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13 décembre 2014

Guantanamo, l’horreur et autres histoires de Terrorisme d’Etat

par Alicia Bonet-Krueger

 

Toutes les versions de cet article : [Español] [français]

Aujourd’hui, symbolique « Journée Mondiale des Droits de l’Homme », le monde pose un regard horrifié sur les tortures infligées aux détenus de Guantanamo. Et telle est la réaction normale et logique de tout être humain « normal ».

Il faut que le monde sache, et tout particulièrement l’Argentine, que ces tortures assorties de milliers de formes toutes plus brutales, sauvages, destructrices de la dignité et de la vie humaines sont devenues pratiques courantes des différents gouvernements argentins qui se sont succédé depuis le début du Terrorisme d’Etat dans ce pays. Dans les années 1960, fut mis en œuvre le « Plan condor » en accord avec les directives des militaires nord-américains de l’école de Panama, où ont été formés les militaires argentins, uruguayens, chiliens, boliviens, paraguayens et brésiliens. Le mot d’ordre était clair : l’élimination physique de tout opposant. En 1972, le premier acte de terrorisme d’Etat fut perpétré selon ces directives. Après avoir fusillé les graines de l’opposition d’une génération entière lors du massacre de Trelew, l’un des assassins, le lieutenant Bravo, fut immédiatement évacué hors du pays, sous protection américaine. Il vit toujours aux Etats-Unis où il prête main forte à la CIA, en particulier à Guantanamo. A partir de 1972 et jusqu’à aujourd’hui, tous les présidents américains l’ont protégé, malgré les demandes d’extradition répétées de l’Argentine. En 1974, l’ « Alliance Anticommuniste Argentine (3 AAA) », déclarait dans son manifeste de guerre : « Par décision des Commandos, il a été décidé d’exécuter, d’annihiler les individus qui, quelque soit leur nationalité, race, credo ou rang répondent à des intérêts apatrides, marxistes, maçonniques, antichrétiens ou propres au judaïsme international synarchique », entre 2 000 et 3 000 personnes correspondaient à cette description et furent assassinées, avant 1976.

Cette même année, les généraux argentins à la tête du pays voulurent construire une Argentine qui respecte les principes néolibéraux des alliés nationaux et internationaux et fomentèrent un coup d’Etat civile-militaire ; pour parvenir à leurs fins, ils n’hésitèrent pas à exterminer toute une génération comme en témoigne le Général de Brigade Ibérico Saint Jean : « Nous allons liquider tous les subversifs, puis leurs collaborateurs, et ensuite leurs sympathisants, nous continuerons avec les indifférents et terminerons avec les timides ». Et ils le firent, mais avant de les assassiner ou de les faire disparaître, ils commirent des actes de torture et de barbarie aussi atroces voire pires que ceux de Guantanamo, actuellement : enlèvements de mineurs, atteintes à l’intégrité des personnes avec abus sexuels systématiques, viols sur des personnes des deux sexes et de tout âge, vol des biens des séquestrés, esclavagisme, destructions de propriétés privées, assassinats en bandes armées, la liste des horreurs est longue...Et ensuite, ils les jetèrent dans des fosses communes ou en plein vol au-dessus de la mer.

Il est impératif de préserver la mémoire collective du peuple argentin, qu’elle reste vivante, présente, vigilante et alerte, pour que JAMAIS PLUS en Argentine ou dans le monde, n’existent d’autres Guantanamo.

Alicia Bonet-Krueger
Presidente du « Colectivo Argentino por la memoria » de France

Traduit de l’Espagnol pour El Correo par : Florence Olier-Robine

El Correo. Paris, 13 décembre 2014.

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