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		<title>DEBOUT, LES DAMNES DE LA TERRE !!! </title>
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		<dc:date>2026-07-16T17:47:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Violeta Percia*</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Dans sa th&#232;se de Frantz Fanon quant &#224; l'importance vitale de la terre pour les peuples colonis&#233;s, qui affirme que, pour r&#233;fl&#233;chir en profondeur au probl&#232;me du colonialisme, il est urgent de consid&#233;rer la terre comme la conscience la plus humaine que nous puissions avoir de ce que signifie &#234;tre vivant, de la valeur de la vie et de son co&#251;t (...) Violeta Percia&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Fil-rouge" rel="directory"&gt;Fil rouge&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Reprenant la th&#232;se de Frantz Fanon quant &#224; l'importance vitale de la terre pour les peuples colonis&#233;s, qui affirme que, pour r&#233;fl&#233;chir en profondeur au probl&#232;me du colonialisme, il est urgent de consid&#233;rer la terre comme la conscience la plus humaine que nous puissions avoir de ce que signifie &#234;tre vivant, de la valeur de la vie et de son co&#251;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans &#171; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Damn%C3%A9s_de_la_Terre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les Damn&#233;s de la Terre&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Frantz_Fanon&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Frantz Fanon&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; a &#233;crit que :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Lorsque la bourgeoisie coloniale comprend qu'il lui est impossible de maintenir son emprise sur les pays colonis&#233;s, elle d&#233;cide de mener une guerre en coulisses, sur le terrain de la culture, des valeurs, de la technologie, etc. Mais il ne faut jamais oublier que la grande majorit&#233; des peuples colonis&#233;s sont insensibles &#224; ces enjeux. Pour eux, la valeur essentielle, car la plus concr&#232;te, est avant tout la terre : la terre qui doit leur apporter le pain et, bien s&#251;r, la dignit&#233; &#187;.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le despote intensifie son emprise coloniale sur le territoire, lorsqu'il n'y a plus de terre pour les peuples colonis&#233;s, le terrain de la culture, des valeurs et des techniques sera perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le colonis&#233; saura-t-il que cette terre n'appartient pas au despote, que personne ne peut l'acheter et que le peuple a le droit de l'habiter en communaut&#233;s ? Peut-&#234;tre que ce n'est qu'en se reconnaissant comme faisant partie int&#233;grante de cette terre que le colonis&#233; pourra percevoir &#171; &lt;i&gt; l'attitude despotique du colonisateur et ainsi briser sa violence d&#233;ploy&#233;e, en un mot, l'expulser d&#233;finitivement de la sc&#232;ne&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le prologue du livre de Fanon, Sartre avertit que le colonialisme &#171; a engendr&#233; divisions et oppositions, forg&#233; classes et racismes, et tent&#233; par tous les moyens de provoquer et d'accro&#238;tre la stratification des soci&#233;t&#233;s colonis&#233;es &#187;. Le capitalisme a fabriqu&#233;, d'un seul bloc, une bourgeoisie des colonis&#233;s (et dispose d'un vivier in&#233;puisable de bureaucrates et de sp&#233;cialistes du pouvoir, eux aussi colonis&#233;s), pr&#234;ts &#224; c&#233;der la terre, l'eau, les mers, les fleuves, les routes, en &#233;change d'une maison &#224; Miami, d'une cascade artificielle et de quelques sacs de marques de luxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;nie de la th&#232;se de Fanon r&#233;side dans la compr&#233;hension que le colonialisme constitue un syst&#232;me total de d&#233;shumanisation mat&#233;rielle, politique et psychologique ; la d&#233;colonisation n'est donc pas un simple transfert de pouvoir (ou une redistribution du capital), mais une transformation radicale des rapports sociaux et de la subjectivit&#233;, capable de produire un nouvel humanisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelle position devrions-nous nous aligner ? Avons-nous quelque chose en commun ? Une culture ? Une nation ? Un territoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le po&#232;te &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pueblo_Acoma&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Acoma&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Simon_J._Ortiz&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Simon Ortiz&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; affirme que notre identit&#233; de peuple r&#233;side dans la terre. La vie nous est donn&#233;e, et nous la recevons avec gratitude. La terre est source de vie et doit &#234;tre comprise comme la vie elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Innu-aimun&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;innu-aimun&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;la toundra&lt;/i&gt; se nomme &lt;i&gt;Mushuau-Ass.&lt;/i&gt; La po&#233;tesse innu &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9phine_Bacon&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jos&#233;phine Bacon&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#233;crit : &#171; &lt;i&gt; Si un jour tu vas dans la toundra, tu sentiras que la terre te soutient (te porte, te porte sur ses &#233;paules)&lt;/i&gt; ; il n'y a pas de murs, comme si l'on &#233;tait dans l'espace, suspendu dans le temps &#187;. Dans la po&#233;sie de Jos&#233;phine Bacon, la subjectivit&#233; po&#233;tique sait qu'elle &lt;i&gt;appartient &#224; la terre, mais que la terre ne lui appartient pas&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possession &#8211; &#224; ce stade colonial de gouvernementalit&#233; n&#233;olib&#233;rale o&#249; nous nous trouvons &#8211; signifie ali&#233;nation et d&#233;possession de la vie. Il ne s'agit pas seulement d'un mod&#232;le privatisant et individualiste, mais aussi d'un mod&#232;le extractiviste, qui consid&#232;re la vie comme une marchandise et une valeur. La gouvernementalit&#233; n&#233;olib&#233;rale, en tant que cat&#233;gorie politique, oppose deux modes politiques de peuplement : l'un extractiviste, individualiste et privatisant les terres &#8211; fond&#233; sur des rapports sociaux d'exploitation et de profit priv&#233;. L'autre implique des relations de r&#233;ciprocit&#233; et interroge le vivre-ensemble. C'est une conception collective de la terre qui appr&#233;hende l'eau non comme une ressource, mais comme la vie qui irrigue les d&#233;serts et cr&#233;e des b&#233;n&#233;fices mutuels. Elle recherche des lois qui garantissent et permettent le r&#233;tablissement de l'&#233;quilibre et du bien commun. Ce sont l&#224; des principes communautaires oppos&#233;s &#224; des principes individualistes, &#233;gocentriques et narcissiques. Seul, je suis v&#233;ritablement perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terre n'est pas une ressource, ni seulement un bien (naturel), elle est aussi une conscience, peut-&#234;tre la conscience la plus humaine que nous puissions avoir de ce que signifie &#234;tre vivant, de la valeur de la vie et de son prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article n'a pas pour but d'expliquer pourquoi la r&#233;forme agraire n'a jamais &#233;t&#233; s&#233;rieusement envisag&#233;e en Argentine, ni pourquoi les milliers d'expulsions de type mafieux perp&#233;tr&#233;es sans rel&#226;che par le syst&#232;me judiciaire corrompu et n&#233;o-f&#233;odal des provinces, qui chassent des milliers de familles pauvres, indig&#232;nes et paysannes de leurs foyers et de leurs terres, ne figurent pas au d&#233;bat public. Il vise plut&#244;t &#224; souligner que pour comprendre pleinement le probl&#232;me du colonialisme, il est indispensable de consid&#233;rer le probl&#232;me foncier. Et il est urgent d'envisager un nouvel humanisme qui place la terre au c&#339;ur de ses pr&#233;occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, le peuple, devons-nous opposer &#224; la privatisation des terres. Et plus encore &#224; l'inviolabilit&#233; proclam&#233;e d'un syst&#232;me de d&#233;possession et de privation du droit &#224; la terre, qui s'acc&#233;l&#232;re. L'imposition par la loi de &#171; &lt;i&gt;l'inviolabilit&#233; de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e&lt;/i&gt; &#187; doit &#234;tre contr&#233;e par un projet d'inviolabilit&#233; du droit &#224; la vie, entendu comme un droit collectif &#224; la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cherchant une mani&#232;re de penser un &#171; nous &#187;, Sartre, en conclusion du prologue, imaginait que &#171; notre esp&#232;ce, lorsqu'elle viendra un jour [si elle vient un jour], ne sera pas d&#233;finie comme la somme des habitants du globe, mais comme l'unit&#233; infinie de leurs r&#233;ciprocit&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Violeta Percia*&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;https://lateclaenerevista.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Tecl@ E&#241;e&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lateclaenerevista.com/arriba-los-condenados-de-la-tierra-por-violeta-percia/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Tecl@ e&#241;e&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Buenos Aires, le 12 juillet 2026.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;*Violeta Percia&lt;/strong&gt; est Docteur en litt&#233;rature et est &#233;crivain et chercheuse. Elle est professeure &#224; l'Universit&#233; de Buenos Aires.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol depuis &lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www-elcorreo-eu-org/Arriba-los-condenados-de-la-tierra&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;El Correo de la Di&#225;spora&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; par :&lt;/strong&gt; Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.elcorreo.eu.org/DEBOUT-LES-DAMNES-DE-LA-TERRE&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo de la Diaspora&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 16 juillet 2026.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;b&gt;&lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;. Bas&#233;e sur une &#339;uvre de &lt;b&gt;&lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034;href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034;rel=&#034;dct:source&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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