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19 avril 2018

Miguel Díaz Cane sera le nouveau Chef d’État de Cuba

 

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L’ingénieur en électronique de 58 ans, Miguel Díaz Canel, qui vient d’être proposé par l’Assemblée du Pouvoir Populaire, sera le nouveau chef d’État de Cuba. Un homme politique à la trajectoire ascendante et solide.

Miguel Díaz Canel est l’homme choisi pour occuper le lieu où avant il y a eu un seul nom de famille : Castro. Quand Cuba a repoussé l’invasion de Plage Girón , cela fait aujourd’hui 57 ans, il était à peine un bébé. Si Fidel a conduit la Révolution pendant des décennies ; à Villa Clara, la province où est née le nouveau président, le Che Guevara a immobilisé le célèbre train blindé plein de soldats qui a accéléré la chute de Fulgencio Batista. L’ingénieur en électronique diplômé en 1982 que vient de proposer l’Assemblée du Pouvoir Populaire comme chef d’État, est un homme politique à la trajectoire ascendante et solide. Demain, il aura 58 ans, il est déjà introduit de manière formelle comme le principal mandataire de l’île. Ses actes plus ou moins récents comme premier vice-président donnaient les signes qu’il pouvait l’être. Il avait été reçu en Chine par Xi Jinping, a aussi assisté à l’intronisation du Pape François à Rome. On déduisait qu’il succéderait à Raúl dans le gouvernement de l’île. Personne n’osait le confirmer, mais le suggérait comme possible.

Grand , poivre et sel, d’ allure imposante et au timide sourire, Miguel Mario Díaz Canel Bermúdez – selon ses prénoms et noms de famille complets – est né le 20 avril 1960. Il n’est pas le plus jeune membre du Conseil de l’État proposé par l’assemblée que présidée le vétéran Esteban Lazo a, mais fait partie de la génération du remplacement. Raúl Castro a 86 ans et ceux qui se mettront à occuper maintenant les charges que laissent les vieux commandants de la Sierra Mastra tournent autour de 48 ans. Le président présumé a été coopérant internationaliste au Nicaragua, où il a appuyé le sandinisme dans les années 80. Il a occupé le poste du premier secrétaire de l’Union de Jeunesses Communistes à Villa Clara, il a exercé la même fonction au sein du PC cubain de sa province natale et aussi à Holguín. Il a été ministre de l’éducation Superieure en 2009 et en 2012 vice-président du Conseil des ministres.

Si quelque chose unit Díaz Canel avec le legs révolutionnaire de Fidel c’est qu’il toujours été parmi le peuple pour connaître ses désirs et nécessités. A propos de lui une légende circule quand il a exercé comme fonctionnaire dans la province de Holguín, où il a connu sa deuxième épouse. On raconte qu’il se présentait par surprise pour vérifier le service que les personnes recevaient dans un lieu déterminé. En 2012 – explique Harold Cárdenas, professeur à l’Université de Matanzas – il a intercédé pour qu’un blog appelé La jeune Cuba puisse continuer à être actif avec ses opinions critiques. Le nouveau président l’a fait sans que personne ne le lui demande. L’anecdote a été diffusée par l’agence AP, qui n’est pas précisément Granma ni Juventud Rebelde.

C’est un homme qui s’intéresse à la culture et on dit à Cuba que c’est un esprit ouvert à la diversité. Pendant sa gestion à Santa Clara, a prospéré Le Menjunje, un centre culturel qui organisait des spectacles conçus ou joués par des transsexuels.

En survolant les profils improvisés qui maintenant inondent l’Internet, il reste très clair que Díaz Canel était loin d’avoir un biographe. Pas seulement à cause de son profil bas. La poésie épique de la Révolution et les commandants qui lui ont apporté sa mystique, obscurciraient toute figure postérieure. Le nouveau président sait qu’il devra être à l’hauteur de ce que lui impose l’histoire. A Cuba le plafond est très haut, pour quelque motif qu’il soit.

Díaz Canel ne pourra pas remplacer le charisme de Fidel, ni l’expérience négociatrice de son frère Raúl, qui restera à la tête du Parti Communiste Cubain (PCC). Cela sera le nouveau pouvoir dans l’île avec des hommes et des femmes qui n’ont pas vécu en tant qu’adultes le débarquement du Granma ou la crise des missiles. Ce monde bipolaire n’est déjà plus le même, mais il est soumis à de nouveaux défis. L’Union soviétique n’existe plus, et les missiles ont arrêté de pointer vers les États-Unis. Vladimir Poutine n’est pas Nikita Khrouchtchev et les bombes tombent aujourd’hui en Syrie ou sur les pays que les États-Unis designent comme terroristes. Donald Trump écrit la liste, cette espèce de nouveau vilain planétaire bien que la presse institutionnelle place en général dans ce lieu d’autres hommes politiques. Cuba est dans cette liste d’ennemis et sa génération née pendant la révolution devra savoir que faire avec elle.

A Cuba le peuple ne connaît pas trop Díaz Canel. Les personnes âgées sont restées avec le souvenir des commandants de la Révolution – certains continuerons et d’autres partiront du gouvernement – et les plus jeunes ne semblent pas trop intéressés à connaître des détails de la vie du chef d’État qui sera officialisé aujourd’hui à La Havane. Les 604 députés présents dans l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire l’ont applaudi hier débout, presque en simultané avec la chaleureuse ovation dont ils ont gratifié Raúl Castro. Il a remercié, sérieux et presque distant, peut-être certain de ce que cela ne sera pas facile.

Gustavo Veiga pour Pàgina 12

Pàgina 12. Depuis La Havane, le 19 avril 2018

Traduit de l’espagnol pour El Correo de la Diaspora par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo de la Diaspora. Paris, le 18 avril 2018

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