<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>El Correo</title>
	<link>https://www.elcorreo.eu.org/</link>
	
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.elcorreo.eu.org/spip.php?id_auteur=1277&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>AMERIQUE POUR LES (US) AMERICAINS </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/AMERIQUE-POUR-LES-US-AMERICAINS</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/AMERIQUE-POUR-LES-US-AMERICAINS</guid>
		<dc:date>2026-01-19T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mario Casalla*</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&#192; la folie de s'obstiner &#224; construire un mur entre son pays et le Mexique, et maintenant &#224; envahir la Colombie, Cuba et le Groenland, Trump a ajout&#233; une autre de ses provocations habituelles : il vient d'annoncer la &#171; stricte application &#187; de la fameuse doctrine Monroe, proclam&#233;e pour la premi&#232;re fois en 1823 (...) Mario Casalla&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Ingerences-abus-et-pillages" rel="directory"&gt;Ing&#233;rences, abus et pillages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; la folie de s'obstiner &#224; construire un mur entre son pays et le Mexique, et maintenant &#224; envahir la Colombie, Cuba et le Groenland, Trump a ajout&#233; une autre de ses provocations habituelles : il vient d'annoncer la &#171; stricte application &#187; de la fameuse doctrine Monroe, proclam&#233;e pour la premi&#232;re fois en 1823.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rappelons-nous que cette doctrine a &#233;merg&#233; au XIXe si&#232;cle &#8211; alors que l'immense empire espagnol sur notre continent &#233;tait d&#233;j&#224; en d&#233;clin &#8211; et que d'autres puissances europ&#233;ennes (l'Angleterre, la France et la Russie, notamment) commen&#231;aient &#224; se frotter les mains et &#224; s'enthousiasmer &#224; l'id&#233;e d'un possible partage des richesses du Nouveau Monde. Mais les &#201;tats-Unis, d&#233;j&#224; solidement implant&#233;s sur leur territoire, ont rapidement d&#233;fendu leurs int&#233;r&#234;ts et proclam&#233; &#8211; au monde en g&#233;n&#233;ral et &#224; l'Europe en particulier &#8211; que &#171; l'Am&#233;rique aux Am&#233;ricains &#187;. Mais comme ils s'&#233;taient d&#233;j&#224; appropri&#233; le gentil&#233; &#171; Am&#233;rique &#187;, cela revenait pratiquement &#224; proclamer : &#171; &lt;i&gt;L'Am&#233;rique aux Nord-Am&#233;ricains !&lt;/i&gt; &#187; Et peu &#224; peu, il est devenu &#233;vident que la situation &#233;tait grave.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des fronti&#232;res qui s'&#233;tendent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le premier quart du XIXe si&#232;cle fut marqu&#233; par les guerres men&#233;es par les Latino-Am&#233;ricains contre l'Espagne et la formation de petites &#171; r&#233;publiques &#187; ind&#233;pendantes, dont beaucoup &#233;taient g&#233;ographiquement intenables. Les quatre d&#233;cennies suivantes furent consacr&#233;es &#224; des conflits internes, tant &#224; l'int&#233;rieur qu'&#224; l'ext&#233;rieur de chacune de ces r&#233;publiques. En bref, pr&#232;s de soixante-dix ans de guerres civiles et r&#233;gionales s'abattirent sur l'ancienne Am&#233;rique espagnole, nous laissant aussi &#233;puis&#233;s qu'appauvris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, en Am&#233;rique du Nord, un g&#233;ant se d&#233;veloppait, qui allait remplacer non seulement l'Espagne, mais aussi l'Angleterre elle-m&#234;me, &#224; la t&#234;te du nouvel ordre mondial naissant. Un g&#233;ant qui, &#171; &#224; grands pas &#187;, comme dirait Rub&#233;n Dar&#237;o, s'appropria progressivement une grande partie du territoire hispano-am&#233;ricain et finit par prendre le nom d'Am&#233;rique : tr&#232;s vite, ce nom ne d&#233;signerait plus que l'Am&#233;rique du Nord, et le reste du monde se retrouverait &#224; nouveau en qu&#234;te d'un nom appropri&#233;. Mais il est important de noter que, dans l'imaginaire nord-am&#233;ricain, ce Sud ne se limitait plus au Rio Grande, mais s'&#233;tendait jusqu'au futur canal de Panama. La m&#234;me ann&#233;e o&#249; se tenait la Conf&#233;rence Panam&#233;ricaine &#224; Washington, le pr&#233;sident US Rutherford B. Hayes proclama que le futur canal maritime (dont la construction, men&#233;e par les Fran&#231;ais, venait d'&#234;tre interrompue) &#171; devait &#234;tre sous contr&#244;le &lt;i&gt;am&#233;ricain&lt;/i&gt;, car il constituait de fait une partie int&#233;grante du littoral &lt;i&gt;am&#233;ricain&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait on ne peut plus clair ! Bien s&#251;r, dans le contexte du panam&#233;ricanisme, de telles mesures furent d'abord pr&#233;sent&#233;es comme une &#171; d&#233;fense de la souverainet&#233; am&#233;ricaine &#187; face aux ambitions europ&#233;ennes, mais la situation &#233;volua par la suite. C'est pourquoi, la m&#234;me ann&#233;e, le S&#233;nat am&#233;ricain rejeta l'&#171; Union centram&#233;ricaine &#187;, arguant qu'une telle union des r&#233;publiques d'Am&#233;rique Centrale &#171; violait ses droits douaniers avec le Nicaragua et le Costa Rica &#187;, avec lesquels il avait d&#233;j&#224; conclu des accords bilat&#233;raux. Ainsi, une politique continentale fond&#233;e sur deux piliers fondamentaux fut d&#233;finie :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; que la seule organisation politique valable sera la nouvelle &#171; Union panam&#233;ricaine &#187;, transform&#233;e en 1948 en l'actuelle Organisation des &#201;tats am&#233;ricains (OEA). Par cons&#233;quent, tout trait&#233; sous-r&#233;gional doit &#234;tre subordonn&#233; au panam&#233;ricanisme int&#233;gral et ne pas contredire ses principes politiques et &#233;conomiques, &#224; savoir : une seule Am&#233;rique (dont le si&#232;ge est &#224; Washington, bien s&#251;r), les march&#233;s libres et la &#171; compr&#233;hension &#187; d&#233;mocratique des int&#233;r&#234;ts du Grand Fr&#232;re ;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; En &#233;change d'une telle d&#233;l&#233;gation, les &#201;tats-Unis se porteraient garants militaires de l'ensemble de la r&#233;gion contre d'&#233;ventuelles menaces ext&#233;rieures (europ&#233;ennes ou autres) et fourniraient une aide &#233;conomique aux pays acceptant leur autorit&#233;. Ces deux points constitueraient les fondements de son panam&#233;ricanisme, qui, par cons&#233;quent, ne sont ni c&#233;d&#233;s ni n&#233;gociables. Seul le reste pourrait faire l'objet de discussions ult&#233;rieures.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;tats-Unis : Le nouveau peuple &#233;lu&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, le consensus n&#233;olib&#233;ral qui a fa&#231;onn&#233; la politique latino-am&#233;ricaine dans les ann&#233;es 1990 n'&#233;tait pas une invention originale de Reagan et Bush, mais plut&#244;t le prolongement naturel de celui qui a d&#233;but&#233; &#224; la fin du XIXe si&#232;cle. Ce premier consensus de Washington a maintenant un si&#232;cle ; la terminologie employ&#233;e aujourd'hui est plus &#171; technique &#187; et semble moins brutale que la tristement c&#233;l&#232;bre politique du &#171; gros b&#226;ton &#187; du XIXe si&#232;cle .Ces initiatives, qui ont fi&#232;rement inspir&#233; des personnalit&#233;s comme Adams, Monroe ou William Walker, et qui incluent peut-&#234;tre encore aujourd'hui des recommandations en faveur des &#171; droits de l'homme &#187; (Carter, Clinton, Obama), visent essentiellement le m&#234;me objectif : sur le plan &#233;conomique, l'Initiative pour les entreprises des Am&#233;riques, la ZLEA, l'ALENA et le libre march&#233; ; sur le plan politique, l'OEA, les d&#233;mocraties sous surveillance, la coordination institutionnelle contre l'&#171; ennemi commun &#187; (toujours mena&#231;ant et en perp&#233;tuelle mutation !), et, si n&#233;cessaire, la protection militaire et &#233;conomique des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque ignore l'histoire de ces gestes et les consid&#232;re comme des d&#233;veloppements enti&#232;rement nouveaux, propres au monde globalis&#233; actuel (et commet par ailleurs l'erreur de pr&#233;senter les &#201;tats-Unis comme une &#233;ni&#232;me &#171; victime &#187; de la mondialisation) en paiera le prix fort sur le plan intellectuel. Un prix tout aussi &#233;lev&#233;, bien s&#251;r, que celui de quiconque croit &#8211; &#224; l'oppos&#233; &#8211; que le vieux romantisme d&#233;clamatoire et anti-am&#233;ricain est la r&#233;ponse appropri&#233;e &#224; la situation actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune de ces affirmations n'est vraie. Comme presque toujours, la vieille &#171; prudence &#187; l'emporte. L'id&#233;ologie du Consensus de Washington de 1889 et de l'Union panam&#233;ricaine qui en r&#233;sulta se concr&#233;tisa en deux r&#233;solutions fondamentales que les &#201;tats-Unis examin&#232;rent d'abord isol&#233;ment, puis communiqu&#232;rent officiellement au monde : la doctrine Monroe (1823) et la doctrine de la Destin&#233;e manifeste (1845). Par souci de concision, nous r&#233;sumerons ici leurs principes fondamentaux, tout en reconnaissant leur complexit&#233; et leur richesse symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine Monroe, qui proclame &#171; L'Am&#233;rique aux Am&#233;ricains &#187;, fut promulgu&#233;e sp&#233;cifiquement pour r&#233;gler les diff&#233;rends avec la Russie concernant l'Alaska, mais elle constitue en r&#233;alit&#233; un avertissement &#224; toutes les puissances europ&#233;ennes ayant des int&#233;r&#234;ts sur les territoires am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#201;tats-Unis leur d&#233;clar&#232;rent : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Nous n'avons jamais pris part aux guerres des puissances europ&#233;ennes ni aux affaires les concernant, et notre politique n'est pas de le faire &#187;, et les avertirent &#233;galement que &#171; le continent am&#233;ricain ne saurait &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un territoire &#224; coloniser par quelque puissance europ&#233;enne que ce soit &#187;.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle cr&#233;e litt&#233;ralement une &#171; r&#233;serve de march&#233; &#187;, et pour lever toute ambigu&#239;t&#233;, elle ajoute : &#171; Par n&#233;cessit&#233; et pour des raisons &#233;videntes &#224; tout observateur &#233;clair&#233; et impartial, nous sommes plus directement int&#233;ress&#233;s par les &#233;v&#233;nements de cet h&#233;misph&#232;re. &#187; De l&#224; d&#233;coule la th&#232;se de la Destin&#233;e manifeste des &#201;tats-Unis : cette id&#233;e persistante d'&#234;tre la seule nation capable d'assumer la poursuite de l'&#339;uvre de Dieu en ce monde. Les &#201;tats-Unis se sont toujours consid&#233;r&#233;s comme un peuple &#233;lu et, de par cette &#233;lection, ont re&#231;u une mission divine : &#234;tre les fid&#232;les gardiens de la &#171; Libert&#233; &#187;. Ce mythe sacr&#233; de la Libert&#233; (dans ses trois dimensions : religieuse, politique et &#233;conomique) est ce qui, des P&#232;res fondateurs &#224; nos jours, a nourri l'imaginaire collectif &lt;i&gt;am&#233;ricain&lt;/i&gt;. Tout ce que les &#201;tats-Unis font ou ne font pas, encouragent ou entravent, tuent ou prot&#232;gent, subissent ou causent des souffrances, sera toujours destin&#233; &#224; l'accomplissement de cette &#171; mission supr&#234;me &#187;. Pour sauvegarder la Libert&#233; assi&#233;g&#233;e (de la Sainte-Alliance europ&#233;enne au terrorisme contemporain). C'est pourquoi ses guerres sont toujours men&#233;es pour le Bien, et ses ennemis, au contraire, incarnent &#171; l'axe du Mal &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque minimise ou ne comprend pas l'immense pouvoir symbolique de cette composante profonde de la conscience collective &lt;i&gt;am&#233;ricaine&lt;/i&gt; se trompe lourdement. C'est aussi simple qu'implacablement efficace. Une philosophie qui se r&#233;sume en un seul mot : Libert&#233;, &#224; condition que ce mot soit identifi&#233; au &#171; Je &#187;. Depuis que les &#201;tats-Unis ont &#233;pous&#233; la Libert&#233; &#8211; et que Dieu a b&#233;ni cette union &#8211;, cette &lt;i&gt;Libert&#233;&lt;/i&gt; leur est r&#233;serv&#233;e. En r&#233;alit&#233; &#8211; comme elle le dit elle-m&#234;me &#8211; elle est la seule nation libre et d&#233;mocratique d'Am&#233;rique, raison pour laquelle, lorsque les Fran&#231;ais lui ont offert un portrait de son &#171; &#233;pouse &#187; ench&#226;ss&#233; dans un vase de bronze (la fameuse statue &#224; la torche enflamm&#233;e), elle lui en a &#233;t&#233; &#233;ternellement reconnaissante, l'a plac&#233;e &#224; l'entr&#233;e du port de New York et en a fait l'un de ses symboles nationaux. Ils l'ont v&#233;ritablement ressenti comme une passation de flambeau : ils &#233;taient au Nouveau Monde ce que la R&#233;volution fran&#231;aise &#233;tait &#224; l'Ancien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pedro_Pablo_Abarca_de_Bolea&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Comte d'Aranda&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;avait vu juste lorsqu'il &#233;crivait &#224; Charles III en 1783 (ann&#233;e m&#234;me o&#249; la couronne espagnole reconnaissait l'ind&#233;pendance des treize colonies) :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;La nouvelle puissance, form&#233;e dans un pays o&#249; rien ne peut freiner son progr&#232;s, nous troublera lorsqu'elle sera en mesure de le faire. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ce qui arriva ; elle ne tarda pas &#224; nous troubler tous. Et c'est ce qui s'est pass&#233; : la situation a rapidement commenc&#233; &#224; nous mettre tous mal &#224; l'aise. Et elle continue de le faire, maintenant avec Trump, de mani&#232;re grossi&#232;re et flagrante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mario Casalla*&lt;/strong&gt; pour &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://lateclaenerevista.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Tecl@ E&#241;e&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://lateclaenerevista.com/america-para-los-norte-americanos-por-mario-casalla/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Tecl@ E&#241;e&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Buenos Aires, le 8 janvier 2026.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;*Mario Casalla&lt;/strong&gt;. Philosophe et &#233;crivain, il pr&#233;side l'Association latinoam&#233;ricaine de philosophie et de sciences sociales (ASOFIL).&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
