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		<title>Occident - Russie : Le syndrome Tolsto&#239;evsky</title>
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		<dc:date>2014-09-13T19:14:25Z</dc:date>
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		<dc:creator>Slobodan Despot</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le probl&#232;me, avec l'approche occidentale de la Russie, n'est pas tant dans le manque de volont&#233; de comprendre que dans l'exc&#232;s de volont&#233; de ne rien savoir. &lt;br class='autobr' /&gt; Cette nation qui a donn&#233; Pouchkine et Guerre et Paix, Nijinsky et le Lac des Cygnes, qui a l'une des plus riches traditions picturales au monde, qui a class&#233; les &#233;l&#233;ments de la nature, qui fut la premi&#232;re &#224; envoyer un homme dans l'espace (et la derni&#232;re &#224; ce jour), qui a produit des pellet&#233;es de g&#233;nies du cin&#233;ma, de la po&#233;sie, de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le probl&#232;me, avec l'approche occidentale de la Russie, n'est pas tant dans le manque de volont&#233; de comprendre que dans l'exc&#232;s de volont&#233; de ne rien savoir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette nation qui a donn&#233; Pouchkine et Guerre et Paix, Nijinsky et le Lac des Cygnes, qui a l'une des plus riches traditions picturales au monde, qui a class&#233; les &#233;l&#233;ments de la nature, qui fut la premi&#232;re &#224; envoyer un homme dans l'espace (et la derni&#232;re &#224; ce jour), qui a produit des pellet&#233;es de g&#233;nies du cin&#233;ma, de la po&#233;sie, de l'architecture, de la th&#233;ologie, des sciences, qui a vaincu Napol&#233;on et Hitler, qui &#233;dite les meilleurs manuels &#8212; et de loin &#8212; de physique, de math&#233;matiques et de chimie, qui a su trouver un modus vivendi s&#233;culaire et pacifique, sur fond de respect et de compr&#233;hension mutuelle, avec ses Tatars et ses ind&#233;nombrables musulmans, khazars, bouddhistes, Tchouktches, Bouriates et Toungouzes, qui a b&#226;ti la plus longue voie de chemin de fer au monde et l'utilise encore (&#224; la diff&#233;rence des USA o&#249; les rails l&#233;gendaires finissent en rouille), qui a minutieusement explor&#233; et cartographi&#233; les terres, usages, ethnies et langues de l'espace eurasien, qui construit des avions de combat redoutables et des sous-marins g&#233;ants, qui a reconstitu&#233; une classe moyenne en moins de quinze ans apr&#232;s la tiers-mondisation gorbatcho-eltsinienne, cette immense nation, donc, qui gouverne le sixi&#232;me des terres &#233;merg&#233;es, est soudain trait&#233;e, du jour au lendemain, comme un ramassis de brutes qu'il s'agit de d&#233;barrasser de leur dictateur caricatural et sanglant avant de les &#233;duquer &#224; servir la &#171; vraie &#187; civilisation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
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&lt;p&gt;L'Occident ressort la m&#234;me guignolerie haineuse &#224; chaque crise, depuis Ivan le Terrible &#224; &#171; Putler &#187;-Poutine, en passant par le tsar Paul, la guerre de Crim&#233;e, le pauvre et tragique Nicolas II, et m&#234;me l'URSS o&#249; tout succ&#232;s &#233;tait dit &#171; sovi&#233;tique &#187; et tout &#233;chec d&#233;nigr&#233; comme &#171; russe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des nations serviles qui accordent aux Am&#233;ricains un cr&#233;dit illimit&#233; de forfaiture et de brigandage &#171; parce-qu'ils-nous-ont-lib&#233;r&#233;s-en-45 &#187; n'ont pas un mot, pas une pens&#233;e de gratitude pour la nation qui a le plus contribu&#233; &#224; vaincre l'hydre national-socialiste&#8230; et qui en a pay&#233; le prix le plus lourd. Ses &#233;lus sont trait&#233;s en importuns, son pr&#233;sident caricatur&#233; avec une haine obsessionnelle, la libert&#233; de mouvement et de commerce de ses citoyens, savants, universitaires et hommes d'affaires est suspendue au bon vouloir d'obscures commissions europ&#233;ennes dont les peuples qu'elles pr&#233;tendent repr&#233;senter ne connaissent pas le nom d'un seul membre, ni pourquoi il y si&#232;ge plut&#244;t qu'un autre larbin des multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout ceci n'est encore rien. C'est dans l'ordre des choses. L'Occident et la Russie ne font que jouer les prolongations, &#224; l'infini, du conflit Rome-Byzance en l'&#233;tendant aux continents voisins voire &#224; l'espace interplan&#233;taire. La vraie guerre des civilisations, la seule, est l&#224;. Barbare comme le sac de Constantinople, apocalyptique comme sa chute, ancienne et sournoise comme les schismes th&#233;ologiques masquant de perfides prises de pouvoir. Tapie dans les replis du temps, mais pr&#234;te &#224; bondir et &#224; mordre comme un pi&#232;ge &#224; loups. C'est le seul pi&#232;ge, du reste, que l'empire occidental n'ait pas pos&#233; tout seul et qu'il ne puisse donc d&#233;samorcer. (&#201;tant entendu que la menace islamique n'est que le produit des man&#339;uvres coloniales anglo-saxonnes, de la cupidit&#233; p&#233;troli&#232;re et de l'action de services d'&#201;tat occup&#233;s &#224; cultiver des &#233;pouvantails pour effrayer leurs propres sujets, puis &#224; les abattre pour les convaincre de leur propre puissance et de leur n&#233;cessit&#233;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace russe, elle, est d'une autre nature. Voici une civilisation quasi-jumelle, ancr&#233;e sur ses terres, consciente d'elle-m&#234;me et totalement ouverte aux trois oc&#233;ans, &#224; l'Arctique comme &#224; l'Himalaya, aux for&#234;ts de Finlande comme aux steppes de Mongolie. Voici des souverains qui &#8212; depuis la bataille de Kazan remport&#233;e par ce m&#234;me Ivan qui nous sert de P&#232;re Fouettard &#8212; portent le titre de Khans tatars en m&#234;me temps que d'Empereurs chr&#233;tiens si&#233;geant dans l'ultime Rome, la troisi&#232;me, Moscou, qui fleurit au moment o&#249; Byzance g&#233;missait sous l'Ottoman et le pape sous la verge de ses mignons. Voici une terre aux horizons infinis, mais dont les contours sont grav&#233;s dans l'histoire du monde, inviolables bien que diffus. Voici des gens, enfin, et surtout, aussi divers qu'on peut l'imaginer, m&#234;lant au sein d'un m&#234;me peuple le poil blond des Vikings aux yeux obliques et aux peaux tann&#233;es de l'Asie. Ils n'ont pas attendu le coup de d&#233;part du m&#233;tissage oblig&#233;, les Russes, ils l'ont dans leur sang, si bien assimil&#233; qu'ils n'y pensent plus. Les obs&#233;d&#233;s de la race au cr&#226;ne ras&#233; qu'on exhibe sur les cha&#238;nes anglo-saxonnes ont la m&#234;me fonction que les coucous suisses : des articles pour touristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
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&lt;p&gt;Cela ressemble tellement &#224; l'Europe. Et c'en est tellement loin ! Tellement loin que les infatigables arpenteurs des mers &#8212; g&#233;nois, anglais, n&#233;erlandais, espagnols &#8212;, qui connaissent l'odeur de la f&#232;ve de tonka et la vari&#233;t&#233; des bois de Sumatra, ne savent rien de la composition d'un borchtch. Ni m&#234;me de la mani&#232;re dont on prononce le nom de cette soupe. Ce n'est pas qu'ils ne pourraient pas l'apprendre. C'est qu'ils n'en ont pas envie. Pas plus qu'ils ne veulent conna&#238;tre, vraiment, l'esprit, les coutumes et la mentalit&#233; des immigrants exotiques qu'ils accueillent d&#233;sormais par millions et qu'ils laissent s'agglutiner en ghettos parce qu'ils ne savent comment leur parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#251;, moi, petit Serbe, apprendre deux langues et deux alphabets pour entamer ma vie d'immigr&#233;. J'en ai appris d'autres pour mieux conna&#238;tre le monde o&#249; je vis. Je m'&#233;tonne sinc&#232;rement de voir que mes compatriotes suisses ne savent pas, pour la plupart, les deux autres grandes langues de leur pays. Comment conna&#238;tre autrui si vous ne savez rien de la langue qu'il parle ? C'est le minimum de la courtoisie. Et cette courtoisie, d&#233;sormais, se r&#233;duit de plus en plus &#224; des rudiments d'anglais d'a&#233;roport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me font les Russes, dont l'&#233;ducation int&#232;gre la culture ouest-europ&#233;enne en sus de la leur propre. O&#249; voit-on la r&#233;ciproque, &#224; l'ouest du Dniepr ? Depuis Pierre le Grand, ils se consid&#233;raient europ&#233;ens &#224; part enti&#232;re. Les artistes de la Renaissance et les penseurs des Lumi&#232;res sont les leurs. Leontiev, le p&#232;re Serge Boulgakov, R&#233;pine, Bounine, Prokofiev et Chestov sont-ils pour autant les n&#244;tres ? Non, bien entendu. Parler fran&#231;ais fut deux si&#232;cles durant la r&#232;gle dans les bonnes maisons &#8212; et le reste encore parfois. Ils se sont intens&#233;ment crus europ&#233;ens, mais l'Europe s'est acharn&#233;e &#224; leur dissiper cette illusion. Quand les jeunes Russes vous chantent Brassens par c&#339;ur, vous leur r&#233;pondez en &#233;voquant &#171; Tolsto&#239;evsky &#187;. L'Europe de Lisbonne &#224; Vladivostok n'aura &#233;t&#233; r&#233;elle qu'&#224; l'Est. A l'Ouest, elle ne fut jamais que la projection livresque de quelques visionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe de Lisbonne &#224; Vladivostok ! Imagine-t-on la puissance, la continuit&#233;, le rayonnement, les ressources d'un tel ensemble ? Non. On pr&#233;f&#232;re definitely se mirer dans l'Atlantique. Un monde vieillissant et ses propres outlaws mal d&#233;grossis s'&#233;treignant d&#233;sesp&#233;r&#233;ment par-dessus la mer vide et refusant de voir dans le monde ext&#233;rieur autre chose qu'un miroir ou un butin. Leur derniers &#233;changes chaleureux avec la Russie remontent &#224; Gorbatchev. Normal : le cocu z&#233;l&#233; avait entrepris de d&#233;monter son empire sans autre contrepartie qu'une paire de santiags au ranch de Reagan. Vingt ans plus tard, les soudards de l'OTAN occupaient toutes les terres, de Vienne &#224; Lviv, qu'ils avaient jur&#233; de ne jamais toucher ! Au plus fort de la Gorbymania, Alexandre Zinoviev lan&#231;ait son axiome que tous les Russes devraient apprendre au berceau : &#171; Ils n'aimeront le tsar que tant qu'il d&#233;truira la Russie ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
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&lt;p&gt;&#171; Ah, vous les Slaves ! &#187; &#8212; ou&#239;s-je souvent dire &#8212; &#171; Quel don pour les langues ! &#187; Je me suis longtemps rengorg&#233;, prenant le compliment pour argent comptant. Puis, ayant voyag&#233;, j'ai fini par comprendre. Ce n'est pas &#171; nous les Slaves &#187; qui avons de l'aisance pour les langues : c'est vous, les &#171; Europ&#233;ens &#187; qui n'en avez pas. Qui n'en avez pas besoin, estimant depuis des si&#232;cles que votre package linguistique (anglais, fran&#231;ais, allemand, espagnol) gouverne le monde. Pourquoi s'escrimer &#224; parler bantou ? Votre langue, &#233;tendard de votre civilisation, vous suffit amplement, puisqu'au-del&#224; de votre civilisation, c'est le limes (comme au temps de C&#233;sar), et qu'au-del&#224; du limes, mon Dieu&#8230; Ce sont les terres des Scythes, des Sarmates, des Marcheurs Blancs, bref de la barbarie. Voire, carr&#233;ment, le bord du monde o&#249; les navires d&#233;valent dans l'ab&#238;me infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi le russe, pour vous, c'est du chinois. Et le chinois de l'arabe, et l'arabe de l'ennemi. Vous n'avez plus m&#234;me, dans votre nombrilisme, les outils cognitifs pour saisir ce que les autres &#8212; qui soudain commencent &#224; compter &#8212; pensent et disent, r&#233;ellement, de vous. Ah ! Fr&#233;miriez-vous, si vous pigiez l'arabe des pr&#233;dicateurs de banlieue ! Ah ! Railleriez-vous si vous entraviez des miettes de ce que les serveurs chinois du XIIIe d&#233;goisent sur vous. Ah ! Ririez-vous s'il vous &#233;tait donn&#233; de saisir la finesse de l'humour noir des Russes, plut&#244;t que de vous persuader &#224; chacun de leurs haussements de sourcil que leurs chenilles sont au bord de votre gazon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais vous ne riez pas. Vous ne riez plus jamais. M&#234;me vos vaudevilles pr&#233;sidentiels sont d&#233;sormais comment&#233;s avec des mines de fesse-mathieu. Vous &#234;tes graves comme des chats qui caquent dans votre qui&#233;tude de couvre-feu, alors qu'eux, l&#224;-bas, rient, pleurent et festoient dans leurs appartements miniatures, leur m&#233;tro somptueux, sur leur banquise, dans leurs isbas et jusque sous les pluies d'obus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci n'est rien, disais-je, parlant du malentendu historique qui nous oppose. La partie grave, elle arrive maintenant. Vous ne leur en voulez pas pour trois bouts d'Ukraine dont vous ignoriez jusqu'&#224; l'existence. Vous leur en voulez d'&#234;tre ce qu'ils sont, et de ne pas en d&#233;mordre ! Vous leur en voulez de leur respect de la tradition, de la famille, des ic&#244;nes et de l'h&#233;ro&#239;sme &#8212; bref, de toutes les valeurs qu'on vous a dress&#233;s &#224; vomir. Vous leur en voulez de ne pas organiser pour l'amour de l'Autre la haine du Soi. Vous les enviez d'avoir r&#233;solu le dilemme qui vous mine et qui vous transforme en hypocrites cong&#233;nitaux : Jusqu'&#224; quand d&#233;fendrons-nous des couleurs qui ne sont pas les n&#244;tres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous leur en voulez de tout ce que vous avez manqu&#233; d'&#234;tre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui impressionne le plus, c'est la quantit&#233; d'ignorance et de b&#234;tise qu'il vous faut d&#233;ployer d&#233;sormais pour entretenir votre guignolerie du ramassis de brutes qu'il s'agit de d&#233;barrasser de leur dictateur caricatural et sanglant avant de les &#233;duquer &#224; servir la &#171; vraie &#187; civilisation. Car tout la d&#233;ment : et les excellentes relations de la Russie avec les nations qui comptent et se tiennent debout (BRICS), et le dynamisme r&#233;el de ce peuple, et l'habilet&#233; de ses strat&#232;ges, et la culture g&#233;n&#233;rale du premier Russe venu, par opposition &#224; l'inculture sp&#233;cialis&#233;e du &#171; chercheur &#187; universitaire parisien qui pr&#233;tend nous expliquer son obscurantisme et son arri&#233;ration. C'est que ce ramassis de brutes croit encore &#224; l'instruction et au savoir quand l'&#233;cole europ&#233;enne produit de l'ignorance socialis&#233;e ; croit encore en ses institutions quand celles de l'UE pr&#234;tent &#224; rire ; croit encore en son destin quand les vieilles nations d'Europe confient le leur au cours de la Bourse et aux banquiers de Wall Street.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, la propagande a tout envahi, jusqu'&#224; l'air qu'on respire. Le gouvernement d'Obama prend des sanctions contre le r&#233;gime de Poutine : tout est dit ! D'un c&#244;t&#233;, Guantanamo, les assassinats par drones aux quatre coins du monde, la suspension des droits &#233;l&#233;mentaires et le permis de tuer sans proc&#232;s ses propres citoyens &#8212; et, surtout, vingt-cinq ans de guerres coloniales calamiteuses, sales et rat&#233;es qui ont fait du Moyen-Orient, de la Bosnie &#224; Kandahar, un enfer sur terre. De l'autre, une puissance qui essaie pas &#224; pas de faire le m&#233;nage &#224; ses propres fronti&#232;res, celles justement dont on s'&#233;tait engag&#233; &#224; ne jamais s'approcher. Votre gouvernement contre leur r&#233;gime&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Savez-vous de quoi vous vous privez en vous coupant ainsi, deux fois par si&#232;cle, de la Russie ? Du refuge ultime des vos dissidents, en premier lieu du t&#233;moin capital Snowden. Des sources d'une part consid&#233;rable de votre science, de votre art, de votre musique, et m&#234;me, ces jours-ci, du dernier transporteur capable d'emmener vos gens dans l'espace. Mais qu'importe, puisque vous avez soumis votre science, votre art, votre musique et votre qu&#234;te spatiale &#224; la loi suicidaire du rendement et de la sp&#233;culation. Et qu'&#234;tre traqu&#233;s et &#233;pi&#233;s &#224; chaque pas, comme Snowden vous l'a prouv&#233;, ne vous d&#233;range au fond pas plus que &#231;a. A quoi bon implanter une puce GPS &#224; des chiens d&#233;j&#224; solidement tenus en laisse ? Quant &#224; la dissidence&#8230; Elle n'est bonne que pour saper la Russie. Tout est bon pour saper la Russie. Y compris les nazis enrag&#233;s de Kiev que vous soutenez sans g&#234;ne et n'h&#233;sitez pas &#224; houspiller contre leurs propres concitoyens. Quelle que soit l'issue, cela fera toujours quelques milliers de Slaves en moins&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que vous a-t-il donc fait, ce pays, pour que vous en arriviez &#224; pousser contre lui les forces les plus sanguinaires enfant&#233;es par la malice humaine : les nazis et les djihadistes ? Comment pouvez-vous songer &#224; contourner un peuple &#233;tendu sur onze fuseaux horaires ? En l'exterminant ou en le r&#233;duisant en esclavage ? (Il est vrai que &#171; toutes les options sont sur la table &#187;, comme on dit &#224; l'OTAN.) Destituer de l'ext&#233;rieur un chef d'&#201;tat plus populaire que tous vos polichinelles r&#233;unis ? &#202;tes-vous d&#233;ments ? Ou la Terre est-elle trop petite, &#224; vos yeux, pour que l'&#171; Occident &#187; puisse y cohabiter avec un &#201;tat russe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre cela, tout compte fait. La Russie est l'avant-poste, aujourd'hui, d'un monde nouveau, de la premi&#232;re d&#233;colonisation v&#233;ritable. Celle des id&#233;es, des &#233;changes, des monnaies, des mentalit&#233;s. A moins que vous, atlantistes et eurocrates, ne parveniez &#224; entra&#238;ner la nappe dans votre chute en provoquant une guerre atomique, le banquet de demain sera multipolaire. Vous n'y aurez que la place qui vous revient. Ce sera une premi&#232;re dans votre histoire : mieux vaut vous y pr&#233;parer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Slobodan Despot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://blog.despot.ch/le-syndrome-tolstoievsky&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Despot.ch&lt;/a&gt;. Suisse, le 8 septembre 2014&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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