candidat de PSL (Parti Socialisme et Libert&#233;), est rest&#233; enferm&#233; dans une candidature de t&#233;moignage, obtenant 4140 votes (soit 0,02% des voix), sans r&#233;ussir &#224; mordre sur les franges de l'&#233;lectorat populaire. &lt;a href=&#034;http://www.eleccionesvenezuela.com/resultados-elecciones-venezuela.php.&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;tails des r&#233;sultats&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Laclau, &lt;i&gt;La raison populiste&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. Lemoine, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2012-12-07-Suicide-d-un-journaliste&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Venezuela : les &#233;lecteurs ont &#171; confisqu&#233; &#187; la d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, octobre 2012&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Puisqu'elle reconna&#238;t le droit &#224; la s&#233;curit&#233; sociale pour les femmes au foyer et &#224; leur compte, l'inamovibilit&#233; des femmes enceintes jusqu'&#224; deux ans apr&#232;s la naissance, la r&#233;duction du temps de travail sans perte de salaire de 44 &#224; 40 heures (et de 42 &#224; 35h de nuit), la fin de la sous-traitance dans les 3 ans &#224; venir, ou l'augmentation des peines pour les infractions &#224; la l&#233;gislation du travail, notamment en cas de violation du droit de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Alliance Bolivarienne pour les peuples de notre Am&#233;rique&lt;/i&gt;, alternative novatrice et int&#233;ressante, mais largement mise en sourdine depuis l'entr&#233;e du Venezuela au sein du MERCOSUR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Esteban, S. Brulez, &#171; Le laboratoire du socialisme du XXIe si&#232;cle cherche toujours la formule qui marche &#187;, &lt;i&gt;Inprecor&lt;/i&gt;, n&#176; 564-565, ao&#251;t-septembre 2010. Lire &#233;galement : P. Stefanoni, &#171; El triunfo de Ch&#225;vez y el socialismo petrolero &#187;, &lt;i&gt;Viento Sur&lt;/i&gt;, octobre 2012, &lt;a href=&#034;http://vientosur.info/spip/spip.php?article7271&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://vientosur.info/spip/spip.php?article7271&lt;/a&gt; et &lt;i&gt;Modesto Emilio Guerrero, 12 dilemas de la Revoluci&#243;n Bolivariana, &lt;/i&gt;Caracas, El Perro y la Rana, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Modesto Emilio Guerrero&lt;/i&gt; d&#233;crit cependant la existence de 37 entreprises &#171; sous contr&#244;le ouvrier consolid&#233; &#187; (entretien avec Andr&#233;s Figueroa Cornejo, &lt;a href=&#034;http://www.radiosur.org.ar/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.radiosur.org.ar&lt;/a&gt;, novembre 2012).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur cette notion de mal&#233;diction de l'abondance des ressources naturelles et ses cons&#233;quances, voir : A. Acosta, &lt;i&gt;La maldici&#243;n de la abundancia&lt;/i&gt;, Quito, Abya Yala, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur ces questions, voir les nombreux &#233;crits de V&#237;ctor &#193;lvarez, &#233;conomiste et ex-ministre des Industries de base et des Mines :&lt;i&gt; Venezuela : &#191;Hacia d&#243;nde va el modelo productivo ?&lt;/i&gt;, Caracas, Centro Internacional Miranda, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des collectifs et militants y compris libertaires, tel Roland Denis, ont aussi appel&#233; &#224; voter Ch&#225;vez, malgr&#233; leurs critiques, conscients du danger que repr&#233;sente Capriles et la MUD.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Tout est &#224; nous ! La Revue&lt;/i&gt;, d&#233;cembre 2012. Voir &#233;galement : P. Guillaudat et P. Mouterde, &lt;i&gt;Hugo Ch&#225;vez et la r&#233;volution bolivarienne, &lt;/i&gt;M Editeur, Qu&#233;bec, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. Sutherland, &#171; Retour sur la victoire de Ch&#225;vez : radicalit&#233; vs. conciliation droiti&#232;re &#187;, &lt;i&gt;Apporea.org&lt;/i&gt;, octobre 2012 (traduction en fran&#231;ais disponible sur &lt;a href=&#034;http://www.avanti4.be/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.avanti4.be&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le sociologue fran&#231;ais Romain Mingus (vivant &#224; Caracas) a largement particip&#233; &#224; d&#233;voiler ce double jeu, lors de la campagne pr&#233;sidentielle : &lt;i&gt;El Nuevo Paquetazo, &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.comandocarabobo.org.ve/el-nuevo-paquetazo/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.comandocarabobo.org.ve/el-nuevo-paquetazo/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'&#233;difiant dossier &#171; Venezuela &#187; d'ACRIMED &#224; ce propos : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/rubrique179.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.acrimed.org/rubrique179.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Gaudichaud, &#171; Le processus bolivarien : un projet alternatif en tension ? &#187;, Entretien avec E. Lander, &lt;i&gt;ContreTemps&lt;/i&gt;, janvier 2009 (en ligne sur&lt;a href=&#034;http://www.cetri.be/spip.php?article1050&amp;lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.cetri.be/spip.php ?article1050&amp;lang=fr&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;* &lt;strong&gt;Franck Gaudichaud&lt;/strong&gt; est ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'Universit&#233; Grenoble 3, membre du groupe de travail &#171; Am&#233;riques latines &#187; du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, France) et militant de la IVe Internationale. Il est copr&#233;sident de l'association France Am&#233;rique latine et participe au comit&#233; &#233;ditorial du site &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rebelion.org&lt;/a&gt; et de la revue ContreTemps.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nouvelle victoire du candidat bolivarien Hugo Chavez</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Nouvelle-victoire-du-candidat-bolivarien-Hugo-Chavez</link>
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		<dc:date>2012-10-10T16:51:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Gaudichaud *, Patrick Guillaudat,</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le 7 octobre avaient lieu les &#233;lections pr&#233;sidentielles v&#233;n&#233;zu&#233;liennes : Hugo Chavez remettait ainsi en jeu son mandat apr&#232;s 14 ans &#224; la t&#234;te de la &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187; qui a contribu&#233; &#224; transformer ce pays sud-am&#233;ricain. En effet, depuis sa victoire &#233;lectorale de 1998, celui qui est soutenu avec ferveur par ses millions de partisans, a impuls&#233; un processus national populaire progressiste, largement port&#233; par le peuple. La redistribution de la rente p&#233;troli&#232;re a permis la division par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Venezuela" rel="directory"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 7 octobre avaient lieu les &#233;lections pr&#233;sidentielles v&#233;n&#233;zu&#233;liennes : Hugo Chavez remettait ainsi en jeu son mandat apr&#232;s 14 ans &#224; la t&#234;te de la &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187; qui a contribu&#233; &#224; transformer ce pays sud-am&#233;ricain. En effet, depuis sa victoire &#233;lectorale de 1998, celui qui est soutenu avec ferveur par ses millions de partisans, a impuls&#233; un processus national populaire progressiste, largement port&#233; par le peuple. La redistribution de la rente p&#233;troli&#232;re a permis la division par deux de la pauvret&#233; dans le pays, tout en d&#233;veloppant des exp&#233;riences de participation populaire in&#233;dites. Le nouveau gouvernement a &#233;galement promu avec conviction l'id&#233;e d'une nouvelle unit&#233; latino-am&#233;ricaine aux forts accents anti-imp&#233;rialistes. L'&#233;lection de dimanche avait ainsi un caract&#232;re g&#233;opolitique &#233;vident. Une d&#233;faite du candidat du Parti socialiste unifi&#233; du Venezuela (PSUV) et de ses alli&#233;s du Grand P&#244;le patriotique (dont le Parti communiste) aurait fortement d&#233;t&#233;rior&#233; les rapports de classes continentaux, mena&#231;ant les conqu&#234;tes sociales et d&#233;mocratiques de la derni&#232;re d&#233;cennie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impressionnante et festive &#171; mar&#233;e rouge &#187; qui a envahi les rues de Caracas le jeudi 4 octobre a constitu&#233; une incontestable d&#233;monstration de force du bolivarisme, sous les auspices du slogan : &#171; Chavez, c&#339;ur de la patrie &#187;. Cette ferveur existe gr&#226;ce aux solides acquis de la r&#233;volution bolivarienne : baisse de la pauvret&#233;, alphab&#233;tisation, acc&#232;s &#224; la sant&#233; gratuite et mise en place de magasins subventionn&#233;s dans les quartiers populaires, gratuit&#233; des universit&#233;s bolivariennes, nationalisation de secteurs clefs de l'&#233;conomie et contr&#244;le bancaire, etc &#8230; autant de mesures qui sont loin du discours dominant mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'hostilit&#233; permanente de l'oligarchie et des Etats-Unis, le processus bolivarien est aussi travers&#233; par de nombreuses contradictions : bureaucratie galopante, ins&#233;curit&#233; end&#233;mique, consolidation d'une bourgeoisie bolivarienne, secteur priv&#233; largement dominant, ou encore politique internationale men&#233;e au Moyen orient. L'omnipr&#233;sence de Hugo Chavez lui-m&#234;me &#233;tait aussi en jeu dans ces &#233;lections, alors qu'il est apparu affaibli par un cancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, l'opposition de droite, port&#233;e par la candidature de Henrique Capriles Radonski, entrepreneur et avocat, a surf&#233; sur les faiblesses du gouvernement sortant, en tenant un discours de &#171; centre gauche &#187;, affirmant ne pas remettre en cause les mesures sociales en vigueur. Il a r&#233;ussi &#224; mobiliser dans des meetings rassemblant des centaines de milliers de personnes. Mais en r&#233;alit&#233;, son programme est une v&#233;ritable arme de guerre ultralib&#233;rale : privatisations, liquidations des services gratuits, fin du contr&#244;le bancaire, etc. Si Capriles r&#233;ussit &#224; rassembler presque 45% d'&#233;lecteurs, c'est aussi parce que le camp chaviste ne l'a que peu attaqu&#233; sur le contenu, comptant souvent sur le seul charisme du pr&#233;sident pour gagner. D&#232;s lors, en ajoutant le sur-place du processus depuis pr&#232;s de 5 ans, rien d'&#233;tonnant &#224; ce que Chavez passe de 63% aux derni&#232;res pr&#233;sidentielles (2006) &#224; 54,5% en 2012. La polarisation politique est telle que les 4 autres candidats en lice n'ont eu aucun poids. Orlando Chirino, syndicaliste r&#233;volutionnaire et candidat de PSL (Parti Socialisme et Libert&#233;), reste enferm&#233; dans une candidature de t&#233;moignage avec 0,02% des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cette nouvelle victoire &#233;lectorale et en vue des &#233;lections r&#233;gionales (gouverneurs) de d&#233;cembre, le camp chaviste surmontera-t-il ces contradictions d&#233;terminantes pour le cours politique des 6 prochaines ann&#233;es ? Le d&#233;fi pour le mouvement ouvrier et les secteurs radicaux de la gauche bolivarienne reste de construire une dynamique poussant &#224; l'auto-organisation collective, sans attendre des d&#233;cisions venues d'en haut, afin de donner un contenu politique concret aux appels au &#171; socialisme du XXI si&#232;cle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cetri.be/spip.php?article2785&amp;lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;CETRI&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Belgique, 10 octobre 2012&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; L'Am&#233;rique Latine reste l'&#233;picentre de l'altermondialisme &#187;</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/L-Amerique-Latine-reste-l-epicentre-de-l-altermondialisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/L-Amerique-Latine-reste-l-epicentre-de-l-altermondialisme</guid>
		<dc:date>2012-09-14T19:09:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Gaudichaud *</dc:creator>



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&lt;p&gt;Quelles sont les tensions entre les nouveaux pouvoirs et les mouvements sociaux d'&#233;mancipation en Am&#233;rique latine ? Quel r&#244;le jouent les USA ou l'Union Europ&#233;enne dans la r&#233;gion ? Voici quelques questions que se pose &#171; Le volcan latino-am&#233;ricain : Gauches, mouvements sociaux et n&#233;olib&#233;ralisme au Sud du R&#237;o Bravo &#187;, livre publi&#233; sous la direction de Franck Gaudichaud. Il r&#233;pond &#224; quelques-unes d'entre elles dans une interview publi&#233;e en Catalogne par l'hebdomadaire Directa. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Am&#233;rique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Notre-Amerique" rel="directory"&gt;Notre Am&#233;rique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelles sont les tensions entre les nouveaux pouvoirs et les mouvements sociaux d'&#233;mancipation en Am&#233;rique latine ? Quel r&#244;le jouent les USA ou l'Union Europ&#233;enne dans la r&#233;gion ? Voici quelques questions que se pose &#171; Le volcan latino-am&#233;ricain : Gauches, mouvements sociaux et n&#233;olib&#233;ralisme au Sud du R&#237;o Bravo &#187;, livre publi&#233; sous la direction de Franck Gaudichaud. Il r&#233;pond &#224; quelques-unes d'entre elles dans une interview publi&#233;e en Catalogne par l'hebdomadaire Directa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Am&#233;rique latine est un enchev&#234;trement de mouvements indig&#232;nes et mouvements de base, mais aussi de gouvernements progressistes install&#233;s sur le continent au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie, la majorit&#233; d'entre eux restant cependant soumis &#224; un syst&#232;me de production extractiviste, souvent aux mains des multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement le tour d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration de jeunes et de collectifs d'envisager de d&#233;passer, dans le contexte actuel, le mod&#232;le d'Etat sur lequel beaucoup de pays de la zone se sont forg&#233;s. C'est un sc&#233;nario riche de possibilit&#233;s, non exempt de menaces, dont nous parle abondamment Franck Gaudichaud, politologue, &#233;diteur de la section chilienne du site Rebeli&#243;n, President de l'association France Am&#233;rique Latine (&lt;a href=&#034;http://www.franceameriquelatine.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.franceameriquelatine.org&lt;/a&gt;) et coordinateur de l'ouvrage El volc&#225;n latinoamericano (Le Volcan latinoam&#233;ricain). Une radiographie, premier ouvrage de la nouvelle maison d'&#233;dition Otram&#233;rica, dans laquelle vingt auteurs des deux c&#244;t&#233;s de l'Atlantique pr&#233;sentent un panorama de la carte h&#233;t&#233;rog&#232;ne latino-am&#233;ricaine, du point de vue de la gauche et dont Gaudichaud, professeur en Sciences Politiques de l'Universit&#233; de Grenoble 3, analyse tous les tenants et aboutissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le prologue du Volcan latinoam&#233;ricain, tu dates de 1998 le d&#233;but de la p&#233;riode historique dans laquelle se trouve plong&#233;e l'Am&#233;rique latine. Que se passe-t-il &#224; partir de cette ann&#233;e-l&#224; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est toujours difficile de choisir une date, mais, si nous prenons comme r&#233;f&#233;rence le changement d'un cycle, 1998 pourrait &#234;tre choisie comme le point d'infl&#233;chissement vers des positions de gauche ou centre-gauche, au niveau des gouvernements, dans tout le continent. Surtout suite &#224; l'accession de Hugo Ch&#225;vez &#224; la pr&#233;sidence du Venezuela, quoique qu'il serait &#233;galement juste de se r&#233;f&#233;rer au soul&#232;vement zapatiste (Mexique) de 1994. En tout cas, au cours de la d&#233;cennie 90, nous assistons &#224; la reformulation de nouvelles gauches &#224; partir de ph&#233;nom&#232;nes importants et d'exp&#233;riences de mobilisation sociale. Les secteurs populaires qui ne comptaient pas dans la soci&#233;t&#233; commencent &#224; avoir une influence parce que, malgr&#233; le pouvoir de l'oligarchie, ils veulent &#234;tre des acteurs de la vie publique. Apparaissent &#233;galement de nouveaux acteurs institutionnels dans chaque pays, comme par exemple le MAS (Mouvement vers le Socialisme) d'Evo Morales en Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques-uns de ces acteurs se r&#233;clament du &#171; Socialisme du 21&#232;me si&#232;cle &#187;. S'agit-il du grand mouvement du changement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit plut&#244;t d'une revendication symbolique, car jusqu'&#224; pr&#233;sent nous n'assistons pas &#224; une rupture avec le capitalisme p&#233;riph&#233;rique, comme ce fut le cas pour la r&#233;volution sandiniste au Nicaragua, le castrisme &#224; Cuba ou &#8211; potentiellement - le processus de pouvoir populaire pendant le gouvernement de Salvador Allende au Chili. En tout cas, plusieurs processus animent des dynamiques partiellement anti-imp&#233;rialiste et des r&#233;formes d&#233;mocratiques et sociales de grande envergure ont &#233;t&#233; mis en place par certains gouvernements, avec recul de la pauvret&#233; et des in&#233;galit&#233;s. Nous l'avons ainsi constat&#233; en Bolivie, en Equateur et au Venezuela. Plut&#244;t qu'une rupture frontale avec la logique capitaliste, je dirais qu'elles tendent vers des mod&#232;les &#171; post-n&#233;olib&#233;raux &#187;, de retour de l'Etat et des politiques sociales, mais tout en maintenant des accords avec les multinationales pour leur faciliter l'acc&#232;s aux ressources et aussi un apport technologique essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N'existe-t-il pas une possibilit&#233; de cr&#233;er un mod&#232;le propre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des pays d'Am&#233;rique latine partent avec une croissance d&#233;pendante, reposant en grande partie sur l'industrie extractive des ressources naturelles, par exemple du p&#233;trole et sur la production intensive des c&#233;r&#233;ales et autres aliments transg&#233;niques ou sur des biens semi-manufactur&#233;s. La question est donc de savoir comment surmonter ces d&#233;pendances du capital transnational et comment cr&#233;er un mod&#232;le productif post-extractiviste &#224; la fois adapt&#233; aux besoins des communaut&#233;s et respectueux de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'accord de l'Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Am&#233;rique (ALBA), n&#233; en 2004 &#224; l'initiative du Venezuela et de Cuba, est-il une tentative de recherche d'alternative ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il situe dans l'agenda le projet d'int&#233;gration &#224; &#233;chelle r&#233;gionale, ayant vocation d'aller plus loin qu'une simple union &#233;conomique, comme se contentent de le faire le Trait&#233; de Libre-&#233;change, le Mercosur et autres propositions de tendance lib&#233;rale. Il recherche la compl&#233;mentarit&#233; en tenant compte des asym&#233;tries entre les pays et des &#233;changes entre eux, sans oublier les &#238;les carib&#233;ennes. Pour le moment, cependant, il s'agit d'une initiative en r&#233;action aux USA, tr&#232;s int&#233;ressante politiquement mais qui n'a pas la capacit&#233; et les poids pour r&#233;pondre aux v&#233;ritables d&#233;fis &#233;conomiques que conna&#238;t l'Am&#233;rique latine, entre autres raisons par manque de soutien de grands pays comme le Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les d&#233;fis que tu mettrais en avant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'obtention d'un changement profond &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale qui signifie int&#233;grer dans ces dynamiques de transformation sociale et &#233;cologique, des pays comme le Br&#233;sil qui, - pour le moment - a ses propres plans strat&#233;giques, ou plut&#244;t dont la classe dominante a d'autres plans. Ensuite, il est n&#233;cessaire que ces pays soient en capacit&#233; - sur le plan interne et r&#233;gional - de r&#233;pondre aux exigences et d'&#233;couter les mouvements sociaux qui font le pari d'aller plus loin que les r&#233;formes en vigueur et veulent rompre avec le mod&#232;le extractiviste, productiviste et neod&#233;veloppementiste, que maintiennent leurs gouvernements, y compris les plus progressistes ou populaires. Cette tension entre gouvernements nationaux-populaires r&#233;formateurs et mouvements sociaux se fait sentir, dans la derni&#232;re p&#233;riode, en particulier au Venezuela, en Equateur et en Bolivie. Il ne faut pas oublier, cependant, que certains mouvements peuvent &#234;tre clairement corporatistes, voire &#234;tre en contradiction les uns envers les autres ou y compris ob&#233;ir &#224; des int&#233;r&#234;ts conservateurs, comme cela s'est produit en Bolivie avec le mouvement autonomiste de la &#8216;Media luna&#8216; [le &#8216;croissant' des 4 provinces orientales &#8216;s&#233;cessionnistes, NdE] qui pr&#233;tend s&#233;parer les r&#233;gions plus riches des r&#233;gions pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cas du P&#233;rou o&#249; Ollanta Humala r&#233;prime les communaut&#233;s qui s'opposent &#224; l'industrie mini&#232;re est exemplaire de cette d&#233;pendance&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Humala se d&#233;finissait comme un nationaliste et, d&#232;s le d&#233;part, il avait une vision nationale-interclassiste qui reniait notamment la diff&#233;rence entre les gauches et les droites (comme il l'a d&#233;clar&#233; &#224; maintes reprises). Il continue &#224; ouvrir le P&#233;rou aux multinationales, entra&#238;nant une grande fracture avec les mouvements qui l'avaient appuy&#233;. Le conflit Conga et le projet de l'entreprise Yanococha - funeste - d'extraction &#224; ciel ouvert r&#233;sume parfaitement ce qui se passe dans les autres r&#233;gions de l'Am&#233;rique latine : les populations luttent pour d&#233;fendre leurs droits face &#224; quelques gouvernements, parfois teint&#233;s de progressisme, qui choisissent de pr&#233;server les privil&#232;ges des investisseurs &#233;trangers et de grandes multinationales. C'est l&#224; que se livre la bataille pour la d&#233;fense de l'environnement, pour un syst&#232;me productif plus durable, qui doit bien entendu r&#233;pondre en m&#234;me temps aux immenses besoins sociaux, en services publics, &#233;ducation, sant&#233;, du continents. Certains avancent la riche id&#233;e d'un &#171; socialisme du bien vivre &#187;, notamment en Equateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Argentine, le gouvernement de Cristina Fern&#225;ndez ren&#226;cle &#224; reconna&#238;tre le droit du peuple mapuche &#224; g&#233;rer ses ressources. Reproduit-il les m&#234;mes insuffisances ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit des peuples indig&#232;nes est un des sujets en souffrance auquel est confront&#233; l'Am&#233;rique latine, conjointement &#224; celui de la &#171; d&#233;colonisation interne &#187; des institutions et structures sociales. La cr&#233;ation de soci&#233;t&#233;s r&#233;ellement plurinationales et d&#233;mocratiques en est encore &#224; ses balbutiements, apr&#232;s des si&#232;cles de pouvoir colonial et malgr&#233; des avanc&#233;es importantes avec des processus constituants tr&#232;s avanc&#233;s en Bolivie, en Equateur et au Venezuela. Ceci explique que la reconnaissance r&#233;elle et pratiques des droits indig&#232;nes soit assez lent, notamment dans certains pays de la r&#233;gion andine et encore davantage en Am&#233;rique centrale. On voit cela de fa&#231;on encore plus criante au Chili o&#249; le peuple mapuche s'oppose aux entreprises hydro-&#233;lectriques ou foresti&#232;res qui d&#233;truisent leurs terres, leur culture et la biodiversit&#233;. Cette lutte place les &#201;tats oligarchiques issus des ind&#233;pendances du 19&#232;me si&#232;cle, centralistes ou f&#233;d&#233;raux, devant leurs contradictions. C'est aussi le cas du Mexique avec la lutte zapatiste au Sud du pays qui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur l'ing&#233;rence &#233;trang&#232;re : Sommes-nous encore aux temps des dictatures qui re&#231;oivent le soutien des USA, comme ce fut le cas pour le Chili avec le Plan Condor ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interventionnisme continue d'exister, mais il a chang&#233; et il s'est r&#233;articul&#233;. D'abord, avec l'int&#233;gration de nombreux pays dans le march&#233; international via la signature de plusieurs TLC (Trait&#233; de libre-&#233;change) et &#233;galement par le biais du Plan Colombie, permettant aux USA de trouver un alli&#233; important pour imposer leur strat&#233;gie de domination, un peu &#224; l'image du r&#244;le jou&#233; par Isra&#235;l au Moyen-Orient. Ce sch&#233;ma explique la pr&#233;sence de la Quatri&#232;me Flotte US dans les eaux de la r&#233;gion et aussi le r&#244;le de Washington lors des tentatives de coup d'&#201;tat contre Hugo Ch&#225;vez au Venezuela en 2002 ; peu apr&#232;s, lors de l'essai de d&#233;stabilisation en Bolivie ; l'expulsion de Manuel Zelaya de la pr&#233;sidence du Honduras en 2009, ou maintenant, au Paraguay, celui de grandes multinationales lors de la destitution de Fernando Lugo. Il faudrait ensuite y ajouter le soft power, c'est-&#224;-dire les tentatives d'influencer ou fa&#231;onner l'opinion publique - par exemple au cours des processus &#233;lectoraux - au travers de grandes corporations m&#233;diatiques. Les Etats-Unis d'Am&#233;rique ont investi de gros moyens dans ce domaine dans le but d'induire certains comportements ou r&#233;flexions dans la population, cr&#233;ant &#233;galement dans le m&#234;me but des lobbies, des ONG (tel l'USAID), voire des mobilisations sociales d'opposition aux gouvernements consid&#233;r&#233;s comme hostiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la bataille entre cette offensive n&#233;olib&#233;rale et la nouvelle gauche qui se r&#233;clame des mouvements populaires, il semble que la jeunesse et les femmes jouent un r&#244;le important. Qu'en penses-tu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute. L'Am&#233;rique latine a &#233;t&#233; l'&#233;picentre de l'altermondialisme et des grandes luttes et nous le voyons encore avec l'apparition d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration militante, d'&#233;tudiants, de femmes et de syndicats de travailleurs. Au Chili est apparu un mouvement tr&#232;s important contre le mod&#232;le d'&#233;ducation marchandis&#233; h&#233;rit&#233; de la dictature et g&#233;r&#233; actuellement par le pr&#233;sident conservateur multimillionnaire Sebasti&#225;n Pi&#241;era ; en Colombie, on a r&#233;ussi &#224; stopper un plan similaire, et au Mexique, il faut noter l'irruption du mouvement &#171; Yosoy132 &#187; (je suis le 132&#232;me) qui sont des expressions d'indignation qui, &#224; l'instar de beaucoup d'autres apparues ailleurs partout le monde, interpellent les partis traditionnels, le capitalisme financier et remettent en cause le m&#233;pris des institutions &#224; l'&#233;gard des secteurs subalternes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette &#233;closion de mouvements peut-elle s'organiser &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diff&#233;rents axes de mobilisation transversale pourraient favoriser cela : par exemple, la d&#233;fense de la souverainet&#233; alimentaire. De nombreux peuples et organisations paysannes commencent &#224; se rendre compte des effets catastrophiques des Trait&#233;s de libre-&#233;change (TLC) sign&#233;s par quelques &#201;tats latino-am&#233;ricains (notamment de la cot&#233; Pacifique) avec les USA et l'Union europ&#233;enne. Le Mexique lui-m&#234;me, pays en pointe dans la production du ma&#239;s, est oblig&#233; aujourd'hui d'en importer des USA, et perd sa capacit&#233; productive depuis la signature de l'Accord de libre &#233;change de l'Am&#233;rique du Nord (TLCAN). La lutte contre la crise climatique et ses effets favorise &#233;galement des exp&#233;riences int&#233;ressantes de revendications du &#8216;Buen vivir' (&#171; Bien Vivre &#187;), autrement dit du respect de la biodiversit&#233; et la &#171; Pachamama &#187;, comme en Bolivie ou dans la zone du Yasun&#237;, dans la for&#234;t amazonienne &#233;quatorienne, qui pourrait &#234;tre d&#233;clar&#233;e zone exempte d'exploitation p&#233;troli&#232;re. Certainement, ces luttes collectives ne r&#233;ussiront pas &#224; rompre du jour au lendemain avec la logique d'extraction et de d&#233;veloppement capitaliste, ces peuples ont besoin de d&#233;velopper des politiques et services publics, d'infrastructures, de combattre les in&#233;galit&#233;s sociales et raciales, etc&#8230;, mais ces classes mobilis&#233;es revendiquent une transition postcapitaliste et &#233;cosocialiste possible, qui nous conduit &#224; un nouveau paradigme, social, d&#233;mocratique, environnemental et de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quant au Br&#233;sil, est-il envisageable qu'il se joigne &#224; ce contre-pouvoir anti-imp&#233;rialiste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a dit Ignacio Lula Da Silva, le Br&#233;sil n'est plus un pays &#233;mergent mais &#171; &#233;merg&#233; &#187;. Un pays mondialement influent, un pays cl&#233; au G20, qui dans le contexte actuel de crise apporte sa contribution au Fonds Mon&#233;taire International pour aider ses amis europ&#233;ens. Il ne participe pas &#224; la constitution d'une alternative de gauche, radicale, mais d'une certaine fa&#231;on il a servi de soutien &#224; plusieurs reprises aux gouvernements de Ch&#225;vez ou d'Evo dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tend-il vers des th&#232;ses socio-lib&#233;rales ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, exactement. Le gouvernement du Br&#233;sil opte pour la voie &#233;conomique traditionnelle des &#171; avantages comparatifs &#187; dans le cadre de la division internationale du travail et choisit de profiter de sa position de &#171; g&#233;ant &#187; poss&#233;dant d'immenses ressources et terres pour offrir des millions d'hectares &#224; Monsanto et &#224; d'autres. Mais il ne s'agit pas seulement de cela : il a cr&#233;&#233; ses propres &#171; multilatinas &#187; [NdT : entreprises multinationales d'Am&#233;rique latine], qui lui permettent de faire pression sur ses associ&#233;s. En quelque sorte, le Br&#233;sil est devenu un &#171; sous-empire &#187;, clairement h&#233;g&#233;monique par rapport aux autres pays d'Am&#233;rique du Sud. Cela, tout en ayant &#233;t&#233; auparavant une r&#233;f&#233;rence dans des processus de d&#233;mocratie participative, de l'altermondialisme ou gr&#226;ce &#224; la lutte du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST), mouvement toujours mobilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A quoi attribues-tu cette position ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pays poss&#232;de une des bourgeoisies les plus fortes du continent, avec laquelle le Parti des travailleurs (PT) a collabor&#233; bien volontiers en m&#234;me temps qu'il s'institutionnalisait, ce qui a permis entre autres une nouvelle accumulation de capital qui a accentu&#233; les diff&#233;rences entre les plus riches et les plus pauvres. Il est certain que l'extr&#234;me pauvret&#233; a recul&#233; de fa&#231;on cons&#233;quente en termes g&#233;n&#233;raux mais sans remettre en cause la structure sociale, ni contribuer &#224; la logique post-n&#233;olib&#233;rale aspirent les peuples et mouvements dans d'autres pays d'Am&#233;rique Centrale et d'Am&#233;rique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu es quand m&#234;me optimiste quant &#224; l'avanc&#233;e d'un nouveau mod&#232;le &#233;conomique et politique sur le continent ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous verrons bien. Il existe clairement un d&#233;bat entre les gouvernements qui de fa&#231;on quasi &#8216;naturelle' pariaient sur le n&#233;o-d&#233;veloppement ou le n&#233;o-lib&#233;ralisme et une partie des mouvements populaires. Le Venezuela bolivarien des conseils communaux, l'Argentine des travailleurs des entreprises occup&#233;es ou la Bolivie li&#233;e aux autonomies indig&#232;nes ont donn&#233; une impulsion essentielle &#224; cette dynamique continentale, m&#234;me si d'immenses diff&#233;rences existent entre les pays et les r&#233;gions. Nous voyons maintenant que quelques-uns des gouvernements les plus radicaux sont en tension et contradiction avec des processus d'&#233;mancipation venus de la base, c'est pourquoi, nous devrons voir si cette tension s'accentue ou bien, si au contraire, encore une fois, les alternatives se profilent au c&#339;ur m&#234;me du calendrier, y compris institutionnel, &#171; en d&#233;mocratisant la d&#233;mocratie &#187; et en cr&#233;ant de nouvelles exp&#233;riences de pouvoir populaire, d'auto-organisation articul&#233;es entre elles autour d'un projet politique. Il faut faire confiance aux &#233;tudiants, aux femmes, aux travailleurs mobilis&#233;s, aux mouvements pour la souverainet&#233; alimentaire et la r&#233;forme agraire, aux peuples indig&#232;nes organis&#233;s. Ils pourront &#234;tre le moteur du changement et de la construction d'alternatives, en lien avec les avanc&#233;es d&#233;mocratiques de ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que devrait apprendre l'Europe de ce volcan latino-am&#233;ricain qui commence &#224; &#233;merger ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Am&#233;rique latine est un bon miroir pour les pays europ&#233;ens qui vont devoir faire face &#224; la crise parce que, dans les ann&#233;es 80, le continent a d&#233;j&#224; connu les plans d'ajustement, qu'essaient d'appliquer la Tro&#239;ka en Europe. L'Am&#233;rique latine a d&#233;montr&#233; qu'on pouvait combattre en se mobilisant et en revendiquant des sorties de crise plus justes. L'Equateur, par exemple, a bien montr&#233; qu'on peut annuler une partie de la dette externe avec l'appui plus offensif d'un gouvernement et des mouvements sociaux. L'Argentine aussi a su ren&#233;gocier sa dette. Si ces pays du sud ont d&#233;montr&#233; leur capacit&#233; &#224; s'imposer - bien que partiellement - au monde financier international, les peuples europ&#233;ens peuvent aussi le faire, depuis le centre du capitalisme-monde. Les exp&#233;riences populaires latinoam&#233;ricaines peuvent &#233;galement servir d'inspiration dans l'objectif de construire des coop&#233;ratives, des m&#233;dias communautaires, des usines occup&#233;es et autres projets alternatifs et &#233;galitaires. L'Am&#233;rique latine nous montre qu'il est possible de construire des passerelles &#224; partir du cadre des mouvements sociaux en direction du monde politique en proposant des alternatives &#224; l'&#233;chelle nationale et continentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par &lt;strong&gt;&#192;lex Romaguera&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'espagnol par&lt;/strong&gt; Pascale Cognet &lt;strong&gt;et &#233;dit&#233; par&lt;/strong&gt; Fausto Giudice&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=7889&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tlaxacala&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Chili, quand le n&#233;olib&#233;ralisme triomphant se fissure</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Chili-quand-le-neoliberalisme-triomphant-se-fissure</link>
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		<dc:date>2011-12-18T15:07:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Gaudichaud *</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le 22 septembre 2011, costume sombre, cravate violette, chemise bleu clair, le pr&#233;sident Sebasti&#225;n Pi&#241;era monte &#224; la tribune de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU.Le chef du gouvernement chilien &#8211; et n&#233;anmoins entrepreneur multimillionnaire &#224; succ&#232;s &#8211;, affiche un beau sourire. En ces temps de crise mondiale du capitalisme, il revendique une &#233;conomie florissante, &#224; l'aune d'un taux de croissance de plus de 6 % du PIB (d&#233;but 2011). Durant son bref discours devant les principaux chefs d'&#201;tat de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Chili" rel="directory"&gt;Chili&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 22 septembre 2011, costume sombre, cravate violette, chemise bleu clair, le pr&#233;sident Sebasti&#225;n Pi&#241;era monte &#224; la tribune de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU.Le chef du gouvernement chilien &#8211; et n&#233;anmoins entrepreneur multimillionnaire &#224; succ&#232;s &#8211;, affiche un beau sourire. En ces temps de crise mondiale du capitalisme, il revendique une &#233;conomie florissante, &#224; l'aune d'un taux de croissance de plus de 6 % du PIB (d&#233;but 2011). Durant son bref discours devant les principaux chefs d'&#201;tat de la plan&#232;te, il tient aussi &#224; faire r&#233;f&#233;rence au conflit social pour l'&#233;ducation qui traverse son pays depuis plusieurs mois : &#171; La course pour le d&#233;veloppement et la bataille pour le futur, nous devons la gagner dans les salles de classe &#187; ass&#232;ne-t-il. Il assure que son gouvernement cherche &#171; &#224; garantir l'&#233;ducation pour tous et une &#233;ducation gratuite pour tous ceux qui le n&#233;cessitent &#187;. Et si les jeunes chiliens luttent vaillamment, cela serait m&#234;me la preuve de la bonne sant&#233; de la d&#233;mocratie chilienne, tous mobilis&#233;s pour &#171; une cause noble, grande, belle qui est celle de donner une &#233;ducation de qualit&#233; &#187; au peuple. Magie du verbe politicien... Qui croirait entendre le repr&#233;sentant d'une droite dure, de retour &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat 20 ans apr&#232;s la fin de la dictature militaire (1989) et engag&#233;e, co&#251;te que co&#251;te, dans la continuit&#233; de cette &#171; r&#233;volution &#187; capitaliste impos&#233;e &#224; feu et &#224; sang sur les cendres de l'Unit&#233; populaire (1970-73) et le cadavre de Salvador Allende&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour poursuivre cette analyse en terme de &#171; r&#233;volution &#187; capitaliste et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Du fin fond des quartiers, au c&#339;ur des innombrables marches qui agitent les villes du pays, parmi les dizaines de lyc&#233;es, coll&#232;ges et universit&#233;s occup&#233;s, un tel discours est v&#233;cu comme une provocation de plus. Le pouvoir ne comprend pas ce qui sourd au sein de larges secteurs de la soci&#233;t&#233;. Ou plut&#244;t fait-il mine de ne pas comprendre. Le jour de cette intervention &#224; l'ONU, manifestations et d&#233;fil&#233;s hauts en couleur ont fait savoir &#224; la Moneda&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Palais pr&#233;sidentiel &#224; Santiago.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que le mouvement pour une &#233;ducation &#171; gratuite, publique et de qualit&#233; &#187; n'est pas mort. Le soir du 23 septembre, Camila Vallejo, l'une des dirigeantes de la Conf&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants du Chili (Confech) remarquait, avec une certaine ironie, que le discours du pr&#233;sident &#233;tait plein de &#171; contradiction, incoh&#233;rence et inconsistance &#187;, au moment o&#249; celui-ci refusait toute n&#233;gociation s&#233;rieuse et continuait &#224; d&#233;ployer son arsenal r&#233;pressif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; El discurso de Pi&#241;era en la ONU y el movimiento estudiantil &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce constat reste encore valable alors que d&#233;cembre, et la fin de l'ann&#233;e scolaire, pointent leur nez.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un mouvement social pour l'&#233;ducation d'une ampleur historique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus de sept mois et la premi&#232;re marche des &#233;tudiants universitaires et &#233;l&#232;ves du secondaire, le 28 avril 2011, les actions collectives n'ont pas faibli. Bien au contraire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une analyse multiple du mouvement, nous renvoyons aux articles que nous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s d&#233;but mai, les expressions du mouvement se sont amplifi&#233;es et diversifi&#233;es. Le 12 mai, la premi&#232;re &#171; gr&#232;ve nationale pour l'&#233;ducation &#187; d&#233;passe toutes les attentes. Le 21 mai, &#224; Valparaiso, alors que le pr&#233;sident de la R&#233;publique r&#233;alise &#8211; comme tous les ans &#8211; son bilan annuel devant la nation, des dizaines de milliers de personnes expriment leur col&#232;re. Progressivement, le m&#233;contentement enfle. La popularit&#233; des &#034;indign&#233;s&#034; chiliens augmente. Ils sont 300 000 dans les rues le 30 juin et 500 000 le 9 ao&#251;t, jeunes, vieux, couches moyennes et classes populaires, ensemble. L'un des points d'orgue de cette escalade est la gr&#232;ve nationale des 23 et 24 ao&#251;t, appel&#233;e par la Centrale Unitaire des Travailleurs (CUT) et plus de quatre-vingt organisations syndicales, protestant &#224; propos des conditions de travail d&#233;plorables mais aussi en soutien aux &#233;tudiants mobilis&#233;s. Les r&#233;pertoires d'action collective utilis&#233;s sont vari&#233;s et souvent originaux. Outre les strat&#233;gies de rue traditionnelles, l'aspect festif et cr&#233;atif est au centre de la contestation de la jeunesse : carnaval, concours de baiser, danses et chansons originales, humour satirique, actions-spectacles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, par exemple, la danse du &#171; Thriller de l'&#233;ducation &#187; parodiant un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais on retrouve aussi des instruments de la contestation plus classiques : gr&#232;ves dans les universit&#233;s (publiques essentiellement), avec le soutien des professeurs, multiplication des tomas (&#171; occupations &#187;) et m&#234;me gr&#232;ves de la faim, men&#233;e par des gamins qui comptent montrer au monde leur d&#233;termination. Toute une g&#233;n&#233;ration semble vent debout, alimentant la plus importante lutte sociale depuis les grandes protestas de 1983-84 : une g&#233;n&#233;ration qui n'a pas connu la dictature et qui est n&#233;e sous les auspices de la d&#233;mocratisation pact&#233;e n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants ont toujours &#233;t&#233; des protagonistes du mouvement social importants. Nous pourrions ainsi remonter aux temps des &#171; acteurs du secondaire &#187; qui affrontaient le r&#233;gime militaire, avec courage et d&#233;termination&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le film-documentaire de Pachi Bustos, Jorge Leiva, Marcela Betancourt (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les protestations actuelles sont li&#233;es aux exp&#233;riences acquises en 2001 (mochilazo) et, surtout, &#224; la &#171; r&#233;bellion des pingouins &#187; (&#233;l&#232;ves nomm&#233;s ainsi du fait de leur uniforme) de 2006. Cette mobilisation exemplaire avait fait trembler le gouvernement de la socialiste Bachelet. Elle a l&#233;zard&#233; le ciment du consensus politique, tout comme les discours convenus sur la &#171; gouvernabilit&#233; d&#233;mocratique &#187; n&#233;olib&#233;rale, qui r&#232;gnent en ma&#238;tre depuis 1990, aussi bien chez les &#233;lites de centre gauche que de la droite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le film-documentaire de Sim&#243;n Bergman : La Rebeli&#243;n de los Ping&#252;inos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les r&#233;volt&#233;&#183;es et indign&#233;&#183;es de 2011 sont en partie les coll&#233;gien&#183;nes mobilis&#233;&#183;es de 2006. Et ils ont beaucoup appris dans le feu de ces mouvements : l'organisation collective, les rythmes de luttes, l'insertion dans le champ m&#233;diatique et ses codes, mais aussi le go&#251;t amer des n&#233;gociations sans lendemain et la duplicit&#233; gouvernementale ou encore l'importance du contr&#244;le &#171; par en bas &#187; des porte-parole, en assembl&#233;e et la force de l'autogestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ces lyc&#233;ens et &#233;tudiants protestent-ils depuis des mois ? Les probl&#232;mes sont nombreux, les difficult&#233;s quotidiennes de ces jeunes multiples, mais leurs revendications sont claires : une &#233;ducation gratuite, publique et de qualit&#233;. &#171; Dans le secondaire, les lyc&#233;ens et coll&#233;giens souhaitent en particulier le retour de leurs &#233;tablissements dans le giron de l'&#201;tat, remarque un chercheur de l'Observatoire politique de l'Am&#233;rique latine et des Cara&#239;bes (OPALC). Transf&#233;r&#233;e au niveau municipal en 1990, &#224; la toute fin de la dictature, l'&#233;ducation publique secondaire n'a depuis cess&#233; de d&#233;cliner, au profit d'&#233;tablissements priv&#233;s subventionn&#233;s. Dans l'&#233;ducation sup&#233;rieure, le financement des &#233;tudes est particuli&#232;rement probl&#233;matique. Les universit&#233;s, publiques ou priv&#233;es, exigent des frais de scolarit&#233; en g&#233;n&#233;ral proches de 300 euros par mois.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le salaire minimum est d'environ 280 euros par mois au Chili.&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La plupart des &#233;tudiants ont donc recours &#224; des cr&#233;dits pour financer leurs &#233;tudes, sans r&#233;elle certitude sur la capacit&#233; qu'ils auront &#224; rembourser une fois sur le march&#233; du travail. [...] De plus, malgr&#233; une loi, vot&#233;e durant la dictature, qui stipule que les universit&#233;s sont des institutions &#224; but non lucratifs, de nombreuses universit&#233;s priv&#233;es ont mis en place des syst&#232;mes permettant d'extraire les profits g&#233;n&#233;r&#233;s. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Maillet, &#171; Les indign&#233;s chiliens &#187;, Opalc.org, 17 ao&#251;t 2011.&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; H&#233;ritage empoisonn&#233;, g&#233;r&#233; &#8211; voire perfectionn&#233; &#8211; fid&#232;lement par la Concertation, coalition de socialistes et d&#233;mocrates-chr&#233;tiens au gouvernement de 1990 &#224; 2010, sans interruption. Jusqu'au coup d'&#201;tat de 1973, l'&#233;ducation publique chilienne &#233;tait connue dans tout le continent pour sa qualit&#233; et gratuit&#233;. D&#233;sormais moins de 25 % du syst&#232;me &#233;ducatif est financ&#233; par l'&#201;tat. Le reste est assum&#233; par les familles des &#233;tudiants : 70 % des &#233;tudiants doivent s'endetter et 65 % d'entre eux interrompent leurs &#233;tudes pour des raisons financi&#232;res. D'ailleurs, l'&#201;tat chilien ne consacre que 4,4 % du produit int&#233;rieur brut (PIB) &#224; l'enseignement, loin des 7 % recommand&#233;s par l'Unesco&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. De La Fuente, &#171; En finir (vraiment) avec l'&#232;re Pinochet &#187;, le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On retrouve d'ailleurs la m&#234;me logique dans tous les champs sociaux : sant&#233;, retraites (aux mains de fonds de pensions), transports, m&#233;dias (contr&#244;l&#233;s par une oligarchie), etc... Alors, la Concertation pourrait se r&#233;jouir de voir S. Pi&#241;era battre des records d'impopularit&#233; (avec seulement 22 % d'approbation). Mais si la population appuie &#224; plus de 75 % les revendications &#233;tudiantes, s'&#233;gaye dans les quartiers dans d'immenses concerts de casseroles (caceroleos), c'est aussi qu'elle rejette vingt ans de gestion social-lib&#233;rale, qui a renforc&#233; un tel mod&#232;le &#233;conomique. Le mea culpa du pr&#233;sident du PS, Osvaldo Andrade, reconnaissant que &#171; durant les vingt ans du gouvernement de la Concertation nous avons aussi &#233;t&#233; dans de nombreuses occasions partie prenante de cette politique abusive &#187; n'y change rien... Les faits sont t&#234;tus.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;N&#233;gociations, jeu de dupes et criminalisation des luttes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; droite, de nombreux parlementaires sont inquiets de la crise de gouvernabilit&#233;. En juillet dernier, Joaquin Lav&#237;n, ministre de l'&#201;ducation, lui-m&#234;me entrepreneur de l'&#233;ducation et dirigeant de la puissante Union d&#233;mocratique ind&#233;pendante (UDI&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Droite extr&#234;me, proche de l'Opus Dei, premi&#232;re force du Parlement et poids (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), a &#233;t&#233; pouss&#233; &#224; la d&#233;mission. Le trouble des classes dominantes transpara&#238;t aussi dans les &#233;ditoriaux du journal conservateur El Mercurio ou au travers d'articles d'intellectuels, qui &#8211; jusque-l&#224; &#8211; se disaient lib&#233;raux, voire progressistes. Face au retour du spectre des luttes de classes, ils d&#233;crivent, tel l'historien Alfredo Jocelyn-Holt, leur &#171; insaisissable malaise &#187; et n'h&#233;sitent pas &#224; disqualifier violemment les actions protestataires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la r&#233;ponse de S. Grez dans : &#171; &#191; Inasible malestar ? &#187;, The Clinic, n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;bellion &#233;tudiante d&#233;voile aussi le vrai visage de cette &#171; nouvelle droite &#187; gouvernementale, qui n'&#233;tait pas arriv&#233;e au gouvernement par les urnes, depuis 1956&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir : F. Gaudichaud, &#171; Au Chili, les vieilles lunes de la nouvelle droite (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tout au long du conflit, l'une des principales r&#233;ponses de l'ex&#233;cutif a &#233;t&#233; la r&#233;pression et les disqualifications verbales, avec l'appui d'une machinerie m&#233;diatique h&#233;g&#233;monique. L'esprit du &#171; pinochetisme &#187; s'affiche encore toutes voiles dehors. Le porte-parole du gouvernement Andr&#233;s Chadwick, ancien pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants de l'Universit&#233; catholique (d&#233;sign&#233; par Pinochet en 1978), et le maire de Santiago, Pablo Zalaquett (UDI), ont affirm&#233; que les &#233;tudiants n'&#233;taient pas propri&#233;taires de La Alameda (avenue principale de Santiago), ce dernier sugg&#233;rant l'intervention des forces arm&#233;es pour emp&#234;cher les manifestations du 11 septembre (jour de comm&#233;moration du coup d'&#201;tat)... Autre exemple, m&#234;me rengaine : Cristi&#225;n Labb&#233;, maire de Providencia (Santiago) et ancien membre de la police politique du r&#233;gime militaire (DINA), qui avait annonc&#233; qu'il fermerait les lyc&#233;es occup&#233;s, continue dans la surench&#232;re : fin novembre, il a accueilli une c&#233;r&#233;monie d'hommage vibrant &#224; l'ex-g&#233;n&#233;ral de brigade Miguel Krasnoff, qui purge actuellement une peine de cent ans de prison pour atteinte aux droits humains, s&#233;questration, assassinats et &#171; disparition &#187; de citoyens durant la dictature. L'une des proches conseill&#232;res du pr&#233;sident Pi&#241;era a d'ailleurs souhait&#233; &#171; les meilleurs souhaits de r&#233;ussite &#187; &#224; Labb&#233;, en vue de cette sinistre comm&#233;moration, avant d'&#234;tre d&#233;savou&#233; par sa hi&#233;rarchie, face au scandale suscit&#233;. D'autre part, la r&#233;pression de la part des carabiniers est permanente. On compte des centaines de bless&#233;s, des milliers d'arrestations et m&#234;me le d&#233;c&#232;s de Manuel Guti&#233;rrez (quatorze ans) assassin&#233; par la police, &#224; balles r&#233;elles. Dans ce contexte, une petite proportion d'&#233;tudiants a choisi l'auto-d&#233;fense. Chaque manifestation est l'objet de batailles rang&#233;es, malgr&#233; les protestations des organisateurs, avec barricades enflamm&#233;es, jets de pierre et cocktails molotovs contre voitures blind&#233;es, gaz lacrymog&#232;nes, armes &#224; feu et police mont&#233;e. Plusieurs dirigeants du mouvement ont &#233;t&#233; menac&#233;s, parfois de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la puissance d'une r&#233;volte qui ne ralentit pas, le gouvernement fait mine de n&#233;gocier, puis rompt tout dialogue pour faire des annonces tonitruantes et unilat&#233;rales, pour ensuite dire qu'il souhaite &#224; nouveau ouvrir les discussions... Globalement, le pouvoir parie sur l'essoufflement et les divisions du mouvement. La revue &#192; l'encontre donne un aper&#231;u de ce jeu de dupes permanent en retra&#231;ant la chronologie du mois de septembre : &#171; Les dirigeants &#233;tudiants ont fait clairement savoir que toutes les propositions seraient soumises &#224; la d&#233;cision des assembl&#233;es qui repr&#233;sentent effectivement leurs bases. Ainsi, en date du 8 septembre, la Confech &#233;non&#231;ait des conditions pour poursuivre des n&#233;gociations. Elles sont, pour r&#233;sumer, au nombre de quatre : premi&#232;rement, repousser la date fix&#233;e par le minist&#232;re pour le renouvellement des bourses et cr&#233;dits ; l'instrument du chantage &#233;conomique sur les &#233;tudiants est un des instruments utilis&#233;s par le pouvoir. Deuxi&#232;mement, suspendre le processus de mise au point des lois concernant l'&#233;ducation, lois que le Parlement doit pr&#233;senter &#224; l'ex&#233;cutif. Troisi&#232;mement, les discussions doivent &#234;tre transparentes, ce qui implique qu'elles soient film&#233;es, afin que les citoyens puissent prendre connaissance des positions respectives des divers acteurs de ce conflit. Quatri&#232;mement, la n&#233;gociation doit porter sur la question centrale, celle d'une &#233;ducation publique, gratuite, de qualit&#233;, d&#233;mocratique et sans profit. Le 15 septembre, le ministre de l'&#201;ducation, Felipe Bulnes, r&#233;cuse deux conditions : non-report de la date du 7 octobre pour la cl&#244;ture du semestre ; et refus de l'interruption de la proc&#233;dure de mise au point d'une loi sur l'&#233;ducation. Quant &#224; la publicit&#233; des n&#233;gociations, il se limite &#224; indiquer que le proc&#232;s-verbal des discussions sera mis &#224; disposition du public. Le 15 septembre, le vice-pr&#233;sident de la Confech, Francisco Figueroa, annonce le rejet des propositions du ministre et indique qu'une mobilisation nationale est pr&#233;vue pour le 22 septembre. Le 19 septembre, le pr&#233;sident S&#233;bastian Pi&#241;era annonce &#224; la t&#233;l&#233;vision nationale que 70 000 &#233;tudiants du secondaire ont perdu leur ann&#233;e pour avoir paralys&#233; les cours depuis 4 mois. Un coup de force. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chili : l'aube nouvelle des mouvements sociaux&#8230; et la mobilisation du 22 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Malgr&#233; tout, la mobilisation du 22 septembre r&#233;unit quelque 180 000 participants. Et une semaine plus tard, 150 000 manifestants d&#233;filent &#224; nouveau. Cette capacit&#233; de riposte est salu&#233;e par d'autres secteurs du mouvement social, &#224; commencer par le Coll&#232;ge de professeurs. D'ailleurs, apr&#232;s les importants d&#233;fil&#233;s du mois d'octobre et les actions en faveur d'un pl&#233;biscite national sur l'&#233;ducation, le Coll&#232;ge de professeurs a impuls&#233;, avec la Confech, deux nouvelles journ&#233;es de gr&#232;ve et manifestation nationale (17 et 18 novembre) ; une fois de plus, des milliers de personnes ont exprim&#233; bruyamment leur m&#233;contentement et leur volont&#233; de soutenir les jeunes en lutte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une nouvelle structure d'opportunit&#233;s politiques pour la transformation sociale ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Selon le PNUD, si le Chili a r&#233;ussi &#224; faire baisser la pauvret&#233;, il figure toujours au nombre des quinze pays les plus in&#233;gaux de la plan&#232;te (le deuxi&#232;me de l'Am&#233;rique latine). Suite &#224; la strat&#233;gie du choc impos&#233;e par la dictature (1973-1990), la soci&#233;t&#233; chilienne a, de plus, d&#251; se soumettre aux affres d'une transition pact&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N. Klein, The shock doctrine. The rise of disaster capitalism, Metropolitan (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pendant les vingt derni&#232;res ann&#233;es de &#171; d&#233;mocratie autoritaire &#187;, la soci&#233;t&#233; &#8211; fragment&#233;e, atomis&#233;e &#8211; semblait avoir int&#233;gr&#233;e dans ses g&#232;nes ce mod&#232;le et ses institutions : malgr&#233; des r&#233;formes, la constitution de 1980 qui consacre la th&#233;orie n&#233;olib&#233;rale du &#171; r&#244;le subsidiaire de l'&#201;tat &#187; est toujours en vigueur. Le Parlement est verrouill&#233; par un syst&#232;me &#233;lectoral (dit binominal) qui assure un partage du pouvoir presque parfait entre la Concertation et la droite. Parall&#232;lement, les champs judiciaire, m&#233;diatique et &#233;conomique sont des bastions de l'ultralib&#233;ralisme ou du conservatisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains penseurs critiques d&#233;crivent ainsi la construction d'un n&#233;olib&#233;ralisme triomphant (Juan Carlos G&#243;mez) ou n&#233;olib&#233;ralisme mature (Raphael Agacino) de longue dur&#233;e, largement stabilis&#233;, entre autres par des m&#233;canismes de consommation &#224; cr&#233;dit, de fragmentation sociale acc&#233;l&#233;r&#233;e, de soci&#233;t&#233; du spectacle sous la coupe d'un duopole m&#233;diatique et gr&#226;ce &#224; l'&#233;viction des classes populaires de l'espace de la participation politique, c'est-&#224;-dire de la polis. Une caste de professionnels passe all&#232;grement de l'administration de l'&#201;tat &#224; celle des entreprises, toutes li&#233;es d'une mani&#232;re ou d'une autre &#224; une poign&#233;e de grandes familles (tels les Luksic, Angelini, Paulman ou Matte). Cet ordre social n'exclut pas les explosions sociales, mais rend bien plus compliqu&#233; leur potentiel &#233;mancipateur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J.C. G&#243;mez Leyton, &#8220;Protesta social y pol&#237;tica en una sociedad neoliberal (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. N&#233;anmoins, avec l'historien Sergio Grez, il est possible d'affirmer que l'ann&#233;e 2011 restera inscrite comme celle du &#171; r&#233;veil des mouvements sociaux apr&#232;s plus de deux d&#233;cennies de l&#233;thargie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Grez, &#171; Un nuevo amanecer de los movimientos sociales en Chile &#187;, The (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si l'on reprend la sociologie des politiques du conflit, il ne fait pas de doute qu'une structure d'opportunit&#233; politique s'est ouverte pour les mobilisations, mise &#224; profit par une nouvelle g&#233;n&#233;ration qui, d'un conflit dans le champ de l'&#233;ducation, est parvenue &#224; se constituer (au cours d'un brusque changement d'&#233;chelle), en acteur incontournable de la sc&#232;ne politique nationale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Tilly et S. Tarrow, Politique(s) du conflit. De la gr&#232;ve &#224; la r&#233;volution, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quels sont les facteurs qui expliquent ce saut qualitatif et quantitatif ? Citons la situation &#233;conomique des &#233;tudiants dans une p&#233;riode de croissance profond&#233;ment in&#233;galitaire o&#249; le culte de la r&#233;ussite individuelle est en contradiction permanente avec les conditions de vie quotidienne des grandes majorit&#233;s. Plus largement, la crise de l&#233;gitimit&#233; de l'ensemble du syst&#232;me politique joue &#224; plein, aliment&#233;e par les provocations et l'arrogance du gouvernement. Certains des principaux dirigeants &#233;tudiants sont certes li&#233;s &#224; des organisations partisanes, tels Camila Vallejo, figure tr&#232;s m&#233;diatis&#233;e ou encore Camilo Ballesteros, tous deux membres du Parti communiste. Giorgio Jackson est quant &#224; lui consid&#233;r&#233; comme proche de la Concertation. D'ailleurs, des secteurs radicaux au sein de la Confech (notamment de province), des organisations d'&#233;l&#232;ves du secondaire, comme les franges &#233;tudiantes libertaires, de la &#171; gauche autonome &#187; ou anticapitalistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'entretien r&#233;alis&#233; le 13 octobre 2011 par Jean Batou et Juan Tortosa (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; critiquent la volont&#233; du PC et de la Concertation d'orienter &#8211; co&#251;te que co&#251;te &#8211; le mouvement vers une issue institutionnelle et une n&#233;gociation parlementaire, qui se ferait alors aux d&#233;pends du mouvement. Les grandes man&#339;uvres sont d&#233;j&#224; en cours dans les couloirs du Congr&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La proposition faite au gouvernement (mi-novembre) par la Concertation, et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces tensions internes se sont aiguis&#233;es par les &#233;lections (5 et 6 d&#233;cembre 2011) pour la r&#233;novation de direction de la F&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants du Chili (Fech), principale f&#233;d&#233;ration du pays et pour laquelle pas moins de neuf listes &#233;taient en concurrence. Finalement, la FECH confirme son ancrage &#224; gauche, mais le PC et Camila Vallejo perd la pr&#233;sidence (celle-ci sera n&#233;anmoins vice-pr&#233;sidente, sa liste arrivant en deuxi&#232;me position) au profit d'une liste de la gauche dite &#171; autonome &#187; (plut&#244;t mod&#233;r&#233;e dans ses prises de positions) et dans le cadre d'une remarquable mont&#233;e en puissance de la gauche radicale : la liste &#171; Luchar &#187;, revendiquant son ancrage libertaire, arrive en troisi&#232;me position et gagne le poste de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la f&#233;d&#233;ration&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les accusations du PC chilien contre les listes concurrentes, accus&#233;es de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La campagne &#233;lectorale universitaire, et ses divisions, a donc d&#233;but&#233; en pleine mobilisation sociale. Mais, globalement, la pression &#224; la base, la r&#233;f&#233;rence &#224; l'horizontalit&#233;, le refus de l'instrumentalisation politicienne expliquent la dur&#233;e et la dynamique de ces luttes, malgr&#233; quelques turbulences au sein des directions &#233;tudiantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, un dernier &#233;l&#233;ment essentiel : la convergence de diff&#233;rentes r&#233;voltes sous la surface apparemment lisse d'un mod&#232;le d'accumulation qui semblait jusque-l&#224; &#171; triomphant &#187;. En effet, la conjoncture actuelle s'inscrit dans un flux plus large. Une accumulation mol&#233;culaire de conflits partiels, &#233;parpill&#233;s, a eu lieu, avec une acc&#233;l&#233;ration depuis 2006-2007&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Barozet, &#171; De la d&#233;mobilisation au r&#233;investissement local. Mouvements (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Rappelons les mobilisations de salari&#233;s tout d'abord, malgr&#233; un oc&#233;an de pr&#233;carit&#233; et de flexibilisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le code du travail est issu de la dictature. Seuls 5,9 % des salari&#233;s (2009) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et une CUT en partie coopt&#233;e par la Concertation. Rappelons aussi les luttes des travailleurs du cuivre, en particulier les subcontratistas (travaillant pour des entreprises sous-traitantes), qui en 2007 ont men&#233; des gr&#232;ves tr&#232;s dures. En 2010, la direction du travail a reconnu la perte de 333 000 jours de travail pour faits de gr&#232;ves dans le priv&#233;, soit une augmentation de 192 % par rapport &#224; 2000. Dans le secteur public, la magistrature, les travailleurs de la sant&#233;, les enseignants se mobilisent r&#233;guli&#232;rement (le 23 novembre, 10 000 manifestants r&#233;clamaient des augmentations de salaires et l'unit&#233; du mouvement social). C'est aussi le cas des militants qui se battent contre les discriminations et pour le droit &#224; la diversit&#233; sexuelle (LGTB). Le cycle de protestation a pris une dimension insolite, en f&#233;vrier 2010, avec le soul&#232;vement de toute une r&#233;gion, la province australe de Magallanes, contre la hausse du prix du gaz naturel. Le gouvernement a d&#251; reculer devant ce front du refus qui combinait revendications r&#233;gionalistes et sociales. Les actions r&#233;centes des collectifs &#233;cologistes ont aussi r&#233;ussi &#224; mettre en &#233;chec la droite. Ainsi, en ao&#251;t 2010, &#224; Punta del Choro, contre la construction d'un barrage thermo&#233;lectrique et plus r&#233;cemment, avec le m&#233;gaprojet Hidroaysen en Patagonie qui a fait sortir dans la rue plus de 30 000 personnes. Il faudrait enfin mentionner les luttes urbaines pour le logement et le &#171; droit &#224; la ville &#187;. Et, bien entendu, l'indomptable r&#233;sistance du peuple Mapuche qui a connu des pics de combativit&#233; en 2010, notamment suite aux gr&#232;ves de la faim de plusieurs prisonniers politiques indig&#232;nes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous renvoyons aux articles que nous avons r&#233;unis avec Mario Amoros dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des d&#233;fis pour le mouvement social est de r&#233;ussir une d&#233;sectorisation bien plus vaste encore, afin d'articuler toutes ses r&#233;sistances, tr&#232;s souvent &#233;parses. Une telle conjonction a montr&#233; son potentiel lors de la protestation du 21 mai. En vue des journ&#233;es de gr&#232;ve nationale des 17 et 18 novembre, la mise en place d'une plateforme sociale pour l'&#233;ducation (Mesa social por la educaci&#243;n), regroupant entre autres la CUT, les organisations &#233;tudiantes, enseignantes, de droit de l'homme et &#233;cologistes aurait pu repr&#233;senter un pas en avant, s'il avait &#233;t&#233; suivi d'initiatives concr&#232;tes. Progressivement, s'est impos&#233;e la compr&#233;hension qu'obtenir la gratuit&#233; de l'&#233;ducation signifie s'attaquer frontalement au capitalisme &#233;ducatif. D'autre part, les jeunes savent qu'ils font face aux principes fondateurs de la dictature. L'un de leurs slogans est : &#171; Elle va tomber, elle va tomber, l'&#233;ducation de Pinochet &#187;. La question d&#233;sormais est bien celle de la construction d'alternatives radicales et pas de r&#233;former, &#224; la marge, l'h&#233;ritage autoritaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Agacino, &#171; Anticipando el futuro &#187;, Rebelion.org, 1er septembre 2011 et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bifurcations intempestives et alternatives en chantiers : vers une assembl&#233;e constituante ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sous l'impact de cette mobilisation historique, la soci&#233;t&#233; chilienne s'est brusquement repolitis&#233;e, a r&#233;investi cette polis d&#233;sert&#233;e, en m&#234;me temps qu'elle occupait les places publiques, les avenues, les lieux d'&#233;ducation. Il s'agit l&#224; d'une bifurcation intempestive (une formule de Daniel Bensa&#239;d), qui va marquer les prochaines ann&#233;es, &#171; remettant en question des certitudes, des valeurs, des normes, des institutions et des mani&#232;res de faire les choses qui paraissaient avoir acquis des caract&#233;ristiques &#171; naturelles &#187; pour des millions de citoyens et citoyennes soumis &#224; l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique du n&#233;olib&#233;ralisme &#187;[S. Grez, &#171; Un nuevo amanecer de los movimientos sociales en Chile &#187;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;. Voir aussi : P. Mouterde, &#171; En plein hiver &lt;i&gt;chilien&lt;/i&gt; : les promesses d'un printemps social et politique &#187;. Alai-Amlatina, 29 ao&#251;t 2011.]. D&#233;sormais, c'est la mani&#232;re de changer la Constitution, l'imp&#233;rieux besoin d'une assembl&#233;e constituante, l'urgence d'un r&#233;f&#233;rendum sur l'&#233;ducation ou la renationalisation du cuivre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Chili poss&#232;de la premi&#232;re r&#233;serve de cuivre au monde, une ressource (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui &#233;mergent dans les discussions en assembl&#233;es et dans les d&#233;fil&#233;s. Un besoin d'ouvrir portes et fen&#234;tres pour une d&#233;mocratisation r&#233;elle se fait sentir. L'objectif reste difficile &#224; atteindre, alors qu'il ne faut pas sous-estimer les capacit&#233;s du gouvernement &#224; garder la main. Le mouvement est au bord de l'essoufflement apr&#232;s sept mois de lutte. La r&#233;pression est toujours intense. La fin de l'ann&#233;e scolaire se rapproche, ainsi que le d&#233;but de l'&#233;t&#233; austral et, au moment o&#249; nous &#233;crivons, encore aucune avanc&#233;e concr&#232;te &#224; l'horizon. Certains voix parlent d'un &#171; repli tactique &#187; pour une reprise des mobilisations &#224; la rentr&#233;e en f&#233;vrier-mars 2012 et avec, durant l'&#233;t&#233;, des actions pour maintenir la pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enjeux sont de taille. Comment, face &#224; l'oligarchie au pouvoir, obtenir &#8211; d&#232;s maintenant &#8211; la gratuit&#233; de l'&#233;ducation ? Comment imposer un processus constituant &#171; par en bas &#187;, d&#233;mocratique, avec participation des mouvements sociaux, tel qu'il a pu se construire r&#233;cemment en Bolivie (malgr&#233; ses limites), pour abattre les institutions du &#171; pinochetisme &#187; et les enclaves autoritaires ? Cela signifie tout d'abord l'&#233;laboration d'un formidable rapport de forces social et politique, pas encore &#224; l'ordre du jour, mais en voie de construction. L'absence &#8211; de taille &#8211; de luttes massives du salariat et les atermoiements du mouvement syndical (et de leurs directions) p&#232;sent &#233;norm&#233;ment. Car un basculement des relations de classes passera n&#233;cessairement par une intervention consciente et d&#233;cid&#233;e du mouvement ouvrier, au sens large du terme. Sans cela, les &#233;tudiants restent orphelins d'un moteur essentiel de la transformation sociale. D'autre part, la pression de l'agenda &#233;lectoral et institutionnel peut s'av&#233;rer &#224; double tranchant : &#233;lections municipales en 2012 et pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives en 2013, vont pousser les formations politiques parlementaires &#224; &#171; surfer &#187; sur l'onde de propulsion du mouvement &#233;tudiant, souvent pour essayer de le canaliser, mais aussi &#8211; &#224; droite &#8211; pour mobiliser l'&#233;lectorat conservateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;fi pour la jeunesse mobilis&#233;e, dans ce nouveau cycle, est d'arracher &#224; court terme des r&#233;formes significatives sur la base de ses propres revendications (telle que la gratuit&#233;), tout en pr&#233;parant les prochaines actions aux c&#244;t&#233;s d'autres secteurs en lutte en faveur de changements structurels plus larges, telle que la mise en place d''une assembl&#233;e constituante. Les projets de loi cosm&#233;tiques sur l'&#233;ducation du gouvernement ne r&#233;pondent en aucun cas aux probl&#233;matiques sur la qualit&#233;, la municipalisation et la marchandisation de l'&#233;ducation secondaire et universitaire. Il est important d'&#233;viter une fin de mobilisation d&#233;moralisatrice et donc de dresser des perspectives. &#192; moyen terme, la question pos&#233;e est celle de la construction d'une alternative politique qui n'existe pas encore dans le pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La alternativa ausente &#187;, &#233;ditorial de la revue Punto Final, n&#176; 743, 30 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si l'horizontalit&#233;, les exp&#233;riences locales et territoriales, la pratique autogestionnaire sont des forces vitales &#224; cultiver, elles ne remplacent pas l'indispensable &#233;dification collective d'un instrument politique, totalement ind&#233;pendant de la Concertation et de ses satellites. Un outil capable de f&#233;d&#233;rer les r&#233;sistances &#233;parses et les classes populaires mobilis&#233;es, autour d'un projet anticapitaliste, latinoam&#233;ricaniste et &#233;cosocialiste coh&#233;rent. Ou encore comment passer de l'indignation, de la r&#233;bellion, des revendications collectives radicales &#224; leur d&#233;bouch&#233; politique et &#224; sa construction collective d&#233;mocratique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Jean Batou et Juan Tortosa, art. cit.&#034; id=&#034;nh5-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chemin parait encore long ? Certes. Mais la dynamique en cours vient de tracer un horizon des possibles, encore insoup&#231;onn&#233; il y a sept mois au Chili. Nous sommes l&#224; face &#224; une irruption d'une grande potentialit&#233;. Dans la vieille Europe, les indign&#233;&#183;es de plusieurs pays inventent et exp&#233;rimentent eux aussi contre l'aust&#233;rit&#233;, la dette et l'arrogance des puissants. Alors que la marchandisation de l'&#233;ducation est en cours depuis plusieurs ann&#233;es dans toute l'Union europ&#233;enne, l'exemple chilien pourrait donner des arguments &#224; celles et ceux qui s'y opposent et tentent de penser une &#233;ducation alternative. Dans le monde arabe, des processus r&#233;volutionnaires essayent d'approfondir leurs conqu&#234;tes, malgr&#233; de nombreux obstacles. La jeunesse r&#233;volt&#233;e chilienne r&#233;pond elle aussi, indirectement, &#224; ces &#233;chos lointains. Et surtout, le &#171; long mai chilien &#187; rejoint les diverses rebellions populaires qui balaient depuis dix ans toute l'Am&#233;rique latine. Des &#233;tudiants de tout le continent, et au-del&#224;, prennent d&#233;sormais pour &#233;tendard les mobilisations de Santiago. En Colombie, le gouvernement Santos vient de retirer son projet de r&#233;forme &#233;ducative, assez proche du mod&#232;le chilien sur plusieurs points, sous pression de la rue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rosmerlin Estupi&#241;an Silva, &#171; R&#233;forme &#224; la chilienne dans les universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le 24 novembre a d'ailleurs &#233;t&#233; le jour d'une originale marche latino-am&#233;ricaine pour l'&#233;ducation, o&#249; se sont mobilis&#233;s, en parall&#232;le, des f&#233;d&#233;rations &#233;tudiantes du Chili, P&#233;rou, &#201;quateur, Br&#233;sil, Argentine, Venezuela, Costa Rica et Salvador. Et se d&#233;roulent &#224; l'heure actuelle d'importants mouvements protestataires &#224; l'universit&#233; de Sao Paulo (USP), qui se revendiquent ouvertement des indign&#233;s chiliens. Le pays de Salvador Allende semble ainsi retrouver &#8211; enfin &#8211; le pouls de peuples fr&#232;res, par-del&#224; la cordill&#232;re des Andes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;strong&gt;Franck Gaudichaud &lt;/strong&gt; est ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'universit&#233; Grenoble 3 et copr&#233;sident de l'association France Am&#233;rique Latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Version actualis&#233;e pour &#171; &lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/interventions/chili-quand-n%C3%A9olib%C3%A9ralisme-triomphant-se-fissure&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;sc&gt;Contretemps&lt;/sc&gt;&lt;/a&gt; &#187; d'un article publi&#233; dans la revue Inprecor (octobre-novembre 2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contact &lt;/strong&gt; : franck.gaudichaud@u-grenoble3.fr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/interventions/chili-quand-n%C3%A9olib%C3%A9ralisme-triomphant-se-fissure&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;sc&gt;Contretemps&lt;/sc&gt;&lt;/a&gt; &#187;. Paris, le 14 d&#233;cembre 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour poursuivre cette analyse en terme de &#171; r&#233;volution &#187; capitaliste et n&#233;oconservatrice : Manuel G&#225;rate, &#171; &lt;a href=&#034;http://tel.archives-ouvertes.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La R&#233;volution &#233;conomique au Chili. &#192; la recherche de l'utopie n&#233;oconservatrice 1973-2003 &lt;/strong&gt; &#187;&lt;/a&gt;, th&#232;se de doctorat en histoire et civilisations, EHESS, Paris, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Palais pr&#233;sidentiel &#224; Santiago.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; El discurso de Pi&#241;era en la ONU y el movimiento estudiantil &#187;, &lt;i&gt;Elmostrador.cl&lt;/i&gt;, 23 septembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une analyse multiple du mouvement, nous renvoyons aux articles que nous avons r&#233;unis avec Mario Amoros dans le dossier : &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/apartado.php?id=411&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Lecciones de la rebeli&#243;n estudiantil&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, par exemple, la danse du &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=tR12Vi6BvrI&amp;feature=related&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Thriller&lt;/i&gt; de l'&#233;ducation &#187;&lt;/a&gt; parodiant un classique de Michael Jackson.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le film-documentaire de Pachi Bustos, Jorge Leiva, Marcela Betancourt et Ren&#233; Varas &lt;i&gt;Actores secundarios&lt;/i&gt;, (80 min, 2004).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le film-documentaire de Sim&#243;n Bergman : &lt;i&gt;La Rebeli&#243;n de los Ping&#252;inos&lt;/i&gt; (23 min, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le salaire minimum est d'environ 280 euros par mois au Chili.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Maillet, &#171; Les indign&#233;s chiliens &#187;, &lt;i&gt;Opalc.org&lt;/i&gt;, 17 ao&#251;t 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. De La Fuente, &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; En finir (vraiment) avec l'&#232;re Pinochet &#187;&lt;/a&gt;, le Monde diplomatique, 24 ao&#251;t 2011, et C. Vallejo, &#171; Quand le mythe n&#233;olib&#233;ral vacille &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, 2 novembre 2011, &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-11-02-Chili&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-11-02-Chili&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Droite extr&#234;me, proche de l'Opus Dei, premi&#232;re force du Parlement et poids lourd du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir la r&#233;ponse de S. Grez dans : &#171; &#191; Inasible malestar ? &#187;, &lt;i&gt;The Clinic&lt;/i&gt;, n&#176; 413, Santiago, 29 septembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir : F. Gaudichaud, &#171; Au Chili, les vieilles lunes de la nouvelle droite &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, Paris, mai 2011 et &#171; Chili : Tremblement de terre politique et retour des &lt;i&gt;Chicago boys&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Recherches internationales&lt;/i&gt;, juillet 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/ameriques/amelat/chili/chili-laube-nouvelle-des-mouvements-sociaux-et-la-mobilisation-du-22-septembre.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chili : l'aube nouvelle des mouvements sociaux&#8230; et la mobilisation du 22 septembre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;N. Klein, &lt;i&gt;The shock doctrine. The rise of disaster capitalism,&lt;/i&gt; Metropolitan Books, New York, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J.C. G&#243;mez Leyton, &#8220;Protesta social y pol&#237;tica en una sociedad neoliberal triunfante&#034;, &lt;i&gt;Observatorio Social de Am&#233;rica Latina, &lt;/i&gt;a&#241;o VII, n&#176; 20, CLACSO, Argentina, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Grez, &#171; Un nuevo amanecer de los movimientos sociales en Chile &#187;, &lt;i&gt;The Clinic&lt;/i&gt;, n&#176; 409, Santiago, 1er septembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C. Tilly et S. Tarrow, &lt;i&gt;Politique(s) du conflit. De la gr&#232;ve &#224; la r&#233;volution&lt;/i&gt;, Presses de Sciences Po, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'entretien r&#233;alis&#233; le 13 octobre 2011 par Jean Batou et Juan Tortosa avec Sebasti&#225;n Farf&#225;n, l'un des dirigeants de la Confech : &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?page=article_impr&amp;id_article=23132&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sebasti&#225;n Farf&#225;n&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La proposition faite au gouvernement (mi-novembre) par la Concertation, et semble t-il accept&#233;e par le PC, de sortir du conflit en mettant en place la gratuit&#233; pour environ 70 % des &#233;tudiants (les plus pauvres) des universit&#233;s publiques, gr&#226;ce &#224; des subventions d'&#201;tat, s'oriente dans ce sens. La municipalisation, la pi&#232;tre qualit&#233; de l'enseignement et le maintien des gigantesques profits du &#171; march&#233; priv&#233; de l'&#233;ducation &#187; ne seraient alors pas affect&#233;s, et surtout, les &#233;tudiants mobilis&#233;s d&#233;poss&#233;d&#233;s de leur droit &#224; d&#233;cider de l'issue de leurs luttes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les accusations du PC chilien contre les listes concurrentes, accus&#233;es de travailler pour le compte du gouvernement et de la droite, n'ont pas vraiment relev&#233; le niveau du d&#233;bat&#8230; Voir : &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/noticia.php?id=140949&amp;titular=una-nueva-fech-completamente-de-izquierda-&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;U&lt;strong&gt;na nueva Fech completamente de izquierda&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Barozet, &#171; De la d&#233;mobilisation au r&#233;investissement local. Mouvements sociaux locaux et territoires au Chili &#187;, &lt;i&gt;Cahiers des Am&#233;riques latines&lt;/i&gt;, n&#176; 66, 2011 et C. Pulgar, &lt;a href=&#034;http://www.lemondediplomatique.cl/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &lt;strong&gt;La revoluci&#243;n en el Chile del 2011 y el movimiento social por la educaci&#243;n&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/a&gt;, septembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le code du travail est issu de la dictature. Seuls 5,9 % des salari&#233;s (2009) sont couverts par un contrat collectif, la r&#232;gle &#233;tant le contrat individuel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous renvoyons aux articles que nous avons r&#233;unis avec Mario Amoros dans le dossier &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/apartado.php?id=152&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pueblo Mapuche : Cinco siglos de resistencia&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Agacino, &#171; Anticipando el futuro &#187;, &lt;i&gt;Rebelion.org&lt;/i&gt;, 1er septembre 2011 et J. Massardo, &#171; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/noticia.php?id=134444&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La significaci&#243;n hist&#243;rica del movimiento estudiantil&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#187;.Rebelion, 25 ao&#251;t 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Chili poss&#232;de la premi&#232;re r&#233;serve de cuivre au monde, une ressource aujourd'hui majoritairement aux mains de concessions &#233;trang&#232;res (&lt;a href=&#034;http://www.defensadelcobre.cl/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Comit&#233; de defensa y de recuperaci&#243;n del cobre&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;La alternativa ausente&lt;/i&gt; &#187;, &#233;ditorial de la revue &lt;i&gt;Punto Final&lt;/i&gt;, n&#176; 743, 30 septembre 2011 et M. Acu&#241;a, &#171; &lt;i&gt;El futuro del movimiento estudiantil &lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Rebelion.org&lt;/i&gt;, 22 novembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Jean Batou et Juan Tortosa, art. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rosmerlin Estupi&#241;an Silva, &lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/Reforme-a-la-chilienne-dans-les&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &lt;strong&gt;R&#233;forme &#224; la chilienne dans les universit&#233;s colombiennes &lt;/strong&gt; &#187;&lt;/a&gt;., &lt;i&gt;M&#233;moires des luttes&lt;/i&gt;, 7 d&#233;cembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dictature du g&#233;n&#233;ral Pinochet devant la justice &#224; Paris</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/La-dictature-du-general-Pinochet-devant-la-justice-a-Paris</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/La-dictature-du-general-Pinochet-devant-la-justice-a-Paris</guid>
		<dc:date>2010-12-13T10:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Gaudichaud *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Du 8 au 17 d&#233;cembre 2010, plusieurs anciens hauts responsables du r&#233;gime militaire dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral chilien Augusto Pinochet &#8211; treize Chiliens et un Argentin &#8211; seront jug&#233;s pour la d&#233;tention et la disparition forc&#233;e de quatre franco-chiliens : MM. Georges Klein, Etienne Pesle, Alfonso Chanfreau et Jean-Yves Claudet. Un proc&#232;s in&#233;dit. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; En d&#233;pit de la mort d'Augusto Pinochet, ce proc&#232;s n'en sera pas moins celui, posthume, du dictateur chilien ainsi que de l'ensemble du syst&#232;me de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Chili" rel="directory"&gt;Chili&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du 8 au 17 d&#233;cembre 2010, plusieurs anciens hauts responsables du r&#233;gime militaire dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral chilien Augusto Pinochet &#8211; treize Chiliens et un Argentin &#8211; seront jug&#233;s pour la d&#233;tention et la disparition forc&#233;e de quatre franco-chiliens : MM. Georges Klein, Etienne Pesle, Alfonso Chanfreau et Jean-Yves Claudet. Un proc&#232;s in&#233;dit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; En d&#233;pit de la mort d'Augusto Pinochet, ce proc&#232;s n'en sera pas moins celui, posthume, du dictateur chilien ainsi que de l'ensemble du syst&#232;me de r&#233;pression mis en place [par les dictatures d'Am&#233;rique du Sud]&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;d&#233;ration internationale des ligues des droits humains, &#171; Proc&#232;s de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; C'est en ces termes que Ma&#238;tres William Bourdon, Claude Katz, Benjamin Sarfati et Sophie Thonon ont comment&#233; la proc&#233;dure devant la cour d'assises de Paris, la plus haute juridiction criminelle fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous attendons depuis tr&#232;s, tr&#232;s longtemps. Presque toute notre vie &#187;, t&#233;moignait, lundi 6 d&#233;cembre, Mme Natalia Chanfreau, encore tr&#232;s jeune lorsque son p&#232;re a disparu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conf&#233;rence de presse, &#171; Ouverture du proc&#232;s &#224; Paris de 14 hauts responsables (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Initialement pr&#233;vu en mai 2008, le proc&#232;s a &#233;t&#233; report&#233; une premi&#232;re fois par le parquet g&#233;n&#233;ral. Certains militants des droits humains se sont alors interrog&#233;s : ce report &lt;i&gt;sine die&lt;/i&gt; r&#233;sultait-il de pressions politiques, M. Pinochet &#233;tant toujours en vie ? A l'&#233;poque, la justice &#233;voque son souhait d'organiser un proc&#232;s &#171; irr&#233;prochable &#187;, en d&#233;pit de &#171; difficult&#233;s rencontr&#233;es dans la d&#233;livrance des citations des nombreuses personnes r&#233;sidant &#224; l'&#233;tranger&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;d&#233;ration internationale des ligues des droits humains, &#171; Un nouvel affront (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Faire venir de plusieurs endroits de la plan&#232;te des t&#233;moins directs li&#233;s aux quatre victimes &#8211; ainsi que des &#171; grands t&#233;moins &#187; internationaux (qui doivent permettre de mettre en contexte le jugement) &#8211; requiert en effet une logistique lourde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sont attendus notamment l'avocat chilien et ancien rapporteur des Nations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais l'absence de juges pleinement d&#233;di&#233;s &#224; cette affaire et le manque de volont&#233; politique ne facilite pas la t&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s s'ouvre donc aujourd'hui, apr&#232;s plus de douze ann&#233;es de proc&#233;dure. S'il est men&#233; &#224; bien, il forgera vraisemblablement un pr&#233;c&#233;dent historique, rendu possible par la mobilisation sans rel&#226;che des familles de victimes et d'organisations sociales chiliennes et internationales. Des d&#233;cennies de lutte contre l'impunit&#233;, contre l'oubli et pour obtenir v&#233;rit&#233; et justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 octobre 1998, &#224; la demande des autorit&#233;s judiciaires espagnoles et du juge espagnol Balthazar Garz&#243;n, le g&#233;n&#233;ral Augusto Pinochet est arr&#234;t&#233; &#224; Londres. Presque imm&#233;diatement, des familles de d&#233;tenus-disparus fran&#231;ais d&#233;posent une plainte contre les responsables du r&#233;gime. D&#232;s juillet 1999, la F&#233;d&#233;ration internationale des ligues des droits humains (FIDH) et la Ligue fran&#231;aise des droits de l'Homme et du citoyen (LDH) se constituent parties civiles. Tout comme la Corporation chilienne pour la d&#233;fense et la promotion des droits du peuple (CODEPU-Chili), l'Association des ex-prisonniers politiques chiliens-France et France Am&#233;rique Latine (FAL).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arrestation du dictateur a ouvert une br&#232;che, malgr&#233; une immense frustration. &#171; Le monde, et tout particuli&#232;rement l'Europe, voyait dans la possibilit&#233; d'un proc&#232;s contre l'ancien dictateur &#8211; en Espagne et en France notamment &#8211;, l'av&#232;nement d'une justice internationale en mati&#232;re de violations des Droits de l'Homme. Mais le proc&#232;s n'eut pas lieu, et Pinochet, apr&#232;s avoir vu durant les ann&#233;es 2000 se multiplier les poursuites contre d'anciens responsables de la r&#233;pression militaire, et avoir &#233;t&#233; lui-m&#234;me vis&#233; par certaines enqu&#234;tes, n'en mourut pas moins libre et sans avoir &#233;t&#233; jug&#233;, le 10 d&#233;cembre 2006&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association d'ex-prisonniers politiques chiliens &#8211; France ; France Am&#233;rique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Peu apr&#232;s, la juge Sophie Cl&#233;ment cl&#244;t l'instruction, ouvrant l'&#171; audiencement &#187; (c'est-&#224;-dire l'&#171; inscription &#187;) du dossier devant la cour d'assises de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce proc&#232;s peut avoir lieu &#224; Paris, c'est que la loi p&#233;nale fran&#231;aise, au titre de la comp&#233;tence extra-territoriale juridictionnelle, est applicable pour les crimes commis contre des personnes de nationalit&#233; fran&#231;aise par des &#233;trangers hors du territoire national (au titre de l'article 113-7 du code p&#233;nal et de la &#171; comp&#233;tence personnelle passive &#187; des victimes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est d'ailleurs pas la premi&#232;re fois que la justice fran&#231;aise devra se prononcer sur la base d'une telle comp&#233;tence dans un jugement ayant trait au terrorisme d'Etat sudam&#233;ricain. Le bourreau argentin Alfredo Astiz, connu sous le nom de &#171; l'Ange de la mort &#187;, a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; perp&#233;tuit&#233; par contumace en mars 1990 pour la disparition forc&#233;e de deux religieuses fran&#231;aises pendant la derni&#232;re dictature (1976-1983).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 197 victimes de disparitions ou ex&#233;cutions et 28 461 victimes de torture : ce sont les chiffres officiels de la r&#233;pression chilienne. Certes, ces chiffres minorent la r&#233;alit&#233; : plusieurs historiens et associations de d&#233;fense des droits humains parlent de 200 000 &#224; 300 000 personnes arr&#234;t&#233;es et tortur&#233;es. N&#233;anmoins, cette reconnaissance officielle donne une mesure de la violence du r&#233;gime militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce proc&#232;s, c'est l'architecture de la terreur d'Etat qui sera mise au jour : son fonctionnement, ses cha&#238;nes de commandement et ses logiques institutionnelles. Les diff&#233;rents parcours des victimes r&#233;v&#232;lent diff&#233;rents aspects du syst&#232;me r&#233;pressif. Ils &#233;clairent &#233;galement la r&#233;sistance des militants de gauche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus de d&#233;tails, consulter le blog du journaliste Jac Forton, consacr&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Georges Klein, 27 ans, &#233;tait le m&#233;decin et conseiller socialiste du pr&#233;sident Salvador Allende durant l'Unit&#233; populaire (1970-1973). Aux c&#244;t&#233;s du &#171; camarade-pr&#233;sident &#187; le jour du bombardement de la Moneda, il dispara&#238;t soudain. M. Etienne Pesle, 46 ans, ancien pr&#234;tre, est militant du Mouvement des chr&#233;tiens pour le socialisme. Ardent d&#233;fenseur de la r&#233;forme agraire, il travaille comme fonctionnaire de l'Institut du d&#233;veloppement de l'agriculture. Il dispara&#238;t &#233;galement lors des premi&#232;res heures de la dictature alors qu'il se trouve &#224; Temuco, dans le sud du pays. M. Alphonse Chanfreau, 23 ans, milite au Mouvement de la gauche r&#233;volutionnaire (MIR). Il est arr&#234;t&#233; le 30 juillet 1974 par la Direction nationale du renseignement (DINA), police politique sous le commandement de M. Manuel Contreras. Emprisonn&#233; et tortur&#233; pendant plus d'un mois, il aurait &#233;t&#233; transf&#233;r&#233; ensuite &#224; la &#171; Colonia Dignidad &#187;, une communaut&#233; sectaire fond&#233;e par un ancien nazi, Paul Schaeffer, aujourd'hui d&#233;c&#233;d&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fr&#233;d&#233;ric Ploquin et Maria Poblete, La colonie du docteur Schaefer, une secte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin, M. Jean-Yves Claudet, 34 ans, ing&#233;nieur, est charg&#233; des relations internationales du MIR. Arr&#234;t&#233; &#224; deux reprises apr&#232;s le coup d'Etat puis expuls&#233; vers la France, il revient en Argentine l'ann&#233;e suivante pour organiser la r&#233;sistance. Il est enlev&#233; par la DINA le 1er novembre 1975, dans le cadre du &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2001/05/ABRAMOVICI/15179&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;u&gt;Plan Condor&lt;/u&gt;&lt;/a&gt; &#187;, une op&#233;ration transnationale de coop&#233;ration des dictatures du C&#244;ne sud dans leur &#171; lutte contre la subversion &#187; &#8211; selon le langage consacr&#233; par les militaires putschistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce proc&#232;s ne pourra en outre pas faire l'impasse sur l'implication des Etats-Unis dans le soutien aux dictatures d'Am&#233;rique du Sud, &#224; commencer par celle de M. Henry Kissinger, ancien conseiller &#224; la S&#233;curit&#233; nationale am&#233;ricaine et prix Nobel de la paix 1973, cit&#233; &#224; compara&#238;tre en qualit&#233; de t&#233;moin durant l'instruction &#8211; sans succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accus&#233;s, &#226;g&#233;s de 59 &#224; 89 ans, ne seront pas pr&#233;sents. Ils n'ont m&#234;me pas demand&#233; &#224; &#234;tre repr&#233;sent&#233;s par des avocats, n'accordant aucune l&#233;gitimit&#233; &#224; la proc&#233;dure. Cinq sont morts durant l'instruction (dont Augusto Pinochet, Osvaldo Romo, bourreau c&#233;l&#232;bre pour ses confessions, ou encore l'ancien nazi Paul Schaefer). Sur les quatorze restants, une majorit&#233; purgent actuellement une peine de prison, &#224; commencer par le plus haut responsable encore en vie, le g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e de terre Manuel Contreras. D'autres encore, devenus hommes d'affaires, circulent librement, &#224; l'image du capitaine r&#233;serviste de la Force a&#233;rienne, Emilio Sandoval Poo. &#171; Le Chili sera leur prison &#187;, affirme Me Sophie Thonon &#171; D&#232;s qu'ils seront tent&#233;s de traverser une fronti&#232;re, ils seront arr&#234;t&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh6-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi un tel jugement en France et pas au Chili ? Durant les ann&#233;es sombres de la dictature, les familles ont bien demand&#233; &#224; la justice chilienne d'enqu&#234;ter sur ces disparitions, mais comme le note l'acte d'accusation, celle-ci &#171; a failli &#224; sa mission et s'est montr&#233;e d'une d&#233;pendance totale &#224; l'&#233;gard du r&#233;gime en place &#187;. Aujourd'hui encore, selon la FIDH, &#171; on constate que cette justice se heurte &#224; des r&#233;miniscences de la structure d'impunit&#233; cr&#233;&#233;e par Pinochet et les siens en pr&#233;paration de la transition &#187;. Lorsque condamnation il y a, &#171; la l&#233;g&#232;ret&#233; des peines, en application depuis quelques ann&#233;es de la r&#232;gle de la &#171; prescription &#224; moiti&#233; &#187; [sic] est absolument disproportionn&#233;e par rapport &#224; la gravit&#233; des crimes. Prenant notamment en compte l'anciennet&#233; des faits et le comportement actuel des auteurs des crimes poursuivis, cette r&#232;gle aboutit en r&#233;alit&#233; &#224; ce que dans de tr&#232;s nombreux cas, les condamn&#233;s sortent libres d&#232;s le verdict rendu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;d&#233;ration internationale des ligues des droits humains, ibid.&#034; id=&#034;nh6-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Pour l'heure, 171 personnes ont re&#231;u des condamnations fermes pour crimes contre l'humanit&#233;, mais seules 53 d'entre elles sont d&#233;tenues ou en r&#233;sidence surveill&#233;e. Plusieurs centaines de proc&#232;s sont en cours d'instruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, les diff&#233;rentes commissions nationales de &#171; v&#233;rit&#233; et r&#233;conciliation &#187;, de &#171; dialogue &#187; ou de &#171; r&#233;paration &#187; cr&#233;&#233;es depuis la transition d&#233;mocratique de 1990 n'ont pas vis&#233; &#224; rendre justice. Leur mandat restrictif, les t&#233;moignages anonymes des militaires, le maintien du d&#233;cret-loi d'amnistie de 1978, les nombreuses &#171; enclaves autoritaires &#187; issues de la dictature (dont la Constitution de 1980 qui r&#233;git encore les institutions du pays !) ou le maintien du mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral, expliquent cette situation. Vingt ans durant, les gouvernements de la Concertation (coalition entre d&#233;mocrate-chr&#233;tiens et centre-gauche) n'ont jamais eu la volont&#233; de remettre en cause l'impunit&#233; qui gangr&#232;ne le pays et ob&#232;re le futur. Au nom de l'unit&#233; nationale, les &#233;lites refusent d'affronter ce &#171; pass&#233; trop vite pass&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Olivier Compagnon, Franck Gaudichaud, &#171; Chili : un pass&#233; trop vite pass&#233; &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et il y a fort &#224; parier que l'actuel pr&#233;sident, M. Sebasti&#225;n Pi&#241;era &#8211; qui s'est enrichi durant la dictature et alli&#233; &#224; l'Union d&#233;mocratique ind&#233;pendante (UDI), la formation politique issue du &#171; pinochetisme &#187; &#8211; suivra le m&#234;me chemin. D'o&#249; l'importance historique de l'initiative en cours &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous n'attendons pas un miracle &#187;, conc&#232;de Mme Jacqueline Claudet, la s&#339;ur de Jean-Yves Claudet. Mais &#171; c'est un premier pas vers la Justice&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conf&#233;rence de presse, lundi 6 d&#233;cembre, op. cit.&#034; id=&#034;nh6-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le proc&#232;s reste essentiellement symbolique. Mais les symboles sont parfois forts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franck Gaudichaud&lt;br/&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-12-08-Pinochet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;u&gt;La Valise Diplomatique&lt;/u&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, le 8 d&#233;cembre 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;u&gt;F&#233;d&#233;ration internationale des ligues des droits humains, &#171; &lt;a href=&#034;http://fidh.org/Proces-de-la-dictature-de-Pinochet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Proc&#232;s de la dictature de Pinochet&lt;/u&gt;&lt;/a&gt; &#187;, 3 d&#233;cembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conf&#233;rence de presse, &#171; Ouverture du proc&#232;s &#224; Paris de 14 hauts responsables de la dictature chilienne &#187;, Centre d'accueil de la presse &#233;trang&#232;re &#224; Paris, lundi 6 d&#233;cembre (&lt;a href=&#034;http://fidh.org/Proces-de-la-dictature-de-Pinochet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;u&gt;audio en ligne dans son int&#233;gralit&#233;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F&#233;d&#233;ration internationale des ligues des droits humains, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.fidh.org/Report-du-proces-contre-les-anciens-responsables&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;u&gt;Un nouvel affront de la justice aux victimes de violations des droits de l'Homme au Chili&lt;/u&gt;&lt;/a&gt; &#187;, 7 mai 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sont attendus notamment l'avocat chilien et ancien rapporteur des Nations unies, Roberto Garret&#243;n, Mart&#237;n Almada, &#171; d&#233;couvreur &#187; paraguayen des archives du plan Condor, le magistrat fran&#231;ais Louis Joinet ou encore le journaliste d'investigation am&#233;ricain John Dinges.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.chiliveriteetmemoire.org/spip.php?page=sommaire&amp;lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;u&gt;Association d'ex-prisonniers politiques chiliens &#8211; France&lt;/u&gt;&lt;/a&gt; ; France Am&#233;rique Latine, &#171; &lt;a href=&#034;http://franceameriquelatine.org/upload/real_doc/Dossier de presse.PDF&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;u&gt;Dans l'ombre de Pinochet. Proc&#232;s contre la dictature chilienne&lt;/u&gt;&lt;/a&gt; &#187; (PDF), Dossier de presse, d&#233;cembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour plus de d&#233;tails, &lt;a href=&#034;http://jac.forton.free.fr/blog_fr/index.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;u&gt;consulter le blog du journaliste Jac Forton&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;, consacr&#233; au proc&#232;s de la junte chilienne en France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fr&#233;d&#233;ric Ploquin et Maria Poblete, &lt;i&gt;La colonie du docteur Schaefer, une secte nazie au pays de Pinochet&lt;/i&gt;, Fayard, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F&#233;d&#233;ration internationale des ligues des droits humains, &lt;a href=&#034;http://www.fidh.org/Report-du-proces-contre-les-anciens-responsables&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&lt;u&gt;ibid&lt;/u&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Olivier Compagnon, Franck Gaudichaud, &#171; Chili : un pass&#233; trop vite pass&#233; &#187;, in Pascal Blanchard, Marc Ferro et Isabelle Veyrat-Masson (dir.), &lt;i&gt;Les guerres de m&#233;moires dans le monde&lt;/i&gt;, revue &lt;i&gt;Herm&#232;s&lt;/i&gt;, Paris, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conf&#233;rence de presse, lundi 6 d&#233;cembre, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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