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		<title>Le Plan du Dr Sch&#228;uble pour l'Europe, les Europ&#233;ens l'approuvent-ils ?</title>
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		<dc:date>2015-07-22T17:01:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yanis Varoufakis*</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cinq mois de n&#233;gociations entre la Gr&#232;ce et l'Europe nous ont conduits dans l'impasse, parce que le Dr Sch&#228;uble en avait d&#233;cid&#233; ainsi. Lorsque j'ai point&#233; mon nez pour la premi&#232;re fois &#224; l'une des rencontres de Bruxelles, une puissante majorit&#233; s'&#233;tait d&#233;j&#224; constitu&#233;e au sein de l'eurogroupe. Group&#233;e autour de la grave figure du Ministre allemand des finances, cette fraction s'&#233;tait donn&#233; pour but d'emp&#234;cher tout accord bas&#233; sur des convergences entre notre gouvernement nouvellement &#233;lu et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Grece" rel="directory"&gt;Gr&#233;ce&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cinq mois de n&#233;gociations entre la Gr&#232;ce et l'Europe nous ont conduits dans l'impasse, parce que le Dr Sch&#228;uble en avait d&#233;cid&#233; ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'ai point&#233; mon nez pour la premi&#232;re fois &#224; l'une des rencontres de Bruxelles, une puissante majorit&#233; s'&#233;tait d&#233;j&#224; constitu&#233;e au sein de l'eurogroupe. Group&#233;e autour de la grave figure du Ministre allemand des finances, cette fraction s'&#233;tait donn&#233; pour but d'emp&#234;cher tout accord bas&#233; sur des convergences entre notre gouvernement nouvellement &#233;lu et le reste de l'eurozone. &#171; Les &#233;lections ne peuvent rien changer &#187; et &#171; Ou la d&#233;claration commune d'intention, ou rien &#187; - voil&#224; quelques propos typiques qui ont salu&#233; ma premi&#232;re apparition &#224; l'eurogroupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq mois d'intenses n&#233;gociations n'ont donc jamais eu aucune chance d'aboutir. Elles &#233;taient condamn&#233;es &#224; nous mener dans l'impasse et &#224; ouvrir la voie &#224; ce que le Dr Sch&#228;uble jugeait &#171; optimal &#187;, bien avant l'&#233;lection de notre gouvernement actuel : pousser la Gr&#232;ce hors de l'eurogroupe, pour faire rentrer dans le rang des &#201;tats-membres qui s'opposaient &#224; son plan personnel d'une refonte de l'eurozone. Ce n'est pas l&#224; une th&#233;orie que j'aurais invent&#233;e. D'o&#249; tenais-je que le Grexit &#233;tait un &#233;l&#233;ment important du projet du Dr Sch&#228;uble pour l'Europe ? De lui-m&#234;me, qui me l'avait dit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'&#233;cris pas ces mots en tant que politicien grec, qui porte un regard aussi critique sur la diffamation par la presse allemande de nos propositions raisonnables que sur le refus de Berlin de prendre s&#233;rieusement en compte notre plan tr&#232;s mod&#233;r&#233; pour venir &#224; bout de nos dettes, ou sur la d&#233;cision hautement politique de la BCE d'&#233;trangler notre gouvernement, ou celle de l'eurogroupe de donner &#224; celle-ci le feu vert pour la fermeture de nos banques. J'&#233;cris ces mots en Europ&#233;en qui observe la mise en &#339;uvre d'un projet pr&#233;cis pour l'Europe. Celui du Dr Sch&#228;uble. Et je voudrais poser aux lecteurs et lectrices bien inform&#233;s de la ZEIT une question tr&#232;s simple : Voulez-vous de ce projet ? Est-il bon pour l'Europe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le plan du Dr Sch&#228;uble Plan pour l'Eurozone&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avalanche de fonds de sauvetage empoisonn&#233;s qui a suivi la premi&#232;re crise financi&#232;re de l'eurozone a suffisamment prouv&#233; que l'invraisemblable &#171; clause de non-assistance &#187;, l'interdiction de garantir les obligations &#233;mises par les &#201;tats-membres &#233;tait un lamentable ersatz d'union politique. Wolfgang Sch&#228;uble en est bien conscient et il a propos&#233; un plan parfaitement clair pour une union plus &#233;troite. &#171; Dans l'id&#233;al, l'Europe serait une union politique &#187;, a-t-il &#233;crit avec Karl Lamers, l'ex-porte-parole de la CDU pour les Affaires &#233;trang&#232;res, le 31 ao&#251;t 2014, dans le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ft.com/intl/cms/s/0/5565f134-2d48-11e4-8105-00144feabdc0.html?siteedition=intl#axzz3BwDyx9jA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt; 1er septembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Dr Sch&#228;uble a raison de plaider pour des changements institutionnels qui &#233;tabliraient pour l'eurozone les m&#233;canismes politiques qui lui manquent. Non seulement parce qu'il est sans cela impossible de ma&#238;triser la crise actuelle, mais aussi pour pr&#233;parer notre union mon&#233;taire &#224; la prochaine crise. La seule question qui se pose, c'est : Concr&#232;tement, ce projet est-il un bon projet ? Les Europ&#233;ens doivent-ils en faire leur projet ? Et comment peut-il &#234;tre r&#233;alis&#233; en conformit&#233; avec la volont&#233; ses auteurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan Sch&#228;uble-Lamers se base sur deux id&#233;es. La premi&#232;re : &#171; Que penseriez-vous d'un commissaire europ&#233;en au budget qui pourrait refuser les budgets nationaux s'ils ne correspondent pas aux r&#232;gles que nous avons &#233;tablies en commun ? &#187; La deuxi&#232;me : &#171; Nous approuvons un &#8216;Parlement de l'eurozone' constitu&#233; de membres du Parlement europ&#233;en des pays de l'eurozone pour confirmer la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique de d&#233;cisions affectant le domaine mon&#233;taire de l'euro &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re objection au plan Sch&#228;uble-Lamers est qu'il contredit toute id&#233;e de f&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique. Une d&#233;mocratie f&#233;d&#233;rale - l'Allemagne, les USA, l'Australie - est fond&#233;e sur la souverainet&#233; de ses citoyens, qui se manifeste par le droit absolu de ses d&#233;put&#233;s &#224; promulguer des lois b&#233;n&#233;fiques &#224; leur propre peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au contraire, le plan Sch&#228;uble-Lamers ne pr&#233;voit que des comp&#233;tences n&#233;gatives : un &#171; surveillant en chef &#187; des budgets (peut-&#234;tre une version am&#233;lior&#233;e du Pr&#233;sident de l'eurogroupe) qui ne disposerait face aux Parlements nationaux que de comp&#233;tences n&#233;gatives, entendez : un droit de veto. Ce projet pr&#233;sente deux probl&#232;mes : premi&#232;rement, il ne suffirait pas &#224; s&#233;curiser la macro-&#233;conomie de l'eurozone. Et deuxi&#232;mement il enfreindrait les principes fondamentaux de la d&#233;mocratie lib&#233;rale occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons-nous ce qui s'est pass&#233; avant l'&#233;clatement de la crise de l'euro en 2010 et &#224; la suite de cette crise.Si le gardien-chef fiscal du Dr Sch&#228;uble avait exist&#233; &#224; l'&#233;poque, il ou elle aurait pu opposer son veto &#224; la prodigalit&#233; du gouvernement grec, mais il n'aurait rien pu contre le tsunami de cr&#233;dits que d&#233;versaient les banques priv&#233;es francfortoises et parisiennes sur leurs homologues de la p&#233;riph&#233;rie. (En outre : si le commissaire au budget du Dr Sch&#228;uble avait emp&#234;ch&#233; l'&#201;tat grec de prendre de nouveaux cr&#233;dits, la dette grecque se serait accumul&#233;e en passant par les banques priv&#233;es, comme cela s'est fait en Irlande et en Espagne.) Ces flux de capitaux ont favoris&#233; un endettement insoutenable qui serait obligatoirement retomb&#233; sur les &#233;paules de l'&#201;tat quand les march&#233;s financiers se sont effondr&#233;s. Et apr&#232;s la crise, le L&#233;viathan budg&#233;taire du Dr Sch&#228;uble aurait &#233;t&#233; tout aussi impuissant, quand plusieurs &#201;tats auraient &#233;t&#233; menac&#233;s d'insolvabilit&#233; en raison du sauvetage (direct ou indirect) de leurs banques priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref : le titulaire de la noble fonction pr&#233;vue par le plan Sch&#228;uble-Lamers aurait &#233;t&#233; aussi peu en mesure d'agir contre les causes de la crise que d'en surmonter les cons&#233;quences. En outre, chaque veto effectif du noble fonctionnaire contre un budget national mettrait hors circuit la souverainet&#233; d'un peuple europ&#233;en sans la remplacer par une souverainet&#233; de rang sup&#233;rieur, f&#233;d&#233;rale ou supranationale. Le Dr Sch&#228;uble, lorsqu'il s'engage en faveur d'une union politique en contradiction avec les principes fondamentaux d'une f&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique, fait preuve une impressionnante suite dans les id&#233;es. C'est ainsi qu'il rejetait d&#233;j&#224;, dans un article paru le 8 juin 2000 dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) le&#171; d&#233;bat acad&#233;mique &#187; pour savoir si l'Europe devait &#234;tre &#171; un &#201;tat f&#233;d&#233;ral ou une conf&#233;d&#233;ration d'&#201;tats. &#187; A-t-il raison d'affirmer qu'il n'y a aucune diff&#233;rence entre un &#201;tat f&#233;d&#233;ral et une conf&#233;d&#233;ration d'&#201;tats ? Je pense que ne pas faire de distinction entre les deux constitue une grave menace pour la d&#233;mocratie europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oubli&#233;s les pr&#233;alables pour une union politique d&#233;mocratique, multinationale lib&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une caract&#233;ristique trop oubli&#233;e des d&#233;mocraties lib&#233;rales est que ce n'est pas le contenu juridique de leurs lois et de leurs constitutions qui fonde leur l&#233;gitimit&#233;, mais la politique. En affirmant, comme le Dr Sch&#228;uble l'a fait explicitement en 2000 et implicitement en 2014, qu'il n'y a aucune diff&#233;rence entre un &#201;tat f&#233;d&#233;ral et une conf&#233;d&#233;ration d'&#201;tats souverains, on veut ignorer que le premier peut cr&#233;er une l&#233;gitimit&#233; politique, mais pas le second.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une conf&#233;d&#233;ration d'&#201;tats peut bien s&#251;r, par exemple en tant que membre d'une alliance d&#233;fensive, conclure en son sein des accords qui repr&#233;sentent un avantage mutuel contre un &#201;tat ennemi. Elle peut se mettre d'accord sur des normes industrielles ou m&#234;me cr&#233;er une zone de libre-&#233;change. Jamais une conf&#233;d&#233;ration d'&#201;tats souverains ne peut l&#233;gitimement assigner &#224; un gardien-chef le droit d'abroger la souverainet&#233; d'un &#201;tat, car il n'existe pas de souverainet&#233; &#224; l'&#233;chelon f&#233;d&#233;ral qui dispose de la l&#233;gitimit&#233; politique exig&#233;e pour proc&#233;der &#224; un tel acte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la distinction entre &#201;tat f&#233;d&#233;ral et conf&#233;d&#233;ration d'&#201;tats rev&#234;t une grande importance. Car tandis qu'un &#201;tat f&#233;d&#233;ral peut remplacer une souverainet&#233; abandonn&#233;e par l'&#201;tat ou la nation par une nouvelle souverainet&#233; &#224; l'&#233;chelon f&#233;d&#233;ral ou de l'Union, une centralisation du pouvoir dans une conf&#233;d&#233;ration d'&#201;tats est r&#233;dhibitoirement ill&#233;gale. Il lui manque le l&#233;gislateur souverain qui pourrait lui accorder son onction. Et une Chambre europ&#233;enne issue du Parlement europ&#233;en, qui n'a pas lui-m&#234;me comp&#233;tence &#224; promulguer des lois comme bon lui semble, ne peut l&#233;gitimer le droit de veto d'un commissaire au budget &#224; l'encontre de Parlements nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou autrement dit : de petites nations souveraines comme l'Islande doivent prendre des d&#233;cisions dans un contexte de conditions-cadres fondamentales, que leur posent la nature et le reste de l'humanit&#233;. Mais si restreint que soit son espace de d&#233;cision, la communaut&#233; islandaise conserve pourtant pleine autorit&#233; pour placer les dignitaires qu'elle a &#233;lus devant leur responsabilit&#233; pour les d&#233;cisions qu'ils ont prises face &#224; ces conditions-cadres ext&#233;rieures et &#224; r&#233;viser tout acte juridique promulgu&#233; par le pass&#233;. &#192; l'inverse, les Ministres des finances de l'eurozone quittent souvent les r&#233;unions de l'eurogroupe en regrettant des d&#233;cisions qu'ils ont approuv&#233;es, et en donnant pour excuse -d&#233;sormais creuse- qu'ils ont &#171; fait de leur mieux dans le cadre de l'eurogroupe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de l'euro a terriblement &#233;largi ces br&#232;ches situ&#233;es au coeur m&#234;me de l'Europe. L'eurogroupe, un groupe informel, qui ne fournit pas de comptes-rendus, ne suit aucune r&#232;gle &#233;crite et n'est responsable devant exactement personne, est &#224; la t&#234;te de la premi&#232;re macro-&#233;conomie mondiale. &#192; ses c&#244;t&#233;s se tient une Banque centrale qui lutte pour appliquer de vagues r&#232;gles qu'elle &#233;dicte elle-m&#234;me au fil du temps. Elle ne dispose d'aucune communaut&#233; politique sur laquelle asseoir la l&#233;gitimit&#233; politique qui fonderait ses d&#233;cisions en mati&#232;re de fiscalit&#233; et de monnaie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan du Dr Sch&#228;uble rem&#233;diera-t-il &#224; ce syst&#232;me de gouvernement intenable ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce cas il couvrirait d'une pseudo-l&#233;gitimit&#233; l'actuelle macro-commande inefficace et l'autoritarisme politique de l'eurogroupe. Les maux inh&#233;rents &#224; l'actuelle f&#233;d&#233;ration d'&#201;tats seraient grav&#233;s dans le marbre et le r&#234;ve d'une f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne d&#233;mocratique encore repouss&#233; &#224; un avenir bien incertain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La p&#233;rilleuse strat&#233;gie du Dr Sch&#228;uble pour ex&#233;cuter le Plan Sch&#228;uble-Lamers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois de mai dernier j'ai eu, en marge d'une autre r&#233;union de l'eurogroupe, le privil&#232;ge d'un entretien fascinant avec le Dr Sch&#228;uble. Nous avons abondamment parl&#233; de la Gr&#232;ce et de l'avenir de l'eurozone. Ce jour-l&#224; l'ordre du jour comportait entre autres les futures modifications institutionnelles visant &#224; renforcer l'eurozone. Cette conversation me montra clairement que le plan du docteur Sch&#228;uble &#233;tait la base m&#234;me o&#249; se mouvaient la majorit&#233; des ministres des finances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que dans cette rencontre r&#233;unissant 19 ministres le Grexit n'ait pas &#233;t&#233; explicitement mentionn&#233;, il y fut fait sans nul doute possible des allusions voil&#233;es. J'entendis un coll&#232;gue dire que les &#201;tats membres qui ne pouvaient satisfaire &#224; leurs engagements ne pouvaient compter sur l'indivisibilit&#233; de l'eurozone, car il &#233;tait extr&#234;mement important de renforcer la discipline. Quelques ministres soulign&#232;rent l'int&#233;r&#234;t qu'il y aurait &#224; accorder &#224; un Pr&#233;sident permanent de l'eurogroupe le droit de contester des budgets nationaux. D'autres parl&#232;rent de la n&#233;cessit&#233; d'une euro-Chambre compos&#233;e de parlementaires europ&#233;ens pouvant l&#233;gitimer les comp&#233;tences attribu&#233;es au(x) Pr&#233;sident (s). Le plan du Dr Sch&#228;uble trouvait des &#233;chos dans toute la salle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; en juger d'apr&#232;s ces r&#233;unions de l'eurogroupe et mes discussions avec le ministre allemand des Finances, le Grexit donne le signal du d&#233;part pour l'application du plan du Dr Sch&#228;uble. Une escalade contr&#244;l&#233;e, pendant des ann&#233;es, des souffrances du peuple grec, exacerb&#233;es par la fermeture des banques et parall&#232;lement adoucies par un peu d'aide humanitaire, devraient &#234;tre les signes avant-coureurs de la nouvelle eurozone. D'un c&#244;t&#233; le destin des Grecs gaspilleurs servirait de le&#231;on de morale aux gouvernements qui joueraient avec l'id&#233;e d'un changement des &#171; r&#232;gles &#187; en vigueur (par exemple l'Italie) ou qui r&#233;pugneraient &#224; transf&#233;rer leur souverainet&#233; &#224; l'eurogroupe (par exemple la France). D'autre part la perspective d'un r&#233;&#233;quilibrage financier (limit&#233;), par exemple au moyen d'une union bancaire plus &#233;troite et d'une assurance-ch&#244;mage commune offrirait aux petites nations la carotte n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En laissant de c&#244;t&#233; toutes les objections morales ou philosophiques qu'on pourrait &#233;lever contre l'id&#233;e de forger une meilleure Union en accroissant de mani&#232;re contr&#244;l&#233;e les souffrances d'un de ses Etats membres, posons d'urgentes questions de fond :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Les moyens sont-ils adapt&#233;s aux fins ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La suppression, de l'indivisibilit&#233; constitutive de l'eurozone est-elle un moyen s&#251;r de garantir son avenir comme zone commune de bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Le sacrifice rituel d'un de ses membres rapprochera-t-il les Europ&#233;ens les uns des autres ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'argument selon lequel des &#233;lections ne peuvent rien changer dans un pays endett&#233; inspire-t-il confiance dans les institutions europ&#233;ennes ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Ou ne pourrait-il pas induire l'effet contraire, si la peur et le d&#233;go&#251;t deviennent des incontournables dans les rapports intra-europ&#233;ens ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion : l'Europe &#224; la crois&#233;e des chemins&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fectuosit&#233; des fondements de l'eurogroupe s'est r&#233;v&#233;l&#233;e &#233;vidente en Gr&#232;ce avant m&#234;me l'extension de la crise aux autres pays. Cinq ans plus tard la Gr&#232;ce est &#224; nouveau sous les feux des projecteurs, parce que le seul homme d'&#201;tat rescap&#233; du groupe fondateur de l'euro, le Dr Sch&#228;uble, a un plan d'assainissement de l'union mon&#233;taire europ&#233;enne. Ce plan implique de laisser tomber la Gr&#232;ce, pr&#233;tendument parce que le gouvernement grec n'a aucune r&#233;forme cr&#233;dible &#224; proposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233;, c'est qu'un eurogroupe vendu au Dr Sch&#228;uble n'a jamais eu s&#233;rieusement l'intention de proc&#233;der pour la Gr&#232;ce &#224; un &#171; New Deal &#187; qui refl&#233;terait les int&#233;r&#234;ts communs des cr&#233;anciers et d'une nation dont les recettes se sont effondr&#233;es par suite d'un &#171; programme &#187; qui a lamentablement &#233;chou&#233; et dont la soci&#233;t&#233; se d&#233;lite. L'obstination de l'Europe officielle &#224; exiger de notre gouvernement la poursuite de ce &#171; programme &#187; en plein &#233;chec n' &#233;tait rien d'autre que le coup d'envoi du plan du Dr Sch&#228;uble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est assez r&#233;v&#233;lateur que l'argument de notre gouvernement - tout plan r&#233;alisable pr&#233;supposait une restructuration de la dette grecqu -, ait &#233;t&#233; reconnu au moment o&#249; les n&#233;gociations ont &#233;t&#233; rompues. C'est le Fonds mon&#233;taire international qui a ouvert le bal. Il faut remarquer que le Dr Sch&#228;uble a lui-m&#234;me admis qu'une part de la dette devait &#234;tre effac&#233;e, mais en ajoutant imm&#233;diatement que c'&#233;tait politiquement &#171; impossible. &#187; Je suis s&#251;r qu'en r&#233;alit&#233; il voulait dire par l&#224; que lui-m&#234;me n'en voulait pas, car son but &#233;tait de justifier un Grexit qui donnerait le signal pour appliquer son plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre l'opinion que je me suis form&#233;e, en tant que Grec et apr&#232;s avoir particip&#233; &#224; ces cinq mois de n&#233;gociations, du plan Sch&#228;uble-Lamers et des moyens &#224; utiliser, est-elle trop entach&#233;e de parti pris pour avoir quelque valeur en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Allemagne a toujours &#233;t&#233; un &#171; &#233;l&#232;ve mod&#232;le &#187; europ&#233;en et il faut cr&#233;diter le peuple allemand de s'&#234;tre toujours efforc&#233; d'int&#233;grer sa nation dans une Europe unie et en un certain sens de s'y fondre. Si je fais abstraction de mes propres jugements &#224; ce sujet, une question continue toutefois &#224; se poser :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que pensez-vous, chers lecteurs et lectrices, du plan du Dr Sch&#228;uble ? Correspond-il &#224; votre r&#234;ve d'une Europe d&#233;mocratique ? Ou sa mise en &#339;uvre, dont le point de d&#233;part consiste &#224; faire de la Gr&#232;ce un mix d'&#201;tat-paria et d'agneau sacrifi&#233;, ne d&#233;clenchera-t-elle pas un feed-back sans fin entre l'instabilit&#233; &#233;conomique et l'autoritarisme qu'elle nourrit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yanis Varoufakis&lt;/strong&gt; pour son &lt;a href=&#034;http://yanisvaroufakis.eu&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;blog&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Original&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/17/dr-schaubles-plan-for-europe-do-europeans-approve-english-version-of-my-article-in-die-zeit/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Dr Sch&#228;uble's Plan for Europe : Do Europeans approve ?&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/17/dr-schaubles-plan-for-europe-do-europeans-approve-english-version-of-my-article-in-die-zeit/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Yanis Varoufakis&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Ath&#232;nes, le 17 juillet 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'anglais pour &lt;a href=&#034;http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=15349&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Tlaxcala&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de&lt;/strong&gt; : Mich&#232;le Mialane&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt; * &lt;strong&gt;Y&#225;nis Varouf&#225;kis&lt;/strong&gt; est un &#233;conomiste et homme politique grec. Ex-Ministre de l'Economie dans le Gouvernement Syriza.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Le-Plan-du-Dr-Schauble-pour-l-Europe-les-Europeens-l-approuvent-ils&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, Paris, le 22 juillet 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#171; Le plan de privatisation rancunier de l'Europe pour la Gr&#232;ce &#187; Yanis Varoufakis</title>
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		<dc:date>2015-07-21T13:46:44Z</dc:date>
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		<dc:creator>Yanis Varoufakis*</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;ATH&#200;NES &#8211; Le 12 juillet, le sommet des dirigeants de la zone euro a dict&#233; les termes de sa capitulation au Premier ministre grec Alexis Tsipras, qui, terrifi&#233; par les autres solutions, a tout accept&#233; en bloc. Un de ces termes concernait la liquidation des avoirs publics restants de la Gr&#232;ce. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les dirigeants de la zone euro ont exig&#233; que des biens publics grecs soient transf&#233;r&#233;s &#224; un fonds de type Treuhand (un v&#233;hicule de vente au rabais, similaire &#224; celui utilis&#233; apr&#232;s la chute du mur de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Grece" rel="directory"&gt;Gr&#233;ce&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ATH&#200;NES&lt;/strong&gt; &#8211; Le 12 juillet, le sommet des dirigeants de la zone euro a dict&#233; &lt;a href=&#034;http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/15/the-euro-summit-agreement-on-greece-annotated-by-yanis-varoufakis/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;les termes de sa capitulation&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; au Premier ministre grec Alexis Tsipras, qui, terrifi&#233; par les autres solutions, a tout accept&#233; en bloc. Un de ces termes concernait la liquidation des avoirs publics restants de la Gr&#232;ce. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants de la zone euro ont exig&#233; que des biens publics grecs soient transf&#233;r&#233;s &#224; un fonds de type Treuhand (un v&#233;hicule de vente au rabais, similaire &#224; celui utilis&#233; apr&#232;s la chute du mur de Berlin pour privatiser rapidement, au prix d'une forte perte financi&#232;re et avec des effets d&#233;vastateurs sur l'emploi, de tous des biens publics de l'&#201;tat moribond de l'Allemagne de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Treuhand grec devait &#234;tre bas&#233; (tenez-vous bien) au Luxembourg et devait &#234;tre dirig&#233; par un groupe supervis&#233; par le ministre des Finances de l'Allemagne, &lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org/columnist/wolfgang-sch-uble&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Wolfgang Sch&#228;uble&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, l'auteur du plan. Il est cens&#233; effectuer l'ensemble des ventes au rabais d'ici trois ans. Mais alors que les travaux du plan Treuhand original s'accompagnaient d'investissements importants dans les infrastructures en Allemagne de l'Ouest et de transferts sociaux &#224; grande &#233;chelle pour la population d'Allemagne de l'Est, les citoyens de la Gr&#232;ce ne vont recevoir aucun avantage correspondant d'aucune sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euclid Tsakalotos, qui m'a succ&#233;d&#233; au poste de ministre des Finances de la Gr&#232;ce il y a deux semaines, a fait de son mieux pour am&#233;liorer les pires aspects du plan Treuhand grec. Il a r&#233;ussi &#224; faire domicilier le fonds &#224; Ath&#232;nes et a extorqu&#233; aux cr&#233;anciers de la Gr&#232;ce (la tro&#239;ka de la Commission europ&#233;enne, de la Banque Centrale Europ&#233;enne et du Fonds Mon&#233;taire International) la concession importante selon laquelle les ventes pourraient s'&#233;taler sur 30 ans, plut&#244;t que sur trois ans seulement. Ce point a &#233;t&#233; essentiel car va permettre &#224; l'&#201;tat grec de conserver ses capitaux sous-&#233;valu&#233;s, jusqu'&#224; ce que leurs prix remontent par rapport aux baisses actuelles induites par la r&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las, le Treuhand grec reste une abomination, qui va peser comme un stigmate sur la conscience de l'Europe. Pire, c'est une occasion perdue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan est politiquement toxique, car les fonds, bien que domicili&#233;s en Gr&#232;ce, seront en fait g&#233;r&#233;s par la tro&#239;ka. Cela est &#233;galement nuisible sur le plan financier, parce que les profits seront allou&#233;s &#224; ce que m&#234;me le FMI reconna&#238;t &#224; pr&#233;sent comme une dette impossible &#224; acquitter. Et c'est un &#233;chec &#233;conomique, parce qu'il g&#226;che une occasion merveilleuse de cr&#233;er des investissements nationaux pour aider &#224; contrer l'impact r&#233;trograde de la consolidation fiscale punitive qui fait &#233;galement partie des &#171; termes &#187; du sommet du 12 juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choses auraient pu se d&#233;rouler autrement. Le 19 juin, j'ai communiqu&#233; au gouvernement allemand et &#224; la tro&#239;ka une proposition diff&#233;rente, dans le cadre d'un document intitul&#233; &#171; Mettre fin &#224; la crise grecque &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le gouvernement grec propose de regrouper les richesses nationales (&#224; l'exclusion de celles concernant la s&#233;curit&#233; du pays, les &#233;quipements publics et le patrimoine culturel) dans une holding distincte de l'administration du gouvernement et g&#233;r&#233;e comme une entit&#233; priv&#233;e, sous l'&#233;gide du Parlement grec, dans le but de maximiser la valeur de ses capitaux fondamentaux et de cr&#233;er un flux d'investissement national. L'&#201;tat grec sera l'actionnaire unique, mais ne garantira pas son passif ni sa dette. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La holding devait jouer un r&#244;le actif dans la pr&#233;paration &#224; la vente des actifs. Elle devait &#171; &#233;mettre des obligations enti&#232;rement garanties sur les march&#233;s internationaux de capitaux &#187; pouvant s'&#233;lever &#224; 30 ou 40 milliards d'euros (32 ou 43 milliards de dollars), qui, &#171; en tenant compte de la valeur actuelle des actifs, &#187; pourraient &#171; &#234;tre investies dans la modernisation et la restructuration des actifs sous son contr&#244;le. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan pr&#233;voyait un programme d'investissement de 3 &#224; 4 ans, r&#233;sultant en &#171; d&#233;penses suppl&#233;mentaires de 5% du PIB par an &#187; avec des conditions macro&#233;conomiques actuelles impliquant &#171; un multiplicateur de croissance positive sup&#233;rieur &#224; 1,5 &#187;, qui &#171; devait stimuler la croissance du PIB nominal &#224; un niveau sup&#233;rieur &#224; 5% pendant plusieurs ann&#233;es. Ceci devait induire &#224; son tour &#171; une augmentation proportionnelle des recettes fiscales &#187; en &#171; contribuant ainsi &#224; la viabilit&#233; des finances publiques, tout en permettant au gouvernement grec d'exercer la ma&#238;trise de ses d&#233;penses sans r&#233;duire davantage l'&#233;conomie sociale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce sc&#233;nario, l'exc&#233;dent primaire (qui exclut les paiements d'int&#233;r&#234;ts) devait &#171; atteindre sa vitesse d'&#233;vasion &#187; en absolu termes absolus et relatifs au fil du temps. &#187; En cons&#233;quence, la soci&#233;t&#233; de holding &#171; se verrait accorder une licence bancaire &#187; dans un an ou deux, se transformant ainsi en une Banque de D&#233;veloppement &#224; part enti&#232;re, capable d'attirer les investissements priv&#233;s vers la Gr&#232;ce et d'entrer dans des projets de collaboration avec la Banque europ&#233;enne d'investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque de D&#233;veloppement que nous avons propos&#233;e devait &#171; permettre au gouvernement de choisir quels capitaux devaient &#234;tre privatis&#233;s ou non, tout en garantissant un plus fort impact sur la r&#233;duction de la dette sur les privatisations choisies. &#187; Apr&#232;s tout, &#171; la valeur des actifs devait augmenter au-del&#224; du montant r&#233;el consacr&#233; &#224; la modernisation et &#224; la restructuration, avec l'aide d'un programme de partenariats public-priv&#233; dont la valeur serait en hausse selon la probabilit&#233; d'une privatisation future. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre proposition a &#233;t&#233; accueillie par un silence assourdissant. Plus pr&#233;cis&#233;ment, l'Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro et de la tro&#239;ka ont continu&#233; &#224; laisser entendre &#224; la presse mondiale que les autorit&#233;s grecques n'avaient aucune proposition novatrice cr&#233;dible &#224; fournir : leur rengaine habituelle. Quelques jours plus tard, une fois que le pouvoir en place s'est rendu compte que le gouvernement grec &#233;tait sur le point de capituler enti&#232;rement face aux exigences de la tro&#239;ka, ils ont jug&#233; bon d'imposer &#224; la Gr&#232;ce leur mod&#232;le Treuhand : un mod&#232;le humiliant, sans imagination et pernicieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un tournant de l'histoire de l'Europe, notre solution innovante a &#233;t&#233; jet&#233;e aux oubliettes. Elle y restera jusqu'&#224; ce que d'autres personnes la ram&#232;nent au grand jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yanis Varoufakis&lt;/strong&gt;* pour son blog &lt;a href=&#034;http://yanisvaroufakis.eu/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Yanis Varoufakis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Original&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;a href=&#034;http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/21/europes-vindictive-privatization-plan-for-greece-project-syndicate/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Europe's Vindictive Privatization Plan for Greece&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'anglais par et pour &lt;/strong&gt; : &lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org/commentary/greece-privatization-plan-public-assets-by-yanis-varoufakis-2015-07/french&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Project Syndicate&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/21/europes-vindictive-privatization-plan-for-greece-project-syndicate/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Yanis Varoufakis&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Ath&#232;nes, 21 juillet 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Version int&#233;grale de l'accord de spoliation de la Gr&#232;ce, annot&#233;e par Yanis Varoufakis</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Version-integrale-de-l-accord-de-spoliation-de-la-Grece-annotee-par-Yanis-Varoufakis</link>
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		<dc:date>2015-07-16T12:01:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yanis Varoufakis*</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Euro sommet de la zone euro Bruxelles, le 12 juillet 2015 &lt;br class='autobr' /&gt; Le sommet de la zone euro souligne la n&#233;cessit&#233; cruciale de r&#233;tablir la confiance avec les autorit&#233;s grecques [le gouvernement grec doit instaurer une aust&#233;rit&#233; encore plus rigoureuse frappant les citoyens grecs les plus vuln&#233;rables, qui ont d&#233;j&#224; largement souffert], condition pr&#233;alable pour un &#233;ventuel futur accord sur un nouveau programme du MES [pour un report de ce pr&#234;t non viable]. &#192; cet &#233;gard, il est essentiel que la ma&#238;trise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Grece" rel="directory"&gt;Gr&#233;ce&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Euro sommet de la zone euro Bruxelles, le 12 juillet 2015&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le sommet de la zone euro souligne la n&#233;cessit&#233; cruciale de r&#233;tablir la confiance avec les autorit&#233;s grecques [&lt;strong&gt;le gouvernement grec doit instaurer une aust&#233;rit&#233; encore plus rigoureuse frappant les citoyens grecs les plus vuln&#233;rables, qui ont d&#233;j&#224; largement souffert&lt;/strong&gt;], condition pr&#233;alable pour un &#233;ventuel futur accord sur un nouveau programme du MES [&lt;strong&gt;pour un report de ce pr&#234;t non viable&lt;/strong&gt;]. &#192; cet &#233;gard, il est essentiel que la ma&#238;trise du processus revienne aux autorit&#233;s grecques [&lt;strong&gt;le gouvernement Syriza doit signer une d&#233;claration stipulant qu'il s'est soumis &#224; la &#8216;logique' de la tro&#239;ka&lt;/strong&gt;], et les engagements pris dans ce contexte devraient &#234;tre suivis d'une mise en &#339;uvre effective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est attendu d'un &#201;tat membre de la zone euro demandant l'assistance financi&#232;re du MES qu'il adresse, lorsque cela est possible, une demande similaire au FMI. Il s'agit d'une condition pr&#233;alable pour que l'Eurogroupe approuve un nouveau programme du MES. La Gr&#232;ce demandera donc que le FMI maintienne son soutien (surveillance et financement) &#224; partir de mars 2016 [&lt;strong&gt;Berlin continue &#224; croire que la Commission n'est pas digne de confiance pour faire la &#8216;police' sur ses propres programmes europ&#233;ens de &#8216;sauvetage'&lt;/strong&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de la n&#233;cessit&#233; de r&#233;tablir la confiance avec la Gr&#232;ce, le sommet de la zone euro se f&#233;licite que la Gr&#232;ce ait pris l'engagement de l&#233;gif&#233;rer sans d&#233;lai sur une premi&#232;re s&#233;rie de mesures [&lt;strong&gt;la Gr&#232;ce doit s'infliger &#224; elle-m&#234;me un supplice de waterboarding fiscal, avant m&#234;me qu'un quelconque financement soit propos&#233;&lt;/strong&gt;]. Ces mesures, prises en accord total et pr&#233;alable avec les institutions, porteront sur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Pour le 15 juillet :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Une rationalisation du r&#233;gime de TVA [&lt;strong&gt;le rendre plus r&#233;gressif, par des hausses de taux qui encouragent la fraude &#224; la TVA&lt;/strong&gt;] et un &#233;largissement de l'assiette fiscale afin d'accro&#238;tre les recettes [&lt;strong&gt;porter un grand coup au seul secteur grec de croissance &#8211; le tourisme&lt;/strong&gt;].&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Des mesures directes pour am&#233;liorer la viabilit&#233; &#224; long terme du syst&#232;me des retraites dans le cadre d'un programme global de r&#233;forme des retraites [diminuer les plus basses des petites retraites tout en faisant semblant de ne pas voir que l'&#233;puisement des fonds des caisses de retraite est d&#251; au PSI [ndt : accord de ren&#233;gociation de la dette avec les cr&#233;anciers priv&#233;s) &#233;labor&#233; par la tro&#239;ka en 2012 et aux effets de la baisse du nombre d'emplois et de la hausse du travail au noir].&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La garantie de la pleine ind&#233;pendance juridique d'ELSTAT [&lt;strong&gt;la tro&#239;ka exige un contr&#244;le total sur la mani&#232;re dont la Gr&#232;ce &#233;labore son &#233;quilibre budg&#233;taire, en vue de contr&#244;ler compl&#232;tement l'ampleur de l'aust&#233;rit&#233; qu'elle impose au gouvernement&lt;/strong&gt;].&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La pleine mise en &#339;uvre des dispositions pertinentes du trait&#233; sur la stabilit&#233;, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire, notamment en rendant op&#233;rationnel le conseil budg&#233;taire avant la finalisation du protocole d'accord et en introduisant des r&#233;ductions quasi automatiques des d&#233;penses en cas de d&#233;rapages par rapport &#224; des objectifs ambitieux d'exc&#233;dents primaires, apr&#232;s avoir sollicit&#233; l'avis du conseil budg&#233;taire et sous r&#233;serve de l'accord pr&#233;alable des institutions [&lt;strong&gt;le gouvernement grec, qui sait que les objectifs fiscaux impos&#233;s ne seront jamais atteints avec l'aust&#233;rit&#233; impos&#233;e, doit s'engager dans une aust&#233;rit&#233; plus forte et syst&#233;matique du fait des derni&#232;res erreurs de la tro&#239;ka&lt;/strong&gt;].&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour le 22 juillet :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'adoption du code de proc&#233;dure civile, qui repr&#233;sente une refonte en profondeur des proc&#233;dures et modalit&#233;s propres au syst&#232;me de justice civile et peut acc&#233;l&#233;rer consid&#233;rablement les proc&#233;dures judiciaires et r&#233;duire les co&#251;ts dans ce domaine [&lt;strong&gt;les saisies, les expulsions et la liquidation de milliers d'habitations et d'entreprises qui ne sont pas en mesure de rembourser leurs emprunts&lt;/strong&gt;].&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La transposition de la directive relative au redressement des banques et &#224; la r&#233;solution de leurs d&#233;faillances, avec le soutien de la Commission europ&#233;enne. Ce n'est qu'apr&#232;s &#8211;et imm&#233;diatement apr&#232;s&#8211; que les quatre premi&#232;res mesures susmentionn&#233;es auront fait l'objet d'une mise en &#339;uvre au plan juridique et que le Parlement grec aura approuv&#233; tous les engagements figurant dans le pr&#233;sent document, avec v&#233;rification par les institutions et l'Eurogroupe, qu'une d&#233;cision pourra &#234;tre prise donnant mandat aux institutions de n&#233;gocier un protocole d'accord [&lt;strong&gt;le gouvernement Syriza doit &#234;tre humili&#233;, au point qu'il lui est demand&#233; de s'imposer &#224; lui-m&#234;me une aust&#233;rit&#233; rigoureuse, en pr&#233;lude &#224; une nouvelle demande de pr&#234;t toxique de sauvetage, ce type m&#234;me de pr&#234;t dont le rejet a fait la c&#233;l&#233;brit&#233; internationale de Syriza&lt;/strong&gt;].&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;cision serait prise sous r&#233;serve de l'ach&#232;vement des proc&#233;dures nationales et &#224; condition que les conditions pr&#233;alables pr&#233;vues &#224; l'article 13 du trait&#233; instituant le MES soient r&#233;unies, sur la base de l'&#233;valuation vis&#233;e &#224; l'article 13, paragraphe 1. Afin de pouvoir servir de base &#224; la conclusion positive du protocole d'accord, les mesures de r&#233;forme pr&#233;sent&#233;es par la Gr&#232;ce doivent &#234;tre s&#233;rieusement renforc&#233;es compte tenu de la profonde d&#233;gradation de la situation &#233;conomique et budg&#233;taire du pays au cours de l'ann&#233;e derni&#232;re [&lt;strong&gt;le gouvernement Syriza doit acquiescer au mensonge que c'est lui, et non les tactiques d'asphyxie des cr&#233;anciers, qui a provoqu&#233; la forte d&#233;t&#233;rioration de la situation &#233;conomique au cours des six derniers mois &#8211; on demande &#224; la victime de prendre sur elle la faute qui incombe au m&#233;chant&lt;/strong&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement grec doit s'engager formellement &#224; renforcer ses propositions [&lt;strong&gt;de les rendre plus r&#233;gressives et plus inhumaines&lt;/strong&gt;] dans un certain nombre de domaines recens&#233;s par les institutions, en les accompagnant d'un calendrier suffisamment pr&#233;cis pour ce qui est de la l&#233;gislation et de la mise en &#339;uvre, y compris des crit&#232;res de r&#233;f&#233;rence structurels, des &#233;ch&#233;ances et des crit&#232;res de r&#233;f&#233;rence quantitatifs, afin de donner une id&#233;e claire de l'orientation des politiques &#224; moyen terme. Il doit notamment, en accord avec les institutions :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Mener d'ambitieuses r&#233;formes [&lt;strong&gt;coupes&lt;/strong&gt;] des retraites et d&#233;finir des politiques visant &#224; compenser pleinement l'incidence budg&#233;taire de l'arr&#234;t de la cour constitutionnelle relatif &#224; la r&#233;forme des pensions de 2012 [&lt;strong&gt;annuler la d&#233;cision de la Cour favorable aux retrait&#233;s&lt;/strong&gt;] et mettre en &#339;uvre la clause de d&#233;ficit z&#233;ro [&lt;strong&gt;r&#233;duire de 85% les compl&#233;ments de retraite que le gouvernement Syriza avait d&#233;fendus bec et ongle au cours des cinq derniers mois&lt;/strong&gt;] ou des mesures alternatives mutuellement acceptables [&lt;strong&gt;trouver des victimes &#8216;&#233;quivalentes'&lt;/strong&gt;] d'ici octobre 2015 ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Adopter des r&#233;formes plus ambitieuses du march&#233; des produits assorties d'un calendrier pr&#233;cis de mise en &#339;uvre de toutes les recommandations du volume I du manuel de l'OCDE pour l'&#233;valuation de la concurrence [&lt;strong&gt;les recommandations auxquelles l'OCDE a d&#233;sormais renonc&#233; apr&#232;s avoir red&#233;fini ces r&#233;formes en coop&#233;ration avec le gouvernement Syriza&lt;/strong&gt;], y compris dans les domaines suivants : ouverture des magasins le dimanche, p&#233;riodes de soldes, propri&#233;t&#233; des pharmacies, lait et boulangeries, &#224; l'exception des produits pharmaceutiques vendus sans ordonnance qui feront l'objet d'une mise en &#339;uvre &#224; un stade ult&#233;rieur, ainsi qu'en ce qui concerne l'ouverture de professions ferm&#233;es essentielles au niveau macro-&#233;conomique (par exemple, les transports par ferry). En ce qui concerne le suivi du volume II du manuel de l'OCDE, l'industrie manufacturi&#232;re doit &#234;tre comprise dans les actions pr&#233;alables ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; En ce qui concerne les march&#233;s de l'&#233;nergie, proc&#233;der &#224; la privatisation de l'op&#233;rateur du r&#233;seau de distribution d'&#233;lectricit&#233; (ADMIE), &#224; moins que l'on puisse trouver des mesures de remplacement ayant un effet &#233;quivalent sur la concurrence, comme convenu par les institutions [&lt;strong&gt;ADMIE sera liquid&#233; au profit d'int&#233;r&#234;ts particuliers &#233;trangers sous commandement des institutions&lt;/strong&gt;] ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; En ce qui concerne le march&#233; du travail, entreprendre un r&#233;examen rigoureux et une modernisation des n&#233;gociations collectives [&lt;strong&gt;s'assurer qu'aucune n&#233;gociation collective n'est possible&lt;/strong&gt;], de l'action syndicale [&lt;strong&gt;qui doit &#234;tre interdite&lt;/strong&gt;] et, conform&#233;ment &#224; la directive pertinente de l'UE et aux bonnes pratiques, des proc&#233;dures de licenciement collectif [&lt;strong&gt;qui doivent &#234;tre soumises aux caprices des employeurs&lt;/strong&gt;], selon le calendrier et l'approche convenus avec les institutions [&lt;strong&gt;c'est la tro&#239;ka qui d&#233;cide&lt;/strong&gt;]. Sur la base de ces r&#233;examens, les politiques du march&#233; du travail devraient &#234;tre align&#233;es sur les meilleures pratiques internationales et europ&#233;ennes, sans que cela se traduise par un retour aux politiques ant&#233;rieures qui ne sont pas compatibles avec les objectifs de croissance durable et inclusive [&lt;strong&gt;il ne doit exister aucun m&#233;canisme permettant aux salari&#233;s d'obtenir de meilleures conditions des employeurs&lt;/strong&gt;] ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Adopter les mesures n&#233;cessaires pour renforcer le secteur financier, y compris des mesures radicales concernant les pr&#234;ts non performants [&lt;strong&gt;un tsunami de saisies s'annonce&lt;/strong&gt;] et des mesures visant &#224; renforcer la gouvernance du Fonds hell&#233;nique de stabilit&#233; financi&#232;re (HFSF) et des banques [&lt;strong&gt;les Grecs qui g&#232;rent le HFSF et les banques n'auront exactement aucun pouvoir de contr&#244;le sur le HFSF et les banques], en particulier en &#233;liminant toute possibilit&#233; d'interf&#233;rence politique, notamment dans les processus de nomination [sauf l'interf&#233;rence politique de la tro&#239;ka&lt;/strong&gt;]. Par ailleurs, les autorit&#233;s grecques prendront les mesures suivantes :&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#201;laborer un programme de privatisation nettement plus &#233;toff&#233; avec une meilleure gouvernance ; des actifs grecs de valeur seront transf&#233;r&#233;s dans un fonds ind&#233;pendant qui mon&#233;tisera les actifs par des privatisations et d'autres moyens [&lt;strong&gt;une structure similaire au Treuhand pour l'Allemagne de l'est est envisag&#233;e pour liquider tous les biens publics, mais sans l'&#233;quivalent des lourds investissements que l'Allemagne de l'Ouest avait d&#233;vers&#233;s &#224; l'est pour compenser le d&#233;sastre du Treuhand&lt;/strong&gt;]. La mon&#233;tisation des actifs constituera une source permettant le remboursement programm&#233; du nouveau pr&#234;t du MES et g&#233;n&#233;rera sur la dur&#233;e du nouveau pr&#234;t un montant total fix&#233; &#224; 50 milliards d'euros, dont 25 milliards d'euros serviront au remboursement de la recapitalisation des banques et d'autres actifs, et 50% de chaque euro restant (c'est-&#224;-dire 50% de 25 milliards d'euros) serviront &#224; diminuer le ratio d'endettement, les autres 50% &#233;tant utilis&#233;s pour des investissements [&lt;strong&gt;les biens publics seront liquid&#233;s et les maigres sommes ainsi obtenues seront destin&#233;es au service d'une dette insoutenable &#8211; sans qu'il reste rien pour des investissements publics ou priv&#233;s&lt;/strong&gt;]. Ce fonds serait mis en place en Gr&#232;ce et g&#233;r&#233; par les autorit&#233;s grecques sous la supervision des institutions europ&#233;ennes concern&#233;es [&lt;strong&gt;il sera officiellement en Gr&#232;ce mais, comme le HFSF ou la Banque de Gr&#232;ce, il sera int&#233;gralement contr&#244;l&#233; par les cr&#233;anciers&lt;/strong&gt;]. En accord avec les institutions, et sur la base des bonnes pratiques internationales, un cadre l&#233;gislatif devrait &#234;tre adopt&#233; pour garantir des proc&#233;dures transparentes et une valorisation ad&#233;quate des ventes d'actifs, conform&#233;ment aux principes et aux normes de l'OCDE sur la gestion des entreprises publiques [&lt;strong&gt;la tro&#239;ka fera ce qu'elle voudra&lt;/strong&gt;].&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Conform&#233;ment aux ambitions du gouvernement grec, moderniser et consid&#233;rablement renforcer l'administration publique grecque, et mettre en place, sous l'&#233;gide de la Commission europ&#233;enne, un programme de renforcement des capacit&#233;s et de d&#233;politisation de l'administration publique grecque [&lt;strong&gt;faire de la Gr&#232;ce une zone sans d&#233;mocratie sur le mod&#232;le de Bruxelles, une forme de gouvernement soi-disant technocratique, politiquement toxique et macro-&#233;conomiquement inepte&lt;/strong&gt;]. Une premi&#232;re proposition devrait &#234;tre pr&#233;sent&#233;e d'ici le 20 juillet apr&#232;s discussion avec les institutions. Le gouvernement grec s'engage &#224; r&#233;duire encore les co&#251;ts de l'administration publique grecque [&lt;strong&gt;diminuer les bas salaires tout en augmentant l&#233;g&#232;rement les salaires des quelques apparatchiks proches de la tro&#239;ka&lt;/strong&gt;], conform&#233;ment &#224; un calendrier convenu avec les institutions ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Normaliser compl&#232;tement les m&#233;thodes de travail avec les institutions, y compris le travail n&#233;cessaire sur le terrain &#224; Ath&#232;nes, pour am&#233;liorer la mise en &#339;uvre et le suivi du programme [&lt;strong&gt;la tro&#239;ka contre-attaque et exige que le gouvernement grec l'invite &#224; revenir &#224; Ath&#232;nes en vainqueur &#8211; la paix carthaginoise dans toute sa splendeur&lt;/strong&gt;]. Le gouvernement doit consulter les institutions et convenir avec elles de tout projet l&#233;gislatif dans les domaines concern&#233;s dans un d&#233;lai appropri&#233; avant de le soumettre &#224; la consultation publique ou au Parlement [&lt;strong&gt;le parlement grec doit &#224; nouveau, apr&#232;s cinq mois d'une ind&#233;pendance &#233;ph&#233;m&#232;re, se faire l'annexe de la tro&#239;ka &#8211; faire passer m&#233;caniquement des lois traduites&lt;/strong&gt;]. Le sommet de la zone euro souligne une nouvelle fois que la mise en &#339;uvre est capitale et, dans ce contexte, se f&#233;licite que les autorit&#233;s grecques aient l'intention de demander d'ici le 20 juillet le soutien des institutions et des &#201;tats membres en vue d'une assistance technique, et demande &#224; la Commission europ&#233;enne de coordonner ce soutien de l'Europe ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#192; l'exception de la loi sur la crise humanitaire, le gouvernement grec proc&#233;dera &#224; un r&#233;examen en vue de modifier les dispositions l&#233;gislatives adopt&#233;es qui sont contraires &#224; l'accord du 20 f&#233;vrier puisqu'elles constituent un retour en arri&#232;re par rapport aux engagements pris au titre du programme pr&#233;c&#233;dent ou il d&#233;finira des mesures compensatoires clairement &#233;quivalentes pour les droits acquis qui ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s par la suite [&lt;strong&gt;en plus de promettre qu'il ne l&#233;gif&#233;rera plus de mani&#232;re autonome, le gouvernement grec annulera r&#233;trospectivement toutes les lois qu'il a fait voter durant ces cinq derniers mois&lt;/strong&gt;].&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Les engagements &#233;num&#233;r&#233;s plus haut correspondent au minimum exig&#233; pour entamer les n&#233;gociations avec les autorit&#233;s grecques. Toutefois, le sommet de la zone euro a clairement indiqu&#233; que le fait de commencer des n&#233;gociations n'exclut pas la possibilit&#233; d'un accord final sur un nouveau programme du MES, qui devra reposer sur une d&#233;cision relative &#224; l'ensemble du paquet (y compris les besoins de financement, le caract&#232;re soutenable de la dette et un financement-relais &#233;ventuel) [&lt;strong&gt;flagellez-vous, imposez plus d'aust&#233;rit&#233; &#224; une &#233;conomie d&#233;j&#224; &#233;cras&#233;e par l'aust&#233;rit&#233;, et nous verrons ensuite si l'Eurogroupe vous marquera encore au fer avec de nouveaux pr&#234;ts toxiques et non viables&lt;/strong&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommet de la zone euro prend acte de ce que les besoins de financement du programme pourraient se situer entre 82 et 86 milliards d'euros, selon les estimations des institutions [&lt;strong&gt;l'Eurogroupe a sorti du chapeau un montant exorbitant, bien sup&#233;rieur &#224; ce qui est r&#233;ellement n&#233;cessaire, pour souligner qu'une restructuration de la dette est hors de question et que le but du jeu est en fait la servitude infinie de la dette&lt;/strong&gt;]. Il invite ces derni&#232;res &#224; &#233;tudier les possibilit&#233;s de r&#233;duire l'enveloppe de financement, en suivant une autre trajectoire budg&#233;taire ou gr&#226;ce &#224; des recettes plus &#233;lev&#233;es tir&#233;es des privatisations [&lt;strong&gt;et d'ailleurs, il est bien possible que les cochons puissent voler&lt;/strong&gt;]. R&#233;tablir l'acc&#232;s au march&#233;, ce qui est un des objectifs de tout programme d'assistance financi&#232;re, diminue la n&#233;cessit&#233; de puiser dans l'enveloppe de financement totale [&lt;strong&gt;ce que les cr&#233;anciers feront tout pour &#233;viter, par exemple en s'assurant que la Gr&#232;ce n'acc&#233;dera au programme d'assouplissement quantitative de la BCE qu'en 2018, une fois que l'assouplissement quantitatif sera&#8230; termin&#233;&lt;/strong&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommet de la zone euro prend note des besoins de financement urgents de la Gr&#232;ce qui rendent d'autant plus n&#233;cessaire de progresser rapidement pour prendre une d&#233;cision sur un nouveau protocole d'accord : d'apr&#232;s les estimations, ces besoins s'&#233;l&#232;veraient &#224; 7 milliards d'euros d'ici le 20 juillet, et &#224; 5 milliards d'euros suppl&#233;mentaires d'ici la mi-ao&#251;t [&lt;strong&gt;encore une nouvelle version de report de pr&#234;ts non viables&lt;/strong&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommet de la zone euro est conscient qu'il importe de veiller &#224; ce que l'&#201;tat grec souverain puisse r&#233;gler ses arri&#233;r&#233;s vis-&#224;-vis du FMI et de la Banque de Gr&#232;ce et honorer ses titres de cr&#233;ances dans les semaines qui viennent afin de cr&#233;er les conditions qui permettront de mener &#224; bonne fin les n&#233;gociations. Le risque de ne pas pouvoir conclure rapidement les n&#233;gociations demeure entier pour la Gr&#232;ce [&lt;strong&gt;on exige encore une fois de la victime qu'elle prenne sur elle la faute qui incombe au m&#233;chant&lt;/strong&gt;]. Le sommet de la zone euro invite l'Eurogroupe &#224; discuter d'urgence de ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de l'acuit&#233; des probl&#232;mes rencontr&#233;s par le secteur financier grec, l'enveloppe totale d'un nouveau programme &#233;ventuel du MES devrait inclure la constitution d'un fonds de r&#233;serve de 10 &#224; 25 milliards d'euros pour le secteur bancaire afin de pouvoir faire face aux &#233;ventuels besoins de recapitalisation des banques et aux &#233;ventuels co&#251;ts de r&#233;solution, dont 10 milliards d'euros seraient imm&#233;diatement mis &#224; disposition dans un compte s&#233;gr&#233;gu&#233; au MES [&lt;strong&gt;la tro&#239;ka reconna&#238;t que la recapitalisation des banques en 2013-2014, qui ne n&#233;cessitait tout au plus que 10 milliards, &#233;tait insuffisante &#8211; mais, bien entendu, rejette la faute sur&#8230; le gouvernement Syriza&lt;/strong&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommet de la zone euro est conscient qu'une d&#233;cision doit &#234;tre prise rapidement sur un nouveau programme pour que les banques puissent rouvrir, ce qui permettrait d'&#233;viter une augmentation de l'enveloppe de financement totale [&lt;strong&gt;la tro&#239;ka a ferm&#233; les banques grecques pour forcer le gouvernement Syriza &#224; capituler et r&#233;clame maintenant leur r&#233;ouverture&lt;/strong&gt;]. La BCE/le MSU proc&#233;dera &#224; une &#233;valuation compl&#232;te apr&#232;s l'&#233;t&#233;. La r&#233;serve globale permettra de combler les &#233;ventuelles insuffisances de fonds propres suivant l'&#233;valuation compl&#232;te apr&#232;s que le cadre juridique aura &#233;t&#233; appliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De s&#233;rieux doutes planent sur le caract&#232;re soutenable de la dette grecque [&lt;strong&gt;NB : s&#233;rieusement ? &#199;a alors !&lt;/strong&gt;]. Cela est d&#251; au rel&#226;chement des politiques au cours des douze derniers mois, qui a entra&#238;n&#233; la d&#233;gradation r&#233;cente de l'environnement macro&#233;conomique et financier du pays [&lt;strong&gt;Ce n'est donc pas le report des pr&#234;ts de &#8216;sauvetage' non viables en 2010 et 2012 qui, conjugu&#233; avec une aust&#233;rit&#233; destructrice de PIB, a entra&#238;n&#233; la dette sur des hauteurs aussi &#233;lev&#233;es &#8211; c'est la perspective, devenue r&#233;alit&#233;, d'un gouvernement qui critiquait ces reports de pr&#234;ts de &#8216;sauvetage' non viables qui a&#8230; provoqu&#233; la non viabilit&#233; de la dette&lt;/strong&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommet de la zone euro rappelle que les &#201;tats membres de la zone euro ont, tout au long de ces derni&#232;res ann&#233;es, adopt&#233; une s&#233;rie impressionnante de mesures pour soutenir la viabilit&#233; de la dette de la Gr&#232;ce, qui ont all&#233;g&#233; le service de la dette de la Gr&#232;ce et sensiblement r&#233;duit les co&#251;ts. [&lt;strong&gt;les premiers et seconds plans de &#8216;sauvetage' ont &#233;chou&#233;, la dette explose comme &#231;a devait &#234;tre le cas puisque le but r&#233;el de ces plans de &#8216;sauvetage' &#233;tait de transf&#233;rer les pertes des banques vers les contribuables europ&#233;ens&lt;/strong&gt;]. En cons&#233;quence, dans le cadre d'un &#233;ventuel programme futur du MES, et conform&#233;ment &#224; l'esprit de la d&#233;claration de l'Eurogroupe de novembre 2012 [&lt;strong&gt;une promesse de restructuration de la dette au pr&#233;c&#233;dent gouvernement grec n'a jamais &#233;t&#233; tenue par les cr&#233;anciers&lt;/strong&gt;], l'Eurogroupe est pr&#234;t &#224; envisager, si n&#233;cessaire, d'&#233;ventuelles mesures suppl&#233;mentaires (un allongement &#233;ventuel des p&#233;riodes de gr&#226;ce et des d&#233;lais de remboursement) afin de faire en sorte que les besoins bruts de financement demeurent &#224; un niveau soutenable. Ces mesures seront subordonn&#233;es &#224; la mise en &#339;uvre int&#233;grale des mesures &#224; convenir dans le cadre d'un nouveau programme &#233;ventuel et seront envisag&#233;es apr&#232;s le premier r&#233;examen qui aura abouti &#224; un r&#233;sultat concluant [&lt;strong&gt;encore une fois, la tro&#239;ka laissera le gouvernement grec s'&#233;chiner sous le poids d'une dette impossible &#224; rembourser et lorsque, au final, le programme se r&#233;v&#233;lera &#234;tre un &#233;chec, la pauvret&#233; s'amplifiera et les revenus s'effondreront encore plus, alors nous envisagerons peut-&#234;tre une r&#233;duction de la dette &#8211; exactement ce qu'a promis la tro&#239;ka en 2012&lt;/strong&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommet de la zone euro souligne que l'on ne peut pas op&#233;rer de d&#233;cote nominale sur la dette [&lt;strong&gt;NB : le gouvernement Syriza a sugg&#233;r&#233;, depuis janvier, une restructuration de la dette, sans r&#233;duction, qui maximisait la valeur nette actuelle des remboursements de la Gr&#232;ce &#224; ses cr&#233;anciers &#8211; proposition rejet&#233;e par la tro&#239;ka car son objectif &#233;tait tout simplement d'humilier Syriza&lt;/strong&gt;]. Les autorit&#233;s grecques r&#233;affirment leur attachement sans &#233;quivoque au respect de leurs obligations financi&#232;res vis-&#224;-vis de l'ensemble de leurs cr&#233;anciers, int&#233;gralement et en temps voulu [&lt;strong&gt;NB : ce qui ne peut arriver qu'apr&#232;s une substantielle restructuration de la dette&lt;/strong&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant que toutes les conditions n&#233;cessaires figurant dans le pr&#233;sent document soient remplies, l'Eurogroupe et le conseil des gouverneurs du MES peuvent, conform&#233;ment &#224; l'article 13, paragraphe 2, du trait&#233; instituant le MES, charger les institutions de n&#233;gocier un nouveau programme du MES, si les conditions pr&#233;alables &#233;nonc&#233;es &#224; l'article 13 du trait&#233; instituant le MES sont r&#233;unies sur la base de l'&#233;valuation vis&#233;e &#224; l'article 13, paragraphe 1. Pour contribuer &#224; soutenir la croissance et la cr&#233;ation d'emplois en Gr&#232;ce (au cours des trois &#224; cinq prochaines ann&#233;es) [&lt;strong&gt;NB :apr&#232;s avoir d&#233;j&#224; d&#233;truit la croissance et les emplois au cours des cinq derni&#232;res ann&#233;es&#8230;&lt;/strong&gt;], la Commission travaillera &#233;troitement avec les autorit&#233;s grecques pour mobiliser jusqu'&#224; 35 milliards d'euros (dans le cadre de diff&#233;rents programmes de l'UE) en vue de financer des investissements et l'activit&#233; &#233;conomique, y compris au niveau des PME [&lt;strong&gt;utilisera le m&#234;me volume de fonds structurels, plus quelques fonds imaginaires, comme ce qui &#233;tait d&#233;j&#224; disponible entre 2010 et 2014&lt;/strong&gt;]. &#192; titre de mesure exceptionnelle et compte tenu de la situation exceptionnelle dans laquelle se trouve la Gr&#232;ce, la Commission fera une proposition visant &#224; augmenter le niveau de pr&#233;financement d'un milliard d'euros afin de donner une impulsion imm&#233;diate aux investissements, dont se chargeront les col&#233;gislateurs de l'UE [&lt;strong&gt;sur les 35 milliards annonc&#233;s, vous pouvez consid&#233;rer qu'1 milliard existe r&#233;ellement&lt;/strong&gt;]. Le plan d'investissement pour l'Europe offrira &#233;galement des possibilit&#233;s de financement pour la Gr&#232;ce [&lt;strong&gt;la plupart des ministres des finances de l'eurozone parlent de ce plan comme d'un programme fant&#244;me&lt;/strong&gt;] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yanis Varoufakis&lt;/strong&gt; pour son &lt;a href=&#034;http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/15/the-euro-summit-agreement-on-greece-annotated-by-yanis-varoufakis&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;blog&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, 15 juillet 2015&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt; * &lt;strong&gt;Y&#225;nis Varouf&#225;kis&lt;/strong&gt; est un &#233;conomiste et homme politique grec. Ex-Ministre de l'Economie dans le Gouvernement Syriza.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Version-integrale-de-l-accord-de-spoliation-de-la-Grece-annotee-par-Yanis-Varoufakis&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 16 juillet 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Yanis Varoufakis : &#171; L'Europe bafoue impitoyablement la d&#233;mocratie &#187;</title>
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		<dc:date>2015-07-15T09:42:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yanis Varoufakis*</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Transcription : &lt;br class='autobr' /&gt;
Harry Lambert : Alors, comment vous sentez-vous ? Yanis Varoufakis : Je me sens sur le toit du monde &#8211; je n'ai plus &#224; subir cet agenda tr&#232;s mouvement&#233;, qui &#233;tait absolument inhumain, tout simplement incroyable. J'avais 2 heures de sommeil par jour pendant cinq mois... Je suis &#233;galement soulag&#233; de ne plus avoir &#224; supporter la pression incroyable de devoir n&#233;gocier une position que je trouve difficile &#224; d&#233;fendre, m&#234;me si je parvenais &#224; amener l'autre partie &#224; accepter, si (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Union-Europeenne" rel="directory"&gt;Union Europ&#233;enne&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Transcription : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Harry Lambert : Alors, comment vous sentez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Yanis Varoufakis&lt;/strong&gt; : Je me sens sur le toit du monde &#8211; je n'ai plus &#224; subir cet agenda tr&#232;s mouvement&#233;, qui &#233;tait absolument inhumain, tout simplement incroyable. J'avais 2 heures de sommeil par jour pendant cinq mois... Je suis &#233;galement soulag&#233; de ne plus avoir &#224; supporter la pression incroyable de devoir n&#233;gocier une position que je trouve difficile &#224; d&#233;fendre, m&#234;me si je parvenais &#224; amener l'autre partie &#224; accepter, si vous voyez ce que je veux dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment &#233;tait-ce ? Avez-vous appr&#233;ci&#233; quelque aspect de cette exp&#233;rience ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh oui, beaucoup de choses. Mais l'information interne qu'on obtient... voir vos pires craintes confirm&#233;es... avoir &#171; les pouvoirs en place &#187; qui vous parlent directement, et que ce soit comme vous le craigniez &#8211; la situation &#233;tait pire que ce que nous avions imagin&#233; ! Oui, c'&#233;tait assez plaisant d'avoir le si&#232;ge au premier rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A quoi faites-vous allusion ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'absence totale de scrupules d&#233;mocratiques, de la part des d&#233;fenseurs suppos&#233;s de la d&#233;mocratie en Europe. La compr&#233;hension tr&#232;s claire, en face, que nous &#233;tions sur la m&#234;me ligne analytiquement &#8211; bien s&#251;r, ils ne le reconna&#238;tront jamais &#224; pr&#233;sent. [Et pourtant] d'avoir des personnages tr&#232;s puissants qui vous regardent dans les yeux et disent : &#171; Ce que vous dites est vrai, mais nous allons vous broyer quand m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez d&#233;clar&#233; que les cr&#233;anciers s'opposaient &#224; vous parce que &#171; J'essaie de parler d'&#233;conomie au sein de l'Eurogroupe, ce que personne ne fait. &#187; Que se passait-il lorsque vous le faisiez ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce n'est pas que &#231;a se passait mal &#8211; c'est qu'il y avait un refus cat&#233;gorique de se livrer &#224; des arguments &#233;conomiques. Un refus cat&#233;gorique... Vous avancez un argument sur lequel vous avez vraiment travaill&#233; &#8211; pour vous assurer qu'il est logique et coh&#233;rent &#8211; et vous n'&#234;tes confront&#233; qu'&#224; des regards vides. C'est comme si vous n'aviez rien dit. Ce que vous dites est ind&#233;pendant de ce qu'ils disent. Vous pourriez tout aussi bien avoir chant&#233; l'hymne national su&#233;dois &#8211; vous auriez eu la m&#234;me r&#233;ponse. Et c'est ce qui est &#233;tonnant, pour quelqu'un qui a l'habitude des d&#233;bats acad&#233;miques, dans lesquels l'autre c&#244;t&#233; r&#233;pond toujours. Eh bien, il n'y avait pas le moindre &#233;change. Ce n'&#233;tait m&#234;me pas de la contrari&#233;t&#233;, c'&#233;tait comme si on n'avait rien dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand vous &#234;tes arriv&#233;, d&#233;but f&#233;vrier, ce n'&#233;tait quand m&#234;me pas une position uniforme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, il y avait des gens qui &#233;taient compr&#233;hensifs &#224; un niveau personnel &#8211; oui, vous savez, derri&#232;re des portes closes, sur une base informelle, en particulier de la part du FMI. [HL : &#171; &lt;i&gt;Des plus hauts niveaux du FMI ?&lt;/i&gt; &#187; YV : &#171; &lt;i&gt;Des plus hauts niveaux, des plus hauts niveaux.&lt;/i&gt; &#187;] Mais ensuite, au sein de l'Eurogroupe, quelques mots gentils et c'est tout, on se repla&#231;ait derri&#232;re le parapet de la version officielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Mais le Ministre des Finances allemand] Sch&#228;uble est rest&#233; coh&#233;rent jusqu'&#224; la fin. Son point de vue &#233;tait &#171; &lt;i&gt;Je ne discute pas du programme &#8211; il a &#233;t&#233; accept&#233; par le gouvernement pr&#233;c&#233;dent et nous ne pouvons pas permettre &#224; une &#233;lection de changer quoi que ce soit. Parce que nous avons des &#233;lections tout le temps, nous sommes 19 [pays], si &#224; chaque fois qu'il y avait une &#233;lection on devait changer quelque chose, les contrats conclus entre nous ne vaudraient rien.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc &#224; ce moment j'ai d&#251; me lever et dire : &#171; Eh bien, peut-&#234;tre que nous devrions tout simplement arr&#234;ter de tenir des &#233;lections dans les pays endett&#233;s &#187;, et il n'y a eu aucune r&#233;ponse. La seule interpr&#233;tation [de leur point de vue] que je peux donner est &#171; &lt;i&gt;Oui, ce serait une bonne id&#233;e, mais ce serait difficile &#224; faire. Donc soit vous signez sur la ligne pointill&#233;e, soit vous sortez.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et Merkel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous devez comprendre que je n'ai jamais eu affaire &#224; Merkel, les ministres des Finances parlent aux ministres des finances, les Premiers ministres parlent aux Chanceliers. A ce que j'ai compris, elle &#233;tait tr&#232;s diff&#233;rente. Elle a essay&#233; d'apaiser le Premier ministre [Tsipras] &#8211; elle a dit &#171; &lt;i&gt;Nous trouverons une solution, ne vous inqui&#233;tez pas &#224; ce sujet, je ferai en sorte que rien de grave ne se produise, contentez-vous de faire vos devoirs et de travailler avec les institutions, de travailler avec la Tro&#239;ka ; il ne peut y avoir aucune impasse ici.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas ce que m'a dit mon homologue &#8211; &#224; la fois &#224; la t&#234;te de l'Eurogroupe et le Dr Sch&#228;uble, ils ont &#233;t&#233; tr&#232;s clairs. &#192; un certain moment, cela m'a &#233;t&#233; dit tr&#232;s clairement : &#171; &lt;i&gt;Ca, c'est un cheval, et soit vous montez en croupe, soit il est mort.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand cela s'est-il pass&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#232;s le d&#233;but, d&#232;s le d&#233;but. [Ils se sont rencontr&#233;s d&#233;but f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors pourquoi avoir tra&#238;n&#233; jusqu'&#224; l'&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien on n'a pas eu le choix. Notre gouvernement a &#233;t&#233; &#233;lu avec un mandat pour n&#233;gocier. Donc durant notre premier mandat, on devait organiser l'espace et le temps n&#233;cessaires pour tenir des n&#233;gociations et parvenir &#224; un autre accord. Ce fut notre mandat &#8211; notre mandat &#233;tait de n&#233;gocier, ce n'&#233;tait pas d'en venir aux mains avec nos cr&#233;anciers...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;gociations ont pris une &#233;ternit&#233; parce que la partie adverse refusait de n&#233;gocier. Ils ont insist&#233; pour un &#171; &lt;i&gt;accord global&lt;/i&gt; &#187;, ce qui signifiait qu'ils voulaient parler de tout. Mon interpr&#233;tation est que lorsque vous voulez parler de tout, vous ne voulez pas parler de quoi que ce soit. Mais nous nous sommes soumis &#224; cette d&#233;marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et vous voyez, ils ne donnaient jamais leur vues sur quoi que ce soit. Qu'est-ce qu'ils faisaient ?... Par exemple, ils nous diraient qu'ils ont besoin de toutes nos donn&#233;es sur la trajectoire budg&#233;taire sur laquelle se trouve la Gr&#232;ce, qu'ils ont besoin de toutes les donn&#233;es sur les entreprises publiques. Donc nous avons pass&#233; beaucoup de temps &#224; essayer de leur fournir toutes les donn&#233;es, &#224; r&#233;pondre &#224; des questionnaires et &#224; tenir d'innombrables r&#233;unions pour fournir ces donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait donc la premi&#232;re phase. Pour la deuxi&#232;me phase, ils nous demanderaient ce que nous avions l'intention de faire sur la TVA. Ils rejetteraient alors notre proposition, mais n'avanceraient pas de proposition de leur c&#244;t&#233;. Puis avant m&#234;me que nous ayons pu essayer de nous mettre d'accord avec eux sur la TVA, ils passeraient &#224; une autre question, comme la privatisation. Ils demanderaient ce que nous voulons faire au sujet de la privatisation, nous proposons quelque chose, ils le rejettent. Puis ils iraient sur un autre sujet comme les pensions, de l&#224; ils iraient aux produits de march&#233;, des produits de march&#233; aux relations de travail, des relations de travail &#224; toutes sortes de choses, n'est-ce-pas ? En fait, c'&#233;tait comme un chat qui court apr&#232;s sa queue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons eu le sentiment, le gouvernement a estim&#233; que nous ne pouvions pas mettre fin au processus. Ecoutez, ma suggestion depuis le d&#233;but &#233;tait celle-ci : C'est un pays qui s'est &#233;chou&#233;, qui s'est &#233;chou&#233; il y a bien longtemps... Nous devons absolument r&#233;former ce pays &#8211; nous sommes d'accord sur ce point. Parce que le facteur-temps est un &#233;l&#233;ment capital, et parce que durant les n&#233;gociations, la Banque Centrale restreignait fortement les liquidit&#233;s [pour les banques grecques] afin de nous mettre la pression, afin de nous faire c&#233;der, ma proposition constante &#224; la Tro&#239;ka &#233;tait tr&#232;s simple : mettons-nous d'accord sur trois ou quatre r&#233;formes importantes sur lesquelles nous convergeons, comme le syst&#232;me fiscal, comme la TVA, et mettons-les en &#339;uvre imm&#233;diatement. Et vous rel&#226;chez les restrictions de la BCE sur les liquidit&#233;s. Vous voulez un accord global &#8211; poursuivons les n&#233;gociations &#8211; et en attendant, laissez-nous proposer ces r&#233;formes au parlement par un accord entre nous et vous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ils ont r&#233;pondu : &#171; &lt;i&gt;Non, non, non, ce doit &#234;tre un bilan global. Rien ne sera mis en &#339;uvre si vous osez introduire une quelconque l&#233;gislation. Ce serait consid&#233;r&#233; comme une action unilat&#233;rale hostile au processus de n&#233;gociation.&lt;/i&gt; &#187; Et puis bien s&#251;r, quelques mois plus tard, ils divulguaient aux m&#233;dias que nous n'avions pas r&#233;form&#233; le pays et que nous perdions du temps ! Et alors... [Rires] nous avons &#233;t&#233; pi&#233;g&#233;s dans un certain sens, d'une mani&#232;re capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc au moment o&#249; les liquidit&#233;s &#233;taient presque compl&#232;tement &#233;puis&#233;es, et que nous &#233;tions en situation de d&#233;faut de paiement, ou de quasi-d&#233;faut, vis-&#224;-vis du FMI, ils ont pr&#233;sent&#233; leurs propositions, qui &#233;taient absolument impossibles... totalement non viables et toxiques. Donc ils ont temporis&#233; encore et encore, puis ils ont avanc&#233; le genre de proposition que vous pr&#233;sentez &#224; l'autre partie quand vous ne voulez pas parvenir &#224; un accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous essay&#233; de collaborer avec les gouvernements d'autres pays endett&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La r&#233;ponse est non, et la raison est tr&#232;s simple : d&#232;s le tout d&#233;but, ces pays particuliers ont pr&#233;cis&#233; tr&#232;s explicitement qu'ils &#233;taient les ennemis les plus farouches de notre gouvernement, d&#232;s le tout d&#233;but. Et la raison en &#233;tait bien s&#251;r que notre succ&#232;s &#233;tait leur plus grand cauchemar : si nous r&#233;ussissions &#224; n&#233;gocier un meilleur accord pour la Gr&#232;ce, cela les aurait an&#233;antis politiquement, ils auraient d&#251; rendre des comptes &#224; leurs propres peuples pour leur expliquer pourquoi ils ne n&#233;gociaient pas comme nous le faisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et de vous mettre en lien avec des partis qui vous soutiennent, comme Podemos ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pas vraiment. Je veux dire que nous avons toujours eu une bonne relation avec eux, mais ils ne pouvaient absolument rien faire &#8211; leur voix ne pourrait jamais parvenir &#224; l'Eurogroupe. Et de fait, plus ils parlaient en notre faveur, ce qu'ils ont fait, plus le Ministre des Finances repr&#233;sentant ce pays devenait hostile &#224; notre &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et George Osborne [Ministre des Finances britannique] ? Quelles &#233;taient vos relations avec lui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh elles &#233;taient tr&#232;s bonnes, tr&#232;s agr&#233;ables, excellentes. Mais il est hors de la boucle, il ne fait pas partie de l'Eurogroupe. Lorsque je lui ai parl&#233;, &#224; plusieurs reprises, je pouvais voir qu'il &#233;tait tr&#232;s compr&#233;hensif. Et en effet, si vous regardez le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;, les plus grands d&#233;fenseurs de notre cause ont &#233;t&#233; les Conservateurs ! En raison de leur Euroscepticisme, hein... mais ce n'est pas que de l'Euroscepticisme ; c'est une vue de Burke pr&#244;nant la souverainet&#233; du Parlement &#8211; dans notre cas, il &#233;tait tr&#232;s clair que notre Parlement &#233;tait trait&#233; comme un d&#233;chet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est le plus grand probl&#232;me avec le mode de fonctionnement g&#233;n&#233;ral de l'Eurogroupe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour donner un exemple, il y a eu un moment o&#249; le Pr&#233;sident de l'Eurogroupe a d&#233;cid&#233; d'agir contre nous et nous a effectivement exclus, et il a fait savoir que la Gr&#232;ce &#233;tait sur le point de sortir de la zone euro... Il existe une convention selon laquelle les communiqu&#233;s doivent &#234;tre adopt&#233;s &#224; l'unanimit&#233;, et le Pr&#233;sident ne peut pas simplement convoquer une r&#233;union de la zone euro et en exclure un Etat membre. Et il a dit &#171; &lt;i&gt;Oh, je suis s&#251;r que je peux le faire.&lt;/i&gt; &#187; J'ai donc demand&#233; un avis juridique. Cela a cr&#233;&#233; un peu de cafouillage. Pendant 5-10 minutes environ, la r&#233;union a &#233;t&#233; interrompue, les greffiers et fonctionnaires parlaient les uns aux autres, ils passaient des coups de t&#233;l&#233;phone, et finalement, un fonctionnaire, un certain expert juridique s'est adress&#233; &#224; moi, et a prononc&#233; les mots suivants : &#171; &lt;i&gt;En fait, l'Eurogroupe n'a pas d'existence l&#233;gale, il n'y a pas de trait&#233; qui r&#233;git le fonctionnement de ce groupe.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc ce que nous avons est un groupe inexistant qui a le pouvoir absolu de d&#233;terminer les conditions de vie des Europ&#233;ens. Il n'a &#224; rendre de comptes &#224; personne, &#233;tant donn&#233; qu'il n'a pas d'existence l&#233;gale ; aucun proc&#232;s-verbal n'est conserv&#233; ; et il est confidentiel. Donc aucun citoyen ne sait jamais ce qui se dit en son sein... Ce sont presque des d&#233;cisions de vie et de mort, et aucun membre n'a &#224; en r&#233;pondre devant quiconque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et est-ce que ce groupe est contr&#244;l&#233; par les attitudes allemandes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh, compl&#232;tement et totalement. Pas par des attitudes &#8211; par le Ministre des Finances de l'Allemagne. Tout est comme un orchestre tr&#232;s bien r&#233;gl&#233; et il est le chef d'orchestre. Tout est conforme &#224; la m&#233;lodie. Il y aura des moments o&#249; l'orchestre sera d&#233;saccord&#233;, mais il le convoquera et le remettra dans le bon rythme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N'y a-t-il aucun pouvoir alternatif au sein du groupe ? Les Fran&#231;ais peuvent-ils contrer ce pouvoir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Seul le Ministre des Finances fran&#231;ais &#233;mettait une tonalit&#233; quelque peu diff&#233;rente de la ligne allemande, mais ces nuances &#233;taient tr&#232;s subtiles. On sentait qu'il devait utiliser un langage tr&#232;s mesur&#233;, afin de ne pas sembler manifester une opposition. Et en derni&#232;re analyse, quand Doc Sch&#228;uble r&#233;pondait et d&#233;terminait efficacement la ligne officielle, le Ministre des Finances fran&#231;ais finissait toujours par plier et accepter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parlons de votre arri&#232;re-plan th&#233;orique, et de votre &#233;crit sur Marx en 2013, quand vous avez d&#233;clar&#233; : &#171; Une sortie grecque, portugaise ou italienne de la zone euro conduirait bient&#244;t &#224; une fragmentation du capitalisme europ&#233;en, cr&#233;ant une r&#233;gion en forte r&#233;cession &#224; l'est du Rhin et au nord des Alpes, tandis que le reste de l'Europe serait sous l'emprise d'une violente stagflation. Qui profiterait donc d'un tel d&#233;veloppement ? Une gauche progressiste, qui, tel un Phoenix, rena&#238;trait des cendres des institutions publiques de l'Europe ? Ou les nazis de l'Aube Dor&#233;e, les n&#233;ofascistes assortis, les x&#233;nophobes et les voyous ? Je n'ai absolument aucun doute quant &#224; savoir lequel des deux profitera le plus d'une d&#233;sint&#233;gration de la zone euro. (...) Un Grexit profiterait-il in&#233;vitablement &#224; l'Aube Dor&#233;e. &#187; &lt;br/&gt;C'est toujours votre opinion ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien voyez-vous, je ne crois pas aux versions d&#233;terministes de l'histoire. Syriza est maintenant une force tr&#232;s dominante. &lt;i&gt;Si&lt;/i&gt; nous parvenons &#224; sortir unis de ce p&#233;trin, et &#224; g&#233;rer correctement un Grexit... il serait possible d'avoir une alternative. Mais je ne suis pas s&#251;r que nous y parviendrions, parce que la gestion de l'effondrement d'une union mon&#233;taire demande beaucoup de savoir-faire, et je ne suis pas s&#251;r que nous l'ayons ici en Gr&#232;ce sans aide de l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous devez avoir envisag&#233; un Grexit d&#232;s le premier jour...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, absolument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#8230;Des pr&#233;paratifs ont-ils &#233;t&#233; faits ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La r&#233;ponse est oui et non. Nous avions un petit groupe, un &#171; cabinet de guerre &#187; au sein du minist&#232;re d'environ cinq personnes qui faisaient ceci : on a &#233;labor&#233; en th&#233;orie, sur le papier, tout ce qui devait &#234;tre fait [pour pr&#233;parer / dans le cas d'un Grexit]. Mais c'est une chose de faire cela au niveau de 4-5 personnes, et c'est tout &#224; fait autre chose d'y pr&#233;parer le pays. Pour y pr&#233;parer le pays, une d&#233;cision de l'ex&#233;cutif devait &#234;tre prise, et cette d&#233;cision n'a jamais &#233;t&#233; prise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et durant la derni&#232;re semaine, aviez-vous le sentiment que vous penchiez vers une telle d&#233;cision [la pr&#233;paration du Grexit] ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mon point de vue &#233;tait que nous devions soigneusement veiller &#224; ne pas l'enclencher. Je ne voulais pas que cela devienne une proph&#233;tie auto-r&#233;alisatrice. Je ne voulais pas que ce soit comme la fameuse maxime de Nietzsche selon laquelle si vous scrutez l'ab&#238;me pendant assez longtemps, l'ab&#238;me vous regardera &#224; son tour. Mais je pensais aussi qu'au moment o&#249; l'Eurogroupe fermerait les banques, nous devrions dynamiser ce processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exactement. Donc il y avait deux options &#224; ce que je vois &#8211; un Grexit imm&#233;diat, ou l'impression de reconnaissances de dette et la prise du contr&#244;le bancaire de la Banque de Gr&#232;ce [ce qui pr&#233;cipiterait potentiellement mais pas n&#233;cessairement un Grexit] ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bien s&#251;r, bien s&#251;r. Je n'ai jamais cru que nous devrions en arriver directement &#224; une nouvelle monnaie. Mon point de vue &#233;tait &#8211; et je l'ai soumis au gouvernement &#8211; que s'ils osaient fermer nos banques, ce que je consid&#233;rais comme un mouvement agressif d'une violence incroyable, nous devions r&#233;agir de fa&#231;on combative mais sans franchir le point de non-retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devrions &#233;mettre nos propres reconnaissances de dette, ou m&#234;me au moins annoncer que nous allions &#233;mettre nos propres liquidit&#233;s libell&#233;es en euros ; nous devrions r&#233;duire les obligations grecques de 2012 d&#233;tenues par la BCE, ou annoncer que nous allions le faire ; et nous devrions prendre le contr&#244;le de la Banque de Gr&#232;ce. C'&#233;tait pour moi le triptyque, les trois choses avec lesquelles nous devrions r&#233;pondre si la BCE fermait nos banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais averti le Cabinet que cela allait se passer [la fermeture de nos banques par la BCE] pendant un mois, afin de nous tra&#238;ner de force vers un accord humiliant. Lorsque cela s'est produit &#8211; et beaucoup de mes coll&#232;gues ne pouvaient pas croire &#224; une telle chose &#8211;, ma recommandation pour r&#233;pondre &#171; &#233;nergiquement &#187;, disons, a &#233;t&#233; rejet&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etiez-vous presque sur le point de prendre cette d&#233;cision ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien, laissez-moi dire que sur six personnes, nous &#233;tions une minorit&#233; de deux... Apr&#232;s que ma recommandation ait &#233;t&#233; rejet&#233;e, j'ai re&#231;u mes ordres pour fermer les banques de mani&#232;re concert&#233;e avec la BCE et la Banque de Gr&#232;ce, ce &#224; quoi j'&#233;tais oppos&#233;, mais je l'ai fait parce que je joue en &#233;quipe, je crois en la responsabilit&#233; collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a eu le r&#233;f&#233;rendum, et le r&#233;f&#233;rendum nous a donn&#233; une impulsion formidable, qui aurait justifi&#233; le type de r&#233;ponse &#233;nergique que je pr&#233;conisais contre la BCE, mais cette nuit m&#234;me, le gouvernement a d&#233;cid&#233; que la volont&#233; du peuple, ce &#171; Non &#187; retentissant, ne devrait pas constituer l'impulsion pour adopter cette approche &#233;nergique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, elle devrait conduire &#224; d'importantes concessions faites &#224; la partie adverse : la r&#233;union du conseil des dirigeants politiques, avec l'acceptation par notre Premier ministre de la pr&#233;misse selon laquelle quoi qu'il arrive, quoi que fasse la partie adverse, nous ne r&#233;pondrions jamais d'une fa&#231;on qui puisse les brusquer. Et cela signifie essentiellement que vous c&#233;dez... Vous cessez de n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donc vous n'avez gu&#232;re plus d'espoir, &#224; pr&#233;sent, que cet accord puisse &#234;tre sensiblement meilleur que celui de la semaine derni&#232;re &#8211; bien plut&#244;t, il sera pire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#199;a ira bien plut&#244;t dans le sens du pire, oui. J'ai confiance en notre gouvernement et j'esp&#232;re qu'il va insister sur la restructuration de la dette, mais je ne vois pas comment le Ministre des Finances allemand pourra jamais accepter une telle chose &#224; la prochaine r&#233;union de l'Eurogroupe. S'il le fait, ce sera un miracle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exactement &#8211; parce que comme vous l'avez expliqu&#233;, vous avez maintenant perdu vos moyens de pression.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, c'est ce que je pense. &#192; moins qu'il [Sch&#228;uble] re&#231;oive ses ordres de marche de la Chanceli&#232;re. Cela reste &#224; voir, si elle va intervenir dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour y revenir &#224; nouveau, pourriez-vous expliquer en termes simples, pour nos lecteurs, vos objections au Capital de Piketty ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien, laissez-moi dire tout d'abord que je me sens g&#234;n&#233;, parce que Piketty a largement manifest&#233; son soutien pour moi et pour le gouvernement, et j'ai &#233;t&#233; tr&#232;s s&#233;v&#232;re pour lui dans ma critique de son livre ! J'appr&#233;cie vraiment sa position au cours des derniers mois, et je vais le lui dire quand je le rencontrerai en Septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ma critique de son livre se tient. Son sentiment est correct. Son aversion pour l'in&#233;galit&#233;... [inaudible]. Son analyse, toutefois, sape son argument en ce qui me concerne. Parce que dans son livre, le mod&#232;le n&#233;oclassique du capitalisme laisse tr&#232;s peu de place pour construire l'argumentation qu'il veut construire, sauf en &#233;rigeant un ensemble tr&#232;s sp&#233;cifique de param&#232;tres sur le mod&#232;le, ce qui sape son propre raisonnement. En d'autres termes, si j'&#233;tais un adversaire de sa th&#232;se selon laquelle l'in&#233;galit&#233; est inh&#233;rente au capitalisme, je serais en mesure de r&#233;futer sa th&#232;se en attaquant son analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je ne veux pas trop aller dans les d&#233;tails, parce que je ne veux pas conclure sur cela...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;... mais parlez-vous de sa m&#233;trique de la richesse ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, il recourt &#224; une d&#233;finition du capital qui rend impossible la compr&#233;hension du capital &#8211;donc c'est une contradiction dans les termes. [Voyez la critique du &lt;i&gt;Capital&lt;/i&gt; de Piketty par Varoufakis : &lt;a href=&#034;http://yanisvaroufakis.eu/2014/10/08/6006/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://yanisvaroufakis.eu/2014/10/08/6006/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revenons &#224; la crise. J'ai du mal &#224; bien comprendre quelle est votre relation avec Tsipras...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je le connais depuis fin 2010, parce que j'&#233;tais un des principaux critiques du gouvernement de l'&#233;poque, m&#234;me si j'en avais &#233;t&#233; proche jadis. J'&#233;tais proche de la famille Papandr&#233;ou &#8211; je le suis toujours d'une certaine fa&#231;on &#8211; mais je me suis retrouv&#233; sur le devant de la sc&#232;ne... &#224; l'&#233;poque, c'&#233;tait exceptionnel qu'un ancien conseiller dise &#171; &lt;i&gt;Nous pr&#233;tendons que la faillite n'a pas eu lieu, nous essayons de la colmater avec de nouveaux pr&#234;ts non viables&lt;/i&gt; &#187;, ce genre de choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fait quelques vagues &#224; l'&#233;poque, et Tsipras &#233;tais un tr&#232;s jeune leader qui essayait de comprendre ce qui se passait, &#224; quoi &#233;tait due la crise, et comment il devait se positionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous souvenez-vous de votre premi&#232;re rencontre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh oui. C'&#233;tait fin 2010, nous sommes all&#233;s &#224; une caf&#233;t&#233;ria, on &#233;tait trois, et je crois me souvenir qu'il n'avait pas les id&#233;es bien claires sur des questions comme la drachme contre l'euro, sur les causes de la crise, et quant &#224; moi, j'avais, je dirais, des vues tr&#232;s claires sur ce qui se passait. Et un dialogue s'est engag&#233;, et il s'est poursuivi au fil des ann&#233;es et... je crois que j'ai contribu&#233; &#224; fa&#231;onner sa vision de ce qui devrait &#234;tre fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors apr&#232;s quatre ans et demi, que ressentez-vous maintenant que vous ne travaillez plus &#224; ses c&#244;t&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce n'est pas comme &#231;a que je le ressens, j'ai le sentiment que nous sommes tr&#232;s proches. Notre s&#233;paration a &#233;t&#233; extr&#234;mement amicale. Il n'y a jamais eu de probl&#232;me entre nous, jamais, pas &#224; ce jour. Et je suis tr&#232;s proche d'Euclide Tsakalotos [le nouveau Ministre des Finances].-&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et je pr&#233;sume que vous parlez encore avec eux cette semaine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je n'ai pas parl&#233; au Premier Ministre cette semaine, dans les deux derniers jours, mais je parle &#224; Euclide, oui, et je consid&#232;re qu'Euclide est tr&#232;s proche de moi, et vice-versa, et je ne l'envie pas du tout. [Rire.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Seriez-vous surpris si Tsipras d&#233;missionnait ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rien ne me choque plus ces jours-ci &#8211; notre zone euro est un endroit tr&#232;s inhospitalier pour les honn&#234;tes gens. Je ne serais pas choqu&#233; non plus qu'il reste en poste et accepte un tr&#232;s mauvais accord. Parce que je peux comprendre qu'il estime avoir un devoir envers les gens qui le soutiennent, qui nous soutiennent, de ne pas laisser ce pays devenir un &#201;tat en d&#233;liquescence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je ne vais pas trahir mon propre point de vue, &#233;labor&#233; depuis 2010, selon lequel ce pays doit cesser de repousser les &#233;ch&#233;ances et rejeter les faux-semblants : nous devons arr&#234;ter de contracter de nouveaux pr&#234;ts en pr&#233;tendant que nous avons r&#233;solu le probl&#232;me, alors que ce n'est pas le cas ; en r&#233;alit&#233;, nous avons rendu notre dette encore moins viable en acceptant encore plus d'aust&#233;rit&#233; qui r&#233;duit encore davantage notre &#233;conomie, et d&#233;place la charge encore plus sur les d&#233;munis, cr&#233;ant une crise humanitaire. C'est quelque chose que je ne vais pas accepter. Je ne vais pas participer &#224; cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Derni&#232;re question &#8211; allez-vous rester proche de certaines personnes avec qui vous avez eu &#224; n&#233;gocier ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Euh, je ne suis pas s&#251;r. Je ne vais pas citer de noms maintenant pour ne pas prendre le risque de d&#233;truire leur carri&#232;re ! [Rire.]&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Transcription int&#233;grale de la premi&#232;re interview de l'ancien ministre des Finances grec depuis sa d&#233;mission. En voici l'original : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.newstatesman.com/world-affairs/2015/07/exclusive-yanis-varoufakis-opens-about-his-five-month-battle-save-greece&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Yanis Varoufakis opens up about his five month battle to save Greece&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; par &lt;strong&gt;Harry Lambert&lt;/strong&gt;. Stateman, le 13 juillet 2015.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction et transcription pour &lt;a href=&#034;http://www.sayed7asan.blogspot.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sayed Hasan&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; de &lt;/strong&gt; : Sayed Hasan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://sayed7asan.blogspot.com/2015/07/interview-de-yanis-varoufakis-leurope.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sayed Hasan&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, 13 juillet 2015.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt; * &lt;strong&gt;Y&#225;nis Varouf&#225;kis&lt;/strong&gt; est un &#233;conomiste et homme politique grec. Ex-Ministre de l'Economie dans le Gouvernement Syriza.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Yanis-Varoufakis-L-Europe-bafoue-impitoyablement-la-democratie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, 15 juillet 2015&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Yanis Varoufakis : &#171; Derri&#232;re le refus allemand d'accorder l'all&#233;gement de la dette de la Gr&#232;ce &#187; </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Yanis-Varoufakis-Derriere-le-refus-allemand-d-accorder-l-allegement-de-la-dette-de-la-Grece</link>
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		<dc:date>2015-07-11T21:50:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yanis Varoufakis*</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Sommet d'UE de demain scellera le destin de la Gr&#232;ce dans la zone Euro. Alors que ces lignes sont &#233;crites, Euclid Tsakalotos, mon grand ami, camarade et successeur comme Ministre des Finances de la Gr&#232;ce se rend au meeting de l'Eurogroupe qui d&#233;terminera l'issue d'un dernier effort d'accord entre la Gr&#232;ce et nos cr&#233;anciers et si cet accord comprend le niveau d'all&#233;gement de la dette qui pourrait rendre viable l'&#233;conomie grecque dans la Zone euro. Euclid va avec un plan de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Grece" rel="directory"&gt;Gr&#233;ce&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Sommet d'UE de demain scellera le destin de la Gr&#232;ce dans la zone Euro. Alors que ces lignes sont &#233;crites, Euclid Tsakalotos, mon grand ami, camarade et successeur comme Ministre des Finances de la Gr&#232;ce se rend au meeting de l'Eurogroupe qui d&#233;terminera l'issue d'un dernier effort d'accord entre la Gr&#232;ce et nos cr&#233;anciers et si cet accord comprend le niveau d'all&#233;gement de la dette qui pourrait rendre viable l'&#233;conomie grecque dans la Zone euro. Euclid va avec un plan de restructuration de la dette mod&#233;r&#233;, bien pens&#233; qui est indubitablement dans les int&#233;r&#234;ts les deux parties, de la Gr&#232;ce et de ses cr&#233;anciers. (Dont j'ai l'intention de publier les d&#233;tails ici, lundi, une fois la tension retomb&#233;e.) Si ces propositions modestes de restructuration de la dette sont rejet&#233;es, &lt;a href=&#034;http://www.reuters.com/article/2015/07/09/eurozone-greece-debt-schaeuble-idUSL8N0ZP3CF20150709&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;comme le ministre des Finances allemand l'a annonc&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, le Sommet de l'UE de dimanche d&#233;cidera entre renvoyer la Gr&#232;ce de la Zone euro maintenant ou la garder un peu plus longtemps, dans un &#233;tat de d&#233;nuement s'approfondissant, jusqu'&#224; ce qu'elle la quitte un jour dans le futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est : Pourquoi le ministre des Finances allemand, Dr Wolfgang Sch&#228;uble, s'oppose &#224; une restructuration raisonnable, l&#233;g&#232;re, mutuellement favorable ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;S'il vous pla&#238;t, tenez en compte que le titre qui appara&#238;t dans &lt;i&gt;The Guardian &lt;/i&gt; n'&#233;tait pas celui que j'ai choisi. Le mien est celui qui est en t&#234;te de cette entr&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Derri&#232;re le refus allemand d'accorder l'all&#233;gement de la dette de la Gr&#232;ce&lt;/i&gt; &#187;. L'article peut &#234;tre lu dans le quotidien britannique &lt;a href=&#034;http://www.theguardian.com/commentisfree/2015/jul/10/germany-greek-pain-debt-relief-grexit&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;ici&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;ou...&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.theguardian.com/business/live/2015/jul/10/greek-crisis-deal-hopes-mps-vote-tsipras-live&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le drame financier&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; de la Gr&#232;ce a domin&#233; les titres depuis cinq ans pour une raison : le refus ent&#234;t&#233; de nos cr&#233;anciers de permettre un all&#233;gement indispensable de la dette. Mais contre le sens commun, contre le verdict du FMI et contre les pratiques quotidiennes des banquiers face &#224; des d&#233;biteurs stress&#233;s, pourquoi &lt;a href=&#034;http://www.theguardian.com/business/2015/jul/07/eurozone-calls-on-athens-to-get-serious-over-greece-debt-crisis&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;r&#233;sistent-ils &#224; une restructuration de la dette&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; ? La r&#233;ponse ne peut pas &#234;tre trouv&#233;e dans l'&#233;conomie parce qu'elle r&#233;side au fond dans le labyrinthe politique de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2010, l'&#233;tat grec &lt;a href=&#034;http://www.theguardian.com/business/2010/may/05/greece-debt-crisis-timeline&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;est devenu insolvable&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Deux options coh&#233;rentes avec l'adh&#233;sion dans la zone euro se sont pr&#233;sent&#233;es : la raisonnable, que tout banquier d&#233;cent recommanderait &#8211; la restructuration de la dette et r&#233;former l'&#233;conomie ; et l'option toxique &#8211; l'extension de nouveaux pr&#234;ts &#224; une entit&#233; ruin&#233;e en faisant semblant qu'elle demeure solvable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.theguardian.com/world/europe-news&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'Europe&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; officielle a choisi la deuxi&#232;me option, mettant en libert&#233; provisoire des banques fran&#231;aises et allemandes expos&#233;es &#224; la dette publique grecque au-del&#224; de la viabilit&#233; socio-&#233;conomique de la Gr&#232;ce. Une restructuration de dette aurait impliqu&#233; des pertes pour les banquiers sur leurs titres de dette grecque. Prompts &#224; &#233;viter d'avouer aux parlements que les contribuables devraient payer de nouveau pour les banques au moyen de nouveaux pr&#234;ts pas soutenables , les fonctionnaires d'UE ont pr&#233;sent&#233; l'insolvabilit&#233; de l'&#233;tat grec comme un probl&#232;me de liquidit&#233;s et ont justifi&#233; le &#171; plan de sauvetage &#187; comme un cas de &#171; solidarit&#233; &#187; avec les Grecs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour encadrer le transfert cynique des pertes priv&#233;es irr&#233;m&#233;diables sur les &#233;paules des contribuables comme un exercice &#034;de qui aime bien ch&#226;tie bien &#187;, une aust&#233;rit&#233; record a &#233;t&#233; impos&#233;e &#224; &lt;a href=&#034;http://www.theguardian.com/world/greece&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;la Gr&#232;ce&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, dont le revenu national, en retour &#8211; &#224; partir duquel les nouvelles et vieilles dettes devaient &#234;tre rembours&#233;es &#8211; a diminu&#233; de plus d'un quart. Il suffit de l'expertise math&#233;matique de quelqu'un d'intelligent &#226;g&#233; de huit pour savoir que ce processus ne pouvait pas se terminer bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois que l'op&#233;ration sordide fut achev&#233;e, l'Europe avait acquis automatiquement une autre raison pour refuser de discuter la restructuration de la dette : elle frapperait maintenant les poches des citoyens europ&#233;ens ! Et ainsi des doses plus importantes d'aust&#233;rit&#233; ont &#233;t&#233; administr&#233;es alors que la dette devenait plus lourde, for&#231;ant les cr&#233;anciers &#224; &#233;tendre les pr&#234;ts en &#233;change d'encore plus d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre gouvernement a &#233;t&#233; &#233;lu sur un mandat pour mettre fin &#224; cette spirale de la mort ; pour demander la restructuration de la dette et la fin de cette aust&#233;rit&#233; &#233;crasante. Les n&#233;gociations ont atteint leur impasse la plus m&#233;diatique pour une raison simple : nos cr&#233;anciers continuent &#224; exclure toute restructuration tangible de la dette, tout en exigeant que notre dette impayable soit rembours&#233;e &#171; param&#233;triquement &#187; par les plus faibles des Grecs, leurs enfants et leurs petits-enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant ma premi&#232;re semaine comme ministre des finances j'ai re&#231;u la visite par Jeroen Dijsselbloem, pr&#233;sident de l'Eurogroupe (les ministres des Finances de la zone euro), qui m'a propos&#233; un choix brutal : acceptez &#171; la logique &#187; du plan de sauvetage et laissez tomber toute demande de restructuration de la dette ou votre demande de pr&#234;t &#171; s'&#233;croulera &#187; &#8211; la r&#233;percussion non dite &#233;tant que les banques de la Gr&#232;ce s'effondreraient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq mois de n&#233;gociations s'en sont suivis sous des conditions d'asphyxie mon&#233;taire et de la menace induite d'une panique bancaire domin&#233;e et administr&#233;e par la Banque centrale europ&#233;enne. C'&#233;tait &#233;crit sur le mur : &#224; moins que nous capitulions, nous ferions face aux contr&#244;les des capitaux, aux distributeurs de billets, &#224; un &lt;i&gt;bank holiday&lt;/i&gt; prolong&#233; et, finalement, le Grexit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace de Grexit a eu des hauts et des bas dans l'histoire. En 2010, elle a mis une peur de tous les diables dans le c&#339;ur et l'esprit des financiers puisque leurs banques &#233;taient bourr&#233;es de dette grecque. M&#234;me en 2012, quand le ministre des Finances allemand, Wolfgang Sch&#228;uble, a d&#233;cid&#233; que &lt;a href=&#034;http://www.theguardian.com/business/nils-pratley-on-finance/2015/may/11/greece-make-or-break-talks-interesting-sub-plot-emerges-&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;le prix du Grexit &#233;tait un &#171; investissement &#187; int&#233;ressant&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; comme fa&#231;on de discipliner la France , cette perspective a continu&#233; &#224; flanquer une trouille bleue &#224; presque tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Syriza est arriv&#233; au pouvoir en janvier dernier et comme pour confirmer notre revendication que les &#171; sauvetages &#187; n'avaient rien &#224; voir avec le fait de sauver la Gr&#232;ce (et tout &#224; voir le &lt;i&gt;ring fencing&lt;/i&gt; (NDT pr&#233;server les activit&#233;s de banque commerciale des fluctuations de march&#233;s et des risques financiers sp&#233;cifiques aux banques d'investissement) de l'Europe septentrionale), une grande majorit&#233; dans l'Eurogroupe &#8211; sous la tutelle de Sch&#228;uble &#8211; avait adopt&#233; le Grexit comme sa solution pr&#233;f&#233;r&#233;e ou comme arme de choix contre notre gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Grecs, &#224; juste titre, frissonnent &#224; la pens&#233;e leur amputation de l'union mon&#233;taire. Sortir de la monnaie commune n'est rien de plus qu'arracher une pat&#232;re, comme &lt;a href=&#034;http://www.theguardian.com/business/2012/sep/13/black-wednesday-20-years-pound-erm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;la Grande-Bretagne l'a fait en 1992&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, quand Norman Lamont l'a c&#233;l&#233;br&#232;rent annonc&#233; le matin o&#249; la sterling a quitt&#233; le m&#233;canisme de taux de change (ERM) europ&#233;en. H&#233;las, la Gr&#232;ce n'a pas de devise dont la pat&#232;re avec l'euro peut &#234;tre cass&#233;e. Elle a l'euro &#8211; une devise &#233;trang&#232;re compl&#232;tement administr&#233;e par un cr&#233;ancier hostile &#224; la restructuration de la dette non viable de notre nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sortir, nous devrions cr&#233;er une nouvelle devise de la cassure. Dans l'Irak occup&#233;, l'introduction d'un nouveau papier-monnaie a pris presque une ann&#233;e, environ 20 Boeing 747s, la mobilisation de la puissance des militaires am&#233;ricains, trois soci&#233;t&#233;s d'imprimerie et des centaines de camions. Faute d'un tel soutien, le Grexit serait l'&#233;quivalent de l'annonce d'une grande d&#233;valuation plus de 18 mois &#224; l'avance : une recette pour liquider tout le stock de capital grec et le transf&#233;rer &#224; l'&#233;tranger par tous les moyens disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le Grexit renfor&#231;ant la faillite bancaire initi&#233;e par la banque centrale europ&#233;enne-, nos tentatives de remettre la restructuration de dette sur la table de n&#233;gociation sont tomb&#233;es dans de sourdes oreilles. Maintes et maintes fois on nous a dit que c'&#233;tait une affaire pour un futur non d&#233;fini qui suivrait l'ach&#232;vement r&#233;ussi du &#171; programme &#187; &#8211; une Prise prodigieuse 22 depuis que le &#171; programme &#187; ne pourrait jamais r&#233;ussir sans une restructuration de dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce week-end apporte le point culminant des pourparlers puisque &lt;a href=&#034;http://www.theguardian.com/business/2015/apr/28/euclid-tsakalotos-greece-debt-bailout-varoufakis&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Euclid Tsakalotos&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, mon successeur, s'efforce, de nouveau, de mettre le b&#339;uf avant la charrue &#8211; pour convaincre un Eurogroupe hostile que la restructuration de dettes est un pr&#233;alable pour r&#233;ussir &#224; r&#233;former la Gr&#232;ce, pas une r&#233;compense ex-post pour elle. Pourquoi est-il si difficile d'y parvenir ? Je vois trois raisons.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i&gt;L'Europe ne savait pas comment r&#233;pondre &#224; la crise financi&#232;re.&lt;br /&gt;
Devrait-elle se pr&#233;parer &#224; une expulsion (Grexit) ou &#224; une f&#233;d&#233;ration ?&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br/&gt;
Tout d'abord, c' est cette inertie institutionnelle difficile &#224; battre. Deuxi&#232;mement, que la dette insoutenable donne un pouvoir immense aux cr&#233;anciers sur les d&#233;biteurs &#8211; et le pouvoir, comme nous savons, corrompt m&#234;me le plus parfait. Mais c'est le troisi&#232;me qui me semble plus pertinent et, effectivement, plus int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro est un hybride d'un r&#233;gime de taux de change fix&#233;, comme les ann&#233;es 1980 l' ERM, ou l'&#233;talon or des ann&#233;es 1930, et d'une devise d'Etat. Ce dernier repose sur la peur de l'expulsion pour rester uni, pendant que l'argent public implique des m&#233;canismes pour recycler des surplus entre les Etats membres (par exemple, un budget f&#233;d&#233;ral, des obligations communes). La zone euro tombe entre ces &#233;cueils &#8211; c'est plus qu'un r&#233;gime de taux de change et moins qu'un r&#233;gime d'&#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il y a le fait de s'y faire. Apr&#232;s la crise de 2008/9, l'Europe ne savait pas comment r&#233;pondre. Devrait-elle pr&#233;parer le terrain pour au moins une expulsion (c'est-&#224;-dire le Grexit) pour renforcer la discipline ? Ou &#233;voluer vers une f&#233;d&#233;ration ? Jusqu'&#224; pr&#233;sent elle n'a rien fait, son angoisse d'existentialiste progresse pour toujours. Sch&#228;uble est convaincu que puisque les choses sont ainsi, il a besoin du Grexit pour clarifier l'air, d'une mani&#232;re ou d'une autre. Subitement, l'insoutenable dette publique grecque sans laquelle le risque de Grexit se fanerait, a acquis une nouvelle utilit&#233; pour Schauble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que veux-je dire par cela ? Bas&#233;e sur les mois de n&#233;gociation, ma conviction est que le ministre des Finances allemand veut que la Gr&#232;ce soit &#233;vinc&#233;e de la monnaie unique pour faire naitre une crainte de tous les diables chez les Fran&#231;ais et leur faire accepter son mod&#232;le d'une zone euro disciplinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yanis Varoufakis*&lt;/strong&gt; pour son blog &lt;a href=&#034;http://yanisvaroufakis.eu&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Yanis Varoufakis&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Original &lt;/strong&gt; : &#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/11/behind-germanys-refusal-to-grant-greece-debt-relief-op-ed-in-the-guardian/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Behind Germany's refusal to grant Greece debt relief&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/11/behind-germanys-refusal-to-grant-greece-debt-relief-op-ed-in-the-guardian/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Yanis Varoufakis&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Ath&#232;nes, 11 juillet 2015.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt; * &lt;strong&gt;Y&#225;nis Varouf&#225;kis&lt;/strong&gt; est &#233;conomiste, professeur &#224; Cambridge, &#224; Sidney, Glasgow et Louvain. et homme politique grec. D&#233;pute et ex-Ministre de l'&#233;conomie du Gouvernement Syriza.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'anglais pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Yanis-Varoufakis-Derriere-le-refus-allemand-d-accorder-l-allegement-de-la-dette-de-la-Grece&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Yanis-Varoufakis-Derriere-le-refus-allemand-d-accorder-l-allegement-de-la-dette-de-la-Grece&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 12 juillet 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;b&gt;&lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;. Bas&#233;e sur une &#339;uvre de &lt;b&gt;&lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034;rel=&#034;dct:source&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Une question urgente pour l'Irlande avant la r&#233;union de lundi sur la Gr&#232;ce &#187; Yanis Varoufakis </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Une-question-urgente-pour-l-Irlande-avant-la-reunion-de-lundi-sur-la-Grece-Yanis-Varoufakis</link>
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		<dc:date>2015-06-20T18:58:42Z</dc:date>
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		<dc:creator>Yanis Varoufakis*</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;union de l'eurogroupe de jeudi dernier s'inscrit dans l'histoire comme une occasion perdue d'aboutir &#224; un accord d&#233;j&#224; tardif entre la Gr&#232;ce et ses cr&#233;anciers. &lt;br class='autobr' /&gt; La remarque la plus parlante des ministres des Finances lors cette r&#233;union est peut &#234;tre venue de Michael Noonan. Il a protest&#233; que les ministres n'avaient pas &#233;t&#233; tenus au courant de la proposition faite par les institutions &#224; mon gouvernement avant qu'on leur demande de participer &#224; la discussion. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; sa protestation, je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Grece" rel="directory"&gt;Gr&#233;ce&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;union de l'eurogroupe de jeudi dernier s'inscrit dans l'histoire comme une occasion perdue d'aboutir &#224; un accord d&#233;j&#224; tardif entre &lt;a href=&#034;http://www.irishtimes.com/search/search-7.1213540?tag_location=la%20Gr%C3%A8ce&amp;article=true&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;la Gr&#232;ce&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; et ses cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La remarque la plus parlante des ministres des Finances lors cette r&#233;union est peut &#234;tre venue de &lt;a href=&#034;http://www.irishtimes.com/search/search-7.1213540?tag_person=Michael%20Noonan&amp;article=true&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Michael Noonan&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Il a protest&#233; que les ministres n'avaient pas &#233;t&#233; tenus au courant de la proposition faite par les institutions &#224; mon gouvernement avant qu'on leur demande de participer &#224; la discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; sa protestation, je veux ajouter la mienne : On ne m'a pas permis de partager avec M. Noonan, ou m&#234;me avec un autre ministre des Finances, nos propositions &#233;crites. En fait, comme notre homologue allemand devait le confirmer plus tard, toute soumission &#233;crite &#224; un ministre des Finances par la Gr&#232;ce ou par les institutions &#233;tait &#171; inacceptable &#187;, puisqu'il aurait besoin ensuite de la pr&#233;senter &#224; &lt;a href=&#034;http://www.irishtimes.com/search/search-7.1213540?tag_organisation=Bundestag&amp;article=true&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bundestag&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, niant ainsi son utilit&#233; comme une offre de n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La zone d'euro bouge d'une fa&#231;on myst&#233;rieuse. Les d&#233;cisions capitales sont un caoutchouc- timbr&#233; par les ministres des Finances qui restent dans l'obscurit&#233; sur les d&#233;tails, pendant que des fonctionnaires non &#233;lus d'institutions puissantes sont enferm&#233;s dans des n&#233;gociations in&#233;gales avec un gouvernement en d&#233;tresse, isol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est comme si &lt;a href=&#034;http://www.irishtimes.com/search/search-7.1213540?tag_location=l%27Europe&amp;article=true&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;l'Europe&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; a d&#233;cid&#233; que des ministres des Finances &#233;lus ne sont pas &#224; la hauteur de la t&#226;che pour ma&#238;triser les d&#233;tails techniques ; une t&#226;che laiss&#233;e au mieux &#8220;aux experts&#8221; repr&#233;sentant non pas les &#233;lecteurs, mais les institutions. On peut se demander seulement dans quelle mesure un tel arrangement est efficace, sans parler de distance d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;g&#232;re sup&#233;riorit&#233; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lecteurs irlandais n'ont besoin d'aucun rappel sur l'indignit&#233; qui touche les gens forc&#233;s &#224; perdre leur souverainet&#233; au beau milieu d'une d&#233;pression &#233;conomique. Ils peuvent, cependant, &#234;tre justifi&#233;s pour regarder l'interminable crise grecque et se permettre un sentiment de l&#233;g&#232;re sup&#233;riorit&#233;, &#233;tant donn&#233; que les Irlandais ont souffert doucement, ont aval&#233; la pilule am&#232;re d'aust&#233;rit&#233; et sortent maintenant du bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Grecs, par contre, ont protest&#233; bruyamment pendant des ann&#233;es, se sont oppos&#233;s &#224; la tro&#239;ka violemment, ont &#233;lu mon parti de gauche radicale en janvier dernier et restent dans le pot au noir de la r&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'un tel sentiment est compr&#233;hensible, autorisez-moi, cher lecteur, d'argumenter que c'est inutile d'au moins trois fa&#231;ons. Premi&#232;rement, cela ne promeut pas la compr&#233;hension du drame grec actuel. Deuxi&#232;mement, cela emp&#234;che d'alimenter correctement la discussion sur comment la zone d'euro et l'UE plus g&#233;n&#233;ralement, devraient &#233;voluer. Troisi&#232;mement, cela s&#232;me un d&#233;saccord inutile entre les peuples qui ont en commun plus qu'ils appr&#233;cient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;ficit grec &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le drame de la Gr&#232;ce est souvent mal compris dans les cieux du Nord parce que la prodigalit&#233; pass&#233;e a &#233;clips&#233; l'adaptation exceptionnelle des cinq derni&#232;res ann&#233;es. Depuis 2009 le d&#233;ficit de l'Etat grec a &#233;t&#233; r&#233;duit, dans les termes cycliquement r&#233;gl&#233;s, par un &#233;crasant 20 % cent, transformant un grand d&#233;ficit en un grand surplus primaire structurel. Les salaires r&#233;duits de 37 %, les retraites jusqu'&#224; 48%, l'emploi public de 30 %, les d&#233;penses des m&#233;nages de 33 % et m&#234;me le d&#233;ficit de compte courant de 16 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las, l'adaptation &#233;tait si &#233;nergique que l'activit&#233; &#233;conomique a &#233;t&#233; &#233;touff&#233;e, le revenu global est tomb&#233; de 27 %, le ch&#244;mage est mont&#233; en fl&#232;che &#224; 27 %, le travail non d&#233;clar&#233; a grimp&#233; &#224; 34 %, la dette publique a atteint 180 % du PIB de la nation en d&#233;croissance rapide, l'investissement et le cr&#233;dit se sont &#233;vapor&#233;s et de jeunes Grecs, comme leurs homologues irlandais, sont partis pour des rivages lointains, prenant avec eux les &#233;normes quantit&#233;s de capitale humain que l'&#233;tat grec avait investi sur eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dont Gr&#232;ce a besoin maintenant n'est pas davantage de r&#233;ductions qui poussent un peuple appauvri dans la plus grande indignit&#233; ou des taux d'impots et des charges plus &#233;lev&#233;s qui &#233;crasent ce qui reste d'activit&#233; &#233;conomique. Ces mesures &#171; param&#233;triques &#187;, comme les institutions les appellent, ont &#233;t&#233; excessives, le r&#233;sultat &#233;tant maintenant une nation &#224; genoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, ce dont la Gr&#232;ce a besoin maintenant c'est des r&#233;formes profond&#233;ment s&#233;rieuses, adapt&#233;es. Nous avons besoin d'un nouveau syst&#232;me fiscal qui aide &#224; vaincre l'&#233;vasion et &#224; r&#233;duire l'interf&#233;rence politique ou d'entreprise, un syst&#232;me d'obtention sans corruption, des proc&#233;dures d'appel d'offre transparentes, des r&#233;formes judiciaires, l'&#233;limination de pratiques scandaleuses de retraite anticip&#233;e , une r&#233;gulation convenable des m&#233;dias et des finances des partis politiques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la r&#233;union de l'eurogroupe de jeudi dernier j'ai pr&#233;sent&#233; l'ordre du jour complet des r&#233;formes de notre gouvernement pour atteindre ces objectifs et j'ai annonc&#233; notre collaboration formelle avec l'Organisation pour la Coop&#233;ration &#201;conomique et le d&#233;veloppement (l'OCDE) pour l'ex&#233;cuter. J'ai aussi soumis une proposition radicale pour un m&#233;canisme de frein de dettes l&#233;gif&#233;r&#233; qui, d&#233;clench&#233; par un conseil fiscal ind&#233;pendant, r&#233;duirait automatiquement toutes les d&#233;penses publiques du degr&#233; n&#233;cessaire pour garder les recettes de l'&#233;tat dans le cap par rapport une cible primaire pr&#233;&#233;tablie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de ces r&#233;formes et de nos efforts avec la Banque d'investissement europ&#233;enne pour canaliser plus d'investissements n&#233;cessaires &#224; l'&#233;conomie grecque, j'ai pr&#233;sent&#233; &#224; l'eurogroupe des propositions constructives pour les &#233;changes de dettes qui permettraient &#224; la Gr&#232;ce de retourner sur les march&#233;s des capitaux et participer au programme d'achat d'actifs de la Banque centrale europ&#233;enne (commun&#233;ment connu &lt;i&gt;quantitativ easing&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Silence assourdissant &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, ma pr&#233;sentation a rencontr&#233; un silence assourdissant. &#192; l'exception de la remarque appropri&#233;e de Michael Noonan, toutes les autres interventions ont ignor&#233; nos propositions et ont r&#233;it&#233;r&#233; la frustration des ministres car que la Gr&#232;ce n'avait... aucune proposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un spectateur impartial de nos d&#233;lib&#233;rations d'eurogroupe en viendrait &#224; la conclusion s&#251;re que c'est un forum &#233;trange, mal &#233;quip&#233; pour &#233;laborer de bonnes et difficiles d&#233;cisions quand l'Europe a besoin vraiment d'eux. La Gr&#232;ce et &lt;a href=&#034;http://www.irishtimes.com/search/search-7.1213540?tag_location=l%27Irlande&amp;article=true&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;l'Irlande&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; ont pris un s&#233;rieux coup d&#232;s le d&#233;but dans la crise parce que l'eurogroupe n'a pas &#233;t&#233; con&#231;u pour g&#233;rer efficacement des crises. Il est toujours incapable de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question urgente &#224; laquelle nos amis irlandais doivent r&#233;pondre avant le sommet extraordinaire de lundi sur la Gr&#232;ce est celle l&#224; : y a-t-il plus de chance que la zone d'euro devienne une meilleure union &#224; laquelle appartenir si la Gr&#232;ce est jet&#233;e aux loups, en d&#233;pit du type de propositions soumises lors de la r&#233;union de l'eurogroupe de jeudi ? Ou un accord autour de ces propositions est il susceptible d'apporter une plus grande ouverture, efficacit&#233; et d&#233;mocratie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yanis Varoufakis&lt;/strong&gt; est ministre des Finances de la Gr&#232;ce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Original&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;a href=&#034;http://www.irishtimes.com/opinion/yanis-varoufakis-a-pressing-question-for-ireland-before-monday-s-meeting-on-greece-1.2256339&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Yanis Varoufakis : A pressing question for Ireland before Monday's meeting on Greece&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.irishtimes.com/opinion/yanis-varoufakis-a-pressing-question-for-ireland-before-monday-s-meeting-on-greece-1.2256339&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Irish Times&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Dublin, 20 juin 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'anglais pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Une-question-urgente-pour-l-Irlande-avant-la-reunion-de-lundi-sur-la-Grece-Yanis-Varoufakis&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, 20 juin 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;b&gt;&lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;. Bas&#233;e sur une &#339;uvre de &lt;b&gt;&lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034;rel=&#034;dct:source&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La presse mondiale diffuse la m&#234;me erreur de raisonnement :L'aust&#233;rit&#233; comme unique cause de rupture</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/La-presse-mondiale-diffuse-la-meme-erreur-de-raisonnement-L-austerite-comme-unique-cause-de-rupture</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/La-presse-mondiale-diffuse-la-meme-erreur-de-raisonnement-L-austerite-comme-unique-cause-de-rupture</guid>
		<dc:date>2015-06-11T18:38:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yanis Varoufakis*</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;ATHENES &#8211; Une m&#234;me erreur de raisonnement se propage dans les m&#233;dias du monde entier &#224; propos des n&#233;gociations entre le gouvernement grec et ses cr&#233;anciers. Cette erreur, que l'on trouve dans un commentaire r&#233;cent de Philip Stephens du Financial Times, consiste &#224; dire que &#171; Ath&#232;nes ne peut pas ou ne veut pas (ou bien ne peut ni ne veut) mettre en &#339;uvre un programme de r&#233;forme &#233;conomique. &#187; Une fois cette erreur pr&#233;sent&#233;e comme fait, il est tout &#224; fait normal que les journaux insistent sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Grece" rel="directory"&gt;Gr&#233;ce&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ATHENES &#8211; &lt;/strong&gt; Une m&#234;me erreur de raisonnement se propage dans les m&#233;dias du monde entier &#224; propos des n&#233;gociations entre le gouvernement grec et ses cr&#233;anciers. Cette erreur, que l'on trouve dans un commentaire r&#233;cent de Philip Stephens du &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ft.com/intl/cms/s/0/61aa05b0-fe1d-11e4-9f10-00144feabdc0.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, consiste &#224; dire que &#171; &lt;i&gt;Ath&#232;nes ne peut pas ou ne veut pas (ou bien ne peut ni ne veut) mettre en &#339;uvre un programme de r&#233;forme &#233;conomique.&lt;/i&gt; &#187; Une fois cette erreur pr&#233;sent&#233;e comme fait, il est tout &#224; fait normal que les journaux insistent sur la fa&#231;on dont notre gouvernement, selon les termes de Stephens, &#171; &lt;i&gt;gaspille la confiance et la bonne volont&#233; de ses partenaires de la zone euro.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;alit&#233; des n&#233;gociations est tr&#232;s diff&#233;rente. Notre gouvernement tient &#224; mettre en &#339;uvre un programme comprenant toutes les r&#233;formes &#233;conomiques mises en avant par les &lt;i&gt;think tanks&lt;/i&gt; &#233;conomiques europ&#233;ens. En outre, nous sommes les seuls capables de maintenir le soutien de l'opinion publique grecque en faveur d'un programme &#233;conomique solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce que cela veut dire : une agence fiscale ind&#233;pendante, des exc&#233;dents budg&#233;taires primaires raisonnables pour toujours, un programme de privatisation sens&#233; et ambitieux, combin&#233; avec une agence de d&#233;veloppement qui exploite les richesses nationales pour cr&#233;er des flux d'investissements, une v&#233;ritable r&#233;forme des retraites qui assure la durabilit&#233; &#224; long terme du syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale, la lib&#233;ralisation des march&#233;s des marchandises et des services, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si donc notre gouvernement est pr&#234;t &#224; embrasser les r&#233;formes que nos partenaires attendent, pourquoi les n&#233;gociations n'ont-elles pas abouti &#224; un accord ? Quelle est la pierre d'achoppement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est simple : les cr&#233;anciers de la Gr&#232;ce insistent sur une aust&#233;rit&#233; encore plus forte pour cette ann&#233;e et au-del&#224; : une approche qui va emp&#234;cher la reprise, bloquer la croissance, aggraver le cycle de dette-d&#233;flationniste et va finalement &#233;roder la volont&#233; et la capacit&#233; des Grecs &#224; comprendre les enjeux de l'agenda de r&#233;formes dont leur pays a d&#233;sesp&#233;r&#233;ment besoin. Notre gouvernement ne peut pas et ne veut pas accepter un rem&#232;de qui depuis cinq longues ann&#233;es s'est r&#233;v&#233;l&#233; pire que le mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insistance de nos cr&#233;anciers sur une plus grande aust&#233;rit&#233; est subtile mais ferme. Cela est perceptible dans leur exigence pour que la Gr&#232;ce maintienne des exc&#233;dents primaires non durables &#224; haut niveau (plus de 2% du PIB en 2016 et sup&#233;rieur &#224; 2,5%, voire m&#234;me &#224; 3%, pour chaque ann&#233;e suivante). Pour y parvenir, nous sommes cens&#233;s augmenter le fardeau global de la taxe sur la valeur ajout&#233;e sur le secteur priv&#233;, r&#233;duire les retraites d&#233;j&#224; diminu&#233;es dans l'ensemble des secteurs et compenser les faibles recettes de la privatisation (en raison de prix d&#233;valoris&#233;s des actifs) par des mesures fiscales de consolidation &#171; &lt;i&gt;&#233;quivalentes&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue selon lequel la Gr&#232;ce n'est pas parvenue &#224; une consolidation budg&#233;taire suffisante est non seulement faux, mais manifestement absurde. Le sch&#233;ma ci-dessous illustre non seulement cela, mais r&#233;pond tout aussi succinctement &#224; une autre question : pourquoi la Gr&#232;ce n'a pas fait aussi bien par exemple que l'Espagne, le Portugal, l'Irlande, ou Chypre au fil des ans depuis la crise financi&#232;re de 2008 ? Par rapport au reste des pays de la p&#233;riph&#233;rie de la zone euro, la Gr&#232;ce a &#233;t&#233; soumise &#224; au moins deux fois plus d'aust&#233;rit&#233;. Ce n'est pas plus compliqu&#233; que cela.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8987 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L450xH336/english-5a949-f4f09.png?1717100736' width='450' height='336' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la r&#233;cente victoire &#233;lectorale du Premier ministre du Royaume-Uni David Cameron, mon vieil ami Lord Norman Lamont, ancien ministre des Finances britannique, a remarqu&#233; que le r&#233;tablissement de l'&#233;conomie britannique soutient la position de notre gouvernement. Il s'est rappel&#233; qu'en 2010, la Gr&#232;ce et le Royaume-Uni faisaient face &#224; des d&#233;ficits fiscaux d'une taille plus ou moins semblable (par rapport au PIB). La Gr&#232;ce est revenue aux exc&#233;dents primaires (qui excluent le paiement des int&#233;r&#234;ts) en 2014, tandis que le gouvernement britannique s'est consolid&#233; beaucoup plus graduellement et doit encore revenir &#224; l'exc&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, la Gr&#232;ce a fait face &#224; une contraction mon&#233;taire (qui est r&#233;cemment devenue une asphyxie mon&#233;taire), contrairement au Royaume-Uni o&#249; la Banque d'Angleterre a soutenu le gouvernement &#224; chaque instant. Le r&#233;sultat est que la Gr&#232;ce a continu&#233; &#224; stagner, tandis que le Royaume-Uni a connu une forte croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les observateurs impartiaux de ces quatre mois de longues n&#233;gociations entre la Gr&#232;ce et ses cr&#233;anciers ne peuvent &#233;viter une conclusion simple : la principale pierre d'achoppement, le seul &#233;l&#233;ment r&#233;dhibitoire, c'est l'insistance des cr&#233;anciers sur encore plus d'aust&#233;rit&#233;, m&#234;me au d&#233;triment de l'agenda de r&#233;formes que notre gouvernement est impatient de poursuivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute &#233;vidence, la demande de plus d'aust&#233;rit&#233; de la part de nos cr&#233;anciers n'a rien &#224; voir avec des pr&#233;occupations au sujet d'une r&#233;elle r&#233;forme, ni avec la volont&#233; de placer la Gr&#232;ce sur une trajectoire budg&#233;taire viable. Leur v&#233;ritable motivation est une question qu'il vaut mieux laisser au jugement des historiens futurs. Ces derniers sauront sans aucun doute faire preuve de scepticisme quant &#224; la couverture m&#233;diatique actuelle de ces &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yanis Varoufakis&lt;/strong&gt; pour&lt;/p&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.project-syndicate.org/
&lt;p&gt;{{Original}}: &#171; [{{Austerity Is the Only Deal-Breaker}}-&gt;https://www.project-syndicate.org/commentary/greece-government-reforms-by-yanis-varoufakis-2015-05&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Project Syndicate&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;p&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.project-syndicate.org/commentary/greece-government-reforms-by-yanis-varoufakis-2015-05/french&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Project Syndicate&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Ath&#232;nes, le 25 mai 2015.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt; * &lt;strong&gt;Y&#225;nis Varouf&#225;kis&lt;/strong&gt; est un &#233;conomiste et homme politique grec. Ministre de l'Economie dans le Gouvernement Syriza.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Yanis Varoufakis : Un new deal pour la Gr&#232;ce</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Yanis-Varoufakis-Un-new-deal-pour-la-Grece</link>
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		<dc:date>2015-04-26T09:53:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yanis Varoufakis*</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Trois mois de n&#233;gociations men&#233;es par le gouvernement grec aupr&#232;s de nos partenaires europ&#233;ens et internationaux ont permis de faire &#233;merger une importante convergence autour des mesures n&#233;cessaires au franchissement de plusieurs ann&#233;es de crise &#233;conomique, ainsi qu'&#224; l'apparition d'une reprise durable en Gr&#232;ce. Pour autant, ces n&#233;gociations n'ont produit aucun v&#233;ritable accord. Comment l'expliquer ? Quelles sont les &#233;tapes n&#233;cessaires &#224; l'&#233;laboration d'un programme de r&#233;formes viable et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Grece" rel="directory"&gt;Gr&#233;ce&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trois mois de n&#233;gociations men&#233;es par le gouvernement grec aupr&#232;s de nos partenaires europ&#233;ens et internationaux ont permis de faire &#233;merger une importante convergence autour des mesures n&#233;cessaires au franchissement de plusieurs ann&#233;es de crise &#233;conomique, ainsi qu'&#224; l'apparition d'une reprise durable en Gr&#232;ce. Pour autant, ces n&#233;gociations n'ont produit aucun v&#233;ritable accord. Comment l'expliquer ? Quelles sont les &#233;tapes n&#233;cessaires &#224; l'&#233;laboration d'un programme de r&#233;formes viable et mutuellement convenu ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nos partenaires et nous-m&#234;mes sommes d'ores et d&#233;j&#224; en accord sur de nombreux points. Il est n&#233;cessaire que le syst&#232;me fiscal grec soit r&#233;nov&#233;, et que l'administration fiscale puisse &#234;tre lib&#233;r&#233;e de toute influence de la part des acteurs politiques et des entreprises. Le syst&#232;me des retraites est extr&#234;mement mal en point. Les circuits de cr&#233;dit de l'&#233;conomie sont rompus. Le march&#233; du travail est sorti d&#233;vast&#233; de la crise, et se r&#233;v&#232;le profond&#233;ment segment&#233;, tandis que la croissance de la productivit&#233; est au point mort. L'administration publique n&#233;cessite une modernisation urgente, les ressources publiques devant par ailleurs &#234;tre utilis&#233;es plus efficacement. Un certain nombre d'obstacles consid&#233;rables &lt;a href=&#034;http://www.doingbusiness.org/data/exploreeconomies/greece&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;entravent la cr&#233;ation de nouvelles entreprises&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. La concurrence sur les march&#233;s des produits s'av&#232;re beaucoup trop restreinte. Enfin, les in&#233;galit&#233;s ont atteint des niveaux inacceptables, emp&#234;chant la soci&#233;t&#233; de s'unir derri&#232;re des r&#233;formes pourtant essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;cart de ce consensus, l'entente sur un nouveau mod&#232;le de d&#233;veloppement pour la Gr&#232;ce exige que soient surmont&#233;s deux obstacles majeurs. Tout d'abord, il nous faut nous entendre sur la mani&#232;re d'approcher la consolidation budg&#233;taire de la Gr&#232;ce. Deuxi&#232;mement, nous avons besoin d'un programme de r&#233;formes complet et mutuellement convenu, permettant de sous-tendre cette consolidation, et d'inspirer confiance &#224; la soci&#233;t&#233; grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant tout d'abord de la consolidation budg&#233;taire, la probl&#233;matique concerne pr&#233;cis&#233;ment la m&#233;thode. Les institutions de la &#171; tro&#239;ka &#187; (Commission europ&#233;enne, Banque centrale europ&#233;enne et Fonds mon&#233;taire international) ont au fil des ann&#233;es recouru &#224; une d&#233;marche de r&#233;troinduction : elles fixent une date (par exemple l'ann&#233;e 2020) ainsi qu'un objectif de ratio dette nominal-revenu national (disons 120 %), qui doit &#234;tre atteint avant que les march&#233;s mon&#233;taires ne soient jug&#233;s pr&#234;ts &#224; pr&#234;ter &#224; la Gr&#232;ce selon des taux raisonnables. Puis, selon des hypoth&#232;ses arbitraires relatives aux taux de croissance, &#224; l'inflation, aux recettes de privatisation etc., elles calculent ce que doivent &#234;tre les exc&#233;dents primaires chaque ann&#233;e, fonctionnant ainsi en marche arri&#232;re par rapport au pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de cette m&#233;thode, c'est ce que pense notre gouvernement, n'est autre que le &#171; &lt;a href=&#034;http://www.academia.edu/4083342/The_Austerity_Trap_Economic_and_Social_Consequences_of_Fiscal_Consolidation_in_Europe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;pi&#232;ge de l'aust&#233;rit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;. Lorsque la consolidation budg&#233;taire &#233;volue autour d'un ratio de dette pr&#233;d&#233;termin&#233;, qu'il s'agit d'atteindre &#224; une date future elle aussi pr&#233;d&#233;termin&#233;e, les exc&#233;dents primaires n&#233;cessaires pour atteindre ces cibles sont tels que l'effet engendr&#233; sur le secteur priv&#233; met &#224; mal les taux de croissance estim&#233;s, et fait ainsi d&#233;railler le projet budg&#233;taire pr&#233;vu. C'est en effet pr&#233;cis&#233;ment la raison pour laquelle les plans de consolidation budg&#233;taire ant&#233;rieurs de la Gr&#232;ce ont &#233;chou&#233; de mani&#232;re aussi spectaculaire &#224; atteindre leur cible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre gouvernement consid&#232;re n&#233;cessaire que cette d&#233;marche de r&#233;troinduction soit abandonn&#233;e, et remplac&#233;e par la planification d'un projet ax&#233; sur l'avenir, bas&#233; sur des hypoth&#232;ses d'exc&#233;dents primaires raisonnables et en coh&#233;rence avec les taux de croissance de la production, l'investissement net, ainsi que l'expansion des exportations susceptible de stabiliser l'&#233;conomie et le ratio de dette de la Gr&#232;ce. Si cela doit signifier un ratio dette-PIB sup&#233;rieur &#224; 120 % en 2020, nous trouverons les moyens judicieux de rationnaliser, de redessiner, ou de restructurer la dette &#8211; en gardant &#224; l'esprit l'objectif de maximisation de la valeur actualis&#233;e effective qui sera restitu&#233;e aux cr&#233;anciers de la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la n&#233;cessit&#233; de convaincre la tro&#239;ka de l'analyse de durabilit&#233; qui est la n&#244;tre face &#224; la dette, et qui consiste &#224; esquiver le pi&#232;ge de l'aust&#233;rit&#233;, il nous faut &#233;viter un second obstacle : le &#171; pi&#232;ge de la r&#233;forme &#187;. &lt;a href=&#034;http://ec.europa.eu/europe2020/pdf/csr2014/nrp2014_greece_en.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le pr&#233;c&#233;dent programme de r&#233;formes&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, que nos partenaires nous invitent avec tant de certitude &#224; ne pas &#171; replier &#187;, &#233;tait fond&#233; sur une d&#233;valuation interne, une r&#233;duction des salaires et des retraites, une perte de la protection du travail, ainsi qu'une privatisation consistant &#224; maximiser les prix des actifs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon nos partenaires, il s'agirait de laisser du temps au temps, afin qu'un tel programme puisse fonctionner. En cas de baisse suppl&#233;mentaire des salaires, il faudrait s'attendre &#224; ce que l'emploi augmente. En rem&#232;de &#224; l'agonie du syst&#232;me des retraites, il s'agirait pr&#233;cis&#233;ment de r&#233;duire les prestations. Enfin, il serait n&#233;cessaire que les privatisations visent des prix de vente plus &#233;lev&#233;s, afin de rembourser une dette dont beaucoup conviennent (en priv&#233;) qu'elle est absolument intenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par opposition, notre gouvernement estime que ce programme a &#233;chou&#233;, et aliment&#233; une m&#233;fiance de la population vis-&#224;-vis des r&#233;formes. Illustration parfaite de cet &#233;chec, malgr&#233; la baisse consid&#233;rable des salaires et des prix, &lt;a href=&#034;http://ec.europa.eu/economy_finance/publications/economic_paper/2014/ecp518_en.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;la croissance des exportations&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; continue de stagner (l'&#233;limination du d&#233;ficit de la balance courante s'expliquant exclusivement par l'effondrement des importations).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouvelles baisses des salaires ne sauraient venir en aide aux entreprises ax&#233;es sur l'exportation, qui se trouvent dans une situation de cr&#233;dit critique. De m&#234;me, de nouvelles r&#233;ductions des retraites ne sauraient s'attaquer aux v&#233;ritables sources de difficult&#233; du syst&#232;me en la mati&#232;re (emploi en berne et important volume de travail non d&#233;clar&#233;). De telles mesures ne pourraient qu'endommager encore davantage un tissu social grec d'ores et d&#233;j&#224; &#233;prouv&#233;, le rendant incapable de conf&#233;rer le soutien dont notre programme de r&#233;formes a si d&#233;sesp&#233;r&#233;ment besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;saccords qui nous opposent actuellement &#224; nos partenaires ne sont pas irr&#233;conciliables. Notre gouvernement est d&#233;termin&#233; &#224; rationaliser le syst&#232;me des retraites (par exemple en rehaussant l'&#226;ge de la retraite anticip&#233;e), &#224; proc&#233;der &#224; la privatisation partielle d'un certain nombre d'actifs publics, &#224; r&#233;soudre le probl&#232;me de ces pr&#234;ts en d&#233;faut qui obstruent les circuits de cr&#233;dit de notre &#233;conomie, &#224; cr&#233;er une commission budg&#233;taire pleinement ind&#233;pendante, ainsi qu'&#224; dynamiser l'entreprenariat. Les v&#233;ritables divergences qui demeurent concernent la mani&#232;re dont nous abordons la relation entre les diff&#233;rentes r&#233;formes et l'environnement macro&#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de tout cela ne signifie que le bien commun ne saurait &#234;tre atteint imm&#233;diatement. Le gouvernement grec aspire &#224; un projet de consolidation budg&#233;taire qui tienne la route, ainsi qu'&#224; des r&#233;formes que toutes les parties prenantes consid&#232;rent importantes. Notre t&#226;che consiste &#224; convaincre nos partenaires du caract&#232;re non pas tactique mais strat&#233;gique de nos d&#233;marches, et &#224; leur expliquer combien notre logique est saine. De leur c&#244;t&#233;, la t&#226;che consiste &#224; renoncer enfin &#224; une approche dont il faut reconna&#238;tre qu'elle a &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yanis Varoufakis&lt;/strong&gt; par &lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Project Syndicate&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt; * &lt;strong&gt;Y&#225;nis Varouf&#225;kis&lt;/strong&gt; est un &#233;conomiste et homme politique grec. Ministre de l'Economie dans le Gouvernement Syriza.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Original &lt;/strong&gt; : &#171; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org/commentary/greece-debt-deal-by-yanis-varoufakis-2015-04&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;A New Deal for Greece&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'ingl&#233;s pour &lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Project Syndicate&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de &lt;/strong&gt; : Martin Morel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org/commentary/greece-debt-deal-by-yanis-varoufakis-2015-04/french&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Project Syndicate&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Ath&#232;nes, le 23 avril 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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