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20 janvier 2016


Shoah-Holocauste-disparitions argentines :
Une vérité qui enseigne

par Osvaldo Bayer*

 

Toutes les versions de cet article : [Español] [français]

Un projet de master, réalisé par l’Institut Ibéro-américain de Recherche de l’Héroïsme durant l’Holocauste-Shoah et intitulé « Los estudios del Holocausto » [1] a été publié. Le prologue signale : « Les études de l’Holocauste offrent l’opportunité d’élargir les connaissances sur un évènement historique singulier. Elles fournissent à l’étudiant la possibilité d’étudier un spectre de larges thématiques comme l’antisémitisme, le racisme, la xénophobie, le militarisme, l’homophobie, l’exil, les bureaucraties sous le régime totalitaire et la formation et le fonctionnement des stéréotypes. De plus, cela permet d’approfondir des comportements tels que le conformisme, l’altruisme et le courage civil ».

De même, cela entraîne « une prospection sur les méthodes bureaucratiques utilisées par le régime nazi pour identifier, isoler et éliminer systématiquement les grandes populations, en soulevant des questions comme l’abus de pouvoir des gouvernements, les réponses des juifs et des institutions juives » et des autres concernant les politiques de ségrégation, d’extermination, d’esclavage nazis en élargissant les connaissances au sujet des comportements des individus ou groupes face aux persécutions et à l’inhumanité.

Une étude semblable devrait également être nécessaire sur le crime de la disparition de personnes en Argentine.

Le texte propose également l’analyse de stratégies pour générer « des antidotes effectifs au sein des nouvelles générations académiques dans le but de détecter et éviter la récurrence de processus similaires qui, dans le cas du nazisme, sont inspirés et menés par des auteurs d’actes criminels diplômés et offre un thème d’étude pour savoir de quelle manière la mémoire collective d’évènements historiques importants émerge et se développe dans le temps ».

Durant les séminaires qui auront lieu dans plusieurs universités, il sera proposé « une introduction conceptuelle sur l’histoire de l’Holocauste ». La première étape consistera à analyser les sujets et les problèmes concernant les termes « Holocauste, solution finale, antisémitisme, race et racisme, déplacement forcé de population, génocides et État-nation ». « Les conditions de l’État moderne qui ont servi de base à la réalisation de l’Holocauste seront analysées ainsi que les méthodes d’analyses des sources primaires de la recherche incluses dans les documents ».

Quels ont été les rôles des sociétés dans les pays occupés par les nazis, du travail forcé et de la solution finale, des alliés et de leur connaissance de la machine à tuer nazie, de l’antisémitisme allié et de l’inaction délibérée ainsi que de la négation des russes, anglais et des américains pour sauver les juifs et arrêter l’extermination en bombardant Auschwitz et le reste des camps et des voies ferrées qui amenaient aux camps les « Prisonniers Politiques » ? Il est proposé un séminaire de méthodologie et de recherche pour l’étude de l’Holocauste.

Et il est signalé que : « la connaissance scientifique de tout évènement historique est consolidée par la combinaison de multiples sources de différents types. Les chercheurs utilisent une variété de fondements dans leurs travaux aussi bien écrits qu’oraux. Ce cours recherchera les bases disponibles qui sont employées dans le domaine des études de l’Holocauste et guidera les élèves dans les méthodes pour localiser et utiliser ces sources. L’axe principal de ce cours s’intéressera au rassemblement et à l’utilisation des études des survivants. Il orientera les étudiants sur la gestion des entretiens et l’emploi de ces sources orales dans la recherche et leur application à l’écrit ».

Ensuite, viennent les questions auxquelles il faut répondre :

  • Quelles sont les sources primaires ?
  • Quelles sont les sources secondaires et comment les utilise-t-on dans l’écriture historique ?
  • Comment localise-t-on ces sources dans les archives de bibliothèques et dans celles en ligne ainsi que dans les bases de données ?

Il sera également abordé « la musique qu’Hitler ne voulait pas écouter, la censure et la collaboration des musiciens allemands ainsi que l’aryanisation du répertoire musical, les compositeurs et la musique symphonique apparue dans les ghettos, le rôle de la musique populaire dans la résistance juive dans les ghettos mais aussi dans la résistance armée en faveur des juifs et l’extermination de la musique populaire juive ».

Un autre chapitre fait référence aux « Migrants juifs, à l’exil et aux réfugiés à l’ère de l’Holocauste ». Il y a également un espace consacré à la « Littérature de la Shoah », un fait historique qui continue de déconcerter et qui suscite l’horreur et la stupéfaction de l’humanité. On y retrouve le pire de l’Europe durant les années de1943 à1948.

En résumé, les différents sujets à étudier seraient : Art et Holocauste, Culture Musicale et Holocauste, Migrants juifs, Exil et Réfugiés à l’ère de l’Holocauste (1933-1948), Littérature de la Shoah, anthropologie de la Shoah et le traumatisme, l’Holocauste : mémoire, identité et éducation. Les aspects psychologiques de la mémoire de l’Holocauste, la famille juive, l’enfance et les nazis, les femmes dans l’Holocauste, les religions dans l’Holocauste, Chrétiens, Juifs et églises dans l’Holocauste, la personnalité altruiste : les sauveurs des juifs durant l’Holocauste, les criminels avec un doctorat, les professeurs d’Hitler et le rôle des intellectuels érudits dans les crimes de l’Allemagne nazie contre le peuple juif, la question légale : La loi en Allemagne nazie, idéologie, opportunisme et perversion de la justice, médecine et éthique dans l’Allemagne nazie : origines, pratiques et héritages, les entreprises et l’industrie en Allemagne nazie, le commerce du génocide, les SS et l’esclavage sous le régime totalitaire. Outre ces thèmes, on trouve également : les sources fondamentales du financement d’Hitler, les exilés russes, anticommunistes et antisémites et les fonds de réserve de l’armée allemande. Le rôle joué par le grand capital allemand, l’industrie et les hautes finances, comme Henry Ford et la General Motors depuis 1922, antérieurement à la majorité des grands capitalistes allemands, le travail d’esclavage juif et son usufruit par les entreprises allemandes : AEG (General Electric Alemana), Wanderer Autounión (la automotriz AUDI),Krupp, Tyssen (acero), Rhein Metall Borsig, Siemens, Schuckert, Telefunken y Volkswagen.

C’est-à-dire, une étude complète de cette réalité qui n’a aucune explication du point de vue éthique.

Nous pensons que dans ce programme, il faudrait également étudier en tant que sujet fondamental le génocide qui a été réalisé au sein des peuples originaires d’Amérique Latine à l’époque de Rivadavia, Avellaneda et Roca afin de conquérir leurs terres. Sans oublier non plus l’utilisation des africains comme esclaves par les blancs. Tout ceci, représente une matière essentielle pour l’éthique humaine. Il faut apprendre des crimes de la supposée civilisation, pour qu’ils ne se reproduisent jamais.

Traduit de l’espagnol pour
El Correo de la diáspora par :
Vanessa Aleman

Osvaldo Bayer* pour Página 12

Página 12. Buenos Aires, le 16 janvier 2016.

*Osvaldo Jorge Bayer est un historien, écrivain et journaliste argentin qui se définit comme un « anarchiste et pacifiste à outrance ». Docteur Honoris Causa de plusieurs universités, il possède la double culture allemande et argentine, qu’il met au service de combats sociaux justes que l’Histoire Officielle s’obstine à gommer.

COMPLEMENT D’INFORMATION

LE GENOCIDE COMME PRATIQUE SOCIALE.
Du nazisme à l’expérience argentine.

par Daniel Feierstein *

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La thèse de Daniel Feierstein est audacieuse. Elle met en perspective deux crimes extrêmes : le génocide perpétré par les nazis entre 1933 et 1945 contre six millions de juifs et plusieurs minorités ethniques, sociales et politiques, avec ses différents modus operandi, objectifs et rythmes ; et les crimes commis en Argentine, entre 1974 et 1983, avant et pendant la dernière dictature militaire, qui firent de l’enlèvement, de la torture, du camp de concentration et de la disparition autant d’outils de terreur et de domination. (...).

El Correo de la diáspora. Paris, 17 janvier 2016.

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Notes

[1Ndt : « Les études de l’Holocauste »

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