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3 mars 2016

Inégalités et groupes à revenu intermédiaire

La crise a aggravé l’érosion à long terme
des classes moyennes en Europe

 

La crise financière et l’évolution des relations d’emploi ont provoqué la contraction de la classe moyenne dans la plupart des pays de l’UE au cours des dix dernières années.


Communiqué de presse


Un nouveau rapport de l’OIT préparé en collaboration avec la Commission européenne montre que la montée des inégalités ces dernières années a abouti à un rétrécissement des classes moyennes en Europe. Le rapport intitulé « Trends in the world of work : What effects on inequalities and middle-income groups » (Tendances de long terme dans le monde du travail : quels effets sur les inégalités et les classes moyennes) a été présenté lors d’une conférence de haut niveau.

La crise économique et financière a gravement affecté les catégories à revenu intermédiaire – principalement définies dans le rapport comme les catégories dont le revenu est compris entre 60 et 200 pour cent du revenu médian. Presque tous les pays de l’UE étudiés ont connu une diminution de la taille de leur classe moyenne, et de la part du revenu total allouée à cette catégorie. « Une classe moyenne affaiblie entraine une baisse de la demande globale, freine la croissance à long terme et peut engendrer de l’instabilité sociale et politique », a déclaré Daniel Vaughan-Whitehead, co-auteur et éditeur du rapport.

Dans la plupart des pays européens, la classe moyenne a connu un essor rapide au cours des années 1980 et 1990, principalement du fait de la hausse des taux d’activités des femmes comme des hommes et de l’émergence d’un modèle de ménage à deux revenus. Par ailleurs, les tendances de long terme comme l’évolution de la structure des emplois et l’essor des formes atypiques d’emploi ont été amplifiées par d’autres facteurs liés à la crise – comme la montée du chômage, un nouveau recul des salaires réels, une réforme des institutions de dialogue social – qui ont accentué l’érosion des classes moyennes en Europe au cours des dix dernières années.

« Cette tendance est préoccupante, surtout parce qu’elle semble frapper tout particulièrement les jeunes », explique M. Vaughan-Whitehead. « Les taux de chômage très élevés chez les jeunes pourraient amoindrir leurs chances de faire partie de la classe moyenne et créer un fossé entre les générations ».

Certaines professions, traditionnellement représentatives de la classe moyenne, comme les enseignants et les employés de la fonction publique, n‘appartiennent plus systématiquement à la catégorie des revenus intermédiaires. La sécurité de l’emploi n’est plus la norme dans le secteur public, ce que démontre une hausse rapide du nombre de contrats temporaires dans la fonction publique, partout en Europe. Le rapport constate que les femmes ont été particulièrement affectées par ce processus : le secteur public n’est plus une source majeure d’emploi pour elles ; la réduction de la qualité et de l’offre de services publics, comme la garde d’enfants, ont aussi impacté de manière négative leur participation au marché du travail.

Les taux d’emploi pour les travailleurs âgés (55-64 ans) sont passés de 38,4 pour cent en 2002 à 51,8 pour cent en 2014. Dans la plupart des pays européens, le report du départ en retraite est un moyen de préserver son appartenance à la classe moyenne.

Malgré la crise, plusieurs pays ont pu maintenir une classe moyenne stable. Ce fut le cas en Belgique, en France, aux Pays-Bas et en Suède, des pays tous dotés de relations professionnelles solides. A l’inverse, l’affaiblissement du dialogue social dans des pays comme la Grèce, l’Espagne et l’Irlande, a certainement contribué au creusement des inégalités. Dans les pays où la négociation collective est limitée, comme la Hongrie et les Etats baltes, la croissance de la classe moyenne dépend directement de la conjoncture économique.

Les mécanismes de fixation des salaires et la négociation salariale jouent également un rôle. La survie du système d’indexation, en Belgique par exemple, semble avoir participé à endiguer les inégalités.

« Pour réduire les inégalités, les responsables politiques doivent prendre des mesures qui s’adressent spécifiquement aux classes moyennes », conclut Heinz Koller, Directeur régional de l’OIT pour l’Europe et l’Asie centrale. « Ces initiatives devraient non seulement s’adresser au monde du travail mais elles devraient prendre aussi en compte des domaines proches comme la fiscalité, l’éducation et le protection sociale ».

Tendances de long terme dans le monde du travail : quels effets sur les inégalités et les classes moyennes est une publication de l’OIT, réalisée en coopération avec la Commission européenne, qui rassemble des contributions et des études de cas d’experts de haut niveau de 15 pays : Allemagne, Etats baltes, Belgique, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et Suède. Le chapitre d’introduction donne également un aperçu de la situation dans 30 pays européens ; il explore les tendances concernant les classes moyennes et le monde du travail en Europe et scrute les différences nationales.

Régions et pays couverts : Europe, Pays-Bas, Portugal, Espagne, Suède, Royaume-Uni, Estonie, Lettonie, Lituanie, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Belgique

OIT Info. Bruxelles, 29 février 2016

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