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	<title>El Correo</title>
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		<title>LE SERPENT QUI EST NE DE L'&#338;UF</title>
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		<dc:date>2026-02-23T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Miguel Gaya</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Nous savons depuis longtemps que Milei n'est pas la cause, mais un sympt&#244;me de ce qui nous arrive en tant que soci&#233;t&#233;, et que cette exp&#233;rience n'est pas l'&#339;uf du serpent ; c'est un serpent pr&#234;t &#224; nous d&#233;vorer (...) Miguel Gaya&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous savons depuis longtemps que Milei n'est pas la cause, mais un sympt&#244;me de ce qui nous arrive en tant que soci&#233;t&#233;, et que cette exp&#233;rience n'est pas l'&#339;uf du serpent ; c'est un serpent pr&#234;t &#224; nous d&#233;vorer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les images choquantes de Milei, ses prestations pitoyables, ses tenues ridicules, ses id&#233;es stupides et n&#233;fastes nous accaparent et alimentent notre col&#232;re. Cela ne devrait pas &#234;tre ainsi. Ou du moins, pas uniquement ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons depuis un certain temps que Milei n'est pas la cause, mais plut&#244;t un sympt&#244;me de ce qui nous arrive. D'une certaine mani&#232;re, Milei fait aussi partie de ce qui nous arrive, mais il n'en est pas la cause. Il n'est qu'un &#233;l&#233;ment suppl&#233;mentaire, un &#233;cran de fum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Milei a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;, nous l'affirmons, et nous avons raison. Nous passons notre temps &#224; chercher le p&#232;re du Golem, mais il est introuvable. Ou peut-&#234;tre est-il l&#224;, et son nom est si vague qu'il semble ne d&#233;signer personne. Le responsable de cette marionnette, celui qui l'a trouv&#233;e, nourrie, produite et install&#233;e, c'est le syst&#232;me. Un syst&#232;me vague, dont les noms, qui l'ont fa&#231;onn&#233;e &#233;tape par &#233;tape, ne suffisent pas &#224; d&#233;finir l'existence de Milei.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit que les m&#233;dias l'ont propuls&#233; au sommet, mais il a fallu &#224; la fois la t&#233;l&#233;vision et l'animateur de l'&#233;mission, le co-animateur et le financeur de la publicit&#233;. Cela n'explique cependant qu'une partie de la v&#233;rit&#233;, et rien de son &#233;lection, encore moins de son gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui ont vot&#233; pour lui &#224; maintes reprises, et qui continueront de voter pour lui, ne sont pas des d&#233;sabus&#233;s d'hier. Ils sont de la nuit des temps, de ces l&#226;ches, ignorants et ambitieux qui ont toujours &#233;t&#233; parmi nous. Ce sont ceux qui, durant cette d&#233;cennie inf&#226;me, ont accept&#233; la fraude pour que la populace ne l'emporte pas : les d&#233;tracteurs de Per&#243;n, les lecteurs du &lt;i&gt;magazine Gente&lt;/i&gt; sous la dictature, et ceux hypnotis&#233;s par Neustadt et Tinelli ; ceux qui ont hauss&#233; les &#233;paules tandis que leurs compatriotes &#233;taient mitraill&#233;s sur la place publique ou jet&#233;s vivants des avions de la mort, ceux qui riaient des plaisanteries du Turc (Carlos Menem) et v&#233;n&#233;raient le sacro-saint plan de convertibilit&#233;. Vous ne les connaissez pas ? Ne font-ils pas partie de la famille ? Ce sont ceux qui d&#233;f&#232;quent leur vote et cachent leur main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me s'ils l'ont plac&#233; sur le tr&#244;ne, Milei ne leur appartient pas, et encore moins ne le commandent. Il n'est pas l&#224; pour ob&#233;ir &#224; ses propres ordres, mais &#224; ceux des autres. Aux ordres du syst&#232;me. Ce sont eux qui ont plac&#233; Milei l&#224; pour qu'il danse et le flatte jusqu'&#224; l'&#233;c&#339;urement, pendant qu'ils gouvernent et m&#232;nent le gouvernement &#224; leur guise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut un temps o&#249; les puissants devaient faire preuve de cl&#233;mence. Leur mani&#232;re d'exercer le pouvoir avait un talon d'Achille : la l&#233;gitimit&#233; acquise par les suffrages. Cette d&#233;mocratie de fa&#231;ade, en r&#233;alit&#233; un syst&#232;me ploutocratique restreint, fut peu &#224; peu &#233;rod&#233;e et contest&#233;e par les masses. &#171; Avec la d&#233;mocratie, on a acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation, aux soins de sant&#233; et &#224; la nourriture &#187;, disaient-ils. &#171; C'est ce que dit la Constitution &#187;, proclamaient-ils, comme s'il s'agissait d'un dogme la&#239;que. La tension entre ces deux mod&#232;les a marqu&#233; le XXe si&#232;cle : gouvernements populaires, dictatures, et bien d'autres choses encore. Mais aujourd'hui, ici, dans cette banlieue de l'Occident o&#249; nous vivons, cette cl&#233;mence n'est plus n&#233;cessaire ; elle ne dissimule ni ne promet plus rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, et pas seulement ici, nous vivons dans le simulacre de la d&#233;mocratie, une sc&#232;ne d&#233;grad&#233;e, un spectacle o&#249; des &#234;tres bris&#233;s dansent sous les projecteurs, applaudis par des millions de personnes, tandis que dans l'ombre se concoctent les malheurs que nous devrons subir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#339;ud du probl&#232;me, la force motrice et la raison d'&#234;tre du syst&#232;me, r&#233;side ailleurs. Dans l'accumulation obsc&#232;ne de richesses et la mis&#232;re de la majorit&#233; de la population. Dans le fait que l'une est &#224; la fois une condition et une cons&#233;quence de l'autre, et vice versa. Et cela ne peut plus &#234;tre, ni n'est n&#233;cessaire, ni m&#234;me souhait&#233;, dissimul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'en rendre compte, il suffit de constater le d&#233;mant&#232;lement du syst&#232;me juridique qu'ils ont entrepris, la colonisation classiste du syst&#232;me judiciaire, la perversion du pouvoir l&#233;gislatif et la d&#233;molition des lois qui r&#233;gulaient minimalement la coexistence sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#233;couter la joie &#224; peine dissimul&#233;e des riches. Toujours plus riches, toujours moins nombreux, toujours plus effront&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que tout cela se fasse avec l'acquiescement ou l'indiff&#233;rence de la majorit&#233; de la population, sans la moindre manifestation de ce qu'on appelle le citoyen, devrait nous alarmer. Il en r&#233;sulte une classe politique si myope qu'elle l&#233;gif&#232;re sur sa propre perte ; un syst&#232;me judiciaire qui assume sans vergogne son r&#244;le de bras arm&#233; des puissants ; et une presse avide de scandales et de corruption. Voil&#224; ce qui nous mod&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel genre de soci&#233;t&#233; nous attend ? Milei avait raison : nous nous dirigeons vers une soci&#233;t&#233; de castes. Les puissants se font de plus en plus rares, de plus en plus invisibles et isol&#233;s. Un groupe grossier et inculte se contente des miettes qu'il gagne en agissant comme administrateurs et hommes de main. Et le reste de la population, toujours plus nombreux et jetable. O&#249; l'existence se d&#233;finit douloureusement par la lutte pour &#233;viter la mis&#232;re. O&#249; l'appartenance &#224; la caste acceptable n'est qu'un laissez-passer temporaire, payable au jour le jour, avec l'ab&#238;me de la pauvret&#233; qui s'ouvre &#224; leuxrs pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;rience n'est pas l'&#339;uf du serpent. C'est un serpent pr&#234;t &#224; nous d&#233;vorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle sera notre r&#233;action ? Faire semblant d'ignorer, implorer une place qui nous est refus&#233;e, ressasser de vieilles rengaines : ces strat&#233;gies ne semblent pas avoir &#233;t&#233; les plus efficaces. Miser sur un changement de vote tous les deux ans rel&#232;ve de l'illusion. Il serait tout aussi imprudent d'attendre d'autres pays qu'ils prennent soin de leurs morts et emportent les n&#244;tres avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est peut-&#234;tre temps d'adopter d'autres pratiques, d'autres strat&#233;gies, d'autres outils pour observer et modifier ce que nous avons. Cela s'est d&#233;j&#224; produit. Cela continuera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Miguel Gaya*&lt;/strong&gt; pour &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://lateclaenerevista.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Tecl@ E&#241;e&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://lateclaenerevista.com/la-serpiente-que-nacio-del-huevo-por-miguel-gaya/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Tecl@ E&#241;e&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Buenos Aires, le 17 f&#233;vrier 2026.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;*Miguel Gaya. &lt;/strong&gt;&#201;crivain, po&#232;te et avocat sp&#233;cialis&#233; dans les droits de l'homme.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol depuis &lt;a href=&#034;https://www.elcorreo.eu.org/LA-SERPIENTE-QUE-NACIO-DEL-HUEVO&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo de la Di&#225;spora&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par :&lt;/strong&gt; Estelle et Carlos Debiasi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.elcorreo.eu.org/LE-SERPENT-QUI-EST-NE-DE-L-OEUF&#034;&gt;El Correo de la Diaspora&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; Paris, le 23 f&#233;vrier 2026.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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