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14 avril 2005

Harcèlement du FMI et des puissances du G7 contre l’Argentine

par Alfredo Zaiat

 

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Il y avait longtemps de temps que l’Argentine ne souffrait pas d’une pression aussi intense que celle des jours-ci par le FMI et les pays les plus riches réunis au sein du Groupe des Sept (G-7). Jamais auparavant un ministre de Finances d’une puissance n’avait exprimé publiquement que l’Argentine avait mené la restructuration de la dette en défaut avec "mauvaise foi" - ce qui est une escalade sur la demande déjà connue de "bonne foi" -, comme a affirmé le Japonais Sadakazu Tanigaki. Le harcèlement est constant.

Une fois, c’est la seconde économie mondiale le Japon, une autre c’est l’Allemagne, par le biais d’un porte-parole qui exige un accord avec ceux qui sont restés hors de l’échange. À une autre occasion, c’est l’Italie qui apparaît pour promouvoir un communiqué qui sanctionne la politique argentine, à quoi s’ajoute la France en exigeant une réponse immédiate aux demandes d’augmentation de tarifs des privatisées. La Grande-Bretagne et la Hollande, avec leurs styles respectifs, ne restent pas en arrière prêtes à aider pour serrer le garrot. Les Etats-Unis sont, dans ce contexte agressif, la puissance ayant la position "plus conviviale", ce qui ne signifie pas acquise.

Au cas où cet encerclement international ne soit pas suffisant, voilà le FMI comme portier de ce consortium de nations riches comme s’il n’avait rien eu à voir avec la catastrophe argentine. Il faut beaucoup de patience pour tolérer la pression d’une institution discréditée, spécialiste des échecs et dirigée par un espagnol conservateur qui se conduit dans le monde comme un nouveau riche. Au-delà de l’évaluation de l’échange, celui-ci - contrairement à d’autres - s’est effectué sans l’aide du FMI.

Le harcèlement des gouvernements des pays riches est devenu si naturel de sorte qu’il ne surprend pas la classe politique endormie et la majorité de la société indifférente. Une grande partie des médias de communication présentent ces sentences enragées comme de simples recommandations, sans souligner que ces voix, en réalité, cachent des banquiers irresponsables et des multinationales qui se sont trompées dans la stratégie d’endettement des compagnies privatisées. Dans ce cas on n’entend pas les analystes sollicitant de la "mesure" et de la "prudence". Par contre, ils avancent avec un rictus de satisfaction que ce week-end le G-7 émettra un communiqué en admonestant l’Argentine, faisant l’éloge de Lula. À propos, on peut comprendre le silence du Brésil - le principal allié de la région - devant ce harcèlement, mais il produit un petit chatouillement de désillusion tout de même.

L’économiste et l’historien Mario Rapoport a écrit dans un article récent dans le journal « Hoy » de la ville de La Plata que les puissances économiques "prétendent imposer des politiques sur la base du pouvoir qu’ils exercent sur nous". A dessein, il souligne que "cette conduite n’est pas historiquement nouvelle". Il rappelle qu’en mai 1949, pendant le premier gouvernement péroniste, un rapport secret de l’Ambassade des Etats-Unis rendait compte des pressions de ce pays sur l’Argentine et que par elles "nous les avons gravement secoués (we haven shaken them badly) et lentement ils s’approchent de notre point de vue sur les problèmes financiers et économiques". Pour ajouter qu’on devait maintenir "une pression ferme et constante... sans leur donner la chance de sentir que nous l’avons relâchée".

L’Argentine est seule pour faire face à l’actuel harcèlement. Dans ces circonstances, il ne faut pas leur donner la chance qu’ils sentent qu’on est entrain de se relâcher.

Página 12. Buenos Aires, 14 avril le 2005

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo. Paris, 14 avril 2005

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