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19 février 2010

Terrorisme israélien
Il est temps de dire la vérité !

par Robert Fisk

 

Toutes les versions de cet article : [Español] [français]

Comment les Arabes auraient-ils pu détecter un meurtre du Mossad,
si c’est ce que c’était ? Eh bien, nous allons voir !

Collusion. C’est ce dont il s’agit. Les Emirats Arabes Unis soupçonnent – soupçonnent seulement, vous remarquerez – que la « collaboration » de l’Europe avec Israël « en matière de sécurité » a dépassé la frontière de l’illégalité, où des passeports britanniques (et ceux d’autres nations européennes) peuvent désormais être utilisés pour envoyer des agents israéliens dans le Golfe, afin de tuer les ennemis d’Israël. Hier, à 15h49 (heure de Beyrouth, […] [14h49 à Paris]), mon téléphone libanais a sonné. C’était un informateur – impeccable, je le connais, il a parlé avec l’autorité que je sais qu’il a à Abu-Dhabi – pour dire que « les passeports britanniques sont authentiques. Ils sont munis d’images holographiques et de timbres biométriques. Ils ne sont ni falsifiés, ni contrefaits. Les noms étaient vraiment là-bas. Si l’on peut contrefaire un hologramme ou un timbre biométrique, qu’est-ce que cela veut dire ? »

La voix – je connais bien cet homme et ses origines – veut parler. « Il y a 18 personnes impliquées dans le meurtre de Mahmoud al-Mabbouh. En plus des 11 qui ont déjà été nommés, il y a deux Palestiniens qui sont actuellement interrogés et cinq autres, dont une femme. Elle faisait partie de l’équipe qui surveillait le hall de l’hôtel. » Deux heures plus tard, je reçois, sur mon téléphone de Beyrouth, un SMS, envoyé depuis Abu-Dhabi, la capitale des Emirats Arabes Unis. C’est le même informateur.

« ENCORE UNE CHOSE », est-il écrit en lettres capitales, et le reste en minuscules. « La salle de commandement de cette opération était en Autriche (sic, en fait, tout est « sic » dans ce reportage)… ce qui signifie que les suspects, lorsqu’ils étaient ici, ne se sont pas parlés les uns aux autres, mais par l’intermédiaire de la salle de commandement sur des lignes séparées, afin d’éviter d’être détectés ou qu’on les relie les uns aux autres… mais cela a été détecté et identifié, OK ?? » OK ? Me suis-demandé.

Mon informateur est à la fois en colère et insistant. « Nous avons fait parvenir à Interpol les détails des 11 personnes nommées. Interpol les a fait circuler auprès de 188 pays – mais pourquoi la Grande-Bretagne n’a-t-elle pas prévenu les nations étrangères que ces personnes utilisaient des passeports à ces noms ? » D’autres révélations allaient venir.

« Nous avons identifié cinq cartes de crédit appartenant à ces personnes, toutes émises aux Etats-Unis. » L’homme ne donnera pas les nationalités européennes des cinq personnes supplémentaires – cela ferait deux femmes impliquées dans le meurtre de M. Mabbouh. Il a dit que les pays de l’Union Européenne coopéraient avec les E.A.U., y compris le Royaume-Uni. Mais « pas un seul pays auxquels nous avons parlé n’a notifié à Interpol les passeports utilisés en leur nom. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? »

Ma source a insisté sur le fait que l’un des noms sur un passeport – le nom d’un homme qui nie être au courant de l’utilisation qui en a été faite – a voyagé avec en Asie (probablement l’Indonésie) et dans des pays de l’Union Européenne, au cours des 12 derniers mois. Les Emirats ont la preuve qu’un Américain est entré dans leur pays en juin 2006 avec un passeport britannique, délivré au nom d’un citoyen du Royaume-Uni qui était déjà en prison dans les Emirats. Les Emirats soutiennent que le passeport d’un agent israélien envoyé en Jordanie pour tuer un dirigeant du Hamas [Khaled Meshaal] était un passeport canadien authentique délivré à une personne ayant la double nationalité israélo-canadienne.

Les agences d’ « Intelligence » – lesquelles, à la lumière de ce correspondant, sont souvent très inintelligentes – utilisent depuis longtemps des faux passeports. Oliver North et Robert McFarlane s’étaient rendus en Iran pour demander la libération des otages américains au Liban, avec des passeports qui avaient été auparavant dérobés à l’ambassade d’Irlande à Athènes. Mais la nouvelle information des Emirats pourrait opousser quelques gouvernements européens à retenir leur souffle – et il vaut mieux qu’ils aient de bonnes réponses à ces questions. Les services de renseignements – arabes, israéliens, européens ou américains – adoptent souvent une attitude arrogante envers ceux dont ils souhaitent se cacher ? Comment les Arabes auraient-ils pu détecter un meurtre du Mossad, si c’est ce que c’était ? Eh bien, nous allons voir !

Collusion est un mot que les Arabes comprennent. Ça leur rappelle la Guerre de Suez de 1956, lorsque la Grande-Bretagne et la France avaient coopéré avec Israël pour envahir l’Egypte. Londres et Paris avaient toutes deux réfuté ce complot. Les deux pays mentaient. Mais pour un pays arabe du Golfe qui soupçonne ses anciens maîtres (la Grande-Bretagne, pour la nommer) d’avoir pu être de connivence dans un meurtre d’un officiel du Hamas en visite, cela en est visiblement trop. Il y a encore beaucoup de choses qui sortiront de cette histoire. Nous attendrons de voir s’il y a des réponses en Europe.

Traduit de l’anglais pour Blog par : JFG/QuestionsCritiques


The Independent.
Londres, jeudi 18 février 2010.

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