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	<title>El Correo</title>
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		<title>Contr&#244;le, exceptionnalit&#233; et coercition &#224; l'&#232;re des r&#233;seaux</title>
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		<dc:date>2018-03-16T17:19:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gabriel P&#233;ri&#232;s &#8211; Pierre-Antoine Chardel</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Contr&#244;le, exceptionnalit&#233; et coercition &#224; l'&#232;re des r&#233;seaux - Gabriel P&#233;ri&#232;s &#8211; Pierre-Antoine Chardel&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Cibersociedad" rel="directory"&gt;Cybersociet&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les logiques dominantes du temps pr&#233;sent sont r&#233;solument contradictoires. A l'heure o&#249; l'on parle beaucoup de soci&#233;t&#233;s fluides et interd&#233;pendantes, les fronti&#232;res qui s'ouvrent pour favoriser la libre circulation des biens, des personnes et des informations dans certaines r&#233;gions du monde, tendent &#224; se fermer pour certaines cat&#233;gories de populations qui se trouvent soumises &#224; un d&#233;terminisme g&#233;ographique et &#233;conomique redoutable. Comme l'exprime Zygmunt Bauman, le &#171; feu est vert pour les touristes, et rouge pour les vagabonds. La localisation forc&#233;e fait perdurer les cons&#233;quences naturellement s&#233;lectives de la mondialisation &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zygmunt Bauman, Le co&#251;t humain de la mondialisation, traduit de l'anglais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On peut observer en outre que le syst&#232;me mondial oscille de plus en plus entre un grand laxisme vis-&#224;-vis des comportements financiers transnationaux et l'acceptation d'autorit&#233;s s&#233;curisant les territoires. La s&#233;curit&#233; figure m&#234;me aujourd'hui comme l'une des priorit&#233;s de la &#171; gouvernance lib&#233;rale &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous empruntons ce terme &#224; Ayse Ceyhan : &#171; Technologie et s&#233;curit&#233; : une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le contexte international actuel, amplement domin&#233; par la lutte contre le terrorisme, est marqu&#233; par une expansion des technologies de contr&#244;le et, en m&#234;me temps, par une inqui&#233;tante faiblesse des d&#233;bats publics autour de ces innovations technologiques et de leur inscription dans nos vies. Comment peut-on tenter d'appr&#233;hender cette faiblesse des d&#233;bats autour de l'expansion des technologies de contr&#244;le qui visent &#224; identifier les individus dans leurs d&#233;placements, leurs t&#233;l&#233;communications ou leurs navigations sur Internet ? Comment peut-on l'interpr&#233;ter d'un point de vue politique, mais &#233;galement d'un point de vue ontologique ? Quelle conception de l'identit&#233; se trouve sous-tendue par ces dispositifs technologiques et dans quelle mesure, surtout, le d&#233;ploiement de ces dispositifs &#224; vocation coercitive affecte l'imaginaire social ainsi que certains grands principes de la d&#233;mocratie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Contr&#244;le des identit&#233;s et gestion des espaces intra-&#233;tatiques r&#233;ticul&#233;s&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt; &#171; Identifier &#187; signifie ramener de l'inconnu &#224; du connu par des moyens de reconnaissance qui sont cens&#233;s &#234;tre stables. Dans cette logique, l'identit&#233; est l'enjeu d'une objectivation saisie par des technologies (d'identification), elle devient une &lt;i&gt;chose incluse &lt;/i&gt;dans un processus &#224; travers lequel une autorit&#233; assigne un profil sp&#233;cifique &#224; une personne dont on &#224; pr&#233;alablement authentifi&#233; l'existence bureaucratis&#233;e dans une base de donn&#233;es : &#171; Ni &#233;vanescence du rapport &#224; soi, comme dans le lacis freudien des pulsions, ni forme o&#249; se d&#233;couvre l'alt&#233;rit&#233; du monde, comme chez les ph&#233;nom&#233;nologues, l'identit&#233; est ici l'objet &#8211; donc manipulable &#8211; parfaitement connu &#8211; donc v&#233;rifiable par des techniques appropri&#233;es &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thierry Leterre &#171; Le rep&#233;rage par la trace &#233;lectronique &#187;, in Xavier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans une op&#233;ration d'identification, l'identit&#233; se concr&#233;tise lors d'une mise en ad&#233;quation d'un &#234;tre virtuel construit en fonction de crit&#232;res institutionnels, les param&#232;tres d'usage du fichier, et ce qui constitue une personne sociale &lt;i&gt;lato sensu&lt;/i&gt;. L'acte d'identifier signifie assigner des crit&#232;res sp&#233;cifiques, propres au champ de la surveillance dans l'optique de g&#233;rer des actes coactifs et/ou coercitifs. De la co&#239;ncidence ou non de l'&#234;tre virtuel con&#231;u pour la surveillance (sous le mode de &lt;i&gt;l'imago&lt;/i&gt;, i.e. : une image&lt;i&gt; cens&#233;e d&#233;clencher un acte&lt;/i&gt;) avec l'&#234;tre existant surveill&#233; na&#238;t l'identit&#233; sp&#233;cifique d'un individu au regard d'une structure, d'une institution : judiciaire, polici&#232;re, militaire, m&#233;dicale, ludique, etc. Dans ce contexte de co&#239;ncidences recherch&#233;es et provoqu&#233;es, l'imagerie biom&#233;trique, par exemple, r&#233;duit &#224; la repr&#233;sentation statistiquement construite l'identit&#233; &#224; ce qu'elle peut avoir de manipulable et de connaissable dans sa fixit&#233; biologique et bureaucratique, en l'occurrence &#224; partir de donn&#233;es stock&#233;es telles que l'emprunte digitale, l'iris, la voix, le syst&#232;me veineux des mains, la forme de l'oreille, etc. Dans cette relation techniquement ali&#233;n&#233;e aux r&#233;alit&#233;s corporelles et physiologiques, &#233;merge un &lt;i&gt;certain type d'identit&#233;&lt;/i&gt; qui vient s'inscrire dans la red&#233;finition op&#233;rationnelle du lien social surveill&#233; et contr&#244;l&#233; dans un &#171; espace r&#233;ticul&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour l'usage de cette notion, nous renvoyons &#224; Philippe Forget et Gilles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est un point que l'historien G&#233;rard Noiriel, en reprenant l'expression de Norbert Elias, a bien soulign&#233; en montrant notamment que, &#171; l'extension des &#034;cha&#238;nes d'interd&#233;pendance&#034; qui lient les hommes entre eux sur des &#233;chelles toujours plus vastes a eu pour effet de renforcer les formes d'identification &lt;i&gt;&#224; distance &lt;/i&gt;(m&#233;diatis&#233;e par l'&#233;criture et les papiers), au d&#233;triment des formes traditionnelles, fond&#233;es sur la face-&#224;-face et l'interconnaissance &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;rard Noiriel, &#171; L'identification des personnes &#187;, in Xavier Crettiez, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans une telle op&#233;ration, le visage de l'autre se perd dans son image reconstruite par des int&#233;r&#234;ts institu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine, c'est essentiellement pour des motifs s&#233;curitaires (protections des biens et des personnes), politiques (lutte contre le terrorisme anarchiste et les mouvements sociaux de la p&#233;riode post-Commune de Paris) et policiers (lutte contre la criminalit&#233; et la d&#233;linquance), que les technologies d'identification modernes se sont institutionnalis&#233;es et qu'elles vont progressivement devenir des normes institu&#233;es. Invent&#233;e par Alphonse Bertillon (1853-1914), l'anthropom&#233;trie judiciaire, s'est fond&#233;e sur les mensurations de l'individu, donnant naissance &#224; la police scientifique et la constitution d'une base de donn&#233;es centralis&#233;e : le fameux &#171; sommier &#187; de la police judiciaire. Par la suite, la technique des empreintes digitales a permis de placer l'identification du suspect et l'identit&#233; au c&#339;ur des politiques s&#233;curitaires. Ainsi, la loi du 16 juillet 1912 a-t-elle contribu&#233; &#224; mettre en place la d&#233;livrance d'un carnet anthropom&#233;trique que les nomades devaient pr&#233;senter &#224; chaque arriv&#233;e ou d&#233;part de commune. Le carnet anthropom&#233;trique, relayant le carnet de travail, obligatoire, contr&#244;lant les d&#233;placements et la situation contractuelle de l'ouvrier du XIX&#232;me &#224; l'&#233;chelle intercommunale et nationale, portait les noms et pr&#233;noms, ainsi que les surnoms sous lesquels le nomade &#233;tait connu, l'indication du pays d'origine, la date et le lieu de naissance, ainsi que toutes les mentions de nature &#224; &#233;tablir son identit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous renvoyons ici &#224; Yann Delbrel, L'essentiel de l'Histoire du Droit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il devait, en outre, indiquer le signalement anthropom&#233;trique qui concernait notamment la hauteur de la taille, celle du buste, l'envergure, la longueur et la largeur de la t&#234;te, la longueur de l'oreille droite, la longueur des doigts etc. Ce que les historiens sp&#233;cialistes des migrations nous apprennent sur l'origine de cette loi, c'est que de 1860 &#224; 1930, des vagues de migration importantes furent provoqu&#233;es par la lib&#233;ration progressive des liens de servage domaniaux en Europe centrale, balkanique et orientale. Ce qui entra&#238;na la migration de familles, dites selon les sources &#171; hongroises &#187; ou &#171; bosniaques &#187; ou &#171; russes &#187; ou &#171; albanaises &#187; ou &#171; moldo-valaques &#187;, dot&#233;es de passeports imp&#233;riaux russes, austro-hongrois ou ottomans. De tels mouvements migratoires sont venus alimenter un imaginaire de l' &#171; invasion &#187; ou des &#171; chocs des empires &#187;, et ont contribu&#233; &#224; nourrir la crainte du &#171; p&#233;ril errant &#187; &#224; l'origine de la loi de 1912&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Henriette Ass&#233;o, Les Tsiganes, une destin&#233;e europ&#233;enne, Gallimard (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans une telle configuration historique, o&#249; la part de l'imaginaire nationaliste et imp&#233;riale est pr&#233;pond&#233;rante, l'alt&#233;rit&#233; du nomade est suspecte et le retranche de la communaut&#233; des citoyens, le faisant voir comme un &#233;l&#233;ment &#224; risques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Martine Kalusynski, &#171; Barr&#232;s et Gambetta m&#234;me combat ! &#187;, Le Nouvel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est l'individu dans son alt&#233;rit&#233; la plus rep&#233;rable &#8211; celle de son ph&#233;notype &#8211;, qui est ici identifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos jours, avec une technologie d'identification telle que la biom&#233;trie qui consiste &#224; transformer une caract&#233;ristique biologique, morphologique ou comportementale en une empreinte num&#233;rique, nous suivons une m&#234;me logique. Toutefois, au-del&#224; des sophistications scientifiques et techniques qui caract&#233;risent la biom&#233;trie et qui la distinguent de l'anthropom&#233;trie, la diff&#233;rence majeure que nous rencontrons avec une telle technologie est que le suspect n'est pas n&#233;cessairement un nomade ou un &#233;tranger et qu'elle permet de suivre un individu &#224; la trace. Un tel d&#233;veloppement technologique s'inscrit dans un contexte de crise &#224; l'&#233;chelle internationale o&#249; l'attentat terroriste manifeste la disparition de la distinction entre le front et l'arri&#232;re, voire de la fronti&#232;re elle-m&#234;me, et o&#249; l'auteur d'un &#233;ventuel attentat se confond avec une capacit&#233; de se dissimuler dans une population locale, pouvant &#234;tre lui-m&#234;me citoyen du pays dans lequel il commet un attentat. Une telle part d'indistinction renoue avec une ancienne th&#233;orie du conflit : celle de la &#171; guerre totale &#187; telle qu'elle a &#233;t&#233; formul&#233;e entre les deux guerres mondiales par le g&#233;n&#233;ral Ludendorff et qui a s&#233;vi pendant toute la guerre froide&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; cet &#233;gard, Fran&#231;ois G&#233;r&#233; et Thierry Widemann (sous la direction de), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Que propose cette indistinction ? Une guerre pr&#233;ventive, contre un ennemi int&#233;rieur, pr&#233;alable &#224; l'&#233;tablissement d'un front afin d'&#233;viter le &#171; coup de poignard dans le dos &#187; provenant d'un ennemi embusqu&#233;, voire &#171; enkyst&#233; &#187; dans la soci&#233;t&#233;. Ce fait est primordial car la th&#233;orie lundendorffienne est &lt;i&gt;aussi&lt;/i&gt; une th&#233;orie de la dictature et de son soubassement normatif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir David Cumin, Carl Schmitt, biographie politique et intellectuelle, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : la suspension des garanties constitutionnelles dans un &#233;tat d'exception permettant l'&#233;limination &lt;i&gt;pr&#233;ventive&lt;/i&gt; de l'ennemi int&#233;rieur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet, Sandrine Lefranc, &#171; Prot&#233;ger la d&#233;mocratie de ses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans un tel contexte d'indistinction entre temps de guerre et temps de paix qu'institutionnalise l'exceptionnalit&#233; permanente, la biom&#233;trie qui permet d'&#233;tablir des crit&#232;res stables d'identification du suspect&#233; semble &#234;tre la technologie la plus efficace. Sur un plan anthropologique, comme l'ont montr&#233; Antoine Garapon et Micha&#235;l Foessel, c'est &#171; l'inertie du corps qui est requise comme un rempart aux strat&#233;gies de dissimulation &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Micha&#235;l Foessel et Antoine Garapon, &#171; Biom&#233;trie : les nouvelles formes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors, cette technologie d'identification rend possible, en raccordant des donn&#233;es biologiques &#224; des banques de donn&#233;es informatiques, &#171; ce que les m&#233;canismes traditionnels de contr&#244;le &#224; la fronti&#232;re rendaient impossible, &#224; savoir une anticipation du risque &lt;i&gt;en amont de la fronti&#232;re&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 169. Fr&#233;d&#233;ric Neyrat a quant &#224; lui tr&#232;s justement &#233;voqu&#233; un &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;L'Etat ou les structures en r&#233;seaux de coalitions d'Etats, se donnent les moyens de d&#233;celer l'individu ou des groupes d'individus suspects et/ou ind&#233;sir&#233;s avant qu'ils n'atteignent le territoire. Ainsi, la France utilise-t-elle la biom&#233;trie dans de nombreux repr&#233;sentations diplomatiques en Afrique, gr&#226;ce &#224; laquelle le contr&#244;le du mouvement migratoire informatis&#233; se r&#233;alise au niveau des Ambassades, dans les a&#233;roports ou aupr&#232;s d'entreprises priv&#233;es comme les compagnies a&#233;riennes et fait d&#232;s lors circuler, dans l'espace r&#233;ticul&#233;, les nouveaux crit&#232;res de l'exceptionnalit&#233; qui r&#233;alisent &lt;i&gt;l'imperium&lt;/i&gt;. L'exceptionnalit&#233; suit les r&#233;seaux, les remonte en quelque sorte, pour imposer sa normativit&#233; dans des espaces juridiques et politiques qui n'ont pas promulgu&#233; leur propre &#233;tat d'exception. L'Etat partage son monopole de la violence en se soumettant &#224; une puissance sup&#233;rieure. L'exemple d'une telle remont&#233;e normative nous est donn&#233; par les n&#233;gociations r&#233;centes sur le transfert des donn&#233;es de passagers a&#233;riens, le &lt;i&gt;Passenger&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Name&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Record &lt;/i&gt;(PNR), aux autorit&#233;s nord-am&#233;ricaines. Sign&#233; le 23 juillet 2007 entre l'Union Europ&#233;enne et les Etats-Unis, l'accord PNR autorise les compagnies a&#233;riennes &#224; communiquer au minist&#232;re am&#233;ricain de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure un certain nombre d'informations personnelles sur les passagers transport&#233;s &#224; destination ou via les Etats-Unis. Dans ces accords, il est pr&#233;cis&#233; que certaines agences am&#233;ricaines pourront avoir acc&#232;s aux donn&#233;es PNR &#224; des fins de pr&#233;vention du terrorisme et d'autres formes de criminalit&#233; grave et de lutte contre ceux-ci. Figurent dans ces accords, parmi les dix-huit r&#233;quisits relatifs au passager, &#224; ses bagages, sa place dans l'avion, des remarques g&#233;n&#233;rales, y compris les donn&#233;es sociales telles que les poss&#232;dent les &lt;i&gt;Other Service Information&lt;/i&gt; (OSI), dont le &lt;i&gt;Supplemental Security Income&lt;/i&gt; (SSI) et le &lt;i&gt;Special Service Request &lt;/i&gt;(SSR) qui &#233;tablissent les conditions d'acc&#232;s aux mesures sociales et financi&#232;res de l'individu contr&#244;l&#233; et ses recours effectifs aux services sociaux. Il convient de relever que cet accord a &#171; &#233;mu &#187; la CNIL fran&#231;aise (Commission Nationale de l'Informatique et des Libert&#233;s), qui a d&#233;nonc&#233; la menace que fait peser ce dernier sur de nombreuses garanties d&#233;fendues par les CNIL europ&#233;ennes et la surench&#232;re am&#233;ricaine op&#233;r&#233;e au d&#233;triment des citoyens europ&#233;ens : &#171; On ne peut que regretter l'insuffisance de dispositions claires et proportionn&#233;es relatives au partage d'informations, de conservation, d'envois suppl&#233;mentaires de donn&#233;es, de contr&#244;le par les autorit&#233;s de protection des donn&#233;es, et s'inqui&#233;ter de ce que la mise en &#339;uvre de nombreuses dispositions soient soumises &#224; la discr&#233;tion des Etats-Unis &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. :&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De son c&#244;t&#233;, la Commission Europ&#233;enne a annonc&#233; son intention de proposer aux 27 pays de l'Union de se doter de moyens de stockage de ces donn&#233;es sensibles PNR relatives aux passagers passant ou transitant sur leur territoire afin de mener la lutte contre le terrorisme. On assiste ici &#224; une inflexion des modalit&#233;s de la surveillance qui ne s'effectue plus directement mais &#224; distance dans un espace r&#233;ticul&#233; o&#249; la &#171; norme de s&#233;curit&#233; &#187; se substitue de plus en plus &#224; la &#171; norme de libert&#233; &#187;, &#233;tablissant une exceptionnalit&#233; permanente et imposant une &#171; &#233;quivalence de valeurs &#187; entre ces deux normes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous renvoyons ici aux termes employ&#233;s par Didier Bigo lors de son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ne serions-nous pas dans ces conditions en train d'assister &#224; la r&#233;apparition des fondements schmittiens d'un Etat autoritaire universel&lt;i&gt; &lt;/i&gt;o&#249; l'angoisse s&#233;curitaire propre &#224; un centre d&#233;cisionnel cherchant &#224; identifier la menace ne trouve de rem&#232;de que dans la mise en place d'un pouvoir fort d&#233;cid&#233; &#224; en d&#233;coudre avec le &#171; partisan &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Carl Schmitt, La notion du politique. Th&#233;orie du partisan, pr&#233;face de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? N'entrons-nous pas davantage dans un &lt;i&gt;imperium&lt;/i&gt; techno-normatif que dans un espace de discussion bas&#233; sur des conventions collectivement &#233;labor&#233;es &#224; l'&#233;chelle internationale et adopt&#233;es selon des proc&#233;dures publiquement admises ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la virulence de certaines d&#233;nonciations de la g&#233;n&#233;ralisation des dispositifs de contr&#244;le &#8211; d&#233;nonciations qui mettent en &#233;vidence les nouvelles modalit&#233;s techniciennes de capture du corps par le biopouvoir &#8211;, l'opinion publique et la repr&#233;sentation politique semblent dans les soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques (constitutionnelles et l&#233;gales) demeurer singuli&#232;rement atones&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette probl&#233;matique de l'atonie qui semble accompagner la diffusion d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un nouvel univers politique semble se dessiner, reflet d'une conjoncture plus g&#233;n&#233;rale o&#249; les comportements de r&#233;sistance sont de plus en plus regard&#233;s comme des manifestations un peu arri&#233;r&#233;es, voire pathologiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce propos Jacques Ranci&#232;re, La haine de la d&#233;mocratie, Paris, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Alex T&#252;rk, Pr&#233;sident de la CNIL fran&#231;aise (et depuis peu, pour l'Europe), a dans un tel contexte stigmatis&#233; l'av&#232;nement d'une &#171; soci&#233;t&#233; de surveillance &#187;, tout en craignant un &#171; endormissement &#187; collectif sur les libert&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alex T&#252;rk cit&#233; par Michel Alberganti, &#171; La CNIL au bord de la crise &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comment devons-nous interpr&#233;ter la faiblesse de ces d&#233;bats et l'apparente &lt;i&gt;acceptabilit&#233; &lt;/i&gt; que les dispositifs d'identification et de contr&#244;le semblent g&#233;n&#233;rer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Acceptabilit&#233;, exceptionnalit&#233; et normativit&#233; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;L&lt;i&gt;'acceptabilit&#233;&lt;/i&gt; renvoie &#224; ce qui est impropre et d&#233;signe ce qui est grammaticalement douteux. C'est sous l'impulsion de Noam Chomsky que s'est d&#233;velopp&#233; ce terme par opposition &#224; la grammaticalit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Noam Chomsky, Aspects of theory of syntax, Cambridge, MIT Press, 1965. Voir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&lt;i&gt;acceptabilit&#233;&lt;/i&gt; est ce qui est impropre d'un point de vue grammatical et ce qui d&#233;signe un &#233;nonc&#233; qui, dans un contexte sp&#233;cifique, peut &#234;tre jug&#233; acceptable m&#234;me si sa forme est &#171; agrammaticale &#187;. En suivant cette orientation linguistique, on peut sugg&#233;rer l'id&#233;e que ce qui est a priori inacceptable d'un point de vue grammatical, ou ce qui est en soi impropre, peut &#234;tre accept&#233; dans une situation sp&#233;cifique ainsi que dans un niveau de langue donn&#233;e. Du point de vue de l'&lt;i&gt;acceptabilit&#233;&lt;/i&gt; des technologies de contr&#244;le et d'identification, ce que nous pouvons dire &#224; partir de ces &#233;l&#233;ments linguistiques, c'est qu'il y a des situations et un niveau de langue donn&#233;e qui rendent acceptable ce qui a priori ne l'est pas et que, de fait, l'&lt;i&gt;acceptabilit&#233;&lt;/i&gt; correspond &#224; la mise en application d'une tol&#233;rance structurante vis-&#224;-vis d'une situation exceptionnelle. On peut &#224; cet &#233;gard ais&#233;ment reconna&#238;tre qu'il y a des situations, en l'occurrence des situations de terreur, qui contribuent &#224; encourager un certain niveau de langue, ainsi qu'une forme de domination que le discours vient l&#233;gitimer. Aux Etats-Unis, le USA PATRIOT Act est l&#224; pour rappeler que le terrorisme peut surgir partout, qu'aucun individu &#8211; m&#234;me soi-disant juste &#8211; n'est r&#233;ellement immunis&#233; contre ce fl&#233;au, le mot &#171; exception &#187; pouvant perdre dans ce cas tout son sens, &#171; devenir contresens &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Harvey et H&#233;l&#232;ne Volat, USA PATRIOT Act. De l'exception &#224; la r&#232;gle, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'exception tend surtout &#224; tout justifier, et essentiellement le d&#233;veloppement de technologies qui se r&#233;v&#232;lent toujours plus intrusives : &#171; Contrairement &#224; la surveillance exerc&#233;e sur les communications t&#233;l&#233;phoniques (qui ne tiennent pas compte du contenu r&#233;el des &#233;changes), les communications Internet sont observ&#233;es sous l'angle de leurs contenus explicites (messages, d&#233;tail des recherches effectu&#233;es et de sites visit&#233;s) &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 40. Voir aussi la contribution de Robert Harvey dans le pr&#233;sent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans un tel contexte, c'est bien un type de discours qui renforce la l&#233;gitimit&#233; d'un nouvel ordre et d'une nouvelle relation de domination o&#249; les mesures de contr&#244;le deviennent durablement int&#233;gr&#233;es aux dispositifs techniques communicationnels r&#233;ticul&#233;s &#224; l'&#233;chelle mondiale. Une caract&#233;ristique majeure du contr&#244;le globalis&#233; &#233;tant de cr&#233;er un &lt;i&gt;apparatus&lt;/i&gt; communicationnel sans dialogue possible entre le surveillant et le surveill&#233; saisi dans ses comportements langagiers &#8212; jusqu'au lexique &#8212;, corporels &#8212; jusqu'&#224; l'ADN, ou ses modes vestimentaires. L'&lt;i&gt;imperium&lt;/i&gt; est toujours unilat&#233;ral et l'exceptionnalit&#233; &#233;tablit sa l&#233;gitimit&#233; sur un rapport de force puisant sa substance dans un contexte ami/ennemi. Rapport de force dont la r&#233;solution se r&#233;alise par l'application d'une violence gradu&#233;e et normalis&#233;e. Dans cette logique de l'intrusion toujours possible, puisque le USA PATRIOT Act l&#233;gitime la g&#233;n&#233;ralisation de la surveillance (jusqu'aux listes de lectures des usagers des biblioth&#232;ques publiques et universitaires), on assiste &#224; la fragilisation d'un droit que Jacques Derrida avait oppos&#233; au devoir kantien de dire la v&#233;rit&#233; &#224; l'autre. A ce devoir absolu jadis d&#233;crit par Kant comme ce qui devait venir fonder la moralit&#233; pure, Derrida lui opposa le droit de dissimuler, de r&#233;sister &#224; la demande de transparence publique. Un tel droit &#8211; consid&#233;rablement fragilis&#233; aujourd'hui &#8211; doit pourtant rester l'enjeu d'une attention particuli&#232;re d&#232;s l'instant o&#249; l'Etat se fait le garant d'une certaine id&#233;e du Bien, et qu'il introduit &#171; la police partout, tant et si bien que la police absolument int&#233;rioris&#233;e a son &#339;il et ses oreilles partout, ses d&#233;tecteurs a priori dans nos t&#233;l&#233;phones int&#233;rieurs, nos e-mails et les fax les plus secrets de notre vie priv&#233;e, et m&#234;me de notre pur rapport &#224; nous-m&#234;mes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Derrida, De l'hospitalit&#233;, Anne Dufourmantelle invite Jacques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La question d'un droit de dissimulation, ou un &#171; droit au secret &#187;, s'av&#232;re en tout cas &#233;minemment l&#233;gitime &#224; l'heure o&#249; d'aucuns &#233;voquent l'&#233;panouissement du mod&#232;le panoptique &#233;labor&#233; par Jeremy Bentham. Ce dernier, nous le rappellerons bri&#232;vement, a pu d&#233;gager cette fonction qui consiste &#224; contr&#244;ler et &#224; discipliner les individus tout en maintenant constamment r&#233;elle et tangible la menace de la sanction. Au-del&#224; des multiples termes d&#233;signant ses modes d'exercice, Bentham a contribu&#233; &#224; d&#233;finir la strat&#233;gie fondamentale du pouvoir : faire croire aux sujets qu'ils n'ont aucun moyen d'&#233;chapper au regard omnipr&#233;sent de leurs sup&#233;rieurs et, par cons&#233;quent, qu'aucun de leurs &#233;carts de conduite, m&#234;me les plus secrets, ne peut demeurer impuni. L'effet majeur du panoptique peut &#234;tre r&#233;sum&#233; ainsi : induire chez le d&#233;tenu un &#233;tat conscient et permanent de visibilit&#233; qui assure le fonctionnement automatique du pouvoir. Faire que la surveillance soit permanente dans ses effets, m&#234;me si elle est discontinue dans son action et que sa perfection technicienne rende inutile l'actualit&#233; de son exercice :&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#171; bref que les d&#233;tenus soient pris dans une situation de pouvoir dont ils sont eux-m&#234;mes les porteurs &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Foucault, Surveiller et punir, Paris, Gallimard, 1975, p. 234.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un tel dispositif panoptique doit &#233;videmment &#234;tre interrog&#233; aujourd'hui en nous incitant &#224; prendre la mesure des &#233;volutions qu'il subit &#224; partir du moment o&#249; il se voit int&#233;gr&#233; &#224; des politiques &#233;tatiques qui imposent leurs propres normes &#224; d'autres Etats, avec tout ce que ces normes peuvent avoir d'arbitraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient en outre de souligner que l'acceptabilit&#233; des dispositifs de contr&#244;le s'av&#232;re &#233;troitement li&#233;e &#224; un niveau de discours. En tant que dispositif intrins&#232;quement li&#233; au &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt;, la technologie renvoie &#224; un niveau de langue ainsi qu'&#224; des contextes qui favorisent (ou non) son &#233;panouissement. Un projet technologique n'est en effet jamais totalement autonome. C'est ce que Cornelius Castoriadis avait clairement montr&#233; : aucun d&#233;veloppement technologique n'est r&#233;ellement ind&#233;pendant d'un imaginaire social qui le porte. La technique est, tout autant que le langage, &#233;l&#233;ment d'institution du monde en tant que monde humain : elle est une &#171; dimension essentielle de la cr&#233;ation d'ensemble que repr&#233;sente chaque forme de vie sociale &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cornelius Castoriadis, Les carrefours du labyrinthe. Tome 1. Paris, Seuil, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il ne saurait donc &#234;tre question de neutralit&#233; quant &#224; l'interpr&#233;tation du rapport d'une soci&#233;t&#233; et de sa technique. Toute soci&#233;t&#233; cr&#233;e son monde et de cette cr&#233;ation la technique n'est ni instrument ni cause, mais une de ses institutions au contenu symbolique structurant. De tous c&#244;t&#233;s, des &lt;i&gt;logoi&lt;/i&gt; politiques ou sociaux encerclent la technique, l'inscrivent dans une culture, de telle sorte que nous ne rencontrons jamais la technique seule mais des techno-&lt;i&gt;logies&lt;/i&gt;, renvoyant immanquablement au &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt; et aux principes qui la meuvent, c'est-&#224;-dire &#224; la rationalit&#233;, mais aussi &#8211; et tout aussi essentiellement &#8211; aux discours de l&#233;gitimation qui la portent et qui lui donnent une justification langagi&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous renvoyons sur cette question &#224; Gilbert Hottois, Le signe et la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or aujourd'hui, force est de constater que les discours dominants et les &lt;i&gt;logoi&lt;/i&gt; qui entourent le d&#233;veloppement des technologies de contr&#244;le vont assez explicitement dans le sens d'une instrumentalisation de la menace dans une &#233;poque qui doit affronter le terrorisme &#224; l'&#233;chelle internationale et o&#249; les pouvoirs, comme l'exprimait Gilles Deleuze, &#171; ont moins besoin de nous r&#233;primer que de nous angoisser (&#8230;), d'administrer et d'organiser nos petites peurs &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gilles Deleuze, Dialogue avec Claire Parnet, Paris, Flammarion, 1996, p.76. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais ce qui accompagne &#233;galement le d&#233;veloppement des technologies, c'est aussi, nous allons le voir, une ins&#233;curit&#233; socio-&#233;conomique qui alimente d'un c&#244;t&#233;, un d&#233;sir de s&#233;curit&#233;, et de l'autre, une certaine obsolescence du politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Obsolescence du politique et enjeux &#233;conomico-industriels &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;La parole politique semble perdre progressivement de sa substance d&#232;s lors qu'elle cesse de se nourrir de conflits qui en principe la stimulent, pour c&#233;der la place aux actes unilat&#233;raux et conjugu&#233;s du contr&#244;le des comportements individuels et collectifs. On peut noter &#224; cet &#233;gard combien l'obsession s&#233;curitaire qui domine aujourd'hui dans la plupart des soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques tend &#224; neutraliser consid&#233;rablement les d&#233;bats et &#224; instaurer une sorte d'aphasie collective. Dans un contexte de mondialisation qui marque le primat de l'&#233;conomique sur le politique o&#249;, comme l'analyse Zygmunt Bauman, les &#233;carts entre les &#171; locaux &#187; et les &#171; mondiaux &#187; se font toujours plus visibles, les opinions publiques semblent pr&#233;f&#233;rer des logiques de repli dans le silence norm&#233;, et privil&#233;gier une s&#233;curit&#233; autant sociale que professionnelle : plus l'ins&#233;curit&#233; sociale est criante et plus la demande de normativit&#233; devient flagrante. Ce qui est remarquable dans cette demande d'ordre, c'est qu'une certaine pr&#233;f&#233;rence pour la s&#233;curit&#233; se r&#233;percute dans l'horizon plus vaste de l'organisation politique de la soci&#233;t&#233;. En effet, dans un monde de moins en moins pr&#233;visible, mais o&#249; le visible r&#233;duit &#224; l'image construit le r&#233;el, le recours aux peurs li&#233;es &#224; l'ins&#233;curit&#233; devient un moyen tr&#232;s fructueux pour les politiques qui pr&#233;f&#232;rent se concentrer sur les choses qu'ils pensent pouvoir influencer : l'&lt;i&gt;image du monde&lt;/i&gt;. Et c'est sans doute d'ailleurs une heureuse co&#239;ncidence pour les responsables politiques si les probl&#232;mes r&#233;els li&#233;s &#224; l'incertitude &#233;conomique et sociale peuvent &#234;tre r&#233;duits aux images de l'ins&#233;curit&#233; : &#171; Toute action men&#233;e contre l'ins&#233;curit&#233; est infiniment plus spectaculaire, visible, t&#233;l&#233;g&#233;nique, que tout ce que l'on peut faire pour atteindre les couches profondes du malaise social, qui sont de ce fait moins perceptibles et apparemment plus abstraites &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zygmunt Bauman, Le co&#251;t humain de la mondialisation, op. cit., p. 178. Voir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En d'autres termes, plus une certaine ins&#233;curit&#233; sociale se propage &#8211; avec tout l'&#233;tat de psychose collective qu'elle entra&#238;ne &#8211; et plus nous sommes enclins &#224; nous retirer derri&#232;re les murs de nos certitudes en tentant de retrouver les marques de ce qui nous est familier : &#171; Ainsi, comme le note &#233;galement Seyla Benhabib, la mondialisation s'accompagne d'exigences isolationnistes et protectionnistes, de vell&#233;it&#233;s d'&#233;lever toujours plus haut et de consolider les murs qui nous s&#233;parent les uns des autres &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Seyla Benhabib, &#171; Renverser la dialectique de la raison : le r&#233;enchantement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques n'ont plus d&#232;s lors qu'&#224; g&#233;rer ces simples &lt;i&gt;analogon&lt;/i&gt; sur lesquels ils calent leur perception du r&#233;el. Ainsi imag&#233;e, cette perception ne peut qu'&#234;tre d&#233;grad&#233;e par les imp&#233;ratifs du contr&#244;le : nous sommes l&#224; au substrat technique de l'id&#233;ologie s&#233;curitaire qui fonde le nouvel &lt;i&gt;imperium&lt;/i&gt;. L'acte politique se transforme en propagande et en mots d'ordre, en discours ordonnateur des repr&#233;sentations du r&#233;el pris comme organisation permanente des existences individuelles ou collectives menac&#233;es. D'autre part, et parall&#232;lement &#224; ce contexte &#233;conomique et politique qui est loin d'&#234;tre neutre dans l'acceptabilit&#233; des politiques s&#233;curitaires et des technologies qui leur sont li&#233;es, on sait historiquement qu'il y a toujours des logiques de marketing et de lobbying qui accompagnent le d&#233;veloppement industriel des technologies. Et tout laisse penser que les technologies de contr&#244;le et d'identification n'&#233;chappent pas &#224; cette r&#232;gle. Toute nouvelle technique est associ&#233;e &#224; une valorisation sp&#233;cifique. Ce qui signifie que l'on assiste toujours plus ou moins &#224; des effets de canalisation de l'imaginaire collectif quand la soci&#233;t&#233; n'a pas spontan&#233;ment envie d'adopter de nouvelles productions industrielles : il s'agit toujours de cr&#233;er le besoin et de canaliser les d&#233;sirs de consommation. La dimension communicationnelle et informationnelle de nos soci&#233;t&#233;s est bien s&#251;r ici loin d'&#234;tre secondaire. On peut m&#234;me dire avec Antonio Negri et Michael Hardt qu'il existe un lien &#171; organique &#187; entre le d&#233;veloppement des r&#233;seaux de communication et l'apparition du nouvel ordre mondial : &#171; La communication non seulement exprime mais aussi organise le mouvement de mondialisation. Elle l'organise en multipliant et en structurant les interconnexions par le biais de r&#233;seaux ; elle l'exprime et elle contr&#244;le le sens et la direction de l'imaginaire qui parcourt ces connexions communicantes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michael Hardt et Antonio Negri, &#171; La production biopolitique &#187;, Multitudes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans une perspective bien diff&#233;rente, Bernard Stiegler ne manque pas quant &#224; lui aujourd'hui de rappeler le r&#244;le de l'inconscient dans l'adoption de certaines productions industrielles, revenant notamment sur le r&#244;le d'Edward Bernays dans le d&#233;veloppement de strat&#233;gies de contr&#244;le des comportements de consommation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Edward Bernays, Propaganda. Comment manipuler l'opinion, traduit de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'un des risques que nous pouvons tenter de cerner &#224; partir de cette id&#233;e qu'un fait technologique est par essence li&#233; &#224; des enjeux &#233;conomico-industriels et communicationnels, serait de voir les technologies de contr&#244;le de plus en plus banalis&#233;es et devenir synonymes &#8211; dans l'imaginaire collectif &#8211; d'int&#233;r&#234;ts pratiques, facilitant par exemple la mise en marche d'appareils, assurant toujours plus de confort et de s&#233;curit&#233;. Le risque n'est-il pas surtout de voir ces dimensions s&#233;curisantes et ergonomiques devenir une norme susceptible d'&#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; tous les rapports sociaux et dans de nombreux moments de l'existence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut l&#233;gitimement redouter l'att&#233;nuation d'une capacit&#233; &#224; &#233;valuer les implications &#233;thiques et politiques de la g&#233;n&#233;ralisation de ces technologies qui permettent d'assurer le contr&#244;le des identit&#233;s. Une caract&#233;ristique principale d'une telle pr&#233;carit&#233; &#233;thico-politique nous est signifi&#233;e par l'effacement des limites entre la sph&#232;re priv&#233;e, la sph&#232;re publique et les r&#232;gles du march&#233; qui portent le d&#233;veloppement d'une technologie telle que la biom&#233;trie. Cet effacement de limites qui met en avant un dispositif marchand au c&#339;ur de l'exceptionnalit&#233; est parfaitement illustr&#233; par le site de l'une des plus grandes entreprises am&#233;ricaines pourvoyeuse de biotechnologies, l'&lt;i&gt;International Biometric Group&lt;/i&gt; (IBG). On peut en effet y relever cette intrication. Une de ces rubriques relatives aux tests de contr&#244;le des entr&#233;es et sorties de certaines zones de transport a&#233;riens a comme ressource de l&#233;gitimation &#171; marketing &#187; la r&#233;f&#233;rence &#224; l'exceptionnalit&#233;, et plus pr&#233;cis&#233;ment le &lt;i&gt;Intelligence reform and Terrorism Prevention Act&lt;/i&gt; de 2004 qui institutionnalise les proc&#233;dures relatives pour une large part, au renseignement dans le domaine des Transports :&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;IBG Selected as Testing Facility for Initial TSA Qualified Product List (QPL) Testing &lt;br /&gt;
International Biometric Group (IBG) has been selected by the Transportation Security Administration as the testing facility for Initial TSA Qualified Product List (QPL) Testing.&lt;br /&gt;
The Intelligence Reform and Terrorism Prevention Act of 2004, Title IV, Section 4011, directs TSA to issue guidance for use of biometric technology in airport access control systems, as well as establish a qualified products list of biometrics technologies which meet standards set forth in the aforementioned guidance. Airport operators are encouraged to use the qualified products list to improve upon their existing access to control systems by incorporating biometrics technologies.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le site web :&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Cette pr&#233;sentation de la biom&#233;trie articul&#233;e au renseignement et &#224; la lutte contre le terrorisme, signale le cadre d'un processus tendanciel : celui de la marchandisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la surveillance et du contr&#244;le. Plus pr&#233;cis&#233;ment, nous sommes confront&#233;s au probl&#232;me anthropologique de la r&#233;ification de l'humain, de sa soumission &#224; des technologies qui alt&#232;rent une part de sa condition d'&#234;tre, c'est-&#224;-dire, d'&#234;tre en devenir. Car la num&#233;risation et le d&#233;veloppement des bases de donn&#233;es nous emp&#234;chent en quelque sorte d'oublier, en nous for&#231;ant &#224; la m&#233;moire, en nous contraignant d'avouer par les traces que nous laissons indirectement et silencieusement. Nous sommes &#233;galement dans le silence des d&#233;cisions qui op&#232;re en tant &lt;i&gt;qu'arcana&lt;/i&gt; &lt;i&gt;imperii&lt;/i&gt;. Nous nous trouvons ainsi &#224; la jonction de l'inter-minist&#233;riel, du conseil restreint et de la passation de march&#233;s dont les produits structurent les appareils d'Etat charg&#233;s du contr&#244;le et de l'&#233;limination de la menace par l'&#233;tablissement d'une surveillance suspicieuse. Nous sommes donc bien dans l'acte d&#233;cisionnel qui g&#232;re la circulation de son aspect concret : l'usage de la violence. Les technologies de contr&#244;le des identit&#233;s dans leur forme actuelle ont pour nature d'int&#233;grer dans leur technicit&#233; l'acte de la d&#233;cision pour autrui et exhibe son caract&#232;re ali&#233;nant en niant la part de soi que contient la parole Elles suppriment en ce sens ce que l'&#234;tre humain a de plus fondamental et de plus essentiel, &#224; savoir, qu'il est &#171; un &#234;tre parlant &#187;, la parole &#233;tant consubstantielle au fait d'&#234;tre-soi, au fait d'&#234;tre reconnu comme sujet &#224; part enti&#232;re. La parole n'&#339;uvrant pas seulement &#224; l'&#233;gard d'autrui, mais &#224; l'&#233;gard de l'homme qui par la parole se fait &#234;tre signifiant : &#171; Qui parle prononce aussi sur soi-m&#234;me, se d&#233;cide &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Ricoeur, &#171; Travail et parole &#187;, Histoire et v&#233;rit&#233;, Paris, Seuil, 1955, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Paul Ricoeur souligne ainsi que la parole ne se r&#233;duit pas seulement &#224; sa fonction verbale mais constitue un attribut essentiel d'un point de vue ontologique puisqu'elle d&#233;veloppe la prise de conscience et l'expression de soi. Or dans le contexte actuel du d&#233;veloppement des technologies de contr&#244;le, c'est le corps qui en quelque mani&#232;re s'exprime pour le sujet dans le d&#233;voilement de son comportement social et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre probl&#232;me majeur qui se pose, davantage d'un point de vue sociologique cette fois, est celui d'une r&#233;duction de l'imaginaire dans des soci&#233;t&#233;s industrielles domin&#233;es par la qu&#234;te d'un confort toujours plus grand, d'un mode d'acc&#232;s toujours plus rapide et s&#233;curis&#233; &#224; des biens et des services. Or on est ici l&#233;gitimement en droit de se demander ce que devient l'imaginaire dans une soci&#233;t&#233; o&#249; la demande de technicit&#233; est souvent aliment&#233;e par de tels d&#233;sirs de confort. N'assiste-t-on pas purement et simplement &#224; l'appauvrissement de l'imaginaire social et &#224; la neutralisation d'une tension entre l' &#171; imaginaire institu&#233; &#187; et l' &#171; imaginaire instituant &#187; ? Si aucune soci&#233;t&#233;, expliquait &#224; cet &#233;gard Cornelius Castoriadis, ne peut exister sans institutions explicites de pouvoirs qui correspondent &#224; l' &#171; imaginaire institu&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cornelius Castoriadis, L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;, Paris, Seuil, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dans l'horizon duquel sont int&#233;gr&#233;es de nos jours des normes s&#233;curitaires et des processus de normalisation des technologies de contr&#244;le, elle ne peut pour autant rejeter la possibilit&#233; de sa propre alt&#233;ration. Elle ne peut mettre entre parenth&#232;ses la part d' &#171; imaginaire instituant &#187; toujours conflictuelle qui doit continuer de s'exprimer au sein de toute soci&#233;t&#233;. Cela veut dire qu'une soci&#233;t&#233; &#8211; &#224; plus forte raison dans sa forme d&#233;mocratique &#8211; doit se comprendre comme le lieu d'une tension entre ces deux imaginaires o&#249; les normes institu&#233;es doivent sans cesse faire l'objet d'&#233;valuations et d'interpr&#233;tations collectives : &#171; Telle est, d'apr&#232;s Castoriadis, la signification v&#233;ritable de la d&#233;mocratie : un r&#233;gime dans lequel la question de la validit&#233; de la loi est maintenue en permanence ouverte, et o&#249; l'individu regarde les institutions qui r&#232;glent sa vie comme ses propres cr&#233;ations collectives &#8211; en droit toujours transformables &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nicolas Poirier, Castoriadis. L'imaginaire radical, Paris, PUF, 2004, p. 90.&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or ne sommes nous pas en train d'assister dans nos soci&#233;t&#233;s industrielles &#224; une formidable r&#233;duction de l'&#171; imaginaire instituant &#187; et des processus de subjectivation qui le conditionnent ? L'imaginaire dominant renvoyant de plus en plus &#224; une &#171; expansion illimit&#233;e &#187; : &#171; une t&#233;l&#233; dans chaque chambre, un micro-ordinateur dans chaque chambre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cornelius Castoriadis, Post-scriptum sur l'insignifiance. Entretiens avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. A ce stade, les technologies de contr&#244;le et d'identification pourraient bien devenir dans la conscience collective ce &#171; petit plus &#187; du quotidien qui nous rassure, nous garantissant un confort aussi feutr&#233; qu'ali&#233;nant, dans une &#233;poque largement domin&#233;e par la volont&#233; d'&#234;tre dans le sens du progr&#232;s et de se procurer les derniers objets &#224; la mode, o&#249; la &#171; r&#233;sistance &#187; aux nouveaut&#233;s techniques appara&#238;t tr&#232;s vite suspecte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rassurantes et confortables, les technologies de contr&#244;le et d'identification le sont d&#233;j&#224; assez ind&#233;niablement, ou vont sans doute le devenir dans un avenir proche si l'on en croit les logiques de march&#233; qui les sous-tendent et les efforts accomplis par les industriels en faveur de leur expansion. On peut songer, &#224; titre d'exemple, au d&#233;veloppement de la biom&#233;trie dans le domaine de l'usage domestique de l'informatique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Un sourire... C'est tout ce dont vous avez besoin pour vous connecter. &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ou bien &#224; la r&#233;cente extension des capacit&#233;s GPS li&#233;es &#224; l'application Google Maps baptis&#233; Google Latitude, permettant d'indiquer la position d'individus connect&#233;s. Ce ne sont sans doute pas les usages personnels de ces technologies qui sont porteurs de risques majeurs. Cependant, tout permet de penser que la fr&#233;quentation au quotidien de ces technologies pourra assez vite contribuer &#224; neutraliser la vigilance dont nous devons faire preuve &#224; l'&#233;gard de la globalisation des usages militaires, policiers ou politiques de ces m&#234;mes technologies, dans une &#233;poque o&#249; (comme nous l'avons dit plus haut) les r&#232;gles r&#233;gissant l'exceptionnalit&#233; &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire tendent &#224; devenir un &lt;i&gt;nomos&lt;/i&gt; commun. Il y a l&#224; incontestablement un risque de servitude. Car dans la servitude, nous avons affaire &#224; une relation qui r&#233;pond &#224; une certaine rationalit&#233; de l'ali&#233;nation politique o&#249; l'on devient la chose d'une autorit&#233; certes, mais sans m&#233;diation autre que l'imaginaire institu&#233; par la normativit&#233; sociale et technique. C'est en l'occurrence ce qui la rend d'autant plus inqui&#233;tante et difficile &#224; contrer qu'elle est structurante. Nous nous trouvons pour cette raison d&#233;sormais sur un chemin particuli&#232;rement glissant qui risque de rendre difficile une r&#233;elle prise de conscience collective des multiples risques induits par le d&#233;veloppement des technologies de contr&#244;le. A l'instar des probl&#232;mes suscit&#233;s par la d&#233;gradation de l'environnement, nous risquerions &#224; terme de ne plus pouvoir faire marche arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre-Antoine Chardel &amp; Gabriel P&#233;ri&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru dans P-A Chardel et Gabriel Rockhill (dir.), &lt;i&gt;Technologies de contr&#244;le dans la mondialisation : enjeux politiques, &#233;thiques et esth&#233;tiques&lt;/i&gt;. Paris, Kim&#233;, 2009, pp. 25 -42.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pierre-Antoine Chardel&lt;/strong&gt; es Profesors-investigadores del Institut Telecom. &amp; Management Sud Paris Evry/ Groupe ETOS&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;* &lt;strong&gt;Gabriel P&#233;ri&#232;s&lt;/strong&gt;, Professeur (HDR), docteur en Science politique (Paris I Panth&#233;on-Sorbonne). Enseignant-chercheur &#224; l'Institut Mines-T&#233;l&#233;com/ T&#233;l&#233;com-Ecole de Management, il est rattach&#233; au LASCO/CNRS Paris V-Descartes. Il collabore &#233;galement avec le Groupe de Recherche S&#233;curit&#233; et Gouvernance / Toulouse I Capitole . Il est l'auteur de nombreux travaux sur les doctrines militaires contre-insurrectionnelles.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Zygmunt Bauman, Le co&#251;t humain de la mondialisation, traduit de l'anglais par Alexandre Abensour, Paris, Hachette, 1999, p. 143.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous empruntons ce terme &#224; Ayse Ceyhan : &#171; Technologie et s&#233;curit&#233; : une gouvernance lib&#233;rale dans un contexte d'incertitudes &#187; dans Identifier et surveiller, Les technologies de la s&#233;curit&#233;, Cultures &amp; Conflits, N&#176; 64, 2006, p. 11 et suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Thierry Leterre &#171; Le rep&#233;rage par la trace &#233;lectronique &#187;, in Xavier Crettiez, Pierre Piazza (sous la direction de), Du papier &#224; la biom&#233;trie. Identifier les individus, Presses de la Fondation National des Sciences Politiques, 2006, p. 284.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour l'usage de cette notion, nous renvoyons &#224; Philippe Forget et Gilles Polycarpe, Le r&#233;seau et l'infini : essais d'anthropologie philosophique et strat&#233;gique, Paris, Economica, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G&#233;rard Noiriel, &#171; L'identification des personnes &#187;, in Xavier Crettiez, Pierre Piazza (sous la direction de), Du papier &#224; la biom&#233;trie. Identifier les individus, op. cit., p. 33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous renvoyons ici &#224; Yann Delbrel, L'essentiel de l'Histoire du Droit social, Gualino Editeur, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Henriette Ass&#233;o, Les Tsiganes, une destin&#233;e europ&#233;enne, Gallimard D&#233;couvertes, nouvelle &#233;dition 2006. Circulation et Cosmopolitisme en Europe, Revue de Synth&#232;se, 5e s&#233;rie Tome 123, ann&#233;e 2002, (paru en 2004) num&#233;ro double 2-4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Martine Kalusynski, &#171; Barr&#232;s et Gambetta m&#234;me combat ! &#187;, Le Nouvel Observateur, Hors s&#233;rie, novembre-D&#233;cembre 2007, p. 59. Voir aussi du m&#234;me auteur, La R&#233;publique &#224; l'&#233;preuve du crime : la construction du crime comme objet politique, 1880-1920, Librairie g&#233;n&#233;rale de Droit et de Jurisprudence, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; cet &#233;gard, Fran&#231;ois G&#233;r&#233; et Thierry Widemann (sous la direction de), La guerre totale, Paris, Economica, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir David Cumin, Carl Schmitt, biographie politique et intellectuelle, Paris, Cerf, 2005, p. 38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet, Sandrine Lefranc, &#171; Prot&#233;ger la d&#233;mocratie de ses protecteurs attitr&#233;s. Le dilemme des d&#233;mocraties nouvelles &#187;, in S&#233;curit&#233; et d&#233;mocratie. Deux objectifs concurrents ou compl&#233;mentaires ?, Les Cahiers de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, IHESI, N&#176;51, 2003, p. 89.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Micha&#235;l Foessel et Antoine Garapon, &#171; Biom&#233;trie : les nouvelles formes de l'identit&#233; &#187;, Esprit, ao&#251;t-septembre 2006, p. 165 - 172.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p. 169. Fr&#233;d&#233;ric Neyrat a quant &#224; lui tr&#232;s justement &#233;voqu&#233; un &#171; autisme identitaire &#187; comme &#233;tant la source &#171; d'une forme de racisme inou&#239;, l'exophobie, la crainte du dehors &#187; : &#171; Lorsque le monde devient r&#233;ellement mondialis&#233;, surface unilat&#232;re sans coupure, tout individu est susceptible d'incarner un dehors, et de pr&#233;senter le danger d'un rentre-dedans, d'un inhibiteur fatal d'immunit&#233;, d'un briseur-de-sph&#232;re &#187;. Cf. Fr&#233;d&#233;ric Neyrat, &#171; Emp&#234;cher d'exister &#8211; une hypoth&#232;se cosmopolitique n&#233;gative &#187;, Terreurs et terrorismes, Revue Rue Descartes, N&#176;62, 2008, p. 59.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. : &lt;a href=&#034;http://www.cnil.fr/index.php?id=2241&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cnil.fr/index.php?id=2241&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous renvoyons ici aux termes employ&#233;s par Didier Bigo lors de son intervention du 23 janvier 2008 intitul&#233;e &#171; Le visa biom&#233;trique et son impact sur les relations internationales &#187;, prononc&#233;e dans le cadre du colloque &#171; La biom&#233;trie : champs et enjeux &#187;, organis&#233; les 22 et 23 janvier 2008 par le Groupe d'Etudes et d'Expertise &#171; S&#233;curit&#233; et technologies &#187;, (FMSH, Paris). Voir Didier Bigo, &#171; S&#233;curit&#233; et immigration : vers une gouvernementalit&#233; par l'inqui&#233;tude &#187;, S&#233;curit&#233; et immigration, Culture &amp; Conflits, Paris, L'Harmattan, N&#176;31/32, 1998, pp. 13-38. Cf. aussi Didier Bigo, Laurent Bonelli, Thomas Deltombe, (sous la direction de), Au nom du 11 septembre. Les d&#233;mocraties &#224; l'&#233;preuve de l'antiterrorisme, Paris, La D&#233;couverte, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Carl Schmitt, La notion du politique. Th&#233;orie du partisan, pr&#233;face de Julien Freund, traduit par M-L Steinhauser, Paris, Calmann-L&#233;vy, 1972.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette probl&#233;matique de l'atonie qui semble accompagner la diffusion d'une technologie telle que la biom&#233;trie est au centre de recherches men&#233;es par le sociologue G&#233;rard Dubey : &#171; Cet &#233;tat d'atonie sociale ou cet effet de sid&#233;ration constituent le point de d&#233;part de cet article, et l'objet m&#234;me de notre recherche. Nous posons en effet l'hypoth&#232;se qu'ils repr&#233;sentent la r&#233;ponse &#034;normale&#034; &#224; l'impossibilit&#233; devant laquelle nous nous trouvons d'inscrire le corps de la biom&#233;trie dans le registre du symbolique et de lui donner sens (&#8230;). Ce corps-l&#224; est par essence un corps extr&#234;mement abstrait, &#224; la fois th&#233;orique et physique, red&#233;fini &#224; l'aune des possibilit&#233;s techniques de calcul et de mesure. Il demeure irrepr&#233;sentable et incommensurable au corps v&#233;cu &#187;. Cf. G&#233;rard Dubey, &#171; Les deux corps de la biom&#233;trie &#187;, Communications, 2007, n&#176; 81, p. 153-166.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce propos Jacques Ranci&#232;re, La haine de la d&#233;mocratie, Paris, La Fabrique, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alex T&#252;rk cit&#233; par Michel Alberganti, &#171; La CNIL au bord de la crise &#187;, Le Monde, 19 juillet 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Noam Chomsky, Aspects of theory of syntax, Cambridge, MIT Press, 1965. Voir &#233;galement, Oswald Ducrot et Jean-Marie Schaeffer, Nouveau dictionnaire encyclop&#233;dique des sciences du langage, Paris, Seuil, 1992, p. 315-316.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Harvey et H&#233;l&#232;ne Volat, USA PATRIOT Act. De l'exception &#224; la r&#232;gle, Paris, Editions Lignes &amp; Manifestes, 2006, p. 119.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p. 40. Voir aussi la contribution de Robert Harvey dans le pr&#233;sent ouvrage : &#171; Un monde sous contr&#244;le. Retour sur le USA PATRIOT Act &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Derrida, De l'hospitalit&#233;, Anne Dufourmantelle invite Jacques Derrida &#224; r&#233;pondre, Paris, Calmann-L&#233;vy, 1997, p. 65.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Foucault, Surveiller et punir, Paris, Gallimard, 1975, p. 234.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cornelius Castoriadis, Les carrefours du labyrinthe. Tome 1. Paris, Seuil, 1978, p. 302.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous renvoyons sur cette question &#224; Gilbert Hottois, Le signe et la technique. La philosophie &#224; l'&#233;preuve de la technique, Paris, Aubier, 1984. Voir aussi Michel Faucheux, &#171; Ph&#233;nom&#233;nologie, litt&#233;rature et technique &#187;, in Pierre-Antoine Chardel et Pierre-Etienne Schmit (sous la direction de), Ph&#233;nom&#233;nologie et technique(s), Ed. du Cercle herm&#233;neutique, 2008, p. 275 - 291.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gilles Deleuze, Dialogue avec Claire Parnet, Paris, Flammarion, 1996, p.76. On pourra &#233;galement ici relire les r&#233;flexions pr&#233;monitoires d'Alexis de Tocqueville : &#171; Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et &#233;gaux qui tournent sans repos sur eux-m&#234;mes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur &#226;me (...). Au-dessus de ceux-l&#224; s'&#233;l&#232;ve un pouvoir immense et tut&#233;laire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, d&#233;taill&#233;, r&#233;gulier, pr&#233;voyant et doux. Il ressemblerait &#224; la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de pr&#233;parer les hommes &#224; l'&#226;ge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu'&#224; les fixer irr&#233;vocablement dans l'enfance ; il aime que les citoyens se r&#233;jouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'&#224; se r&#233;jouir. Il travaille volontiers &#224; leur bonheur ; mais il veut en &#234;tre l'unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit &#224; leur s&#233;curit&#233;, pr&#233;voit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, r&#232;gle leurs successions, divise leurs h&#233;ritages ; que ne peut-il leur &#244;ter enti&#232;rement le trouble de penser et la peine de vivre ? &#187;. Alexis de Tocqueville, De la d&#233;mocratie en Am&#233;rique (1840), Gallimard, 1961, t. II, IVe partie, chap. VI, p. 434.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Zygmunt Bauman, Le co&#251;t humain de la mondialisation, op. cit., p. 178. Voir &#233;galement &#224; ce sujet, Zygmunt Bauman, Le pr&#233;sent liquide. Peurs sociales et obsession s&#233;curitaire, traduit de l'anglais par Lurent Bury, Paris, Seuil, 2007. Nous nous permettons &#233;galement ici de renvoyer &#224; Rada Ivekovic qui a bien mis en &#233;vidence une &#171; d&#233;s&#233;mantisation politique &#187; analys&#233;e comme le noyau et la source d'une nouvelle situation de &#171; terreur g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#187; : &#171; Elle chasse l'imagination politique, cruciale pour les projets de traduction sociopolitique n&#233;cessaires &#224; la reconstruction du monde. La d&#233;s&#233;mantisation est le signe de l'existence du politique et de l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; r&#233;duits au silence &#187;. Cf. Rada Ivekovic, &#171; Terror/isme comme politique ou comme h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;. Du sens des mots et de leur traduction &#187;, Terreurs et terrorismes, Revue Rue Descartes, N&#176;62, 2008, p. 70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Seyla Benhabib, &#171; Renverser la dialectique de la raison : le r&#233;enchantement du monde &#187;, in Emmanuel Renault &amp; Yves Sintomer (sous la direction de), O&#249; en est la th&#233;orie critique ?, Paris, la D&#233;couverte, 2003, p. 91. Voir aussi Manola Antonioli et Pierre-Antoine Chardel, &#171; Reterritorialisation et obsession s&#233;curitaire dans la mondialisation &#187;, L'homme et la soci&#233;t&#233;. Revue internationale de recherches et de synth&#232;ses en sciences sociales, &#171; Qu&#234;tes identitaires. R&#233;-ancrage territorial &#187;, dossier coordonn&#233; par Margaret Manale et Roselyne de Villanova, n&#176; 165-166, juillet-d&#233;cembre 2007, p. 177 &#8211; 188.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michael Hardt et Antonio Negri, &#171; La production biopolitique &#187;, Multitudes, n&#176;1, mars 2000, p. 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Edward Bernays, Propaganda. Comment manipuler l'opinion, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Oristelle Bonis, pr&#233;face de Normand Baillargeon, La D&#233;couverte, 2007. Voir, &#224; ce propos, Bernard Stiegler, Economie de l'hypermat&#233;riel et psychopouvoir. Entretiens avec Philippe Petit et Vincent Bontems, Paris, Mille et une nuits, 2008, p. 37. Voir &#233;galement sur cette question, Noam Chomsky, Propaganda, traduit de l'am&#233;ricain par Liria Arcal, Paris, Ed. du F&#233;lin, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le site web : &lt;a href=&#034;http://www.biometricgroup.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.biometricgroup.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Ricoeur, &#171; Travail et parole &#187;, Histoire et v&#233;rit&#233;, Paris, Seuil, 1955, p. 246.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cornelius Castoriadis, L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;, Paris, Seuil, 1975.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nicolas Poirier, Castoriadis. L'imaginaire radical, Paris, PUF, 2004, p. 90.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cornelius Castoriadis, Post-scriptum sur l'insignifiance. Entretiens avec David Mermet, Editions de l'Aube, 1998, p. 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Un sourire... C'est tout ce dont vous avez besoin pour vous connecter. &#187; Ce slogan pr&#233;sente et r&#233;sume le service d'une jeune entreprise suisse qui propose un logiciel d'authentification bas&#233; sur la reconnaissance faciale. Disponible gratuitement, il permet &#224; un utilisateur unique d'acc&#233;der &#224; son bureau Windows et de le verrouiller sans aucune manipulation, simplement en montrant son visage devant une webcam.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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