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		<title>&#171; Toute d&#233;marche qui construit de l'autonomie est insurrectionnelle &#187; Pierre Rabhi </title>
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		<dc:date>2013-08-07T11:56:54Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre Rabhi *</dc:creator>



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&lt;p&gt;Paysan, agro&#233;cologiste, philosophe inventeur du concept &#171; Oasis en tous lieux &#187;, cr&#233;ateur de mouvements &#233;cologistes, Pierre Rabhi, face au capitalisme, milite pour la puissance de la mod&#233;ration et l'insurrection des consciences. &lt;br class='autobr' /&gt; Sa vie parle pour lui. En 1961, Pierre Rabhi, qui &#233;tudie la philosophie en autodidacte, est OS dans une entreprise de la r&#233;gion parisienne. La condition ouvri&#232;re cr&#233;e chez lui une insurrection aussi douce que radicale. &#171; Je travaillais dans un lieu carc&#233;ral (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Paysan, agro&#233;cologiste, philosophe inventeur du concept &#171; &lt;i&gt;Oasis en tous lieux&lt;/i&gt; &#187;, cr&#233;ateur de mouvements &#233;cologistes, Pierre Rabhi, face au capitalisme, milite pour la puissance de la mod&#233;ration et l'insurrection des consciences.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8592 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L175xH283/Rabhi-b4b3d.jpg?1695629119' width='175' height='283' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Pierre Rabhi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Sa vie parle pour lui. En 1961, Pierre Rabhi, qui &#233;tudie la philosophie en autodidacte, est OS dans une entreprise de la r&#233;gion parisienne. La condition ouvri&#232;re cr&#233;e chez lui une insurrection aussi douce que radicale. &#171; Je travaillais dans un lieu carc&#233;ral et je consid&#233;rais que ma vie &#233;tait plus importante qu'un salaire. Nous ne sommes pas n&#233;s pour le produit national brut mais pour vivre. &#187; Avec sa compagne, il part s'installer en Ard&#232;che. Lui, le d&#233;racin&#233; d'une oasis du Sud alg&#233;rien, va prendre racine sur une terre aride o&#249;, d&#232;s 1962, refusant tout conditionnement, il opte pour l'agriculture biologique. La &#171; sobri&#233;t&#233; heureuse &#187;, une utopie incarn&#233;e, qui deviendra le titre d'un de ses ouvrages en 2010, est dor&#233;navant son mode de vie. Parall&#232;lement &#224; son activit&#233; agricole, Pierre Rabhi poursuit un travail de r&#233;flexion et d'&#233;criture : il a publi&#233; une quinzaine d'ouvrages. D&#232;s la fin des ann&#233;es 1970, il forme des stagiaires &#224; l'agro&#233;cologie. En 1981, &#224; l'invitation de Thomas Sankara, il intervient au Burkina Faso. Ses r&#233;alisations et ses r&#233;flexions d&#233;passent les fronti&#232;res. Il cr&#233;e le Mouvement pour la terre et l'humanisme et lance le mouvement Oasis en tous lieux. Aujourd'hui, &#224; soixante-quinze ans, face au capitalisme, il pr&#244;ne la &#171; puissance de la mod&#233;ration &#187;, &#171; l'insurrection et la f&#233;d&#233;ration des consciences &#187;. Alors que les citoyens mettent en avant leur incapacit&#233; &#224; agir, il les invite &#224; &#171; reprendre le pouvoir sur leur existence et &#224; incarner une politique en actes dans chacune des sph&#232;res de leur quotidien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1960, vous d&#233;cidez de quitter usine et ville. Un choix radical et m&#251;rement r&#233;fl&#233;chi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre Rabhi.&lt;/strong&gt; La question &#233;tait pour moi : comment sortir de cette ali&#233;nation, existe-t-il une fa&#231;on de reconqu&#233;rir son destin ? Avec ma compagne, nous avons d&#233;cid&#233; de retourner &#224; la terre. Les crit&#232;res de beaut&#233; ont beaucoup pes&#233; dans le choix du lieu o&#249; nous voulions vivre. En complet d&#233;calage avec les crit&#232;res traditionnels ! La beaut&#233; est une valeur importante dans la vie, mais elle ne figure jamais dans un bilan. D&#232;s le d&#233;but, nous avons &#233;tabli une feuille de route : int&#233;grer la mod&#233;ration, &#173;rester dans un cadre sobre et ma&#238;trisable. J'ai alors pass&#233; un petit dipl&#244;me d'agriculteur, pour me former, et j'ai d&#233;couvert que nous &#233;tions dans une forme de guerre contre la nature. Il fallait travailler en permanence avec un masque, vu la dangerosit&#233; des produits que nous manipulions &#224; longueur de journ&#233;e. J'ai refus&#233; cela et j'ai trouv&#233; que des gens avaient d&#233;j&#224; mis au point des m&#233;thodes d'agronomie respectueuses de la nature. J'ai fait tout de suite ce choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un choix qui a guid&#233; votre vie et reste pertinent aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aujourd'hui des valeurs essentielles &#224; mes yeux dont je v&#233;rifie la pertinence et la r&#233;ceptivit&#233; gr&#226;ce au d&#233;bat public. Les id&#233;es que j'essaie de promouvoir depuis des ann&#233;es reposent sur une composante tr&#232;s concr&#232;te, je suis un agro&#233;cologiste dans la mati&#232;re, sur la terre. J'essaie de vivre sur des principes qui ne sont pas ceux du &#171; produisons, d&#233;truisons et polluons &#187;, mais du &#171; produisons, valorisons et am&#233;liorons &#187;. Nous sommes face &#224; un choix radical : soit nous nous nourrissons en d&#233;truisant la terre qui nous nourrit, soit nous nous nourrissons en entretenant la vie, la terre pour nous-m&#234;mes et les g&#233;n&#233;rations &#224; venir. Aujourd'hui, &#224; cause de notre boulimie, notre inintelligence, notre non-sens, notre cruaut&#233;, nous laissons aux g&#233;n&#233;rations futures de trop graves probl&#232;mes &#224; r&#233;gler. Ce n'est pas d&#233;ontologiquement acceptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez v&#233;rifi&#233; les d&#233;g&#226;ts de ce que vous appelez l'&#171; agro-n&#233;crocarburante &#187; jusqu'en Afrique&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1981, des paysans du Burkina Faso ont fait appel &#224; moi. Ces paysans des zones semi-arides avaient subi un d&#233;r&#232;glement complet de leur existence du fait de la &#171; modernit&#233; &#187;. En son nom, on leur avait dit : &#171; Abandonnez les petites parcelles qui vous nourrissent, cultivez du coton et de l'arachide pour exporter ! &#187; Des brigades de vulgarisateurs parcouraient la brousse avec des sacs d'engrais : &#171; Essayez cette poudre des Blancs, vous allez voir ! &#187; Sur un sol semi-st&#233;rile, l'engrais fait des miracles. On donnait cette poudre aux paysans en les invitant &#224; rembourser une fois la r&#233;colte faite. Mais la vente du produit des r&#233;coltes ne compensait pas l'investissement de l'intrant. Les paysans &#233;taient pris dans la spirale de l'endettement. Face &#224; cette situation, je me suis retrouv&#233; alors &#224; &#173;expliquer comment l'agro&#233;cologie pouvait &#234;tre une alternative &#224; ce syst&#232;me. Une d&#233;marche scientifique, pas un truc fa&#231;on soixante-&#173;huitards. Nous avons lanc&#233; un nouveau paradigme. &#173;Thomas Sankara, qui pr&#233;sidait alors le &#173;Burkina Faso, avait d&#233;cid&#233; d'en faire une politique &#173;nationale. H&#233;las, il a &#233;t&#233; assassin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De ces exp&#233;riences, vous avez tir&#233; la conclusion que notre mod&#232;le &#233;conomique est mortif&#232;re&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre mod&#232;le actuel de soci&#233;t&#233; est en d&#233;sh&#233;rence, ne r&#233;pond plus et provoque un grand nombre de trag&#233;dies dans le monde. Le capitalisme cumulatif a r&#233;instaur&#233; une f&#233;odalit&#233; plan&#233;taire, provoquant une vuln&#233;rabilit&#233; humaine et nous installant dans la voie de la confiscation du patrimoine vital de l'humanit&#233; par une minorit&#233;. Cela m'est insupportable. On aboutit &#224; un paroxysme que j'appellerai &#171; un hold-up l&#233;galis&#233; &#187;. Je ne peux pas admettre que l'argent justifie tout. Dans le processus de survie de l'humanit&#233;, nous sommes face &#224; des sols d&#233;truits, 60&#8239;% des semences traditionnelles cumul&#233;es depuis 10 0000 &#224; 12 000 ans ont disparu&#8230; Avec les OGM, les grandes firmes s'occupent d'&#233;vacuer tout ce qui les g&#234;ne pour d&#233;gager des espaces de profit. En suivant ce chemin, l'humanit&#233; va se retrouver subordonn&#233;e &#224; la stricte autorit&#233; de l'argent et des gagneurs d'argent. C'est un coup d'&#201;tat plan&#233;taire qui est en train de se faire insidieusement. Car, ce qu'ils savent faire le mieux, c'est emprunter les voies subliminales : cr&#233;er du consentement chez l'autre. Apporter un message et convaincre l'autre de sa v&#233;racit&#233;. La force de ce syst&#232;me r&#233;side dans la manipulation humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce sont ces consid&#233;rations qui vous ont pouss&#233; &#224; vous pr&#233;senter &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle en 2002 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule chose qui m'int&#233;ressait dans cette aventure &#233;tait d'ouvrir un espace de d&#233;bat public au plan national et d'y d&#233;fendre des id&#233;es qui ne s'inscrivent pas dans le strict cadre de la politique. Parmi celles que je voulais mettre en avant : le f&#233;minin au c&#339;ur du changement, parce qu'on a banalis&#233; la subordination de la femme au plan plan&#233;taire ; l'&#233;ducation, dont la base ne doit pas &#234;tre la comp&#233;tition mais la coop&#233;ration, la solidarit&#233; ; l'incarnation des utopies, parce qu'elles ne sont pas des chim&#232;res, mais au contraire ce qui fait avancer le monde ; l'agriculture, qu'il faut sortir du d&#233;sastre dans lequel elle s'enfonce. Et puis, grand blasph&#232;me qui m'aurait valu le b&#251;cher : la d&#233;croissance. Je me suis aper&#231;u que nos id&#233;es &#233;taient plus partag&#233;es que je ne le pensais. C'est normal, l'&#233;cologie c'est la vie, personne n'y &#233;chappe. J'int&#232;gre &#224; l'&#233;cologie, l'&#234;tre humain, notre rapport les uns aux autres, pas seulement entre la nature et nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#234;tre humain reste un point central dans votre r&#233;flexion&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humain s'est autoproclam&#233; le meilleur et a d&#233;cr&#233;t&#233; sa domination sur la nature et sur la vie. Il s'est donc arbitrairement octroy&#233; des pr&#233;rogatives qu'il consid&#232;re &#173;aujourd'hui comme normales. Nous sommes dans ce brouillard-l&#224;. L'&#234;tre humain, par sa pens&#233;e, sa capacit&#233; sp&#233;culative, sa perception du temps, sa connaissance de la vie, n'a-t-il pas plus le devoir de prot&#233;ger et de prendre soin, plut&#244;t que de d&#233;truire ? Nous devons &#234;tre les gardiens de la vie et non ses destructeurs. &#192; partir de l&#224;, se pose la question : &#171; Peut-on remettre en phase &#173;l'humain et la nature ? &#187; Aujourd'hui, nous &#173;faisons de l'humanitaire. Mais l'humanitaire, c'est la d&#233;faillance de l'humanisme. Nous sommes dans le sc&#233;nario global d'une cat&#233;gorie sociale humaine qui pille la plan&#232;te, qui confisque les biens des gens jusqu'&#224; les rendre pauvres et qui, ensuite, court avec des sacs de riz pour leur dire : &#171; Voyez comme nous sommes gentils. &#187; C'est la politique du pompier pyromane. Cette politique a l'appui de chefs d'&#201;tat pourris, pr&#234;ts &#224; vendre leur pays et ses ressources au d&#233;triment de leur propre peuple. Ces chefs d'&#201;tat corrompus, complices du banditisme international, m'&#233;c&#339;urent. Thomas Sankara a tent&#233; de s'opposer &#224; cela et il a &#233;t&#233; assassin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels moyens pr&#233;conisez-vous pour sortir de cette situation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense qu'il faut une f&#233;d&#233;ration des consciences car chacun est un peu p&#233;trifi&#233; dans son histoire. Les croyances, les id&#233;ologies fragmentent les soci&#233;t&#233;s. Regardez une &#173;mappemonde, vous &#234;tes face &#224; un puzzle de nations. C'est un processus de destruction g&#233;n&#233;ralis&#233;e. L'ensemble du genre humain est confront&#233; &#224; la question de son propre devenir. Quelle plan&#232;te laisserons-nous &#224; nos enfants ? Quels enfants laisserons-nous &#224; notre plan&#232;te ? Il faut transcender tout cela, f&#233;d&#233;rer les consciences et raisonner en termes d'humanit&#233;. Il faut universaliser la r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En appeler &#224; l'individu, est-ce suffisant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que vous pouvez manger bio, recycler votre eau, vous chauffer &#224; l'&#233;nergie solaire&#8230; et exploiter votre prochain. Je remarque d'ailleurs que le capitalisme s'int&#233;resse aux alternatives. Il laisse la soci&#233;t&#233; civile faire le boulot et quand la situation est m&#251;re, il le d&#233;tourne &#224; son profit. Quand je vois la bio se retrouver entre les mains de la grande distribution, je me sens ruin&#233;. Aujourd'hui, soit on est subordonn&#233; &#224; un syst&#232;me inique, unique et totalitaire qui est fond&#233; sur la puissance &#173;absolue de la finance, qui est elle-m&#234;me capable de &#173;subordonner les &#201;tats et de &#173;d&#233;terminer les destins collectifs en &#173;fonction de ses propres crit&#232;res, soit il faut marquer une forme &#173;insurrectionnelle. Produire et consommer localement est &#173;aujourd'hui un crit&#232;re politique, quand &#173;l'alimentation est confisqu&#233;e par des trusts qui font circuler en tout sens les produits dans des camions pour leur plus grand profit, seul ressort de cette dynamique. &#192; tous nos &#173;stagiaires qui viennent apprendre &#224; cultiver bio, je dis qu'ils sont en train de commettre un acte de r&#233;sistance et un acte politique. Toute &#173;d&#233;marche qui construit de l'autonomie est &#173;insurrectionnelle parce que notre syst&#232;me a instaur&#233; &#8211; et n'existe que gr&#226;ce &#224; &#8211; la d&#233;pendance. Les trusts, aujourd'hui, nous rendent d&#233;pendants. Cette d&#233;pendance est claire avec les OGM : ils &#173;neutralisent les semences transmissibles. En Inde, cela a provoqu&#233; de nombreux suicides de paysans. C'est un crime contre l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parmi vos propositions, vous mettez en avant aujourd'hui la notion de &#171; puissance de la mod&#233;ration &#187;. Comment se traduit-elle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance de la mod&#233;ration est une option politique. Nous ne sommes pas dans la morale, dans l'asc&#232;se ou la mortification, si nous sommes nombreux &#224; adopter la mod&#233;ration face au toujours plus, infini. Nous n'avons qu'une plan&#232;te, nous sommes dans un syst&#232;me limit&#233;. Dans le cadre d'un humanisme g&#233;n&#233;ralis&#233;, nous devrions tenir compte des capacit&#233;s de notre terre, les partager &#233;quitablement sans oublier les g&#233;n&#233;rations futures. Voil&#224; une r&#233;flexion fondamentale. Produire toujours plus, &#231;a veut dire aussi toujours plus travailler. Dans la logique du capitalisme g&#233;n&#233;ralis&#233;, c'est augmenter les profits, r&#233;duire les charges, et donc aussi &#233;liminer les gens, en exclure toujours plus. Dans ce syst&#232;me, on produit de plus en plus de choses et on r&#233;duit les moyens des gens qui ne peuvent plus les acheter. La publicit&#233; entretient la frustration, laisse des citoyens en permanence inassouvis. Une de mes probl&#233;matiques est, aujourd'hui, comment aller vers la simplicit&#233; ? Dans la soci&#233;t&#233; civile, des gens pourtant conditionn&#233;s pour penser la complexit&#233; vont vers un mode de pens&#233;e qui passe par la simplification. Il y a aujourd'hui tout un r&#233;servoir de gens qui innovent, inventent, et tout notre boulot est de parvenir &#224; les f&#233;d&#233;rer pour en faire une proposition politique. Et si les politiques acceptent de sortir du sch&#233;ma de la croissance &#224; tout prix, qui est n&#233;gatif, et soutenir ces initiatives, en faire une proposition sociopolitique, l&#224;, oui, il y aura de l'intelligence. Nous en avons besoin. &#192; l'appauvrissement financier, il faut donner une r&#233;ponse non financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pr&#244;nez la d&#233;croissance depuis longtemps. A-t-elle toujours autant de vertu &#224; vos yeux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on invoque la croissance, &#231;a veut dire qu'on maintient les castes qui concentrent l'argent. M&#234;me s'il y avait g&#233;n&#233;rosit&#233;, &#173;attention &#224; l'autre, il faudrait se demander &#224; quoi elle sert. &#192; fabriquer des armes ? Combien de d&#233;penses sont faites sans qu'on prenne l'humain en compte ? L'urgence, c'est l'humain. Dans les entreprises, c'est en se d&#233;lestant des salaires qu'on fait un meilleur bilan. C'est &#231;a, la croissance &#233;conomique ? Si l'urgence absolue &#233;tait de maintenir le travail et non de mettre les gens dehors pour augmenter le profit, la situation serait compl&#232;tement diff&#233;rente. Aujourd'hui, peu importe l'humain. On a mis en place des palliatifs pernicieux pour &#233;viter que les gens ne meurent de faim. C'est inique, d'autant que je suis persuad&#233; que ces palliatifs ne tiendront pas longtemps. L'indigence va se d&#233;velopper&#8230; Face &#224; une telle situation, je consid&#232;re que les hommes politiques sont dans la gestion, dans l'entretien du syst&#232;me, dans l'acharnement th&#233;rapeutique. Pourtant, ce mod&#232;le ne peut pas tenir, c'est impossible. Il ne tiendra pas. Par contre, la soci&#233;t&#233; civile invente, innove, imagine un autre mod&#232;le de soci&#233;t&#233;. Avec la puissance de la &#173;mod&#233;ration, on inverse les choses. La mod&#233;ration devient un fondement puissant de l'organisation d'un monde futur. Avec elle, le capitalisme a du souci &#224; se faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Voir video &lt;/strong&gt; : &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=t782WoZb03I&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &lt;strong&gt;Vers la Sobri&#233;t&#233; Heureuse &lt;/strong&gt; &#187; Confe&#769;rence Pierre Rabhi du 20 novembre 2012 &#224; Clermont-Ferrand&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par Dany Stive&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;S&#233;rie d'&#233;t&#233;&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;a href=&#034;http://www.humanite.fr/mot-cle/penser-un-monde-nouveau&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Penser un monde nouveau&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.humanite.fr/politique/pierre-rabhi-toute-demarche-qui-construit-de-l-aut-546906&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'Humanit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Par&#237;s, le 5 de agosto de 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lire dans &lt;i&gt;El Correo &lt;/i&gt; et dans la m&#234;me s&#233;rie : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Notre-ambition-une-societe-communautaire-post-capitaliste-Alvaro-Garcia-Linera&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Notre ambition, une soci&#233;t&#233; communautaire post-capitaliste&lt;/a&gt; &#187; &#193;lvaro Garcia Linera&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/L-idee-de-metamorphose-dit-%E2%80%A8qu-au-fond-tout-doit-changer-Edgar-Morin&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'id&#233;e de m&#233;tamorphose dit qu'au fond tout doit changer&lt;/a&gt; &#187; Edgar Morin &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;* &lt;strong&gt;Pierre Rabhi&lt;/strong&gt; il est n&#233; en Kenadsa, Alg&#233;rie 1938. Il est un paysan, philosophe et essayiste fran&#231;ais d'origine alg&#233;rienne, inventeur du concept &#171; Oasis en tous lieux &#187;. Il d&#233;fend un mode de soci&#233;t&#233; plus respectueux de l'homme et de la terre et soutient le d&#233;veloppement de pratiques agricoles respectueuses de l'environnement et pr&#233;servant les ressources naturelles, l'agro&#233;cologie, notamment dans les pays arides.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
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