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13 avril 2015

Le terrorisme environnemental met en difficulté des agriculteurs palestiniens

 

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« Quels oliviers voulez-vous voir exactement ? Les colons israéliens en ont coupé des milliers. Pouvez-vous être plus précis ? », a demandé à IPS, en territoire palestinien en Cisjordanie, un chauffeur de taxi qui n’a pas souhaité dévoiler son identité.

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Colonos israelíes abaten olivos palestinos
en un acto de terrorismo ambiental.
Crédito : Mel Frykberg/IPS.

Il y a une semaine, des colons israéliens de la colonie illégale de Mezad, au Sud de la Cisjordanie et près de la ville d’Hébron, ont coupé quelques 1200 oliviers dans un acte vindicatif de terrorisme environnemental ayant pour but d’intimider leurs voisins palestiniens et de porter un préjudice économique à beaucoup d’agriculteurs qui vivent de la vente d’olives. La récolte d’olives ne représente pas seulement une part importante de l’économie palestinienne, de laquelle dépendent quelque 80 000 familles, mais la culture et la vie elle-même tournent autour de cette activité.

Des colons israéliens coupent des oliviers dans un acte de terrorisme environnemental dans le but d’intimider leurs voisins palestiniens et de porter un préjudice économique à beaucoup d’agriculteurs qui vivent de la vente d’olives. Les olives et l’huile d’olive sont courantes dans l’alimentation palestinienne. De fait, on appelle le fruit et l’huile « l’or vert ». Les olives font même partie de la peinture et sont représentées sur les broderies typiques.

Alors qu’IPS faisait des photographies des restes des 1200 oliviers abattus par les colons de Mezad, de nombreux soldats israéliens qui surveillent la zone ont commencé à s’approcher. Le chauffeur de taxi et un ancien agriculteur palestinien qui nous a montré le chemin, ont souhaité quitter les lieux rapidement afin d’éviter la moindre confrontation. L’attaque de Mezad fut la troisième commise contre des oliveraies en l’espace de quelques mois. Celles-ci appartenaient à Muhammad al Ayayadah. La colonie de Mezad sur un territoire palestinien confisqué par Israël, et les colons semblent d’ailleurs avoir l’intention d’étendre leur zone.

La taille régulière des oliviers et l’interdiction d’accès à eux qu’imposent les forces de sécurité finissent par expulser les agriculteurs palestiniens qui ne peuvent faire face aux pertes économiques. Selon l’Autorité Nationale Palestinienne et l’Institut de Recherche Appliqué de Jérusalem (ARIJ), ce sont quelques 800 000 oliviers qui ont été taillés depuis qu’Israël occupe la Cisjordanie et Gaza, depuis 1967.

Après l’expulsion des agriculteurs, les colons israéliens peuvent prouver que les terres étaient abandonnées et ensuite les occuper. Les Palestiniens ont alors peu de recours légaux face à cela. « La police israélienne ne prendra aucune mesure contre les colons. Ils disent qu’ils vont enquêter, mais dans la majorité des cas, on ne les voit même pas », dit à IPS le porte-parole de ARIJ, Suhail Jalilieh. « Et même s’ils font leur apparition, ils disent qu’ils n’ont pas de preuves accablantes de la responsabilité des colons dans l’attaque ou que ce fut en représailles d’un jet de pierres de la part des Palestiniens », observa-t-il. « De plus, la majorité des attaques des colons ont lieu sous les yeux de l’armée israélienne, qui ne fait rien pour freiner ce vandalisme », ajouta Jalilieh.

Les attaques de colons israéliens contre les Palestiniens et leurs propriétés comprennent également des incendies de maisons et d’automobiles, l’abattage d’animaux, le lancement de pierres, la persécution d’écoliers et l’empoisonnement de puits d’eau. Un des actes de vandalisme les plus graves aux yeux de la société palestinienne conservatrice et religieuse fut l’incendie de mosquées en Cisjordanie. IPS a visité l’une d’elles, incendiée par des colons qui ont empilé des livres du Coran (livre sacré de l’Islam) près du bassin des ablutions, dans le but d’offenser. Le Bureau des Affaires de Coordination Humanitaire (OCAH), de l’Organisation des Nations Unies, a enregistré 324 attentats contre la population palestinienne et ses propriétés en 2014.

Alors que les agriculteurs se battent pour survivre, d’autres faits se succèdent à Jérusalem-Est et préoccupent la population palestinienne. Les autorités israéliennes projettent de construire une décharge sur une partie du territoire occupé de Jérusalem-Est. Les travaux impliquent une expropriation majeure de terrains privés dans les quartiers de Shuafat et d’Issawiya. Des milliers de tonnes de déchets de la construction de toute Jérusalem seront déversés là au cours des 20 prochaines années. L’accaparement de terres impliquera également l’expulsion de familles bédouines qui vivent dans un campement entre Jérusalem et la colonie de Ma’aleh Adumim.

La zone est un couloir disputé, connu sous le nom de E1. L’expansion et la construction de la colonie israélienne ont causé des tensions entre le gouvernement des États-Unis et celui d’Israël parce que la Cisjordanie se retrouvait isolée, de fait de Jérusalem. Les recours légaux en faveur des Palestiniens qu’ont présentés de nombreuses organisations israéliennes des droits de l’Homme dans des tribunaux civils d’Israël n’ont pas servi à grand-chose.

« Les tribunaux israéliens ne se sont pas prononcés contre la construction du couloir E1, ils n’ont donc pas d’autorité civile sur la Cisjordanie, qui est sous juridiction de la justice militaire, et l’autorité militaire est responsable de l’expansion continue du couloir », a expliqué Jalilieh à ISP. « Mais même si la justice civile s’était prononcée contre la construction et l’expansion de colonies, elle ne pourrait pas annuler des décisions prises par les autorités civiles ou militaires d’Israël, qui justifient toujours leurs actions par des affaires de sécurité et d’État », a-t-il ajouté.

Mel Frykberg pour IPS

Original : « Environmental Terrorism Cripples Palestinian Farmers ». AL SHUYUKH, Southern West Bank. Apr 6, 2015

IPS. Al-Shuyukh, Cisjordania, 9 avril 2015.

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Amélie Marin

El Correo. Paris, 13 avril 2015.

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