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9 novembre 2013

SOUVERAINETÉ ET DÉVELOPPEMENT NATIONAL

Les premiers essais du lanceur spatial argentin

Une fusée sur la rampe

par Fernando Krakowiak

 

Toutes les versions de cet article : [Español] [français]

La Conae construit une plate-forme pour lancer des satellites dans l’espace depuis l’Argentine. Ce mois-ci les essais du système de navigation et de contrôle vont débuter avec un premier prototype qui décollera depuis Punta Indio [dans la Province de Buenos Aires].

La Commission Nationale d’Activités Spatiales (Conae) va lancer ce mois-ci [novembre 2013] la fusée expérimentale « Vex 1er ». C’est la première d’une série de prototypes nationaux destinés à tester le système de navigation, guidage et de contrôle de ce qui sera le lanceur satelital Tronador II , qui sera prêt en 2015. L’objectif de ce projet est de lancer dans l’espace des satellites d’observation, élaborés [et fabriqués] dans le pays, qui offriront une information utile pour l’agriculture, la pêche, l’hydrologie et la gestion des urgences. « Le Tronador II signifie souveraineté et développement, parce qu’il nous permettra de réaliser seuls une mission satellite complète », a assuré à Página/12 le ministre de Planification, Julio De Vido.

Ce projet est passé par une première étape, appelée « Tronador I », comprenant l’essai d’une petite fusée de 3,4 mètres de haut en juillet 2007 et d’une autre de six mètres en mai 2008, les deux depuis Puerto Belgrano, une base navale placée à 30 kilomètres de Baia Blanca. Au cours de cette deuxième étape, dénommée « Tronador II », on travaille dans l’élaboration définitive d’un lanceur de satellites qui aura environ 30 mètres de haut et permettra de lancer des satellites allant jusqu’à 250 kilos. L’entreprise publique Invap construit actuellement, pour la Conae, les satellites d’observation avec microonde Saocom 1A et 1B qui seront mis sur orbite par le lanceur Tronador II. Saocom 1A se trouve déjà à la la phase d’intégration.

L’initiative Tronador II a connu une plus grande impulsion depuis le mois de novembre de l’an dernier, quand le Gouvernement a transféré la Conae du Ministère des Affaires étrangères au Ministère de la Planification. Le budget de l’organisme qui était en 2012 de 512 millions de pesos [64.4 M d’euros], est passé à 922 millions [116 M d’euros] cette année. À son tour, l’investissement prévu pour le seul « Projet Tronador II » sur la période 2014-2016 est de 2 milliards [251,5 M d’euros].

Dans le cadre de ce plan, le lancement préalable de trois à six fusées expérimentales destinées à perfectionner le système est prévu. La « Vex 1A » est le première de cette série. Ce prototype de 4,5 mètres de long, pèse 2,8 tonnes, peut atteindre une vitesse maximale de 828 Km/heure et, à la différence des missiles, son moteur fonctionne avec du combustible liquide. La plate-forme de lancement a été installée à Punta Piedras, dans le district de la Province de Buenos Aires de Punta Indio. C’est un terrain vague en face du Río de la Plata, situé à l’extrémité nord de la baie de Samborombón. La fusée déplacée là, vers le milieu du mois d’octobre et est déjà prête pour le décollage. Página/12 s’est rendu sur place jeudi avec une délégation comprenant le directeur exécutif de la Conea, Conrado Varotto, le président du la Syndication Générale, Daniel Reposo , ainsi que des fonctionnaires du Ministère de Planification. Dans un dialogue avec les journalistes, Varotto a fait souligner l’augmentation budgétaire qui a permis d’accélérer le projet et mis en lumière l’apport de la Faculté d’Ingénierie de l’Université Nationale de La Plata. Le projet officiel est de lancer depuis la Punta Indio les prototypes expérimentaux, et depuis Puerto Belgrano le Tronador II.

Les principaux composants de ces fusées sont développés au Centre Spatial Teófilo Tabanera, dans la ville de Falda del Carmen, Province de Cordoba, Argentine. C’est dans ce même lieu que dans les années 80, les Forces armées argentines ont élaboré en secret le missile Condor, projet démantelé en juillet 1990 sous la pression des US. Au sein du gouvernement, on soutient que maintenant la situation est différente parce que le projet n’a pas d’objectifs militaires, mais seulement la mission de mettre des satellites d’observation dans l’espace.

Avec le développement du Tronador II, l’Argentine complétera le mouvement de développement technologique spatial et rejoindra ainsi le club des dix pays qui fabriquent leurs propres satellites et disposent de leurs propres lanceurs, actuellement composé seulement par les USA, la Russie, le Japon, la France (Union Européenne), la Chine, l’Inde, Israël, l’Iran, la Corée du Nord et la Corée du Sud. De plus, au sein du gouvernement , on souligne que ce projet fait partie d’un plan satellite plus vaste comprenant aussi la construction de trois satellites de communications (Arsat 1, 2 et 3), ce qui suppose un investissement additionnel de 4, 2 milliards [527,2 M d’euros]. Le plan comprend aussi le fonctionnement opérationnel dans la ville de Bariloche du Centre d’Essais de Haute Technologie (Ceatsa), société conjointe des deux entreprises d’Etat, Arsat et Invap , où ont déjà commencé les essais du satellite Arsat 1 .

Fernando Krakowiak pour Página 12

Página 12. Buenos Aires, le 9 novembre 2013.

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi .

Fernando Krakowiak * Diplomé en Sciences de la Communication et doctorant de la faculté de Sciences Sociales de l’Université du Buenos Aires. Il enseigne dans les domaines des « Politiques et planification de la communication » et « Économie de l’information » à la faculté de Sciences sociales de l’UBA. Il a publié « Économie politique de la télévision » (2010), en collaboration avec Guillermo Mastrini, et « L’implémentation de la Télévision Digitale Terrestre et son impact sur l’industrie culturelle argentine » (2011). Il a aussi participé comme intervenant aux journées consacrées aux politiques de la communication et à l’économie des industries culturelles.

El Correo. Paris, le 9 novembre 2013.

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