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	<title>El Correo</title>
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		<title>ET SI LE PROBL&#200;ME N'&#201;TAIT PAS DE VIEILLIR ?</title>
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		<dc:date>2026-08-08T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Malena Garr&#233;*</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;J'&#233;tais &#224; un d&#238;ner et il s'est pass&#233; quelque chose de curieux. Nous &#233;tions huit personnes autour d'une table. Quand est venu le moment de parler de projets, de voyages et de souhaits, tout le monde semblait avoir le droit d'imaginer l'avenir. Tous, sauf une femme d'une soixantaine d'ann&#233;es. On lui a pos&#233; des questions sur ses petits-enfants. Pas sur son travail. Pas sur ses amours. Pas sur ses projets. Pas sur ses r&#234;ves. Sur ses petits-enfants (...) Malena Garr&#233;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'autre soir, j'&#233;tais &#224; un d&#238;ner et il s'est pass&#233; quelque chose de curieux. Nous &#233;tions huit personnes autour d'une table. Quand est venu le moment de parler de projets, de voyages et de souhaits, tout le monde semblait avoir le droit d'imaginer l'avenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous, sauf une femme d'une soixantaine d'ann&#233;es. On lui a pos&#233; des questions sur ses petits-enfants. Pas sur son travail. Pas sur ses amours. Pas sur ses projets. Pas sur ses r&#234;ves. Sur ses petits-enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je me suis alors demand&#233; : &#224; quel moment avons-nous d&#233;cid&#233; que certaines personnes avaient un avenir et d'autres seulement un pass&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque chose d'&#233;trange dans notre rapport &#224; la vieillesse. Nous vivons plus longtemps que jamais. Nous sommes obs&#233;d&#233;s par le bien-&#234;tre, les compl&#233;ments alimentaires, l'exercice physique, les th&#233;rapies, les soins de la peau et les routines de long&#233;vit&#233;. Nous voulons atteindre les cent ans. Mais personne ne veut &#234;tre vieux. C'est comme vouloir se rendre &#224; Paris sans traverser l'oc&#233;an. Nous aimons la long&#233;vit&#233;. Mais la vieillesse nous met mal &#224; l'aise. Et cette contradiction transpara&#238;t dans des conversations en apparence innocentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'une femme de cinquante ans entame une relation amoureuse, on entend des commentaires que l'on ne ferait jamais &#224; propos d'une femme de trente ans. Lorsqu'une personne de soixante-dix ans souhaite se lancer dans une nouvelle aventure, apprendre une langue ou commencer des &#233;tudes universitaires, elle suscite souvent un m&#233;lange de surprise et de m&#233;fiance. Comme s'il existait un &#226;ge &#224; partir duquel les d&#233;sirs commen&#231;aient &#224; para&#238;tre extravagants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'on appelle l'&#226;gisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien que ce mot semble encore r&#233;cent, la pratique est tr&#232;s ancienne. L'&#226;gisme, c'est partir du principe que l'&#226;ge d&#233;finit ce qu'une personne peut, doit ou veut faire. C'est croire que l'exp&#233;rience remplace le d&#233;sir. Que la retraite remplace l'identit&#233;. Que la fragilit&#233; remplace l'individualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est curieux, c'est que personne ne se consid&#232;re comme &#226;giste. Car l'&#226;gisme se pr&#233;sente rarement sous le masque de l'agressivit&#233;. Il se pr&#233;sente sous le couvert de la protection. &#171; &lt;i&gt;Ne t'inqui&#232;te pas&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Je le fais pour toi&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Tu es trop vieux pour &#231;a&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Tu n'as plus besoin de travailler&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Pourquoi veux-tu &#233;tudier maintenant ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des phrases qui semblent bienveillantes. Et pourtant, elles ont quelque chose en commun : elles r&#233;duisent une personne &#224; son &#226;ge. Partir du principe qu'une personne &#226;g&#233;e ne peut pas apprendre, qu'elle ne comprend rien &#224; la technologie, qu'elle n'a pas de d&#233;sirs, qu'elle ne produit rien, qu'elle ne cr&#233;e rien, qu'elle ne prend pas de d&#233;cisions. Ce sont des pr&#233;jug&#233;s tellement ancr&#233;s qu'ils passent souvent inaper&#231;us. C'est peut-&#234;tre pour cela que l'&#226;gisme est si difficile &#224; d&#233;tecter. Il ne ressemble pas au rejet. Il ressemble au paternalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et peut-&#234;tre que la racine du probl&#232;me r&#233;side dans le fait que nous continuons &#224; consid&#233;rer la vieillesse comme une &#233;tape homog&#232;ne. Comme si le fait d'atteindre soixante, soixante-dix ou quatre-vingts ans transformait comme par magie des millions de personnes diff&#233;rentes en une seule et m&#234;me cat&#233;gorie. Mais la r&#233;alit&#233; est tout autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des personnes &#226;g&#233;es qui courent des marathons et d'autres qui ont besoin d'aide. Il y en a qui se lancent dans de nouveaux projets et d'autres qui veulent se reposer. Il y en a qui tombent amoureux. Il y en a qui cr&#233;ent leur entreprise. Il y en a qui &#233;crivent des livres. Il y en a qui changent de m&#233;tier. Exactement comme &#224; tout autre &#226;ge. Car la vieillesse n'efface pas les diff&#233;rences. Elle les multiplie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La g&#233;rontologie contemporaine d&#233;montre depuis des ann&#233;es que le vieillissement est bien plus h&#233;t&#233;rog&#232;ne que nous ne le pensons g&#233;n&#233;ralement. Il n'existe pas une seule fa&#231;on d'&#234;tre vieux. Il existe de multiples fa&#231;ons de vieillir, fa&#231;onn&#233;es par les histoires personnelles, les conditions &#233;conomiques, les r&#233;seaux de soutien, le genre, la sant&#233;, l'&#233;ducation et les opportunit&#233;s. C'est pourquoi la question pertinente n'est peut-&#234;tre plus de savoir quel &#226;ge nous avons, mais ce que nous faisons de ces ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophe &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_de_Beauvoir&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Simone de Beauvoir&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; soulignait que la soci&#233;t&#233; a tendance &#224; transformer les personnes &#226;g&#233;es en &#171; &lt;i&gt;autres&lt;/i&gt; &#187;, en sujets &#233;trangers &#224; la vie active. Mais la r&#233;alit&#233; actuelle semble aller dans le sens contraire. De plus en plus de personnes &#233;tudient, cr&#233;ent leur entreprise, militent, travaillent, voyagent, produisent des connaissances et m&#232;nent &#224; bien des projets pendant des d&#233;cennies qui &#233;taient auparavant consid&#233;r&#233;es comme une p&#233;riode de retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#226;ge biologique existe. Le corps change. Le temps laisse des traces. Le nier serait na&#239;f. Mais c'est tout autre chose que d'accepter que ces changements d&#233;finissent enti&#232;rement qui nous sommes ou ce dont nous sommes capables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes les contemporains de deux r&#233;volutions simultan&#233;es. La premi&#232;re est technologique et fait la une de tous les journaux : algorithmes, intelligence artificielle, automatisation, robots capables d'accomplir des t&#226;ches qui, jusqu'&#224; r&#233;cemment, semblaient exclusivement humaines. La seconde est d&#233;mographique et, bien qu'elle retienne beaucoup moins l'attention, elle a des cons&#233;quences tout aussi profondes : nous vivons plus longtemps que jamais dans l'histoire de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois, nous sommes confront&#233;s &#224; la possibilit&#233; qu'une personne passe un tiers de sa vie dans la vieillesse. Jamais auparavant il n'y avait eu autant de personnes &#226;g&#233;es. Jamais auparavant autant de g&#233;n&#233;rations n'avaient coexist&#233; en m&#234;me temps. Jamais auparavant la question de savoir comment vivre, travailler, aimer, &#233;tudier et s'impliquer apr&#232;s 60, 70 ou 80 ans n'avait &#233;t&#233; aussi pertinente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir proche sera marqu&#233; par l'intelligence artificielle. Mais il sera &#233;galement marqu&#233; par la pr&#233;sence des personnes &#226;g&#233;es. La v&#233;ritable question est de savoir si nous pr&#233;parons nos institutions, nos villes et nos entreprises &#224; cette r&#233;alit&#233;. C'est pourquoi je pense parfois que la peur de la vieillesse n'est pas tant li&#233;e &#224; l'&#226;ge qu'&#224; la perte de son r&#244;le central. Avec la possibilit&#233; de ne plus &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des individus, mais comme des cat&#233;gories. &#171; &lt;i&gt;Le retrait&#233;&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;La grand-m&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Le vieillard&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;La vieille dame&lt;/i&gt; &#187;. Des &#233;tiquettes qui r&#233;duisent des vies enti&#232;res &#224; une simple &#233;tiquette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je repense alors &#224; ce d&#238;ner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette femme &#224; qui personne n'a demand&#233; quels &#233;taient ses r&#234;ves pour les ann&#233;es &#224; venir. Peut-&#234;tre parce que nous restons prisonniers d'une id&#233;e erron&#233;e : celle selon laquelle la vie est une courbe ascendante qui atteint son apog&#233;e &#224; l'&#226;ge adulte, puis commence &#224; redescendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais&#8230; et si ce n'&#233;tait pas le cas ? Et si le probl&#232;me n'&#233;tait pas de vieillir ? Et si le v&#233;ritable probl&#232;me &#233;tait une soci&#233;t&#233; qui n'a pas encore appris &#224; imaginer des avenirs pour les personnes &#226;g&#233;es ? Apr&#232;s tout, nous voulons tous vieillir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous ne savons pas encore, c'est comment accepter l'id&#233;e que, lorsque ce moment viendra, nous resterons exactement ce que nous sommes aujourd'hui : des personnes avec des envies, des projets et le droit de continuer &#224; &#233;crire de nouvelles histoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malena Garr&#233;*&lt;/strong&gt; para &lt;a href=&#034;https://elplanetaurbano.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Planeta Urbano&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; en &lt;a href=&#034;https://elplanetaurbano.com/2026/07/y-si-el-problema-no-fuera-envejecer/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;P&#225;gina 12&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://elplanetaurbano.com/2026/07/y-si-el-problema-no-fuera-envejecer/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;P&#225;gina 12&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Buenos Aires, le 24 juillet 2026.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;*Malena Garr&#233;&lt;/strong&gt; Dipl&#244;m&#233;e en droit de l'Universit&#233; de Buenos Aires (UBA). Titulaire d'un master en droit commercial et des affaires. Elle occupe les fonctions de ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; la Facult&#233; des sciences &#233;conomiques (UBA) et d'enseignante auxiliaire &#224; l'Universit&#233; de San Andr&#233;s, o&#249; elle dispense le cours intitul&#233; &#171; Obligations, contrats et soci&#233;t&#233;s &#187;. Elle est &#233;tudiante en master de droit des personnes &#226;g&#233;es, th&#232;se en cours (UNC), et professeure invit&#233;e du cours professionnel sp&#233;cialis&#233; en droit des personnes &#226;g&#233;es de la Facult&#233; de droit (UBA). Elle fait partie du S&#233;minaire permanent de recherche en droit des personnes &#226;g&#233;es de l'Institut Gioja (UBA) et est membre de l'International Guardianship Network (IGN). Conseill&#232;re juridique au Conseil de la magistrature du pouvoir judiciaire national, co-auteure d'articles dans son domaine de sp&#233;cialit&#233; et membre du comit&#233; d'organisation et de coordination &#233;ditoriale du Congr&#232;s mondial sur l'accompagnement et les soins, aux &#233;ditions Astrea (2024). &lt;a href=&#034;mailto:mgarre@udesa.edu.ar&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;mgarre@udesa.edu.ar&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol depuis &lt;a href=&#034;https://www.elcorreo.eu.org/Y-SI-EL-PROBLEMA-NO-FUERA-ENVEJECER&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo de la Di&#225;spora&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par :&lt;/strong&gt; Estelle et Carlos Debiasi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.elcorreo.eu.org/ET-SI-LE-PROBLEME-N-ETAIT-PAS-DE-VIEILLIR&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo de la Diaspora&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 8 ao&#251;t 2026.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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