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		<title>Les peuples autochtones et le trait&#233; sur les soci&#233;t&#233;s transnationales et les droits de l'homme </title>
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		<dc:date>2015-02-12T16:54:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luis Vittor *</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les r&#233;percussions n&#233;gatives de l'activit&#233; des entreprises sur les droits de l'homme appellent un d&#233;bat urgent sur la question. Les peuples indig&#232;nes sont parmi les plus affect&#233;s par les activit&#233;s des entreprises sur leurs territoires. Les plaintes &#224; ce sujet mettent en &#233;vidence les manquements des &#201;tats &#224; leur devoir de prot&#233;ger les peuples autochtones contre les violations de leurs droits. Dans ce contexte, le Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies a d&#233;cid&#233; de rouvrir le d&#233;bat pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Frere-Indigene" rel="directory"&gt;Fr&#232;re Indig&#232;ne&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;percussions n&#233;gatives de l'activit&#233; des entreprises sur les droits de l'homme appellent un d&#233;bat urgent sur la question. Les peuples indig&#232;nes sont parmi les plus affect&#233;s par les activit&#233;s des entreprises sur leurs territoires. Les plaintes &#224; ce sujet mettent en &#233;vidence les manquements des &#201;tats &#224; leur devoir de prot&#233;ger les peuples autochtones contre les violations de leurs droits. Dans ce contexte, le Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies a d&#233;cid&#233; de rouvrir le d&#233;bat pour r&#233;glementer les cons&#233;quences de l'activit&#233; des soci&#233;t&#233;s transnationales sur les droits de l'homme. Un Groupe de Travail Intergouvernemental sera charg&#233; d'&#233;laborer le trait&#233; en tenant compte des deux parties. Le sc&#233;nario de n&#233;gociations est donc charg&#233; d'attentes et de d&#233;fis pour les &#201;tats et les groupes concern&#233;s. Les peuples autochtones partagent le d&#233;sir de parvenir &#224; une entente sur ces questions et entendent bien qu'elle leur reconnaisse les droits mentionn&#233;s dans la D&#233;claration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Indig&#232;nes et la Convention 169 de l'OIT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette analyse, nous souhaitons mettre l'accent sur les violations des droits des peuples indig&#232;nes par les entreprises en nous appuyant sur les cas d&#233;j&#224; transmis au Rapporteur Sp&#233;cial des Nations Unies en charge des Affaires Indig&#232;nes. Nous &#233;voquerons les pr&#233;c&#233;dents et la r&#233;solution 26/9 du Conseil des Droits de l'Homme qui aboutit &#224; la mise en place d'&#171; un instrument international juridiquement contraignant pour r&#233;glementer, dans le cadre international des droits de l'homme, les activit&#233;s des soci&#233;t&#233;s transnationales et autres &#187;. En conclusion, sur la base de la D&#233;claration et de la Convention 169, nous soumettrons un &#233;tat des droits pertinents dans l'&#233;laboration du futur trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Les abus des entreprises que d&#233;noncent les peuples autochtones&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte de la mondialisation les accusations de violation des droits de l'homme r&#233;sultant des activit&#233;s des soci&#233;t&#233;s abondent et les cas touchant les peuples indig&#232;nes y repr&#233;sentent un pourcentage significatif. Selon le Groupe de Travail des Nations Unies sur la question des Droits de l'Homme et des Soci&#233;t&#233;s Transnationales, pour la seule ann&#233;e 2012, 40 rapports impliquant les effets des activit&#233;s des entreprises (mini&#232;res, de l'&#233;nergie et de la finance) sur les communaut&#233;s lui ont &#233;t&#233; transmis. Dont 25% se rapportent &#224; des dommages caus&#233;s aux peuples autochtones dans des r&#233;gions telles que l'Asie, le Pacifique et l'Am&#233;rique Latine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Informe del Grupo de Trabajo sobre la cuesti&#243;n de los derechos humanos y (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par ailleurs, le Rapporteur Sp&#233;cial des Nations Unies sur les Droits des Peuples Indig&#232;nes signale chaque ann&#233;e les communications re&#231;ues au sujet de violations des droits de ces peuples. Dans de nombreux cas, il s'agit de violations directes du droit aux terres, territoires et ressources naturelles. Mais aussi de situations d&#233;coulant de la mise en &#339;uvre de projets de d&#233;veloppement sans avoir consult&#233; les populations concern&#233;es ou sans avoir obtenu leur accord pr&#233;alable. Dans la plupart des cas, les entreprises sont impliqu&#233;es dans des alt&#233;rations des droits des peuples autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son rapport 2012-2013&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Report of the Special Rapporteur on the rights of indigenous peoples &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; le Rapporteur Sp&#233;cial James Anaya soul&#232;ve l'affaire des communaut&#233;s indig&#232;nes du Bangladesh touch&#233;es par le Projet du Charbon Phulbari aux mains du groupe &lt;i&gt;GCM Resources&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Overview. GSM resources&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Selon une communication confirm&#233;e par d'autres rapporteurs sp&#233;ciaux, des plaintes contre ce projet auraient &#233;t&#233; re&#231;ues ; en effet, il menacerait les terres indig&#232;nes et celles d'agriculteurs et aurait des cons&#233;quences n&#233;gatives sur l'activit&#233; agricole, l'acc&#232;s &#224; la nourriture et aux moyens de subsistance des communaut&#233;s locales. En d&#233;pit des r&#233;ponses du groupe, Anaya a r&#233;it&#233;r&#233; ses pr&#233;occupations concernant l'obligation de consulter les communaut&#233;s et d'obtenir leur accord pr&#233;alable avant tout d&#233;placement de population des terres destin&#233;es &#224; l'exploitation des ressources min&#233;rales. Si l'on en croit &lt;i&gt;GCM Resources&lt;/i&gt; le projet requiert 6 mille hectares de terres, ce qui d&#233;placerait 40 mille personnes, dont 2 300 indig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#234;me rapport comprend &#233;galement une d&#233;claration conjointe du Rapporteur Sp&#233;cial et du Groupe de Travail sur la question des Droits de l'Homme et des Soci&#233;t&#233;s Transnationales concernant l'affaire du peuple autochtone Saramaka Maroon du Surinam d&#233;non&#231;ant l'expansion et l'octroi de nouvelles concessions mini&#232;res &#224; l'entreprise Iamgold&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rosebel Gold Mine, Suriname&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur leur territoire sans leur accord et qui contrevient &#224; l'arr&#234;t de la Cour Interam&#233;ricaine des Droits de l'Homme (affaire du peuple Saramaka vs Surinam). Dans les deux cas, la soci&#233;t&#233; en cause a r&#233;pondu aux all&#233;gations transmises. Le Rapporteur Sp&#233;cial James Anaya a soulign&#233; les diff&#233;rences significatives entre l'&#233;valuation des faits de la part de l'entreprise et les accusations lanc&#233;es en mati&#232;re d'expansion des activit&#233;s mini&#232;res actuelles et &#224; venir, ainsi que de leurs possibles impacts au niveau des terres et des ressources du peuple Saramaka ; il a &#233;galement mis en avant la divergence des points de vue concernant le processus de consultation n&#233;cessaire &#224; tout projet d'exploration ou d'exploitation mini&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son compte-rendu 2013-2014&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Report on observations to communications sent and replies received by the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; il cite le cas des communaut&#233;s Diaguitas du Chili touch&#233;es par le projet minier &#171; El Morro &#187; propri&#233;t&#233; de la soci&#233;t&#233; &lt;a href=&#034;http://www.goldcorp.com/Spanish/activos-sin-paralelo/minas-y-proyectos/centro-y-sudamerica/proyectos-de-desarrollo/El-Morro/vision-general-y-puntos-destacados-de-desarrollo/default.aspx&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Goldcorp&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Il a d&#233;clar&#233; avoir re&#231;u une information -en 2013- qui accusait le gouvernement de non respect de l'obligation de consultation de la communaut&#233; vis-&#224;-vis du projet. Le gouvernement, quant &#224; lui, soutenait que devant le refus de la consultation par la communaut&#233;, il avait d&#233;cid&#233; d'ent&#233;riner l'&#233;valuation environnementale du projet consid&#233;rant que dans ce cas pr&#233;cis, son consentement n'&#233;tait pas n&#233;cessaire. &#192; cet &#233;gard, Anaya a r&#233;affirm&#233; l'obligation de l'&#201;tat d'obtenir un accord pr&#233;alable, consid&#233;rant qu'une mine en territoire autochtone a un impact profond et significatif sur les droits des peuples indig&#232;nes. De leur c&#244;t&#233;, les communaut&#233;s indig&#232;nes ont saisi les tribunaux contre l'approbation de l'&#233;tude de l'impact environnemental (EIA) du projet minier. En octobre 2014 la Cour Supr&#234;me se pronon&#231;a pour la suspension du projet &#171; El Morro &#187; et r&#233;clama un nouveau processus de consultation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Corte Suprema paraliza proyecto minero El Morro de Goldcorp. por P. San (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;Goldcorp&lt;/i&gt; a d&#233;clar&#233; que la d&#233;cision de la Cour Supr&#234;me serait respect&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Rapporteur Sp&#233;cial rend &#233;galement compte du cas de la communaut&#233; de Narasha au Kenya qui a d&#233;nonc&#233; la destruction par le feu de maisons Massa&#239; dans le but de favoriser l'expansion de la centrale g&#233;othermique de la soci&#233;t&#233; &lt;a href=&#034;http://www.kengen.co.ke/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ken Gen&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;sur des terres traditionnellement r&#233;clam&#233;es par les Massa&#239;. Dans son rapport au gouvernement, Anaya reconna&#238;t que le Kenya s'est abstenu de voter pour la D&#233;claration des Nations Unies sur les Droits des peuples Indig&#232;nes, mais que cet exemple constitue une d&#233;claration officielle des normes internationales des droits de l'homme en relation avec les peuples autochtones reconnus dans les principaux trait&#233;s sur les droits de l'homme ratifi&#233;s par ce pays. Le gouvernement n'a pas fait conna&#238;tre sa r&#233;ponse. Cette affaire montre que la situation des peuples autochtones peut &#234;tre plus grave dans les pays o&#249; leurs droits ne sont pas reconnus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cas pr&#233;sent&#233;s r&#233;v&#232;lent un ensemble de violations des droits des peuples autochtones dans le cadre de la mise en &#339;uvre des projets de d&#233;veloppement des entreprises. Projets fr&#233;quemment qualifi&#233;s de b&#233;n&#233;fiques au pays, qui ont souvent des effets pervers sur les peuples indig&#232;nes. De nombreux &#201;tats d&#233;clarent d'int&#233;r&#234;t national ou strat&#233;gique des projets qui risquent d'augmenter la vuln&#233;rabilit&#233; des droits des peuples autochtones. Les industries extractives sont l'exemple type de projets soutenus par les gouvernements en raison des gros volumes d'investissements, mais qui provoquent les pires cons&#233;quences en terme de territoires et de droits des peuples autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport 2011&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Industrias extractivas que realizan operaciones dentro de territorios (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du Rapporteur Sp&#233;cial montrait que &#171; Les activit&#233;s des industries extractives engendrent des cons&#233;quences parfois pr&#233;judiciables aux droits des peuples autochtones &#187;. En ce qui concerne les impacts environnementaux, il a &#233;t&#233; constat&#233; une perte graduelle de contr&#244;le indig&#232;ne sur leurs terres, territoires et ressources naturelles. L'un des autres effets pervers est &#171; l'&#233;puisement et la pollution des ressources en eau &#187; qui affecte &#224; la fois les r&#233;serves propres &#224; la consommation, l'irrigation des terres arables, les p&#226;tures et la p&#234;che traditionnelle. Il a &#233;galement fait &#233;tat de la corr&#233;lation entre la d&#233;gradation de l'environnement et la d&#233;t&#233;rioration de l'&#233;tat de sant&#233; des communaut&#233;s &#224; cause de la pollution des eaux et de l'atmosph&#232;re, ainsi que du lien existant entre les dommages environnementaux et la perte des moyens de subsistance traditionnels, qui conduisent &#224; des situations de pr&#233;carit&#233; alimentaire et de malnutrition. En ce qui concerne les effets sociaux et culturels, il soulignait que la perte de terres et de ressources naturelles &#171; peut mettre en p&#233;ril la survie des groupes autochtones &#187;. Par ailleurs, il faut remarquer que la coh&#233;sion sociale et les structures traditionnelles d'autorit&#233; se sont vus menac&#233;es, et que, dans le cas des activit&#233;s extractives, on assiste &#224; &#171; une escalade de violence de la part des gouvernements et des forces de s&#233;curit&#233; priv&#233;es &#187; contre les dirigeants indig&#232;nes. De plus, les projets extractifs ont provoqu&#233; la destruction de lieux d'importance au niveau culturel et spirituel pour ces peuples. Autre point mis en &#233;vidence par le Rapporteur Sp&#233;cial, &#171; le manque de consultation et de participation &#187; des peuples autochtones dans les projets d'extraction de ressources naturelles, &#224; la base de nombreux conflits. Il a r&#233;affirm&#233;, en conclusion, que les projets extractifs et en g&#233;n&#233;ral les projets de d&#233;veloppement d'envergure, situ&#233;s en territoires indig&#232;nes &#171; repr&#233;sentent l'une des sources majeures d'abus &#224; l'encontre des droits des peuples autochtones &#224; travers le monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les droits des peuples autochtones sont bafou&#233;s malgr&#233; les obligations qui incombent aux &#201;tats (respecter, prot&#233;ger et accomplir) stipul&#233;es par la ratification des trait&#233;s internationaux des droits de l'homme. Par exemple, le devoir de prot&#233;ger les individus ou groupes d'individus (tels les peuples autochtones) contre les violations de leurs droits par des tiers ou des agents non gouvernementaux (comme les entreprises) et de leur garantir l'acc&#232;s au recours ad&#233;quat dans le cas o&#249; se produirait ce type d'abus. De leur c&#244;t&#233;, les entreprises doivent se conformer aux normes nationales des droits de l'homme et &#8211;selon les Principes directeurs des Nations Unies sur les entreprises et les droits de l'homme-, respecter les droits de l'homme et les droits des peuples indig&#232;nes internationalement reconnus, et r&#233;parer les effets n&#233;gatifs qu'elles ont provoqu&#233;. Cependant, comme nous l'avons vu dans les communications et rapports du Rapporteur Sp&#233;cial, il existe souvent un trop grand foss&#233; entre le champ d'application des obligations de l'&#201;tat et des responsabilit&#233;s des entreprises, et la r&#233;alit&#233; du terrain, o&#249; les peuples indig&#232;nes subissent les cons&#233;quences n&#233;gatives d'un tel d&#233;calage. C'est pourquoi, un instrument juridiquement contraignant qui vienne renforcer les obligations des &#201;tats et la responsabilit&#233; des entreprises par rapport aux droits de l'homme, semble ici tout &#224; fait appropri&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Un trait&#233; sur les entreprises transnationales et les droits de l'homme :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les efforts visant &#224; obliger les entreprises transnationales &#224; prendre des mesures face aux r&#233;percussions n&#233;gatives qu'elles engendrent ne sont pas nouveaux. Aux Nations Unies, deux tentatives ont d&#233;j&#224; &#233;chou&#233;. En 1972, la Commission des Nations Unies sur les Entreprises Transnationales tenta de leur imposer un projet de &#171; code de conduite &#187;. Vingt ans de n&#233;gociations n'ont pas abouti au consensus entre les parties pour son adoption. Un deuxi&#232;me essai s'ouvre en 1998 &#224; l'initiative du Groupe de Travail charg&#233; d'examiner le fonctionnement et les activit&#233;s des entreprises transnationales. Apr&#232;s plusieurs ann&#233;es, le groupe remet son projet de &#171; Normes sur les responsabilit&#233;s des entreprises transnationales et autres soci&#233;t&#233;s commerciales en mati&#232;re de droits de l'homme &#187;. Projet au final &#233;cart&#233; car n'ayant pas &#233;t&#233;, au pr&#233;alable, demand&#233; par la Commission des droits de l'homme et le Conseil &#201;conomique et Social d'alors (ECOSOC). Ces deux propositions tendaient &#224; vouloir &#233;tablir un instrument contraignant ainsi que des obligations pour les &#201;tats et les entreprises transnationales en mati&#232;re de droits de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, une nouvelle initiative a &#233;t&#233; lanc&#233;e avec la nomination du Repr&#233;sentant Sp&#233;cial du Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral sur la question des droits de l'homme et des entreprises transnationales et autres, et s'est achev&#233;e - en 2011- sur l'adoption par le Conseil des Droits de l'Homme des &#171; Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l'homme : mise en pratique du cadre des Nations Unies pour prot&#233;ger, respecter et r&#233;parer &#187; (A/HRC/17/31). Ces principes sont bas&#233;s sur trois axiomes fondamentaux. Le premier stipule l'obligation de protection des &#201;tats face aux abus commis par les entreprises contre les droits de l'homme ; le second, &#233;nonce la responsabilit&#233; des entreprises quant au respect des droits de l'homme ; et le troisi&#232;me encadre l'obligation de garantir l'acc&#232;s &#224; l'obtention de r&#233;parations effectives. Applicables &#224; tous les &#201;tats et entreprises, ils n'entra&#238;nent pas de nouvelles obligations, mais ne restreignent ni ne r&#233;duisent les obligations existantes des &#201;tats en mati&#232;re de droits de l'homme. De plus, le Conseil a nomm&#233; un Groupe de Travail pour promouvoir leur application et un Forum Annuel pour d&#233;battre des tendances. Le groupe de travail a pour mandat d'aider les &#201;tats dans l'&#233;laboration de lois et politiques nationales en relation avec l'application des principes directeurs. L'un des instruments pour promouvoir leur mise en &#339;uvre consiste en l'&#233;laboration de Plans d'Action Nationale (PAN). &#192; ce jour, les gouvernements du Royaume-Uni, des Pays-Bas, d'Italie, du Danemark et d'Espagne l'ont d&#233;j&#224; d&#233;velopp&#233;, alors qu'en Suisse et en Finlande, le PAN est en cours d'&#233;laboration et que 16 autres &#201;tats ont exprim&#233; leur engagement en ce sens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ver : &#171; State national action plans &#187; (Planes de Acci&#243;n Nacionales de los (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Malgr&#233; ces avanc&#233;es, certains &#201;tats ont jug&#233; n&#233;cessaire de s'orienter vers la mise en place d'un &#171; instrument juridique contraignant &#187; qui r&#233;glemente les activit&#233;s des entreprises en mati&#232;re de droits de l'homme. Dans une d&#233;claration &#8211;initi&#233;e par l'&#201;quateur- lors de la 24&#232;me session du Conseil des Droits de l'Homme, on reconna&#238;t que les Principes directeurs sont une &#171; premi&#232;re &#233;tape &#187; et qu'un instrument contraignant pourrait fournir un cadre pour am&#233;liorer les capacit&#233;s de l'&#201;tat en mati&#232;re de protection des droits de l'homme et de pr&#233;vention des abus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Declaraci&#243;n en nombre de un grupo de pa&#237;ses en la 24 &#170; edici&#243;n de sesiones (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des droits de l'homme et des entreprises transnationales a &#233;t&#233; relanc&#233;e &#224; l'occasion de la 26&#232;me session qui a d&#233;bouch&#233; sur l'approbation de deux r&#233;solutions par le Conseil. La premi&#232;re (A/HRC/RES/26/9) ent&#233;rine la formation d'un &#171; groupe de travail intergouvernemental &#224; composition ouverte sur les soci&#233;t&#233;s transnationales et autres entreprises commerciales en mati&#232;re de droits de l'homme, ayant pour mandat l'&#233;laboration d'un instrument juridiquement contraignant pour r&#233;glementer les activit&#233;s des soci&#233;t&#233;s transnationales et autres entreprises dans le droit international des droits de l'homme &#187;. Bien que cette r&#233;solution n'ait pas &#233;t&#233; soutenue par tous les &#201;tats membres du Conseil des Droits de l'Homme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La resoluci&#243;n obtuvo 20 votos a favor, 14 en contra y 13 abstenciones. Los (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle renvoie le d&#233;bat sur la n&#233;cessit&#233; d'un instrument contraignant devant les Nations Unies. Qualifi&#233;e d'historique par les mouvements sociaux qui ont appuy&#233; l'initiative et de &#171; premi&#232;re &#233;tape &#187; vers la fin du volontarisme des soci&#233;t&#233;s transnationales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Movimiento Global por un Tratado Vinculante&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle est per&#231;ue, du point de vue des entreprises, comme un &#171; recul &#187; dans la promotion des Principes directeurs et un retour &#224; des approches qui ont &#233;chou&#233; par le pass&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Consensus on Business and Human Rights is broken with the Adoption of the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me r&#233;solution (A/HRC/RES/26/22) met l'accent sur l'application des principes directeurs et le travail du Groupe d'&#233;tude. Elle encourage les &#201;tats &#224; prendre des mesures pour appliquer les Principes directeurs, y compris celles pour l'&#233;laboration de Plans d'Action Nationaux, et qui fournissent des rapports annuels sur leur application au Groupe de Travail. Elle couvre un autre point : l'acc&#232;s &#224; r&#233;paration pour les victimes de violations des droits de l'homme en lien avec les activit&#233;s des entreprises. &#192; cet &#233;gard, il a &#233;t&#233; recommand&#233; au groupe de travail que la question soit examin&#233;e lors du Forum annuel et demand&#233; au Haut Commissaire d'&#233;tudier toutes les options juridiques et mesures pratiques pour am&#233;liorer l'acc&#232;s aux voies de recours. En ce qui concerne le Groupe de travail, il a vu son mandat prorog&#233; de trois ans ; le Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral et le Haut Commissaire &#233;tant charg&#233;s de mettre &#224; sa disposition toutes les ressources et l'aide n&#233;cessaires au bon d&#233;roulement de son mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le futur sc&#233;nario comprendra des processus parall&#232;les. D'une part, gr&#226;ce au Groupe de Travail sur la question des droits de l'homme et des soci&#233;t&#233;s transnationales, l'application des Principes directeurs se verra renforc&#233;e au niveau national, et d'autre part, le Groupe de Travail Intergouvernemental se concentrera sur l'&#233;laboration d'un trait&#233; sur les soci&#233;t&#233;s transnationales et les droits de l'homme. Les principes directeurs, apr&#232;s trois ann&#233;es de fonctionnement, ont r&#233;ussi &#224; faire avancer un petit groupe d'&#201;tats europ&#233;ens dans leur application et sont mis au d&#233;fi d'impliquer d'avantage de pays &#8211;principalement du sud- dans les prochaines ann&#233;es. Alors que la dur&#233;e des n&#233;gociations est incertaine et que ses partisans doivent tenir la gageure d'entra&#238;ner les pays du nord dans le processus, les peuples autochtones attendent des deux initiatives qu'elles incluent leurs droits et priorit&#233;s, parmi lesquels, l'acc&#232;s &#224; r&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3. Les droits des peuples autochtones et le futur trait&#233; sur les soci&#233;t&#233;s et les droits de l'homme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mandat du Groupe de travail Intergouvernemental est d'&#233;laborer un &#171; instrument juridiquement contraignant &#187; qui r&#233;glemente les activit&#233;s des soci&#233;t&#233;s transnationales. Sa premi&#232;re r&#233;union a &#233;t&#233; fix&#233;e courant 2015, avant la 30&#232;me session du Conseil des Droits de l'homme. La r&#233;solution recommande que la premi&#232;re r&#233;union soit consacr&#233;e &#224; recueillir les opinions et propositions des &#201;tats et des parties prenantes sur les principes, la port&#233;e et les &#233;l&#233;ments du futur instrument. Dans ce cadre, les peuples autochtones sont l'un des groupes les plus int&#233;ress&#233;s &#224; son &#233;laboration et, compte tenu des situations persistantes de violations de leurs droits, il est l&#233;gitime qu'ils partagent cette volont&#233; de parvenir &#224; un trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les termes du futur trait&#233; doivent prendre en compte les instruments juridiques internationaux sur les droits des peuples autochtones. &#192; cet &#233;gard, la D&#233;claration des Nations Unies sur les droits des peuples indig&#232;nes (DNUDPI) et la Convention de l'OIT N&#176;169 sur les Peuples Indig&#232;nes et Tribaux dans les Pays Ind&#233;pendants (C169) sont pertinents. Ces deux instruments repr&#233;sentent un consensus issu des n&#233;gociations entre les &#201;tats eux-m&#234;mes et &#8211;dans l'actualit&#233;- sont accept&#233;s par de nombreuses parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la D&#233;claration n'ait aucun caract&#232;re contraignant, elle repr&#233;sente le consensus international et donc, se trouve &#234;tre l'instrument le plus complet en ce qui concerne la reconnaissance, la protection et la promotion des droits des peuples autochtones. Le rapporteur Sp&#233;cial James Anaya soulignait que la D&#233;claration &#171; est une extension des normes pr&#233;sentes dans divers trait&#233;s consacr&#233;s aux droits de l'homme qui ont &#233;t&#233; largement ratifi&#233;s et sont juridiquement contraignants pour les &#201;tats &#187; (A/68/317). En outre, l'importance de la consid&#233;rer tient &#224; ce qui est stipul&#233; dans son article 43. Il indique en effet que les droits reconnus dans la D&#233;claration &#171; constituent les normes minimales pour la survie, la dignit&#233; et le bien-&#234;tre des peuples autochtones &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la Convention 169 est un instrument juridiquement contraignant pour les &#201;tats qui l'ont ratifi&#233;. Elle reconna&#238;t les droits des peuples autochtones, et fixe les obligations des &#201;tats. Elle a &#233;t&#233; ratifi&#233;e par 22 &#201;tats &#224; travers le monde, qui, -conform&#233;ment &#224; son article 2- doivent &#171; assumer la responsabilit&#233; de d&#233;velopper, avec la participation des peuples concern&#233;s, une action coordonn&#233;e et syst&#233;matique pour prot&#233;ger les droits de ces peuples et assurer le respect de leur int&#233;grit&#233; &#187;. La Convention 169 a pour but que les peuples indig&#232;nes participent aux d&#233;cisions qui affectent leur mode de vie - compte tenu des activit&#233;s des entreprises qui affectent leurs droits-, un nouvel instrument contraignant, r&#233;glementant les activit&#233;s des soci&#233;t&#233;s transnationales doit donc leur garantir des mesures de participation, de protection et de r&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rant les diff&#233;rents droits des peuples indig&#232;nes, reconnus dans la D&#233;claration et la Convention 169, pourtant fr&#233;quemment bafou&#233;s dans le cadre des activit&#233;s des soci&#233;t&#233;s transnationales, il faudra pr&#234;ter une attention toute particuli&#232;re, dans l'&#233;laboration du futur instrument contraignant, aux droits suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; a) &lt;strong&gt;Droit &#224; la terre, au territoire et aux ressources naturelles&lt;/strong&gt; : Le territoire est vital pour l'existence des peuples autochtones parce que leur subsistance en d&#233;pend ainsi que des ressources naturelles. La pr&#233;sence de ressources naturelles dans ces territoires (minerais, hydrocarbures, for&#234;ts, eau), sources d'enrichissement des &#201;tats fragilise leurs droits face aux soci&#233;t&#233;s d'exploitation. Les deux instruments internationaux reconnaissent le droit des peuples indig&#232;nes &#224; la terre, au territoire et aux ressources naturelles et encadrent les obligations des &#201;tats vis-&#224;-vis de leur protection au cas o&#249; ces ressources viendraient &#224; &#234;tre exploit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Droit de propri&#233;t&#233;, de possession et d'utilisation des terres occup&#233;es par les peuples autochtones (Art. 26 DNUDPI, Art. 14 C169).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les &#201;tats ont l'obligation de consulter et d'obtenir le consentement des peuples autochtones avant d'entreprendre ou d'autoriser l'exploration et l'exploitation des ressources se trouvant sur leurs terres ou territoires (Art. 32.2 DNUDPI, 15.2 C169).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Droit de participation aux b&#233;n&#233;fices de l'exploitation des ressources se trouvant sur leurs terres ou territoires (Art. 15.2 C169).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Interdiction de d&#233;placements forc&#233;s des populations de leurs terres ou territoires (Art. 10 DNUDPI, Art. 16.1 C169) et de mani&#232;re exceptionnelle uniquement apr&#232;s un consentement libre, pr&#233;alable et &#233;clair&#233; (Art. 10 DNUDPI, Art. 16.2 C169).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Droit de d&#233;finir les priorit&#233;s de l'utilisation de leurs terres, territoires ou autres ressources (Art. 32.1 DNUDPI).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les &#201;tats devront pr&#233;voir des sanctions ad&#233;quates contre toute forme d'intrusion non autoris&#233;e sur les terres des peuples autochtones (Art. 18 C169).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; b) &lt;strong&gt;Droit &#224; la consultation et au consentement libre, pr&#233;alable et &#233;clair&#233; (CLPI)&lt;/strong&gt; : Il est monnaie courante que les &#201;tats prennent des mesures administratives accordant la concession aux soci&#233;t&#233;s de ressources naturelles qui se trouvent dans les territoires autochtones. Dans de tels cas, tant la D&#233;claration que la Convention 169 d&#233;terminent l'obligation de l'&#201;tat de passer par un processus de consultation des peuples concern&#233;s avant de prendre des mesures qui pourraient leur &#234;tre pr&#233;judiciables. Par exemple, une consultation doit &#234;tre pr&#233;alable aux appels d'offres pour des lots p&#233;troliers et avant toute autorisation d'exploration ou d'exploitation des minerais.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Avant d'adopter et d'appliquer des mesures l&#233;gislatives ou administratives pouvant les affecter (Art. 19 DNUDPI ; Art. 6.1. C169).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En outre, les deux instruments pr&#233;cisent l'obligation d'obtenir le consentement libre, pr&#233;alable et &#233;clair&#233; des peuples autochtones dans des situations sp&#233;cifiques concernant leurs droits &#224; la terre ou &#224; leurs territoires pouvant leur porter pr&#233;judice. Les activit&#233;s des soci&#233;t&#233;s, en particulier extractives, affectent le droit &#224; la terre ou au territoire des peuples autochtones. Dans ces cas l&#224; les &#201;tats se doivent de veiller &#224; :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Obtenir le CLPI avant d'approuver tout projet relatif aux terres ou territoires et autres ressources, en relation notamment avec le d&#233;veloppement, l'utilisation ou l'exploitation de ressources min&#233;rales, hydriques ou autres (Art. 32.1 DNUDPI ; Art. 15.2 C169).&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Respecter l'interdiction de transfert ou relocalisation des terres ou territoires indig&#232;nes sans avoir re&#231;u le CLPI (Art. 10 de la DNUDPI, 16.2 C169).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Honorer la d&#233;fense d'&#233;limination ou de stockage de mati&#232;res dangereuses sur les terres ou territoires autochtones sans le CLPI (Art. 29.2 DNUDPI).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; c) &lt;strong&gt;Droit aux moyens de subsistance&lt;/strong&gt; : Les moyens de subsistance traditionnels des peuples autochtones sont en lien direct avec leurs terres ou territoires. Tr&#232;s souvent, les activit&#233;s extractives ont des effets n&#233;gatifs tels que la pollution de l'eau des rivi&#232;res ou des &#233;tangs et des terres qui peuvent limiter l'acc&#232;s des peuples &#224; leurs moyens de subsistance. La D&#233;claration et la Convention 169 r&#233;gissent le devoir des &#201;tats d'assurer le droit des populations &#224; leurs moyens de subsistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Droit qui leur assure la jouissance de leurs propres moyens de subsistance et de d&#233;veloppement, tout comme de se consacrer librement &#224; toutes leurs activit&#233;s &#233;conomiques traditionnelles ou autres (Art. 20.1 DNUDPI ; Art. 14.1 C169).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d) &lt;strong&gt;Droit au d&#233;veloppement&lt;/strong&gt; : Il a &#233;t&#233; reconnu que les peuples autochtones sont l'un des groupes les plus touch&#233;s par les politiques et projets de d&#233;veloppement. En r&#233;ponse &#224; cela, de nombreux peuples indig&#232;nes ont adopt&#233; leurs propres plans de vie ou de d&#233;veloppement, en tenant compte des capacit&#233;s de leur territoire, de ses ressources naturelles et des activit&#233;s traditionnelles de subsistance qu'ils y d&#233;ploient. Ces plans peuvent parfois &#234;tre incompatibles avec ceux propos&#233;s par les gouvernements ou les entreprises. &#192; cet &#233;gard, la D&#233;claration et la Convention 169 reconnaissent le droit aux peuples autochtones de d&#233;terminer leurs propres priorit&#233;s pour l'exercice de leur droit au d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Droit de d&#233;cision sur leurs propres priorit&#233;s et strat&#233;gies pour l'exercice de leur droit au d&#233;veloppement (Art. 7.1 C169 ; Art. 23 DNUDPI).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Droit de d&#233;terminer et d'&#233;laborer les priorit&#233;s et strat&#233;gies pour le d&#233;veloppement ou l'utilisation de leurs terres, territoires et autres ressources (Art. 32.1 DNUDPI).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; e) &lt;strong&gt;Protection environnementale et sant&#233;&lt;/strong&gt; : La contamination de leurs territoires par les activit&#233;s des entreprises est fr&#233;quemment d&#233;nonc&#233;e par les peuples autochtones. Par exemple, les activit&#233;s mini&#232;res ont des effets pervers comme la pollution de l'eau et de la terre qui affectent l'environnement et la sant&#233; des populations. Dans ces cas, la D&#233;claration et la Convention 169 pr&#233;cisent les obligations des &#201;tats pour la protection du droit des peuples autochtones &#224; l'environnement et &#224; la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Droit &#224; la conservation et &#224; la protection de l'environnement et de la capacit&#233; productrice de leurs terres, territoires et autres ressources (Art. 29.1 DNUDPI ; Art. 4.1 y 7.4 C169).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les &#201;tats doivent prendre des mesures efficaces qui garantissent l'application correcte de programmes de contr&#244;le, maintien et r&#233;tablissement de la sant&#233; des peuples autochtones affect&#233;s par le stockage de mati&#232;res dangereuses sur leurs terres ou territoires (Art. 29.3 DNUDPI).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; f) &lt;strong&gt;Droit &#224; r&#233;paration&lt;/strong&gt; : La r&#233;paration d'une violation des droits des peuples autochtones est une obligation en vertu des dispositions de la D&#233;claration et de la Convention 169. Dans la plupart des cas les violations sont li&#233;es &#224; la r&#233;alisation de projets d'exploitation des ressources naturelles, mis en &#339;uvre par les entreprises, dans les territoires indig&#232;nes. Les droits fonciers ainsi que l'acc&#232;s aux moyens de subsistance, outre les dommages environnementaux, sont fr&#233;quemment alt&#233;r&#233;s par ce genre de projets. Dans ce type de situations, la r&#233;paration peut se faire sous forme de restitution ou d'indemnisation.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Droit &#224; r&#233;paration pour les terres, territoires et ressources qui auraient &#233;t&#233; confisqu&#233;s, saisis, occup&#233;s, utilis&#233;s ou d&#233;grad&#233;s sans consentement libre, pr&#233;alable et &#233;clair&#233; (Art. 28.1 DNUDPI, Art.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'indemnisation se fera par le biais de terres, territoires et ressources de m&#234;me qualit&#233;, taille et statut juridique ou consistera en une compensation financi&#232;re ou autre r&#233;paration (Art. 28.2 DNUDPI, Art. 16.4 C169).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les populations d&#233;plac&#233;es de leurs terres ou territoires, m&#234;me r&#233;implant&#233;es, devront &#234;tre indemnis&#233;es pour toute perte ou dommage li&#233; &#224; leur d&#233;placement (Art. 16.5 C169)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Droit &#224; r&#233;paration pour les dommages r&#233;sultant des activit&#233;s d'utilisation ou d'exploitation des ressources min&#233;rales, hydriques ou autres sur les terres ou territoires des peuples autochtones (Art. 32.3 DNUDPI, Art. 15.2 C169).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Droit &#224; r&#233;paration en cas de spoliation des moyens de subsistance (Art. 20.2 DNUDPI).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; g) &lt;strong&gt;Droits du travail&lt;/strong&gt; : De nombreux projets de d&#233;veloppement emploient des membres de communaut&#233;s autochtones comme main-d'&#339;uvre. La D&#233;claration et la Convention 169 pr&#233;voient, dans ce cas, l'obligation de l'&#201;tat de s'assurer que les individus, comme les peuples, jouissent de tous les droits internationaux du travail, sans discrimination aucune.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Profiter pleinement de tous les droits consacr&#233;s en droit international et national du travail (Art. 17.1 DNUDPI).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; B&#233;n&#233;ficier d'une protection en mati&#232;re de contrats et de conditions d'emploi quand ils ne sont pas prot&#233;g&#233;s par la l&#233;gislation applicable aux travailleurs en g&#233;n&#233;ral (Art. 20 C169).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ne pas &#234;tre soumis &#224; des conditions discriminatoires de travail, d'emploi ou de salaire (Art. 17.3 DNUDPI, Art. 20.3 C169).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;4. En guise de conclusions :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les peuples autochtones sont l'un des groupes les plus touch&#233;s par les activit&#233;s des soci&#233;t&#233;s transnationales. C'est ce que refl&#232;tent les plaintes publiques et les communications port&#233;es &#224; la connaissance des organes des Nations Unies. Elles d&#233;montrent &#233;galement le laxisme &#233;tatique vis-&#224;-vis de son devoir de protection des peuples autochtones tout comme l'insuffisance des lois nationales quant &#224; leurs droits. Par ailleurs, il n'existe que tr&#232;s peu d'exemples o&#249; des &#201;tats ou soci&#233;t&#233;s transnationales impliqu&#233;s dans un processus de violation des droits des peuples indig&#232;nes, aient accord&#233; des r&#233;parations effectives. Ces situations justifient la l&#233;gitimit&#233; de la demande internationale d'un trait&#233; sur les soci&#233;t&#233;s transnationales et les droits de l'homme. Toutefois, sur la base des trait&#233;s internationaux ratifi&#233;s par les &#201;tats, ceux-ci ont devoir de protection contre les violations des droits de l'homme perp&#233;tr&#233;es par les entreprises. Le respect de cette obligation existe ind&#233;pendamment d'un nouveau trait&#233; relatif aux soci&#233;t&#233;s et aux droits de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat autour d'un instrument juridiquement contraignant sur les entreprises et les droits de l'homme n'est pas nouveau. Il existe des pr&#233;c&#233;dents de processus pr&#233;alables ayant &#233;chou&#233; &#224; imposer des obligations aux soci&#233;t&#233;s transnationales. La nouvelle initiative approuv&#233;e&#8211;en juin 2014- a &#233;galement son point faible, celui de ne pas compter avec le soutien, plein et entier, des &#201;tats membres du Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies, ce qui peut &#234;tre un frein &#224; la progression vers un trait&#233;. Un Groupe de Travail Intergouvernemental sera charg&#233; d'&#233;laborer le futur trait&#233; sur les soci&#233;t&#233;s transnationales et les droits de l'homme, et lors de sa premi&#232;re r&#233;union devra recueillir les opinions et les propositions des &#201;tats comme des int&#233;ress&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les peuples autochtones sont l'une des parties prenantes du trait&#233; sur les soci&#233;t&#233;s transnationales et les droits de l'homme. Au cours des d&#233;lib&#233;rations, il est indispensable que leurs droits internationalement reconnus soient pris en consid&#233;ration. La D&#233;claration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Indig&#232;nes (DNUDPI) et la Convention de l'OIT N&#176; 169 sur les Peuples Autochtones et Tribaux dans les Pays Ind&#233;pendants (C169) sont les instruments qui repr&#233;sentent le consensus international sur les droits des peuples indig&#232;nes. Tous deux imposent des obligations aux &#201;tats et sont accept&#233;s par les soci&#233;t&#233;s transnationales. Les droits &#224; la terre ou au territoire, aux ressources naturelles, &#224; la consultation et au CLPI, aux moyens de subsistance, au d&#233;veloppement, &#224; la protection de l'environnement et de la sant&#233;, ainsi que le droit &#224; r&#233;paration, doivent &#234;tre pris en compte dans son &#233;laboration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Luis Vittor&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://alainet.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Alai-Amlatina&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;*&lt;strong&gt;Luis Vittor&lt;/strong&gt;, &#233;conomiste p&#233;ruvien.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://alainet.org/active/80526&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Alai-Amlatina&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Equateur, 2 f&#233;vrier 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Los-pueblos-indigenas-y-el-tratado-sobre-empresas-transnacionales-y-derechos-humanos&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Florence Olier-Robine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Les-peuples-autochtones-et-le-traite-sur-les-societes-transnationales-et-les-droits&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, 12 f&#233;vrier 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;b&gt;&lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;. Bas&#233;e sur une &#339;uvre de &lt;b&gt;&lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034;rel=&#034;dct:source&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/HRCouncil/RegularSession/Session23/A-HRC-23-32_sp.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Informe del Grupo de Trabajo sobre la cuesti&#243;n de los derechos humanos y las empresas transnacionales y otras empresas&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;. Documento A/HRC/23/32 del 14 de marzo de 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Report of the Special Rapporteur on the rights of indigenous peoples&lt;/i&gt; &#187;, James Anaya. Addendum. Communications sent, replies received and observations, 2012 &#8211; 2013. A/HRC/24/41/Add.4. 2 September 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.gcmplc.com/overview&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Overview&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. GSM resources&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.iamgold.com/English/Operations/Operating-Mines/Rosebel-Gold-Mine-Suriname/Overview/default.aspx&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rosebel Gold Mine, Suriname&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Report on observations to communications sent and replies received by the Special Rapporteur on the Rights of Indigenous Peoples&lt;/i&gt; &#187;, James Anaya. A/HRC/27/52/Add.4&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.latercera.com/noticia/negocios/2014/10/655-599120-9-corte-suprema-paraliza-proyecto-minero-el-morro-de-goldcorp.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Corte Suprema paraliza proyecto minero&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;El Morro&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; de Goldcorp&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. por P. San Juan/Reuters - 07/10/2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Industrias extractivas que realizan operaciones dentro de territorios ind&#237;genas o en proximidad de ellos. Informe del Relator Especial sobre la situaci&#243;n de los derechos humanos y las libertades fundamentales de los pueblos ind&#237;genas &#187;, James Anaya. Documento A/HRC/18/35 (11 de julio de 2011).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ver : &#171; &lt;a href=&#034;http://www.ohchr.org/EN/Issues/Business/Pages/NationalActionPlans.aspx&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;State national action plans&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187; (Planes de Acci&#243;n Nacionales de los Estados).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://cancilleria.gob.ec/wp-content/uploads/2013/09/DECLARACION.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Declaraci&#243;n en nombre de un grupo de pa&#237;ses en la 24 &#170; edici&#243;n de sesiones del Consejo de Derechos Humanos&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; Pdf. Debate General&#8211;Articulo 3 - &#171; Empresas Transnacionales y Derechos Humanos &#187;. Ginebra, Septiembre, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La resoluci&#243;n obtuvo 20 votos a favor, 14 en contra y 13 abstenciones. Los Estados de la Uni&#243;n Europea y Estados Unidos votaron en contra y son mayoritariamente los pa&#237;ses de origen de las empresas. La resoluci&#243;n fue apoyada principalmente por pa&#237;ses de Am&#233;rica Latina y &#193;frica.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.treatymovement.com/alianza-para-el-tratado/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Movimiento Global por un Tratado Vinculante&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ioe-emp.org/index.php?id=1238&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Consensus on Business and Human Rights is broken with the Adoption of the Ecuador Initiative&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, 26 de junio de 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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