Le Condor à l'export : Trafic de drogues, Terrorisme d'Etat et Démocratie militarisée
Publication conjointe de The Transnational Institute, Centre de Documentation et information-Bolivie et Inforpress Centre-américaine, Guatemala, avril 1997 primé avec le Prix Simón Bolivar 1997 Publicación conjunta de The Transnational Institute, Centro de Documentación e Información-Bolivia e Inforpress Centroamericana Guatemala, abril de 1997 Galardonado con el Premio Simón Bolivar 1997
Par Samuel Blixen
Indymedia, 11 mars 2003 TRAFIC DE DROGUES
TERRORISME D'ETAT
DÉMOCRATIE MILITARISÉE
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En avril 1996, quand le processus de négociation entre le gouvernement mexicain et les dirigeants indigènes de l'Armée Zapatista de Libération Nationale accomplissait deux années, le général Mario Renán Castillo, chef de la force de taches (intervention) Arco Iris (Arc-en-ciel) se déploie dans l'état de Chiapas, "découvrait" des dépôts de drogues dans trois localités : Les Marguerites, Ocosingo et Altamirano, trois points géographiques équidistants d'Aguascalientes construit par les zapatistas.
Un mois ensuite, le 19 mai, des effectifs du groupe spécial Ledin, del armée mexicaine, ont ratissé les collines entre les lieus dits Tianal et Sikiculum, à la recherche de "énervants", comme a expliqué l'Institut National pour le Combat des Drogues. L'armée a monté quatre campements aux alentours d'Aguascalientes II, en confirmant dans une certaine mesure les dénonciations zapatistas sur une offensive militaire imminente qui, comme tout le long du processus de négociation, agissait comme contrepoint des conversations intermittentes de paix. Le général Castillo a réfuté la dénonciation en attribuant le déploiement des troupes à la répression d'une hypothèse "cartel du Sud-est", qu'ouvrai dans les états Chiapas, Campeche et Tabasco.
Vers le milieu de 1996, le Centre de Droits Humains Fray Bartolomé de las Casas dénonçait que le nord de Chiapas "vivait un état de guerre civile latente"como conséquence de l'action de groupes paramilitaires : "Les Chinchulines" en opérant dans la commune de Chilón ; "Paix et Justice" en Sabanilla ; "Front Civique Luis Donaldo Colosio" et l'"Organisation Juvénile Indépendante" harcelant Tila et Salto de Aguas. Quelque 600 paysans ont été assassinés ou ils ont disparu durant les dernières trois années des mains des gardes blanches, formées ou soutenues par les appareils étatiques de sécurité, selon les dénonciations des organismes de droits humains.
Simultanéement, en juin 1996, le Département d'État des Etats-Unis a annoncé qu'il accorderait cinq millions de dollars supplémentaires pour un programme de qualification de militaires mexicains dans la guerre contre les drogues ; et en août, le sénateur Jesse Helms a levé son veto à la proposition du général Geoffrey Mc Cafrey d'offrir à l'armée mexicaine 50 hélicoptères Huey HU-1H " d'occasion", en caractère de donation ; en échange, le gouvernement mexicain "acceptait" que la flotte d'hélicoptères soit soumise à un "monitorat" américain sur son utilisation, et en outre autorisait le survole du territoire mexicain par d'appareils des agences de sécurité publique, spécialement le Service de Douanes.
Le vide de la après-guerre froide et le trafic de drogues
En les abstrayant des oscillations du processus de négociation de Chiapas, et des stratégies des acteurs, les épisodes indiqués sont suprêmement révélateurs d'une tendance : la participation active, opérationnelle, de l'armée mexicaine dans la répression du trafic de drogues ; la militarisation croissante de l'État ; la dépendance militaire mexicaine des organismes de sécurité nationale Américains ; l'installation définitive d'une stratégie politico-militaire de contre-insurgente ; et l'acceptation du schéma qui incorpore le concept de "narcoterrorisme" pour définir l'"ennemi" sur lequel découlera une doctrine de sécurité continentale, que le Pentagone est déterminé à quel soit adopté par les Forces Armées latino-americaines. L'armée mexicaine, qui par tradition et par les avatars historiques maintenait une attitude "nationaliste exacerbée" face aux Etats-Unis, seconde maintenant une militarisation qui est dissimulée derrière la "guerre contre les drogues" pour imposer "une démocratie de la sécurité nationale".
Dans l'optique de vastes secteurs sociaux, politiques et militaires latino-américains, de toutes les options possibles, le "trafic de drogues", et subsidiairement le "narcoterrorisme", sont considéré comme les plus suspectes et mauvaise pour soutenir une stratégie qui globalise dans le continent les intérêts de la sécurité nationale américaine, accomplis simultanément depuis les divers plans géographique, économique et militaire.
Pour remplir un vide de la après-guerre froide, le trafic de drogues, que si bien il peut être considéré comme une menace pour les processus démocratiques par son caractère corrupteur au niveau politique et desarticulateur au niveau social, il assume le rôle que "le communisme" a occupé durant les années 60 et 70 pour justifier une politique d'intervention militaire et d'hégémonie économique.
La définition d'un ennemi commun, transnational et suffisamment dangereux, est vitale pour le support d'une stratégie d'hégémonie ou de dépendance, selon depuis où on le regarde. Comme avant avec le communisme, le trafic de drogues est défini comme principal ennemi des processus démocratiques, tend à masquer la cause première de la déstabilisation latino-américaine : les profondes injustices sociales et les niveaux insupportables de marginalisation et pauvreté qu'engendrent les prescriptions économiques néolibérales.
Ainsi que le "narcoterrorisme" est une grossière généralisation pour expliquer les explosions sociales, les rébellions, les violences et les révoltes, le "trafic de drogues" résulte une justification facile et chromée pour le déploiement des stratégies militaristes.
Dans la toute Amérique latine, et dans un éventail de secteurs qui inclut des partis progressistes, église et organisations sociales, la définition du trafic de drogues comme menace principale des processus démocratiques nourrit des forts soupçons, entre d'autres raisons pour les abondants antécédents qui lient la commercialisation de drogues avec le financement d'opérations cachées promues par la CIA et d'autres organismes américains exécuteurs de politiques de sécurité nationale.
Traces d'un passé récent
En ce sens, le schéma qui se reproduit au Mexique garde dans sa genèse de grandes similitudes avec l'histoire récente de l'Amérique Centrale, où les stratégies de contre insurgent ont favorisé l'apparition des groupes paramilitaires, et les objectifs politiques ont dévoilé un terrorisme d'État qui n'a pas hésité en aller vers le trafic de drogues comme source de financement. La dénonciation de la présence de conseillers militaires argentins en opérant avec les forces déployées au Chiapas, qui à son tour ont rempilé comme conseillers au Salvador, Honduras et Guatemala dans la décennie des années 80, suggère la survie d'un système de coordination au niveau de l'intelligence militaire, de caractère secret et clandestin, qui menace avec la reproduction "d'une morale de la sécurité nationale".
Bien qu'on n'ait pas reconnu officiellement encore la responsabilité institutionnelle dans le terrorisme d'État qui s'est répandu en Amérique latine, les recherches journalistiques et d'organismes de droits humains ont compilé un corps d'information qui révèle l'existence d'une trame continentale de coordination dans laquelle l'armée argentine a occupé un rôle premier dans certains des ces épisodes clef.
En revendiquant une expérience avec succès et effective dans la sale guerre contre la "subversion" à partir du coup d'État de mars 1976, le état mayor de l'intelligence militaire ont assumé depuis 1978 des missions de consultation dans des organismes d'intelligence des Forces Armées et à des groupes d'extrême droite en Amérique Centrale. Le commandant du Premier Corps d'Armée (Argentine), général Guillermo Suárez Masón, a promu alors la création du Groupe de Tâches Extérieur (GTE) du Batallón 601, appareil d'intelligence militaire lié à la SIDE (Secrétariat d'Information de l'État). Les détachements militaires et les agents argentins auraient deux missions simultanées : conseiller aux alliés d'Amérique centrale et poursuivre les exilés argentins, spécialement ceux du groupe Montoneros.
Jusqu'à où on a pu être confirmé, les relations entre les appareils d'intelligence militaire argentins et les groupes d'extrême droite d'Amérique centrale partent des contacts effectués par l'organisation néofasciste italienne Avanguardia Nazionale. Le lien est daté à des époques aussi précoces que 1973, quand le terroriste italien Stephano Delle Chiaie a commencé à opérer en Argentine à nom de la DINA chilienne, la police politique du régime de Augusto Pinochet, dirigé par le alors colonel (aujourd'hui général et poursuivi en justice) Manuel Contreras.
Delle Chaie, qui coordonnait ses activités avec l'agent chilien (et agent présumé de la CIA) Michael Townley (condamné aux Etats-Unis par le meurtre de l'excanciller Orlando Letelier) a participé comme agent de liaison avec le salvadorien Roberto d'Aubisson pour les premières missions de consultation. Jusqu'en 1980, les conseillers argentins qui ont été déployés au Salvador et au Guatemala et qu'ont instruit les groupes paramilitaires dans la pratique des enlèvements, comme source de financement des opérations clandestines.
L'organisation du coup d'État qui, en juin 1980, a installé au pouvoir le général Luis García Meza en Bolivie a provoqué un retournement qualitatif dans les sources de financement des bandes paramilitaires en Amérique Centrale. Divers chercheurs de la genèse de la "narcodictature" bolivienne consignent que l'assistance argentine, avec des armes et personnel militaire -400 conseillers- a été produit par un accord qui a permis cartels de la drogue de financer le coup d'Etat. La décision des narcotrafiquants boliviens de soutenir les militaires et de garantir ainsi l'expansion de leurs affaires depuis le pouvoir, avait été détectée par la mission de la DEA à Buenos Aires, en mars 1980, selon les révélations de l'ex agent Michael Levine ; mais la CIA et la DEA ont dissimulé l'information pour ne pas gêner le processus.
Le contact avec les militaires argentins a été ensuite le colonel Luis Arce Gómez, ministre de l'intérieur de la dictature bolivienne (aujourd'hui prisonnier aux Etats-Unis sous des charges de trafic de drogues). Arce a intercédé devant son cousin, le narco-trafiquant Robert Suárez, pour établir un mécanisme de trafic drogues et lavage d'argent qui disposerait la couverture des conseillers argentins en Amérique Centrale. En échange, les narco-trafiquants boliviens financeraient des bandes paramilitaires de la région. L'accord a été effectué en Bolivie entre Arce, Suárez, Stephano Delle Chiaie et le lieutenant le colonel Hugo Miori Pereyra, membre du contingent argentin en Bolivie et représentent du général Suárez Mason.
Miori Pereyra a aidé à Delle Chiaie pour monter, en Bolivie, un escadron terroriste appelé "Novios de la Muerte" (Les Fiancés de la Mort). Cet escadron, au quelle a été lié le criminel nazi Klaus Barbie et qui coordonnait avec le Service Spécial de Sécurité, instruisait indistinctement à des soldats boliviens dans les techniques de torture au prisonniers et offrait une protection au commerce de la cocaïne. (Le lien des conseillers argentins avec cet escadron de la mort offre une autre piste parallèle de la relation avec le trafic de drogues : le témoignage de la narcotrafiquante bolivienne Sonia Altalá devant une Cour de justice américain, affirme que les "Novios de la muerte" étaient soutenus par l'organisation de trafic qu'il dépendait du ministre Arce Gómez).
La relation entre des narcotrafiquants et paramilitaires a acquis une autre dimension peu après le coup de García Berce, après les accords du quatrième congrès de la Confédération Anticomunista latino-americaine (CAL), filiale de la World Anti-Comunist League (WACL), qui a été effectuée à Buenos Aires. Présidée par Suárez Masón, ont été présents le président de la WACL, Woo Jae Sung, membre significatif de la Secte Moon ; représentants de la loggia maçonnique italienne Propaganda Due, délégués de l'ex dictateur nicaraguayen Anastasio Somoza et de l'organisation terroriste anticastrista Alpha 66 ; le salvadorien Roberto d'Aubisson, le neofasciste guatémaltèque Mario Sandoval Alarcón et le terroriste italien Delle Chiaie, entre autres. John Carbaugh, assistant du sénateur Jesse Helms, et Margo Carlisle, collaborateur du sénateur James McClure, ont pris part comme observateurs.
Suárez Mason a fondé la nécessité de développer la lutte anticommuniste en Amérique Centrale, pour résister au sandinisme triomphant. La WACL a apporté 8 millions de dollars pour les frais initiaux d'un détachement de conseillers argentins qui a été transféré à Amérique Centrale. Selon quelques sources, l'argent provenait de fonds secrets maniés par la CIA. Le colonel argentin Josué Osvaldo Ribeiro, alias "Balita" (petit balle), a été le principal responsable des détachements du Groupe de Tâches Extérieure en Amérique Centrale. Le lieutenant le colonel Miori a joué de "courrier". On lui attribue un rôle fondamental dans l'instrumentation du trafic de drogues qui a floué vers le Salvador. La cocaïne était transbordée dans les bases de la Force Aérienne salvadorienne et dérivée vers les Etats-Unis. Une partie de la drogue a financé les escadrons de la mort montées par le mayor d'Aubisson.
Les groupes paramilitaires guatémaltèques ont été conseillés par le lieutenant le colonel Santiago Hoya, alias "Santiago Villegas". Hoya et le colonel Ribeiro ont eu une participation décisive dans les origines de les ensuite connu comme le scandale des Iran-Contras ou Irangate.
Ribeiro, à auquel on attribue une participation de premier plan dans la disparition de d'exilés dans le cadre "de l'Opération Condor", ainsi que la modernisation des services d'intelligence au Paraguay, il a transféré les expériences de coordination effectuées en Argentine avec des militaires uruguayens, Chiliens et paraguayens. Depuis son quartier général dans l'hôtel Honduras Maya, de Tegucigalpa, Ribeiro a commencé la coordination avec les exilés de la Garde Nationale somociste, tandis que Hoya, comme "chef des opérations", dirigeait l'installation du domaine d'entraînement appelé Sagitario (Sagitaire), dans les alentours de Tegucigalpa, et du camp de concentration clandestine connue comme "La Quinta". Hoya et Ribeiro ont serré des liens avec le général Gustavo Alvarez Martínez, chef de la G2 de l'armée hondurienne, avec l'ex capitaine de la Garde Nationale somocista Emilio Echaverry et avec les chefs "contras" Arístides Sánchez, Enrique Bermudez et Frank Arana.
Des témoignages demandés dans des commissions du Congrès des Etats-Unis révèlent que la CIA avait délégué aux conseillers argentins présents en Amérique Centrale l'organisation de la contra nicaraguayen avant que le Conseil de la Sécurité Nationale orchestre l'ordre secret du président Ronald Reagan pour contourner l'écueil des interdictions imposées par le Congrès. Ribeiro et Hoya ont eu un actuation important dans les négociations qui ont terminé dans la création de la seconde direction collective des "contras", après la transformation de la Légion 15 septembre, intégrée par des ex gardes somocistes, dans la Force Démocratique nicaraguayenne (FDN).
Le saut qualitatif : Irán-gate
Le détail des activités argentines en Amérique Centrale, son rôle de coordination et la manière dans laquelle ont conflué les intérêts des dictatures argentine et bolivienne avec les intérêts du Conseil de la Sécurité Nationale, a été récemment complété par la recherche de San José Mercury News, de Los Angeles, sur la participation de la CIA dans l'importation de drogue aux Etats-Unis pour financer l'approvisionnement clandestin d'armes de la contra.
Selon cette investigation, un des "filleuls" préférés des conseillers argentins, le colonel somociste Enrique Bermudez, a provoqué le saut qualitatif dans le flux d'argent dans en grandes quantités pour l'achat d'armements et paiement des mercenaires, quand il a autorisé deux citoyens, Danilo Blandón et José Norwin Meneses, à monter le schéma de trafic de drogues en utilisant la structure naissante de la FDN à Los Angeles.
La recherche a révélé que la drogue distribuée à Los Angeles (et à auquel le San José Mercury News attribue l'origine du boom du crack entre la population noire) était déposée dans les bases aériennes salvadoriens et depuis de là elle était transférée dans des avions de tourisme jusqu'à des aéroports au Texas, avec la protection de la CIA. À la fin de 1981, la structure avait obtenu de faire introduire une tonne de drogue de la contrebande. Blandón, celui qui actuellement reçoit un salaire du gouvernement américain comme agent spécial de la DEA, a admis que entre 1981 et 1988 est arrivé à s'introduire jusqu'à 100 kilos de cocaïne hebdomadaires.
La coïncidence de dates, acteurs et lieux géographiques permet de suggérer qu'une partie de la drogue manipulée par Blandón, avec l'autorisation de la CIA, était approvisionnée par les narco-trafiquants boliviens, même après le renversement de García Meza en Bolivie, et de la restauration démocratique en Argentine en 1983.
Les argentins ont aussi été les pionniers de la structure qu'a ensuite a utilisée le gouvernement de Ronald Reagan pour canaliser l'aide cachée aux contras. Les agents du Batallón 601, Raul Guglielminetti, alias une "Mayor Guastavino", Leandro Sánchez Reisse, alias "Lenny", et Jorge Franco, alias "Fiorito", se sont spécialisés dans le blanchiment d'argent des fonds provenant du trafic de drogues. Franco a voyagé dans deux occasions à Amérique Centrale, une de d'elles avec son identité réelle. Qualifié comme expert en finances, Franco il figure comme "disparu" dans les listes de l'Institut d'Oeuvres Sociales de l'Armée, mais on soupçonne qu'au moins jusqu'à 1987 il restait en Amérique Centrale.
Leandro Sánchez Reisse est le seul des membres du GTE qui a admis le lien des conseillers argentins avec le trafic de drogues pour le financement des opérations cachées. De profession comptable, a été arrêtée à Genève, en Suisse, en 1982, quand essayait de percevoir le argent pour le sauvetage du banquier uruguayen Carlos Koldobsky, enlevé à Buenos Aires. En 1985 il a reussi à s'enfuir de la prison de Champ Dollon. Il s'ait réfugié aux Etats-Unis, sous la protection de la CIA. Pour éviter l'extradition sollicitée par le gouvernement de Raúl Alfonsín, Sánchez Reisse s'été offert pour certifier devant la sous-commission Terrorisme, Narcotiques et Opérations Internationales du Comité de Relations Extérieures du Sénat américain.
Sánchez Reisse a révélé, à des dates aussi précoces que 1987, que le général Suárez Masón et le secteur de l'armée sous son commandement a reçu de l'argent du trafic de drogues pour financer la lutte contra-insurgé en Amérique Centrale. Il a expliqué que deux entreprises montées à Miami, une appelée Argenshow, consacrée à l'embauche de chantants pour de tournes latino-américaines, et un autre appelé Silver Dollar, en réalité une maison de gages dirigée par Raúl Guglielminetti, ont été les deux écrans pour la manipulation de l'argent. Il a admis que Silver Dollar et Argenshow avaient canalisé 30 millions de dollars du trafic de drogues qui ont été tourné par l'intermédiaire de Panama vers la Suisse, Lichtenstein, Bahamas et les Îles Cayman. L'argent, a dit, a terminé entre les mains des contras nicaraguayens.
Il a aussi révélé que la CIA était au courant des activités des deux entreprises de Floride depuis le milieu de 1980 et qui a donné son approbation pour les opérations du blanchiment. Le comptable du Batallón 601 a révélé au sous-comité du Sénat la participation argentine aux préambule de l'Irán-gate. Il a admis qu'un argentin, impliqué dans l'enlèvement, en 1977, de Luchino Revelli Beaumont, directeur de Fiat France, a proposé à la CIA, par a intervenu d'Anthony Mac Donald, président du First Ville Fédérale Bank de New York, engager à cinquante mercenaires argentins pour s'infiltrer en Iran et essayer le sauvetage des 52 otages étasuniens de pouvoir de Komeini. Le plan n'a pas prospéré par les exigences des argentins sur les assurances vie, selon Sánchez Reisse.
L'entreprise Silver Dollar a servi d'écran pour les premiers approvisionnements d'armes aux contras. Les transactions initiales ont été effectuées alors par l'intermédiaire de Norman Faber, un partenaire du directeur de la CIA, William Casey, dans une autre entreprise fantôme "Hold-Dicker" qu'il a servi à aiguiller de l'argent vers la contra.
On présume qu'à des dates aussi précoces que 1982, George Morales, un commerçant colombien nationalisé américain, a opéré avec les conseillers argentins dans la contrebande d'armes envers le Salvador, à destination de la contra, dans des vols effectués avec les avions de son entreprise de taxi aérien Aviation Activities Corporation, de Miami. Les avions étaient autorisés par la CIA à retourner avec des chargements de cocaïne, pourvu qu'on fasse don d'un pourcentage pour le contra. Morales a déclaré à l'avocat Jack Blum, conseiller du Sous-comité, qu'il a dérivé quelque quatre millions de dollars.
Avec Sánchez Reisse et Raúl Guglielminetti, a opéré en Amérique Centrale, un spécialiste dans des questions financières, autre agent de la SIDE, Juan Martín Ciga Corroie, alias une "Mayor Santamaría", de vaste filiation d'extrême droite. Ciga Corroie est condanné et avec capture sollicitée par la justice argentine, par le meurtre, en 1974, de l'ex commandant de l'Armée Chilien, Carlos Prats Gonzalez ; il a aussi participé comme agent de liaison entre les agents de la DINA Chilien Michael Townley et Enrique Arancibia Clavel, et l'organisation d'ulraderecha Triple A, pour la planification et l'exécution de l'attenta contre Prats et sa conjointe. Ciga a été en outre inséré avec Guglielminetti dans des affaires de trafic d'armes et dans des enlèvements pour extorsions d'argent effectués au Costa Rica. Actuellement on Il l'a identifié comme conseiller des escadrons paramilitaires qui opèrent dans certaines régions de l'état de Chiapas.
Arguments indéfendables
Si, comme il suggère la "connexion argentine", le vaste schéma du trafic de drogues comme fonds fiduciaire des opérations cachées est intimement lié à une structure de coordination d'appareils militaires d'intelligence, les actuelles propositions de militariser la guerre contre la drogue sont sérieusement disqualifiées dans leur objectif explicite, par les liens et les compromis nuées tout au long des années.
Tant le trafic de drogues comme d'autres activités délictueuses appelées "communes", ont été fondées politique et idéologiquement et assumées dans le cadre de l'impunité qu'offraient les dictatures militaires au terrorisme d'État.
Il n'existe pas d'éléments qui assurent un changement radical et effectif dans cette politique ; et l'insistance avec laquelle on promeut le concept de "narcoterrorisme" pour fonder une stratégie contre-insurgée et de militarisation en Amérique latine, plus la recrudescence de l'action de groupes paramilitaires, prédit une survivance de ces cadres idéologiques et politiques.
Principalement quand, dans l'ensemble, on vérifiera une incapacité des nouvelles démocraties pour épurer les cadres militaires et policiers insérés, d'une part, dans des violations aux droits humains, et, par un autre, dans des épisodes de trafic de drogues, enlèvements d'extorsion et autres infractions "de droit commun".
Sources
Carlos Juvenal :