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27 novembre 2016

Fidel Castro : Une inspiration

par Sandra Russo *

 

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Il a survécu à plus de 600 tentatives d’assassinat et a réussi à gouverner vent debout contre le blocus pendant des décennies. Il est mort à 90 ans, brillant, maitre de lui même, maitre, comme il a dit une fois, en parlant en pluriel, des utopies. « Ils nous détestent parce que nous sommes les propriétaires des utopies ». Il est mort et nous souhaitons que son absence soit paradoxale dans un monde hors de controle et où Cuba, aujourd’hui beaucoup plus qu’hier, n’est pas seulement un pays mais une métaphore de l’amour collectif, avec ses joyeux pionniers et son peuple généreux, avec ses contradictions oui, avec ses réformes, mais aussi la scène où se cuisine la paix qui depuis diverses démocraties fallacieuse est bombardée.

Depuis longtemps Fidel a été et est, en plus d’un homme, un symbole de dirigeant. Une manière d’être dirigeant. Il était contemporain et survivant d’autres logiques politiques et géopolitiques qu’il n’a jamais cessé d’analyser, et il fut non seulement contemporain mais artisan et amphitryon, dans les dernières années, de la résurgence de la haute politique comme outil pour l’action transformatrice. Depuis sa puberté et jusqu’à sa mort, Fidel a fait de la politique, celle qui était la plus favorable aux majorités à chaque moment historique. C’est pourquoi il a appuyé Chávez, Evo, Néstor, Correa, Lula, Mugica, Maduro, Dilma et à Cristina.

Après la stratégie et l’action révolutionnaire qui dans les années 50 l’ont porté à la prise de la caserne de Moncada et à la Sierra Maestra, ses 90 ans ont trouvé Fidel favorisant une démocratie réelle, populaire, conduite par des dirigeants disposés, comme lui, a renoncer à leurs projets personnels ou plutôt à les collectiviser. Le projet de sa propre vie a été de maintenir la flamme de la Révolution allumée face à des milliers, les dizaines de milliers d’attaques qui ont commencé déjà en 1959, quand depuis Miami a été montée « L’Opération Peter Pan », qui a convaincu l’opposition cubaine que Fidel allait envoyer les enfants cubains en URSS pour qu’ils travaillent dans les champs ou pour les donner en adoption. Des milliers de Cubains effrayés ont envoyé leurs enfants à Miami, probablement pour les sauver du monstre communiste, mais c’était une tromperie, typique de la CIA : ces enfants ont grandi aux États-Unis dispersés dans des foyers qui dans de nombreux cas les ont maltraité.

Fidel représente aujourd’hui le dirigeant incapable de mentir à son peuple, le dirigeant qui se laisse approcher et toucher, celui qui se lance à partager un corps à corps avec les siens, la friction trempée de sueur de l’amour collectif, expliquant pendant des heures, comme j’ai pu en être témoin, il y a de nombreuses années, lors d’ une après-midi accablante à Santiago de Cuba, pour quelles raisons économiques le peuple devrait se priver de manger des langoustes pour un temps, parce que l’île avait besoin des revenus de l’exportation. Le dirigeant qui ne sous-estime pas ceux qui le défendent. Celui qui est capable d’affronter les conséquences de ses propres décisions.

Fidel est mort et aujourd’hui Fidel est encore plus le symbole qu’il était déjà en vie. Son destin est l’inspiration pour ce monde dont nous continuons de rêver avec persistance. Il nous engage à rêver que cela peut être différent, et à agir en conséquence.

Sandra Russo* pour Página 12

Página 12. Buenos Aires, le 26 novembre 2016.

* Sandra Russo est journaliste, éditorialiste, auteur et animatrice argentine de diverses émissions de radio et télévision

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