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		<title>Chili, chronique d'un r&#233;veil annonc&#233; </title>
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		<dc:date>2020-10-18T09:55:54Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ang&#232;le Savino*</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Chili, chronique d'un r&#233;veil annonc&#233;. Une forte majorit&#233; des Chiliens ont approuv&#233; dimanche 25 octobre 2020 l'id&#233;e de remplacer la Constitution h&#233;rit&#233;e de l'&#232;re Pinochet. Un r&#233;sultat qui sonne sans doute la fin du syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral .Cet article a &#233;t&#233; &#233;crit il y a pr&#232;s d'un an, pr&#233;figurant ce qui est arriv&#233;. Apr&#232;s plus d'un mois de manifestations au Chili, les d&#233;put&#233;s du gouvernement et de l'opposition sont arriv&#233;s &#224; un accord pour &#233;crire une nouvelle constitution. Un pl&#233;biscite aura lieu en avril en 2020.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Chili" rel="directory"&gt;Chili&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chili, chronique d'un r&#233;veil annonc&#233;. Une forte majorit&#233; des Chiliens ont approuv&#233; dimanche 25 octobre 2020 l'id&#233;e de remplacer la Constitution h&#233;rit&#233;e de l'&#232;re Pinochet. Un r&#233;sultat qui sonne sans doute la fin du syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral .&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article a &#233;t&#233; &#233;crit il y a pr&#232;s d'un an, pr&#233;figurant ce qui est arriv&#233;. Apr&#232;s plus d'un mois de manifestations au Chili, les d&#233;put&#233;s du gouvernement et de l'opposition sont arriv&#233;s &#224; un accord pour &#233;crire une nouvelle constitution. Un pl&#233;biscite aura lieu en avril en 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Nous n'oublions pas ton nom Daniela, la mime. Nous ne pardonnons pas. Ils ont voulu utiliser ton corps, l'exhiber, preuve de la terreur, argument de la peur. Mais nous transformons la peur en courage, nous convertissons la terreur en furie, en feu. Au milieu des cendres, la vie reverdit, et nous continuons de crier ton nom. &#187; Ce po&#232;me anonyme raconte la douleur d'un peuple qui n'oublie pas. Daniela Carrasco, mime, a &#233;t&#233; vue la derni&#232;re fois aux mains de la police, le 20 octobre dernier. Quelques jours plus tard, elle apparaissait morte, accroch&#233;e aux grilles d'un parc. Ses mimes ne feront plus rire les enfants. Les images d'Alberta Martinez ne d&#233;nonceront plus la r&#233;pression des carabineros. La photographe a &#233;t&#233; retrouv&#233;e poignard&#233;e chez elle, sans son appareil photo ni son ordinateur, trois jours avant la journ&#233;e mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan de la r&#233;pression est lourd : 300 &#233;borgn&#233;s, plus de 25 morts, 3000 bless&#233;s, 15 000 d&#233;tenus. Alexa Pezo, militante de l'organisation f&#233;ministe 8 de marzo, est tr&#232;s critique du syst&#232;me de sant&#233; au Chili. &#171; Notre &#201;tat subventionne les cliniques priv&#233;es. D'ailleurs, il y avait tellement de bless&#233;s ces derniers jours, que les gens ont &#233;t&#233; oblig&#233;s d'organiser des collectes pour aider les m&#233;decins dans les h&#244;pitaux. Ils n'avaient m&#234;me pas de gaze et ni de solution physiologique pour soigner des petites blessures, comme retirer un plomb ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'immense gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 12 novembre, le pr&#233;sident Sebasti&#225;n Pi&#241;era a fini par reculer, laissant le Congr&#232;s r&#233;soudre la crise politique. 15 d&#233;put&#233;s et s&#233;nateurs de onze partis sont parvenus &#224; un accord pour &#233;tablir les m&#233;canismes qui conduisent &#224; une nouvelle constitution. Le processus commencera avec la convocation &#224; un pl&#233;biscite, en avril 2020. Le vote inclut la possibilit&#233; d'organiser une Assembl&#233;e constituante, qui r&#233;digerait la loi fondamentale sur une page blanche.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Victoire populaire ou accord &#224; huis-clos ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce ne sont pas 30 pesos, ce sont 30 ans &#187;. La phrase a fait mouche.L'&#233;tincelle, allum&#233;e par les &#233;tudiants qui ont refus&#233; l'augmentation des prix du m&#233;tro, s'est transform&#233;e en une v&#233;ritable insurrection contre le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral, inscrit dans la constitution de 1980. Les &#233;conomistes, les entreprises priv&#233;es et la classe politique se f&#233;licitent de cet accord historique. &#171; Elle a &#233;t&#233; &#233;crite entre quatre murs par Pinochet et ses complices, une r&#233;forme constitutionnelle a eu lieu en 2005, mais ses fondements restent en vigueur, explique Carlos Parker, ancien ambassadeur du Chili en Afrique du Sud, Roumanie et Uruguay. La droite a &#233;t&#233; forc&#233;e d'accepter cet engagement, il n'y avait pas d'autre alternative. Cette victoire n'aurait jamais eu lieu sans la mobilisation du peuple. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; des Chiliens n'ont pas confiance en leurs dirigeants. La r&#233;cente baisse de 50% des salaires des parlementaires et hauts fonctionnaires peut tout de m&#234;me aider &#224; retrouver cette l&#233;gitimit&#233; perdue. Marcelo Diaz, d&#233;put&#233; du Parti socialiste, plaide pour une solution institutionnelle &#224; la crise : &#171; Ici, il n'y aura pas d'assaut sur le Palais d'hiver. Seule une minorit&#233; radicale pense que la solution passe par une r&#233;volution qui s'ach&#232;vera avec la prise du pouvoir. Ce que les Chiliens veulent, ce sont des changements sociaux profonds, une nouvelle constitution, un pays plus juste. Apr&#232;s l'accord, nous avons vu une augmentation du nombre d'inscriptions sur le registre &#233;lectoral, pour que les citoyens puissent participer au pl&#233;biscite. Cet accord constitutionnel ne suffit pas, nous devons obtenir des r&#233;formes sociales imm&#233;diates qui am&#233;liorent la situation &#233;conomique de la population &#187;, reconna&#238;t le parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sebasti&#225;n Pinera a &#233;t&#233; &#233;lu avec deux millions de voix, dans un pays de 17 millions d'habitants. 8 millions de personnes pourraient voter, mais quatre millions d'entre elles ne se rendent pas aux urnes. M&#234;me si la proposition r&#233;pond aux demandes des manifestants, elle exclut les dirigeants sociaux. Plus de 200 organisations syndicales, environnementales, de d&#233;fense des droits humains, des peuples originaires, ont refus&#233; cet accord. &#171; Nous nous sentons trahis. La mobilisation vient de la rue, les gens s'organisent, forment des conseils communautaires. Nous commen&#231;ons &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la constitution que nous voulons. Nous devons r&#233;aliser un travail d'&#233;ducation populaire, pour apporter des propositions claires au moment du vote, provenant de personnes qui n'avaient jamais particip&#233; auparavant. &#187; L'inqui&#233;tude d'Alexa Pezo me rappelle l'histoire d'Angel Prado au Venezuela. Ce militant de la commune paysanne d'El Maizal a &#233;t&#233; &#233;lu d&#233;put&#233; &#224; l'Assembl&#233;e constituante en juillet 2017. Quelques mois plus tard, lorsqu'il a voulu repr&#233;senter les communards aux &#233;lections municipales, le candidat du Parti socialiste (PSUV), repr&#233;sentant d'une nouvelle forme d'oligarchie locale, a tout fait pour emp&#234;cher la candidature d'Angel Prado, puis la direction nationale du parti a invalid&#233; son &#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Maturation du mouvement &#233;tudiant &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les souvenirs de mon semestre d'&#233;tude d'histoire &#224; Valparaiso me reviennent. Nous sommes en avril 2002. Les &#233;tudiants sont en gr&#232;ve. Ils doivent emprunter pendant des ann&#233;es pour payer leurs &#233;tudes. Mais le mouvement ne dure pas. Les 17 ans de dictature ont endormi plusieurs g&#233;n&#233;rations, avec une constitution con&#231;ue par les &#233;conomistes n&#233;olib&#233;raux de l'&#233;cole de Chicago. J'aurais pu croiser Alexa Pezo dans les couloirs de la facult&#233;. Elle &#233;tait alors &#233;tudiante en gestion culturelle et touristique. Aujourd'hui, elle continue de payer ses dettes. Elle a a emprunt&#233; 6 000 dollars sur 5 ans pour financer ses &#233;tudes. Il aura fallu dix ans pour sortir les jeunes de la l&#233;thargie. En 2011, le mouvement &#233;tudiant obtient la gratuit&#233; de l'&#233;ducation. &#171; C'&#233;tait une victoire en mi teinte, pr&#233;cise Alexa. En r&#233;alit&#233;, les &#233;tudiants ont obtenu un syst&#232;me de bourse pour les plus pauvres qui dure cinq ans, avec une obligation de r&#233;ussite. Si tu n'obtiens pas ton dipl&#244;me dans ce temps pr&#233;cis, tu dois commencer &#224; t'endetter. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carlos Parker observe cette maturation du mouvement universitaire avec beaucoup d'espoir. Lorsqu'il &#233;tait &#233;tudiant dans les ann&#233;es 1980, il luttait avec ses camarades pour mettre fin &#224; la dictature, sans savoir comment construire l'&#232;re post-Pinochet. &#171; La conqu&#234;te de la d&#233;mocratie &#233;tait l'objectif de notre g&#233;n&#233;ration. Les politiciens se sont ensuite organis&#233;s. Nous n'avons jamais r&#233;clam&#233; notre place au sein du gouvernement. Ceux qui venaient de l'exil, avec des dipl&#244;mes de troisi&#232;me cycle universitaire en Europe et aux &#201;tats-Unis, ont occup&#233; les postes cl&#233;s, de sorte que notre g&#233;n&#233;ration a &#233;t&#233; marginalis&#233;e. Les jeunes d'aujourd'hui ne feront pas la m&#234;me erreur. Ils n'ont pas peur de la police, de l'arm&#233;e, peut-&#234;tre parce qu'ils n'ont pas v&#233;cu notre exp&#233;rience. Lorsque que nous sortions dans la rue, on pouvait nous faire dispara&#238;tre. Une grande partie de l'explosion sociale est due au fait que les gens ont perdu la peur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; La paix sociale a un prix &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de dix ans plus tard, le slogan &#171; si vous ne nous laissez pas r&#234;ver, nous ne vous laisserons pas dormir &#187;, est devenu : &#171; Le Chili s'est r&#233;veill&#233; &#187;. La g&#233;n&#233;ration qui a vu la dirigeante &#233;tudiante Camila Vallejo devenir d&#233;put&#233;e du Parti communiste, veut aller plus loin. Hors de question de sommeiller &#224; nouveau. D'o&#249; l'urgence de changer la constitution. La gratuit&#233; de l'&#233;ducation doit &#234;tre un droit fondamental, tout comme la sant&#233;, et le droit &#224; une retraite digne. A tr&#232;s court terme, l'objectif de l'opposition est de faire approuver une loi de finances avant 2020, pour augmenter le budget pr&#233;vu par le gouvernement. &#171; Nous sommes en train d'obliger le gouvernement &#224; abandonner sa r&#233;forme fiscale visant &#224; donner un milliard de dollars aux plus riches, qui repr&#233;sentent 1% de la population, et &#224; au contraire augmenter leurs imp&#244;ts, explique Marcelo Diaz. La redevance sur les activit&#233;s mini&#232;res reste tr&#232;s basse si l'on compare avec d'autres pays miniers. On pense aussi &#224; des royalties pour l'exploitation foresti&#232;re, l'industrie de la p&#234;che, les secteurs o&#249; les profits sont &#233;normes mais o&#249; le pays a tr&#232;s peu de ressources. La paix sociale a un prix. Nous devons &#234;tre en mesure de mettre en place une structure fiscale beaucoup plus &#233;quitable et progressive, qui permettra de r&#233;duire cette br&#232;che gigantesque d'in&#233;galit&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me des in&#233;galit&#233;s est un ph&#233;nom&#232;ne transversal en Am&#233;rique latine. Si l'ancienne pr&#233;sidente socialiste Michelle Bachelet a tent&#233; de r&#233;aliser quelques r&#233;formes structurelles, elle a &#233;t&#233; confront&#233;e au m&#234;me probl&#232;me : la constitution de 1980, con&#231;ue pour emp&#234;cher toute r&#233;forme sociale profonde. La nouvelle constitution pourrait mettre en place un syst&#232;me de retraite par r&#233;partition solidaire et administr&#233; par l'&#201;tat, comme il en existe dans la majorit&#233; des pays de l'OCDE. Le financement des retraites par capitalisation est terriblement injuste. Le montant actuel est en moyenne de 300 dollars par mois, en dessous du salaire minimum, tandis ce que le capital de l'AFP (Administration des fonds de pensions) est de 167 milliards de dollars, deux tiers du PIB chilien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lutter pour la gratuit&#233; de l'eau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant mon semestre d'&#233;tude, je me rends dans le Sud du Chili, dans l'Araucanie, o&#249; vivent les Indiens Mapuche. Dans les ann&#233;es 90, les deux s&#339;urs Quintreman luttent contre la construction d'un barrage hydro&#233;lectrique espagnol sur leur terre. Malgr&#233; leur combat, la centrale Ralco est termin&#233;e sous le gouvernement de Ricardo Lagos, for&#231;ant le d&#233;placement des peuples originaires. Le prix Petra Kelly re&#231;u en 2000 par Nicolasa Quintreman n'a pas suffi &#224; &#233;viter la d&#233;territorialisation de la communaut&#233;. Pr&#232;s de 20 ans plus tard, l'exemple de leur r&#233;sistance a inspir&#233; les nouvelles g&#233;n&#233;rations. &#171; Il existe une pers&#233;cution contre ceux qui luttent pour la protection de l'environnement, rappelle Alexa. Il y a un Lonko (chef de plusieurs communaut&#233;s Mapuche ndlr.) qui a re&#231;u un prix en Allemagne, c'est comme le prix Nobel de l'environnement. Et bien ce Lonko est emprisonn&#233;. &#187; Les Mapuche sont pers&#233;cut&#233;s, arr&#234;t&#233;s&#8230; et assassin&#233;s, comme le chef indien Camilo Catrillanca, qui avait particip&#233; aux actions de r&#233;cup&#233;ration des terres de la Commune d'Ercilla. La comm&#233;moration du premier anniversaire de sa mort, le 14 novembre dernier, a pris une dimension symbolique, dans le contexte de l'explosion sociale actuelle. Le Chili n'est pas un &#201;tat plurinational, alors que les Mapuche repr&#233;sentent 10 % de la population. Lors du dernier recensement, 13 % des Chiliens affirmaient &#234;tre indig&#232;nes. Dans le nord aride du Chili, pr&#232;s de la fronti&#232;re bolivienne, vivent aussi les Aymaras. Alexa Pezo luttera non seulement pour que l'Assembl&#233;e constituante soit paritaire, mais aussi pour que les Indiens soient repr&#233;sent&#233;s. Elle devra lutter aussi pour que l'eau soit consid&#233;r&#233;e comme un bien public dans la loi fondamentale. Le Chili est le seul pays au monde o&#249; la Constitution stipule que l'eau est une propri&#233;t&#233; priv&#233;e. &#171; Je travaille dans la r&#233;gion de Petorca. Tu peux voir de tes propres yeux qu'il y a d'un c&#244;t&#233; une colline verdoyante pleine d'avocats, et de l'autre une zone aride. Les entreprises priv&#233;es installent des aqueducs &#224; la source des rivi&#232;res et les redirigent vers leurs plantations ou leurs mines. L'impact le plus imm&#233;diat, c'est que les animaux meurent de soif. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La Cordill&#232;re des Andes se r&#233;veille &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A la fin de mon semestre d'&#233;tude, je prends la route vers le nord. Je visite la plus grande mine de cuivre au monde, Chuquicamata. Celle qui alimenta la conscience politique du Che Guevara, lors de sa travers&#233;e de l'Am&#233;rique latine &#224; moto. Choqu&#233; par l'exploitation des travailleurs, le r&#233;volutionnaire argentin se rebella contre les patrons de la mine, comme le raconte le film &#171; Carnet de voyage &#187; de Walter Salles. &#171; 51% du cuivre appartient &#224; l'&#201;tat, mais le lithium n'est pas chilien, ni l'argent, souligne Alexa Pezo. Un seul imp&#244;t est per&#231;u pour le cuivre. Pour le reste des min&#233;raux, les entreprises ne paient que leur co&#251;t d'extraction. C'est un v&#233;ritable pillage ! Tout le monde veut investir au Chili, car tout est extrait gratuitement, il n'y a aucune exigence de responsabilit&#233; sociale des entreprises. Si les ressources nous appartenaient, nous aurions l'argent n&#233;cessaire pour financer le syst&#232;me de sant&#233; et d'&#233;ducation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salvador Allende nationalisa le cuivre avant d'&#234;tre renvers&#233; par Pinochet, le 11 septembre 1973. Aujourd'hui, c'est l'or blanc qui int&#233;resse Washington. Je d&#233;couvre le Salar d'Uyuni en Bolivie en ao&#251;t 2002, quelques mois apr&#232;s le coup d'&#201;tat manqu&#233; contre Hugo Chavez. Sous cet immense d&#233;sert de sel, gisent les premi&#232;res r&#233;serves de lithium au monde. L'avenir de la Bolivie est incertain, apr&#232;s le coup d'Etat contre Evo Morales. Le drapeau Whiphala, l'embl&#232;me des peuples indig&#232;nes br&#251;l&#233; par les fanatiques blancs de Santa Cruz, est devenu un symbole de r&#233;sistance du continent. Les veines de l'Am&#233;rique latine sont toujours ouvertes, mais un volcan est entr&#233; en &#233;ruption. Et il n'est pas pr&#234;t de s'&#233;teindre. La cordill&#232;re des Andes se r&#233;veille. Comme raconte le r&#233;alisateur Patricio Guzman, dans son dernier film &#171; La Cordill&#232;re des Songes &#187; : &#171; Si les pierres pouvaient parler, elles parleraient avec le sang des morts. Les jeunes cin&#233;astes d'aujourd'hui racontent la m&#233;moire de demain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ang&#232;le Savino*&lt;/strong&gt; para &lt;a href=&#034;https://francais.rt.com/opinions/68369-chili-chronique-d-un-reveil-annonce&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;RT France&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, 28 nov. 2019&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;*Ang&#232;le Savino&lt;/strong&gt;, journaliste et r&#233;alisatrice fran&#231;aise de documentaires, a v&#233;cu 13 ans au Venezuela. Elle travaille depuis longtemps avec les paysans et les peuples indig&#232;nes d'Am&#233;rique Latine.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#201;quateur et le printemps des bourdons</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Equateur-et-le-printemps-des-bourdons</link>
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		<dc:creator>Ang&#232;le Savino*</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&#201;quateur et le printemps des bourdons. Le bilan de la crise sociale que vient de traverser l'Equateur, avec de durs affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, est de huit morts et plus de mille bless&#233;s. En cause, la hausse des prix des carburants... Ang&#232;le Savino.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Equateur" rel="directory"&gt;&#201;quateur&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le bilan de la crise sociale que vient de traverser l'Equateur, avec de durs affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, est de huit morts et plus de mille bless&#233;s. En cause -entre autres bien plus anciennes- la hausse des prix des carburants...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 16 octobre, l'ONU a c&#233;l&#233;br&#233; la journ&#233;e mondiale de l'alimentation. Les Nations unies ont jou&#233; un r&#244;le de m&#233;diateur entre le gouvernement de Lenin Moreno et la Conf&#233;d&#233;ration des Nations indig&#232;nes de l'&#201;quateur (CONAIE), compos&#233;e principalement de petits paysans, les premi&#232;res victimes des ajustements du Fond mon&#233;taire international (FMI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous, les Indiens, nous sommes n&#233;s de la terre, nous vivons de la terre. Que se passerait-il si nous, les 'Indiens sales', comme ils nous appellent, nous ne leur envoyions pas nos aliments ? Que mangeraient-ils ?&lt;/i&gt; &#187;, se demande devant une cam&#233;ra Ana Maria Guacho, cr&#233;atrice du Mouvement des indig&#232;nes du Chimborazo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dame de 70 ans me rappelle une paysanne rencontr&#233;e lors d'un voyage en &#201;quateur en juin dernier. Je parcours la Sierra centrale pour admirer les merveilles de ce petit pays, situ&#233; au centre de la terre. Je d&#233;couvre le march&#233; aux l&#233;gumes de Zumbahua et fais le tour du crat&#232;re du volcan &#233;teint Quilotoa, avant d'arriver au village indien de Chugchil&#225;n. Elle ramasse avec son mari des pommes de terres dans le brouillard. Je m'approche d'eux et leur propose de les aider. Nous passons toute l'apr&#232;s-midi &#224; travailler la terre. Tous ses enfants sont partis vivre en ville, elle leur apportera sa r&#233;colte. Ses mains sont us&#233;es apr&#232;s tant d'ann&#233;es de travail. Elle vit &#224; Latacunga chez ses enfants, et revient sur son lopin de terre deux fois par mois. A la fin de la journ&#233;e, nous cuisons quelques pommes de terre et un cochon d'Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je repars le c&#339;ur lourd apr&#232;s avoir partag&#233; le quotidien de cette femme. Je l'imagine battant le pav&#233; avec des milliers d'Indiens agriculteurs de la Sierra et d'Amazonie. Les manifestants ne protestaient pas seulement contre la hausse spectaculaire des prix du carburant due &#224; la suppression des subventions. Ils demandaient aussi la fin des concessions mini&#232;res et avaient d'autres revendications comme la d&#233;fense de l'agriculture familiale. Le d&#233;cret 883 suspendu le 14 octobre, est la goutte d'eau qui a fait d&#233;border le vase. &#171; &lt;i&gt;Cette explosion sociale est li&#233;e &#224; la d&#233;flation des produits agricoles ces deux derni&#232;res ann&#233;es. La baisse des prix des aliments affecte les conditions de vie des communaut&#233;s indig&#232;nes, surtout dans la Sierra centrale, qui sont des producteurs pour le march&#233; interne&lt;/i&gt; &#187;, explique Pablo Iturralde, chercheur au Centre des droits &#233;conomiques et sociaux (CDES).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le malaise social existe depuis longtemps. L'application des conditions du FMI a commenc&#233; avant la signature de l'accord. Dans un des documents de la Banque interam&#233;ricaine du d&#233;veloppement (BID), on pouvait lire que la r&#233;forme fiscale et les licenciements massifs &#233;taient les conditions du FMI pour commencer &#224; mettre en place les d&#233;boursements. L'&#201;tat s'est endett&#233; de plus de 11 milliards de dollars en un an et demi, d&#233;passant la dette contract&#233;e par l'ancien Pr&#233;sident Rafael Correa en 9 ans. &#171; &lt;i&gt;Tout cela a commenc&#233; en 2017, apr&#232;s 16 ans de diminution continue de la pauvret&#233; et des in&#233;galit&#233;s sociales. Ce n'est pas un hasard, et ce n'est pas d&#251; &#224; un choc externe. Aujourd'hui, les prix du p&#233;trole sont au moins 40 % plus &#233;lev&#233;s que pendant les derniers mois du gouvernement de Correa, lorsqu'il a d&#251; faire face &#224; un ralentissement &#233;conomique&lt;/i&gt; &#187;, souligne l'&#233;conomiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique d'ajustement de Lenin Moreno ne concerne pas seulement l'accord avec le FMI, mais aussi une r&#233;forme du travail qui pr&#233;carise la vie des travailleurs, accompagn&#233;e de nouveaux cadeaux fiscaux pour les plus riches et les investisseurs &#233;trangers, c'est-&#224;-dire les transnationales qui occuperont &#224; nouveau le territoire, pour une extraction sans limites des ressources naturelles du pays. Le troisi&#232;me axe de cette r&#233;forme est un affaiblissement de l'&#201;tat dans sa capacit&#233; &#224; contr&#244;ler les mouvements de capitaux et r&#233;guler le commerce ext&#233;rieur. &#171; Dans un pays dollaris&#233; comme l'Equateur, si on ne r&#233;glemente pas les importations, la seule alternative &#233;conomique qu'il reste, c'est de serrer la ceinture des travailleurs pour rendre plus comp&#233;titif les co&#251;ts de production. L'argent pour financer le subventionnement de l'essence existe, il vient de l'&#201;tat. Il suffit de combattre l'&#233;vasion fiscale et faire payer leurs dettes aux groupes &#233;conomiques qui doivent 4 milliard de dollars au pays, soit le montant que Lenin Moreno a demand&#233; au FMI. On pourrait optimiser les d&#233;penses publiques, sans affecter les d&#233;penses en mati&#232;re de sant&#233; et d'&#233;ducation, ni les d&#233;penses en investissement du capital d'&#201;tat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Nous sommes les enfants des grands soul&#232;vements des ann&#233;es 1990 &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je continue mon voyage dans la Sierra centrale. J'arrive au march&#233; de Guamote, dans la r&#233;gion de Riobamba. Un jeune homme de 20 ans m'offre des fraises &#224; la fin du march&#233;. &#171; &lt;i&gt;Vous voyez cette montagne, eh bien j'habite sur ces terres, je suis fi&#232;re d'&#234;tre Indien et parler quechua. Mais aujourd'hui, &#224; l'&#233;cole on veut privil&#233;gier l'apprentissage de l'anglais, au d&#233;triment des langues ancestrales&lt;/i&gt; &#187;. Ce gar&#231;on est n&#233; un peu avant la dollarisation de l'&#233;conomie, il n'a pas v&#233;cu les ajustements n&#233;olib&#233;raux des ann&#233;es 90. Il a grandi pendant les ann&#233;es de croissance. J'imagine aussi ce jeune, manifestant dans les rues, comme l'avaient fait ses anc&#234;tres en 1803. 10 000 Indiens de Guamote et Columbe s'&#233;tait r&#233;volt&#233;s contre le syst&#232;me d'imposition de la royaut&#233;, en criant &#171; &lt;i&gt;soulevons-nous, r&#233;cup&#233;rons notre terre et notre dignit&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Histoire lointaine des luttes pour l'Ind&#233;pendance et l'Histoire imm&#233;diate se rejoignent. Eduardo Meneses, politologue et militant de l'organisation &#171; Universit&#233; populaire &#187;, &#233;tait enfant le 12 octobre 1992, lors de la c&#233;l&#233;bration des 500 ans de l'invasion espagnole. &#171; Depuis plusieurs ann&#233;es, les analystes politiques et les partis de droite avait sign&#233; la mort du mouvement indig&#232;ne. Cette gr&#232;ve a permis de renouveler les structures traditionnelles des mouvements sociaux, qu'il s'agisse des syndicats, des Indiens ou des partis politiques. Dans les assembl&#233;es populaires du mouvement indig&#232;ne, on entendait dire : &#171; nous sommes les enfants des grands soul&#232;vements des ann&#233;es 1990 &#187;. Cette nouvelle g&#233;n&#233;ration de dirigeants rompt avec certaines pratiques qui avaient affaibli le mouvement indig&#232;ne, centr&#233; sur des figures individuelles. On observe la naissance d'un leadership collectif bien plus local que national. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence des r&#233;voltes des ann&#233;es 1990, la p&#233;riode actuelle est marqu&#233;e par la dollarisation de l'&#233;conomie. Les mesures du FMI sont d'autant plus douloureuses pour l'ensemble de la population qu'elles sont ressenties de mani&#232;re imm&#233;diate. Il existe aussi un &#233;l&#233;ment politique, selon Pablo Iturralde : &#171; A cette &#233;poque, il y avait un bloc de pouvoir fractionn&#233;, ce qui g&#233;n&#233;rait de la d&#233;stabilisation politique. Aujourd'hui le facteur &#171; Rafael Correa &#187; fait que la classe politique essaie par tous les moyens de maintenir l'unit&#233;. Dans le gouvernement de Lenin Moreno, il existe des fractions avec des int&#233;r&#234;ts distincts. Au moment o&#249; le pouvoir vacille, il reste soud&#233; contre les mouvements sociaux mobilis&#233;s et le &#171; correisme &#187; parce que les ministres craignent bien plus Correa et le peuple que de devoir faire des concessions entre eux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la grande mobilisation du 12 octobre, renomm&#233;e par Hugo Chavez en 2004 &#171; Journ&#233;e de la R&#233;sistance Indig&#232;ne &#187;, les habitants des quartiers populaires de Quito ont &#224; nouveau march&#233;, pour exiger la suspension du d&#233;cret 883. L'&#201;tat d'urgence d&#233;cr&#233;t&#233; le premier jour avait pour objectif d'effrayer les gens afin qu'ils ne sortent pas de chez eux. Une interdiction brav&#233;e pendant 12 jours par les manifestants qui se retrouvaient dans le parc de l'Arbolito, lieu de confrontation avec la police. Le pouvoir a finalement militaris&#233; la capitale le samedi, avant de c&#233;der le lendemain. Les casseroles qui retentissaient dans Quito ont laiss&#233; la place aux cris de victoire. Le gouvernement a eu recours &#224; plusieurs tactiques vaines pour tenter de dissoudre le mouvement, en r&#233;primant tr&#232;s violemment les protestations d&#232;s le d&#233;but. Il a parall&#232;lement essay&#233; de diviser les gens, en affirmant que le parti de la R&#233;volution citoyenne de Rafael Correa voulait les r&#233;cup&#233;rer, allant jusqu'&#224; affirmer que la gu&#233;rilla des FARC &#233;tait infiltr&#233;e parmi les manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, il a assur&#233; que les dirigeants indig&#232;nes n&#233;gociaient dans le dos de la CONAIE. &#171; Cela a &#233;t&#233; imm&#233;diatement d&#233;menti par la conf&#233;d&#233;ration. Il y a peut-&#234;tre eu certaines figures indig&#232;nes qui ont essay&#233; de le faire. Elles n'ont rien &#224; voir avec la conf&#233;d&#233;ration, qui a maintenu un effort d'union avec les bases &#187;, rappelle Eduardo Meneses. La ministre de l'Int&#233;rieur, qui a reconnu, lors d'une conf&#233;rence de presse, le chiffre de 8 morts, 1330 d&#233;tenus et 1507 bless&#233;s, a aussi affirm&#233; que la couverture des manifestations les plus massives depuis 15 ans en &#201;quateur, par RT en espagnol, attirait son attention. &#171; Nous allons devoir faire la lumi&#232;re sur beaucoup de choses &#187;, a d&#233;clar&#233; Maria Paula Romo. En revanche, la diffusion de dessins anim&#233;s pendant les manifestations par les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;visions nationales, ne l'a semble-t-il pas perturb&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des &#233;lections anticip&#233;es pour une sortie de crise ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lenin Moreno pr&#233;pare la r&#233;daction d'un nouveau d&#233;cret, &#233;vitant ainsi le sc&#233;nario imm&#233;diat de la d&#233;mission mais tiendra-t-il jusqu'aux &#233;lections de 2021, apr&#232;s cette perte de l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique ? Son adversaire politique, Rafael Correa, est exil&#233; en Belgique et fait l'objet d'un &#171; lawfare &#187;, un processus de judiciarisation de la politique. Il ne peut revenir en &#201;quateur sous peine d'&#234;tre emprisonn&#233;. Il appelle &#224; mettre en place &#171; la muerte cruzada &#187;, terme juridico-politique utilis&#233; en Equateur qui consiste en la facult&#233; du pouvoir ex&#233;cutif de dissoudre le pouvoir l&#233;gislatif, avec l'obligation de l'Assembl&#233;e nationale de convoquer des &#233;lections pour renouveler les deux pouvoirs. Le pr&#233;sident pouvant participer &#224; cette &#233;lection, cette loi peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un r&#233;f&#233;rendum r&#233;vocatoire. &#171; Nous avons v&#233;cu plusieurs renversements de pr&#233;sidents, et cela n'a pas toujours signifi&#233; freiner la politique n&#233;olib&#233;rale, se souvient Eduardo Meneses. L'Assembl&#233;e nationale est compos&#233;e de d&#233;put&#233;s de la droite traditionnelle et de la droite du gouvernement n&#233;olib&#233;ral qui n'est malheureusement pas capable de r&#233;pondre au m&#233;contentement du peuple. Et le mouvement populaire ne parle pas de sortie &#233;lectorale de la crise car il se m&#233;fie des politiques et des partis en ce moment. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les gouvernements n&#233;olib&#233;raux incendient &#224; nouveau la r&#233;gion &#187;, &#233;crit Aram Arahonian, journaliste uruguayen. Une m&#233;taphore qui rappelle les incendies provoqu&#233;s par les grands propri&#233;taires terriens en Amazonie, soutenus par le pr&#233;sident Jair Bolsonaro. &#171; Est-ce l'heure du retour des gouvernements progressistes ? &#187; se demande le journaliste uruguayen, alors que la gauche pourrait bient&#244;t revenir au pouvoir en Argentine. &#171; Il est ind&#233;niable qu'il y a eu des politiques de redistribution des richesses envers le peuple ces derni&#232;res ann&#233;es, r&#233;pond Eduardo Meneses. Mais ces gouvernements n'ont pas r&#233;solu les contradictions qui ont permis le retour de la droite au pouvoir. Si nous voulons arriver &#224; un nouveau cycle, nous devons questionner la R&#233;volution citoyenne, qui n'a pas r&#233;ussi &#224; inclure le mouvement indig&#232;ne, comme un acteur central, en m&#233;connaissant la particularit&#233; de l'identit&#233; des Indiens. L'ancien gouvernement n'est pas parvenu non plus &#224; remettre en cause la propri&#233;t&#233; de la terre. Nous avons besoin de nouvelles alliances politiques pour comprendre le processus de transition qui peut nous permettre de sortir de l'extractivisme. Cela signifie des ann&#233;es de planification &#233;conomique, ce que la R&#233;volution citoyenne n'a pas pu faire, car elle avait en son sein des repr&#233;sentants de l'oligarchie, des exportateurs. La signature des accords de libre-&#233;change avec l'Europe est un exemple de ces contradictions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vivons dans une soci&#233;t&#233; d&#233;pendante du p&#233;trole, &#224; une &#233;poque o&#249; l'extraction du brut co&#251;te de plus en plus cher. Que l'on porte des gilets jaunes ou des &lt;i&gt;ponchos&lt;/i&gt; multicolores, nous sommes tous victimes de la &#171; mal&#233;diction du p&#233;trole &#187;. Soutenir ou &#233;liminer la d&#233;pendance &#224; l'or noir demandera beaucoup d'efforts. Apr&#232;s la r&#233;volution des bourdons, &#171; la revoluci&#243;n de los z&#225;nganos &#187;, le soleil reviendra-t-il en &#201;quateur ? &#171; Nous allons cesser de bourdonner &#187;, avait d&#233;clarer Lenin Moreno pour justifier la fin d'une politique de subvention du p&#233;trole et de l'essence qui b&#233;n&#233;ficiait aux classes populaires depuis quarante ans. Z&#225;nganos - qui signifie &#171; bourdon &#187;, mais aussi &#171; paresseux &#187; - est un terme utilis&#233; par les franges les plus ais&#233;es de la population pour d&#233;signer les travailleurs, et sugg&#233;rer leur manque d'&#233;ducation. Le peuple a intelligemment retourn&#233; l'insulte contre le pr&#233;sident, en d&#233;signant leur mouvement comme &#233;tant la &#171; r&#233;volution des bourdons &#187;. Les Z&#225;nganos de la CONAIE ont fait c&#233;der la reine, qui &#233;crira un nouveau d&#233;cret avec les abeilles ouvri&#232;res, rempla&#231;ant celui impos&#233; par le FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ang&#232;le Savino&lt;/strong&gt;, 22 oct. 2019&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;*Ang&#232;le Savino&lt;/strong&gt;, journaliste et r&#233;alisatrice fran&#231;aise de documentaires, a v&#233;cu 13 ans au Venezuela. Elle travaille depuis longtemps avec les paysans et les peuples indig&#232;nes d'Am&#233;rique Latine.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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