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22 mai 2014

Une catastrophe annoncée

Libye, une poignée de sable dans le vent.

par Guadi Calvo *

 

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La grande presse occidentale fait savoir que le dimanche 18 mai il y a eu une tentative de coup d’État en Libye. Il serait intéressant, que quelqu’un explique de quel État s’agit-il, puisque depuis la chute du Colonel Kadhafi en octobre 2011, la république de l’époque la plus moderne et progressiste d’Afrique a reculé au temps du Roi Idris au-Senussi, mis sur le trône par les Anglais, après l’échec des fascistes et qui a gouverné avec un pied au XVe siècle et l’autre nulle part jusqu’à son renversement en septembre 1969, par un colonel charismatique de vingt-sept ans. Depuis l’assassinat Mouammar Kadhafi, la Libye s’évanouie comme une poignée de sable en vent.

En Libye, depuis que l’OTAN en est en charg, personne ne sait qui gouverne et ni même où l’on gouverne. Les commandos islamistes, qui ont été approvisionnés en armes et en logistique par l’OTAN, la CIA, le MOSSAD et les monarchies pétrolières du Golfe Persique, ont pu vaincre l’armée de Kadhafi et maintenant se sentent propriétaires de la situation, en se permettant d’ignorer les recommandations de leurs anciens employeurs.

Toutes les tentatives de réorganisation de l’État ont été inutiles, puisque n’existent pas même les cadres pouvant faire office de fonctionnaires. Les étranges et alambiquées constructions politiques qui, dès 2011, ont été essayées, ont ostensiblement échoué. A titre d’ exemple il serait intéressant de souligner qu’en un peu plus d’un mois différentes crises successives ont phagocyté trois Premiers ministres.

Dans la production pétrolière, l’unique source réelle de ressources n’a pas pu se remettre debout, au-delà des tentatives des grands groupements pétroliers occidentaux, la Libye a vu baisser sa production d’un millions cinq cent mille barils par jour en 2011 à deux cent cinquante mille en ce moment. Les groupements pétroliers ont dû recourir à des entreprises de sécurité (armées mercenaires absolument structurées) comme la Blackwater, qui de temps en temps change de nom et en ce moment s’appelle « Xe services » [Academi] ou « SGSI Group », fondée en 1997 avec un capital espagnol, enregistrée à Gibraltar, et dont les camps d’ entraînements sont à Césarée (Israël), pour pouvoir protéger leurs installations et malgré elles sont sabotées en permanence.

Personne ne contrôle les frontières, par exemple la Tunisie a envoyé cinq mille hommes pour protéger sa frontière et pour bloquer le passage tant aux islamistes qui agissent déjà sur son territoire, qu’aux bandes de contrebandiers, qui de la drogue au pétrole font tout passer même des armes, à tel point que l’Arabie Saoudite, l’Algérie et d’autres pays ont fermé leurs ambassade à Tripoli après la vague d’enlèvements contre des ambassadeurs, des diplomates et du personnel employé dans différentes représentations étrangères.

En Libye personne ne régule le commerce, ni la sécurité, ni l’éducation ou la santé publique, par conséquent il n’y a pas d’État, au-delà de quelques personnages qui se dénomment eux mêmes ministres, députés et jusqu’aux juges. La Libye est aujourd’hui un état failli et en tant que tel il n’existe pas.

C’est peut-être pour cela que le général Khalifa Haftar, ancien proche de Kadhafi, qui après l’avoir trahi s’est réfugié pendant vingt ans en Virginie, aux États-Unis d’Amérique, fut quand l’OTAN a monté le « Printemps Arabe », l’un des premiers inscrits sur la liste de traîtres. Aux côtés de vieux représentants du « régime », ils ont façonné le Conseil national de Transition (CNT) le bras politique que Washington a articulé pour attaquer la Libye.

Haftar gère un groupe important de mercenaires auto dénommés « Leaders de l’Armée Libye » ; ils ont essayé ce dimanche de prendre le Parlement, avec un résultat encore très confus bien que quelques sources parlent de deux morts et de cinquante blessés. Au-delà des intentions de Haftar de se positionner comme l’homme fort, en essayant de prendre le rôle principal dans le groupe radical al-Sawaeq lié à al-Qaeda, il dispose de quelques représentants parlementaires et contrôle militairement quelques régions du pays.

Bien que le général Haftar, n’a pas voulu reconnaître la tentative téméraire comme un coup de barre sur le pouvoir en Libye, il a parlé d’une dispute entre « les choisis par le peuple » et sans honte a annoncé que « le pays ne peut pas être une couveuse du terrorisme ».

Dans ce qui a semblé être une escalade militaire que rien n’allait arrêter, les hommes de Haftar, jusqu’à prendre le pouvoir, pendant ce vendredi et samedi se sont opposé avec des forces islamistes à Bengasi laissant plus de soixante-dix morts et cent quarante blessés. Pendant les affrontements, l’aéroport Benina, de la ville du Bengasi, a été fermé après avoir subi des attaques de rockets.

L’état de décomposition de la Libye est évident, et peut-être que la seule manière de la sauver est la présence d’une poigne très fort eet d’une armée unifiée, deux éléments dont le pays manque.

Des amis de la Libye et des amis de l’Ukraine

Nous disions dans le paragraphe précédent que la Libye a besoin d’ un homme fort et d’une armée suffisamment puissante pour désamorcer les groupes jihadistes qui depuis 2011 sont rentrés dans le pays, importé par le terroriste international, le prince saoudien Bandar al- Sultan alors chef à l’époque de l’intelligence saoudienne.

Construire un « leader » et une armée qui aide à la pacification ne serait pas une question si complexe si on a de bons amis, disons comme l’Union Européenne et le Département d’ État US, et encore plus si l’on est producteur de pétrole et on est à un jet de pierre d’une Europe sur le point de rester sans le pétrole ni gaz russe.

Organiser la Libye va être un pas obligatoire pour que l’Union Européenne puisse démêler le conflit en Ukraine, sans la crainte que Moscou coupe l’approvisionnement en hydrocarbures qu’elle , pour l’instant, ne pourrait pas obtenir sur aucun autre marché. Organiser la Libye signifie éliminer tout groupe de fanatiques qui essaient de ne pas respecter de quelque façon les normes imposées par l’Occident. Peut-être le général Khalifa Haftar postule en tant qu’homme dur, et plus … en ce concerne l’armée, l’OTAN s’en chargera qui, pour tuer, sait et beaucoup.

Guadi Calvo pour Hamartia

Hamartia. Buenos Aires, le 20 mai 2014.

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo. Paris, le 22 mai 2014.

* Guadi Calvo est un écrivain et journaliste. Analyste international spécialiste de l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie centrale. Collabore avec différents médias et radios en Amérique Latine : dirige sur Facebook : « Linea International », « Journal Hamartia », et « Jornada Latinoamericanas », « Revista Archipielago » (Mexique), « Caratula » (Nicaragua), « A Plena Voz » (Venezuela) Radio Madre (530 AM) Radio Grafica (89.3 FM )

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