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19 septembre 2015

« Le chemin vers la prospérité ne se taille pas, il se construit » Jeremy Corbyn

par Jeremy Corbyn*

 

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L’élection du leader du Parti travailliste a été une extraordinaire démonstration de démocratie basique et de participation publique qui a mis cul par dessus tête le jugement conventionnel en matière de politique. Nous avons attiré des centaines de milliers de personnes de tout âge et condition de l’ensemble du pays, bien au delà des rangs des militants et sympathisants de longue date.

Qui peut aujourd’hui sérieusement prétendre que les jeunes ne s’intéressent pas à la politique, ou qu’il n’y a pas d’appétence pour un nouveau genre de politique ?

Par dessus tout, il a été démontré que des millions de personnes veulent une alternative réelle, pas les affaires habituelles, que ce soit à l’intérieur ou en dehors du Parti travailliste.

L’espoir de changement et l’apport de grandes idées est revenu au centre de la politique : en finir avec l’austérité, combattre l’inégalité, travailler en faveur de la paix et de la justice sociale dans notre pays et à l’extérieur. C’est pour cela que le Parti travailliste a été fondé il y a un siècle.

Cette élection a donné à cette intention fondatrice une nouvelle force pour le XXI ème siècle : un Parti travailliste qui donne la parole aux 99 %.

La taille du vote de samedi est [le 12 septembre] un mandat indubitable pour le changement à partir d’un regain démocratique qui s’est déjà converti en un mouvement social. Je me sens honoré et humble par la confiance que m’ont fait nos membres et partisans et je donnerai tout ce que j’ai pour rendre cette confiance.

Nous luttons et nous avons gagné sur la base de mesures politiques, non de personnalités, sans abus ni rancune. Pour éviter qu’il y ait tout risque de doutes, mon leadership se concentrera sur l’unité, faisant appel à tous les talents -les femmes représenteront la moitié du « shadow cabinet » - « cabinet de l’ombre » - et pour travailler ensemble à tous les niveaux du Parti.

Notre objectif est de d’amener au cœur du Parti les centaines de milliers de personnes qui ont participé aux élections pour choisir le dirigeant, le numéro deux du Parti et le candidat à la Mairie de Londres. Nous y parviendrons en faisant du travaillisme une fois encore un mouvement.

Il s’agit de mettre de la même manière la démocratie aux commandes. Ici, il ne s’agit pas que le dirigeant du parti émette des avis depuis en haut. Ma gestion consistera à réunir des idées à tous les niveaux du mouvement et du Parti travailliste, depuis la base jusqu’aux ministres du « cabinet de l’ombre », et s’inspirera d’un Parti qui a immensément grandi au sein des communautés et qui utilisera les talents de tous et chacun pour développer sa politique, résister aux attaques du gouvernement envers les communautés et construire des appuis pour un changement politique.

Nous pouvons créer une nouvelle forme de politique : plus aimable, plus respectueuse, mais aussi courageuse. Nous rendons les choses possibles en faisant campagne pour le changement. Nous pouvons changer des mentalités, nous pouvons changer la politique, nous pouvons améliorer les choses.

Le message le plus important de mon élection aux millions personnes dont nous avons besoin qu’ils votent Labour (travailliste) et sortent les conservateurs du pouvoir, est que le Parti est indubitablement aujourd’hui de leur côté. Nous comprenons les aspirations et nous comprenons que nos aspirations peuvent être réalisées seulement de façon collective.

Tout le monde aspire à un logement accessible, à un emploi sûr, à un meilleur niveau de vie, à une assurance maladie fiable et à une retraite décente. Ma génération a considéré ces choses comme acquises et cela devrait être le cas des générations futures.

Les conservateurs présentent un projet de la loi sur les syndicats qui rendra plus difficile pour les travailleurs d’obtenir un contrat juste pour leur travail, de lutter pour un salaire juste et pour un meilleur équilibre entre emploi et la vie personnelle. Les syndicats sont une force positive, une force en faveur d’une société plus égalitaire. Uni, le Labour votera contre cette attaque antidémocratique contre les membres des syndicats.

Mardi prochain, le gouvernement présentera les mesures pour réduire les déductions fiscales, ce que laissera dans une situation bien pire des milliers de familles. Les déductions fiscales sont une bouée de sauvetage pour beaucoup de familles et le Labour s’opposera à ces réductions.

Il est clair, aussi, que le Premier ministre viendra ensuite nous demander de bombarder la Syrie. Cela n’aidera pas les réfugiés mais augmentera leur nombre.

L’Armée Islamique est absolument abominable et le régime du président Assad a commis des crimes épouvantables. Mais nous devons aussi nous opposer aux bombes saoudiennes qui tombent sur le Yémen et à la dictature du Bahreïn, tuant son mouvement pour la démocratie, que nous avons armé.

Notre rôle repose sur le fait de faire campagne pour la paix et le désarmement partout dans le monde.

Pour les conservateurs, le déficit n’est qu’une excuse pour installer par la force le vieil ordre du jour conservateur : réduire les salaires, réduire les impôts des plus riches, permettre que les prix des logements s’envolent, vendre nos actifs nationaux à bas prix et s’attaquer aux syndicats.

On ne peut pas tailler le chemin de la prospérité avec des ajustements, il faut le construire : en investissant dans des infrastructures, en investissant dans les gens et dans leurs capacités, en suscitant des idées innovatrices et de nouvelles formes de travailler pour aborder le changement climatique, pour protéger notre environnement et notre avenir.

Notre travail est de montrer que l’économie et notre société fonctionnent pour tous. Cela signifie garantir que nous faisons face à l’injustice et que nous luttons pour un avenir plus juste et démocratique qui satisfasse les besoins de tous.

La réponse humaine des gens dans toute l’ Europe ces dernières semaines a démontré l’envie d’une autre forme de politique et de société. Les valeurs de compassion, de justice sociale, de solidarité et d’internationalisme ont été au cœur de l’éruption démocratique enregistrée dans les rangs en augmentation du travaillisme (labour).

Ces valeurs sont profondément ancrées dans la culture du peuple britannique. Notre objectif aujourd’hui est d’ adopter cet esprit et ce désir de changement, qui a gagné la base du Parti travailliste, pour atteindre l’ensemble de la Grande-Bretagne.

Jeremy Corbyn * pour The Observer

* Jeremy Corbyn est député du district londonien de Islington nord, il est depuis le 12 septembre 2015 le leader du Parti Travailliste britannique.

Original : Jeremy Corbyn : «  Britain can’t cut its way to prosperity. We have to build it  »

The Guardian. Londres, le 13 septembre 2015

[(*Jeremy Corbyn est député ppour le district londonien d’Islington nord. Il est depuis le 12 septembre 2015 le leader du Parti travailliste britannique).]

Traduit de l’anglais pour El Correo de la diaspora argentine para : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo de la diaspora argentine. Paris, le 19 septembre 2015.

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