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1er novembre 2015

American Curios : Les gringas, femmes des Etats-Unis d’Amérique.

par David Brooks*

 

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Malgré l’auto-éloge concernant le fait que les États-Unis d’Amérique pourraient bien avoir bientôt une présidente, malgré leurs recommandations et jugements sur d’autres pays pour le traitement de la gente féminine et le respect de leurs droits, les grands discours politiques pour la défense de l’égalité de genre au travail, dans l’éducation et dans les arts, et des décennies de lutte pour l’équité économique, sociale et politique de la femme, dans cette superpuissance les femmes ne sont pas des wonder-women.

Les femmes continuent à gagner 79 centimes contre un dollar pour les hommes, bien que le fossé ait diminué ces dernières années, selon le dernier recensement, elles gagnent seulement 78.6 % de ce que les hommes gagnent. En même temps, les femmes ont les plus forts taux de pauvreté : une femme sur trois aux Etats-Unis (42 millions avec leurs 28 millions d’enfants) vit dans la pauvreté ou au bord de la pauvreté, selon le Rapport Shriver et le Centre pour le Progrès Etatsunien. Près de deux tiers des travailleurs touchant le salaire minimum sont femmes.

Même dans les plus hautes sphères de ce pays, l’inégalité entre les genres se manifeste. Jennifer Lawrence, la super vedette de cinéma et gagnante de l’Oscar a dénoncé le manque d’égalité des cachets entre les acteurs masculins et féminins à Hollywood, après que des courriels de Sony hackés aient révélé qu’elle a perçu bien moins que ses co-stars.

Dans une autre partie de l’élite, il faut se rappeler qu’en 2005 Lawrence Summers, à l’époque recteur de Harvard, ex-secrétaire du Trésor et ex-chef du Banque mondiale, a expliqué que, pour des raisons génétiques, les femmes n’avaient pas la même aptitude que les hommes pour occuper les premières places dans les sciences et les mathématiques.

D’un autre côté, des conservateurs poursuivent une guerre contre les droits élémentaires des femmes, y compris le contrôle de son propre corps. En plus de continuer leur bataille contre l’avortement devant les tribunaux et le pouvoir législatif, ils ont désormais lancé une attaque frontale contre Planned Parenthood , l’organisation nationale de services et d’éducation concernant santé reproductive, destiné surtout aux femmes, fondée presque il y a un siècle. Avec des prétextes fabriqués, l’attaque inclut maintenant des enquêtes parlementaire et des actions de police (la semaine dernière les autorités du Texas ont perquisionné les bureaux de l’organisation) et différentes tentatives pour annuler le financement fédéral et provenant des états de ces services, vitaux pour de jeunes femmes sans recours.

La violence sexuelle à l’encontre des femmes se répand comme une épidémie dans ce pays. Presque trois femmes sur dix ont subi des violences sexuelles, physiques ou du harcèlement de leur conjoint, selon le Centre de Contrôle de Maladies (CDC). La même source estime que presqu’ une femme sur cinq a été violée (19.3 %). Environ 38 millions de femmes ont subi des violence physique des mains de leur compagnon pendant leur vie. Selon un nouveau sondage de l’Association des Universités Etasuniennes, 23 % des étudiantes rapportent qu’elles ont été victimes d’agression ou de harcèlement sexuel.

D’un autre côté, dans le pays qui a le plus de prisonniers dans le monde, un million de femmes se trouve en prison ou sous le contrôle du système judiciaire. C’est la catégorie en plus forte croissance de la population carcérale (aujourd’hui il y a huit fois plus de femmes emprisonnées qu’en 1980, avec la guerre contre la drogue comme facteur principal). En fait, sur les 500 000 femmes en prison dans le monde, un tiers sont dans des cellules étatsuniennes (chiffres d’ACLU et du Sentencing Project ).

Il est certain que Hilary Clinton pourrait être la première femme à occuper la présidence et bien sûr utilise cette carte dans sa campagne. Il n’y a pas de doute que davantage de femmes occupent des postes dans les plus hautes des sphères politiques et économiques du pays. Il y a un chiffre record de femmes au Congrès fédéral (104 de 435 sièges), bien que seulement 26 femmes soit pdg de l’une des 500 principales entreprises dans la liste de Fortune (5 % du total), selon le Centre Pew.

Mais s’il n’y a pas un changement plus profond dans la structure politique et économique de ce pays, il semble que les choses ne changeront pas beaucoup, même avec une femme à la Maison Blanche. Peut-être faut-il une super héroïne – puisque cela semble être l’obsession de la culture populaire–. Prochainement Wonder Woman réapparaîtra, cette fois dans le nouveau film de Batman et de Superman.

Il en ressort que la Wonder Woman comme BD fut inventée en 1941 par le psychologue diplômé de Harvard , William Moulton Marston, avec l’intention d’offrir un modèle de femme forte , libre et courageuse pour les jeunes et afin de combattre l’idée que les femmes sont inférieures aux hommes, puisque l’espoir unique pour la civilisation plus de liberté, de développement et d’ égalité des femmes dans tous les domaines de l’activité humaine, d’après la conférence de presse lors de sa présentation, selon rapporté The New Yorker. L’origine, évidemment, sont les mythiques amazones, dont le matriarcat a été défini par la paix et l’égalité jusqu’à ce qu’il fût conquis par des hommes étrangers.

Certes, Marston a été parent de la leader féministe Margaret Sanger , qui en 1914 a fondé la revue The Woman Rebel [La Femme Rebelle], où pour la première fois, fut utilisée la phrase « contrôle des naissances » et où on a insisté sur le fait que le droit d’être mère, indépendamment de l’Église ou de l’État, était la base du féminisme. Peu d’années après, Sanger et sa soeur ont ouvert la première clinique de contrôle des naissances dans le pays, à Brooklyn, qui sera connue ensuite comme ... le Planned Parenthood. Wonder Woman, rapporte The New Yorker, non seulement sort de la fiction utopique féministe, mais elle a été inspirée par Sanger.

C’est à dire, Wonder Woman représentait un mouvement, et tout indique que l’heures est venue de son retour, pas seulement à l’écran, mais aussi dans les rues.

David Brooks pour La Jornada

* David Brooks est journaliste et correspondant aux USA pour le quotidien mexicain La Jornada
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David Brooks



PD : David Brooks n’est pas David Brooks : par une confusion malheureuse et constante qui persiste, je me trouve obligé d’éclaircir que je ne suis pas l’autre. J’ai travaillé comme reporter / correspondant exclusivement pour La Jornada pendant 23 ans. L’autre David Brooks (et il en y a des tas) avec lequel on m’ a confondu, est un auteur de livres, chroniqueur conservateur du New York Times et un collaborateur d’autres médias US. Nous ne partageons pas les points de vue, seulement le nom.

La Jornada. Mexique, le 27 novembre 2015.

Traduit de l’espagnol pour El Correo de la diaspora latinoamericana par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo de la diaspora latinoamericaine. Paris, le 30 octobre 2015.

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