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14 mars 2015

Israël : Dix raisons de prier pour le déclin de l’AIPAC

par Medea Benjamin *

 

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En tant que juif laïc séculier, je ne prie pas beaucoup. Mais, cette semaine, quand le lobby pro-israélien l’AIPAC (Comité Américain - Israélien d’Affaires Publiques) tiendra sa réunion politique annuelle au District fédéral de Washington, je prie pour que cette année marque le début de la fin de l’étreinte des lobbys sur la politique extérieure des États-Unis d’Amérique.

À partir du 1 au 3 mars, plus de 10 000 partisans AIPAC arriveront dans la capitale US. La réunion survient au moment où la relation entre le président Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est au plus bas possible. L’invitation que John Boehner a fait à Netanyahu pour intervenir à une séance conjointe du Congrès juste après avoir pris la parole lors de la conférence de l’ AIPAC, est vue par la Maison Blanche comme une tentative directe de saper les conversations nucléaires du président Obama et de son administration avec l’Iran. Dans un mouvement sans précédent plus de 50 courageux congressistes ont décidé de sauter l’intervention de Netanyahu.

Le soutien de l’AIPAC au Premier ministre israélien par rapport au président us transforme l’AIPAC en un lobby pro républicains qui pourrait s’avérer, on l’espère, fatal pour son influence future à Washington.

Voici dix raisons de pourquoi cela serait bien pour la paix mondiale :

  • 1. L’ AIPAC veut saboter les conversations nucléaires avec l’Iran. L’AIPAC comme le gouvernement israélien, n’a pas confiance dans les négociations complexes en cours entre l’Iran et les EU (avec ses cinq partenaires) pour empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires. Ils insistent sur de plus grandes sanctions contre l’Iran en sachant que — comme le Ministre des Affaires étrangères John Kerry l’ a dit — les sanctions additionnelles menaceraient le chemin diplomatique. L’AIPAC, qui a avec succès fait du lobby auprès du gouvernement américain pour adopter des sanctions économiques drastiques contre l’Iran dans le passé, ignore les avertissements de la Maison Blanche et son jour de lobby cette année va mettre en avant le projet de sanctions Kirk-Menéndez, projet pour lequel le président a juré de mettre son veto. Si les conversations nucléaires échouent, la violence qui a submergé le Moyen-Orient ne fera qu’empirer et mettra les EU sur un chemin dangereux de davantage de guerre.
  • 2. L’AIPAC promeut des implantations israéliennes en opposition directe au droit international. L’année dernière à peu près 350 000 Israéliens se sont inscrits comme résidents dans les territoires israéliens illégaux, un niveau record. Bien que le Conseil des Droits de l’homme des Nations Unies a sollicité le retrait de tous les habitants de la Cisjordanie et l’arrêt de toutes activités d’implantations sans conditions préalables, la construction de nouvelles colonies a augmenté à 40 % sous le Premier ministre Netanyahu. Les implantations israéliennes violent les Conventions de Genève et pourraient être poursuivies devant Tribunal Criminel international comme « violations flagrantes des droits de l’homme et sérieuses violations du droit international humanitaire ». Pas étonnant, l’AIPAC ne souhaite pas la que la Palestine devienne membre de l’ICC...
  • 3. L’ AIPAC appuie les terribles invasions israéliennes et le siège de Gaza. Plaidant qu’ Israël a dû à se défendre contre le Hamas, l’AIPAC a appuyé l’offensive israélienne durant l’été 2014, appelée « l’Opération Bordure Protectrice ». L’attaque a fait des milliers de morts (dont 500 enfants), 6 écoles des Nations Unies et des hôpitaux ont été rasées, 18 000 logements détruits, 108 000 personnes ont été déplacées de leur maisons. Robert Cohen, le président de l’AIPAC, a justifié l’offensive israélienne lors d’une réunion avec le Congrès le 23 juillet. L’AIPAC a aussi appuyé les deux invasions préalables de Gaza et le siège qui a laissé les 1.8 millions d’habitants de la Gaza vivre dans une pauvreté intense et la misère.
  • 4. L’appel de l’AIPAC à un appui inconditionnel au gouvernement israélien menace notre sécurité nationale. L’appui unilatéral des États-Unis à Israël, exigé par l’AIPAC, a considérablement augmenté le sentiment antiusa à travers le Moyen-Orient, semant les graines de plus d’attaques terroristes possibles contre nous. Le Général , désormais en disgrâce, David Petraeus a admis que le conflit EU / Palestine « fomente le sentiment antiaméricain, à cause d’une perception du favoritisme américain pour Israël ». Par exemple, l’Iran pourrait être un allié vital pour les EU au Moyen-Orient dans la lutte pour contrôler ISIL. Mais compte tenu de la haine d’Israël envers l’Iran et de sa forte influence (lire : argent) chez nos hommes politiques, nos politiques extérieures reflètent les intérêts perçus d ’Israël plus que les nôtres.
  • 5. L’ AIPAC fait des EU un paria aux Nations Unies. L’AIPAC décrit les Nations Unies comme un corps hostile à l’état d’Israël et a fait pression sur le gouvernement américain pour s’opposer aux résolutions qui demandent des comptes à Israël. Depuis 1972, les EU ont mis un veto sur au moins 45 résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU qui condamnent les actions d’Israël contre les palestiniens. En 2011, l’AIPAC a aidé à persuader 446 membres du Congrès de parrainer une résolution s’opposant à la pétition de la Palestine pour obtenir le statut d’ État aux Nations Unies. Outrepassant les objections des EU (et de l’AIPAC), en 2012 l’Assemblée générale de Nations Unies a voté une résolution qui déclare la Palestine « état observateur non membre » par un vote de 138 à 9. Plus récemment, en réponse à la demande de la Palestine comme membre de la Cour Pénale Internationale (ICC, initiales en anglais), l’AIPAC a poussé l’administration d’Obama faire baisser le financement de l’Autorité Nationale Palestinienne. Malgré l’opposition américaine, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon a assuré que la Palestine deviendra membre de la Cour Pénale Internationale (ICC initiales en anglais) le 1 avril 2015, une décision très polémique qui permettra à la Palestine de porter plainte contre Israël pour crimes de guerre.
  • 6. L’AIPAC nourrit chez les fonctionnaires US une vision déformée du conflit de Israël/palestine. L’AIPAC offre aux Représentants américains des voyages en douce en Israël, des voyages considérés comme presque obligatoires pour chaque nouveau membre du Congrès. L’AIPAC reçoit des membres du Congrès — et nombre de leurs conjoints — pour un voyage à l’œil en Israël pour voir exactement ce que le gouvernement israélien veut qu’ils voient. C’est illégal pour des lobbys d’inviter les parlementaires à des voyages, mais l’AIPAC réussit à contourner la loi à travers un groupe bidon autour de l’enseignement, AIEF (American Israel Education Foundation), qui « organise » les voyages pour eux. L’AIEF a la même adresse que l’AIPAC et le même personnel. Ces voyages aident à resserrer les liens entre l’AIPAC et le Congrès, promouvant son influence excessive. Pour démontrer que la plupart du Congrès est dans la poche de l’AIPAC, ne cherchez pas plus loin que ce que l’AIPAC dit de sa conférence politique, qui est ce qui sera « suivi par plus de membres du congrès que presque tout autre événement, exception faite du discours sur l’Etat de l’Union ou d’une cession jointe du congrès ».
  • 7. L’AIPAC attaque les hommes politiques qui mettent en doute l’appui inconditionnel à Israël. L’AIPAC exige que le Congrès avalise les textes rédigés par personnel d’AIPAC.Il garde un registre de comment vote chacun des membres du Congrès et ce registre est utilisé par des donateurs pour faire des contributions aux hommes politiques qui suivent le vote indiqué parl’ AIPAC. Les membres de Congrès qui n’appuient pas la législation AIPAC sont visés faire éventuellement échouer leur réélection. Cette situation inclut les sénateurs Adlai Stevenson III et Charles H. Percy, et les représentants Paul Findley, Pete McCloskey, Cynthia McKinney y Earl F. Hilliard. Plus récemment, beaucoup de congressistes démocrates qui ont refusé en public d’assister au discours de Netanyahu en mars ont été pointés directement par les plus grands partisans de l’AIPAC. Le représentant d’un magnat multimillionnaire du secteur des casinos, Sheldon Adelson, a dit que « Si ces démocrates préfèrent mettre la politique partisane par devant des principes (¿ ?) et ils manquent la présentation le Premier ministre d’Israël, alors nous avons une obligation de faire que son attitude soit connue ». Adelson et d’autres partisans puissants, de droite, de Netanyahu jurent d’utiliser leur richesse et ressources pour punir les démocrates qui cherchent à ne pas écouter le discours.
  • 8. L’AIPAC essaie de faire taire toute la critique envers Israël en mettant une étiquette à ceux qui expriment leurs opinions critiques, en les qualifiant d’« antisémites », « dé-légitimes » ou « qui ont la haine des Juifs ». Des journalistes, groupes d’experts, étudiants et professeurs ont été accusés d’antisémitisme pour simplement avoir pris des positions critiques à l’égard des politiques du gouvernement israélien. Ces attaques étouffent les discussions critiques et les débats qui sont le cœur de l’élaboration de la politique démocratique.
  • 9. L’AIPAC fait pression pour que des milliards de dollars d’impôts des États-Unis aillent en Israël au lieu de reconstruire l’Usamérique. Avec des communautés à travers de le pays réduisant les budgets pour les professeurs, les pompiers et la police, l’AIPAC rassemble plus de 3 milliards de dollars par an pour Israël. Cet argent va aux militaires israéliens pour maintenir, avec une technologie dernier cri, le système d’ « apartheid » d’oppression des palestiniens.
  • 10. L’argent destiné à Israël est pris sur les fonds des pauvres dans le monde. Israël est la 24ème plus grande économie le monde, mais grâce à l’AIPAC, il obtient plus d’argent des impôts US que tout autre pays. A une époque où le budget d’aide externe a été nettement réduit, garder la part du lion de l’aide étrangère pour Israël signifie prendre des fonds de programmes importants pour nourrir, fournir un abri et une aide d’urgence aux plus pauvres gens du monde.

Enfin l’AIPAC, qui est de facto un agent de gouvernement étranger, a une influence sur la politique US hors de proportion avec le nombre d’usaméricains qui appuient ses politiques. Quand un petit groupe comme celui-ci a un pouvoir disproportionné, ça nuit à tout le monde, y compris les Israéliens et les Juifs étasuniens.

Depuis mettre une limite à une guerre catastrophique avec l’Iran jusqu’à résoudre finalement le conflit Israël/Palestine, un point de départ essentiel est de mettre fin à la main mise de l’AIPAC sur la politique des États-Unis. C’est pourquoi je prie pour que cette fois, en dédaignant le président Obama et en offensant des membres démocrates du Congrès, l’AIPAC marque un point vers son propre décès.

Medea Benjamin para Common Dreams

Original : 10 Reasons To Pray for AIPAC’s Decline by Medea Benjamin. Common Dreams, February 27, 2015

* Medea Benjamin, est une journaliste et auteur us. Elle est cofundandatrice de Global Exchange et du CODEPINK : Women for Peace, elle est aussi l’autor de Drone Warfare : Killing by Remote Control. Ses livres anterieures sont Don’t Be Afraid Gringo : A Honduran Woman Speaks from the Heart, et (avec Jodie Evans) Stop the Next War Now (Inner Ocean Action Guide).

Common Dreams. Usa, le 27 février 2015

Traduction de l’inglés pour El Correo de : Estelle Leroy-Debiasi

El Correo. Paris, 8 de marzo de 2015.

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